Pour les amateurs de Happy Ends.


Epilogue

Maia

Qui suis-je? Je suis la fille de la grande maitre de l'eau Katara de la Tribu du pôle sud et de l'Avatar Aang, filleule de Seigneur du Feu Zuko, qui est aussi le second mari de ma mère, et l'ancien professeur de maitrise du Feu de l'Avatar, c'est à dire mon père, même si mon parrain a souvent été plus un père pour moi...

Je pourrais aussi vous parler de mes cinq demi-frères mais tout ça risque de vous sembler...

... très compliqué.


Le soleil matinal perçait de ses rayons pâles le voile de brume et tout le peuple du feu s'éveillait. Les fils d'Agni saluaient leur astre, méditaient, buvaient du thé avec bonne humeur et constance, dès la plus maigre lueur du jour. Toute la nation se mettait en mouvement pour ce jour de fête, veillant aux derniers préparatifs avec ce perfectionnisme qui les caractérisait parmi les quatre peuples, peaufinant les moindres détails avec cette rigueur qui faisait leur force.

Toute la nation ? Non, car en ce matin de fête où il n'était attendu à aucunes conférences, le Seigneur du feu s'offrait le luxe d'une grasse matinée, bien au chaud dans ses draps de soie écarlate et...

- Tu ne te lèves pas, ce matin, demanda avec douceur la petite femme au corps si tendre qu'il serrait contre lui.

Il sourit. Comment son sourire la faisait encore fondre malgré les années ? Peut-être parce qu'il restait encore si réservé, si rare, si précieux ; elle ne pouvait s'en lasser.

- Non, j'ai annulé tous les très ennuyeux conseils avec de très vieux ministres qui ont de très vieux principes et de très vilaines têtes pour aujourd'hui.

- Ce sera une belle fête. Les habitants y ont beaucoup travaillé.

C'était la quatrième fois depuis la fin de la guerre que la nation du feu accueillait le Jour de la Paix, puisque les nations l'accueillaient à tour de rôle. Bien sûr, chaque peuple s'appliquait chaque fois à faire aussi bien que la précédente. Pour l'instant, Bah-Sing-Se avait la palme pour son organisation des festivités, trois ans plus tôt, où des centaines de danseurs et d'acrobates avaient animés les rues dans un florilège de mouvement et de couleurs.

- Ils sont fiers de montrer à nouveau leur savoir-faire à l'étranger, dit Zuko avec une pointe d'orgueil.

- Et nous allons revoir tous nos amis !

- Je t'avouerai que depuis que ton frère est arrivé au palais il y a deux jours, il a déjà réussi à me rappeler par cent fois pourquoi il ne me manquait pas !

Elle rit. Comment son rire pouvait encore le faire frissonner après tout ce temps ? Peut-être parce qu'il était si constant, si pure, si mélodieux ; il ne pouvait plus vivre sans.

- Zuko, je peux te demander quelque-chose ?

- Accordé d'avance.

Il laissa glisser ses mains sur les hanches de sa femme

- Je suis sérieuse ! râla-t-elle

- Hé bien, quoi ? demanda-t-il

Elle rougit comme une enfant, comme s'ils se connaissaient à peine, comme s'il lui avait jamais refusé quoi que ce fût. Elle triturait le médaillon de verre qu'elle portait depuis trois ans autour du cou.

- J'aimerais un enfant...

- Tu en as déjà deux...

- Oui, et ils sont merveilleux ! Mais aucun n'a tes yeux.

- Mmh, et c'est l'enfant ou faire l'enfant que tu veux... ?

- Tu sais que si on faisait un enfant à chaque fois qu'on « essaye », on n'aurait pas assez des récoltes annuelles de Shun-Op pour les nourrir.

- Tant que ça ?! Je n'ai pas vraiment compté. Quand on aime...

Sur ces mots il l'entraina dans une étreinte passionnée à laquelle elle répondit de très bonne grâce. Soudain, il se figea.

- Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Je- Je ne suis pas sûr de vouloir... prendre le risque ?

Elle le regarda avec attention. Ces yeux-là lui diraient tout ce qu'elle avait à savoir.

- Je ne compr- oh ? Tu penses à Azula ?

- Et mon père... Si les deux dernières générations sont représentatives, on ne peut pas dire que les seconds nés prennent le meilleur de leurs parents dans ma famille.

Elle attrapa son visage entre ses mains et engloutit dans son regard bleu les iris d'or.

- Tu t'en fais pour rien, vraiment. En plus, avec Maia et Kayin, ça ferait de lui- ou elle- le troisième né.

Il hésita.

- J'ai peur de mal l'aimer...

- Et moi je sais que tu l'aimeras de tout ton cœur et que tu le défendras de toutes tes forces et que tu le protégeras avec ta vie.

Et comme il n'avait pas de mot pour répondre à cet aveu de confiance, il fit la seule chose qui lui vint à l'esprit : il embrassa la maitre de l'eau qu'il aimait, et l'embrassa encore, et but à son corps jusqu'à satiété.

--

Tandis qu'ils s'habillaient pour aller rejoindre leurs invités dans la salle de réception, Zuko glissa :

- La semaine prochaine, je dois me rendre à Ohtan. Tu peux passer la semaine à Kyoshi, si tu veux. Ou rester ici entre ma mère et mon oncle.

- Pourquoi tu vas à Ohtan ?

- Officiellement, je vais inaugurer un temple en hommage aux Grands Dragons. Les Sun Warriors ont offert de très belles sculptures pour que les fils du feu d'aujourd'hui se rappellent un peu de leurs croyances.

- C'est très généreux de leur part... Et officieusement ?

Il laissa passer un temps, puis répondit :

- Rien ne vous échappe, Lady Katara. Un petit groupement rebelle anarchiste tenterait d'y recruter des adeptes. Ils ont déjà commis plusieurs actes de vandalismes alors je pensais... étouffer leur rébellion dans l'œuf.

- Ça a l'air plus intéressant. J'en suis.

Elle avait répondu avec sa spontanéité habituelle. Il hésita avant d'ajouter, sur un ton de promesse :

- Ça pourrait être dangereux... on n'a pas encore beaucoup d'informations sur les meneurs et-

- Si tu cherches à me convaincre de venir, c'est inutile, j'ai déjà décidé.

Alors il laissa échapper un éclat de rire. Katara estima qu'une telle bonne humeur méritait bien un baiser. Et ne pas chercher à la retenir au palais en valait bien un autre... Il dut l'interrompre :

- Je te ferai annoncer. Depuis que ça s'est su que tu avais été la Dame Peinte, le peuple du sud du pays t'adore.

Elle avait beaucoup douté de plaire aux habitants de la nation, mais très peu s'opposèrent à leur union. Beaucoup avaient réellement partagé la douleur de leur Fire Lord à la mort de Mai, et n'aspiraient qu'à voir naitre un héritier pour la couronne, qu'il soit métis ou de sang « pur » leur était sans importance.

- Il faudra demander à Sokka de garder les enfants, dit-elle enfin.

Et il resta subjugué par sa capacité à être tellement femme et si mère à la fois.

--

Katara alla laver et vêtir ses enfants, tâches qu'elle s'obstinait à effectuer elle-même malgré les protestations d'Izora.

- Papa sera là ? demanda Maia.

- Il a dit qu'il viendrait, répondit distraitement Katara en langeant Kayin.

- Avec les triplés... ajouta l'enfant d'un ton amer.

- Oh, mon ange ? s'inquiéta sa mère.

Aang avait passé beaucoup de temps à Omashu après leur séparation, et après de longs mois d'hésitation, Meng s'était offerte pour rendre la vie au peuple de l'Air. Les triplés qui résultèrent de cette union pas si improbable allaient sur leurs dix-huit mois. La petite Maia, cependant, se montrait plus jalouse des trois fils de son père que de Kayin, avec qui elle vivait tous les jours.

- J'en ai assez de bébés ! grogna la fillette.

- Tu ne voudrais pas d'un autre petit frère ou d'une petite sœur ? s'enquit Katara

- Ah, non, si c'est une fille ça va... admit Maia. J'aime bien Beth même si elle est rien qu'un bébé.

Beth était la fille de Toph. La petite fripouille était l'exacte réplique de sa mère, à ceci près qu'elle n'était pas aveugle. Et il était impossible de dire de laquelle des deux Jee était amoureux, tant il s'était adapté à la roche qui constituait le caractère de sa femme et tant il se montrait tendre avec l'enfant. Tous trois vivaient dans la Nation de Feu, non loin de la capitale, dans le village natal de l'épéiste. Katara s'était longtemps demandé comment son amie s'était laissé convaincre de se marier. La rumeur voulait que ni Jee ni Toph n'avait abordé l'épineuse question avant un repas auquel les Bei-Phong, soucieux de se réconcilier avec leur unique enfant, les avaient invités. La mère et la fille s'étaient retirées dans le jardin pour se confier, Toph ayant oublié toute amertume envers sa mère. La riche propriétaire n'avait pas su comprendre sa fille, et l'adolescente avait beaucoup fait souffrir sa mère. Elles étaient quittes. C'est alors que Toph entendit quelques bribes de l'échange entre Jee et Monsieur Bei-Phong : ce dernier tentait de convaincre le jeune homme qu'il n'était pas un parti valable pour sa fille et qu'il ne pouvait en avoir qu'après la fortune de sa famille. Ce soir là, Toph fit sa demande à Jee qui, bien que surpris du renversement des rôles qu'une pointe de machisme refoulée lui fit presque sentir comme une insulte, avala sa salive et accepta avec plaisir... devant le père Bei-Phong qui failli s'en arracher la moustache.

- Et Yue, elle est gentille aussi. Elle dit des trucs bizarres des fois alors c'est drôle et puis on rigole ! lança Maia avec enthousiasme, tentant pas là de démontrer la très grande supériorité des filles sur les bébés et les garçons.

- Tu as raison, mon ange, approuva Katara en riant. On n'a que des problèmes avec les garçons !

- Que des problèmes ? s'offusqua une voix dans son dos.

- Parrain ! s'exclama Maia en fonçant pour embrasser son père de substitution qui la rattrapa au vol en disant « Oh, pas si vite ! »

- Je peux aller dire bonjour à l'oncle Iroh !? chanta la petite.

- Bien sûr, mais dis lui bien que tu n'as pas encore l'âge de boire du thé noir !

L'enfant fusa vers la sortie et disparut dans un tourbillon de cheveux bruns. Katara reporta son attention sur les langes de Kayin, et Zuko se faufila derrière elle et regarda leur fils par-dessus l'épaule de sa femme.

Le petit prince leur souriait, béat, et gazouillait aux caresses de sa mère. Le maitre du feu sentit sa flamme intérieure rugir, redoublant de force, à la seule vue de l'enfant qu'il avait aidé à concevoir, au seul son de la voix de Katara lorsqu'elle berçait le garçonnet en chantant ses vielles ritournelles des tribus auxquelles il ne comprenait rien. Il n'y avait pas de mot pour décrire la fierté, l'amour qu'il ressentait à l'égard du fruit de ses entrailles et qui avait hérité des traits si doux et du regard si bleu de la femme qu'il aimait plus que sa vie, plus que sa maitrise, plus que son titre, plus que tout en somme, et encore, ces mots là sont si absolus qu'on n'y croit pas.

Il embrassa la base du cou de la maitre de l'eau, l'entendit glousser tendrement, puis tenter de la repousser mais son geste portait plus de promesse que de rejet. Elle souleva Kayin, le hissa sur sa hanche et se retourna pour sourire à celui qui avait été un ennemi avant d'être un allié, un ami, un frisson, un amant, un époux et un père.

- Allons-y, Seigneur Zuko, c'est jour de fête et le peuple attend, dit-elle d'un ton grave avant de l'embrasser.

- Oui, c'est jour de fête, répéta-t-il, songeur.

Si le bonheur existe, il a ce goût-là.


Ma meilleure amie est la fille de la plus grande maitre de la terre au monde qui est aussi la marraine de mon frère Kayin. Mon grand)père est le chef de la Tribu de l'Eau du Pôle sud. C'est l'armée du père du second mari de ma mère qui serait responsable de la mort de ma grand mère. Mon oncle a inventé le dirigeable et a détruit la flotte aérienne d'Ozai pendant la guerre. Mon grand oncle est le Dragon de l'Ouest...

Vous pouvez essayer de comprendre qui je suis en me situant parmi les astres au milieu desquels je gravite, mais je ne serai ni reine, ni Lady, ni cheftaine, ni maitre.

Je suis une métisse air et eau vivant dans la Nation du Feu et retrouvant la moitié de sa famille au Royaume de la Terre.

Mais le plus simple, c'est d'oublier d'où je viens, qui sont mes parents et leurs parents, et les différences inventées entre les peuples. Le plus simple pour parler de moi, c'est précisément de parler... de moi.

Je suis Maia, 15ans, maitre de l'eau née une nuit de pleine lune. Je vis dans un monde en paix, ou presque. J'aime le thé noir de l'oncle Iroh, m'exercer à la maitrise et les cerisiers en fleur.

Alors, qui suis-je?

Moi.


-o- FIN -o-


AN: Merci à tous d'avoir suivi Retours. J'espère que cet épilogue vous a plu.

Merci à tous ceux qui m'ont donné leur avis en postant une review, merci à tous ceux qui m'ont lue. Retours existe grâce à votre soutiens.

En chiffre, Retours représente 186 pages Word, 3000 hits et 85 review au 20/09. Merci.

J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à écrire cette fic et , à part au niveau de mes heures de sommeil, je ne me suis pas sacrifiée. C'est le premier travail d'écriture d'une telle envergure que j'entreprends et je suis heureuse de l'avoir mené à bout. C'est moi qui vous remercie encore.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas. Je répondrai dans ma page de profil.

Et pour répondre déjà à une question que je sens venir: Oui, j'ai d'autres projets, Oui dans l'univers d'Avatar, Zutara? pas forcément.

Mais l'écriture de cette fic dépendra du temps et de la demande...