SURPRISES, SURPRISE(S)
SURPRISES, SURPRISE(S) !
Chapitre 2: I will have vengeance, I will have salvation…
Le maître des Potions revint trois heures plus tard, et lui rendit sa baguette après avoir minuscieusement inspecté tous les recoins de la salle. Elle avait passé sa soirée à récurer la salle de Potions, les tables, ranger les ingrédients, étiqueter les fioles, et classer les livres de la bibliothèque personnelle de Snape par thèmes et par ordre alphabétique.
En vérité, elle n'avait pas vraiment eu le temps de réfléchir à sa vengeance (où à son « juste retour des choses » comme elle préférait l'appeler), trop occupée à s'apitoyer sur son sort. Cependant, elle devait bien avouer que passer sa soirée à ruminer sur Snape, Malfoy et même McGonagall tout en s'acharnant sur les tâches ancrées sur les tables de préparation était un bon moyen d' « extérioriser ».
Toujours est-il qu'en sortant des cachots ce soir-là, Hermione Granger avait les mains dans un piteux état : bêtement, elle avait oublié de prendre avec elle ses gants en peau de dragon, qui lui auraient évité toutes ses ampoules…
Il fallait maintenant qu'elle fasse sa ronde dans le château, et avec un peu de chance, aucun élève ne serait dehors après le couvre-feu (dépassé depuis plus de deux heures), et elle pourrait enfin regagner sa chambre pour savourer un repos bien mérité… Mais elle devait d'abord aller dans la salle commune des Gryffondors pour voir quelle partie du château lui avait été assignée ce soir, et voir si elle pouvait aider quelques élèves à finir leurs devoirs. Ca la dégoûtait de voir que les plus jeunes profitaient du fait qu'elle soit une bonne élève pour lui faire faire leurs devoirs en faisant passer ça pour son rôle de préfète… « Ah les jeunes… ». Elle était vraiment peu fière de l'attitude des jeunes Gryffondors ces temps-ci : d'abord ils n'écoutaient pas en cours et faisaient perdre des points à leur maison ; ensuite elle devait pratiquement leur faire leurs devoirs pour ne pas qu'ils aient des retenues ; et pour la remercier, ils se moquaient d'elle dès qu'elle faisait un pas de travers… Il fallait qu'elle se ressaisisse, et vite !
En pénétrant dans sa salle commune, Hermione eu la satisfaction de constater qu'il ne restait plus aucun Première et Seconde Année. Elle se dirigea alors vers le tableau d'affichage et nota le secteur qu'elle devrait surveiller. Elle en aurait au moins pour deux heures, vu l'étendue de la zone à quadriller : toute l'aile ouest, la tour d'Astronomie, ainsi que les cachots. Le sort s'acharnait sur elle…
Elle se rendit dans sa chambre, mit son écharpe (elle n'avait pas vraiment besoin d'attraper un rhume en plus !) et vérifia que son insigne de préfète était épinglé bien en évidence sur son uniforme. Elle était prête pour affronter sa ronde et les élèves récalcitrants qui allaient avec…
Cela faisait maintenant plus d'une heure qu'elle patrouillait dans les couloirs de l'aile ouest, et la « pêche avait été bonne ». Elle avait surpris plusieurs élèves, notament quelques Première Année de Gryffondor, se baladant dans les couloirs, prévoyant un quelconque plan idiot pour rendre la vie impossible au concierge Rusard et à sa chatte Miss Teigne. En somme, rien de bien spirituel… Sur le chemin de la tour d'Astronomie, elle avait aussi réprimendé quelques élèves plus âgés, des Serpentards, qui étaient d'humeur taquine. Dès qu'elle les avait repéré, ils avaient essayé de lui faire perdre son sang-froid en l'imitant, elle, plus tôt dans la journée. Elle essayait tant bien que mal de garder son calme, mais cela devenait de plus en plus difficile, d'autant qu'ils l'imitaient parfaitement bien et qu'ils se rendaient compte que la préfète ne savait pas comment réagir.
Pour Hermione Granger, sa journée ne pouvait vraiment pas être pire. Et tout ça était de sa faute : si elle avait fait plus attention ce matin, elle n'aurait pas été surprise de la sorte, et ne se serait jamais laissée aller à ce comportement digne d'une hystérique, telles ses camarades de Gryffondor Parvati Patil et Lavande Brown. Non, Hermione Granger était une jeune fille équilibrée, avec la tête bien ancrée sur les épaules, et les pieds sur terre, pas du tout du genre à hurler dans les couloirs d'une école. Elle était une jeune fille sérieuse : meilleure élève de sa promotion et préfète qui plus est. Préfète de Gryffondor. Le courage, c'était son domaine ! Alors ce n'était certainement pas une poignée de Serpentards, plus jeunes qu'elle en plus, qui allait lui faire peur et la déstabiliser. En conséquence, elle leur donna une heure de retenue chacun, et retira cinq points à chaque élève.
La Gryffondor allait déjà un peu mieux : c'est ce qui s'appelait joindre l'utile à l'agréable. Elle « s'investissait de manière visible dans son rôle de préfète », et en plus elle trouvait là une (maigre certes) satisfaction en se disant qu'elle contrariait Malfoy et le profeseur Snape !
Il n'y avait personne d'autre dans la tour d'Astronomie, aussi elle passa directement à l'inspection des cachots, en espérant ne rencontrer personne : l'appel de son lit commençait à prendre le pas sur son sens du devoir et les émotions de la journée avaient eu raison de son entrain.
En passant près de l'endroit présumé de la salle commune des Serpentards, elle entendit de drôles de bruits derrière une tapisserie. Agacée, elle s'avança à pas de loup et se prépara à découvrir la source de ce trouble, quand elle entendit un gloussement suivi de bruits de succion. Maintenant totalement énervée, elle s'apprétait à sévir quand elle surprit des bruissements et un murmure qui la fit réfléchir :
- Draco, pas ici…
Et il n'y avait pas beaucoup de Draco à Poudlard. Si la jeune fille avait bien compris, Draco Malfoy, le respnsable de sa journée pitoyable était caché en charmante compagnie hors de sa salle commune. Elle allait enfin pouvoir se venger… Surprendre Malfoy dans une situation comprométente était relativement tentant : elle imaginait déjà la tête qu'il aurait quand il verrait qu'il était découvert. Il pâlirait, si c'était encore possible, et essaierait de cacher les « élans » de son corps. Puis elle hésitait. Est-ce qu'il se tiendrait droit en essayant de rassembler toute la dignité qu'il lui restait et la regarderait avec un air méprisant, ou bien est-ce qu'il bondirait hors du petit refuge dans lequel ils s'étaient cachés pour lui hurler dessus et essayer de l'intimider dans le but de lui faire garder le silence ? Si jamais Pansy Parkinson apprenait que son Draco Malfoy la trompait (et qui l'ignorait encore à part elle ?), Malfoy ne serait plus « l'héritier » des Malfoy bien longtemps…
Toute cette histoire allait encore durer des heures, et elle ne serait pas couchée avant le début des classes le lendemain matin. A tous les coups, Malfoy allait la séquestrer pour qu'elle comprenne bien qu'elle ne devait parler sous aucun prétexte, et elle, elle était fatiguée. Vraiment très fatiguée.
En plus, que gagnerait-elle à surprendre Malfoy avec une de ses « amies intimes et plus car affinités » ? Non, vraiment, pas grand-chose. Personne à part elle, et Merlin sait qu'elle en avait envie, ne pourrait les voir et il lui en voudrait seulement à elle. Et en plus, la mauvaise image mentale lui pourrirait la nuit, si nuit il y avait…
Ayant suffisament anticipé la probable scène qui aurait eu lieu si elle s'était « investie à fond dans son devoir de préfète », Hermione Granger retourna dans sa chambre, après avoir entendu Malfoy murmurer d'une voie rauque :
- Si, ici, et tu ne vas pas t'en plaindre…
Trop tard pour la mauvaise image mentale…
OoO
Le lendemain matin, la préfète des Gryffondors n'avait pas vraiment les yeux en face des trous. Elle s'était réveillée en retard, s'était préparée en retard, et était arrivée dans la Grande Salle … en retard. Et elle avait faim ! Son dernier repas remontait au déjeuner de la veille, et elle n'avait pas vraiment eu l'appétit… Elle qui ne mangeait que rarement le matin aurait presque pu rivaliser avec une version féminine de Ronald Weasley, réputé pour sa chevelure écarlate, ses taches de rousseur et sa gloutonnerie. Malheuresement pour elle, Hermione Granger ne pu pas profiter bien longtemps de son petit déjeuner. En effet, il ne lui restait plus qu'un quart d'heure avant le début des cours. Elle se fit donc une petite réserve de toasts, et se dirigea d'un pas rapide vers les cachots où elle avait double cours de Potions.
La plupart de ses camarades étaient déjà là, tous appuyés contre le mur, parlant entre eux. Elle se dirigea vers Harry et Ron, et les salua rapidement. Elle jetait des regards fréquents aux autres élèves, vérifiant s'ils discutaient encore de l'événement de la veille.
Harry et Ron, même s'ils la connaissaient bien, avaient rarement vu Hermione s'inquiéter de ce que les autres pensaient d'elle. Ils n'avaient pas vu la jeune fille au dîner le jour précédent, pensant qu'elle ne voulait pas entendre ce que les gens disaient à son propos. Elle avait bien fait. Les élèves n'avaient parlé que de ça : « Hermione Granger… hystérique… elle hurlait comme une dingue… ma tante connaissait quelqu'un comme elle qui a fini à Sainte-Mangouste… pété un câble… » Et cela avait duré toute la soirée. Même eux, on les regardait bizarement parce qu'ils étaient ses amis. Finalement, ils s'étaient dit qu'il valait mieux ne rien faire et rester proches d'elle, juste au cas où…
Le professeur Snape les fit entrer quelques minutes avant la sonnerie, et les trois Gryffondors se placèrent comme à leur habitude au fond de la salle. Snape n'était pas de bonne humeur (il l'était rarement) et leur confia un travail très difficile, qui, comme il se plaisait à le répéter, ferait un merveilleux sujet d'examen. Ils devaient préparer un onguent cicatrisant, et la préparation des ingrédients était si précise qu'on pouvait rater sa potion avant même de l'avoir réellement commencée !
Alors que Ron était allé au fond de la salle chercher une corne de licorne, que Harry lisait attentivement les consignes sur son livre et qu'Hermione hâchait des feuilles de thé, Draco Malfoy entra précipitament dans la classe, avec plus d'un quart d'heure de retard. Le maître des Potions lui lança un regard désapprobateur mais ne dit rien. Quand Hermione leva les yeux de sa préparation, ce fut pour apercevoir un Draco Malfoy fatigué. Le visage tiré, les yeux plus petits qu'à l'habitude, de faibles cernes, et les cheveux en désordre. Celui-ci prit enfin conscience d'être observé avec attention, par personne d'autre que la préfète Hermione Granger. Il afficha alors un sourire narquois, et prit place à côté d'un de ses camarades de Serpentard. Quelques instants plus tard, la jeune fille le lacha des yeux pour retourner à sa préparation. Harry et Ron se moquaient de Malfoy, se racontant qu'une de ses « poupées » avait dû l'épuiser jusque tard dans la nuit. Hermione pensait que, pour une fois, ce n'étaient pas des rumeurs infondées…
Finalement, leur potion fut un échec, comme toutes les autres de la classe. Ron avait maloncontresement versé un gramme supplémentaire de poudre de corne de licorne dans le chaudron, et malgré tous les efforts d'Hermione, la potion n'avait pas la bonne teinte et était plus liquide que prévue.
A la fin de la classe, Hermione rangea ses affaires pour aller étudier à la bibliothèque avec Ron, Harry, et quelques autres Gryffondors. Elle avait décidé d'élaborer un plan « Malfoy » pendant l'heure de libre qu'elle avait avant d'aller en cours de Botanique. Les autres réviseraient ou feraient semblant, pendant qu'elle se creuserait la cervelle pour trouver l'idée qui ferait passer à Malfoy l'envie de s'en prendre de nouveau à elle.
Elle cherchait quelque chose de douloureux, d'humiliant, quelque chose qui puisse égaler sa propre humiliation, celle qui la faisait passer pour une folle devant toute l'école et lui avait coûté cher en points et en dignité : elle avait tout de même écopé d'une retenue, elle : Hermione Granger !
C'est pourquoi elle cherchait les points faibles de Malfoy, cachée derrière un livre de Runes Anciennes, pendant que les garçons parlaient filles ouvertement devant elle. Mais elle s'en moquait : elle avait plus important à faire que d'écouter un débat enragé sur le port du soutien-gorge de Lavande Brown…
Donc, pour en revenir à son plan, la liste des points faibles de Malfoy, susceptibles d'être exploités, se résumait pour l'instant à trois éléments:
- la peur et/ou la lâcheté
- le surnom de « fouine » et ce qui a rapport avec le professeur Maugrey
- les filles et/ou Pansy Parkinson
Le top du top, niveau démoniaque, serait de réunir les points évoqués ci-dessus pour savourer sa vengence bien méritée. Mais Hermione avait beau retourner ces éléments dans tous les sens, rien !
Il ne lui restait plus beaucoup de temps avant d'avoir à partir vers les serres, aussi Hermione commença à ranger ses affaires, qui ne lui avaient pas servies à grand-chose, l'esprit toujours occupé par le cas Malfoy.
- Mais je te dis que j'ai trouvé un des soutien-gorge de Lavande dans la table de chevet de Seamus ! N'est-ce pas vieux ? Petit fripon !!
Dean Thomas jeta un regard provocateur au dénommé Seamus, qui se redressait déjà dans un élan de fierté virile. Harry, Ron et Neville semblaient surpris, ils n'avaient pas souvenir d'avoir croisé Lavande Brown dans leur dortoir récemment.
Hermione était habituée à ce genre de conversation : en une heure, ils n'avaient pas discuté d'autres choses que des soutien-gorge et de la vie sexuelle apparemment intensive de Lavande Brown.
- Les garçons… Se répétait-elle désespérement. Les garçons ne changeront jamais…
Puis, comme sortie de nulle part, l'Idée lui apparue.
- Seamus, est-ce que tu as toujours le soutien-gorge de Lavande ?
