Titre : Essences opposées
Disclamer : Les personnages sont de JKR
Rating : M
Paring : Drarry
Résumé : Post Poudlard. Il ne va pas bien et cherche un refuge. Il finit par le trouver. Mais qu'elle sera sa surprise en y trouvant autre chose. Bien plus qu'une simple échappatoire à sa vie sans sens.
Note : Présence de slash, donc homophobes s'abstenir.
Je ne tiens pas totalement compte du Tome 7, ne l'ayant pas encore lu (honte à moi --")
Chapitre 7 : Fatalement
Les mains qui tremblaient, le souffle qui s'était coupé … il lui avait dit. Ce qu'il avait mis des années à accepter, des années à rejeter, venait de sortir de ses lèvres.
Honte …
Honte !
Draco pivota sur lui-même, tournant le dos à Harry. Il ne voulait pas savoir. Il refusait de voir le rejet dans ses yeux, les moqueries sur ses lèvres et surtout sa gloire de l'avoir brisé.
Il sentait la présence du brun dans son dos et le maudit. Pourquoi ne réagissait-il pas ?
- Draco …
Jamais … jamais courageux. Et il transplana. Parce qu'il connaissait déjà la réaction d'Harry. Et puis c'est ce qu'il savait faire de mieux.
Lorsqu'il atterrit lourdement dans le bois de son manoir, il cria de douleur. Il venait de tomber sur un énorme caillou et sa cuisse saignait. Mais ce n'était rien comparé à la douleur dans sa poitrine, dans ses poumons. Comme lorsqu'il respirait une fumée de potion ratée … asphyxie.
Ses mains se portèrent sur ses pectoraux et il tenta de supprimer cette compression.
En vain, il pleurait déjà.
Trop tard, un cri de souffrance franchit la barrière de ses lèvres.
Il se haïssait de ressentir tout ça pour lui. Mais il se haïssait encore plus de lui avoir avoué. Il voyait déjà les gros titres de demain dans la gazette. " Le célèbre fils du Mangemort Lucius, amoureux du Sauveur " … se serait la risée. Il n'avait plus qu'à se tuer lui-même. Mais il en était incapable. Il le savait pertinemment.
Un bruit caractéristique d'une personne qui vient de transplaner se fit entendre non lui de lui. Aussitôt, Draco se mit en position de combat, il n'aimait pas ça. La nuit était noire et il ne percevait rien à moins de deux mètres de lui.
- Baisse ta baguette, c'est moi, dit une voix familière.
Harry … il l'avait retrouvé. Ne réfléchissant pas plus longtemps, il transplana une nouvelle fois, très loin de sa demeure. Mais à peine avait-il retrouvé ses esprits, qu'il entendit à nouveau la voix d'Harry dans son dos. Il se retourna, pensant que son imaginaire lui jouait des tours. Mais il avait tort, le brun se trouvait bel et bien derrière lui.
La panique s'empara encore de Draco qui, cette fois, tenta la fuite Moldue, c'est-à-dire en courant. Seulement, sa jambe blessée l'empêcha d'aller bien loin et il transplana de nouveau. Et Harry le suivit encore.
Au bout du cinquième tranplanage, Draco était épuisé. Harry venait juste d'apparaître à côté de lui. Complètement vidé, le blond essayait de retrouver une respiration normale. Son corps le faisait souffrir et il sentait que sa magie lui échappait. Il ne contrôlait plus rien. Il avait le buste penché en avant et les mains posées sur ses genoux. Ses cheveux blonds tombaient devant son visage, masquant les perles salées sur ses joues.
Un peu hésitant, Harry finit par se pencher et attrapa les longs cheveux et les releva.
- Pourquoi ? Pourquoi … tu me suis ? Tu pouvais pas aller … annoncer la mauvaise nouvelle à la gazette ?
- A quoi ça me servirait ?
Draco releva la tête et rejeta la main d'Harry. De la tristesse il était passé à la colère.
Contre lui.
Contre lui-même.
Contre eux.
- Et puis je perdrais mon fournisseur d'Antagonis. Si je te nuis, je me nuis aussi. Et franchement, je vais déjà assez mal comme ça.
Bien sûr … il n'était que le potionniste. Rien de plus. Alors que lui tant.
Beaucoup trop même.
Harry ne comptait que sur ses dons en potions. Mais il ne voyait pas le reste.
Brusquement, une main blanche s'abattit sur la joue d'Harry qui en resta stupéfait. Devant lui, Draco pleurait et ses lèvres tremblaient.
- Pourquoi ? Pourquoi je dépends de toi !? Je n'ai pas le doit de décider de ma vie ? Je n'ai jamais pu le faire, et même lorsque je crois en être maître, je me trompe. Je ne décide jamais de rien tout seul, comme j'en ai envie. Je ne suis qu'une marionnette qu'on utilise, et lorsqu'elle n'est plus bonne, on la JETTE !!! Hurla-t-il en serrant les poings. Mon père m'utilisait pour ses folies de sang-pur et quand il a vu que je servais à rien, il m'a jeté. Et toi … toi … Tu me demandes de te faire cette potion, tu me … baises, telle une vulgaire catin … et … et quand je ne te serais plus utile, tu feras pareil. Alors vas-y, fais comme tous les autres !
Draco tomba à genoux devant Harry qui ne savait pas quoi faire. Il avait été plus que surpris d'apprendre cette révélation. Il n'osait pas croire ce qui lui dictait son esprit. Draco était sensé être froid, comme dans son passé. Pourquoi avait-il autant changé depuis son retour ? Il ne le reconnaissait même plus.
Le garçon arrogant, sûr de lui et méprisant semblait disparaitre sous un masque bien trop blanc et triste. Avant il y avait des lumières dans ses iris. Mais elles avaient disparues. Un peu comme lui …
Se ressemblaient-ils plus qu'il ne le croyait ? La différence entre eux était si minime que s'en était effrayant.
Harry attrapa Draco par les épaules et le remit sur pied. Il n'était pas sûr des sentiments du blond. Et il devait savoir. Parce qu'il devait lui répondre aussi. Même si il connaissait déjà la réponse.
- Draco … tu … tu m'aimes ? Chuchota-t-il.
Le blond releva brusquement la tête, plongeant son regard inondé de larmes dans celui interrogateur du brun.
- Bien sûr que non !! Lui cracha-t-il à la figure.
Peut-être pouvait-il encore effacer son erreur …
L'espérer.
Toujours de l'espoir.
Celui qui le tenait en vie.
Et pourtant il pleurait encore. Des larmes salées qui glissaient sur sa peau pâle, qui mourraient dans son cou, qui brillaient de ses émotions.
Son cœur dans ses perles. Son cœur au bord de ses lèvres.
Son corps au bord du gouffre aussi.
Tout s'écoulait, coulait. Lui échappait.
- Tu mens mal Draco.
- Je t'emmerde Potter !
Certes, Harry avait compris les mots de Draco. Et il ne partageait pas ses sentiments. Mais il n'arrivait pas à l'abandonner là, comme il le faisait avec tout le monde. Etrangement, il ressentait le besoin de rester à ses côtés et de le soutenir.
Il ne l'aimait pas, pas du tout.
Pas de pitié non plus.
Juste une attirance … celle de son enfance.
- Viens, on rentre chez toi, tu vas attraper la mort, il fait froid, murmura le brun en entourant les épaules de Draco d'un de ses bras.
Et il transplana, tandis que le blond fermait les yeux et sombrait dans des ténèbres salvatrices.
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Son regard parcourait le corps étendu devant lui. Et il avait peur.
Peur de la suite, peur de lui. Il avait été si ignoble avec lui, alors … qu'il l'aimait.
Il le pensait fort, et il se rendait compte qu'il avait faux. Maintenant il le voyait. La fragilité dans ses traits endormis, l'enfant dans son poing serré contre son torse. Et en même temps, il ne pouvait pas oublier la saveur de ses lèvres et l'odeur de ses cheveux … un homme.
Il était un mélange des deux. Ensemble de deux êtres qui l'interrogeaient. Sur lui, sur celui … et plus encore.
Il connaissait ses sentiments, ou plutôt l'absence de sentiments. Il l'avait compris après son mariage avec Ginny. Fait pour être aimé, mais pas pour aimer. Une condamnation douloureuse. Mais il faisait avec, il ne luttait pas.
Simplement résigné à son sort.
Plus de force pour lutter.
Harry passa une main dans ses cheveux et se remit à contempler Draco. Il se surprit à deviner à l'avance ce qu'il allait trouver. Une minuscule tache brune sur la tempe droite, un grain de beauté sur le poignet gauche. Petits détails inquiétants … comment savait-il tout ça ?
Un long soupir s'échappa de ses lèvres et il rejeta la tête en arrière.
Lors de leur partie de jambes en l'air sur le tapis ?
Impossible, il ne s'en souvenait que par brides.
Alors quand ? Avant … bien avant l'Antagonis. Oui, c'était bien avant que tout n'aille si mal, que tout soit emporté dans les ténèbres de Voldemort. Des images de son enfance revinrent dans sa mémoire. Des sourires, des fous rires, des aventures et beaucoup d'innocence. Des bagarres aussi, avec lui surtout. Un regard échangé, une haine commune et une envie folle qu'elle se poursuive. Le grain de beauté sur une main, une tache brune sur la tempe … des souvenirs d'enfance.
Il se rappela leurs insultes, leurs regards méprisants et il sourit. Parce qu'il aimait ça. Il l'aimait comme ça. Mais aujourd'hui c'était différent. Lui était différent.
Brusquement, Harry se leva de sa chaise et s'avança vers la fenêtre de la chambre. Il n'était pas chez lui, sa femme aurait posé des questions sur la présence de Draco. Alors il s'était rendu dans une petite maison qu'il avait acheté non loin de la crique … celle de sa renaissance. Et il espérait de sa mort aussi. Personne ne connaissait son existence, c'était un autre secret.
Son regard se porta sur les vagues agitées, s'écrasant contre la roche grise. Il ferma les yeux, se remémorant sa première fois ici. Le sentiment de bien-être, l'odeur du sel, le goût de la terre, la sensation du sang coulant dans son dos et sur ses jambes. Et le reste, la suite … l'Antagonis. Cette échappatoire promise, ce bonheur juré … où était-ce ? Il n'avait rien trouvé de tout cela. Et pourtant il voulait encore y aller. Juste pour ressentir une fois de plus l'extase de ce lieu, l'ivresse de sa joie. Alors il restait là, parmi les autres, avec lui, et il attendait que son monde rêvé revienne.
Un gémissement dans son dos le fit se retourner, Draco avait le visage crispé. Mes il dormait encore. Probablement un mauvais rêve. Il savait très bien ce que c'était, le vivant aussi. Une de ses mains se posa sur le front ruisselant et son pouce caressant les tempes brûlantes.
Combien de fois enfant avait-il rêvé qu'on le lui fasse, pour apaiser ses douleurs.
Et même plus tard.
Et même aujourd'hui.
Mais il n'avait jamais connu cela.
Une larme solitaire coula sur sa joue et s'écrasa sur sa main. Il remarqua alors que deux orbes gris le fixaient avec incompréhension. Aussitôt, il retira sa main et détourna le visage.
- Tu … tu … tu semblais faire un cauchemar, tenta-t-il de se justifier.
- Oui, murmura Draco en s'appuyant sur ses coudes. Tu m'abandonnais, osa-t-il répondre.
C'était la première fois qu'il avouait ses sentiments et ses peurs face à l'homme qui hantait ses rêves. Et il tremblait.
Peur que ce cauchemar devienne réalité.
Peur de vivre cet enfer.
- Tu vas mieux ? Demanda Harry soudain mal à l'aise.
- Je sais pas.
Draco cherchait en vain le regard vert d'Harry. Il voulait savoir, connaître ses sentiments à son égard. Il ne voulait pas se bercer d'illusions trop sentimentales. Mais le brun s'obstinait à fixer le paysage.
Un soupir franchit les lèvres pâles du blond, tandis qu'il se levait et remettait ses habits en place.
- Oublie ce qui vient de se passer Potter, marmonna-t-il en se recoiffant. Je n'ai rien dit, tu n'as rien entendu. Point barre.
Draco avança vers la porte avec la ferme intention de sortir de cette maison inconnue et de rentrer chez lui.
C'est alors qu'une main le stoppa, attrapant la sienne. C'était chaud et doux. Son cœur s'emballa sans qu'il le veuille.
Espoir.
Retenir.
Lui.
Son souffle.
Ses larmes.
Et puis tout s'envola. Harry relâcha la main de Draco et ce dernier cru tomber d'un gouffre. Il était en train de s'étouffer et ses joues étaient inondées de perles salées.
Quel idiot il était !
Derrière lui, Harry se mordait les lèvres. Ses iris fixaient l'infime bout de nuque blanche, le reste de la peau étant cachée par les longs cheveux. Il se surprit à vouloir les toucher, les caresser, mais se retint. Il était si proche de lui, et en même temps pas assez. Il ne savait plus.
Différent avec lui.
Lui et son odeur.
Ses cheveux trop longs.
Ses yeux trop gris.
Tellement différent de lui.
- Est-ce que c'est vrai que tu m'aimes ?
Un silence suivit la question d'Harry. Le corps de Draco était tendu et tremblait par moments.
- Je n'ai jamais dit ça, répliqua le blond.
- Tu ne l'as peut-être pas dit, mais sous-entendu en tout cas, sourit Harry.
Brusquement, Draco se retourna. Il ne s'attendait pas à se retrouver si près du visage d'Harry et le rouge envahit ses joues. Ses yeux fuirent immédiatement ceux du brun et il se força à regarder une mèche de cheveux bruns.
- Tu sous-entends mal Potter, finit-il par répondre, la voix un peu chevrotante.
- Ce n'est plus Harry ?
- Pardon !?
- Tu ne m'appelles plus Harry. Pourtant moi j'aime bien quand tu m'appelles … Harry, prononça-t-il d'une voix suave en se rapprochant de Draco.
Ce dernier se sentait pris au piège. Il voyait bien la lueur d'amusement dans les pupilles d'Harry et il n'aimait pas ça. Parce que lui ne jouait pas en ce moment. Son cœur cogna dans sa poitrine et il s'humecta les lèvres. Il voulait tant qu'il l'embrasse, là, maintenant, et lui avoue qu'il l'aimait en fait.
Mais rien de tout ça n'arriverait, il le savait pertinemment. Harry ne l'aimerait jamais.
- Et toi tu ne sous-entends pas quelque chose en voulant que je t'appelle par ton prénom, répliqua Draco.
Un fin sourire orna le visage d'Harry. Il se revoyait à Poudlard. Avec un peu moins de coup et un peu plus de mots peut-être. Mais il s'en moquait. Parce qu'il savait où il allait.
- Je ne m'abaisserais jamais à ce genre de sous-entendus Malfoy.
- Pourtant tu t'es bien baissé l'autre jour, devant moi.
Jeu, feu dangereux. Mais c'était ça ou fuir. Et il savait qu'avec Harry, la fuite n'était pas la meilleure idée à avoir.
Il osa enfin planter son regard dans celui du brun. Et ce qu'il y croisa le surpris.
Gêne.
Et désir.
Les joues en face de lui prirent une teinte entre le rouge et le blanc. Cette fois, c'est Harry qui détourna le regard.
- Soit je suis vraiment devenu nul à ce jeu, soit tu es vraiment trop fort, marmonna-t-il en s'éloignant de Draco.
- Je dirais que je suis trop fort.
- Probablement.
- Certainement.
- Assurément.
- Fatalement ! Finit le blond en souriant.
Harry sourit aussi et un rire un peu rauque franchit ses lèvres. Rapidement, il fut suivit par Draco.
Nerveux.
Tension.
Un moyen nouveau d'évacuer ça.
Et qui plus est à deux.
La fatalité avait-elle sa place en ce moment ?
Désolé si il y a des fautes, mais Pil n'a pas corrigé ce chapitre.
Et en plus je n'ai pas eu son avis alors je poste en étant dans un grand stress innimaginable. Ca me changera pas de ces derniers jours au moins lol.
Du coup j'attends beaucoup de reviews avec vos ressentis.
Biyouxxx
