Lost Angel
Chapitre 11
Il neigeait dehors. L'hivers était véritablement installé et cette année, ils auraient un Noël blanc. C'était une chance. Il allait pouvoir en profiter. Il aurait aimé, passer ce moment en famille, avec sa fille et celle qui aurait encore dû être sa femme. Mais elle avait demandé le divorce pendant son internement. Elle n'avait pas suporter la vérité et la monstruosité de ses crimes. Lui, ne voyait pas le mal qu'il avait pu faire et ne comprenait toujours pas ce qu'on lui reprocher. Était-ce de sa faute si l'être humain est si fragile ? Lui, il n'était qu'un artiste et ne faisait que créer des chef d'oeuvre que personne n'appréciait ou presque.
Pour la première fois depuis 10 ans, il allait pouvoir réellement fêter Noël et cela, dans un cadre bien plus chaleureux que celui de l'asile. Les fous ont leur charme mais il s'en était rapidement lassé surtout que lui ne l'était pas. Il était un monstre ou plutôt un vampire à en croire les gros-titres. D'ailleurs, il s'étonnait de ne pas avoir trouvé de journaliste devant chez lui. Les gens dans la rue ne le dévisageaient même pas. Il était au final, un sinistre anonyme.
On avait parlé de lui la première semaine de sa libération. Il n'avait même pas fait la une des journeaux. Il n'était au final qu'un article de plus dans la rubrique des chiens écrasés. À croire que tout le monde avait oublié qui était le vampire de Tokyo. Dans le fond, ce n'était pas plus mal car il pouvait vivre tranquillement, dans cette maison qui connaissait si bien le sang, elle mais surtout sa cave.
Il avait acheté un arbre de noël. C'était un peu tôt mais il n'avait pas pu résister à cette envie lorsqu'il l'avait apperçu. Ça avait été, un peu comme un coup de foudre. Il y a comme ça, des amours qui naissent au premier regard. Il avait connu ça avait sa femme. Il avait à nouveau resenti ce sentiment lorsqu'on lui avait présenté sa fille à la maternité. Ses souvenirs, il les gardait précieusement au fond de son coeur et les chérissait d'autant plus que les êtres qui lui étaient chers, n'étaient plus à ses côtés. On les lui avait arraché mais il finirait par les retrouver. Il se l'était juré à sa sortie et ce n'était de toute façon qu'une question de temps.
Il traversa l'allée de son jardin et avança jusqu'à cette maison qui lui paraissait figée dans le temps et qui avait à peine vieilli. Il fallait dire qu'on y avait pris soin pour lui. C'était quelque chose qu'il n'arrivait pas non plus à comprendre. Comment des gens pouvaient-ils continuer à l'aimer malgré le monstre qu'il était. Il fallait peut-être croire que les véritables fous, ne sont pas ceux qu'on enferme.
Il faisait bon et chaud à l'intérieur. Une odeur de café lui chatouilla les narines, et après avoir posé le sapin vert contre un murs du hall, il marcha rapidement vers la cuisine. Il était frigorifié. Il ne l'avait pas remarqué plus tôt mais à présent, il se rendait compte qu'il avait froid. Ses lèvres étaient sèches et légèrement bleuies. Il vit leur triste état dans un petit miroir accroché sur un murs face à la porte. Mais son reflet ne fut pas ce qui attira le plus son attention. C'était autre chose. C'était quelque chose qu'il aimait profondément et sincèrement. C'était un amour sans nom, différent de ce qu'il avait resenti jusqu'ici. À croire qu'il existe mille et une manière d'aimer. S'il ne l'avait pas compris dans sa cave à chaque poignet qu'il avait pu ouvrir, à présent, il en était certain.
Cet amour, il était bien présent. Il était là et le consumait de l'intérieur chaque jour un peu plus. Mais c'était bien différent de ce qu'il avait connu, car la passion ne s'était pas déclarée au premier regard. Non, il ne l'avait pas immédiatement aimé. Cela avait été long. Ils se connaissaient depuis plus de dix ans et pourtant, il ne l'avait jamais regardé de cette manière. Plus il apprenait à le connaître, plus il l'adorait. Il aimait tout chez lui, ses défauts, comme ses qualités. Il ne l'aimait pas tout court. Il l'aimait pour lui, dans son entier et pour ce qu'il allait encore découvrire de lui. Il aimait ses colères, ses déceptions, sa mélancolie, sa souffrance, sa maladie. Il n'avait aucune pitié pour lui. Il compatissait sincèrement à sa douleur mais savait qu'il ne pouvait rien y faire. Il n'essayait jamais de panser ses blessures. Il ne faisait que le prendre dans ses bras, l'aimer et le lui montrer en lui faisant passionément l'amour jusqu'au petit matin.
Faire l'amour avec un homme... Il n'y avait jamais pensé avant de le rencontrer dans ce mystérieux bar. Il avait découvert, ce soir là, une autre facette du personnage qu'il connaissait jusqu'à présent comme étant son psy. D'un homme fade et cousu de droiture, il avait rencontré sa face cachée, celle que tout être humain possède. Il l'avait d'ailleurs éblouit par sa simplicité et sa complexité. Tout était si paradoxale chez lui. C'était ce qui faisait de lui un être humain, c'était ce qu'il aimait chez son amant.
« Te voilà enfin, déclara Hyde en se retournant vers lui.
- Désolé d'avoir été si long, répondit-il en venant chercher ses lèvres. »
Ses dernières se rencontrèrent doucement, presque timidement, pour un tendre baiser digne d'une histoire d'amour de lycéen. Si Hyde avait pu être violent et passionné au tout début, il avait appris à aller au rythme de son amant qui malgré son CV, était un homme doux et romantique. C'était aussi un dominateur sadique, et cela dans tous les sens du terme. Les poignets du psychiatre pouvaient en témoigner. Mais jamais son amant ne l'avait forcé à se prêter à ses jeux sadiques qu'on ne pouvait toute fois pas réellement qualifier de sadomaso dans la mesure où l'érotisme ne se transformait en sexe, qu'uniquement dans le cadre de leur histoire d'amour. Car ce qui se passait dans leur cave était quelque part radicalement opposé à ce qui s'y pratiquait dix ans plus tôt. Ici, la mort était remplacé par l'orgasme et l'amour platonique, par un véritable désire charnel se concrétisant dans un bain de sang dangereux mais tellement exitant. Et il était dangereux pour l'un comme pour l'autre. En effet, Hyde pouvait réellement se vider de son sang, mais son amant lui, risquait la contamination, si ce n'était pas déjà chose faite. Mais c'était là, un détail qui leur importait peu. Ce qui comptait le plus, c'était cette complémentarité qu'ils trouvaient l'un dans l'autre, ainsi que dans leur amour.
« Bon dieu ! S'esclama le psychiatre en repoussant son amant. »
Ce dernier l'interrogea du regard mais ne parvint pas à capter celui de Hyde qui semblait fixer l'horloge.
« Je vais être en retard à l'école.
- En retard à l'école ?
- Oui, répondit le psychiatre en récupérant sa veste posée sur une chaise. Ce week-end, c'est moi qui garde mon fils.
- Oh...
- Je supose que ça ne te dérange pas si je l'emmenne ici ?
- Non, nous tacherons d'être sages, répondit-il en déposant ses lèvres sur celles de son amant. Je penses que nous pourrons nous abstenir d'utiliser la cave ce week-end. »
Pour toute réponse, Hyde le gratifia d'un sourire radieux avant de se dépécher de prendre la porte, prenant soin au passage d'emporter avec lui ses clefs de voiture qu'il posait toujours sur un meuble dans le hall. Son amant lui, le regarda s'en aller depuis le porche, contre lequel il s'appuya après avoir rejoint la porte d'entrée. D'ici peu, un petit garçon animerait leur maison, car quelque part, elle n'était plus tout à fait à lui. Après tout, Hyde y vivait presque. C'était donc leur foyer à tout les deux. Il lui tardait également de rencontrer ce petit bout d'homme dont il avait si peu entendu parlé. Hyde ne disait presque jamais rien à son sujet mais les rares fois où il l'évoquait, c'était avec des yeux brillants d'amour. Lui-même était identique sur ce point. De toute façon, il n'avait pas revu sa fille depuis dix ans. Il la croiserait dans la rue qu'il ne la reconnaitrait sans doute pas. Du moins, il espérait le contraire.
Hyde s'était fait prendre au piège dans les embouteillages et n'était arrivé qu'au bout d'une heure. La fin des cours avait sonné depuis longtemps et il se maudissait d'être un si piètre père. Si jamais son ex-femme l'apprenait, dieu sait ce qu'elle ferait pour l'empécher d'avoir le droit à ses si rares occasions de passer du temps avec son petit. Il l'aimait pourtant. Plus que tout, sans aucun doute. Il était la prunelle de ses yeux malgré le peu de temps qu'il avait à lui consacrer. Et malgré tous ses effors, il savait que ça ne serait jamais suffisant. Il ne serait jamais le père model qu'il rêvait d'être lorsqu'on lui avait présenté sa progéniteur à la maternité. C'était il y a si longtemps. Preque dix ans. Il se souvenait encore de cette promotion qu'il avait cru avoir en intégrant cet asile psychiatrique. Ce poste était une garantie sûr de carrière et son salaire était plus que confortable. De quoi subvenir largement aux besoins de sa petite famille en construction. Mais à l'époque, il avait été loin de s'imaginer le piège dans lequel il était en train de s'enfermer.
Son poste de psychiatre l'avait immédiatement comblé. Une belle carrière, une belle maison, une belle famille. La vie idéale. Presqu'un conte de fée. Et puis, comme tout rêve, il y eut un élément pertubateur. Un nouveau patient, différent des autres. Un homme qui le facina immédiatement. Quand exactement, était-il tombé amoureux de lui ? Il y a peu de temps. Ils avaient d'abord été amant, avant que l'amour ne s'instale entre eux. Ils se connaissaient parfaitement, du moins, ils avaient cru tout savoir l'un de l'autre. Le premier était le psychiatre du deuxième. Mais la relation de médecin à patient, avait effacé tout le côté humain de leur relation. Et aujourd'hui, c'était en tant qu'homme qu'ils se découvraient mutuellement. Apprenant à chérire les défauts de l'autre, jusqu'à ses plus petits vices qui venaient à perdre leur caractère malsain. Peut-être par le pouvoir de l'amour qui avait le don de travestir l'hideux par le voile blanc du bonheur ? Quoi qu'il en soit, cet homme avait été quelque part une malédiction et une bénédiction à la fois.
Hyde se gara en catastrophe dans le parking quasi désert et courru vers l'école primaire de son fils. Il avait une heure de retard. Son coeur battait la chamade. Qu'allait-on lui dire ? Son ex-femme était-elle venue le chercher finalement ? Pourrait-il le revoir ? Toute ces questions le tiraillaient à mesure qu'il traversait la cours de l'école. Il était angoissé. Il avait peur. Et puis finalement, il arriva enfin au jugement dernier.
Haru était là, accroupi sur les graviers et jouait au bille avec un autre garçon de son âge. Ils avaient tous les deux une petite bouteille de jus de fruit dans la main, qu'ils buvaient à la paille. Il leur restait des traces de chocolat autour des lèvres. Ils avaient fini de goûter. Sur un banc, un peu plus loin, se trouvait un jeune homme. Une pile de cahier était posé à côté de lui. Il tenait dans la main un stylo rouge et semblait corriger un exercice. C'était l'instituteur d'Haru. Hyde le reconnu à ses longues tresses et son teint blafard. Un visage comme le sien, s'oublie difficilement, d'autant plus qu'il se souvenait l'avoir trouvé à son goût le jour où il l'avait rencontré pour la première fois.
Dès qu'Haru l'apperçu, il délaissa son camarade et ses billes, et courru vers son père. Hyde l'accueuillit à bras ouverts et le serra aussi fort que possible contre lui, prenant toute fois garde à ne pas lui faire mal. L'espace d'un instant, le temps s'arrêta autour d'eux. Le bonheur des retrouvailles y était pour beaucoup.
Lorsque le psychiatre releva les yeux, il apperçu le maître d'Haru qui se tenait non loin de là. L'autre garçon les regardait également.
« Bonsoir. Je suis désolé du retard, déclara Hyde en lui serrant la main.
- Ce n'est pas grave, répondit l'instituteur. J'ai pu avancer mon travail et j'aurais moins de cahier à emporter à la maison ce soir.
- Papa, c'est lui mon pote Ankou, déclara Haru. C'est le petit frère de maître Zero.
- Oui, vous ne le saviez peut-être pas mais votre fils est un bon ami de mon petit frère, ajouta Zero. Il vient parfois prendre le goûter à la maison quand sa mère ne peut pas venir le chercher immédiatement. Là, je n'ai pas osé l'emmener à la maison pour ne pas vous inquiéter. Je ne savais pas quand vous arriveriez.
- Oh... encore une fois toutes mes excuses, répliqua Hyde. Et bien, nous aurons au moins pu faire connaissance. Et puisqu'ils sont si bons amis, Ankou n'aura qu'à passer à la maison ce week-end.
- Oh ! Zero je peux ? Demanda Ankou.
- Pourquoi pas, fit le jeune instituteur en haussant les épaules. Si cela ne vous dérange pas.
- Pas du tout. Laissez-moi vous écrire l'adresse. Vous n'aurez qu'à l'emmener demain en début d'après-midi, déclara Hyde en sortant un petit carnet de la poche de sa veste. »
Le psychiatre griffonna une adresse sur une feuille qu'il arracha et la tendit à Zero avant de les saluer et de s'en aller avec son fils. Une fois dans la voiture, Hyde ne démara pas immédiatement. Il devait d'abord expliquer quelque chose d'important et de délicat à son fils. En effet, jusqu'à maintenant lui et son ex-femme s'étaient mis d'accord pour passer sous silence son homosexualité mais à présent qu'il vivait avec un homme, il aurait à rendre des comptes à son fils. Bien sûr, il pouvait lui mentir en lui disant qu'ils n'étaient qu'amis. Mais Haru n'était pas stupide et puis, il ne voulait pas avoir à se cacher, ce qui pourrait d'ailleurs blesser son amant. Non, il devait tout lui dire et le moment était venu.
« Haru, il faut que je te dise quelque chose, déclara finalement le psychiatre après une profonde inspiration.
- C'est quoi ?
- C'est délicat. Mais il faut que tu saches que papa t'aime très fort et que ça ne changera rien. Seulement, il faut que tu saches quelque chose de très important. Ta mère et moi ne te l'avons pas dit plus tôt pour ne pas te blesser mais voilà... enfin...
- Je suis un enfant adopté ?
- Hein ? Mais non ! S'écria Hyde stupéfait. Mais d'où tu sors ce genre de bêtise ?
- Dans les films quand le type commence à parler comme ça, c'est pour annoncer un truc comme ça, répondit le garçon d'un air dégagé.
- Il faudra que je dise à ta mère d'arrêter de te laisser regarder ses séries amércaines à l'eau de rose. Bref, je... enfin, je vis avec quelqu'un.
- Elle est sexy au moins ?
- Hé ! Mais qu'est-ce que c'est que ce langage ? D'abord, on demande si elle est jolie et pas si elle est sexy. Non mais tu crois avoir l'âge pour parler comme ça ? Et puis de toute façon, je ne vis pas avec une femme, mais avec... enfin, avec mon ami.
- Ton ami ? Un pote à toi ?
- Pas exactement... Disons que lui et moi... enfin, c'est pas vraiment un ami.
- C'est quoi alors ?
- Et bien, disons que lui et moi, nous nous aimons beaucoup.
- Vous vous aimez beaucoup ?
- Oui, un peu comme quand j'aimais ta mère avant.
- Alors c'est vrai que t'es pédé ?
- Heu...
- Roh ben de toute façon je le savais déjà hein. Fais pas cette tête.
- Ah...
- Ben oui, la première fois que t'as vu Maître Zero, t'arrêtait pas de lui reluquer le cul et t'as même dit qu'il était très à ton goût.
- J'ai fait ça !
- J'ai plus trois ans et j'ai des yeux et des oreilles. Tu fais comme dans les mangas de la soeur d'Ankou.
- Les manga de la soeur d'Ankou ?
- Ouais, June lit des trucs dégueu où les mecs s'embrassent dedans, répondit-il avec une petite grimace.
- Oh...
- Avec Ankou, on s'était dit que si son frère et toi vous sortiez ensemble, on se verrait plus souvent et on deviendrait même frère. Ça serait cool ! Mais si t'as déjà un copain, ben c'est pas grave, hein. Je le dirais pas à maman si tu veux. De toute façon j'aime pas son copain à elle, c'est un gros con qui est chiant avec moi. J'espère que le tien est plus cool.
- Mon dieu... je... je pensais te choquer mais c'est moi que tu choques par ton langage... je... il faut que je me fasse à l'idée que tu grandis et que tu n'es plus un bébé. Bon heu... on va y aller. »
Le trajet leur sembla rapidement. En effet, ils ne firent que discuter dans la voiture. Haru raconta à son père sa journée et toutes les précédentes sans lui. Le psychiatre pour sa part, ne se lassait pas de l'écouter lui raconter cette vie qu'il avait sans lui. Aussi, ne virent-ils pas le temps s'écouler et les distances s'effacer.
La première chose qu'Haru fit en appercevant l'immense maison dressée devant lui, fut de siffler. Elle était impressionnante, non pas par la taille qui faisait pâle figure à côté des bulding, mais plutôt à cause de son style victorien. Haru n'y connaissait rien, mais il voyait très clairement qu'elle n'avait rien avoir avec la maison traditionnel de ses grand-parents. C'était quelque part une maison des mystères que son père lui présentait et il avait hate de pouvoir visiter chaque recoin, en commençant par le grenier pour finir à la cave...
Un homme les attendait sous le porche. Il était grand, bien plus que son père. Haru ne put s'empécher d'en faire la remarque, ce qui fit grimacer Hyde, qui malgré le fait qu'il assumer sa petite taille, était quelque peu agacé de voir son fils briller d'admiration devant la stature de son amant. Il en venait même à être jaloux, lui qui avait l'impression de paraître quelconque aux yeux de sa prégéniture.
« C'est toi le chéri de mon papa ? Fit Haru avec de grands yeux curieux. C'est ta maison ici ? On dirait une maison de vampire, ajouta-t-il en relevant les yeux vers les volets fermés du premier étage.
- Oui, c'est une maison de vampire, celle du Vampire de Tokyo, répondit-il en s'accroupissant face au fils de son amant.
- T'es un vrai vampire monsieur ? Pour de vrai ? Tu suces le sang des gens ?
- Il parrait que oui et quelque part c'est un peu vrai, répondit-il avec amusement.
- Tu suces même le sang de mon papa ?
- Et pas seulement son sang, fit-il en adressant un sourire malicieux à Hyde.
- C'est dégueu, fit Haru en grimaçant. Vous croyez que j'ai pas compris le sousentendu ?
- Mon dieu, ce que les enfants sont précoces sur ce genre de chose, soupira le psychiatre en effançant la courte distance entre son amant et lui pour lui donner un chaste baiser.
- Beurk ! Faîtes pas ça devant moi ! S'exclama l'enfant.
- Excuses-moi mon poussin, fit Hyde en lui caressant les cheveux. On fera attention à ne pas heurter ton âme sensible d'enfant.
- Mouais. Dis monsieur le vampire, c'est mon papa qui fait la fille ?
- Hé ! Ne calque pas notre relation homosexuel sur un schéma hétérosexuel dans lequel il y en aurait un qui fait l'homme et l'autre la femme ! Protesta Hyde. »
Haru le regarda d'un air perplexe, ce qui fit rire le vampire. Visiblement, l'enfant n'avait pas compris un seul mot de ce qu'il venait de lui dire. Son fils avait beau être précoce sur certain sujet, il n'en restait pas moins un petit garçon qui n'avait pas encore fêté ses 10 ans.
« Oui, c'est ton papa qui fait la fille, se moqua l'autre. Allé entre, on va te montrer ta chambre. Tu excuseras la peinture rose. C'était la chambre de ma fille quand elle était petite. Comme ton père ne m'avait pas prévenu à l'avance, je n'ai pas eu le temps de te préparer autre chose. Mais la prochainement, ça sera fait.
- Ouais, mon papa est tout le temps dans la lune, soupira Haru. Il faut bien vous occuper de lui parce qu'il sait pas se débrouiller tout seul.
- Vraiment ? C'est à dire ? Dis m'en plus Haru.
- Quand j'étais petit, commença Haru.
- Parce que tu es grand maintenant, précisa le Vampire.
- Oui je suis grand ! Et bien quand j'allais chez papa et qu'il devait s'occuper de moi tout seul parce que maman voulait plus de lui, ben, il se réveillait jamais à l'heure. Il ne savait même pas cuisiner.
- Il ne sait toujours pas cuisiner quoi qu'il fait des progrès, enfin je crois.
- Ben, un jour il m'a mis mes vêtements à l'envers et les chaussures aussi.
- Hé ! Mais vous avez pas un peu fini tous les deux ! S'exclama Hyde.
- Bon maman, va faire la cuisine pour lui montrer tes progrès, pendant que je fais faire le tour du proprio à Haru, déclara fièrement son amant.
- C'est rigolo, c'est papa qui fait maman ici, se moqua l'enfant.
- Je me vengerais, gromela le psychiatre en entrant furieusement dans la maison pour prendre la direction de la cuisine sans même rediscuter les termes du rôle qu'on venait de lui attribuer. »
Une fois dans la cuisine, Hyde oublia totalement sa fausse colère et les écouta faire connaissance depuis le hall. Il ne parvenait pas à tout saisir mais apparement, le courant passait plutôt bien entre eux. C'était une bonne chose. Il entendit même Haru s'extasier devant la grosseur du sapin de noël. L'enfant ne tarda d'ailleurs pas à arriver en courant dans la cuisine pour lui demander s'il aurait le droit de le décorer. Hyde lui répondit qu'ils le feraient ce soir, après le dîner, et sur cette réponse, Haru repartit avec son guide, qu'il continuait à appeler Monsieur le Vampire. C'était un surnom amusant qui dans sa bouche n'avait rien de péjoratif. Haru ne connaissait pas la terrible légende du Vampire de Tokyo et le psychiatre était persuadé que son amant n'avait pas voulu intentionnellement faire référance à sa triste carrière. C'était Haru qui avait parlé le premier de vampire et de fil en aiguille l'appelation était venue d'elle-même, naturellement, comme si elle était déchargée de toute conotation sanglante et macabre...
