Je ne savais pas trop où mettre ce chapitre car il est supposé s'étaler sur plusieurs semaines (genre "Pendant ce temps-là, non loin d'Omashu").

Mais je pensais lancer véritablement l'action et le rush final dans le prochain chapitre et ce chapitre-ci aurait dû tomber au profit du rythme. Il sort un peu de nulle part, un peu comme un cheveux dans la soupe, mais je l'aime bien... alors le voilà.


Chapitre 22

Deux oiseaux en cage

- J'en ai marre d'être enfermée.

- Tu es difficile, on a eu droit à la loge cinq étoiles.

- Ah-ah ! Très drôle, l'Estafilade. T'aurais pas plutôt une idée pour nous sortir de là ?

- Pas trop non…

- J'ai soif.

- C'est leur saleté de drogue, ça va passer.

- Mouais…

-- -- --

- Tu fais ça souvent…

- Hein… quoi ?

- Partir dans tes pensées.

- Ça t'ennuie ?

- Nan, c'est ton monde, l'Estafilade, je peux pas te l'enlever.

- Merci.

-- -- --

- Hé, l'Estafilade, je peux te demander un truc ?

- Ho- oui bien sur.

- Est-ce qu'il y a de la lumière, où on est ?

- Oui et non.

- Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?

- Il n'y a pas vraiment de lumière, plus une sorte de lueur.

- Et alors, il fait clair ?

- Non, je dirais plutôt qu'il fait… vert. C'est la seule clarté qu'on ait ici. Je ne sais même pas si c'est le jour ou la nuit.

- C'est la nuit.

- Ah ? Comment tu s-

- Je le sais, c'est tout.

- Et tu sais depuis combien de temps on est là… ?

- Je dirais onze ou douze jours. Mais comme j'ai été inconsciente un moment…

- On entendait Maneka chanter l'autre nuit. Pour la pleine lune. Chuis content qu'elle soit en vie.

- Ouais… on a eu de la veine, en quelque sorte.

- Toujours voir le verr- oups.

- T'en fais pas, va, j'ai saisi l'idée.

- …

- Vas-y, crache-le morceau.

- Pourquoi tu voulais savoir si j'y voyais ou pas ?

- Oh juste pour savoir.

- Sûr.

- Et… parce que je sais ce que ça fait d'être dans le noir.

-- -- --

- Je me demande pourquoi ils ne m'ont pas mis de bonnes grosses menottes au lieu de cette corde, ça aurait pas été plus solide ?

- Nan, j'aurais pu utiliser le métal. Ils m'ont enlevé mon bracelet-météore aussi. Ils étaient plus bêtes dans mon souvenir…

- Tu saurais maitriser la terre, même sans tes bras ?

- Je pourrais pas faire dans la finesse mais, oui, je pourrais… si mes jambes étaient détachées.

- Ah.

- Tu as une idée ?

- Je peux ronger la corde qui tient mes poignets… ça prendra du temps mais une fois les mains libres…

- On s'évade ! Excellent !

(...)

- …Bouah !, c'est dégueu…

- Tais-toi et grignote.

-- -- --

- Ça n'avance pas très vite, c'est pas de la corde de chochotte.

- Coincé pour coincé, prends ton temps.

- Okay… mais continue de parler si tu veux… ça parait moins long.

- Mouais… tu as déjà été sur l'Ile de Braise ? …

- Non… c'est beau ?

- Tchht, toi tu ronges, moi je raconte. Puis, tu en poses de bêtes questions !

- Désolé. Y'a beaucoup de cailloux ?

- Ouais, là déjà je peux te répondre…

-- -- --

- … et mon père, je crois qu'au fond il pensait sincèrement agir pour mon bien. Mais j'étais ado et amère. Je voulaient qu'ils m'aiment pour mon vrai moi, mais… ils en étaient incapables… Ils m'ont tout donné sauf…

- …sauf l'amour.

- Je dois pas être facile à aimer.

- Ne pense pas ça.

- …mh ?

- Ça a dû être dur. Mais je vais te dire : mes parents n'avaient rien, mais ils nous aimaient, mes frères et moi. Alors ils nous donnaient de l'amour, tout le temps, beaucoup, de l'amour le matin, le midi, le soir, à tous les repas, des brassées pleines d'amour. Mais… ça ne nourrit pas son homme, l'amour, et tu cours toujours l'estomac vide. Et on aime mal, l'estomac vide.

- … Je n'ai jamais eu vraiment faim.

- Et on ne m'a jamais demandé d'être quelqu'un que je ne suis pas.

- … Tu-?

- Tu… hem. La corde. Elle va pas se ronger toute seule alors…

- Ouais. La corde.

-- -- --

- Snif snif… Tu… tu saignes ?

- Un peu. Mes gencives. J'ai la bouche complètement sèche.

- Viens par ici.

- Pourquoi ?

- Je vais t'aider à ronger la corde. Je vois pas trop comment je pourrais te réhydrater donc c'est la seule solution.

- Oh… j'aurais bien une idée - mais tu risques de ne pas apprécier.

- Dis toujours. Hein, mais qu'est-ce que tu… ? Hé ! Pourquoi t'as fait ça ?

- Je- J'en avais envie … Alors, tu vas me frapper ou pas ?

- Tu as de la chance que j'ai les bras cassés ! Cette corde a vraiment un goût horrible.

- Oh, désolé.

- Mais…

- Mais… ?

- Je veux bien te pardonner. Si tu recommences.

- Avec plaisir. Mais j'ai toujours le goût de la corde en bouche… je devrai te présenter de nouvelles excuses après… et après…

- Oh l'Estafilade, n'abuse pas !

-- -- --

- Toph…

- Attends.

- Tu sais, tout à l'heure, ce que j'ai fait, c'était…

- Chut !

- J'ai pas fait ça parce qu'on va peut-être mourir et que j'ai que toi sous la main ou quoi. Je- J'en avais vraiment envie parce que…

- Tais-toi, j'essaie d'écouter dehors.

- Ah, pardon.

- …pas pourquoi elles veulent absolument qu'on les garde vivants ? On pourrait s'en débarrasser en moins de deux ! Et l'Avatar est drogué, on ne risque rien.

- Non, tu te trompes : la drogue sera inutile s'il est vraiment en colère.

- Je comprends pas.

- Moi non plus, c'est Aria qui disait qu'il avait tous ses pouvoirs mais qu'il était juste incapable de les maitriser.

- Ah… et c'est pour ça qu'on maintient les otages en vie ?

- Ouais. C'est ça !

- Mais il en saurait rien si on les tuait...

- C'est l'Avatar, il doit avoir un sixième sens ou quelque-chose du genre... même elle a peur de lui.

...

- Qu'est-ce que ça dit ?

- Deux Dai-Li… apparemment ils en ont assez de nous donner la becquée. Mais ils doivent nous garder saufs pour pas que Aang entre en l'état d'Avatar.

- Je croyais qu'ils le droguaient.

- Semblerait que la drogue n'agisse que sur sa volonté, pas sur son Chi. Il peut maitriser les éléments mais il ne sais pas qu'il peut. Ça ressemble à une bonne nouvelle, nan ?

- Dès qu'on sort de là, on libère les autres et on trouve un moyen de mettre l'Avatar en rogne.

- Facile.

-- -- --

- Piouh !, il n'a pas remarqué que j'avais entamé les liens.

- Voilà, ça c'est un Dai-Li comme je les aime : bien lourd et bien crétin. On ne change pas un modèle qui marche !

- Tu devrais écrire au bureau des réclamations. Demande à être remboursée. On ne déçoit pas Toph Bei-Phong, par tous les esprits !

- Quand on sera sorti de là, je te rappellerai que tu as dit ça. A propos, où tu en es ?

- La boucle sera assez faible pour que je puisse l'arracher d'ici quelques heures…

- Impec' !

-- -- --

- Toph… heu. A popos de…

- Non, ne… dis rien.

- Tu- tu ne veux pas en parler ? Parce si tu veux qu'on en parle-

- Non, je préfère pas. Tu sais, c'est plus simple, comme ça. J'aime mieux. Des fois, parler ça sert à rien, ça complique tout. On veut mettre des mots dont on est pas sûr sur des choses qu'on ne comprend pas, et après, ça ne veut plus rien dire. Pour l'instant… c'est bien comme ça.

- Ah ? d'accord.

- C'est un non-sens de se demander "pourquoi j'ai fait quelque-chose que je voulais faire".

- Là c'est toi qui en parles...

- Tout compte fait, j'aurais pas dû. Tu n'as même plus peur que je te frappe maintenant.

-- -- --

- Jee…

- Ou-?… Mmh...

...

- Tu sais, tu ne devras pas être trop sévère avec le Fire Lord, je veux dire, quand on sera dehors.

- Ah ? Pourquoi ? T'as peur que je l'abime ?

- Nan… mais sans lui, j'aurais pas eu ça.

- Ça ?

- Toi.

- Ooh... T'as p't-être raison, l'Estafilade. Je penserai à lui dire merci quand je lui… Hé, tu m'interromps pas quand je… ! Hé, d'habitude, c'est moi qui mène.

- Ouais, c'est peut-être pour ça que tu a bazardé les autres…

- Chut ! le gars arrive avec nos soupes gastronomiques.

- Tenez, bouffer ça ! Et fermez-la !

- "Bon appétit miss, monsieur. Je ne voudrais pas gêner plus longtemps votre charmante conversation.", c'est trop difficile à articuler?

- Ha, on vous apprend les bonnes manières chez Piandao ?

- Il pourrait au moins servir ce brouet avec le sourire, c'est suffisamment immonde, pas besoin d'y ajouter sa sale tête.

- Je sais pas à quoi il ressemble. Par contre il boite. On est tranquille pour environ huit heures, ça suffira ?

- Je finis d'avaler ce truc ignoble et je recommence à ronger. Même la corde a meilleur gout !

- Héhé, maltraiter les gens avec de la bouffe, c'est une forme de torture qui a été inventée au pôle Sud par la grand-mère de Katara en personne. Si t'avales ce qu'ils mangent là-bas, ton estomac est paré pour affronter n'importe quoi !

-- -- --

- Ça y est presque… aïe!, je me suis mordu !

- Tu survivras ?

- Ouais… voilà voilà… ça y est !

...

- Ah, comme ça fait du bien de pouvoir bouger ses pieds. Je maitrise la parois la plus proche, je réduit en copeaux cette fichue boîte et à nous la liberté !

- On va d'abord refaire la déco. Je verrais bien une mosaïque en dents de Dai-Li sur le mur du fond.

- Ça sonne bien. Tu m'embrasses et j'y vais.

- A tes ordres.

- … Je te l'avais dit, c'est moi qui mène.


AN: Voilà, comme vous l'aurez remarqué (sinon, consultez un ophtalmologue), ce chapitre prend la forme de petits dialogues. J'ai très vite réalisé que la narration n'apporterait rien dans ce chapitre. Et j'aime l'ambiguïté de certains passages. Mais si ça manque de clarté, faites-le moi savoir.

Merci aux revieweurs -euses du chapitre précédent. Pauvre Aang! Vous ne faites pas grand cas de son existence :-S

Comment va s'appeler le bébé de Katara? Aang doit-il mourir? Ce chapitre vous a-t-il plu? Toph et Jee finiront-ils ensemble? Sokka apprendra-t-il à parler avec tact? Qu'attendez-vous de la suite? Votre avis m'intéresse!