Chapitre 22 : Un nouveau départ.

Harry posa délicatement le corps inconscient d'Ayla contre un arbre et lui enleva délicatement une mèche de cheveux qui lui tombait sur le visage. Elle semblait si paisible. Harry fit un mouvement de poignet avec la baguette de Léa puis la rangea. Il attendit quelques minutes et vit ce qu'il attendait. Lily, la protectrice d'Ayla, arriva en courrant vers eux. Elle s'arrêta devant eux, hésitante, puis se dirigea vers Harry. Celui-ci s'abaissa en souriant.

- Ca faisait longtemps qu'on ne s'était pas vu, Lily. Comme tu as grandie, déclara t'il en la caressant. Ecoutes moi, j'ai besoin d'un petit service. Tu vas devoir aller chercher Hermione pour qu'elle vienne ici.

La fenrir hésita un instant ce que remarqua Harry alors il lui sourit.

- Ne t'en fais pas, elle va bien, elle dort et ne tardera pas à se réveiller. Je te le promets, ajouta t'il en se redressant.

Rassurée, elle partie en sprint vers le château.

- Vous avez une fille unique, madame Anderson, dit il alors en regardant un point à côté d'Ayla.
- Je le pense aussi, je suis fière d'elle plus que je ne pourrais jamais le dire. Je n'aurais jamais cru que cette terreur en couche deviendrait une jeune femme si épanouit et responsable. C'est principalement grâce à vous Harry, vous l'avez faites grandir, répondit la mère d'Ayla
- Et je lui ai fait prendre des risques énormes, elle a encore une fois faillie mourir et tout ça pour me ramener…
- Votre culpabilité est inutile, il n'y a qu'un seul coupable et vous le connaissez aussi bien que moi. Jamais je ne vous remercierais assez pour ce que vous avez apporté à mes filles. Vos parents ont de quoi être fiers eux aussi et je suis sûr qu'il vous le diront eux même très bientôt.
- Je ne mérite pas ces éloges, tant que cette guerre durera, je ne les accepterais pas, murmura t'il en fixant Ayla.
- Il n'y a … commença t'elle avant de se rendre compte qu'il venait de disparaître.

Des pas précipités se firent entendre non loin de là. Les Ombres arrivèrent en sprint pour voir ce que Lily avait à leur montrer. Quand ils virent Ayla étendu sur le sol, ils se précipitèrent vers elle en pensant au pire. Hermione arriva la première et l'examina rapidement avant de soupirer de soulagement.

- Ca va, elle est juste endormie, expliqua t'elle en regardant les garçons.
- Elle va m'entendre quand elle se réveillera, passer la nuit dehors en plein hiver dans son état, non mais quelle inconsciente, pesta Max.
- Aide moi à la ramener au lieu de ronchonner, fit Hermione en faisant apparaître une couverture.

Max l'emmena au château en la faisant léviter escorté par Hermione, Neville et Lily qui se faisait un point d'honneur à ouvrir la marche. Aucun d'eux ne vit qu'Harry les regardait, debout sur la branche d'un arbre. Il sourit et s'en alla.

Ayla se réveilla quelques heures plus tard, la tête douloureuse. Elle se remémora sa nuit et balaya la salle des yeux en se redressant sur son oreiller. Elle vit ses amis arrivés et leur adressa un sourire un peu crispé.

- Enfin réveillé, tu sais que tu nous as fait peur, petite inconsciente, fit Max en allant s'asseoir sur un côté du lit.
- Max… soupira Hermione

Ayla ne les écoutait pas et continuait à regarder la porte de l'infirmerie comme si elle attendait quelqu'un d'autre ce que Neville remarqua.

- Tu attends quelqu'un ? demanda t'il timidement
- Oui… euh je veux dire non, je me demandais où étais Lily, marmonna t'elle
- Euh… Ayla, elle n'a pas bougée de ton lit depuis que tu es ici, expliqua Max
- Ah, fit elle en regardant sa protectrice juste au pied de son lit.
- Ayla, tu peux nous dire ce que tu as fais ces derniers jours ? Pourquoi tu nous évites et tu te mets à dormir dehors ?
- Je…j'avais besoin d'un peu de solitude et… j'ai vraiment dormie dehors ? demanda t'elle en insistant sur le verbe dormir
- Tu ne t'en souviens pas ? C'est Lily qui est venue nous chercher pour nous amener à toi, tu étais frigorifiée, raconta Hermione.
- Alors ce n'était qu'un rêve, murmura t'elle les larmes aux yeux.
- Qu'est ce que tu as ?
- Rien, rien du tout je suis juste fatiguée, je crois que je vais me reposer encore un peu, déclara t'elle en se frottant les yeux.
- Très bien on te laisse, on reviendra te chercher pour le déjeuner, à toute à l'heure, fit Max en se levant.

Pendant ce temps Harry était retourné au manoir Potter. Il avait mit sur papier le contenu du parchemin qu'il avait envoyé à Voldemort et l'étudiait. Il ne savait pas pourquoi il avait fait une copie du parchemin dans sa tête alors qu'il était encore l'esclave de son ennemie mais il devait en tirer profit. Il s'agissait d'une traduction d'un texte très ancien datant de la Grèce antique. Les Athéniens avaient apparemment une grande crainte des pouvoirs du cristal de lumière de leurs ennemis Atlantes. Une phrase était répétée plusieurs fois dans le texte qui était une des prédictions de Cassandre. « La folie des Atlantes poussera le cristal maudit à être polymorphe afin de le rendre indécelable et lui conférer la forme la plus pure et une puissance sans précédent ».

Ainsi les Atlantes avaient été vraiment rusés. Ce cristal pouvait prendre l'aspect de n'importe quoi, il allait être très dur à trouver. Ce qui le rassurait, c'est que ça allait être aussi le cas pour Voldemort. Il soupçonnait ce dernier de convoiter avec beaucoup plus d'intérêt la couronne Aztèque, la faculté de devenir techniquement invincible avait toujours été son rêve le plus cher.

- Bon résumons, le cristal peut être n'importe quoi et n'importe où, Atlantide ayant été engloutie. La couronne Aztèque doit se trouvée au Mexique mais les membres de l'ordre du Phénix doivent déjà le savoir, Will les avait mit en garde contre cet artefact. Reste la lyre d'Orphée. Si l'on en croit la légende, Orphée serait descendue aux Enfers pour ramener Euridice, la femme dont il était follement amoureux et qui était morte mordue par un serpent. Il avait joué et séduit le dieu Hadès avec ses mélodies qu'il jouait avec sa lyre ce qui lui avait permis d'obtenir une seconde chance pour sa bien aimée. La seule contrainte qu'imposa Hadès c'est de ne jamais se retourner. Malheureusement c'est ce qu'il fit et Euridice fut à jamais condamné à rester aux Enfers. Orphée en fut inconsolable et fut tué par les Ménades, les accompagnatrices de Dionysos. On dit que depuis ce jour, Orphée a rejoint Euridice et continue à jouer des mélodies qui enchantent même les créatures les plus vils de l'enfer, récita Harry pour lui-même
- Bref l'ordre s'occupe de la couronne, la lyre est aux Enfers donc à moins de mourir je ne vois pas comment y aller. Je vais donc me concentrer sur le cristal Atlante. Bon je sais qu'il a opté pour une forme bien spécifique, mais je ne sais pas laquelle. Il permet de donner des pouvoirs psychiques très puissants. Je vais commencer par faire des recherches sur tous les événements étranges qui sont le fait de ces pouvoirs, ça me mettra peut être sur une piste. Mais ça irait beaucoup plus vite si je demandais de l'aide à… songea t'il
- Tu commets la même erreur une fois de plus Harry Potter, retentit une voix douce derrière lui.

Il se leva de sa chaise et fit volte face doucement. Il était impossible que quelqu'un ait pu s'introduire sur le domaine sans qu'il en soit informé. Il découvrit une très belle jeune femme d'une trentaine d'années qui avait les cheveux longs noirs et nattés et le regardait avec un air de sévérité. Ses yeux noirs rendaient son regard encore plus dur qu'il ne la paraissait. Harry était vraiment troublé de sa beauté et eut du mal à reprendre constance. De plus, quelque chose émanait d'elle, une impression de puissance qui l'impressionné mais il sentit également un sentiment de familiarité à la vue de cette femme.

- Très bien vous connaissez mon nom, vous êtes chez moi alors puis je espérais connaître votre identité ? demanda t'il en fronçant les sourcils.
- Je suis ta gardienne, comme tu aurais déjà dû le deviner, répondit elle en l'évaluant de la tête aux pieds.
- Bon étant donné que nous allons être un minimum proche tous les deux, étant donné que vous connaissez déjà toutes mes pensées, j'aimerais au moins savoir comment vous appeler ?
- Morgane

Il y eut un déclic dans la tête de Harry, l'impression de puissance, le sentiment de familiarité, il avait déjà vu cette femme et c'était dans un livre. Un livre récitant les exploits de Morgane la fée, disciple de Merlin.

- Je vois que tu cogites rapidement, on va gagner du temps dans ce cas, dit elle en le fixant droit dans les yeux
- Si vous êtes qui je crois que vous êtes alors pourquoi ? Je veux dire, j'aurais pensé que j'aurais un proche comme gardien.
- Ton père avait ce rôle pendant plusieurs années.
- Qu'est ce qui s'est passé pour que ça change ?
- Il a prouvé son incompétence et à laisser ses sentiments personnelles prendre le pas sur son devoir. Apparemment c'est quelque chose qui se transmet dans les gênes. Enfin… il a donc été réassigné à une autre personne.
- Qu'a qu'il fait ?
- Il t'a sauvé la vie lors de ton combat contre Voldemort. Il a ensuite changé ton apparence et tes souvenirs pour que tu ais une nouvelle vie, sans combat.
- Alors c'est lui qui… fit Harry en baissant la tête.
- C'était stupide, tu ne le méritais pas, répondit elle sèchement.
- Quoi ?
- Tu aurais pu tuer Voldemort ce jour là et bien des vies auraient été épargnées. Quoi que tu penses, à mes yeux tu ne pourras jamais le battre, tu es trop faible.
- On dirait que vous n'aimez pas beaucoup votre protégé, je me trompe, déclara Harry ironiquement. Je suppose que vous avez dû faire un truc pas très cool pour être assigné à protéger un déchet comme moi
- C'était mon choix, annonça t'elle d'une voix plus douce que jusqu'à présent.
- Alors là je ne comprends pas.
- Tu as un potentiel que tu as à peine effleuré et je peux t'aider à le maîtriser mais pour cela tu devras faire tout ce que je te dirais sans hésitation, quelque qu'en soit le prix à payer. Mais pour ça tu dois le vouloir vraiment, je ne veux pas aider quelqu'un qui lâchera prise après quelques jours.
- Evidement que je le veux mais qu'est ce que je dois faire ?
- La première chose est de te libérer de tes faiblesses, ensuite seulement on pourra passer aux choses sérieuses.
- Soyez plus explicite, qu'est ce que vous entendez par mes faiblesses ?
- Tes proches. Il faut les quitter. Ton dernier duel contre Voldemort a mit en avant une grande faiblesse. Tu as hésité avant de faire exploser ton aura avec Dragaura, cette faille à permis à Voldemort de survivre et il est maintenant plus puissant que jamais. Tu as hésité car tu as eut peur de mourir et de ne plus revoir tes amis. Qu'est ce qui se passera si tu retournes vers eux. Tu devras sans arrêt veiller sur eux car ils seront au front avec toi. Tes sentiments sont tous à ton honneur Harry, mais ils ne doivent pas être un fardeau. La vraie question est jusqu'où es tu prêt à aller pour eux ?
- A mourir évidement, pesta t'il comme si c'était l'évidence même.
- Alors meurs pour eux
- Quoi ? vous voulez que je me sacrifie ?
- Oui, si tu veux devenir plus fort alors ils ne doivent plus faire partie de ta vie.
- Mais…
- Je vais te montrer quelque chose, annonça Morgane en mettant ses mains en avant.

Elle fit apparaître un écran de fumée entre eux deux. Des couleurs prirent formes dans ce nuage jusqu'à devenir de plus en plus précis. Il vit Hermione, un peu plus âgé, habillée en guérisseuse, qui était en train de soigner un enfant avec ses pouvoirs. Il voyait qu'il n'y avait pas que des sorciers, toutes sortes de créatures magiques attendaient également de se faire soigner.

- Voici le rêve de Hermione Granger… Je suppose qu'elle ne t'en a jamais parlé ? l'interrogea Morgane.
- Non je…
- Elle ne réalisera jamais son rêve

L'image changea et cette fois il vit un mariage, il fut attendre encore un peu de temps pour voir l'identité des mariés. C'était ses amis, Max et Ayla. Hermione, qui était à côté d'eux, portait un bébé dans ses bras et vu la tendresse que portait le jeune couple au bébé, il s'agissait sûrement du leur.

- C'est le rêve de ton ami Max, lui non plus ne verra jamais ce jour, est ce que je dois continuer ?
- Ou voulez vous en venir ?
- Est-ce que tous les élèves de Poudlard sont engagés dans la guerre contre Voldemort ?
- Non
- Il y a des personnes qui se battent pour eux, et ils se reposent sur eux en espérant être épargné, ce qu'ils seront pour une majorité d'entre eux, probablement.
- Je pense oui
- Tes amis seraient aussi impliqués dans ce combat s'ils ne le faisaient pas pour toi ?
- Je…, bredouilla Harry complètement retourné
- Tes amis connaîtront combien de moment de joie, de rire ou même de nonchalance à tes côtés ?
- …
- Leurs rêves ne seront à jamais que des rêves et leurs vies éphémère et remplie de douleurs et de blessures prendra fin bientôt car ils vont tous mourir, trancha Morgane avec vigueur.

Harry tomba à genoux en tremblant, les paroles de Morgane étaient trop juste pour qu'il refuse de les entendre.

- Je le répète, tu dois te sacrifier. Harry, tu dois faire mourir ce qu'ils représentent pour toi. Tu dois le faire pour eux. Ne laisse pas les autres souffrir et mourir à ta place parce que ça allège le poids sur tes épaules.
- Pourquoi ? Pourquoi faut t'il que tous les espoirs reposent sur moi ? Je ne peux pas être un garçon de dix sept ans normal qui s'amusent avec ses amis, qui a une petite amie et qui n'a pas d'autres préoccupations que ses performances en cours et au Quiddich. Est-ce trop demandé !! hurla t'il les yeux humides.
- Tu es ce que tu as choisis d'être Harry. Tu as eu une seconde chance et tu as pourtant choisis le même chemin. Te battre pour les autres est ta plus grande force. Seulement tu dois maintenant apprendre à te battre seul, lui répondit elle d'une voix calme
- Je veux du temps pour réfléchir
- Comme tu voudras, personne ne te force, chaque décision à cette conséquence, à toi de choisir celle qui te convient le mieux, fit Morgane en disparaissant.

Les premières neiges arrivèrent sur Poudlard et élèves et professeur préparaient activité, les festivités de noël où un bal était prévu en l'honneur des CRIMES. Cependant en raison du décès du champion de Philae et de la disparition du champion de Beauxbatons, le bal était juste pour les élèves et avait perdu son aspect protocolaire. Ayla était maintenant complètement rétablie. Elle et les autres Ombres étaient à l'extérieur et s'étaient trouvées un coin sous un arbre où ils pouvaient éviter d'être obligé d'aider pour les décorations ou autres. Hermione, qui était pourtant préfète en chef, avait accepté volontiers de suivre les autres quand ils lui eurent proposés. Ils étaient accompagnaient d'Océane qui était assise sur l'épaule de Max et de Lily qui dormait paisiblement la tête posée sur les genoux d'Ayla.

- Alors, vous avez décidés quoi pour les vacances de noël ? demanda Hermione
- Je vais partir dans une heure à Square Grimmaurd pour profiter un peu de Caroline, répondit Ayla. Je serais déjà là-bas si la fin du trimestre ne s'achevait pas officiellement aussi tard.
- Je vais t'accompagner, je n'ai pas envie de rester enfermé avec les premières années. Je ne sais pas si vous avez remarqués mais ils sont de plus en plus teigneux, aucun respect, fit Max, ronchon
- Dixit une ombre, taquina Hermione
- Oh ça va, on s'est dévergondé que lorsque Harry est arrivé, marmonna t'il
- Euh tu oublies l'épisode où tu avais transformé la chaise de MacGo en sable et quand elle s'est assise dessus. Tout ça parce qu'elle t'avait donnée une retenue pour avoir teint les cheveux de Crabbe et Goyle en rose… raconta Ayla, amusée
- Alors c'était vous cette histoire ? rigola Neville
- Tu peux parler toi, est ce que je dois raconter l'épisode où, complètement bourrée tu as failli embrasser Malefoy ou la fois où tu as roulé des pelles à Parkinson dans les toilettes des filles en deuxième année ? déclara Max en pointant du doigt Ayla
- Non tu n'as pas fais ça ? grimaça Hermione en rigolant
- Je vois que tu as retiré l'étiquette de confidentialité sur certains faits, maintenant à moi de rigoler, fit Ayla en entendant les éclats de rire de ses amis.
- En première année, Max était tellement intimidé par McGo qu'il s'est fait dessus à son premier cours. Ah il est sortit aussi avec Bullstrode pendant plusieurs mois et pensait que c'était la femme de sa vie. Il a un jour maté les filles dans le vestiaire de Quiddich, il a même essayé avec moi mais je l'ai chopé sur le fait.

Hermione avait mit sa main sur sa bouche tout en rigolant. Neville étant bidonné, Océane était tombée l'épaule et se tenait le ventre tellement elle riait quand à Max il était devenu tout rouge.

- Toi tu as bien trouvé Rogue séduisant, tu voulais même découvrir où il logeait en quatrième année, l'accusa t'il
- Tu as essayé mes sous vêtements l'année dernière…
- Ayla c'était un pari ça !!
- Sur ça je n'ai que ta parole, mais je peux aussi cité le jour où tu as peloté les fesses de Nott
- Hey, ça c'était toi !! cria t'il, indigné
- Oups…

Devant cette échange, Hermione et Neville étaient à la fois très intéressés par les anecdotes et se tenaient le ventre tellement ils riaient. Aucun membre du groupe ne s'aperçut qu'à quelques mètres d'eux Harry les regardait en souriant derrière un arbre. Son sourire s'effaça peu à peu pour laisser place à des traits fermés par une sombre détermination.

- Morgane, murmura t'il pour l'appeler.

Celle-ci apparut avec grâce juste à côté de lui et ne dit aucun mot.

- C'est d'accord, je ferais tout ce que tu me diras de faire. Je veux simplement que tu me laisses du temps pour leur dire au revoir.
- C'est ton choix Harry mais ne sois pas tendre avec eux où ton au revoir aura le goût d'un à toute à l'heure et ils ne te laisseront pas en paix. Ce sera plus facile pour toi de savoir qu'ils te haïssent. Je t'attendrais, dit elle avant de disparaître.

Les Ombres avaient décidés unanimement de passer leurs vacances de noël à Square Grimmaurd. Ils s'y rendirent dès que la fin des cours fut proclamée. Sirius fut surpris en voyant toute la bande arrivée mais les salua tout de même chaleureusement. Il n'y avait que Molly qui était présente et cette dernière s'inquiétait pour Ron. Il avait refusé de passer noël en famille alors que sa sœur avait décidé de revenir de son côté. L'arrivé des jeunes permit de remettre un peu de bonne humeur dans le manoir des Blacks. Ayla alla directement voir sa sœur pendant que Sirius proposa d'organiser un grand repas pour fêter la fin des cours.

Cette idée fut approuvée et tous se mirent à la tâche. Ils décidèrent pour s'amuser de faire la cuisine sans magie. Hermione qui avait une éducation moldu fut chargée de superviser les différentes tâches mais ce fut rapidement laborieux. Sirius, qui se chargeait des légumes, se coupait tant de fois qu'il passait plus son temps à refermer ses plaies d'un coup de baguette, qu'à émincer les légumes. Max, effrayé par la tâche préféra se charger de prévenir les invités du repas. Molly se charge de faire cuire la viande mais elle n'arrivait pas à faire craquer une allumette assez longtemps pour allumer le gaz. Hermione fit une grosse partie du travail et ils réussirent finalement à être dans les temps et à proposer un menu relativement diversifié et appétissant.

Ayla et Max mirent la table, toujours sur la supervision de Hermione. Les invités arrivèrent une demie heure plus tard quand tout fut prêt et ils se mirent à table. Hermione était fière du travail accompli et arborait un sourire rayonnant à chaque compliment qu'elle recevait. La plupart des membres de l'ordre furent étonnés de savoir que leur repas, apparemment à leur goût, avait été fait « à la moldu ». Sirius, amusé, se leva pour porter un toast.

- A Hermione qui nous a appris de nombreuses choses aujourd'hui et à qui on doit ce succulent repas. Puisse tu nous…

Il s'arrêta en plus milieu de la phrase, les yeux figés et laissant tombé sa coupe sur le sol. Les convives regardèrent Sirius, surpris puis se tournèrent quasiment simultanément vers la porte de la cuisine qui se trouvait en face de lui. La plupart d'entre eux poussèrent des exclamations de surprise mais d'autres restèrent dans le plus grand silence pour savoir s'ils étaient victimes d'une hallucination. Harry, vêtu d'une cape noir, venait d'apparaître sur le seuil de la porte et fixait la table sans orienter son regard vers une personne en particulier.

- Ha... Harry ? bredouilla Sirius.

Remus et Tonks entreprirent un mouvement pour se lever et mais les Ombres les devancèrent. Ils s'apprêtèrent à se précipiter vers lui quand il fit un geste de la main pour les arrêter en les fixant intensément.

- Excusez moi de perturber votre repas, je ne serais pas long. Je voudrais vous parler chacun votre tour à tour de rôle en privée, déclara t'il finalement.
- Mais…
- Sirius, Remus, Tonks, je vous parlerais après. Ayla ? si tu veux bien me suivre ? demanda t'il en se retournant.

Hésitante devant l'attitude peu enthousiaste dont il faisait preuve pour leur retrouvaille, elle finit par se décider et passa devant lui pour se diriger vers le hall.. Il suivit son pas finalement, même si la situation ne lui plaisait pas du tout. Il pénétra dans la salle d'entraînement situé à côté du hall d'entrée et attendit qu'elle franchisse le seuil avant de refermer la porte derrière elle. Il se retourna vers elle et sans prévenir, elle lui agrippa le cou et se mit à pleurer dans ses bras. Il la serra brièvement et la repoussa doucement avant d'aller s'asseoir sur la table de la salle.

- J'ai cru encore que je rêvais je voulais m'assurer que…
- Je suis désolé, mais ça me sera plus facile si tu me laisses parler. Je préfère être totalement franc avec toi, je ne reviens pas parmi vous. En fait c'est plutôt le contraire, je viens vous faire mes adieux. Je ne m'étendrais pas sur mes raisons, ça ne regarde que moi mais c'est une décision que j'ai prise seul et elle est bien réfléchie. Tu m'as ramené et je t'en remercie mais nos chemins vont maintenant se séparer. Je ne suis plus une Ombre, plus un Serpentard et plus ton ami. Je ne suis qu'un souvenir. Will Alwin réapparaîtra pour disputer les dernières épreuves des CRIMES car j'ai fais une promesse que je dois tenir. Ne dis pas aux autres que lui et moi ne faisons qu'un, ça facilitera les choses…

Il dut faire le plus grand effort pour continuer car Ayla était en larmes et lui jetait un regard implorant. Le poids qu'il ressentit sur son cœur était insupportable mais il devait rien ne laisser paraître.

- … Je ne m'éterniserais pas plus longtemps. Je dois encore parler aux autres donc…
- Alors c'est tout… tu…tu reviens juste pour dire que tu t'en vas. Harry tu ne peux imaginer le vide que tu as laissé ces derniers mois. On n'a pas cessé de te chercher, pas cessé de t'aimer. Harry qu'est ce qui s'est passé pour que tu prennes cette décision ?
- Je suis las de ces combats, las des responsabilité et par-dessus tout las de vous. Vous êtes qu'un fardeau pour moi et j'ai décidé d'y remédier. Je ne veux plus vous revoir.

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il reçut une grosse gifle de sa part. Elle le regarda avec un mélange de détresse et de dégoût puis sortie de la salle en courant. Elle ne se dirigea pas vers la cuisine mais vers les étages.

- J'ai jamais fais quelque chose d'aussi dur de toute ma vie, murmura t'il pour lui-même, les larmes aux yeux avant de se diriger de nouveau vers la cuisine.
- Hermione ? l'appela t'il une fois au seuil.

Il ne préféra regarder personne et fit immédiatement demi tour. Il resta le dos tourné quand elle arriva, Il ferma la porte derrière elle sans lui adresser le moindre regard.

- Harry, je…
- Non ne commence pas, soupira t'il avant de se retourner.

Il eut une profonde hésitation sur ce qu'il allait faire, il n'était pas trop tard pour faire demi tour, il pourrait s'excuser auprès d'Ayla.

- Meurs pour elle, résonna une voix dans sa tête qui le remit sur le chemin à prendre.
- Je suis désolé de vous faire croire à des retrouvailles alors que ce sont des adieux. Je ne pouvais pas me permettre de vous l'écrire donc je me suis décidé à venir. Comme je le disais à Ayla, je n'ai pas à vous expliquer mes raisons, tu dois juste savoir que ma décision n'est pas prise sur un coup de tête. Je pars c'est tout. Je suis las des batailles et des morts, je vais donc partir sur une île déserte et finir mes jours avec pour seule préoccupation, de savoir si je vais me manger une noix de coco ou une banane. Je dis adieux au monde magique, adieux à cette vie de merde. Tout est terminé. J'ajouterais juste une chose en ce qui te concerne, c'est un conseil. Oublies tes sentiments pour moi, il faut que tu saches que ton amour n'est pas réciproque. En fait, il ne l'a jamais été. J'ai l'ai cru mais personnellement je n'ai jamais dépassé le stade amical. Je ne t'aime pas Hermione. Tu ferais mieux de…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il se prit une seconde gifle sur la même joue. Si Ayla avait été peinée, Hermione était littéralement effondrée. Elle était d'une pâleur extrême, les yeux ruisselants de larmes et était prise de tremblement convulsif.

- Tu es horrible, oser me dire ça en face alors que j'ai passé tous ces mois à te chercher, à espérer ton retour, a prié même. Tu nous abandonnes au moment où on a le plus besoin de toi parce que monsieur a décidé de faire sa crise existentielle et a est devenu égoïste. Le Harry Potter que je connais…
- Pas si bien que ça apparemment. Un an en ma compagnie et vous pensiez me connaître, c'est… pathétique.
- Si tu penses vraiment ce que tu dis alors pars et ne reviens jamais. On n'a pas besoin d'un lâche à nos côtés. Quand à moi, je l'avoue je suis la reine des connes d'avoir put aimer quelqu'un comme toi. Tu me dégoûtes, cria t'elle hors d'elle.
- Adieu, murmura t'il en ouvrant la porte.

Elle partie au bout de quelques secondes qui parurent pour Harry un vrai supplice, il fit des efforts héroïques pour ne pas céder à la tentation d'aller la réconforter. Quand elle fut enfin sortie il referma la porte derrière elle et s'écroula au sol.

- Tu sais que c'est pour leur bien Harry, déclara Morgane en apparaissant.
- Lorsque vous avez parlé de mourir pour elle, vous ne pouvez pas savoir à quel point vous aviez raison, fit il en laissant perler des larmes sur ses joues. Vous vous rendez compte de ce que vous me poussez à faire. Me faire haïr par les gens que j'aime. Leur faire comprendre que leur vie m'est indifférent pas alors que ma seule raison de vivre c'est eux.
- J'en suis consciente. Tu peux me détester Harry, tu peux me haïr plus que Voldemort. Je préfère que ça soit sur moi que tu déverses ta haine que sur toi-même dans quelques années lorsque tu viendras te recueillir sur leurs tombes.

A ces mots Harry se releva et sécha ses larmes. Il regarda le sol quelques instants puis fixa Morgane dans les yeux avant de sortir de la salle pour appeler Max. Ce dernier lui jeta un regard méfiant en ne voyant pas les filles regagner la table et lui suivit finalement en s'attendant à trouver Ayla et Hermione dans la salle. Quand il vit qu'il s'était trompé, il se retourna vers Harry et le fixa avec froideur.

- Où sont elles ? Qu'est ce que tu leurs a dis ?
- Elles n'ont apparemment pas apprécié ce que je leur ai dit. Je vais donc te faire un résumé pour que tu puisses les rejoindre.
- Vas y, répondit il d'une voix agressive.
- Je m'en vais. On ne se reverra plus, je pars définitivement. Je sais que tu ne me demanderas pas les raisons car tu me détestais déjà avant que je fasse mon apparition. Tu montres toujours tes sentiments après tous les entraînements qu'on a fait, je te croyais vraiment bien meilleur que ça, enfin passons, ça n'a plus d'importance. Je venais seulement régler certaines choses et dire ce qui doit être dit. Je ne te ferais pas de discours émouvant sur notre amitié car après tout on ne se connaît que depuis deux ans. Ca m'a divertis de vous avoir près de moi mais les choses sont différentes maintenant.

C'est à ce moment qu'il se prit une droite très dur qui le fit tombé à terre. Il se releva doucement en mettant sa main sur sa bouche et s'aperçu qu'il saignait ce qui le fit sourire.

- Je n'en dirais donc pas plus, on sait tous les deux que ça ne sera pas nécessaire, déclara Harry en lui montrant la porte.

Max se dirigea vers la porte d'un pas furieux mais quand il se saisit de la clenche, Harry l'interrompit.

- Dis lui. Dis à Ayla ce que tu ressens. N'attends pas de la perdre pour lui avouer, fit Harry en regardant un coin sur le mur pour affronter le regard de son ancien ami. Maintenant que je ne suis plus un obstacle pour toi, affirme toi et bouge toi le cul pour être celui qui les protégera. Tu es plus fort qu'Ayla, je le sais, je le sens. Tu es toujours resté dans l'ombre à laisser les personnalités plus fortes que la tienne prendre le dessus par complaisance. Il est temps de te bouger, tu auras probablement une vie très courte, tout comme les autres d'ailleurs, alors assume tes choix comme je le fais actuellement, ajouta t'il avant de laisser quelques secondes de blancs très pesantes.C'est tout tu peux dégager maintenant.

Il se retourna vers Max qui le regarda avec une expression sur le visage qui conjuguait l'étonnement avec la colère. Il sortit finalement de la pièce laissant Harry tout seul. Ce dernier pointa la baguette de Léa sur sa lèvre ouverte et là guérit finalement. Il soupira et retourna dans la cuisine ou un silence pesant régnait. Neville se dirigea vers lui à son tour et Harry se sentit faiblir à ce moment là. Neville les avait rejoint après un certain temps. Il s'était affirmé dans le groupe jusqu'à avoir sa place. Il avait sans doute fait plus d'effort que les autres pour être au niveau mais il restait la personne la plus fragile du groupe.

- Monte à l'étage, Max te racontera, murmura t'il sous les yeux surpris de Neville, qui docile, acquiesça et prit le chemin de l'escalier.
- Sirius, Remus, Tonks, s'il vous plait, déclara t'il en faisant un mouvement de la tête.

A voir leurs expressions graves, ils devaient déjà savoir ce qu'il s'apprêtait à leur dire. Il n'avait jamais vraiment été en phase avec les adultes mais les trois personnes qui s'apprêtaient à rentrer dans la pièce avaient toujours été sa famille pour lui. Ils rentèrent dans la pièce et Harry franchit la porte le dernier et la ferma.

- Tu t'en vas c'est ça ? fit Sirius d'une voix dur que l'on entendait peu.

Harry acquiesça de la tête et les fixa tour à tour.

- Je ne reviendrais pas. Ne me posez aucune question c'est mon choix respectez le. Je fais ce qui doit être fait. J'en ai marre de ces combats, marre de ses morts, marre de cette putain de pression qui me ronge depuis seize ans. Si la communauté des sorciers veut un élu, qu'elle s'en trouve un autre, moi, j'ai assez donné. Je vais maintenant me retirer loin des combats et de cette vie et être en paix. Sirius je te remercie pour l'éducation que j'ai reçu, tu as remplacé mon père du mieux possible. Tonks et Remus, j'ai quelque chose à vous dire maintenant que vous êtes ensemble
- Comment as-tu su ? demanda Remus, mal à l'aise
- Je suis intelligent, maintenant je veux que vous sachiez que vous êtes tous les trois admis à résider au manoir Potter. C'est ce que mes parents auraient voulus si leur fils venait à mourir, c'est à vous qu'il revient.
- Harry tu n'es pas…, rétorqua Lupin
- Je ne reviendrais plus jamais ici et on ne se reverra pas donc c'est comme si. Il est temps que j'y aille j'étais juste venu régler ça. Ca serait beaucoup mieux que vous ne tentiez pas de me chercher pour me convaincre de revenir sur ma décision. Cela écourterait votre vie de manière dramatique. Tenez je vous laisse leur remettre dans quelques temps, je n'en aurais plus besoin. Ils peuvent le brûler ou en faire ce qu'ils veulent ça m'est égale.

Il leur tendit un livre épais apparemment vieillit par le temps mais qui était tout de même bien entretenu.

- C'est le grimoire des Potter, j'en ai écris plusieurs pages moi-même. Il y aura peut être des choses qui vous intéresseront mais ce n'est plus mon problème désormais.
- Harry tu… commença Sirius.
- Adieu, finit il en faisant un geste de la main avant de partir dans un éclair de flamme.

Un silence s'installa entre les trois adultes avant que Remus, dépité ne prenne la parole.

- Alors il abandonne, murmura t'il
- Non je ne pense pas, répondit Sirius avec un petit sourire énigmatique.


Note de l'auteur : Après ce chapitre je sens que beaucoup d'entre vous voudront me tuer mais rappellez vous que c'est l'idée de Morgane lol. Le prochain chapitre est pour vendredi prochain bonne lecture. Ciao tout le monde.