Je pensais poster un plus long chapitre, mais j'ai décidé de poster les deux parties initialement prévues séparément.

J'aimerais poster la seconde partie encore aujourd'hui, en fin de soirée surement ou demain.


Chapitre 28

Azula

Elle savait qu'ils arriveraient. Elle les attendait... avec impatience.

Elle était résolue à se venger de tous ceux qui l'avaient envoyée dans cette satanée tour de glace- Elle, un maitre du feu, Agni faite femme ! La légitime héritière d'Ozai, celle à qui il avait personnellement confié la Nation du Feu. Elle incarnait tout ce que son peuple idolâtre- Elle était le Feu.

Pourtant ils l'avaient humiliée, exilée comme son attardé de frère, réduite à l'impuissance comme son père. Il faisait si froid... elle crut sentir sa flamme intérieure s'étouffer. Mais la haine qu'elle leur portait raviva son brasier, et elle commença à se reprendre, à récupérer son ton détaché, son rire froid, son don inné pour le mensonge et son inégalable talent pour la manipulation. Dans sa tour de glace, elle devint la froideur même, la reine des neiges.

Et pour la première fois de sa vie elle s'abaisserait à manger un plat froid.

Quand l'énorme bestiole poilue et puante apparut à l'horizon, elle vit que le paysan de l'eau était à la fois rassuré et tristement ennuyé. Depuis plus de deux heures, elle parcourait son pauvre village et réduisait les maisons qui ne lui plaisaient pas en cendre. Les guerrières Kyoshi- du moins, c'est ainsi qu'elles se présentaient- étaient rapidement venues à bout des quelques agents Dai-Li qu'Azula avait pris la peine d'emporter... mais elles n'osaient attaquer la princesse du feu, n'osaient pas même la regarder. Seuls le crétin et sa femme- la fille qu'il avait sortie du Boiling Rock- ne la quittaient pas des yeux. Non, ce qu'ils ne parvenaient pas à lâcher, c'était ce qu'Azula tenait nonchalamment sous le bras, appuyé sur sa hanche. Un petit paquet de 4 ou 5 kilos, qui sentait la pisse et le lait battu et qui braillait à pleins poumons. Azula devait prendre sur elle pour ne pas tuer le bébé- pas encore. Chaque fois que ces cris atteignaient les limites du supportable, elle brulait une maison, un bateau, un insulaire. Sans distinction. Le bébé était donc pleinement responsable du massacre, mh ?

Tai Lee- cette petite traitresse stupide- s'était avancée. Azula pensait partir à sa recherche après, pour s'en débarrasser, lui faire payer le prix de son affront ! Mais de la voir, ses grands yeux bruns et ses longs cils d'autru-biche aisément reconnaissable malgré cet horrible maquillage, et son corps de bête de cirque plus souple et féminin que jamais dans cette hideuse robe verte, la jalousie prit le dessus, et Azula sut exactement quelle punition était la plus appropriée pour l'acrobate. Elle accueillit son ex-amie avec un sourire faux, et la laissa s'approcher. Sur ses gardes mais toujours aussi sotte, Tai Lee s'avança. Elle jeta malgré elle un regard inquiet au bébé, se demandant probablement comment elle pourrait s'y prendre pour l'enlever à la poigne de la princesse, mais Azula la surprit.

- Tu cherches encore un moyen de me trahir, Tai Lee ?

- Mais pas du tout Azula ! Je suis vraiment heureuse de voir que tu vas bien. Mais je m'inquiète pour le bébé, tu ne la portes pas comme il faut d'après Suki.

Azula laissa encore la guerrière réduire la distance qui les séparait, avant de lui lancer un poing de feu vif et précis en plein visage. Ozai's style : pas un coup mortel, mais suffisant pour la défigurer. La jolie poupée pouvait faire le deuil de son succès auprès du sexe opposé. Azula fit demi-tour, ne prêtant pas attentions aux hurlements de Tai Lee venus s'ajouter à ceux du bébé. Elle afficha un sourire satisfait et dit :

- Petite idiote, tu apprendras à me respecter et à me craindre !

Depuis cet incident, personne n'avait osé entrer dans un rayon de trois mètres autour de la princesse bannie... quelle horreur !, voilà qu'elle avait un point commun avec Zuko. Les habitants de l'île et les guerrières, craignant pour leur vie ou celle de l'enfant de l'Avatar gardaient leurs distances, certains suppliaient Azula- mais elle n'avait aucune merci, aucune pitié, aucune clémence alors elle ne comprenait pas bien ce qu'ils espéraient d'elle- et elle trouvait leurs suppliques hilarantes.

Enfin donc, la bête de l'Avatar vint poser ses six énormes pattes poilues sur la plage, et Azula se promit de faire empailler l'animal dès qu'elle en aurait terminé avec son maitre. Mais de la troupe qui descendait du dos du bison, l'Avatar était vraiment le cadet de ses soucis. Elle avait deux cibles : son amateur de frère et la paysanne maitre de l'eau. Lui, elle se contenterait de le tuer, tout simplement. Elle était mi-désappointée mi-étonnée que les agents spéciaux n'en soient pas venus à bout... mais pouvait-on espérer mieux de la part de maitres de la terre ?

Mais la maitre de l'eau... Azula savait qu'il suffirait d'un coup (si personne n'avait l'idée incongrue de s'interposer) pour la liquider (ahah). Mais c'était trop doux, trop rapide... Azula voulait qu'elle souffre, qu'elle larmoie jusqu'à en avoir mal aux yeux et qu'elle se dessèche à force de pleurer, et qu'elle crie- Azula avait trouvé jouissif son appel désespéré à l'attention de ce pauvre Zuzu encore tout remuant du choc électrique... Cette fois, on l'entendrait crier jusqu'à Bah-Sing-Se !

Ils arrivèrent en courant, et virent grossir la foule qui entourait Azula sans oser s'approcher. Quand elle atteignit le premier rang, la paysanne des tribus écarquilla les yeux. Elle avait reconnu le petit paquet dont Azula s'était fait un bouclier -bruyant et puant, certes, mais extrêmement efficace.

- Non ! souffla-t-elle.

L'Avatar et la petite aveugle les avaient rejoints, ainsi qu'un inconnu complètement fade. Surement encore l'un de leurs nombreux et joyeux amis.

- Katara, je suis désolé, parvint articuler le pseudo-guerrier qui sevrait de frère à la maitre de l'eau.

Il était rongé de culpabilité, un plaisir pour les yeux.

- Ce... ce n'est pas ta faute, Sokka.

- Oh si, c'est de sa faute : Je lui ai laissé le choix entre son morveux et le tien, paysanne !

« Sokka », puisque c'était son nom ( Agni ! Ce que ça sonne archaïque) ouvrit la bouche pour protester mais Zuzu l'interrompit (Quel trouble-fête celui-là !)

- Ne l'écoute pas. Tu sais qu'elle ment comme elle respire.

- Tu as une bien piètre opinion de ta sœur bien-aimée, tu m'offenses ! riposta Azula

- Comme si tu me tenais en plus haute estime !

- Tu m'as envoyé au pôle nord, répondit-elle calmement, et elle trouvait l'argument valable.

- Tu as essayé de me tuer, rétorqua-t-il.

- J'ai fait ça ?

- Lâche ma fille, Azula, demanda Katara en faisant un pas en avant. Elle n'a rien à voir là-dedans.

- Elle ? Ooh, me voilà toute attendrie, vraiment. Je crois que je vais l'adopter. Et a-t-elle déjà un nom ? j'aime savoir qui je torture.

La mère se figea et chercha Zuzu des yeux, mais son regard restait accroché sur la gamine dont le visage avait viré au violet à force d'hurler.

- Maia, souffla-t-il.

Azula se régalait de la tension qui traversait le groupe, de l'air hagard de l'Avatar - Aria jurait que ses drogues étaient efficaces-, de l'air coupable des gens de Kyoshi. Mais la douleur dans les grands yeux d'un bleu écœurant de la maitre de l'eau dépassait de loin tout ce qu'Azula pouvait espérer. Pourtant, elle allait apprendre à la petite paysanne que la douleur n'avait pas de seuil.

- Mais à qui est cet enfant !? s'exclama Azula, ponctuant par un rire dédaigneux

Si Zuko et Katara encaissèrent aisément, l'Avatar sursauta. Il n'avait jamais vu sa fille, il n'avait pas été présent. C'était Zuzu qui avait assisté à la naissance, à la souffrance heureuse de la mère, au premier cri (et certainement pas le dernier) du marmot. Le maitre de l'air n'était le père que biologiquement - et encore, rien n'était moins sur.

- Si personne ne la réclame, je m'en débarrasse !

- Non ! éclata la foule entière, comme un seul homme.

Azula jeta un regard hautain à Katara

- Moi qui croyais avoir affaire à une innocente petite paysanne... quand tout un village prétend à la paternité de cet enfant. Agni sait ce que tu faisais de tes soirées « solitaires », Madame l'Avatar.

Azula tapait juste et elle le savait. La satisfaction qu'elle retirait de ces petites pointes lancées à Katara ne lui était pas offerte par Katara directement, mais pas l'expression peinée de l'Avatar, et donc la culpabilité de la paysanne. Quelle idiote de s'autoriser tant d'attaches : chacune était une faiblesse. Azula commençait déjà à travailler l'esprit sensible de son mari, elle tuerait Zuko dans très peu de temps, puis tuerait Sokka... non, la guerrière Kyoshi. Si Katara et son frère étaient à moitié aussi proches que Zuko et elle étaient éloignés, elle aurait le cœur fendu de sa souffrance. Bon programme.

- Qu'est-ce que tu veux, Azula ? lança Zuko.

- Ce n'est pas clair encore ? Je veux une revanche. Un spectaculaire Agni Kai avec, comme trophée, ta tête et celle de l'enfant.

- Tu ne feras pas de mal à un enfant, Azula, dit une voix oh ! si familière quelque-part dans l'attroupement.

Les villageois s'écartèrent pour laisser passer la grande et noble dame, vêtue d'une robe de voyage blanche et or.

- Maman !? fit Azula, surprise.

Le cercle des « spectateurs » se referma derrière elle. Les amis de l'Avatar semblèrent juger cette apparition de bon augure. Les idiots ! Ursa s'avança sans aucun tremblement vers sa fille, effleurant en passant l'épaule de son fils, lui aussi étonné.

- Tu sais que je ne te crains pas, Azula.

Sa mère arriva jusqu'à pouvoir la prendre dans ses bras et la serrer contre elle. Mais elle n'en fit rien, elle resta là, à moins d'un mètre.

- Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? murmura Ursa, la voix cassée par... la déception ?

Azula était parfaite, comment pouvait-elle décevoir sa mère ? Aberrant !

- Je me venge, répondit la princesse.

- Tu ne dois pas, assura sa mère en tendant une main timide vers le visage si parfait de sa fille. Tu ne dois pas, Azula, tu ne gagneras rien.

- Ooh si, il n'y a rien de plus... exaltant qu'une vengeance longuement attendue et préparée.

- Tu n'as donc rien appris, remarqua Ursa à regret.

- Toi non plus ! aboya Azula. Tu continues de me considérer comme un monstre ! Tu m'as fait croire le contraire mais j'ai vu- j'ai très bien vu à quel point je te dégoute.

- Tu as tué ces hommes, Azula.

Le constat accablait la reine, lui pesait comme si elle avait elle-même égorgé les deux gardes avant de les abandonner dans un fossé enneigé. Sa bouche tremblait comme si elle goutait leur sang, et ses pupilles étaient dilatées.

- Tu devais t'y attendre, mère.

- Je pensais que tu avais changé pour un mieux... Je ne te croyais pas capable d'une telle cruauté.

- Je t'ai montré ce que tu voulais voir. Tu ne m'aurais jamais aidée à sortir si je t'avais dit ce que je projetais, posa Azula.

Cette phrase provoqua un murmure incrédule dans la foule. Le demi-visage de Zuko était impayable. S'il s'était relevé après que le bison lui soit tombé dessus, il n'aurait pas fait une autre tête.

- Tu... C'est toi qui- ?

Il ne parvenait pas à formuler la question. Tout son corps disait « non » mais la vérité était là. Mh, bien sûr cette révélation ne pouvait que les affecter. Après tout, l'agents qui avait éliminé Mai était plus ou moins sous les ordres d'Azula. Ursa était indirectement responsable de la mort de sa belle-fille et du mini-Zuko qui grandissait dans son ventre comme un gros parasite.

Katara semblait désolée, mais pas stupéfaite. Elle savait.

- Tu n'avais pas encore deviné, Zuzu ?

- Azula, tais-toi ! ordonna vainement Ursa.

- Qui d'autre que notre chère mère aurait eut les autorisations pour m'approcher et les moyens de me libérer ? Même ton idiote de maitre de l'eau avait deviné

Le choc laissa place à la détresse dans les traits de Zuko, se reflétant simultanément dans les bêtes yeux bleus de son amie qui tentait de le retenir par le coude. Jubilatoire.

- Tu- tu savais ?! dit-il, avec une pointe d'accusation dans la voix

- Zuko, je... tenta-t-elle, et sa main remonta jusqu'à l'épaule de l'innocent qui fumait- littéralement.

- Tu savais !

Il s'écarta vivement de sa paysanne, balayant ses mains d'un geste vif, refusant même qu'elle le touche. Tu te sens trahis, Zuzuuu ?

- Femme à succès, femme à secrets, chanta Azula.

- Ne la blâme pas, Zuko mon chéri, je lui ai fait promettre de ne pas... commença Ursa.

Il ne dit rien mais laissa échapper un sifflement agressif, une sorte de juron tu, de ces bruits inarticulés que faisaient ces saletés de canne-tortues quand Azula s'approchait du petit étang. Elle aurait voulu, elle aussi, s'asseoir avec sa mère au bord de leur mare, sous le vieux cerisier. Mais Ursa savait qu'Azula n'aimait pas les animaux, n'aimait pas la compagnie, n'aimait pas rester juste assise. Et la petite fille haïssait son frère de pouvoir- pour une fois- obtenir quelque-chose qui resterait définitivement hors d'atteinte pour elle.

- Oh pauvre Zuzu ! minauda Azula. Toutes les femmes de ta vie se sont liguées contre toi.

- La ferme ! aboya-t-il à l'attention de sa sœur, rapidement réprimandé par Ursa :

- Zuko ! D'où te vient un, langage pareil !?

- Oh Zuzu a passé beaucoup de temps en mer, répondit Azula comme s'il s'agissait de la plus belle période de sa vie.

- Azula, arrête, je t'en prie, arrête ! soupira Ursa d'une façon étonnemment douce. Je suis venue, tu vois, je suis là, pour toi. Tu ne crois pas que ton frère a déjà assez souffert ?

Azula regarda alors sa mère bien en face, elle ne voyait plus que le visage pâle et posé, presque oublié de la reine.

- Viens, Azula, on va... on va rentrer à la maison. Tu vas présenter tes excuses à ces gens on va prendre le bateau toute les deux.

Ursa avait franchi le dermier mètre, elle tenait presque sa fille dans ses bras.

- Arrête de prétendre, je sais que tu as honte de moi !

- ... Parfois, j'ai mal de voir comment tu agis. Mais tu reste mon enfant, Azula. Et je t'aime.

- Non !

Azula revivait une hallucination, mais cette fois, c'était vrai. Cette horrible tendresse, cette impossible douceur dans la voix et les mots d'Ursa. Azula tomba a genoux et sa mère suivit son mouvement, et quand l'ex-princesse enfouit son visage dans ses mains, lâchant le bébé, Ursa le rattrapa gentiment, sans dégâts.

Alors elle fit une erreur dans sa manœuvre parfaite : elle jeta un regard inquiet à l'enfant avant de la serrer contre son sein.

Azula releva brusquement la tête et se mit à hurler :

- Tu maimes !? Mais c'est ce déchet rose que tu embrasses ! Menteuse ! Menteuse ! MENTEUSE !!

Ursa recula de plusieurs pas, cette fois fraiment effrayée par la réaction de sa propre fille. Elle raffermit son étreinte sur le bébé. Azula crevait de jalousie.

- Vous êtes tous des traitres ! grogna Azula.

Elle fit un mouvement pour se relever, mais la maitre de la tête tapa du pied et ses mains restèrent bloquées au sol- retenue dans le sol.

Elle ne put que regarder sa mère se tourner vers son fils et le prier de comprendre, d'essayer de pardonner. Katara s'avançait pour reprendre sa fille.

La terre ne retint plus Azula, elle se brisa face à l'ardeur des flammes bleues. Déjà la princesse était sur ses pieds, formait deux arcs de cercles de ses bras, l'index et le majeur tendus, et s'apprêtait à lancer toute cette énergie en direction de cette femme qui se prétendait sa mère.

L'éclair partit, parfait, puissant comme milles orages.

- Ursa ! cria une voix, et la reine mère fut projetée sur le côté.

La flèche bleue frappa de plein fouet. Tout Kyoshi hurla. Azula, dans son délire, crut avoir remporté la une victoire. Elle observa la chute du corps, lente, et la torsion anormale des muscles. Splendide.

Sublime.

Katara s'éffondra, l'épaule droite fumante, sur le sol poussièreux.


AN: Ahahahahah! (rire sabique)

Comme vous l'avez lu, MAIA a été choisi comme prénom pour le bébé (proposé par Zutara-Chan avec l'orthographe proposée par prenses556). Merci encore à tous ceux qui ont fait des propositions ou ont donné leur avis sur les prénoms.

Merci aux nombreuses personnes qui ont laissé une review pour le précédent chapitre : Kestrel Faeran, Folleriku, Fanatiik-Kawaii, Prenses556, Zell et Zutara-Chan

Zell - héhé à 4h du matin je ne voyais plus trop le clavier non plus, mais pour le coup on peut remercier le correcteur orthographique et une certaine boisson pétillante contenant de la caféïne et 20sucres au litre...

Prenses556 - je suis contente qu'Aria te trouble. Elle est la preuve que la différence entre la vérité et le mensonge n'est pas claire et dépend surtout et avant tout du point de vue.