Titre : Essences opposées
Disclamer : Les personnages sont de JKR
Rating : M
Paring : Drarry
Résumé : Post Poudlard. Il ne va pas bien et cherche un refuge. Il finit par le trouver. Mais qu'elle sera sa surprise en y trouvant autre chose. Bien plus qu'une simple échappatoire à sa vie sans sens.
Note : Présence de slash, donc homophobes s'abstenir.
Je ne tiens pas totalement compte du Tome 7, ne l'ayant pas encore lu (honte à moi --")


Chapitre 6 : Oublier et changer

Que dire ?

Que taire ?

Quoi choisir ?

La réponse ne s'imposait pas et les doutes envahissaient l'esprit. Une mer déchaînée sans tempête, à peine un souffle léger … son souffle. Lui le retenait, parce qu'il venait de lancer un sujet difficile pour eux deux. Et il le savait, même si l'autre s'en doutait.

Les mots se mélangeaient et créaient des phrases sans sens. Une farandole de lettres toutes plus farfelues les unes que les autres.

Etranges et dérangeantes.

Changeantes et sans sens.

Mais tout revint brusquement à la norme. Parce qu'en fin de compte, tout semblait clair.

Limpide.

Draco leva la tête vers le ciel sombre et soupira. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine. Si fort que s'en était assourdissant.

- J'ai toujours cru que tu étais heureux. Pour moi, tu avais tout ce qu'il faut pour être heureux. Tout. Et pourtant … quand je te vois ici, le regard perdu, les yeux tristes, je me dis que j'avais vraiment tort. Complètement. Sur tout la ligne. Et que peut-être … j'aurais dû …

Il se stoppa, ne pouvant en dire plus. Non, pas maintenant.

Erreur … stop. Où se trouvait la touche pour rembobiner ?

Une once de courage, bien trop brève pour tout dire … il y avait cru.

Mais ce n'était pas l'intention d'Harry.

- Dû quoi ? T'aurais dû quoi ?

- Me le dire. Me l'avouer. Et te le montrer, souffla le blond en se levant.

Il épousseta ses vêtements et tenta un sourire qui sonnait faux.

Ce n'était peut-être pas une bonne idée. Il aurait mieux fait de se taire, plutôt que de commencer et de tout stopper avant la fin.

Courageux ? Il ne l'avait jamais été de toute façon.

Harry se releva aussi et se planta devant Draco, tout en le forçant à le regarder dans les yeux.

Leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, et ils pouvaient sentir le souffle de l'autre sur leur peau.

- Qu'est-ce que tu veux me dire ? J'ai l'impression que c'est important pour toi. Dis.

- Je … je n'y arrive pas.

Harry attrapa les mains tremblantes devant lui et les serra dans les siennes. Ce geste aurait semblé irréaliste quelques années auparavant, mais aujourd'hui, avec leur vécu, il avait sa place.

Ils n'étaient pas amis, loin de là. Mais ils ne se détestaient plus comme avant.

Lien nouveau, encore inconnu. Lien pour eux, fait par eux. Un lien entre eux.

Harry sentait que si il se confiait plus, peut-être que le blond se sentirait assez rassuré pour faire de même.

Il pensa à deux gros poufs confortables et, lorsque ceux-ci apparurent, il poussa Draco pour qu'il s'y assoie. Puis il fit de même de son côté.

- Tu as raison, j'ai tout pour être heureux. Ginny m'aime depuis des années, tellement qu'elle espère que j'irais mieux un jour. J'ai deux petits garçons adorables, tout le monde les trouve adorable. Et une fille qui va bientôt naître. Le tableau parfait de la famille heureuse. et j'ai même un bon job, où je suis libre de mes mouvements. Oui, je suis heureux, avec un masque d'heureux. Parce que derrière, non. Tu l'as vu.

Il passa une main dans ses cheveux et les ébouriffa.

- Parfois, je me demande si je l'ai été un jour. Peut-être … je ne sais plus. Tout ce dont je me souviens, c'est de la bataille, des morts, de tout ce rouge partout. Tout ces gens qui mouraient pour que je vive, pathétique. Parce que moi je ne voulais plus vivre. J'espérais mourir en même temps que Voldemort, mais non. Tu sais, parfois je repense à quand on était gamins. Et je me dis que l'innocence qu'on les enfants, ben on a pas vraiment eu. C'est vrai quoi ! On était des pions dans cette guerre. Et ça nous a bouffé, ça m'a bouffé.

Un faible rire haineux franchit ses lèvres.

Draco l'écoutait, se remémorant lui aussi ses souvenirs. Et Harry n'avait peut-être pas tort.

- Tu dois te poser beaucoup de questions. Comment j'en suis arrivé là ? Comment ça se fait que personne ne soit au courant ? Comment le héros du siècle, le Sauveur, mima-t-il avec de grands gestes, a-t-il pu devenir une loque pareille. C'est très con, j'en rirais presque … si ce n'était pas de moi que je parlais, marmonna-t-il.

Il soupira et ferma les yeux. Plus il en disait, et plus il voulait parler. Comme si il sentait que se livrer à Draco le soulagerait. C'est comme si ce qu'il avait attendu toutes ces années, pour se sentir ne serait-ce qu'un peu mieux, se trouvait là … en la personne de son ancien ennemi d'école.

Une force invisible le poussait à parler, à se dévoiler, sans honte ni pudeur. L'exact opposé de ce qu'il était l'écoutait et ne le jugeait pas. Il n'arrivait pas à y croire. Et pourtant …

- Une jeunesse, on en avait pas vraiment eu. Surtout moi. Trop occupé avec les horcruxes et Voldy. Une plaie celui-là. Alors quand je m'en suis enfin débarrassé, j'ai voulu profiter, vivre, enfin. Alors j'ai tout fait pour m'amuser. Les pires folies. Et finalement j'ai sombré avec elles. Au début, c'était juste sympa. Un joint, un verre. Une soirée, une nuit de sexe. Et puis j'étais pas seul. Mais quand les autres ont arrêtés, moi je n'ai pas pu. Je … je me suis toujours accroché à quelque chose pour vivre. Avant c'était Voldemort et aujourd'hui … c'est ça. Les drogues et l'alcool. C'est vital. Comme on a besoin d'oxygène pour vivre. Tu as besoin de quoi, toi, pour vivre ?

Cette question fit sursauter Draco. L'avait-il percé ? Il sonda les iris brillant du brun et comprit que sa question était posée en toute innocence.

Parce que la réponse se trouvait juste en face de lui … Lui …

Oui, il en était sûr aujourd'hui. C'était lui, Harry. Et même si depuis sa fuite après la bataille finale il n'avait eu aucun contact avec le brun, ce dernier n'était jamais vraiment bien loin de lui. La presse, les rumeurs, toujours au courant de sa vie … sa soi-disant parfaite vie.

- Si je te le disais, tu ne me croirais pas. Je suis pathétique.

- Je ne trouve pas. Tu es quelqu'un … de spécial, c'est tout. Tu es différent.

- C'est marrant tout de même. On a une vision de la vie de l'autre qui est totalement faussée. On croit que c'est mieux chez l'autre … alors qu'une réalité non.

- Pourquoi ? Ce n'est pas bien chez toi ?

- Je n'ai pas de chez moi, marmonna Draco.

Cette dernière phrase secoua Harry qui manqua de chuter de son assise. Certes, il y avait encore des regards haineux quand on parlait parfois de sa famille, mais la plupart des gens avaient oublié le côté noir du nom Malfoy. Pour lui, il était heureux.

Son mariage avait fait la une de la gazette, et il se souvenait encore du sourire sur son visage. Il semblait avoir trouvé une famille, un chez lui. Etait-ce faux ?

- Quand tu t'es marié, tu étais heureux ? Demanda Harry.

Draco le dévisagea, surpris. Il ne comprenait pas ce que son mariage venait faire dans l'histoire.

- Eh bien à ce moment là … je l'étais … oui, j'étais heureux. Pourquoi ?

- Je repensais juste à ton sourire sur la photo, dans la gazette. Je me souviens ce jour là avoir été surpris. J'ai reçu la gazette et dès que je l'ai ouverte, je t'ai vu, avec ta femme et le gros titre, Draco Malfoy se marie ! Quelle surprise. Je savais que tu étais revenu depuis peu sur le territoire, mais je ne pensais pas que tu allais trouver si vite une femme. Je croyais même que tu ne te marierais jamais. Surtout après ton refus …

- Quoi !? Tu es au courant de ça.

- Ça a fait le tour des élèves de Poudlard. Pourquoi tu n'as pas voulu ?

- Je ne l'aimais pas. C'était mon père qui aimait son argent et son nom.

- Oh … Et tu aimes ta femme maintenant ?

Que dire ? Vérité ou mensonge ?

- Non. Enfin, au début oui, mais … j'aime quelqu'un d'autre en fait, chuchota-t-il.

- Hein !? Tu es infidèle ?

- Parle pour toi. Et puis non … jusqu'à tout à l'heure …

Aussitôt, Harry piqua un fard et s'enfonça dans son pouf. Il n'arrivait toujours pas à croire qu'ils avaient fait ça ensemble. Il était tellement en manque d'Antagonis, qu'il avait tout fait pour l'avoir … tout.

De toute façon, dès qu'il buvait et se droguait un peu trop, il n'était plus le même, plus maître de lui.

- Je suis vraiment désolé de t'avoir forcé. Encore une preuve de l'être horrible que je suis.

- C'est fait, on en parle plus.

Ce sujet était trop dangereux pour Draco. Il risquait de laisser sous-entendre ses sentiments. Et puis, y repenser était douloureux. Ça n'avait été que du sexe. Rien de plus. Et lui espérait tellement plus.

Plus la discussion avançait, et plus Draco glissait vers les révélations. Mais le voulait-il vraiment ? Il ne savait plus. Il ferma brièvement les yeux, tentant de reprendre contenance. Pourquoi perdait-il son masque avec lui, uniquement lui ?

- Draco, reprit Harry doucement. Tu étais où toutes ces années ?

- Pourquoi cette question ?

- Je sais pas. Je me demandais juste … tu as disparu du jour au lendemain, sans donner de nouvelles. Et tu es revenu, comme si rien ne c'était passé. Qu'est-ce que tu as fait pendant tout ce temps ?

- Tout et rien. Voyagé, appris. Essayé d'oublier.

- Qu'est-ce qui s'est vraiment passé avant que tu partes ?

- Je trouve que ma vie t'intéresse beaucoup, d'un seul coup.

Un sourire se dessina sur les lèvres du brun. Il se leva et fit disparaître son pouf. Son regard se porta sur le ciel noir, dériva sur le mur de sable et il soupira.

- Tu vas rire, mais … je me sens bien avec toi. Je sais pas pourquoi, mais j'ai oublié toute notre haine d'antan et … j'ai envie de rattraper le temps perdu on va dire.

- Ne te moque pas de moi. Je ne suis pas d'humeur à plaisanter.

Harry reporta son attention sur le blond et s'avança vers lui d'une manière féline. Il se pencha vers lui, son visage à quelques centimètres du sien.

- Je peux modifier ton humeur si tu veux, lui susurra-t-il contre ses lèvres.

Aussitôt, Draco détourna le visage et rougit. Les images de ce qu'ils avaient fait revenaient dans son esprit, le troublant.

- C'est ce que je disais, tu te moques de moi, marmonna-t-il.

- Je te taquine, c'est tout, répliqua Harry en s'éloignant. Si tu ne veux pas m'en parler, c'est pas grave.

Il lui tourna le dos, tandis que Draco retrouvait une couleur normale sur ses joues. Ses iris se posèrent sur le dos musclé, face à lui. Il n'était pas aussi beau dans la réalité. Mais il préférait quand même l'original. Parce que c'était vraiment lui. Ce qu'il avait en face de lui, en ce moment, n'était qu'un reflet de son corps, de son âme. Rien de plus. Tout comme lui.

Un silence s'installa entre les deux hommes.

Réfléchir … penser …

Les minutes défilaient.

- Après que tu aies vaincu celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, ma famille a été menacée d'exécution. Mais on avait œuvré pour le bien, et cela fut déclaré officiellement. Grâce à cela, mon père échappa à Azkaban. Mais le nom Malfoy avait toujours mauvaise réputation. Allier Malfoy avec bien était inconcevable. Et mon père refusait d'avoir honte de son nom. Alors il me trouva une fille de sang-pur, riche et issue de la lumière. Si je l'épousais, il espérait que notre nom soit redoré. Mais j'ai refusé, je ne l'aimais pas … J'aimais quelqu'un d'autre. Je me suis gravement disputé avec mon père. Je n'étais plus son jouet. J'avais désormais ma propre liberté de penser. Et je suis parti. Pour ne plus avoir à supporter les regards haineux dans la rue. Pour ne plus subir le joug de mon père. Et … pour essayer d'oublier … la personne que j'aimais.

- Cette personne … le coupa Harry.

- Je n'ai pas fini ! Tu voulais savoir, alors tais-toi. Je suis parti. Loin. Un peu partout. J'ai beaucoup voyagé. J'ai fait le tour du monde en fait. Je n'avais pas de réel but au départ. Et puis j'ai rencontré des gens qui ignoraient tout de moi. Pas de préjugés, pas de représentations. J'ai appris beaucoup avec eux. Et … ma passion pour les potions s'est réveillée. Je voulais tout connaître. Alors j'ai tout fait pour en savoir le plus possible. Je suis allé dans de grandes écoles, j'ai rencontré de grands maîtres potionnistes, plus ou moins connus. Les villes, c'est vrai, j'en ai appris là-bas. Mais là où se fut le plus enrichissant, c'est avec les peuples reculés. Eux connaissaient vraiment la nature, la comprenaient et la respectaient. C'est avec ces gens là que j'en ai appris le plus. Au fil des années, mon savoir en potions s'est développé. Je n'ai jamais eu de diplômes, ne finissant jamais mes études. Mais j'avais de grandes connaissances, et c'était le plus important. Entre temps, ma mère est décédée, dépression à ce que l'on m'a dit. Et mon père s'est exilé on ne sait où. Peut-être est-il mort désormais. Sept ans … sept ans de voyage perpétuel. Et puis j'ai voulu revenir, ici.

- Pourquoi ?

- Je croyais que c'était chez moi.

- Mais ça ne l'est pas.

- Effectivement.

- Et après … qu'est-ce qui s'est passé ?

- Je croyais que tu voulais juste savoir ce que j'avais fait durant mes sept années d'absence. Je ne vais pas non plus …

Mais il ne put finir sa phrase, le décor autour de lui tourbillonnant. La potion ne faisait plus effet.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Harry ouvrit les yeux brusquement. Déjà …

Un reflet sans vie lui faisait face et il se maudit d'exister. Il pensait avoir trouvé enfin une solution à ses problèmes, et voilà qu'un nouvel obstacle se dressait devant lui.

Etait-il destiné à lutter sans cesse ? Un souffle … juste un instant … un rêve utopique.

Tout ce qu'il avait essayé, tout … Rien n'avait fonctionné en fin de compte. Plus de saveurs, plus d'extase, plus de vie … Juste un corps morne, affreux.

Ses mains se crispèrent contre le rebord de la baignoire. Fort … sentir la douleur … et croire que l'on existe encore. Des gouttes rouges glissèrent le long du carrelage, goûtant sur le tapis de bain. Ses ongles le faisaient souffrir mais il s'en moquait. Il avait connu pire de toute façon.

- Harry ? Harry ?

Il releva le tête, surpris. Ginny se trouvait derrière la porte et l'appelait.

- ça fait un bon moment que tu es là-dedans, ça va ?

- Ouai, grogna-t-il.

- Euh … Ron et Hermione sont dans le salon, marmonna-t-elle, craintive.

A peine avait-elle parlé que la porte s'ouvrit à la volée, Harry fou de rage.

- Comment !? Je croyais t'avoir dit que je refusais de les voir ici sans être averti ! Cria-t-il.

La jeune rouquine se recroquevilla sur elle-même et refoula ses sanglots.

- Ils … ils sont arrivés … il y a un quart d'heure, par … par la cheminée. Je … je savais pas. Mi .. Mione a dit … qu'elle … elle avait trouvé un moyen … de passer … tes … tes protections, finit –elle rapidement.

Elle se préparait déjà à être frappée, les bras devant son visage pour se protéger. Mais le coup qu'elle pensait recevoir ne vint pas. Elle souleva ses paupières et vit son mari se déshabiller devant elle, de dos. Cela faisait un moment qu'elle ne l'avait plus vu nu. Il n'était plus aussi attirant que dans sa toute jeunesse, mais il restait l'homme de son cœur. Son corps était plus maigre, la peau plus pâle, on y devinait la fatigue.

- Je prends une rapide douche et j'arrive, lui dit-il en refermant la porte.

Elle n'en revenait pas. Il ne l'avait pas touchée, à peine criée dessus, et il allait venir les rejoindre. Complètement abasourdie, elle retourna dans le salon où son frère et son amie l'attendaient.

- Il s'était endormi dans la baignoire, justifia-t-elle l'attente.

Ron éclata de rire et ils reprirent leur discussion. Peu de temps après, Harry arriva, tout sourire, un masque parfait sur son visage. Mais intérieurement, il maudissait ses amis de s'être introduit chez lui sans son autorisation. Lorsqu'ils seraient partis, il règlerait le problème de la cheminée.

Les deux couples parlaient, échangeaient, rigolaient. Harry ne les détestait pas, loin de là, mais il n'aimait pas les voir aussi souvent qu'avant. Parce qu'ils ne se rendaient pas compte de son état. Ils étaient aveugles, comme tous les autres. Pourtant, ils auraient pu voir, autrefois, au début de sa chute. Mais non. Et maintenant, il avait perfectionné son attitude parfaite, du gentil mari, du gentil sauveur, et il était impossible pour qui se soit de voir sa vraie nature … sauf pour Draco.

Quand à Ginny, elle participait peu à la soirée. Les images de ce qui venait de se passer un peu plus tôt ne cessaient de la hanter. Il avait été comme quelques mois plus tôt. Harry était parti pour une mission secrète pendant une semaine, et quand il était revenu, elle avait retrouvé l'homme qu'elle avait épousé, aimant et adorable. Mais cela n'avait duré que peu de temps. Sauf qu'elle y avait cru. Et lorsqu'elle s'était rendue compte que ses illusions étaient fausses, elle en avait pleuré des jours entiers.

Et là … une nouvelle fois il était comme dans ses souvenirs. Cela signifiait-il une amélioration tout de même ? Même épisodique …

Alors elle se remit à espérer, à croire en son mari. Une nouvelle fois. Encore, comme toujours.

Elle l'aimait plus que tout …

Un sourire immense, vrai, illumina son visage. Elle posa ses mains sur son ventre et se demanda si, en fin de compte, cette grossesse n'était pas positive.

- La grossesse te va toujours à merveille Ginny, dit Hermione en la regardant sourire.

- Merci.

- J'essaye de convaincre Ron d'en faire un deuxième, mais il trouve qu'avec Rose c'est déjà bien.

- Elle est encore jeune, vous avez le temps de faire un second enfant, lui sourit Ginny.

Hermione fit de même et la soirée continua.

Lorsque Ron et Hermione partirent enfin, Harry soupira de soulagement. Il avait tenu. Sa femme s'était montrée radieuse et il en avait été surpris. Peut-être la grossesse comme disait Hermione.

Et étrangement, il ne sentait pas aussi mal que d'habitude. Un peu comme si un vent léger soufflait autour de lui et l'apaisait un petit peu.

- Ginny ? T'es où ?

- Je regardais si les garçons dormaient bien.

- Ah … Tu viens te coucher ? Demanda-t-il en posant un verre de vodka sur le comptoir de la cuisine.

Quelques minutes plus tard, les deux époux se retrouvèrent dans leur lit. Un peu hésitante, Ginny se blottit contre Harry, qui à sa plus grande surprise ne la repoussa pas. Oui, elle croyait vraiment qu'il pouvait changer.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Un vent froid soufflait dans le laboratoire, faisant frissonner le corps endormi dans un fauteuil noir. Une main se posa sur la jambe de la personne et la secoua doucement.

L'homme grogna, bougea un peu, dévoilant une chevelure blonde et se rendormit. Mais l'autre ne l'entendait pas de cette manière. Il tira plus fort sur le pantalon et se mit à crier.

- Pa ! Pa ! PA !

Le blond sursauta, se réveillant instantanément. Il chercha la source de son réveil autour de lui, mais ne vit rien. Puis il sentit qu'on le tirait vers le bas, alors il baissa la tête et découvrit son fils, à ses pieds. Alors il chercha Astoria, mais ne la vit pas. Apparmment, l'enfant s'était enfui de son lit et avait réussi à venir jusque dans le laboratoire de son père.

Draco attrapa son fils et le posa doucement sur ses genoux. Il ne s'en occupait jamais, mais le garçon semblait l'aimer malgré tout.

- Qu'est-ce que tu fais ici, hein ? Comment tu as fait pour sortir de ton lit ?

Et comme si l'enfant comprenait les paroles de son père, il fit léviter un livre posé non loin. Draco comprit immédiatement ce qui se passait. Son fils était en train de découvrir ses pouvoirs magiques.

- C'est bien Scorpius, mais tu dois dormir maintenant. Allez, je vais aller te recoucher.

Il se leva, son fils dans ses bras. Scorpius se blottissait contre son père, profitant de ce contact si rare. Puis ils arrivèrent dans sa chambre et son père le posa dans son berceau.

- Allez, dors maintenant.

C'est alors que l'enfant tendit les bras vers lui en gesticulant et gazouillant.

- Pa. Pa.

Un peu hésitant, Draco se pencha vers son fils et posa ses lèvres sur son front avant de lui souhaiter bonne nuit. Encore surpris de son geste affectueux, il retourna dans son laboratoire. Rien n'allait vraiment plus depuis sa rencontre avec Harry.

Alors qu'il refermait la porte de son sanctuaire derrière lui, une main se posa sur son épaule et il sursauta en criant.

- Ta gueule Malfoy, c'est que moi.

Tout en reprenant sa respiration, Draco devina les traits d'Harry dans la pénombre.

- Tu m'as fait peur.

- C'était très émouvant la scène avec ton fils.

- Tu nous as vus ?

- Je suis arrivé à ce moment là.

- Qu'est-ce que tu veux ?

Draco était gêné qu'on l'ait surpris dans un moment aussi étrange. Il avait tellement peur de mal faire avec Scorpius, qu'il préférait ne pas s'occuper de lui. Il le surveillait de loin, subvenait à ses besoins, mais ne passait pas de temps avec lui.

Frapper, battre, injurier, détruire … son père.

Une peur de reproduire ce qu'il avait vécu …

Il se laissa tomber dans son fauteuil et se mit à fixer un chaudron devant lui.

- Tu … tu m'as dit que … tu savais faire toutes les potions et … je … J'ai dû essayer toutes celles connues dans l'Allée des Embrumes … pour oublier. Mais aucune ne marche vraiment. Ma magie se protège contre ces potions. C'est pour ça que j'utilise des moyens Moldus. Alors je me suis dit, que peut-être … tu avais quelque chose, toi. Pour que j'oublie.

Draco le dévisagea et détourna aussitôt le regard en marmonnant :

- … Non.

Seulement, Harry avait compris le silence avant sa réponse. Il s'approcha du blond et l'obligea à le regarder, une main sous son menton pour forcer son visage à lui faire face.

- Tu as quelque chose. Quoi ?

- Je …

Il était troublé par le proximité d'Harry. Et les images de la veille resurgirent une nouvelle fois.

- J'ai fait un cauchemar, j'ai besoin de ne plus me souvenir.

- A ton avis, à quoi servent les pensines ? Répliqua sèchement le blond, n'étant pas à l'aise.

- Si je fais ça, c'est toute ma vie qui s'y retrouve. Je veux quand même savoir ce que j'ai vu, mais ne plus en souffrir. Et je sens que tu as ce qu'il me faut.

- Je … ça ne marche pas.

Harry se recula et scruta son visage.

- Comment ça ?

Draco se releva, mais garda son regard loin de clui du brun.

- Je … j'ai créé une potion. Elle était censé m'aider à aller mieux. Je ne devais plus vivre avec un certain poids. Ça a marché, un temps. Mais le corps s'y adapte en fin de compte, et ça ne fonctionne plus. Tout m'est revenu. Ce que j'avais voulu oublier me hantait à nouveau. Cette personne me hantait de nouveau.

- Qui ? Tu n'arrêtes pas de me parler d'une personne qui apparemment compte pour toi. Qui ?

Un silence pesant s'installa entre les deux hommes. La respiration de Draco s'était faite rapide. Puis, dans un murmure presque inaudible, il dit :

- Toi.



Voilà une fin sadique, je sais.

Est-ce que vous comprenez mieux les caractères de Draco et d'Harry ?

J'ignore encore ce qui va se passer dans le prochain chapitre, donc pas de titre en avance.

Biyouxxx

Et merci à Pilgrim pour me lire et me corriger.