Titre : Essences opposées
Disclamer : Les personnages sont de JKR
Rating : M
Paring : Drarry
Résumé : Post Poudlard. Il ne va pas bien et cherche un refuge. Il finit par le trouver. Mais qu'elle sera sa surprise en y trouvant autre chose. Bien plus qu'une simple échappatoire à sa vie sans sens.
Note : Présence de slash, donc homophobes s'abstenir.
Je ne tiens pas totalement compte du Tome 7, ne l'ayant pas encore lu (honte à moi --")


Chapitre 4 : Un saut rempli de surprises

Harry faisait les cents pas dans son salon. Depuis la visite de Draco, il ne passait pas une journée sans penser à l'Antagonis. Sa vie lui semblait encore plus fade et sans sens qu'auparavant. Au ministère, l'affaire sur le sorcier noir n'avançait pas. Toutes les pistes menaient dans des impasses, et les Aurors avaient très peu d'informations sur ce dangereux sorcier. Mais lui ne s'en préoccupait pas vraiment. Certes, il était au courant de la stagnation de l'affaire, mais il y avait bien plus urgent et important à ses yeux. Lorsqu'il était au travail, il restait des heures entières, enfermé dans son bureau à essayer d'oublier l'extase qui lui manquait tant. Et quand il étouffait trop, il se jetait sur la première occasion pour sortir, même si les informations étaient douteuses et ne mèneraient pas à la capture du criminel. De toute façon, il ne le cherchait pas.

Et quand ce n'était pas dans son bureau qu'il se morfondait, c'était chez lui, dans la bibliothèque. Ginny ne reconnaissait vraiment plus son mari devenu associable et agressif. Dès qu'il arrivait dans son appartement, Harry se ruait sur les bouteilles d'alcool et les drogues rangées soigneusement dans son buffet. Il avait besoin de ressentir ne serait-ce qu'une seconde l'extase et l'ivresse de son monde. Mais les doses communes n'avaient plus d'effet et il savait très bien que les augmenter pouvait le tuer. Seulement, il ne voulait pas en finir ainsi. Avec l'Antagonis, ce n'était pas une vraie mort. Son âme restait dans un paradis, le sien, le plus parfait à ses yeux … et ce pour l'éternité.

A diverses reprises, sa femme avait subi ses colères, toujours sans rien dire. Elle l'aimait et espérait qu'un jour, il retrouve la raison et redevienne celui dont elle était tombée amoureuse. James pleurait dès qu'il voyait son père, attendant une sentence non méritée. Pourtant, à la base Harry ne prévoyait pas de s'énerver contre lui, mais l'enfant avait tellement peur de son père qu'il se mettait à pleurer, et cela rendait Harry agressif. Quand à Albus, il ne disait rien et faisait tout pour ne pas se faire remarquer. Dès qu'il entendait les pas de son père, il arrêtait de jouer et attendait que celui-ci soit parti pour pouvoir reprendre ses jeux. Durant la semaine qui suivi la rencontre entre Draco et Harry, chez ce dernier, Hermione et Ron, les meilleurs amis du jeune homme les avaient invités à venir dîner un lundi soir. Mais Ginny avait dû refuser en prétextant sa grossesse un peu difficile, alors que c'était pour couvrir l'état de santé de son mari. Maintenant, cela faisait huit jours que Draco était passé chez Harry et ce dernier s'impatientait. Il avait reçu le matin même un hibou du blond, lui indiquant que sa potion serait prête vers 18 heures. En apprenant cela, il n'avait pas pu se rendre au travail, étant bien trop énervé pour ne pas paraître suspect aux autres. Mais l'avantage d'être chef des Aurors et Sauveur de l'humanité faisait qu'il pouvait prétexter tout et n'importe quoi pour ne pas venir au bureau sans qu'on lui pose de questions.

Il ne restait plus qu'un quart d'heure et Harry avait déjà prisé six lignes et bu une bouteille entière de rhum. L'automne commençait à arriver et un air froid s'installait le matin et le soir, en prévision de l'hiver. Son grand manteau noir sur les épaules, il hésitait entre transplaner plus tôt et attendre là-bas, ou patienter encore quinze minutes ici.

Finalement, il arriva chez Draco avant l'heure. Son corps atterrit lourdement dans le parc, entre les magnifiques oiseaux blancs, provoquant un vent de panique chez les volatiles. Il grogna et se dirigea à grandes enjambées vers le Manoir. Il avait prévu de retrouver la porte d'entrée, mais lorsqu'il aperçut Astoria dans le salon, en train de lire une histoire à son fils, il opta pour cette entrée. Sans aucune gêne, il toqua au carreau, provoquant un sursaut chez la jeune femme.

- Monsieur Potter ? S'étonna-t-elle. Qu'est-ce que vous faites ici ? Comment êtes-vous arrivé dans le jardin ?

- Où est Malfoy ? Demanda-t-il sans se soucier de ses questions. Où est-il !?

- C'est bon Potter, je suis là, pas la peine d'agresser ma femme, intervint Draco en passant la porte de la pièce. Mes alarmes anti-transplanages m'ont alerté de ton arrivée … parmi les oiseaux, tiqua-t-il. Tu ne pouvais vraiment pas attendre que je finisse. En plus je paris que tu as abîmé les fleurs, mon jardinier ne va pas être content.

- Je l'emmerde ton jardinier !! Aboya Harry. Est-ce que tu l'as ?

Astoria dévisagea le héros de tous les temps, n'en revenant pas de son vocabulaire. Elle allait pour intervenir quand son mari fit un geste de la main devant elle, lui intimant de ne pas se mêler de cette affaire. Il attrapa Harry par la manche et le tira jusque dans son laboratoire. Une fois à l'intérieur et la porte fermée, il reprit :

- Tant que t'y es, tu n'as qu'à parler de mes activités illégales au Ministère !

- Pardon ? L'interrogea le brun.

- Ne fais pas l'innocent, tu sais très bien que je prépare toutes les potions … toutes. Y compris celles interdites. Je crois même que tes sous-fifres me cherchent.

- Toi !? Tu …

Harry secoua la tête et replaça une mèche de cheveu rebelle.

- M'en branle, je veux juste ma potion.

- Elle est prête, comme prévue. Juste … tu me payes comment ?

- En nature ? Proposa-t-il ironiquement.

Mais il sortit une bourse de sa poche et la lui tendit. Draco la soupesa et hocha de la tête, preuve que c'était largement suffisant. Il se dirigea alors vers une étagère et attrapa une fiole qu'il lui tendit. A peine Harry l'avait-il remarqué que son corps n'avait qu'une idée en tête, s'abreuver de ce nectar d'extase. Il saisit l'Antagonis tout en la détaillant avec envie. Un faible remerciement franchit ses lèvres avant qu'il ne transplane chez lui. Ginny se trouvait chez sa mère avec leurs fils, pour son plus grand bonheur.

Le regard toujours rivé sur le liquide onyx, il s'assit sur son canapé et retira le bouchon. Cette fois serait la bonne. Oh oui … La potion coula dans sa gorge, comme si elle était vitale. Et il partit … aussi loin qu'il en avait envie, là où tout était magique pour lui.

Alors qu'il ouvrait les yeux, pensant trouver son soleil et sa famille devant lui, il fut surpris de constater qu'aucun des deux n'était là. Mais à la place, il vit un homme se dessiner à ses côtés. Il attendit, détaillant le corps qui apparaissait. Au fur et à mesure que les traits se précisaient, un vent de panique apparut.

Il se le reconnaissait, il en était sûr. Pris d'une colère folle, il se mit à frapper avec ses poings, alors que le jeune homme blond venait tout juste de réaliser où il se trouvait.

- Je te hais, je te hais ! Hurlait Harry. Pourquoi tu es ici ? Pourquoi ? Tu ne devais pas venir Malfoy !

Ses poings s'abattaient sans réelle force contre le torse de Draco et des larmes silencieuses coulaient le long de ses joues. Draco attrapa calmement les poignets d'Harry et l'immobilisa. Pas qu'il lui faisait mal, mais cela ne servait strictement à rien.

Harry se laissa tomber à genoux et il se prit la tête entre les mains tout en marmonnant des paroles incompréhensibles.

Ne plus savoir où il allait, où il se rendait, quel était son chemin. Cette saveur d'extase se transforma en son opposé. Comme lui était brun et l'autre blond. Mais il n'y avait pas de nom. Il avait beau chercher, seul son désarroi l'emportait dans un océan aux vagues gigantesques … eau de la couleur de ses iris.

Pourquoi se retrouver avec lui, ici, ainsi ? Le soleil ne se levait pas et les ténèbres luisaient d'une lueur terrifiante. Du paradis à l'enfer, du jour à la nuit, du chaud au froid … une chute sans fin au goût âcre.

- Ouvre les yeux.

Et il y avait cette voix familière qui lui parlait. Ton doux, chaleureux et attirant. Il finit par lui obéir.

Quelques perles salées, emprisonnées dans ses cils brouillèrent sa vue, lui donnant l'espoir que tout ça était faux. Mais l'illusion n'était qu'éphémère et il plongea son regard dans celui de Draco en une fraction de seconde. Ce dernier le fixait avec inquiétude. Il était accroupi devant lui, une main posée sur sa cuisse et le visage légèrement penché.

- ça va ? Demanda-t-il.

- Non, tu es toujours là.

Le blond se releva brusquement et posa ses mains sur ses hanches en marmonnant :

- Merci, ça fait plaisir. Sache que c'est réciproque.

Harry finit par se relever et toisa le corps devant lui avant de regarder autour de lui. Le décor avait de nouveau changé, à une exception près, le mur de sable. Sinon, pour la première fois, il faisait nuit et l'environnement était plus boisé.

- Pourquoi t'es là ? Questionna-t-il sèchement.

- J'aimerais bien le savoir. J'étais tranquillement dans mon laboratoire, réfléchissant à une potion pour demain, quand je me suis retrouvé ici … avec toi.

- Tu n'as … rien pris ? S'étonna-t-il.

- Rien. C'est comme si lorsque tu avais plongé avec l'Antagonis, j'ai été forcé de te rejoindre.

- Tu veux dire qu'on est lié ?

- J'en ai bien peur.

Harry secoua fortement la tête.

- Non, non. Je veux pas. Je veux pas. Tu as dû te tromper quelque part. C'est obligé.

- Tu sais très bien que non, Potter. La couleur, la consistance et l'odeur étaient parfaites. C'est … autre chose.

- Non ! Cria Harry. C'était censé me libérer de ma vie de merde. Je devais pas me coltiner un aristo de première coincé.

- Merci pour l'image, répliqua Draco.

- De rien, c'est gratuit.

Un long silence s'installa entre les deux jeunes hommes. Rien ne se passait comme prévu. Draco pensait que se serait la dernière fois, et qu'il ne reverrait plus jamais Harry. Quand à ce dernier, il avait prié pour ne plus jamais avoir à retourner dans le monde des vivants.

- Dis.

- Oui ?

- Est-ce que … l'enstase pourrait être l'origine de notre problème, osa demander Draco.

Aussitôt, Harry lui lança un regard noir, lui faisant regretter ses dires.

- ça, ça ! Tu n'as que ce mot à la bouche. Tu veux pas la laisser tranquille, bordel. Tu veux pas me laisser tranquille d'ailleurs. Toujours à me faire chier depuis des années. Toujours ! T'es pire que la merde Malfoy ! T'essayer, c'est t'adopter, c'est ça ? Mais moi je m'en branle de toi. Alors lâche-moi et laisse-moi crever en paix. C'est trop te demander !? S'énerva-t-il.

Draco le regarda s'exciter tout seul, sans comprendre le sens réel de sa colère. Il n'était pour rien en ce qui leur arrivait.

- Pardon ? Répliqua le blond. Parce que tu crois que je suis enchanté de me retrouver ici avec toi ? Point du tout. J'espérais bien que cette fois serait la dernière et que je n'entendrais plus jamais parler de toi. Mais c'est peine perdue.

- Tu as dû faire une erreur la première fois et maintenant on se retrouve bloqué !

- Je te l'ai dit, non. Aucune erreur.

- Alors pourquoi on se retrouve ici ensemble !! Cria Harry en le poussant.

- Ce n'est pas la peine de me frapper Potter. Cela n'arrangea rien. Quelle idée aussi de me demander de réaliser une potion dont on ne connaît rien, sauf son nom.

- T'avais qu'à pas la faire !

- Pardon d'être un maître potionniste qui réalise toutes les potions, toutes !

Une réelle tension était palpable entre eux. Ils n'arrêtaient pas de rejeter la faute sur l'autre, alors qu'en réalité, ce n'était aucun des deux. Mais il leur fallait un bouc émissaire; c'était plus simple ainsi, surtout avec le manque d'informations explicatives. Harry se jeta brusquement sur lui, le frappant violemment au visage. Son seul exutoire se trouvait en face de lui et il en profitait au maximum. Il avait mal aux poings n'étant pas habitué à frapper aussi fort. Il criait sa rage, son désespoir, mais aussi ses peurs, ses faiblesses et ses peines. Juste besoin que tout cela sorte, d'évacuer tout ce qu'il contenait depuis des années. Et il explosa. Le corps sous lui tentait de se défendre, en vain. La rage qui animait Harry était bien trop violente aux yeux de Draco pour y faire face. Il subissait, attendant qu'il se calme, se protégeant du mieux qu'il pouvait. Pourtant, il savait qu'à son réveil il n'en garderait aucune trace, mais l'instinct humain était fait ainsi.

Les minutes s'écoulèrent à une vitesse folle et Harry n'avait toujours pas cessé ses coups. Ceux-ci étaient plus faibles, sans aucune force même, mais Draco ne le repoussait pas. Il ne pouvait pas se résoudre à le rejeter, comme tous les autres l'avaient fait. Après tout, lui aussi gardait un secret inavoué et il savait très bien à quel point cela pouvait être dur.

Un peu comme une poésie que l'on veut réciter mais dont les mots nous échappe. A tel point que cela en devenait souffrances et douleurs certains jours. Il voulait parfois le crier, le hurler, mais il ne pouvait pas. Il n'en avait pas le droit. Puni par les principes de sa famille, ceux de la noblesse, alors il se taisait et oubliait. Durant une année entière il avait réussi à le faire. Une année où son nom avait eu un semblant de renouveau. Mais tout s'étiole, rien n'est acquis et tout c'était à nouveau écroulé. Une année, la première avec sa femme, la première après des années d'absence dans son pays.

En rentrant un an et demi plus tôt, des connaissances plein la tête, il avait rencontré Astoria. Elle était belle, jeune, issue d'une riche famille de sang-purs, l'épouse idéale. Petit à petit, des liens s'étaient créés, jusqu'à ce qu'il la demande en mariage et qu'elle accepte. Cela avait été une magnifique union qui avait fait parler d'elle. Il n'avait fait qu'une seule fois l'amour, lors de leur nuit de noce, celle où leur fils avait été conçu. Après ça, il n'avait plus réussi à avoir envie d'elle. Pourtant il n'était plus comme avant, il avait changé … en surface …

Parce que tout ça n'était que mensonges. De fausses paillettes, de faux sourires, de faux mots, mais qui respiraient la vérité. Il y croyait lui aussi d'ailleurs. Comme tous les autres il avait été dupé une année entière ainsi. Un rêve rempli de merveilles. Et, brusquement, la normale et la vraie vérité avaient refait leur apparition.

Draco avait passé des années à essayer de fabriquer une potion qui pourrait lui faire oublier son secret malsain. Beaucoup de ratés, et une réussite. Il pensait que cela durerait pour toujours. La potion faisait effet, il était heureux, un vrai homme. C'est ainsi que sa première année de mariage avait vécu, sous la couleur d'une potion remplie de faux-semblants. Un liquide vert, au goût horrible, mais à l'incroyable génie. Sauf qu'il n'avait pas prévu que son corps s'y habituerait, telle une drogue. Les mois passaient et les doses augmentaient, jusqu'à ce qu'elles ne fassent plus effet … jusqu'à ce que tout redevienne normal.

Son secret le hantait à nouveau, le rendant malade. L'isolement était redevenu son seul ami. Un lieu sombre, dénudé d'âme, sans personne, un laboratoire uniquement pour lui, pour sa passion.

Jusqu'à ce qu'il arrive … Harry.

Le brun était couché sur le corps de Draco et ne bougeait plus. Il marmonnait des paroles incompréhensibles. Ils sentaient que la fin était proche.

- Dis le Potter, dis ton mot. Tu ne retourneras pas là-bas.

- C'est aussi un enfer sans eux. Je ne partirais pas sans eux, marmonna Harry en serrant la veste de Draco.

Ce dernier repoussa doucement le brun et se releva, suivi par Harry. Son poignet était emprisonné dans par une main halée qui ne semblait pas vouloir le lâcher.

- Il m'en r'faudra Malfoy.

- Non, murmura Draco. Oublie-moi, s'il te plait oublie-moi, parce que moi j'en suis incapable, prononça-t-il avant de disparaître, suivi par Harry.

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Lorsque Draco ouvrit les yeux, la nuit était tombée et la lune brillait en maître dans le ciel noir. Il essuya d'un revers de main les gouttes de sueurs sur son front et soupira. Aussitôt, les images de ce qui venait de se passer emplirent son esprit.

Pourquoi tout cela se passait ainsi ?

Rien n'avait plus de sens. Depuis la fin de leur scolarité, ils n'avaient plus eu un seul contact. Draco partant loin du monde et Harry continuant de vivre avec ses amis et sa famille d'adoption, les Weasley. Et même lorsqu'il était revenu en Angleterre, aucun des deux jeunes hommes ne s'était rencontré. Des années à vivre loin de l'autre, tout en continuant à en apprendre des brides de leur vie, via les journaux.

Tout ça jusqu'à ce qu'une potion les réunisse et finisse par les lier.

Brusquement, Draco se leva et sortit dans son jardin. Il avait besoin de réfléchir à l'air libre. Instinctivement, ses pas le menèrent vers la fontaine près des paons. Elle l'avait toujours attiré, majestueuse et remplie d'une sérénité inimaginable. Il avait l'impression de pouvoir s'envoler avec l'animal, de voler avec lui et de toucher les étoiles de la nuit. Tant de fois à rêver de ce moment, tant de fois son esprit bercé par des illusions. Sauf que la vie était tout autre.

Sa main droite plongea dans l'eau cristalline, fraîche et il trembla. Ne pouvait-il pas ressentir la chaleur au moins une fois ? Pourtant il savait où la trouver, mais cela lui était interdit. Honte à son rang, honte à son sang, cela n'était autorisé que pour les gens du commun, pas les nobles. Et son nom était la seule chose qui lui restait. Le renier était impossible pour lui.

Parfois il regrettait d'être né ainsi, dans cette famille. Parce qu'il n'avait jamais été heureux. Le nom des Malfoy avait été sali, souillé, et la reconstruction était bien plus pénible qu'il n'y paraissait. Ce nom ne lui avait apporté que malheur, mais il était la dernière trace de son identité. Et un homme sans cette dernière n'est rien.

- Pardon d'être celui que je suis, marmonna-t-il en regardant les points brillants au-dessus de lui.

Il lui arrivait parfois de s'adresser à cette personne qui le hantait, son secret … Mais jamais il ne l'aurait fait en face. Souffrance continuelle, peine de l'âme, corps meurtri et abandonné, il se laissait mourir tout en se raccrochant à la vie. Parce que tant qu'il y a de l'espoir, il y a de la vie … et l'espoir était son dernier ancrage à la vie.

Après avoir fait le tour de la fontaine, il posa sa main à plat sur la queue du dragon qui se mit brusquement à bouger. Une dalle sur le rebord se déplaça, laissant apparaître une petite cavité. Une fiole blanche attendait sagement son propriétaire. Un peu hésitant, Draco l'attrapa délicatement et referma sa cachette secrète. Puis il s'adossa contre le mur froid et gris pâle. La bouteille brillait à la lumière de la blancheur céleste, telle une pierre précieuse.

- Dis-moi que je vais l'oublier. Dis-moi que je peux encore espérer ne plus penser à lui de cette manière.

Il retira le bouchon et bu d'une traite la potion verte. Un haut le cœur le prit et il crut qu'il allait vomir. Mais son estomac ne rejeta aucune substance en fin de compte. Les secondes s'écoulèrent et Draco attendait de voir une amélioration … en vain. Sa dernière dose n'avait pas fonctionné, la potion qu'il avait inventée était un échec.

De rage, il jeta le flacon au loin tout en hurlant son désespoir. Il ne lui restait plus que l'espoir. L'espoir que tout redevienne comme avant. Belle illusion futile, il le savait très bien.

Sa respiration redevint calme et il releva la tête vers le ciel.

- Ne reviens pas s'il te plait. Je ne pourrais pas supporter cette situation infiniment, s'adressa-t-il à la personne maîtresse de son secret.

Il resta la nuit entière à cet endroit, sans bouger, inspirant juste l'air pur et frais de l'extérieur. Ce n'est que lorsque les premiers rayons su soleil apparurent à ses pieds qu'il daigna enfin se lever et retourner dans son Manoir. Et lorsqu'il passa dans l'entrée, il fut à peine surpris de voir arriver un hibou vers la volière. Il connaissait l'émetteur et n'avait pas envie d'avoir de ses nouvelles pour l'instant. Il aspirait juste à un lit et un sommeil bien mérité.

Il monta dans sa salle de bain et pris une bonne douche chaude pour détendre ses muscles. Il y resta bien une bonne heure, savourant l'eau qui glissait sur sa peau blanche. Alors qu'il passait par le couloir qui menait à sa chambre, il croisa sa femme, déjà coiffée et habillée.

- Bonjour Draco. Tu as une lettre qui vient d'arriver. Il y a une note qui indique que c'est urgent, lui dit-elle en lui tendant l'enveloppe.

Il reconnut l'écriture d'Harry, confirmant son idée sur le propriétaire du hibou. Voyant qu'Astoria attendait qu'il la prenne, il l'attrapa et détailla les lettres sur le papier.

- Tu ne l'ouvres pas ? S'étonna la jeune femme.

- Je sais de quoi ça parle, pas la peine.

Astoria hausa les épaules et reprit :

- Je vais sur le chemin de Traverse avec Scorpius, voudras-tu venir avec nous ? Cela fait un moment que nous n'avons pas fait de sortie en famille.

- Non, marmonna-t-il en s'éloignant déjà. Je vais me coucher, je suis fatigué.

Et il disparut derrière la porte de sa chambre … enfin seul.

Son regard se porta sur la lettre d'Harry et il la jeta négligemment sur le bureau. Il savait déjà ce qu'il lui demandait, et il n'avait pas le cœur à lire l'écriture tremblante du brun. D'un pas traînant, il se dirigea vers son lit aux draps de soie grise et se laissa tomber lourdement sur le matelas. Ses yeux se fermaient déjà tout seul alors qu'il se glissait sous les draps. Une dernière pensée l'envahit, toujours la même, avant de plonger dans le sommeil.

Il chuchota comme une prière divine :

- Pardon de t'aimer comme cela m'est interdit Harry.

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De son côté, Harry savait que Draco avait reçu son courrier, mais ne l'avait pas ouvert, cela grâce à un sort. Il fulminait, pestant contre les blonds peroxydés. Si Ginny ne lui avait pas annoncé qu'ils se rendaient chez sa mère pour un repas familial obligé, il serait allé trouver Draco sur le champ. Mais pour l'instant, il devait d'abord prendre une bonne douche et essayer de se calmer pour paraître bien aux yeux de tous, comme il le faisait perpétuellement.

Il refusait que le monde le voie dans sa déchéance. Seuls Ginny et Draco savait la vérité. L'une parce qu'il était forcé, vivant avec, et l'autre … il l'ignorait. Avec lui, il n'avait pas pu se retenir, se cacher derrière son masque parfait. Ce dernier avait éclaté dès le premier regard un peu trop brillant à son goût. Un regard trop gris, posé trop longtemps sur lui … un regard qu'il n'arrivait plus à oublier. Le même qu'à Poudlard, avant qu'ils ne prennent des chemins différents. Et plus il y pensait, plus il l'intriguait. Il y avait quelque chose de dérangeant dans ses iris, une lueur frissonnante qu'il n'aimait pas. Et c'est alors qu'il repensa aux derniers mots avant qu'il ne disparaisse de son monde.

Pourquoi l'oublier ?

- Harry, je ne trouve plus mon collier avec l'émeraude, tu ne sais pas où il est !? Cria Ginny de la salle de bain.

- Mets plutôt celui que tu portais pour notre mariage.

- Je croyais que tu ne l'aimais pas. Tu le trouvais trop … pâle. Trop gris.

- Ginny …

- D'accord je le mets, commença-t-elle à paniquer.

Il est vrai qu'Harry s'était levé avec un étrange sourire sur ses lèvres ce matin là, mais elle n'était jamais à l'abris d'une colère et elle préférait les éviter.

Son mari la rejoint dans la pièce carrelée et se colla à son dos.

- Le maquillage ne le cache pas assez, marmonna-t-il dans son cou.

D'un mouvement de main, les quelques traces de sa violence disparurent. La future maman frissonna et ferma les yeux pour ne pas penser aux crises de son époux. Ce n'était pas le moment de fondre en larmes.

- Les garçons sont prêts ? Demanda-t-il en l'embrassant sur la joue.

- Oui.

- Bien. Je vais dans la bibliothèque et on part dans un quart d'heure.

- D'accord.

Harry s'éloigna d'elle et alla en vitesse fumer un joint pour se détendre un peu. Il ne pouvait pas s'autoriser plus sous peine que sa famille découvre tout, surtout avec Hermione et sans sixième sens. Ses pensées dérivèrent sur Draco alors qu'il aspirait la fumée à grande bouffée. Il lui tardait d'aller le voir pour qu'ils s'expliquent en tête à tête. Et surtout qu'il lui donne de l'Antagonis et règle son problème. Il allait lui pourrir la vie jusqu'à sa mort.


C'est bien ou pas ce revirement de situation ?

On en apprend plus sur Draco, mais vous avez compris quoi ?

Prochain chapitre : Tous les moyens sont bons