Avatar, last airbender appartient à ses créateurs, Mike et Bryan qui , à ce que j'ai entendu, rient beaucoup aux dépens des "shippers". Je n'ai pas vu la vidéo en question, diffusée à une grosse présentation (quelque-part Comic Con, San Diego je crois), je ne sais pas si elle était ouvertement offensante. Je sais seulement qu'elle n'a pas fait rire certains fans. Ce que je sais aussi, c'est qu'ils ont joué de ce phénomène et que ça a apporté pas mal de notoriété à la série (en plus de sa qualité indéniable)- qu'ils ne s'étonnent pas si certains ont cru ce qu'ils se sont appliqués à leur faire croire!
Avatar vous appartient, les gars, mais même si l'univers et les personnages vous reviennent de plein droit, ils vivent complètement indépendamment de vous sur FF et dA.
Chapitre 23
Katara se réveilla et son cerveau, pourtant engourdi par le sommeil, traita rapidement les informations que lui transmettaient ses sens. Elle était allongée sur le plancher de la petite cabane dans laquelle vivait Song. Song était assise sur un matelas, de l'autre côté de la pièce unique, et admirait sa cuisse que Katara avait soignée cette nuit là, à la faveur de la pleine lune. Et enfin, elle avait autour de la taille le bras du Seigneur du feu, allongé tout contre son dos.
Elle referma les yeux. Enfin, Katara, qu'est-ce qui te prend ? Elle avait dormi avec lui- si près !- et s'était laissée bercée par la douce chaleur de son corps. Elle l'avait laissé s'approcher, la nuit dernière, et s'allonger là gentiment. Il ne s'était rien passé d'ambigu, rien de sale, rien d'adultère. Ils avaient dormi côte à côte. Et alors ? Ils étaient adultes et responsables, bien éduqués, corrects… Ils n'étaient plus deux ados en pleine crise hormonale !
Justement, ils n'étaient plus des adolescents. Pourtant, des images traversèrent son esprit et la firent frissonner… Et elle se sentait rougir à l'idée de l'apparence compromettante d'une telle position.
Katara restait, à vrai dire, très innocente, dans cet aspect de sa vie de femme. Parce qu'elle l'avait partagée avec Aang, qui, même s'il comprenait les choses et n'était que douceur, restait très sage, très réservé, très… monastique. Et ils faisaient chambres à part, quand ils vivaient ensemble, au temple. Ils se témoignaient leur affection par des gestes presque enfantins, que Toph trouvait d'ailleurs risibles. Ils s'embrassaient, se regardaient, se tenaient la main, et partageaient de temps à autres des moments plus intimes qui les laissaient tous les deux déstabilisés et rougissants. Aang surtout.
C'est ainsi qu'elle s'expliquait sa propre réaction : elle n'avait pas de réelle maturité en la matière (malgré sa maternité) et c'était pourquoi elle rougissait de s'être trouvée si physiquement proche d'un homme. C'était ça, tout simplement. Et non, ce n'était pas parce que c'était cet homme.
Elle le sentit bouger derrière elle, se redresser. Elle entrouvrit les paupières pour voir ce qui se passait.
- Oh, désolé, fit-il en se détournant à la vue de Song, toujours assise, les jupes relevées sur les hanches.
- Hihi, non, ne t'en fais pas, rit la jeune femme en rabattant sa robe, devenant décente. Je regardais… là où était la marque.
Zuko se leva en faisant attention de ne pas bousculer Katara. Elle fit semblant de dormir- après tout, il était normal qu'elle soit épuisée après les soins et le combat de la veille. Elle vit Zuko s'avancer jusqu'à la petite table et s'y agenouiller. Song prépara du thé, en silence, avant de lui faire face. Elle posa ses deux poings l'un sur l'autre et y posa son menton, regardant le jeune homme.
- Quand est-ce que tu comptais me dire que tu étais Zuko, le Seigneur du feu ?
Zuko sursauta, surpris, puis dû réaliser que Katara avait hurlé son nom lorsque l'agent l'avait attaqué. Il ne répondit pas.
- Je vous ai entendus. J'ai vu le combat.
- Tu avais l'air de ne pas en vouloir à « Junior » pour son ingratitude, je n'étais pas sur que tu serais aussi indulgente envers le Seigneur du feu… après ce que ma nation t'a fait.
- Mais… tu n'étais pas Fire Lord, à l'époque, objecta Song avec sagesse. Je ne sais même pas si ton père l'était déjà. Comment pourrais-je t'en tenir responsable ?
Il resta silencieux un instant, hésitant. Beaucoup, en cherchant un responsable à toutes leur souffrances, avaient pointé dans sa direction, sous prétexte qu'il était le seigneur de cette « nation de bâtards sanguinaires ». Heureusement, la diplomatie et la bienveillance avaient fait leur œuvre. Ainsi que les divers cadeaux achetant la paix et le pardon plus efficacement. Il n'avait pas aimé recourir au soudoiement et à la corruption, mais certains généraux de la terre ne valaient pas mieux que Zhao ou son père… ils étaient juste dans l'autre camp, le « bon camp ».
- D'autres le font… mais merci d'être plus compréhensive.
Elle sourit et leur servit un peu de thé.
- Tu m'as amené un ange, dit-elle en regardant vers la forme supposée endormie de Katara. Elle est extraordinaire.
- Je sais…
- Grâce à elle, je vais pouvoir reprendre une vie normale, oublier les horreurs des dernières années.
- Si tu veux quitter Huwon, je peux t'aider. Tu as déjà le zèbre-aigle, mais tu pourrais avoir besoin d'autre chose. Où veux-tu aller ?
- Je pensais aller chercher ma mère… elle est peut-être encore en vie, quelque part. Je commencerai par...
- Bah-Sing-Se, acheva-t-il. Je vais écrire pour toi à une amie qui vit là et qui travaille pour mon oncle. Tu n'auras qu'à te présenter au Dragon Jasmin en mon nom… Jin saura quoi faire.
Katara écouta la conversation, contente d'entendre que tout allait s'arranger pour Song, qu'elle trouverait un gîte et peut-être même du travail dans le salon de thé d'Iroh. Et qu'elle pourrait chercher sa mère tranquillement, maintenant que le Dai-Li ne contrôlait plus la Cité aux Murailles.
Elle garda les paupières closes pour ne pas regarder le profil de Zuko penché sur sa tasse de thé. Elle ressentit ce même tremblement que lorsqu'elle s'était réveillée dans ses bras. Parce que c'était lui. Elle ne gagnerait rien à le nier. Et elle n'était pas naïve, elle se connaissait, et elle savait identifier ce qui la traversait.
En fait de réveiller une vielle amitié, toute cette histoire avait surtout confronté la jeune femme à un homme qu'elle admettait trouver intelligent, généreux et, malgré ce qu'il pouvait penser de lui-même, séduisant.
Mais elle était mariée. Et par-dessus tout, elle aimait Aang- ses sentiments pour lui étaient bienveillants et sincères, et il les partageait. Jamais, au grand jamais, elle n'aurait envisagé sa vie sans lui ou… avec un autre. Enfin, si, peut-être, quand il partait avec Appa et Momo pour prendre sa mission d'Avatar à bras le corps, et qu'il la laissait seule, le doute creusait parfois son tunnel sinueux dans le cœur de la jeune femme. Comment aurait pu être sa vie avec un simple gars des tribus ? Parfois, le pôle sud lui manquait tant. Aurait-elle été plus heureuse avec un simple maitre de la terre, artisan ou commerçant ? Elle regrettait de n'avoir rien à faire, de ne pas travailler de ses mains, d'avoir l'impression de ne rien apporter de concret au monde. N'avait-elle jamais rencontré qui que ce soit avec qui elle se sentait connectée, avec qui elle aimait passer du temps, avec qui elle aurait pu partager sa vie ? …
- On devra bientôt partir, dit soudain Zuko. Je devrais réveiller Katara.
- Qui n'est pas ta cousine… glissa Song, laissant sa phrase en suspens.
Zuko ne répondit pas tout de suite, et Katara sentant leurs regards posés sur elle, se garda bien d'ouvrir les yeux.
- Non, c'est… commença-t-il, c'est une amie.
- Une « amie »… appuya Song
- Je te vois venir avec tes sous-entendus, coupa-t-il, mais tu te trompes. Il ne se passe rien de cet ordre entre elle et moi. Elle est mariée à l'Avatar et je… je viens de perdre ma femme.
Les mots résonnèrent un temps.
- Oh ?! Je suis désolée.
Le silence persista, et personne ne semblait prêt à le dissiper. C'est Song qui reprit la parole, avec le même ton grave et cynique qui marquait ses mots elle racontait sa propre vie :
- J'ai connu beaucoup d'hommes, tu sais, et parmi eux, il y en a eu un paquet que le mariage et le veuvage ne retenaient pas. Ne le prends pas mal.
Il ne répondit pas- et le prit mal. Il n'était pas de ces hommes qui faisaient appel aux « services » de Song ou d'autres femmes précipitées comme elle dans la prostitution. Et sa relation avec Katara n'avait définitivement rien à voir avec ces commerces-là.
Katara gardait les paupières clauses. Song avait senti quelque-chose alors qu'elle les connaissait à peine. Qu'en serait-il de Toph, de Sokka, … de Aang ?
Elle ne voulait pas avoir ce type de sentiments pour Zuko. Il était un ami. Et il avait l'air de la considérer comme tel aussi. Elle préserverait son mariage, leur amitié, et la paix de tous en combattant cette vague impression qui l'avait accueillie à son réveil. Elle n'avait plus quinze ans, pour l'amour de La, elle pouvait gérer les balancements irrationnels de son cœur. Et elle lui interdisait formellement de balancer du côté du jeune homme aux yeux d'ambre. Vraiment, c'était ridicule !
Il lui suffirait de garder ses distances. Ils sauveraient Aang et tout rentrerait dans l'ordre. Elle était supposée lui en vouloir, hein ? Elle reprendrait son attitude froide et indifférente des derniers jours. Avec un peu de chance, il s'en vexerait… et il était impossible quand il était vexé. Juste. Rester. Distante. Facile.
- Katara, réveille-toi, dit-il gentiment en lui serrant l'épaule. On doit pouvoir se lever avec le soleil quand on veut retrouver l'Avatar.
Mouais, peut-être pas si facile que ça.
- Ça va, je me lève ! râla-t-elle.
- Aïe je croyais que c'était Sokka qui n'était pas du matin, grogna-t-il
- Je suis du matin, répliqua-t-elle. Je ne suis juste pas de CE matin.
Et Tui sait pourquoi, cette remarque le fit sourire.
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Ils volaient à présent depuis plusieurs heures, à deux sur le dos d'Ivory, et ils devraient bientôt faire une pause. Katara avait eut mal au cœur de devoir séparer le couple, la veille, mais n'avait pas insisté lors du départ. Son comportement était des plus étranges depuis qu'il l'avait réveillée : elle avait à peine touché à son déjeuné, l'avait laissé l'aider à grimper sur le dos d'Ivory, et disait « mon mari » dans toute ses phrases, alors qu'elle avait toujours appelé Aang « Aang ». Il se demanda un instant si elle avait entendu la conversation qu'il avait eue avec Song- et là encore, il ne voyait pas ce qu'il avait dit de mal.
- Tu m'en veux toujours ? demanda-t-il en l'aidant à descendre de selle
- Mh ? fit-elle.
- Tu agis vraiment bizarrement, aujourd'hui.
Il n'insista pas et sortit quelques provisions du panier préparé par Song (ils avaient vainement protesté mais elle avait insisté pour leur donner de quoi "tenir" jusqu'à Omashu).
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Ils ne rattraperaient pas le retard qu'ils avaient pris sur le timing prévu, mais ils arriveraient bientôt à Omashu. Ils devraient entrer dans la ville sans alerter les agents du Dai-Li, trouver Meng ou Bumi et obtenir d'eux les renseignements qui leur manquaient. Avant la fin de la guerre, le Dai-Li comptait pas moins de deux-cents hommes. Combien en restait-il ? Et combien étaient capables de maitriser le métal ? Il faudrait le découvrir. Et ils devraient surtout éviter de se faire prendre.
Deux jours. Deux jours et ce voyage atteindrait son terme. Deux jours et ils retrouveraient Aang. Et Katara disparaitrait à nouveau dans ses montagnes où elle était si seule. Ils se perdraient de vue, encore.
Non, pas cette fois. Parce qu'elle lui avait demandé d'être le parrain de sa fille pour maintenir le lien, pour sauver leur amitié. Il se sentirait terriblement seul s'il la perdait, elle aussi.
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Ivory s'était posée dans les montagnes proches d'Omashu, et avançait au pas. Katara, bercée par la marche, et épuisée par le voyage, s'était endormie contre l'épaule de Zuko, assis derrière elle.
Katara était étrange, vraiment. Elle s'obstinait à être cinglante dès qu'elle parlait, et à le snober quand leur regards se croisaient. Elle se voulait indifférente, comme elle l'avait été en quittant Kyoshi, mais il sentait que- pour une raison ou une autre- elle se forçait. Grâce à ses silences, à son attitude il savait qu'il n'avait pas perdu sa confiance. Pourtant, il s'était fait à l'idée qu'elle le détesterait… qu'elle l'ignorerait, même s'il en souffrait. Katara était d'une nature si généreuse, si encline à aider et protéger coûte que coûte- en un mot Katara veillait sur ceux qui l'entouraient, qu'elle ne pouvait marquer son animosité qu'en prenant ses distance. Et le moindre de ses silences n'en semblait que plus assourdissant. Mais il avait suffit qu'ils soient vraiment en danger, qu'il admette qu'elle l'avait sauvé, qu'il lui demande pardon pour que tout semble rentrer dans l'ordre.
Elle avait évité tout contact avec lui ce jour-là, ne parlant que de leur mission, de son mari, de leurs amis retenus prisonniers. Elle s'était tenue ridiculement droite sur le dos d'Ivory pour ne pas s'appuyer contre Zuko. Puis elle s'était endormie. Il sourit, se remémorant un autre périple qu'ils avaient fait, et où elle avait repoussé le sommeil jusqu'à tomber de fatigue dans ses bras…
Ils s'enfonçaient dans la vallée. Ils ne pouvaient plus voler, si près d'Omashu, pour ne pas être repérés. Les arbres les entouraient et Zuko eut la sensation d'être épié. Mais ce ne pouvait être le Dai-Li : un agent ne se serait jamais laissé repérer. Il ajusta sur sa tête le chapeau pointu qu'il portait.
Ils traversèrent une aire plus dégagée qui gardait les traces d'un affrontement récent ; des bouts d'écorce jonchaient un sol délabré, probablement martyrisé par un maitre de la terre.
- Katara, réveille-toi, souffla-t-il. Et surtout, ne regarde pas autour de toi.
Il fallait qu'ils fassent semblant de rien, pour que les espions en herbe ne se sentent pas en danger, et se gardent de les attaquer.
- Qu'est-ce qui se passe ? grogna Katara en jetant malgré tout un bref coup d'œil au sentier retourné et aux arbres déplumés.
- Tu sais, je repensais au coq-âne qu'on nous avait prêté pour atteindre Kand-Tyeh, dit-il très haut, l'air détaché.
- Hein ? Mais pourquoi tu…
Il avait vraiment sauté sur le premier sujet qui lui avait traversé l'esprit. Il se trouva que le sujet n'avait aucun intérêt. Katara parut déstabilisée, mais eut l'air de comprendre qu'il faisait diversion.
- Je crois que c'était une femelle, déclara-t-il comme si c'était une révélation de la plus haute importance.
- Oh, vraiment ? lança Katara, entrant dans son jeu. Et qu'est-ce qui te fait penser ça ?
- Le coq-âne n'a pas chanté au lever du soleil.
- Oh, c'était une poul-âne alors…
Ça devrait suffire à désintéresser les guetteurs et à leur faire croire qu'ils n'étaient que de simples voyageurs, songea-t-il, immédiatement contredit par un mouvement dans les buissons. Zuko et Katara descendirent d'un même mouvement du dos d'Ivory. Le zèbre-aigle alla courageusement se planquer dans un arbre.
- Allez ! lança une voix masculine. Ne vous rendez pas sans vous battre !
Zuko se figea un instant, puis dégaina ses sabres et Katara déboucha sa gourde. Ils furent rapidement entourés de jeunes guerriers qui bondissaient en tout sens et les attaquaient en traitre.
- Qu'est-ce que vous voulez !? criait Katara. Pourquoi nous tendre une embuscade ?
Aucun ne répondit. Elle ne fut pas longe à figer deux jeunes filles dans la glace. Zuko lui affrontait trois garçons armés de gourdins en bois.
- Je refuse de vous blesser, lança-t-il. Vous n'êtes même pas armés !
Un « Tchak ! » retentit, comme pour lui prouver le contraire. Katara fut plus rapide, et coupa en deux la flèche qui approchait à vive allure. Zuko et elle se rapprochèrent jusqu'à se trouver dos à dos.
- Ils sont si jeunes, souffla-t-elle
- Je sais… Mais ils nous attaquent.
- Que faire ?
- J'ai assez de sang sur les mains… soupira-t-il.
Ils se séparèrent et prirent l'assaut. Zuko déséquilibra les deux guerriers qui étaient à sa portée, et les envoya du côté de Katara qui les gela sur place ou contre les éléments du décor. Mais ceux qui restaient debout étaient rapides, leurs pieds touchaient à peine le sol. Ils bougeaient tant qu'il était impossible de dire combien ils étaient.
Katara attira à elle de l'eau contenue dans l'air et forma une pieuvre autour de Zuko et elle. Le dôme liquide et mouvant fit hésiter leurs assaillants. Les plus téméraires se retrouvèrent vite fouettés par l'une des pattes de la pieuvre. Mais elle répugnait à les attaquer.
- Pourquoi nous avoir attaqué !? cria-t-elle encore. On ne vous veut aucun mal !
Et pour prouver ce qu'elle disait, elle baissa les bras, faisant disparaître leur bouclier. Zuko eut peur que les autres en profitent pour attaquer, mais la voix de leur leader s'éleva à nouveau.
- Attendez.
Une silhouette élancée, décoiffée et dégingandée sortit de l'ombre, une paire de sabre dans les mains.
- Je crois que votre route s'arrête ici, lança-t-il d'un ton détaché puis, désignant les Dao de Zuko : vous êtes bien armés pour de simples « voyageurs ».
L'homme s'approcha encore un peu, d'une démarche de félin, révélant son teint mat, son sourire en coin et son regard déterminé.
- Jet ? s'étonna Katara en faisant malgré elle un pas en avant : si c'était Jet, ils n'avaient rien à craindre.
Il lui lança un regard intrigué, semblant la reconnaitre, puis fronça les sourcils.
- Non, fit Zuko en la retenant.
Il regardait attentivement le jeune homme d'à peine dix-sept ans à l'armure composite, aux cheveux en bataille et aux incisives légèrement écartées.
- Li, dit-il, la voix grave.
Le jeune homme marqua un temps d'hésitation. Il tentait de voir les trait de Zuko sous le chapeau. Le maitre du feu l'ôta, et le jeune homme frissonna
- Toi ?
- Oui, moi. Je peux savoir pourquoi tu attaques de simples voyageurs, Li ?
- On ne m'appelle plus comme ça. Tous ceux qui me connaissaient sous ce nom sont morts dans ta stupide guerre, Fire Lord.
Les camarades de Li réagirent avec surprise, certains chuchotant, d'autre relevant leurs armes, menaçant.
- Ma guerre ?! répéta Zuko, sa patience arrivant, comme d'habitude, très vite à saturation. Ma guerre ? Mais je l'ai arrêtée, cette guerre !
- Et tu continues d'envoyer des troupes dans tout le royaume.
Katara lui lança un regard façon « Je te l'avais dit » qui ne fit qu'accentuer son envie de remballer le garçon dans les jupes de sa mère à coup de bottine dans le #XX/#.
- Je n'ai pas à m'expliquer devant un gamin. Mes soldats ne s'en prennent pas aux civils et aux innocents, ils sont là pour protéger les gens.
- Comme tu nous a protégé, je suppose, cracha Li , levant ses armes et chargeant Zuko.
Le seigneur du feu para le coup, et repoussa son adversaire. L'autre attaqua encore, et rencontra la même réponse.
- Vous m'avez chassé comme la dernière des ordures quand j'ai révélé qui j'étais. Et c'est toute la gratitude à laquelle je m'attendais à l'époque. Maintenant, qu'est-ce que tu me reproches ?
Li approcha, faisant tournoyer les armes autour de lui, les Dao jumeaux en parfaite harmonie, comme les deux parties d'une même arme, et Zuko ne manqua pas de remarquer qu'il se débrouillait plutôt bien. Mais pas assez. Il rompit la danse des sabres de son adversaire, et commença à lancer les siens dans un ballet aérien.
- Ils sont revenus ! beugla Li, reculant. Et ils l'ont prise.
Zuko se figea. Ils l'ont prise.
- Et je les hais ! Tous ! Les soldats de la terre, ceux du feu ! Ils m'ont pris tout ce que j'avais, tout ceux que j'aimais.
Et il chargea encore, plus violent mais moins précis qu'auparavant. Zuko arrêtait les attaques mais ne frappait pas en retour. Maintenant que le garçon laissait sa colère l'emporter, il n'était plus une menace.
- Je ne suis plus Li, ce nom ne veut plus rien dire pour moi ! Je m'appelle Spring.
Li – « Spring » était rapide, mais sa technique restait sommaire et ses coups hasardeux. Sa connaissance parfaite des lieux lui permettaient cependant de compenser. S'il perdait souvent l'équilibre, manquant d'appui et ayant sans doute une faiblesse dans la jambe droite, il parvenait toujours à se rattraper à quelque chose, ou à repousser son adversaire pour tenter de le faire trébucher. Mais Zuko dominait. Il repoussait les attaques répétées du garçon sans trop d'effort. Mais il répugnait à prendre l'offensive, ne voulant pas blesser Li… et si ce combat devait se jouer à l'endurance, il n'était pas sur de ses chances : Spring, porté par sa colère, ne sentirait pas la fatigue, alors que lui serait vite lassé de ces allé-retours.
- Et encore, lança Zuko, pensant au destin tragique de la petite Song, remercie les esprits de ne pas être une femme !
Il entendit une vague rumeur d'approbation parmi les jeunes filles qui faisaient partie de la troupe de « Spring ». Katara s'en était approchée, et avait commencé à soigner les blessés pendant que les autres regardaient leur leader affronter le Seigneur du Feu.
- Arrête de discuter ! aboya Li, essoufflé d'avoir chargé encore et encore. Bats-toi !
- Je pourrais, répondit Zuko, son tempérament un peu redescendu. Mais je ne tiens pas à te tuer.
Il recula de quelques pas et se redressa de toute sa hauteur, baissant sa garde, témoignant qu'il ne cherchait pas à se battre.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Spring, confus.
- Mon amie est la femme de l'Avatar. Il est retenu à Omashu ou dans ses environs. Et toi, qu'est-ce que tu fais là ?
Le jeune homme eut alors le regard fuyant, comme pris en train de faire une bêtise.
- Je… Hem. D'habitude j'ai un speech prévu… mais ça paraitra un peu surfait. Bref. Je te présente mes Peace Keepers. On.. dissuade les garnisons de la terre ou du feu de faire encore plus de dégats.
Zuko et Katara échangèrent un sourire entendu, ironique. Spring ignorait qu'un autre jeune guerrier avait pris les armes, quelques années avant lui, mettant son passé douloureux en exergue, et attaquant de tout son talent des innocents, avec les meilleures intentions du monde.
- C'est dommage, vous avez l'air doués. Nous allons à Omashu, où il y aura un vrai combat à mener, contre de vrais méchants.
- Je sais pas…
- Vous pouvez aussi remonter jusqu'à Hoggun, dit Katara aux autres. Et demander Smellerbee. Elle pourra vous aider. Et je suis sure qu'elle sera enchantée de te rencontrer, Spring.
- Ouais, on… on va en discuter.
Il resta un instant confus et penaud. Puis lança, à Katara
- Ta p'tite sœur ou ta cousine est passée par ici. Quand c'était ?
- Y'a un bon mois, répondit un des autres garçons.
- Vous avez vu Maneka ? s'esclama Katara
- Maneka… répéta le jeune leader, comme pour tester la sonorité du prénom. Ouais, avec une maitre de la terre plutôt balaize- elle a eu Ours et l'Enragé d'un seul coup.
- Oui, oh, tu n'en menais pas large face au gars avec l'épée, répliqua un garçon qui postillonnait, approuvé par un grognement d'un autre, très massif et hirsute et provoquant le gloussement de deux jeunes filles identiques.
- C'est Jee ! éclata Katara.
Les « Peace Keepers » les rassurèrent sur la présence de Maneka et son escorte. Quand Katara émit l'hypothèse que son élève puisse être retenue au même endroit que son mari, un éclair traversa le visage de Spring.
Retrouver la trace de leurs amis, obtenir la garantie qu'ils ont approchés Omashu en pleine santé et en pleine forme la rassura énormément. Zuko sourit de la voir un peu soulagée… mais pensa qu'ils n'avaient jamais douté que le trio atteindrait sauf la cité de Bumi. C'était après, que les choses se gâtaient.
Il trouva aussi amusant que la troupe ait attaqué leur amis, et se soient fait battre. Et qu'ils en parlent comme d'une bonne blague plus que comme d'un combat où ils avaient effectivement risqué leur vie.
- Oh, si c'est la femme de l'Avatar, on devrait peut-être lui dire… ? souffla une fillette
- Nan Lulu, tais-toi, grincha un garçon épais qui mangeait ce qui avait dû être une mangue.
Mais Katara avait entendu, et leur offrit l'un de ses sourires rassurants
- Qu'est-ce que tu voulais me dire ? demanda-t-elle doucement.
La fillette au petit nez en trompette hésita, cherchant un regard approbateur, mais n'en trouva pas parmi ses camarades qui se frappaient le front ou levaient les yeux au ciel.
- On a trouvé le monstre de l'Avatar, chuchota-t-elle.
- Le monstre ?
- Oui, intervint l'archer, sévère. Il est par là.
- Il est zigantexque ! souligna le dénommé Moustique.
- Enoooooorme. Il fait trop peur ! Grave… enchérirent les autres.
- Ça fait des semaines qu'il gratte un éboulement, on sait pas pourquoi, lança un garçon très grand mais à la voix fluette.
La petite Lulu se sentit plus en confiance de voir que les autres donnaient d'avantage de détails sur leur grande découverte.
- C'est Spring qui l'a fait venir avec- Spring l'interrompit en posant sa main sur la bouche de la petite en souriant.
- Ouais, on a trouvé cette grosse boule de poil qui errait dans les parages. Venez.
Katara et Zuko avaient déjà deviné qui était le « monstre » de l'Avatar, mais suivirent sagement, impatients de retrouver un vieil ami qui avait dû se sentir très seul ces dernières semaines.
- Appa ! lança Katara quand le bison volant apparut, appuyé comme un mendiant contre le flanc de la montagne.
L'énorme bête réagit au son de cette voix familière et s'avança pesamment jusqu'à la femme de son maitre à qui il offrit un large coup de langue affectueux. Zuko était abonné au même tarif avec le compagnon de route d'Aang, et le laissa l'enduire de bave sans protester.
Appa renifla Katara, et chercha autour d'elle, croyant probablement qu'elle cachait Aang quelque part sous ses jupes.
- Je suis désolée, Appa, on ne l'a pas encore retrouvé, souffla-t-elle en flattant la grosse babine, provoquant un soupir d'aise chez le bison.
Zuko s'était retourné vers les « Peace Keepers », et leur demandait de veiller encore une jour ou deux sur le « monstre ». Ils acceptèrent la mission avec enthousiasme.
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Katara leur sourit à tous, généreuse. Zuko serra la main de Li, persistant à l'appeler comme ça, parce que l'apparition du petit garçon dans sa vie lui avait permis, dix ans plus tôt, de se rappeler qui il était et ainsi, de ne pas sombrer complètement dans la folie.
- Je suis désolé… baragouina le garçon en se grattant la nuque.
- On fait tous des erreurs. Mais je suis sur que tu choisira mieux tes cibles, à l'avenir.
- Ouais… de « vrais méchants ».
- Du genre qui retiennent des jeunes filles en otage, fit le maitre du feu, perspicace.
Li fronça les sourcils puis détourna les yeux, se retenant de jurer. Le garçon avait été saisi par la ressemblance entre la petite maitre de l'eau qu'il avait croisée quelques semaines plus tôt et la femme qui accompagnait le Seigneur du Feu, et n'avait pu s'empêcher de la regarder en biais, pour jouer au sept différences sans doute, ce que Zuko avait vite remarqué. Quand on regardait Katara, il le savait, comme s'il le sentait- il ne s'expliquait pas ce phénomène.
Zuko hésita puis confia
- Je suis content que tu utilises les sabres jumeaux. Tu es doué.
- J'ai rencontré un fugitif qui m'a appris leur secret, une nuit, répondit le garçon avec un clin d'œil.
Tout sa confiance en lui était revenue, et il reprenait ses allures de chat à l'affut. Zuko et Katara les saluèrent encore, grimpèrent sur le dos d'Ivory (qui était descendue de son arbre devant les yeux extasiés des plus jeunes combattants), et la lancèrent au galop. Ils ne se retournèrent pas.
Katara rit encore de ce que le destin s'amusait à faire. Et elle découvrait une nouvelle facette de Zuko, une partie très secrète de sa vie, datant d'une époque où il avait refusé son aide… une erreur qu'il ne ferait plus. Plus jamais.
Ils atteindraient les portes d'Omashu au coucher du soleil. Parfait.
AN: Alors, surpris ou pas de découvrir l'identité de Spring?
Je voulais glisser les destins de ces "anciennes connaissances", parce que le début de ma fic semble dire que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des monde après la guerre. Mais je ne crois pas que ce doux rêve de vieux poète soit réalisable dans un monde d'hommes. Il y a des orphelins, des prostituées, des brutes. J'en suis navrée, mais c'est comme ça.
Ah, et puis il fallait couper court à l'embardée Zutarienne prématurée! Katara et Zuko ne sont pas des ados! Ils savent prendre sur eux... un peu.
Mais je vous ai donné du TophxJee et du SpringxManeka, parce que les fans adore "shipper"... et ça ne me rapporte pas un sou, à moi.
Mais je n'ai pas encore tué Aang- d'ailleurs, vais-je le tuer? Est-ce que je PEUX faire ça?
Avez-vous vu la vidéo qui a tellement vexé certains "fanarteurs"?
Que pensez-vous des derniers chapitres?
Dites-moi tout! Laissez une review, c'est gratuit! (merci encore aux increvables qui ont commenté les derniers chapitres ;-)) Vos encouragements et vos critiques m'aident à continuer.
folleriku: il y aura encore des morts. Alors investis dans le Kleenex et dans le Xanax.
prenses556: Zuko et Maneka? Mh, faut voir. J'ai hésité à mettre "Toph: blabla, Jee: bleble" pour que ça soit plus clair, mais le surnom ou le genre apparait assez vite. Désolée encore si ça manquait de clarté.
fanatiik et Zutara-Chan: vous êtes impitoyables. Pauvre Aang.
Kaia et Maia sont au coude à coude.
