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Je regarde ma montre et soupir d'agacement. Elles sont de nouveau en retard. Chaque fois que j'ai rendez-vous avec Deneb et Resha, je pouvais me permettre d'arriver une demi-heure après l'heure fixée, je savais qu'elles ne se seraient toujours pas là. Et là, pensant que le fait de ne pas s'être vues depuis deux semaines changerait peu être quelque chose, mais non, ces deux pétasses sont toujours fidèles à elles-mêmes.
Je suis Cheiko. La gentille Cheiko, la bonne élève, la stricte préfète, la chouchoute de la plus part des professeurs, et j'en passe. Du moins, ca c'est la manière dont me connaissent les gens. Resha et Deneb réussissent à me cerner parfois, mais je peu dire que je cache bien mon jeu.
Je suis descendante d'une prestigieuse famille de Sang Pur. Et comme toutes ces grandes familles, la mienne respecte des traditions ancestrales, et est assez étroite d'esprit. Car pour les membres de ma famille, la magie noire est quelque chose de parfaitement courante et normale, et accepter la présence d'êtres aussi abjecte que les moldus est quelque chose de totalement inconcevable.
Je suis passionnée de magie noire. Et je suis passionnée des moldus. C'est mon plus grand secret. Deux choses totalement antinomiques, n'est ce pas ? Et pourtant savoir que d'une seule formule il est possible de rendre un semblant de vie à quelqu'un, de broyer chaque os, d'éclater chaque artère, de diviser son âme, je trouve ca… jouissif. Bien entendu, il est hors de question de passer à la pratique ! La théorie suffit amplement à nourrir mon esprit sombre et avide. Et les moldus… je les trouvent tout simplement ingénieux.
Deux 'pop' sonore se font entendre. Sans me retourner, je sais qu'il s'agit de mes idiotes d'amies.
-« quarante minutes. »
-« On est désolée ! Deneb tenait absolument à acheter des cigarettes, mais on a été dans une librairie moldue. Et tu sais ce qu'elle a fait pendant une demi-heure ? Elle a draguée la vendeuse ! »
-« Et alors ? Toi t'as bien reluqué le chauff… »
-« C'est bon, merci pour les explications très pragmatiques que vous m'avez accordé, mais ca vous dit d'y aller ? Je commence à m'ennuyer dans ce square perdu en plein milieu de la nuit »
-« C'est bon Cheiko, on va y aller. Et pour l'amour du ciel Deneb, ne discute pas ! »
Deneb, qui comptai répliquer, ferme sa bouche et tire une mine boudeuse. On ce concentre, et quelques secondes plus tard on transplane.
J'atterris gracieusement sur mes jambes, Resha et Deneb à mes côtés. Nous somme devant la grille du Manoir Nott. Nous passons les grilles, et après un peu de marche on se retrouve devant la porte arrière de la demeure. Nous l'ouvrons et nous nous engouffrons dans les escaliers menant à l'étage inferieur. Aussitôt la porte fermée, une musique forte provenant d'en bas ce fait entendre, accompagnée de pas, de rire, et de nombreuse voix. L'atmosphère de la fête m'atteint déjà. Arrivée en bas, je voit une énorme salle, à la lumière tamisée, un bar au fond, une piste de danse au milieu sur laquelle se déhanche une vingtaine de personne. Un peu plus loin, des fauteuils, des canapés, ou se trouvent des couples dans des positions assez indécentes.
-« Bonsoir les filles » lance une voix à peine audible, à cause du vacarme et de la musique.
Nous nous retournons, face à notre interlocuteur. Il s'agit de Bilius Nott, nôtre 'hôte'. Grand, bien foutu, il faut avouer qu'il était pas mal. Ces très courts cheveux bruns et ses traits durs lui donnaient un air très viril. Il s'avance vers Deneb, et la prend par la taille. Le pauvre, après tant d'année, il n'a toujours pas compris qu'elle n'était pas intéressée par les hommes. Elle joue tout de même le jeu.
-« Bonsoir Nott » lui dit-elle, les bras autour de son cou, « je remarque que tu n'a pas perdu ton sens de la fête ! »
-« Et toi tu n'as toujours pas perdu son charme sensuels » lui susurre-t-il à l'oreille.
Resha pris une mine faussement dégoutée et roule les yeux d'agacement. Elle me fait signe de partir. J'hoche la tête, et on se mêle à la foule réunie sur la piste, essayant tant bien que mal d'atteindre le bar. Deneb ne fit aucun signe pour nous retenir, ni pour nous rejoindre. Arrivée au bar, on s'assied sur un tabouret.
-« Deux whiskey pur-feu !» Lançai-je au barman.
-« Qui t'as dis que je voulais du whiskey ? »
-« Tes yeux qui louchent sur la bouteille depuis 10 secondes »
Elle éclate de rire et pris le verre que lui tend le garçon. Je m'empare du mien et bois une longue gorgée. Cette soirée commençait plutôt bien !
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