Je suis affreusement désolée pour le retard qu'a pris la publication de se chapitre. J'ai eu une semaine chargée, des problèmes de connexion et un mal de chien à raconter tout ce qui me passait par la tête. Mais le voilà enfin, tout beau, tout chaud.

Merci pour votre patience. Je ne trainerai plus pour la suite, promis!


Chapitre 25

La grotte des Amoureux

La montagne s'élevait de toute sa masse parmis ses sœurs. Zuko, chargé des armes « spéciales » que Sokka lui avait donné, suivait Katara qui avait récupéré et rempli une deuxième gourde. Ils longeaient la parois abrupte du mont à la recherche de l'entrée de la grotte.

Soudain, le mur de roche s'interrompit, percé par une large arcade sculptée. Katara sourit, inspira une longue bouffée d'air frais, et s'avança vers le boyau obscur. Zuko souffla et prit sa suite, la gorge nouée d'appréhension.

La maitre de l'eau sembla se laisser gagner par la nostalgie tandis qu'elle s'avançait dans ce lieu si mystérieux, encore ignoré de la plupart des gens. La Grotte des Amoureux n'était pas le fruit de l'imagination d'une troupe de troubadours pacifistes et amateurs de fleurs, ou de superstitions de vielles femmes ; elle était aussi réelle que l'Avatar, et aussi légendaire.

Quand ils pénétrèrent plus avant dans la grotte, et que la lumière extérieure s'estompa, Zuko embrasa machinalement sa paume pour leur fournir un peu de clarté. Katara ouvrit la bouche pour lui parler, mais fut coupée par un cri stident, entre le hurlement et l'aboiement. Des dizaines d'yeux rouges apparurent dans l'obscurité de la caverne. Zuko se plaça vivement entre les créatures et Katara, son corps faisant écran. Le bruit de battements d'ailes, répétés à l'infini par l'écho, l'alarma : à quel monstre pouvaient-ils avoir affaire cette fois ?

Enfin, les silhouettes des loups-vampires se détachèrent de l'obscurité, piquant droit sur lui. Il leva ses Dao d'une main et ferma les yeux un instant, se préparant à l'impact. Mais il ne fut pas heurté par les bêtes. Tout ce qu'il sentit, ce fut la main froide de Katara contre la sienne. La maitre de l'eau avait étouffée la flamme car c'était la lumière qui attirait les loup-vampires. Il cligna des yeux, et remarqua qu'il voyait parfaitement, si ce n'était que la clarté qui les entourait était verte. Levant les yeux, il vit les cristaux fluorescents incrustés dans la parois supérieure de la grotte, le même cristal qui constituait le médaillon de fiançailles de Katara. Il resta quelques secondes bouche bée mais se reprit vite, affichant un air de froide observation.

Katara sourit avant de le dépasser pour mener leur avancée à travers le labirynthe. Le chemin illuminé par les cristaux devrait les mener au centre de la montagne. Ils avançaient en silence, de peur d'être répérés, et scrutaient les parois à la recherches d'une trace laissée pas les agents du Dai-Li ou par leurs amis.

Au bout de quelques longues minutes, Zuko laissa échapper un grognement d'impatience, et Katara lui lança un regard sévère. Mais il ne se dérida pas : cette fouille ne les mènerait à rien, et ils avaient un nombre incalculable de chances de se faire prendre avant d'avoir récolté le moindre indice sur la présence de leurs alliés dans cette cave.

Le plafond lumineux les mena à une voie sans issue : le mur sculpté face à eux n'était percé d'aucune ouverture. Avant qu'il ne se remette à râler, Katara poussa de toute ses force sur un cercle gravé, qui lui était familier, et une porte s'ouvrit dans le bas-relief, débouchant sur une salle large et obscure.

- C'est le tombeau d'Oma et Shu, souffla-t-elle. Nous sommes au cœur du labyrinthe.

La salle, baignée de la lueur verte, avait l'éclat des catacombes de cristal. Devant eux, les immenses statues représentant le couple à genoux semblaient prendre vie, et leurs yeux de pierre brillaient, comme animés encore par la passion. Zuko observait la sculpture et le chaste baiser échangé par les Amoureux tandis que Katara lui rappelait la légende d'Omashu.

Les deux enfants de deux tribus ennemies, furent réunis par le hasard et la compassion d'une taupe géante qui leur transmit sa maitrise. Ils purent ainsi s'aimer en secret... Jusqu'à ce que la guerre emporte le jeune homme, livrant sa bien aimée à la tristesse et à la colère. Mais, plutôt que d'anéantir les hommes responsables de la mort de son amant, elle bâtit une cité où ils pourraient vivre en paix, Omashu.

- Je n'aime pas cette histoire, grogna-t-il amèrement.

Katara resta un instant pensive devant la sculpture. De nombreux souvenirs affluaient, d'une époque lointaine où Aang et elle… Aang et elle étaient à la fois meilleurs amis, frère et sœur, et ce petit quelque-chose en plus qu'elle reconnaissait parfois dans ses yeux sans vouloir l'admettre. Une époque où elle pouvait compter sur lui, où il était toujours présent. Et elle sentait son cœur se contracter.

- Avançons, fit-elle.

Et Zuko se contenta d'acquiescer. Il contournèrent les tombes et se dirigèrent vers un couloir qui s'enfonçait plus profondément. Il ne firent pas trente pas.

Le passage était obstrué par une immense forme obscure et arrondie.

- Qu'est-ce que- ? souffla Zuko, embrasant sa paume pour mieux y voir.

Un rhâle l'interrompit, suivi d'un sursaut de la masse noire. Et toute la grotte trembla avec fracas. Alors Katara comprit.

- C'est une taupe géante, chuchota-t-elle.

Et effectivement, deux yeux aveugles brillaient à une extrémité, de part et d'autre d'un nez rose et humide. La forme gigantesque était hérissée de longs poils bruns et rêches, et ses quatre pattes, recroquevillées sous elle, étaient munies de longues griffes acérées.

- Elle a l'air mal en point, dit Katara avec douceur en s'approchant prudemment de la créature.

Les flancs de la taupe géante étaient percés de nombreux pieux de pierre et une lourde chaine lui encerclait la gorge, entravant sa respiration. La bête agonisait. Katara rassembla une belle quantité d'eau et appliqua ses mains sur les plaies sanguinolentes. La lumière verte s'estompa un instant, le noir complet étant remplacé par ce bleu si pur. Zuko regardait incrédule. Si le monstre se réveillait, il pourrait sans entrave les réduire en miette ou les avaler tout rond et tout cru, pourtant Katara tentait de le ramener à la vie. Après quelques secondes seulement, la maitre de l'eau baissa les bras, et laissa l'eau dégouliner sur le sol poisseux du sang versé par la bête.

- On arrive trop tard, murmura-t-elle. Elle est morte à petit feu. Les coups datent de plusieurs jours.

Zuko ne parvenait pas à détacher ses yeux de la forme hirsute. Si leurs ennemis étaient venus à bout d'une créature aussi immense, puissante et sauvage, comment pourraient-ils, Katara et lui, en sortir vivants ? Comment pourraient-ils venir à bout d'une telle menace, de gens capable de ça ? Si la taupe n'avait, entourée de son élément, pas su se protéger, comment pourrait-il prévenir Katara du danger ?

- Ne me regarde pas comme ça, dit Katara, je ne vais pas m'envoler.

Zuko fronça les sourcils, et réalisa qu'il ne regardait plus la bête immense. Non, c'est Katara qu'il fixait, ses grands yeux bleus qui lui renvoyaient la lumière de la flamme qu'il gardait au creux de sa main, reflétaient la peur qui le traversait, et les doutes qui l'ébranlaient. Il laissa le feu s'éteindre, et la lueur verte reprit ses droits.

- J'aimerais te croire sur parole, souffla-t-il en avançant sa main.

- Zuko, commença la jeune femme, je ne vais pas mourir. Tu ne les laisseras pas me tuer. Pas après…

La main du maitre du feu avait atteint sa destination, presque à la surprise de son propriétaire, sur la joue couleur caramel, provoquant le silence de Katara. Il se laissa engloutir dans les lagons cristallins, entourant le doux visage de ses deux mains chaudes. C'était un de ces moments où ils discutaient sans mots, débattant de leurs chances de survivre ou d'y rester, s'envoyant encore un peu de bravoure, de ces instants où il n'y avait qu'eux deux, où elle le suppliait silencieusement de ne pas la toucher, de ne pas la regarder, parce que c'était trop intense, trop troublant. Trop compliqué.

Alors elle sentit l'anneau d'onyx, et se souvint qu'elle aussi était liée par une alliance. Elle n'y tint plus et souffla :

- On… on ne doit pas s'arrêter- je veux dire, avancer- on doit continuer d'avancer. On est là pour sauver Aang, on ne peut pas… pas rester là. On doit retrouver Aang et le sortir de là. On doit le libérer parce qu'il est… Mon mari.

« Son mari ».

- Ton mari ? Non, je suis là pour sauver Aang parce que c'est Aang, c'est tout. Pareil pour Toph et les autres, je dois les sortir de ce caveau géant parce que c'est de ma faute s'ils sont coincés là.

Elle resta un instant bouche bée, mais acquiesça lorsqu'il laissa retomber ses bras le long de son corps. Il faisait tourner l'alliance Morte autour de son doigt, nerveusement. Il parvint enfin à décrocher son regard d'elle, à détourner la tête et à faire un premier pas pour contourner la taupe.

Il sentit dans sa nuque un souffle saccadé et chaud. Katara retint un hoquet de frayeur. Une deuxième taupe était apparue, sortie de nulle part. Elle grognait avec hargne, les croyant sans doutes responsables de la mort de sa compagne. Zuko se plaça entre le monstre et Katara, mais ne leva pas ses armes.

- Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? grinça-t-il.

Katara restait contre son dos, agrippant son épaule.

- Je… Je ne sais pas.

- Il doit bien y avoir un moyen de la calmer, insista-t-il.

Katara sembla réfléchir.

- Je crois qu'elles aiment la musique, dit-elle enfin. Sokka… Sokka les avait fait obéir en jouant de la guitare.

Zuko parut sceptique et agrippa au cas où la poignée de ses Dao.

- Chante-lui une chanson, le pressa Katara.

- Quoi !? Non mais pour qui tu me prends !?

- Oh, même dans la nation du feu vous devez bien avoir des opéras ou des cantiques ! Allez, Fire Lord, c'est l'instant ou jamais pour entonner l'hymne national !

- Je ne chante pas ! Tu n'as qu'à lui chanter une berceuse, toi !

Katara s'apprêtait manifestement à rétorquer mais ravala ses mots et étudia l'idée. La taupe semblait attendre qu'ils fassent le premier pas. Lentement, la maitre de l'eau se glissa à côté du jeune homme et le dépassa d'un ou deux pas. Après une petite toux timide, sa voix s'éleva, un peu râpeuse, hésitante, dans le silence de la caverne.

- Goute à goute, pas à pas
le ruisseau devient fleuve
l'enfant devient homme
Goute à goute, pas à pas
le cours d'eau devient mer
et le fils devient père.

Enfant de l'eau, ne force pas le temps
Prends le comme il vient
Tu ne fendra les océans
Qu'avec l'amour des tiens
Tu ne peux empêcher les rivières de couler
Accepte le rythme lent de leurs flots
Aime le monde tel qu'il est
Et il pansera tes maux

Sa voix prenait plus de force tandis qu'elle chantait la berceuse ; elle n'avait pas la puissance des grandes cantatrices de l'Opéra du Feu ou cette richesse des meneuses de cabaret de Bah-Sing-Se. Mais elle était familière, sincère. Douce. Zuko savait qu'elle fermait les yeux, qu'elle voyait sa fille.

- Goute à goute, pas à pas
le ruisseau devient fleuve
l'enfant devient homme
Goute à goute, pas à pas
le cours d'eau devient mer
et le fils devient père.

La taupe s'allongea, en signe d'acceptation. Katara s'avança jusqu'à toucher l'énorme tête, sans crainte.

Zuko resta un instant stupéfait avant de se faufiler derrière Katara et de souffler

- Et maintenant ?

- Elles ont mené Sokka jusqu'à l'air libre, la dernière fois. Peut-être qu'il suffit de lui demander de nous conduire jusqu'à Toph ?

Au nom de la maitre de la terre, la taupe réagit, se redressa, et frappa de ses lourdes pattes le sol de la grotte. Alors un tunnel s'ouvrit dans la parois, quelques mètres plus loin. Le duo s'en approcha, prudent, avant de se retourner pour voir la taupe prendre dans sa gueule la gorge de sa semblable, la trainer après elle dans un autre couloir, et disparaître.

- Bon, béh je suppose qu'on n'a qu'à suivre cette voie, fit Katara.

- Comme si nous avions d'autres option, grogna Zuko en la suivant dans le boyau obscur.

--

Ils redoublèrent de prudence en pénétrant dans la forteresse creusée dans la roche par le Dai-Li. La montagne, environnement, si paisible, si préservé, avait été ravagée, rongée de l'intérieur par un insecte bien plus tenace et glouton que les terre-mites : l'homme.

L'heure n'était plus à la philosophie et à l'observation, il était plus que temps d'agir. Katara reserra les bandoulières de ses poches d'eau, Zuko ajusta son sac et ses Dao sur son dos.

Il baissa une seconde les yeux vers elle, et c'était probablement la dernière fois qu'il prendrait cette liberté ; ils allaient récupérer Aang (son mari, le père de sa fille). Mais il avait besoin de ce dernier échange muet, parce qu'ils avaient partagé un regard à chaque fois qu'ils avaient dû affronter le danger ensemble. « Prêt ? » « Prêt ! » « Alors… on y va ! »

Il prit la tête, contourna la colonne de pierre et s'enfonça dans un long corridor illuminé par les cristaux. En suivant discrètement deux agents, ils parvinrent à une porte flanquée de deux gardes. Katara eut tôt fait de les transformer en stalactites. Zuko planta sa dague dans la serrure et força l'entrée dans la cellule.

Ce n'est pas Aang qui était enfermé là, pourtant le soulagement de Katara n'en fut pas moindre : sa jeune élève pendait, les mains sévèrement arrimées à la parois, presque inconsciente. La maitre de l'eau gela les fers et le seigneur du feu les frappa d'un coup sec, les faisant voler en éclat.

- Oh, Maneka, Maneka ! chuchotait Katara en passant ses main entourée d'eau sur les points vitaux de la jeune métisse.

- Ça va… souffla la jeune fille avec bravoure. J'ai juste… très soif.

Katara sourit et attira à elle l'eau présente dans l'air ambiant, et l'offrit à son élève. Tandis que la plus jeune se désaltérait, Zuko se déchargeait d'un gourdin de bois et Katara d'une de ses gourdes.

- Tiens, disait-il, équipe-toi. On va se sortir de là.

Refusant de montrer son actuel état de faiblesse, la jeune maitre de l'eau se redressa de toute sa hauteur et acquieça.

Ils se faufilèrent hors de la cellule sous les yeux suppliants des agents surgelés. Un autre couloir, parallèle au précédent, donnait lui aussi sur une unique porte surveillée.

- Ceux-ci sont pour moi, fit Zuko.

- Mauvais joueur, grincha Katara.

Déjà, le maitre du feu embrasait sa main, provoquant l'extinction de la lueur verte. Les garde l'interpelèrent, puis lancèrent deux paires de poings de pierre… qui atteignirent un morceau de tissu enflammé accroché à la parois. Le chiffon consumé, les cristaux se rallumèrent sur une allée vide. Les agents émirent divers borborygmes pour marquer leur stupeur. Ils ne virent pas le jeune homme qui s'était glissé derrière au et qui levait les poings, prêt à les rabattre vivement sur le sommets de leur crâne.

- Ouch ! souffla Katara en voyant s'effondrer les deux hommes.

- Ils ne risquent pas de se réveiller, demanda Maneka en enjambant les corps pour atteindre la porte.

- Pas avant une heure ou deux, évalua Zuko en se frottant les mains.

La porte grinça légèrement quand ils l'ouvrirent. La pièce était légèrement éclairée, et l'odeur qui y régnait était plus qu'incommodante. La jeune maitre de l'eau s'agrippa à son professeur pour ne pas défaillir.

Katara eut un haut-le-cœur en voyant la silhouette presque décharnée d'un homme au crane rasé. Son corps était marqué de centaines de coupures profondes, et il avait dû lentement se vider de son sang avant de rendre l'âme.

- Oh non, souffla-t-elle en s'avançant pour tenter de le soigner, de le ramener à la vie, mais l'évidence s'imposait : il était bel et bien mort. Depuis plusieurs jours déjà.

Zuko s'était avancé vers une autre silhouette, celle-ci encore bien vivante, mais faible, qui était attachée de l'autre côté de la pièce. La jeune femme était dans une position moins inconfortable, sa chaine lui permettant de se mouvoir un peu. Mais pas assez pour atteindre l'homme, pas assez pour lui venir en aide. Lorsque le seigneur du feu la libéra, elle se traina jusqu'à son compagnon d'infortune.

- Rei… oh Reiko, réponds-moi.

Lorsqu'elle parvint à s'agenouiller près du corps sans vie, elle serra contre son sein la poitrine mutilée, et pressa sa joue contre le visage froid de son partenaire en murmurant toutes sortes de prières.

- Je t'en prie, Rei, ne sois pas mort, reviens-moi. Ô Gaïa rendez-le moi, pitié pour lui.

Et Katara fut troublée de sentir sur elle, plutôt que sur le malheureux couple, le regard d'ambre de Zuko. Maneka pleurait du désespoir de Saji. Et la jeune épéiste était au-delà des larmes : elle était brisée. Ils l'avaient forcée à assister à la mort lente de celui qu'elle aimait.

- Les monstres ! aboya Katara.

Le maitre du feu se tut un instant, laissant les guérisseuse rendre un peu de forces à la jeune femme, et tenter de l'apaiser. Mais ils dut les interrompre.

- Il faut y aller.

Il confia une arme en bois à Saji et jeta un œil à l'extérieur avant de déterminer que la voie était libre.

- Oh, j'espère que maitre Toph et maitre Jee vont bien, murmura Maneka.

A ces mots, la jeune épéiste lança à Zuko un regard assassin. Il était responsable, il les avait projeté dans cette galère. Il avait fait tuer Reiko !

Zuko sentait dans sa nuque les deux glaives de jais lancés par la jeune élève de Piandao. Et l'incroyable macramé formé par son estomac n'en fut que plus inconfortable. La culpabilité était lourde sur ses épaules. Alors il trouva les yeux de Katara, posés sur lui depuis un instant, et lisant en lui comme si ses émotions apparaissaient en caractères classiques sur son front.

Et les joyaux bleus lui disaient qu'il n'y était pour rien.

--

Ils avancèrent aussi discrètement que possible dans les galeries, ignorant partiellement où ils se trouvaient, leur yeux alertes de tous ce qui ressemblait de près ou de loin à une cellule gardée.

Soudain, Zuko leur fit signe de s'arrêter, et le trio de femmes obéit. Plus loin sur la gauche se profilait un autre pasage, et le maitre du feu voulait s'assurer qu'il étit libre avant de passer devant. Il reprit sa démarche silencieuse, agrippa la poignée de ses sabres, et se glissa en crabe jusqu'à l'angle. Il lui sembla ressentir une présence. Il sortit sa dague perlée, et s'en servit comme d'un miroir pour regarder.

Et il ne vit que le reflet d'un visage familier.

- C'est bon, l'Etincelle, t'as fini de jouer aux Esprit Bleus ?

- Toph !

- Tes bras !? qu'est-ce qu- ?

- Pas ici !

Elle tapa du pied contre la parois et les deux issues furent obstrués par un mur de pierre.

Katara embrassa son amie, et Saji laissa Jee, qui s'était armé d'un long bâton droit, la prendre dans ses bras. Les deux épéistes échangèrent quelques mots, et le sourire du jeune homme s'évanouit, remplacé par une grimace. Toph s'était approchée de Jee, et il avait posé sa main sur l'épaule de la jeune femme, comprenant qu'elle manquant apparemment de mots pour lui signifier qu'elle partageait sa peine. Katara ne put s'empêcher de les trouver proches. Izora aurait-elle eut raison ? (pour changer)

Toph fit alors un mouvement brusque pour s'accroupir. Son hochement de tête était sans appel pour ceux qui la connaissaient : l'ennemi approchait.

Non. Il était là.

Les parois reculèrent, et les couloirs étroits et vaguement éclairé par une lueur verte laissèrent place à une vaste salle ovale. Semblant sortir des murs ou tomber du plafond, les agents les encerclèrent rapidement, les surpassant de beaucoup en nombre.

- Ah, on vous attendait, nargua Toph.

Les deux épéistes, les deux maitres de l'eau, le maitre du feu et la maitre de la terre prirent leurs positions, chacun levant son arme.

Et la bataille commença.

Une pluie de poings de pierre et le fines chaines s'abattit sur nos héros, qui les envoyèrent valser au quatre coin de la salle (ovale). Katara et Zuko sautèrent au devant du danger, les bras entouré de leur élément respectif, alignant leurs victimes. Les serpents de feu et d'eau dansèrent dans la salle à présent obscure.

Toph se débattait comme une chienne, rapidement réduite aux tactiques défensives par son « handicap ». Elle grognait de colère, fulminant contre l'imbécile qui lui avait cassé les bas.

Jee et Saji, malgré toute la sagesse qui leur avait été transmise pendant des années par le pacifique maitre Piandao, sentaient battre en eux le désir de vengeance.

Maneka restait en retrait, timide, mais se défendait avec courage.

- Ils sont trop nombreux ! lança Katara à Zuko, en envoyant pourtant encore cinq hommes dans le décor où ils resteraient figés dans la glace plusieurs heures.

Ils reculèrent jusqu'à s'alligner avec le reste de leur équipe.

- Toph et toi, allez chercher Aang. On ne peut pas quitter ce trou sans lui.

- Mais- !

- Oh Sugar Queen, fais ce qu'il te dit ! lança Toph en poussant Katara sur le côté.

Et les deux jeunes femmes disparurent dans un tunnel.

Maneka comprit au regard lancé par Zuko qu'il valait mieux qu'elle aussi reste en retrait. Si l'un d'eux était blessé, ils auraient besoin d'elle pour le guérir. Zuko forma deux poignards de feu et se mit en garde. Saji leva l'épée de bois qui avait déjà fait ses preuves, et Jee s'accommodait bien du long bâton et des quelques couteaux en os que Zuko lui avait confiés.

Ainsi le trio attendait que les agents lancent un deuxième assaut.

Et celui-ci ne tarda pas ; Zuko bondissait, courait, et frappait les agents qui passaient à sa portée. Il essayait d'épargner leur vies, autant que possible, sentant le nœud dans sa gorge se serrer un peu plus à chaque cri de douleur qu'il provoquait. Mais s'il s'agissait de sa survie, de celle de Katara, il se résoudrait à vivre et… faire mourir.

Les élèves de Piandao, eux, ne montraient pas tant de scrupules. L'un des leurs y était resté, c'était une affaire personnelle. On ne touchait pas aux membres de cette « famille » sans le regretter. Amèrement.

Alors que le trio, renforcé au besoin pas les fouets d'eau et les soins de Maneka, pensait prendre l'avantage, les agents s'écartèrent pour laisser entrer quatre nouveaux agents.

Zuko et Jee se figèrent un instant, mais Saji prit les devant et lança au Dai-Li le plus proche, une femme apparemment, les trois couteaux d'os.

Il explosèrent en plein vol, et trois nuages de poussière blanche et lourde flottèrent quelques secondes dans la grande salle avant de retomber. La femme n'avait eu qu'à lever le bras. Elle le laissa retomber le long de son corps et leur adressa un rictus malveillant. Zuko fit le tri, et un prénom lui apparut. « Yo ». Elle tendit les deux main et Zuko se sentit comme broyé de l'intérieur, son corps refusant le lui obéir.

- Sire ! hurla Maneka en le voyant ainsi pétrifié.

- Vas-t'en ! ordonna-t-il.

Les trois agents restants ne prêtèrent aucun attention à la jeune maitre de l'eau qui s'enfuyait. Ils effectuèrent quelques mouvement saccadés de maitrise, et une rafale de pointes de pierre vers les deux épéistes. Jee sauta en avant, et arrêta ou renvoya les projectiles à l'aide de son bâton.

Mais l'arme ne résista pas longtemps aux assauts répétés, et en fait de tringle d'un mètre cinquante de long, il se retrouva rapidement à se débattre muni d'une canne de randonneur- non, d'une batte, d'un gourdin… Il abandonna ce qui restait du manche et se demanda une brève seconde comment il allait survivre à la prochaine rafale.

Il pensa à Toph. Il était né sous une bonne étoile, nan ?

Les Dai-Li bougèrent encore, et il entendit vaguement les cris du seigneur du feu soumis à une torture qu'il n'osait pas imaginer, et le hoquet de Saji.

Elle s'était interposée, projetant son corps dans la trajectoire des pieux, comme bouclier humain.

- Saji ! s'entendit-il crier.

L'un des agents, plus petit, dont on voyait mal le visage, leva une main et les tirs s'interrompirent. Il vit le seigneur du feu s'écrouler et trembler de douleur, la pression enfin relâchée.

- C'est l'instant dramatique où vous comprenez que vous avez affaire à plus fort que vous, votre Majesté.

Il grogna pour répondre et s'approcha de Jee. Le jeune élève de Piandao était parcouru de frissons, et regardait celle qu'il considérait comme sa sœur effondrée devant lui.

- Elle… elle-

- Prends la avec toi, coupa Zuko, pressant. Allez chercher Maneka. Elle est guérisseuse.

- Non, elle… la p'tite ne pourra rien faire, souffla l'épéiste à regret.

La petite en question n'avait pas filé loin, malgré l'ordre lancé de son seigneur.

- Si, je peux, dit-elle, accueillie par les rires sarcastiques des agents. Je sais que je peux.

Elle ganta ses mains d'eau et s'approcha de Saji, qui avait déjà perdu beaucoup de sang, et se concentrait pour la guérir. Elle savait qu'elle en était capable.

Mais avant qu'elle ne pose ses mains sur les chairs ouvertes de la jeune femme, la maitre de l'eau fut interrompue par un râle. Entre la vie et la mort, mais penchant dangereusement du côté de la seconde, la jeune épéiste avait trouvé l'énergie pour faire part de ses dernière volonté.

- Non, laissez-moi. Laissez-moi.

- Saji… murmura Jee d'un ton suppliant.

- Je suis désolée, Jee, mon p'tit frère. Mais Rei m'attend. Mais toi, toi tu dois vivre. Ne les laisse pas t'avoir.

- Mais-

- Promets !

- Okay… promis.

- Je… je ne veux pas mourir à petit feu comme lui. Ça fait trop mal. Qu'on m'achève !

Jee voulut protester, mais Maneka avança encore sa main gantée d'eau et la laissa en suspens au dessus du visage de Saji.

- C'est ce que vous voulez, maitre ?

- Ouais. Et, Jee… elle a l'air chouette, ta copine.

- Merci.

Alors Maneka posa sa main sur le nez et la bouche de la jeune femme. L'eau s'engouffra dans les interstices et Saji suffoqua trois secondes avant que ses yeux ne roulent en arrière, et que son corps ne semble lâche et mou dans les bras de Jee.

Les larmes de Jee et le regard incrédule de Zuko furent accueilli par une hilarité noire. Les agents qui portaient le blason de Mend s'avancèrent à nouveau. Yo reprit possession du corps de Zuko qui grogna, tandis que deux homme entouraient leurs longues chaines métalliques autour des gorges de Jee et Maneka. Les anneaux se resserrèrent comme ceux d'un boa, et leurs visages prirent très vite une teinte violacée.

Alors l'agent plus petit s'avança et parla d'une voix froide, sèche, et pourtant, féminine :

- Puisque vous mourrez bien avant que votre cher Avatar ne sois libéré par sa femme, et que je veux rendre plus longue et plus douloureuse votre agonie…

Elle se tut pour laisser un instant peser la menace.

- Il faut que le monde sache qui nous sommes, et ce que nous avons traversé.

Nouveau silence. Zuko remuait comme un damné malgré l'emprise terrible de Yo.

- Inutile de vous débattre, inutile de verser la moindre larme, ou encore de prier je ne sais quel stupide divinité : C'est fini pour vous.

C'est fini.


AN: Merci à tous ceux qui ont commenté le précédent chapitre. N'hésitez pas à me donner votre avis!

Encore mille excuses pour les sept (non huit!) jours d'attente que je suppose insupportable.

folleriku - J'ai bien reçu ta review. J'ai bien reçu ta review. J'ai bien reçu ta review. xD J'ai moi aussi eu des problèmes de connexion. Mais c'est réglé.

Zell - Merci! Je m'applique, je m'applique. Si ça te plait toujours, c'est vraiment le principal!

prenses556 - La question des maitrises "supérieures" reste assez vague, et ne sont d'ailleurs que brièvement présentée dans la série, de manière presque anecdotique (je pense au bloodbending dont on supposait tous qu'il aurait une importance majeure pour la suite alors que... non, Katara l'utilise bêtement pour se venger). Certains pensent que la maitrise supérieur de l'eau s'étendrait à toute forme de liquide à base d'eau. Et que la maitrise supérieure de la terre s'étendrait à tous les minéraux. Certains débattent de la question sur avatar-realms (si vous ne connaissez pas, alors vous n'êtes pas un vrai fan francophone de la série) et exposent des théories des plus subtiles au plus saugrenues.

Je me demande parfois si on ne va pas trop loin. Les auteurs n'ont peut-être même pas creusé à ce point la question.

AN, c'est quoi? Bonne question. En fait c'est l'abréviation d'"Author's note", que les anglophones utilisent. Et que je trouve moins scolaire que n.b. (Nota Bene) ou RM (remarque). Voilà.