Chose promise, chose... bon, ok, on est déjà plus vraiment en fin de soirée... mais le chapitre est là et il vous attendra et vous pourrez le lire au petit déjeuner et mettre du café et des corn flakes plein votre clavier.
Bonne lecture.
Chapitre 29
Tous ses amis regardèrent impuissants le corps de Katara tomber, glisser sur le sol, rouler sur le côté.
C'était un de ces instants fulgurants où tout semblait se passer au ralenti : ils virent l'éclair partir du bras tendu d'Azula, et Katara pousser la reine mère et son bébé... et se placer dans la trajectoire. La maitre de l'eau fut soulevée du sol par le choc, et propulsée dans la foule.
Alors seulement ils comprirent ce qui se passait.
- Katara !
Le cri désespéré échappé des lèvres mordues à sang de Zuko parut inhumain, sa voix méconnaissable. Toph réagit avec sa vivacité habituelle et piégea les pieds d'Azula sur place. Sokka se jeta sans réfléchir à la gorge de l'ex princesse, provoquent un sombre craquement de l'une des chevilles d'Azula. Le guerrier était hors de lui, incapable de former une pensée ou un mot clair, il hurla.
Suki et Hakoda tentaient de forcer Sokka à se redresser : il frappait sans distinction le corps et le visage d'Azula.
- C'est tout ce que tu peux faire, paysan !? narguait-elle entre deux coups.
Elle cracha une longue langue de flamme et Sokka dut se jeter en arrière pour l'éviter.
Aang resta un instant figé, puis comprit.
- Katara ?
Une des guerrières Kyoshi répondit d'un ton grave qu'elle ne pouvait pas avoir survécu à un coup pareil.
Katara. Non, c'était impossible.
Il regarda le corps de sa femme, entourée déjà de nombreux habitants de Kyoshi. Il vit le visage égratigné mais étrangement paisible.
Et sa volonté s'effaça au profit d'un esprit plus puissant et plus fort. Il n'avait pas appelé l'Etat d'Avatar- d'ailleurs les drogues dont on l'avait gavé les trois derniers mois l'en rendaient incapable. Toph lui avait expliqué, pendant qu'ils volaient vers Kyoshi, qu'il ne pourrait pas consciemment maitriser les éléments tant que la drogue ferait effet. S'il maitrisait faiblement l'air, c'était probablement parce que ça faisait tellement parfaitement partie de lui qu'il ne pourrait jamais « oublier » qu'il savait le faire.
Mais rien n'entravait son Chi et le flux d'énergie qui le traversait à présent.
Il ne voyait plus avec la même clarté, les formes étaient tordues, imprécises et à la fois, sa vision s'étendait comme au-delà de la réalité.
Il reconnut parfaitement le halo écarlate autour de la silhouette féminine d'Azula, et il s'approcha d'elle d'un pas posé.
Etait-elle effrayée ? Quelque-chose qui ressemblait à la peur traversa les yeux d'or. Mais l'Avatar ne s'en préoccupait pas, il attrapa la meurtrière à la gorge et la souleva du sol sans difficulté. Il fronça encore ses fins sourcils qui surmontaient ses yeux aux pupilles absentes, remplacées par une lumière blanche intense.
Et les éléments se déchainèrent. Un cratère hémisphérique s'ouvrit sous l'exact endroit où il se trouvait, en plein milieu du petit village de Kyoshi. Le vent balayait la colline avec intensité, faisant plier dangereusement les arbres, craquer les toits de tuiles et voler les petits objets. Le bassin connut une tempête sauvage, les vagues atteignirent des hauteurs de trente à cinquante mètres, et l'Unagi lui-même pourrait jurer qu'il n'en avait pas vues de telles depuis la création de l'île par l'Avatar Kyoshi. Le feu émanait du corps de l'Avatar, entourait ses membres et glissait lentement vers Azula.
L'avatar se pencha en arrière et effectua une légère, gracieuse rotation de sa main libre, et une balle d'air se forma, rapidement rejointe par un serpent d'eau surgi de nulle part, de dizaines de petites pierres pointues et d'une flamme d'un jaune presque blanc. Les quatre éléments réunis tournoyèrent au dessus de sa paume à une vitesse hallucinante, il arqua le bras, prêt à lancer.
Et Aang reprit le dessus. Il était incapable de prendre une vie. Il fit un bond en arrière, atteignant le bord du cratère, et regarda ses mains qui avaient failli tuer. Il avait perdu le contrôle, encore.
Il regretta d'avoir laissé Azula libre de ses mouvements : elle aurait sans doute la même réaction que son père, elle frapperait au hasard en riant de sa faiblesse. Et il était incapable d'utiliser le Spiritbending pour lui enlever ses pouvoirs. Comme elle faisait un mouvement pour se redresser, il leva les yeux et forma un dôme d'air autour de la princesse, pour au moins prévenir sa prochaine attaque.
Toph eut le même instinct et fit s'enfoncer la princesse dans la terre jusqu'au col.
Azula semblait saisie, stupéfaite.
- P- Pourquoi tu ne m'élimines pas !? demanda-t-elle avec colère.
- Répète ça encore une fois et tu seras exaucée ! menaça Sokka en brandissant son épée.
- Pourquoi tu ne me tues pas !? lança Azula à l'adresse de Aang.
Comme il ne répondait pas elle balaya la foule des yeux. Tous lui lançaient des regards plein de haine, tous l'auraient volontiers réduite en miette à coups d'éventail, de sabre ou de poing. Mais si l'Avatar décidait de l'épargner, ils respectaient sa décision. De plus, les petites silhouettes des enfants de Suki venaient de se faufiler entre les jambes des adultes et s'agrippaient à présent à la robe de leur mère.
Enfin Azula trouva un visage connu : celui de sa mère. Ursa ne regardait pas sa fille, la déception et la douleur lui serraient la gorge et les larmes naissaient au coin de ses yeux en amande. Elle était tournée vers Zuko.
Il avait redressé Katara en position assise et tâtait sa gorge à la recherche d'un pouls, d'un souffle, d'un signe de vie quel qu'il soit.
- Et toi, Zuzu, tu ne vengeras pas la mort de ta petite paysanne, plaida Azula, narquoise.
- La ferme ! aboya-t-il en lançant un poing de feu à quelques centimètres seulement de sa sœur.
Il reporta son attention sur le visage apparemment sans vie de Katara. Aang et Sokka s'approchèrent lentement, un grave « alors ? » gravé sur leurs visages fatigués.
- De l'eau ! dit Zuko, les faisant presque tous sursauter.
Il commença à hisser la maitre de l'eau dans ses bras. Leurs amis s'échangèrent un regard compréhensif mais surpris en le voyant descendre vers la plage. Ils suivirent, ignorant complètement Azula, toujours enterrée jusqu'aux épaules.
- Zuko, elle est inconsciente, raisonna Sokka, la voix brisée. Elle ne peut pas se soigner.
- Pas elle, souffla le maitre du feu en marchant le plus vite qu'il pouvait dans le sable.
Il avait atteint le rivage, et avançait toujours, les pieds dans l'eau salée.
- Maman, appela-t-il, viens.
- Heu, Zuko, ta mère est même pas un maitre de -
- Maman, insista Zuko.
La reine mère vint s'agenouiller près de son fils et du corps immergé de Katara. Ayant posé avec précaution la tête de la maitre de l'eau sur ses genoux, il enleva la petite Maia à l'étreinte d'Ursa. Il embrassa le front de l'enfant, lui envoyant ses espoirs muets, et l'allongea doucement, face tournée vers le buste sans vie sensible de Katara.
L'enfant reconnut cette odeur, l'odeur de sa mère. Mais quelques-chose manquait, la chaleur manquait, la voix tendre et suave ne résonnait pas, les mains délicates ne caressaient pas son petit dos. Le léger gloussement de la petite se transforma vite en gémissement plaintif, et les poings roses agrippèrent la toile beige de la robe imbibée d'eau.
Alors la mer se mit grossir, comme si une tempête se préparait. Et tout sembla obscur comparé à la lumière bleue aveuglante qui émanait de l'enfant. L'eau autour de la jeune femme brillait d'un éclat lunaire, mais elle demeurait immobile, ses poumons ne berçaient pas sa fille en s'emplissant et se vidant de leur air, son cœur ne battait pas le rythme d'une chanson douce en pulsant le sang dans les vaisseaux. La musique de son corps s'était tue.
Pour un instant. La lumière n'avait fait que gagner en intensité depuis quelques secondes, et soudain...
Les deux grands yeux bleus s'ouvrirent à nouveau, accompagnés d'un « Aaarh ».
Elle toussa, sentit le poids familier sur son ventre, la main chaude qui n'avait pas lâché la sienne ; elle vit enfin les regards inquiets de son père et son frère, le visage réjouit et le sourire large de Aang, et l'air attentif ou surpris de Suki et d'autres habitants de Kyoshi. Elle toussa encore et tenta de se redresser pour être arrêtée dans son mouvement par la douleur littéralement foudroyante dans son épaule d'une part, et par les dizaines de mains qui le forcèrent en position allongée. Elle rit (et toussa encore).
- Merci, souffla-t-elle en souriant au jeune homme aux yeux d'ambre.
Un silence flotta avant que Zuko le rompe
- C'est Maia qu'il faut remercier.
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Katara parvint à peaufiner les soins dont son épaule avait besoin avant de se laisser porter jusqu'au village.
- Aang, je te jure que je suis capable de marcher, il n'y a qu'à l'épaule que j'ai mal, râlait-elle.
Quand ils parvinrent à l'endroit où ils avaient laissé Azula, ils trouvèrent Ursa à genoux près de sa fille. On avait raconté à Katara ce qui s'était passé, mais ce dont elle se souvenait suffisait
- Vous permettez ? demanda Katara, froide.
Ursa opina du chef mais ses yeux suppliaient. Katara vint s'accroupir devant Azula et agrippa fermement une pleine poignée de cheveux qu'elle tira en arrière pour forcer l'ex-princesse à la regarder. Elle parla d'une voix glaciale, menaçante, une voix que Zuko reconnaissait vaguement pour l'avoir entendue lorsqu'il s'était joint à l'Avatar, au temple de l'air Occidental- et qui pourtant n'était rien à côté de celle, plus mature et ô combien plus blessée de l'actuelle Katara.
- Tu as bien joué, Azula, tu as presque obtenu ce que tu voulais. Maintenant, je vais être claire avec toi : ne t'avise plus jamais- jamais- de poser ne serait-ce qu'un doigt sur ma fille, ne pense même pas à menacer ceux que j'aime parce que je ferai de ta vie quelque-chose de plus infernal que l'enfer.
Et chacun pouvait voir dans ses yeux qu'elle le pensait, et qu'elle n'hésiterait pas à passer à l'acte. Azula pourtant eut un rire malade avant de chuchoter, avec des airs presque séduisants :
- Alors tu ferais bien de me tuer tout de suite, paysanne, parce que je ne te lâcherai pas. Tu m'as volé dix ans de ma vie, tu m'as mise en échec...
- Non, je t'ai empêché de nuire, rectifia Katara en tirant un peu plus sur les cheveux noirs. C'est le Conseil des Nations qui a décidé de ta sentence à l'époque, et je pense les laisser disposer de toi cette fois aussi, puisqu'Aang a décidé de t'épargner.
Sur ce la maitre de l'eau se redressa, ignorant les insultes lancées par Azula.
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Enfin, Aang rencontra sa fille. Katara avait repris le bébé des bras attentifs du parrain et s'était dirigée d'un pas sûr vers son mari. La famille observa la scène. Suki et Sokka échangèrent un clin d'œil tendre et plein de promesses. Hakoda portait le petit Meda pour qu'il puisse « voir aussi » et les ainés jouaient à « attraper la vilaine Zula ».
Aang accueillit le tout petit être avec une maladresse inhabituelle, connaissant son bon contact avec les enfants. Il fit de grands yeux en reconnaissant un peu de lui dans les traits de sa fille, et un peu de Katara. Un joli mélange, se dit-il en tentant de se convaincre que c'était un constat des plus objectifs.
- Elle a tes yeux, murmura Katara avec tendresse en posant sa main sur l'épaule de son mari.
Le sourire du jeune homme s'élargit encore. Il reposa l'enfant au creux de son bras et de l'autre attira à lui sa femme. Il posa un chaste baiser sur sa tempe.
- J'ai demandé à Zuko d'être le parrain, expliqua Katara.
- Puisque le père est là, on va enfin pouvoir baptiser cette petite ! fit Hakoda.
Ils décidèrent de remettre la cérémonie au lendemain, le village ayant besoin d'un petit rafraichissement.
Tous s'attelèrent à la tâche. Aang s'étonna de trouver un zèbre-aigle en vie (ils avaient quasi disparu quand il était enfant !) mais Ursa fit les présentations. L'animal s'appelait Blackberry et avait été prêté à la reine par Hego.
Lentement, l'avatar sentit revenir sa maitrise - du moins en partie- et il se joignit aux autres sitôt qu'il s'en sentit capable. Zuko et lui apaisèrent les derniers incendies déclenchés par Azula, tandis que Toph faisait surgir de terre des maisons entières pour remplacer celle qui avaient été détruites. Jee aidait Sokka à ramasser les décombres. Il félicita Toph pour son travail mais elle accueillit le compliment avec un soupir
- Ah si j'avais pas les bras cassés, j'aurais pu affiner les corniches et... Ouais, t'as raison, elles sont bien comme ça.
Katara s'appliqua à soigner les blessés. La plupart n'avaient que de légères blessures, et s'excusaient de ne pas avoir pu protéger son bébé. Elle balayait leur culpabilité à grand renfort de patience et de douceur.
- Vous avez eu beaucoup de courage et vous avez défendu votre vie, votre famille et votre village. Je n'aurais pas fait autrement.
- Merci, Katara.
Une main se posa sur son épaule, c'était Suki, elle tenait par la main une autre guerrière Kyoshi qui avait été touchée en plein visage.
- Par Tui et La, qu'est-ce qu'elle t'a fait !? s'exclama Katara malgré elle en reconnaissant Tai-Lee.
- J'ai voulu reprendre le bébé mais elle a compris avant que je puisse l'atteindre.
- Oh Tai-Lee, je suis désolée... Je vais voir ce que je peux faire.
L'ex acrobate s'agenouilla et Katara fit venir à elle un serpent d'eau. Elle se sentait horriblement coupable- et elle ferait tout ce qu'elle pouvait pour apaiser la douleur de Tai-Lee et diminuer les dégâts de la brulure. Quelques minutes de soin plus tard, elle se redressait.
- Je... J'ai fait ce que je pouvais. J'aurais aimé pouvoir m'en occuper plus tôt.
- C'est... grave ?
- J'ai pu sauver tes yeux mais certaines zones ont moins bien cicatrisé
- C'est moche ?
- Tu garderas la peau un peu rêche et rose.
La jeune femme cligna deux fois de ses grands yeux bruns avant de sourire :
- J'adore le rose. Merci Katara.
Et comme la maitre de l'eau allait protester, elle se retrouva engouffrée dans un câlin vigoureux.
- Tu me laisseras apprendre à ta fille à marcher sur les mains !? demanda la « bête de cirque » comme s'il s'agissait d'une grande faveur.
- Promis, rit Katara.
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Le lendemain, lorsque la lune apparaissait à l'horizon, Hakoda porta sa petite-fille jusqu'au rivage et, face vers l'océan et le croissant argenté, leva l'enfant au dessus de sa tête.
- Moi, Hakoda de la tribu de l'Eau du Pôle Sud et chef de la tribu de l'Eau du Pôle Sud, ai la joie de présenter au monde et aux esprits de la lune et de l'océan l'enfant femelle de Aang, nomade du Temple de l'Air Austral et Avatar et de Katara de la tribu de l'Eau du Pôle Sud et grande maitre de l'eau, ma fille. Conformément au choix de la mère, le parrain, qui s'est engagé en acceptant ce titre à veiller sur cet enfant comme sur le sien propre, est Zuko de la Nation du Feu et Seigneur du Feu. Selon la tradition, le parrain a décidé du prénom de l'enfant.
Que Tui et La soient favorables à Maia, fille de l'air et de l'eau.
Sokka avait du mal à garder son sérieux pendant la cérémonie.
- Il en fait trop, souffla-t-il à Suki. Le buffet refroidit.
- Tu dis ça maintenant, répliqua sa femme, mais quand il a mené la cérémonie de baptême de Tobekka, tu pleurais.
- Chut !
- Trop tard, monsieur Lapin, lança Toph, je sais maintenant que tu es un grand sensible.
- Monsieur Lapin ? d'où ça sort !?
- Ne joue pas les innocents Sokka, tu as déjà trois gamins et le quatrième est en route !
- Quoi !?
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Ils restèrent tous quelques jours à Kyoshi. Ursa était déjà repartie par le premier bateau pour la Nation du feu, avec quelques guerrières et le sarcophage de pierre qui retenait Azula prisonnière.
Ils goutèrent au bonheur d'être ensemble, entourés de rires d'enfants.
La liaison de Toph et Jee devint officielle lorsqu'Hakoda, emmenant les deux ainés de Sokka à la chasse dans la forêt, trouva le couple « occupé » dans une grotte. Heureusement, les enfants ne furent pas confrontés à la scène. L'homme n'était pas du genre à rougir, pourtant il était encore pivoine quand il regagna la maison familiale.
Un bateau pour le royaume de la terre passa quelques jours plus tard et Aang embarqua pour Omashu, dont ils avaient étés informés de la libération dans une longue lettre de Maneka. Katara ne demanda même pas à l'accompagner, trop heureuse de passer du temps avec sa famille.
Hakoda prit la direction du Pôle Sud le lendemain, et le surlendemain un bateau pour la Nation du Feu accosterait.
- Tu vas pas le prendre, demandait Toph.
Katara et Suki étaient sur la terrasse en grande conversation. La présomption de la maitre de la terre s'avérait correcte et bientôt un quatrième petit diable viendrait encore agrandir cette famille qui les accueillait, eux, orphelins et étrangers.
- Pourquoi pas ? répondit-il Mon oncle gère le pays depuis trois semaines, je dois aller m'assurer qu'il n'a pas fait du thé la seule monnaie d'échange !
- J'aurais cru que tu resterais tant que Katara serait là...
Il restait silencieux. Évidement que Toph savait ! Il tritura nerveusement l'Alliance Morte.
- Alors ? insista la jeune femme.
Elle ne pouvait pas bouger ses bras qu'elle portait encore en écharpe, mais il jura qu'elle les avait croisés sur sa poitrine avec ses airs masculins et menaçant.
- Alors quoi !? grogna Zuko.
- Elle le sait ?
- Non ! Enfin, j'espère. Elle ne doit pas savoir.
- Là je te comprends pas, l'Etincelle.
Toph persistait. La patience de Zuko n'allait pas tarder à partir en fumée.
- Okay, okay ! Qu'est-ce que tu veux savoir ?
- Pourquoi tu n'essaies même pas de récupérer Sugar Queen ?
- Je... Je ne peux pas faire ça à Aang. Je ne peux pas le priver de ce bonheur là.
Il avait perdu une femme et un fils dans cette histoire, et il remerciait les dieux des quatre peuples d'avoir sauvé Katara. Mais il ne pouvait pas enlever la maitre de l'eau et sa fille à Aang. Personne ne méritait de perdre des personnes aussi chères.
- Parfois je me dis que tu as trop perdu du prince égoïste et gâté que tu étais, dit Toph après un long silence.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je veux dire qu'à l'époque, tu savais ce que tu voulais et tu te battais pour l'avoir. Là tu... tu laisses juste tomber.
- Tu peux le voir comme ça. Mais Katara aime son mari... elle ne le quittera pas.
Ce soir-là il annonça qu'il repartirait avec le prochain bateau. Il fut étonné que les fils de Sokka accueillent la nouvelle avec des exclamations déçues- il ne s'était pas rendu compte que les trois garçons l'appréciaient. D'habitude, il faisait plutôt peur aux enfants, même quand il était « gentil » avec eux.
Jee dit qu'il l'accompagnerait pour aller rendre visite à Piandao. Le jeune épéiste portait le deuil de ses amis décédé dans la bataille et Zuko ne savait pas comment lui exprimer à quel point il comprenait et partageait sa douleur.
- Hey, l'Estafilade, n'espère pas te débarrasser de moi aussi facilement ! menaça Toph.
- Je ne vais surement pas prendre le risque de te mettre en colère quand je m'apprête à monter à bord d'un truc entièrement en métal...
- Si j'avais pas les bras cassés je te frapperais !
Ils rirent.
La soirée se termina en douceur. Suki avait depuis longtemps couché ses enfants quand Sokka et elle disparurent eux aussi dans leur chambre. Jee suivit Toph à l'extérieur et elle fit surgir une tente de pierre dans laquelle il l'accompagna sans se faire prier. Zuko quitta la fenêtre des yeux et trouva Katara encore assise à table.
- Tu... tu ne vas pas te coucher ?
- Je dois allaiter Maia d'ici une heure si je veux pouvoir dormir au moins quatre heures d'affilée, répondit la jeune femme dans un sourire.
- Elle grandira vite... dit-il, pour faire la conversation.
Pour éviter les sujets qui fâchent.
- Trop. Elle avait déjà changé sur les quelques jours où nous étions à Omashu.
Il acquiesça.
- Bientôt elle parlera. Elle me dira « Non ! ».
Il sourit
- Elle dira « maman » et tu auras envie de pleurer et tu te trouveras toute ridicule. Elle dira « papa »...
- Au rythme où ça va, elle dira « parrain » bien avant de dire « papa ».
Il avait envie de sourire à l'idée, mais la situation n'était pas amusante, le ton de Katara était dur. Elle était triste. Et déçue.
- Il reste encore à Omashu ? demanda-t-il, concerné.
- Pour deux semaines, répondit-elle avec un soupir exaspéré. Mais ça va, je ne suis pas seule au temple. J'aime la vie ici à Kyoshi, avec Sokka et Suki. Et les enfants. Et... toi.
Il aimait aussi la vie comme il l'avait vécue les jours précédents, mais il savait que Kyoshi n'y était pour rien.
- Je dois repartir bientôt. Ma place est au palais.
Il s'attendait presque à ce que les « Soirées Musicales » aient été imposées à tous le royaume et qu'il y ait un jour par semaine consacré au Pai-Sho. Il s'attendait à ce que l'Académie Royale pour Filles ait été déplacée dans l'une des ailes du palais et que son oncle se soit autoproclamé directeur. Il s'attendait à ce que son concile composés en partie de vieux crétins ait passé le mois à pinailler sur des détails au lieu de traiter les affaires vraiment importantes.
- Je sais.
Il pensait surtout que s'il restait plus longtemps si près de Katara, il finirait par oublier ses précédentes et très altruistes considérations, et qu'il dirait quelque-chose de stupide.
- On se verra bientôt. Le « Jour du Retour Tant Attendu de la Paix » est dans moins de deux mois, dit-il en faisant une grimace au nom ridiculement long et compliqué donné à la date anniversaire de la défaite d'Ozai.
Il se contentait d'habitude de dire « Jour de la Paix ». Sokka appelait cette date le « Retape » (RTAP), acronyme étonnement subtil, connaissant l'humour du guerrier.
- Et tu pourrais venir assister aux festivités du solstice, cette année... ajouta-t-il, se sentant stupide.
Katara sourit.
- Oui, c'est... ce n'est pas si loin.
- Je serai heureux de vous voir, Maia et toi.
La maitre de l'eau avait plongé ses yeux bleus dans ceux du maitre du feu, et leur muette communication disait bien plus que leurs mots. Alors elle se détourna et lança, ironique.
- Mh, Je croyais que tu n'étais jamais « heureux ».
- Non, c'est nouveau, admit-il en riant.
Elle lui offrit un grand sourire sur son visage adorable.
- Je vais aller nourrir ma fille. Elle a hérité de l'appétit de Sokka, je ne sais pas si je dois m'inquiéter ou pas.
- Je ne pense pas que ça se soigne, répondit-il. Enfin, je disais ça des cicatrices aussi, pourtant...
Katara s'était avancée vers la porte mais se retourna avant de la passer. Elle avait ce regard grave, celui qu'elle portait sur ce qui comptait pour elle. Elle sembla hésiter : aborder maintenant un sujet aussi profond avec Zuko les conduirait à dire ou faire... quelque-chose... qu'ils pourraient regretter. Elle prit la seconde option : la petite remarque un peu piquante
- C'est ce que je pensais de ton sale caractère aussi...
- Rah !
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Le surlendemain, « La Sirène » quittait Kyoshi, avec Zuko, Toph et Jee à son bord. Katara resta longtemps sur le quai, à faire avec la petite main de Maia des signes d'adieu.
D'au revoir.
Sokka dut dire quelque-chose à propos de revoir le Seigneur-tête-brûlée pour la fête du « Retape ».
Deux mois. Ce n'est pas si loin.
AN: Ne hurlez pas! Il reste encore tout un chapitre et un épilogue après!
J'avais pensé mettre en danger l'un des enfants de Sokka puis je n'ai pas eu le coeur de l'écrire. On a failli perdre Katara mais je doute que la mort de la maitre de l'eau aurait fait plaisir à ceux qui ont pris la peine de lire cette fic jusqu'ici. J'ai un projet de One-shot où Katara meurt, je l'écrirai si j'ai le temps, ou si on me le demande gentiment .
Merci pour les review! J'aime les review, j'aime qu'on m'en laisse, et j'aime ceux qui m'en laissent!
(Kestrel Faeran... l'orthographe c'est bas, c'est comme les vêtements ou les cheveux: on a pas le droit de se moquer. Nan, sérieusement, je le sais, en plus, qu'il faut pas d'accent! Argh! Quand je pense que je veux devenir prof! Certaines fautes me font mal aux yeux quand je les retrouve après, mais à l'écran on voit rien et bon, le fichier fait 180pages - punaise, tu l'as dit!- alors c'est pas vraiment rentable de l'imprimer pour vérifier... Tout ça pour dire... J'ai honte et je fais amende honorable. )
