Titre : Essences opposées
Disclamer : Les personnages sont de JKR
Rating : M
Paring : Drarry
Résumé : Post Poudlard. Il ne va pas bien et cherche un refuge. Il finit par le trouver. Mais qu'elle sera sa surprise en y trouvant autre chose. Bien plus qu'une simple échappatoire à sa vie sans sens.
Note : Présence de slash, donc homophobes s'abstenir.
Je ne tiens pas totalement compte du Tome 7, ne l'ayant pas encore lu (honte à moi --")
Chapitre 5 : Tous les moyens sont bons
Une semaine …
Une semaine depuis la dernière fois. Et Harry se sentait à bout.
Une personne frappa à la porte de son bureau et une tête brune passa par l'entrebâillement.
- Chef ? Appela le jeune homme.
Harry releva la tête et grimaça. Il fronça les sourcils, intimant silencieusement à l'Auror de se dépêcher et d'avoir une bonne excuse pour le déranger.
- Eh bien … on a une piste sur le sorcier pratiquant de la magie noire. Dermon doit partir sur le terrain, voir cet informateur. Mais … il pense que c'est une fausse piste.
Brusquement, le chef de la section des Aurors se leva et passa la porte, faisant reculer et trembler le nouveau venu. Il se dirigea vers le bureau de son collègue et y pénétra sans frapper, en criant :
- Dermon, je veux du concret, pas de l'hypothèse hypothétique !!
L'homme, qui était en train de se préparer, sursauta en se retournant violemment.
- Potter ? S'étonna-t-il. Je pars en mission là.
- Je sais, mais apparemment, tu penses à une fausse piste.
- C'est vrai … mais on doit tout explorer non ?
- Depuis le début on a que ça !! S'énerva-t-il. A croire que je bosse avec une bande d'incapable !! Hurla-t-il pour que les autres Aurors l'entendent. J'en ai raz le cul de votre incompétence. Je vais aller voir ta source et je verrais. Mais je veux que tu bosses sur du concret et pas que tu perdes ton temps à interroger des idiots qui se croient plus malins les uns que les autres.
Abasourdi par la réaction de son supérieur, Dermon acquiesça et reposa son manteau sur sa chaise. Il indiqua le lieu et l'heure du rendez-vous avant de replonger le nez dans des comptes-rendus.
Harry savait que son intervention n'était pas justifiée, mais il avait besoin de sortir. Et cela était la seule excuse valable. Il referma son long manteau noir autour de son corps tremblant et sortit pour affronter le froid. Novembre n'allait pas tarder à arriver, et un froid terrifiant s'installait dans les rues de Londres. A peine fut-il dehors, qu'il regretta de ne pas voir pensé à boire un verre de vodka avant de partir, le dernier datant d'un quart d'heure. Il joint ses deux mains sous son menton et souffla en leur creux. Sans plus attendre, il transplana dans l'Allée des Embrumes, là où sa soi-disant source l'attendait. Les rues sombres l'entouraient, étouffant le peu d'espace vital qu'avait chaque personne. Ça puait la magie noire et le crime à plein nez. Pourtant, c'est avec une facilité déconcertante qu'Harry se repéra sans problème. Il connaissait les lieux comme sa poche. Pas en raison de son travail, mais plus en raison de son errance. De nombreuses fois il avait trouvé une potion salvatrice pour quelques heures, mais son corps et sa magie s'y habituaient immédiatement et elle ne faisait plus jamais d'effet. Seules les drogues Moldues lui permettait de retrouver une extase enivrante … enfin jusqu'à la découverte de l'Antagonis. Peut-être qu'avec un peu de chance, il trouverait une nouvelle potion qui le ferait se sentir mieux l'espace d'un instant.
Ses pas étaient rapides, brefs et secs, martelant les pavés noirs. La tête baissée, il ne regardait pas ce qui se passait autour de lui. Trop peur d'être reconnu, ou d'être attiré plutôt. Il ignorait tout autour de lui, tant et si bien, qu'il bouscula une personne et manqua de tomber à la renverse.
- Par … don, s'excusa-t-il rapidement, sans relever la tête.
- Non, c'est moi qui ne regardais pas où j'allais.
Aussitôt, il releva la tête, reconnaissant le propriétaire de la voix.
- Malfoy ?
- Potter ?
Les deux jeunes hommes se dévisagèrentun instant, avant que Draco ne détourne le visage.
- Qu'est-ce que tu fais là Malfoy ?
- Besoin de sang de licorne pour une potion, marmonna le blond.
- Tu sais que c'est illégal. En parlant de potion …
- Non Potter, le coupa Draco. Je ne veux plus avoir affaire à toi. N'oublies pas que la dernière fois je me suis retrouvé avec toi là-bas, j'ai pas envie d'y retourner.
- Et moi j'ai pas envie de t'y revoir ! Lui cracha Harry. Mais j'en ai besoin. Alors ?
- Je refuse ! En plus je n'ai pas le temps de t'en faire. J'ai une commande importante.
- Celle avec le sang de licorne.
- Oui.
- Tu sais que tu donnes vraiment du fil à retordre à mon équipe, reprit le brun d'un ton moqueur. Je dois justement aller voir un informateur là. Enfin, dans une demi-heure, pas loin d'ici.
Un rire grave sortit de la gorge de Draco. Harry ne comprenait pas ce qui se passait.
- Je peux savoir pourquoi j'ai l'impression que tu te fous de ma gueule ?
- C'est … c'est … c'est moi. C'est moi que tu dois voir !
Harry écarquilla les yeux et plaqua violemment Draco contre un mur.
- Ta gueule Malfoy, je ne suis pas d'humeur à écouter tes blagues stupides.
- Je te jure. Je voulais me rendre, murmura le blond en baissant la tête.
- Pourquoi ? Questionna Harry, surpris, en le relâchant.
Le blond se massa la gorge et reprit d'une petite voix :
- Parce que je sais que tu continueras à me demander de l'Antagonis et que je ne veux plus avoir affaire à cette potion. Je préfère encore être en prison.
- Tu es con Malfoy.
- Peut-être.
Un silence s'installa entre les deux hommes, silence gênant pour l'un mais pas pour l'autre. Harry ne pensait plus qu'à l'Antagonis à son extase. Son corps commençait à trembler et il ressentit ce besoin urgent de goûter au liquide onyx. Il tentait de lutter, calmant sa respiration et évitant de penser à son Paradis … mais c'était plus fort que lui. Depuis qu'il avait croisé le regard gris de Draco, le manque s'était fait virulent, urgent.
Sans s'en rendre compte, il attrapa la main de Draco et transplana directement à son Manoir. N'étant pas préparé, Draco se ramassa lamentablement sur le tapis de son entrée. Il mit quelques secondes à réaliser où il se trouvait, puis se redressa rapidement, reprenant toute sa prestance.
Harry le détaillait de haut en bas, serrant son poing contre sa hanche. Il reniflait et n'arrêtait pas de se frotter le nez. Ses pupilles se dilataient rapidement alors qu'un petit sourire en coin naissait sur ses lèvres.
Draco, peu rassuré, s'écarta de lui et tout en lui montrant la porte de sortie, dit :
- Sors de chez moi Potter ! Je ne veux plus jamais te voir. Trouve toi quelqu'un d'autre pour te détruire.
Harry se rapprocha de lui dans une démarche féline. Il s'arrêta à quelques centimètres de son visage et lui souffla :
- Je croyais qu'on était lié Malfoy. Et puis tu connais mon point de vue sur ça. Moi je peux pas, et veux pas qu'un autre soit au courant de mon secret. Et puis de toute façon, t'es le meilleur, les autres c'est des merdes.
- Je me moque de toi et des autres. J'essaye de tirer un trait sur toi, alors fais de même !
- Donne-moi l'Antagonis avant.
- Non.
- Donne moi l'Antagonis ! Répéta Harry un peu plus fort, d'un ton sec.
Le brun planta son regard dans celui qui lui faisait face et lui intima d'obéir. Draco secoua la tête, mais il n'était pas rassuré. Harry s'était retourné et le blond devina ses mains autour de son nez, un tube et une poudre blanche non loin … une ligne qui partit à une vitesse folle. Il lui refit face, la mâchoire crispée.
- Une dernière fois. Tu vas me donner cette putain de potion Malfoy !!
Mais le blond ne voulait toujours pas. Il s'était juré d'arrêter, de tout faire pour que cela s'arrête. Peut-être que si Harry ne trouvait plus ce qu'il cherchait, chez lui, il l'oublierait. Il en avait la folle illusion.
Seulement, il ne s'attendait pas à ce que le brun se colle brusquement à lui, ses mains sur ses hanches et le souffle contre ses lèvres.
- Puisque tu ne veux pas me donner ça, je vais prendre autre chose … qui m'attire énormément aussi.
D'un mouvement de main, il attrapa une petite fiole dans une poche intérieure de son manteau et la but d'une traite. Aussitôt, une odeur d'alcool agressa les narines sensibles de Draco. Une peur s'emparait de ce dernier qui ne savait plus quoi faire.
- Regarde ce que je dois faire pour me calmer Malfoy, t'es vraiment pas gentil, murmura Harry tout en glissant ses mains sur le ventre plat de l'autre.
Draco secoua la tête, ne voulant pas en arriver là. Combien de fois avait-il rêvé de ce moment, l'avait-il désiré ? Il avait arrêté de compter. Mais son rêve ne comportait pas d'Harry bourré et drogué. Alors il le repoussa violemment, même si c'était douloureux pour lui.
Harry secoua la tête et se recolla immédiatement contre lui.
- Tu vas voir, tu vas aimer.
- Po … tter … arrête s'il te plait.
- Donne moi de l'Antagonis alors.
- Non.
- Mauvaise réponse.
Et il fondit sur ses lèvres tout en exigeant un baiser sauvage. Sa langue força l'entrée de sa bouche. Il n'y avait pas de sentiments, juste de la passion et du désir. Draco luttait contre son esprit qui lui demandait de céder. Il l'aimait, et il avait toujours voulu être dans ses bras, mais jamais de cette manière. Mais en même temps, une nuit avec lui … c'était vraiment trop utopique … et pourtant.
C'était un cauchemar enchanteur aux saveurs d'interdits et de honte pour son rang. Un rêve éveillé qui prenait forme et sensations dans le creux de ses reins.
Sans qu'il ne s'en rendre compte, Draco se retrouva nu, comme Harry. Ce dernier venait de murmurer un sort qui les avait déshabillé d'un seul coup. Aussitôt, il sentit le membre dur du brun contre sa cuisse et il se maudit de réagir de la même manière.
Il se maudit d'être un homme, il se maudit d'être un noble.
Il repoussa violemment Harry, si fort que ce dernier en tomba à la renverse en éclatant de rire.
- On dirait que le gentil aristo a peur d'aimer ça … en tout cas, je vois que tu aimes ça, dit-il en louchant sur l'érection naissante du blond.
Harry passa sa langue sur ses lèvres en dévorant du regard le sexe devant lui. Mais Draco était déjà en train d'attraper ses habits et de les enfiler.
- Tststst, c'est pas gentil ça. Tu me blesses dans mon ego, reprit le brun. Mais tu vois, ça ne sert à rien.
Il se releva et fondit sur Draco qui poussa un cri de surprise, lâchant tous ses habits. Il n'était qu'en boxer, pas assez de barrière entre leurs deux corps. En sentant la peau bronzée contre la sienne, il frissonna. Le souffle d'Harry était contre son oreille et il lui murmurait :
- Je t'aurai, que tu le veuilles ou non. Alors soit tu me laisses faire et se sera plaisant, soit … je t'attache et je ne peux pas te garantir que tu aimeras. Réponse ?
Le cœur de Draco battait la chamade dans sa poitrine mais il ne savait pas si c'était en raison de la proximité du brun, ou de ce qui allait se passer. Il secoua la tête et plaqua ses mains à plat sur son torse, exerçant une légère pression pour le repousser une nouvelle fois.
- Je vois que tu as pris ta décision, déclara Harry en emprisonnant ses poignets et en les serrant.
Sa poigne était forte, violente et Draco gémit en cherchant à se défaire de son emprise. Mais il était plus fort que lui ainsi. Rapidement, sans vraiment qu'il ne s'en rendre compte, il se retrouva allongé sur le tapis, Harry au-dessus de lui, et impossible de se relever. Pas qu'il ne pouvait pas bouger, mais c'est comme si son dos était collé aux poils soyeux du tapis, tout comme ses bras relevés au-dessus de sa tête. Une peur s'empara de lui, mélangée au désir.
- Je gagne toujours Malfoy, tu devrais le savoir.
A peine Harry avait-il fini de parler, qu'il retira le dernier vêtement du blond et qu'une de ses mains se faufila entre ses fesses. Draco secouait la tête et battait des jambes pour l'en empêcher … pas comme ça. Il appela Harry, lui demanda de le libérer du sort et de s'arrêter, mais il était sourd à ses murmures. Un de ses doigts entrait et venait dans l'intimité du blond qui grimaçait. Rapidement, il en rajouta un autre, tandis que son autre main le masturbait lui-même. Aussitôt, Draco cria sous la douleur.
- Harry, Harry, l'appela-t-il.
Draco ne cessait de l'appeler, alors que de fines larmes coulaient sur ses joues. Au bout d'un moment, le brun sembla réaliser l'état de Draco et cessa tout mouvement. Il plongea son regard dans le sien, essuya les perles sur son visage et posa ses lèvres sur les siennes en une rapide caresse.
- Tu as mal ? Demanda-t-il.
Draco hocha de la tête, incapable de parler.
C'est alors qu'Harry commença à le caresser de sa main libre, ne s'occupant plus de son propre désir. Sa main inventa des arabesques sur le torse du blond, cherchant les points sensibles et s'y attardant pour que Draco se détende. Petit à petit, sa technique marcha, surtout quand il se mit à masser son sexe qui réagit rapidement.
Les doigts toujours en Draco bougèrent à nouveau, et la douleur lui sembla bien moins lancinante. Il gémissait sous les attentions de son amant, se cambrant pour en avoir plus, pour être libéré. Son souffle était erratique, saccadé, mais cette fois de plaisir et non de crainte. Harry était devenu plus doux, plus attentionné, même si il ne le regardait presque jamais dans les yeux et ne l'embrassait pas. Pourtant, c'est ce qu'il aurait voulu en cet instant, mais c'était peut-être trop sentimental.
Il avait oublié ce qu'il faisait et surtout avec qui … enfin l'interdit que c'était. Seules les mains sur lui et en lui comptaient. Ses dents mordaient ses lèvres et quelques gouttes de sang coulèrent le long de son menton. Le métal envahit sa bouche, tandis qu'une vague de désir montait en lui.
Puis, tout s'arrêta brusquement. Draco détailla le corps au-dessus de lui et lorsqu'il le vit mettre ses jambes sur ses épaules et se présenter à son entrée, il se dit que le moment était enfin arrivé. Il prit une grande inspiration et attendit. Lentement, Harry le pénétra, surveillant les crispations de ses traits. C'est vrai que c'était douloureux, mais, sans savoir pourquoi, il le voulait plus que tout. Peut-être parce que c'était un rêve inavouable.
Le blond entoura le cou d'Harry de ses bras et s'y accrocha désespérément. Sa mâchoire se crispa, Harry était complètement en lui. Mais alors qu'il pensait que les coups de reins allaient suivre, rien ne se produisit. Statique, Harry attendait qu'il s'habitue à sa présence. Même ce dernier s'en étonnait. Il n'était pas forcément aussi doux que ça avec ses amants d'une nuit. Mais il savait que Draco était vierge et il ne pouvait pas se résoudre à le blesser. Alors il attendit, sans bouger. Pas un mot, pas un geste. Et finalement, ce fut un coup de bassin du blond qui lui donna le feu vert. Lentement, Harry se retira de l'antre chaud et inviolé de son amant, pour y revenir avec un peu plus de vigueur. Il faisait des va-et-vient de plus en plus fort. Ses cuisses claquaient contre les fesses blanches alors qu'il s'enfonçait jusqu'à la garde. Le plaisir montait, l'orgasme arrivait. Avec une de ses mains, il caressa le membre rouge entre leurs corps. Il le sentait grossir entre ses doigts et il sourit en voyant la moue extatique de Draco. Ce dernier avait la tête rejetée en arrière, les yeux fermés et la bouche entrouverte à la recherche d'air.
Le blond ne savait plus où donner de la tête. Tout en lui était plaisir et jouissance, mais il savait au fond de lui que les sentiments n'avaient pas leur place. Alors il prenait tout ce qu'Harry daignait bien lui donner en cet instant de perdition. Car il avait compris que c'était simplement une échappatoire, un exutoire comme un autre, pour le brun. Peut-être était-il un peu attiré par lui, mais surtout pas amoureux. Penser ça lui coûta énormément sur le moment, lorsqu'il revint pendant quelques secondes à la réalité, réalisant de son acte. Lui allongé sur un tapis, Harry au-dessus, allant et venant avec force, ses mains sur ses cuisses et ses fesses, les relevant pour mieux le pénétrer. Son coeur se brisa, et malheureusement, personne n'était là pour ramasser les morceaux.
Sa femme ? Elle l'avait épousé par amour au départ, mais elle avait bien vite compris que lui ne l'était pas.
Son fils ? Bien trop jeune pour comprendre quoi que se soit. Et puis Draco avait trop peur de mal faire avec lui, qu'il ne s'en occupait jamais.
Ses amis ? La guerre les avait tous détruits, lui enlevant sa dernière once de bonheur.
Non, il était désespérément seul, et il se plaisait dans sa solitude, là où il pouvait rêver comme il le voulait.
Sauf que là, il ne l'était pas. Depuis un mois, Harry était rentré dans sa vie, chamboulant son quotidien et ses habitudes. Ses vieux démons avaient ressurgi et il s'y accrochait comme le fait un naufragé à une bouée de sauvetage. Peut-être parce qu'il en était un en fin de compte, et qu'Harry lui permettait d'espérer encore un peu en la vie … juste un peu …
Un coup de rein puissant le poussa en dehors du doux tapis, sa peau râpant contre le sol dur. Mais il l'ignora car le brun venait d'aller au plus profond de son être, lui envoyant des milliers de frissons dans le corps. Harry souriait et ses yeux pétillaient d'une lueur envoûtante où Draco se perdit avec délice.
Puis ce dernier se cambra, ses muscles se contractant de toute part, et il jouit entre eux, se répandant sur son ventre blanc. Harry continua d'aller et venir en lui, prolongeant ainsi son orgasme, pour finir par se déverser dans son intimité. Lourdement, il retomba sur le corps moite du blond, cherchant sa respiration.
Après plusieurs minutes post-coït, Harry finit par se relever et se rhabilla. Il tendit ses habits à Draco qui les enfila sans un regard et sans un mot.
- Bon, et si je te la demande maintenant, tu me réponds quoi ? Le questionna Harry.
Draco, une fois vêtu, lui lança un regard triste et partit en direction de son laboratoire. Il revint quelques instants plus tard avec une fiole au liquide onyx.
Un sourire victorieux illumina le visage d'Harry.
- Dire qu'il a fallu que je te baise pour l'avoir.
A ses mots, Draco se raidit. Baiser … il n'était qu'un coup, c'est vrai. Mais pour lui ça avait été tellement plus.
- Mais bon, pour un amateur, t'es pas trop mauvais. L'avantage des vierges, c'est que c'est étroit.
C'en fut trop pour le blond qui lui jeta sa potion à la figure et tant pis si elle tombait par terre, avant de disparaître dans son sombre repaire.
De justesse, Harry la rattrapa avant qu'elle ne s'écrase lamentablement au sol. Il soupira et serra la fiole contre son torse.
- Connard !! Hurla-t-il à la silhouette qui disparaissait derrière une porte.
Mais le plus important se trouvait entre ses mains, alors il ne chercha pas à se bagarrer une nouvelle fois avec le jeune homme blond. Il transplana directement chez lui, passa devant sa femme et ses deux fils qui s'étonnèrent de le voir, et s'enferma dans la salle de bain en demandant de n'être dérangé sous aucun prétexte, même en cas de danger de mort.
Il enleva ses chaussures et son manteau. Son regard croisa malencontreusement son reflet et il grimaça de dégoût. Vivement qu'il retrouve le corps de son paradis, celui qui était beau. Il resta près d'un quart d'heure les iris perdus dans la contemplation de la potion, oubliant même le manque de son corps et de son esprit. Puis il retira le bouchon et avala le liquide en souriant bêtement.
Mêmes sensations, même ivresse, toujours cette brûlure et le corps lourd, avant d'ouvrir les yeux dans un univers paradisiaque.
- Je pensais que tu étais pressé ! L'agressa aussitôt une voix masculine dans son dos.
Il se retourna brusquement, ne s'attendant pas vraiment à ce que quelqu'un lui parle. Il dévisagea le visage en face de lui, un visage qu'il avait quitté un peu plus tôt dans l'après-midi.
- Tu croyais quoi ? Que tout serait comme ta première fois ? Raté ! Je suis encore là … à mon plus grand malheur je te rassure.
- Malfoy, grimaça Harry.
- Oh tu sais, tu peux m'appeler par mon prénom maintenant. On est intimes.
Le brun papillonna des yeux et sembla réaliser brusquement de quoi il parlait. Il chercha quelque chose pour se rattraper, et ce fut à la veste noire de Draco. Les mains tremblantes et le regard perdu dans le vide, il s'accrochait désespérément à l'homme devant lui. Une fois ici, toute sa lucidité était revenue, sans autre drogue.
- Je … je … bégaya-t-il.
- Quoi ?
- Je t'ai … j'ai … avec toi. Par Merlin.
- Oh pitié ! Ne parle pas de Merlin avec ça.
Harry se recula et baissa la tête.
- Je suis désolé. Je … je me déteste quand je fais ça. Je suis plus maître de moi-même. Je voulais juste retourner ici, juste ça, reprit-il d'une petite voix.
- Qu'est-ce que je dois comprendre là ? Que ça t'arrive souvent d'avoir du sexe avec des hommes, dans leur entrée, sur leur tapis ?
- Non ! Enfin … non, mais parfois … et puis pourquoi je te parle de tout ça ! S'énerva-t-il brusquement.
Un sourire apparut sur les lèvres de Draco. Après qu'Harry soit parti de chez lui, il avait attendu sagement de se retrouver dans son monde. Il sentait encore l'odeur du brun et du sexe sur lui, une odeur enivrante qu'il n'avait connue que dans ses rêves. Il avait été partagé entre le fait que ce n'ait été que du sexe, et le fait que se soit l'homme qui faisait battre son cœur. Et puis il s'était retrouvé ici, avec lui.
- Juste … pardon, redit Harry.
Il s'assit dans l'herbe, aux pieds de Draco, ses doigts jouant nerveusement avec un brin vert.
Quand je bois et que je prends ces drogues, il m'arrive de faire des choses que je regrette. Je ne suis plus moi-même. Je me hais tant. Je ne sers à rien et je blesse tous ceux qui m'entourent. Mais j'en ai besoin. J'ai besoin d'eux, comme j'ai besoin du reste. Comme j'ai besoin de toi. Pour la potion.
Draco avait cru sur le moment à autre chose, mais il n'était qu'un simple potionniste à ses yeux, rien de plus. Il rejoignit le brun par terre, s'étonnant lui-même d'oser s'asseoir directement dans l'herbe. Il pencha la tête sur le côté pour capter le regard d'Harry qui s'obstinait à fixer ses pieds.
- Toujours aussi fonceur Potter. Tu ne réfléchis qu'après avoir agit. Bon petit Gryffondor.
- Et toi toujours aussi froid et sarcastique.
- Sarcastique, je l'admets, mais froid … Rassure-moi, je n'étais pas froid tout à l'heure.
Surpris, Harry releva la tête et écarquilla les yeux. Il détourna aussi vite son regard, le rouge montant bien trop vite à ses joues.
En voyant cela, Draco éclata de rire. C'était la première fois qu'Harry l'entendait rire ainsi, et il trouva le son mélodieux. Le rire lui allait bien mieux que les sarcasmes en fin de compte.
- C'est moi qui suis novice et c'est toi qui es gêné, où va le monde ?
- Là où je ne suis pas, murmura le brun. Et tu n'étais pas froid.
- Merci.
Leurs regards se croisèrent enfin et un sourire naquit sur leurs lèvres. Ils restèrent ainsi un petit moment, profitant juste du regard apaisant de l'autre. Puis Draco ouvrit la bouche, comme sil il voulait parler, il cherchait ses mots.
- Ecoute, je … il faut … Harry je crois vraiment qu'il faut qu'on parle tous les deux.
Ne pas stresser ... Je stresse !!
J'ignore totalement si ça passe bien comme ça. Le lemon n'est peut-être pas à sa bonne place.
Franchement, dites-moi ce que vous en pensez !!
Prochain chapitre :Oublier et changer
