SURPRISES, SURPRISE(S)
SURPRISES, SURPRISE(S) !
Chapitre 4: Half the fun is to plan the plan…
Hermione était à présent dans son dortoir. Elle venait de terminer ses devoirs pour la prochaine semaine : en effet, si elle voulait mettre son plan à execution, autant avoir le plus de temps libre possible, au moins pour avoir une bonne planification et être sûre de ne pas rater son coup. Elle était seule à son bureau, ses autres camarades étaient actuellement en train de discuter dans la salle commune ou de faire leurs devoirs à la bibliothèque. C'était une chance, jamais elle n'aurait pu réfléchir au calme avec Lavande et Parvati discutant sans cesse, ou l'interrompant pour qu'elle les aide à rédiger leurs essais de Défence contre les Forces du Mal pour le Lundi suivant. Et puis de toute façon, son plan incluait de façon assez importante le soutien-gorge d'une de ses camarades, alors autant faire preuve de discrétion…
Elle avait d'ailleurs bien avancé. Elle avait trouvé l'idée globale, était en possession du « point fort » de son plan, et il ne lui restait plus qu'à régler les menus détails, c'est-à-dire trouver du Polynectar, et réfléchir au moment opportun.
Pour le Polynectar, il n'y en avait pas à Poudlard, et elle n'aurait ni la témérité d'en préparer à nouveau, ni la patience d'attendre le mois entier qu'imposait sa concoction. Elle devrait donc se fournir à l'extérieur… Mais comment faire venir une potion si surveillée dans un château si surveillé ? Cela revenait à importer des substances illégales dans l'école. Il aurait fallu demander à des spécialistes… Mais en fait, Hermione Granger connaissait des spécialistes ; c'était surtout l'idée de faire appel à eux qui l'agaçait : ils voudraient savoir le pourquoi du comment, et sûrement s'en mêler. Or, c'était une vengeance personnelle.
Elle devait aussi réfléchir à l'aboutissement de son plan machiavélique. « Quand, où, comment ? » étaient à présent ajoutés à sa feuille « Malfoy », celle où étaient inscrits ses points faibles, ainsi que quelques autres petites annotations…
Le repas allait bientôt être servi, aussi Hermione rangea-t-elle ses affaires dans son sac : elle ne pouvait pas courir le risque que quelqu'un découvre son plan. Non seulement sa vengence serait gâchée, mais en plus une des personnes susceptibles de le découvrir était concernée (elle se voyait assez mal expliquer à Lavande pourquoi elle avait besoin de son soutien-gorge), et pour finir, elle était préfète de Gryffondor et ce qui n'était pas permi aux autres élèves serait dit fois plus puni si l'on remontait jusqu'à elle : elle risquait un renvoi pur et simple de l'école.
Elle rejoignit Harry et Ron dans la salle commune. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ils étaient en train de travailler : enfin, leurs affaires étaient sorties et Harry tenait une plume à la main. Ron semblait plongé dans son texte de Défence contre les Forces du Mal, car ses sourcils étaient froncés comme s'il cherchait à comprendre quelque chose.
Quand ils l'aperçurent, ils levèrent le nez de leurs devoirs et elle s'affala dans le sofa à côté de Ron. Elle mit sa tête sur son épaule et étira ses jambes sur les genoux de Harry. Elle aurait très bien pu s'endormir dans cette position si Ron ne s'était pas rappelé que c'était l'heure du dîner et n'avait pas bondi pour sortir précipitemment de la salle, leur criant qu'il leur gardait des places. Hermione attendit que Harry range ses affaires et celles de son ami, et qu'il les monte dans le dortoir qu'ils partageaient toujours avec Neville, Dean, et Seamus.
Quand il redescendit quelques instants plus tard, ils se dirigèrent ensemble vers la Grande Salle, vers laquelle se pressaient déjà quelques élèves affamés, si bien qu'Hermione dû leur rappeler qu'il était interdit de courir dans les couloirs, et encore moins dans les escaliers. Harry affichait un souire narquois : il était persuadé que plus tard son amie serait une vraie mère-poule…
Arrivés dans la Grande Salle, ils avisèrent Ron, entouré de plats multiples, en grande conversation avec un Seamus Finnigan dans le même état que lui. Hermione et Harry se placèrent à ses côtés, tout en évitant les grands bras de Ron qui se baladaient au gré de sa discussion enflammée. Harry se servit à manger pendant qu'Hermione tentait de décoder les mots qui sortaient de la bouche pleine de Ron : il était encore et toujours en train de parler de Quiddich…
Quelques minutes plus tard, la Grande Salle était pleine d'élèves, et tous les professeurs étaient présents. On n'entendait plus que le tintement des couverts et la rumeur des conversations, de moins en moins forte à mesure que les estomacs s'emplissaient et que la fatigue de la journée se faisait sentir.
Hermione mangeait tranquillement son corned-beef quand elle releva la tête pour observer la salle : à la table des enseignants, Binns semblait ennuyer le professeur Sinistra, tandis que Trelawney et McGonnagall avaient une discussion animée. Le professeur Flitwick écoutait avec intérêt le directeur débâtre avec Snape d'un article paru dans la Gazette du Sorcier le matin-même. Du côté des élèves, la table des Gryffondors était sans conteste la plus bruyante. Si elle avait vraiment été à cheval sur le règlement et son rôle de préfète, Hermione Granger aurait réclamé un peu plus de calme. Mais si elle le faisait, on la prendrait pour une rabat-joie, et de toute façon, en ce moment, elle n'était pas vraiment bien placée pour montrer l'exemple du comportement parfait d'un bon élève.
A la fin du repas, Hermione prétexta une ronde des préfets pour aller à la volière. Elle avait pris soin d'emporter avec elle un morceau de parchemein, sa plume, et un peu d'encre. Elle rédigea alors un message à l'attention des jumeaux Weasley, leur demandant de lui faire parvenir au plus vite une dose de Polynectar, et ce sans poser de questions. Elle joignit aussi la somme de six Gallions, largement supérieure au prix du marché, dans le but d'acheter leur silence, et leur spécifia bien de lui envoyer le Polynectar dans un flacon de parfum, ainsi qu'ils l'indiquaient dans leurs brochures publicitaires.
Une fois cela fait, elle alla, comme prévu, exécuter sa ronde à travers le château, pour rentrer quelques heures plus tard, « bredouille » et fatiguée.
Le lendemain matin au petit déjeuner, la jeune fille attendait avec impatiente l'arrivée du courrier. Peut-être les frères Weasley avaient-ils dèjà traité sa commande, et qu'elle la recevrait ce matin-même. Mais elle ne reçu rien d'autre que la Gazette du Sorcier à laquelle elle s'était abonnée des années plus tôt. Elle prit donc quelques toasts et partit en compagnie de quelques uns des Gryffondors vers le parc, pour un petit déjeuner en plein air.
Une demi-heure plus tard, elle se rendit dans son dortoir pour prendre ses affaires de cours. Cependant, une chouette, la même que celle qu'elle avait utilisé la veille, l'attendait, un colis fixé à la patte gauche. Elle la laissa donc entrer, lui prodigua quelques caresses et détacha son lot. Avec celui-ci était jointe une lettre, écrite par « Fred, George, ou les deux ».
« Chère Hermione,
C'est avec un grand plaisir que nous avons pris soin de ta commande. Enfin tu commences à vivre, en dépassant un peu les règles… On se plaît à croire que notre exemple à porté ses fruits, et que tu es moins la fille coincée que l'on a connu. » (Là, la préfète fronça les sourcils et haussa les épaules : elle n'était pas coincée, juste réservée !)
« On espère que Harry et Ron vont bien, sans oublier Ginny, et profitent au maximum de ce relâchement.
On voulait juste te dire qu'on ne t'en veux plus de nous avoir surveillé il y a deux ans : l'interdit est une très bonne publicité ! Merci beaucoup.
En espérant bientôt recevoir de nouvelles commandes.
Fred, George, ou les deux.
P.S. : Avoue que tu vas te servir du Polynectar pour te transformer en Lavande et passer du bon temps avec notre idiot de frère ! (Ron, pas Percy ! Quoi que…)
P.S. bis : Si tu croyais nous acheter avec tes Gallions en trop, tu as réusssi… Mais c'est juste pour cette fois ! »
Décidement, ces deux-là ne changeraient jamais. Hermione relu sa lettre une dernière fois, et se demanda si elle était vraiment coincée. D'accord, elle n'avait pas souvent de petit-ami… jamais ; mais elle n'était pas coincée. Elle s'investissait juste au maximum dans ses études pour oublier qu'elle était seule. De plus, elle n'était pas laide ; elle pourrait même être jolie si elle prenait plus soin d'elle : au bal pendant sa quatrième année, elle s'était préparée des heures à l'avance et avait choisi sa tenue avec soin. Même Malfoy n'avait rien trouvé à redire.
Quand elle eu achevé sa lecture et ses réflexions, la jeune fille déchira la lettre en petits morceaux et les fît disparaître. Elle regarda alors du côté du colis : dans un gros flacon de parfum moldu avait été versé une substance grumeleuse, sombre et nauséabonde. Elle reconnu bien-là du Polynectar, potion qu'elle avait elle-même préparé en seconde année. Elle n'avait maintenant plus qu'à se procurer le cheveu.
Il lui restait seulement dix minutes avant le début de ses cours, c'est pourquoi elle prit rapidement ses affaires, arrangea sa tenue, et descendit dans la salle commune où Ron et Harry l'attendaient. Ils se rendirent tous ensemble au cours d'Enchantements, durant lequel ils devraient mettre en pratique un sort qui leur permettrait d'écrire sans avoir à prendre la plume : une sorte de Plume à Papotte dirigée directement par la pensée…
C'est d'ailleurs pendant ces deux heures de cours qu'Hermione réussi à subtiliser le cheveu qui serait ajouté à la dose de Polynectar. En effet, l'agitation qui régnait toujours durant les cours du vieux professeur Flitwick lui avait permi d'approcher facilement son propriétaire, qu'elle avait bouscoulé mine de rien, et avait récupéré un de ses cheveux sur son épaule, grâce à l'électricité statique du haut de son uniforme. Elle avait vraiment pensé à tout… Une fois son « échantillon » mis en sécurité, la jeune préfète se consacra pleinement à l'exécution de son sortilège.
Elle assista ensuite à son cours de Runes Anciennes en compagnie de Draco Malfoy, qui lui aussi avait choisi cette option, et qui, d'après ce qu'Hermione avait comprit, se débrouillait très bien dans cette matière, tout comme elle. Le cours passa rapidement, et après le repas, elle, Ron, Harry et quelques autres se dirigèrent vers leur cours d'Histoire de la Magie, qui lui se déroula très lentement, au grand désespoir d'Hermione, qui n'avait qu'une hâte : sortir enfin de la classe pour régler la « touche finale » de son plan.
