Je suis dans le hall d'embarquement, tournant sans cesse, mon regard passant d'un visage à l'autre. Je suis perdu, je dois le trouver avant qu'il ne soit trop tard. Je suis bousculé de tous côtés par les voyageurs pressés. Je cherche toujours du regard la seule chose qui m'importe. Je sens des larmes dévaler en cascades mes joues encore chaudes de la course que je viens de faire à travers tout l'aéroport. Je ne veux pas, je ne peux pas accepter. Je n'ai pas couru jusqu'ici pour le rater, encore une fois. Ma vue se brouille légèrement sous les larmes, je porte ma manche à hauteur de mon visage pour essuyer rageusement mes joues. Reprenant ma recherche mon cœur bat si fort que j'entends à peine le chahut de la foule, et si je ne trouvais pas? Non, impossible, je DOIS le trouver ! Il ne peut pas partir, il ne peut pas me laisser! Il est forcement là, quelque part, mais je ne le vois pas avec tout ce monde. Une seconde l'idée d'aller prendre le micro à l'accueil pour l'appeler m'effleure l'esprit. Je suis désespéré.

Une musique se fait entendre, une annonce de vol… Je me stop. Cette fois ci, ce n'est plus mon cœur que j'entends, il semble s'être arrêté, je n'entends plus que cette voix féminine annonçant le vol que je redoute tant. La panique s'empare de moi, il va partir, je ne le verrais plus jamais. Je m'écroule là, en plein milieu de ce hall bruyant, où personne ne semble s'apercevoir de ma détresse. Les larmes dévalent mes joues sans que j'en aie réellement conscience, je suis vide. Quelques minutes passent ainsi, seul dans ma bulle, j'entends l'appel pour un autre vol. Le sien est surement déjà parti. Qu'est-ce que je suis sensé faire maintenant? Je suis obligé de me relever? Je crois que je vais rester à tout jamais dans cette salle, à genoux sur ce carrelage si froid.

Tout à coup, je sens quelqu'un m'étreindre brusquement, je ne comprend pas, quelqu'un vient de se jeter à genoux face à moi, et pleure sur mon épaule. Ce parfum… Je reconnais alors ce corps sanglotant qui est collé au mien. Je resserre l'étreinte.

« Ne pars pas je t'en supplie… »

Il s'écarte légèrement de moi, me regarde dans les yeux, il me souri, les larmes dévorant son visage.

« J'ai pas pu… »

Un sourire s'empare de mes lèvres, je repousse une mèche de ses cheveux blonds tandis qu'il entreprend d'essuyer maladroitement mes larmes. Il s'approche de mon visage, fermant les yeux il soupire mon prénom.
Et il s'empare de mes lèvres, j'oubli alors la raison de mes larmes, j'oubli la peur ressentie plus tôt, j'oubli même le bruit qui nous entoure.

Oui, j'aimerais pouvoir rester un peu plus ici, sur ce carrelage, au milieu de ce hall animé… avec lui.