Chapitre IX : Sarajevo Express…

Après avoir pris un verre au mess, je rentrai au bungalow que je partageais avec Wim…

Andy ? C'est toi ?

Yep, Wim… Du courrier ?

Wais, près du téléphone… Y a trois lettres…

Waouh ! Elles sont toutes de Flo…

M'asseyant dans un sofa du salon, j'ouvris la première lettre et la parcourut rapidement… Comme toujours, Flo me racontait sa vie en Alaska… Et comme toujours, on sentait la peur qu'elle avait de me perdre… la peur de l'accident qui pourrait m'arriver… Wim entra sur ces entrefaites…

Quelles nouvelles ? Flo va bien ?

Yep… Toujours les mêmes nouvelles, réconfortant…

Je passai alors une main tremblante devant mes yeux rougis par les efforts exigés par ma dernière mission…

T'as l'air sonné, vieux…

Tu l'as dit… DCA, SAMs, plus les quatre Migs… Sans toi et tes gusses, j'y restait…

Bah, à charge de revanche…

Waip… Mais au train ou vont les choses, ça risque pas de trainer…

Bah ! A propos, c'est quoi ce paquet sur ce meuble ? Ca y traine depuis des jours…

Une posture de cheval… juste un cadeau pour Flo.. Tu veux la voir ?

Inutile… rien qu'en te connaissant, je me doute que t'as encore acheté un biesse truc made in Taïwan… Et laisse tomber la moustache, ça te vieillit trop…

Dis donc, traite moi de vieux croulant tant que t'y est, l'ancêtre…

Ben… fut tout ce que Wim put répondre, car l'instant d'après, l'oreiller qui se trouvait sur mon sofa s'écrasa sur sa face ahurie… Un instant surpris, il se reprit cependant assez vite et tout cela se termina en une bagarre d'oreillers digne des meilleures légendes de pensionnats… Soudain, l'oreiller destiné à Wim, que j'avais lancé de main de maître, loupa son objectif et s'écrasa sur le visage tétanisé de Chappy Sinclair… Une seconde de silence totale passée, le rire tonitruant de Chappy éclata… Wim et moi, le premier moment de stupeur passé, nous joignimes à lui… enfin, jusqu'à ce que deux oreillers lancés de main de maître en double tir syncronisé ne viennent mettre un terme à notre hilarité en nous envoyant le postérieur sur le tapis du salon…

Alors que nous nous relevions, Chappy intervint…

Inutile de vous excuser, les gars… La façon dont vous passez vos temps libres ne me regarde en rien… Du moins, tant que je n'en fais pas les frais…

Sorry, Chappy, on décompressait…

Je sais que la mission était dure, mais on a coincé la taupe… C'est le préposé à la salle des cartes, un croate… Sa sœur est retenue par les serbes dans la Baranja… On y envoie pour le moment un commando pour la rechercher…

Ouf… Plus de mission suicide à craindre, alors…

Théoriquement, non…

Ah ? Théoriquement ?

Bon, reposez-vous, les gars… On se reverra demain en salle de briefing…

*

**

Amendola, 31 juillet 1995…

Depuis un mois, nous effectuions des missions de surveillance aérienne au-dessus de l'Adriatique, parfois quelques missions au-dessus de la Bosnie ou de la Baraniah, mais jamais nous n'avions eu à combattre de nouveau. Cependant, ce matin là, alors que je déjeunais avec mes pilotes au mess de la base, le téléphone sonna. La voix du général Masters, retentit dans l'écouteur….

Andy ? Alerte immédiate pour la DATF... Ces salopards de serbes ont bombardé le marché de Sarajevo ! Mission d'attaque au sol prévue, tous les pilotes en salle de briefing dans dix minutes… Décollage dans trente minutes !

S'en suivit une cavalcade effrénée vers la sortie du mess dans un raffut de chaises renversées… Dix minutes plus tard, tous les pilotes étaient regroupés pour le Briefing de mission. Le général Sinclair s'était déplacé en personne, augurant une mission de la plus haute importance…

Messieurs, les serbes ont bombardé Sarajevo ce matin… A l'artillerie lourde… Ils ont tué plus de cent civils, dont des femmes et des enfants… L'ONU et l'OTAN nous ont donné mission de détruire les positions d'artillerie des Serbes sur les hauteurs de la ville… La couverture éloignée sera assurée par les F-14 du Carl Vinson… Vous escorterez des F 15 E et devrez détruire les sites Sams. A vous la suite, Andy…

Thanks, Chappy. Bon, messieurs, nous volerons en 3 groupes de 4 chasseurs, formations en Fingers. La première vague que je mènerai sera armée de 4 missiles Shrike et Mavericks ainsi que d'AIM-9L Sidewinder. Nous nous occuperons des radars. Les deux autres vagues attaqueront les sites Sams avec des bombes Snakeye à chute retardée. Vous emporterez chacun six de ces bombes. Vous aurez aussi deux missiles AIM-9L sans oublier quatre missiles Mavericks. Nous serons couverts par les F-14 du Carl Vinson, comme le Général vient de nous le dire. Nous serons contrôlés par un Awacs en patrouille sur l'Adriatique. son code sera CatEye. Notre code sera Tiger, celui des F-14 CatCall, et celui des F-15 E Janus. Après avoir attaqué les radars, la section Bleue, que je commanderai, restera pour protéger le retour des F-15, tandis que les autres sections rentreront directement à la base. Décollage dans dix minutes… A vos avions, messieurs !

Tandis que je me dirigeais vers les vestiaires, j'apostrophai Chappy Sinclair..

Chappy ? Tu n'oubliera pas ta promesse ? Je voudrais qu'on envoie ces documents chez moi si jamais il devait m'arriver quelque chose.

Si tu le veux. Mais pourquoi voudrais-tu qu'il t'arrive quelque chose ?

Oh, je sais pas… Comme un pressentiment… j'ai ressenti la même chose dans le golfe, avant d'être descendu par ce Mig 21…

Bah, commérages de vieilles filles que tout ça. Si tu fais gaffe à toi, tu t'en tireras… Bon, à tout à l'heure. Je vous suivrai à la radio.

Okay, Chappy. A tantôt alors…

C'est ça ! Grouille toi ou tu vas louper le départ…

Je me dépêchai de m'équiper puis me ruai vers mon Falcon ou m'attendait déjà mon mécano officiel. Il me harnacha sur mon siège Martin Baker Zero-Zero puis, thumbs up, il se retira tandis que je fermais la verrière et que je lançais le réacteur.

Trente minutes plus tard, mon escadrille survolait la Bosnie Herzégovine à basse altitude, pour se dissimuler le plus longtemps possible aux radars serbes. Les F-15 nous suivaient à trente secondes. Arrivé à proximité de Sarajevo, je levai le bras et mes quatre ailiers grimpèrent à ma suite tandis que le reste de la formation restait à couvert.

Après avoir neutralisé les radars, j'effectuai une passe rapide sur les radars de guidage, puis je grimpai avec mes ailiers pour couvrir les F-16 des sections Red et Yellow qui entamaient leur Bombing-run. La mission se soldait par un succès sur toute la ligne. Des batteries de missiles Sol-Air, il ne restait que de la ferraille fumante. Nous prîmes alors le cap de retour mais, alors que nous allions franchir la côte et rejoindre l'Adriatique, CatEye nous appela :

Tiger Leader de CatEye, huit appareils non identifiés, 60 miles à 3 heures. IFF négatif. Pouvez-vous intercepter ?

Wilco, CatEye. Tiger Blue, avec moi sur les Huns. Les autres, cap direct sur Aviano.

Blue One, roger

Blue Two, bien compris, leader

Blue Three ! Et on leur rentre dans l'lard, chef ?

Blue Four, Roger.

Okay, les gars. Formation de combat. CatEye, avez-vous d'autres chasseurs dans les environs ?

Tiger Leader, CatEye appelle, six F-14 à 5 minutes, en approche. Engagez l'ennemi. Good Luck, old boys…

Thanks, CatEye ! Tiger Blue, close attack formation !

S'en suivit une mêlée homérique. Comme d'habitude, CatEye s'était lourdement trompé sur leur nombre… Au lieu d'en découdre avec trois paires de Mig-21, nous nous en récoltâmes une bonne douzaine sur les reins… Je perdis Blue Deux dès le début de l'engagement, tandis que Blue Quatre devait rentrer à tire d'aile, blessé par une rafale de canon. Il ne restait plus avec moi que Red quatre et Wim. Nous avions déjà descendu cinq Migs, mais les quinze restants nous menaient la vie dure..

Après cinq minutes, comme convenu, nous dégageâmes sec, et les Migs se firent coiffer par six F-14 qui en descendirent d'emblée huit à longue portée avec leurs missiles Phœnix. Les autres, ne demandant pas leur reste, filèrent vers leur base, talonnés par les F-14. Alors que, isolé, je tentais de rejoindre mes deux ailiers restants, je ressentis un choc violent. Mon cœur dut s'arrêter une seconde, puis je me rendis compte que mon avion était en feu… Coup direct de missile infrarouge… La radio était foutue… pas moyen de prévenir les autres… Le sol se rapprochant de plus en plus, je tirai la poignée d'éjection et mon siège me catapulta loin de mon F-16 qui tombait en flammes…

*

**

Depuis le moment ou mon siège me catapulta hors de mon Falcon jusqu'à celui ou je me retrouvai accroché aux suspentes de mon parachute, c'est le trou noir. Une fois au sol, je me hâtai de détacher mon harnais. En me recevant sur ma jambe droite, je n'avais pu réprimer un grognement de douleur… Je baissai les yeux et vis du sang tachant le bas de ma combinaison de vol… j'avais dû être touché par des débris, car je ne me souvenais pas avoir été blessé dans mon chasseur Je pansai rapidement cette plaie après l'avoir saupoudrée de sulfamides et entrepris de me trouver un abri pour me cacher des patrouilles serbes qui ne devraient pas manquer de ratisser le coin… Dame, un pilote US est toujours bon à capturer comme monnaie d'échange. Je restai terré six jours et six nuits dans la forêt, entendant parfois des patrouilles passer non loin de mon refuge. Ma barbe avait repoussé, je puais comme mille putois, et de plus ma tenue de vol était en lambeaux, ayant été fortement abîmée par mon passage dans un buisson de ronces… Le matin du septième jour, j'entendis le sifflement caractéristique des réacteurs d'un F-15E… J'enclenchai rapidement ma balise de détresse…

Le pilote du F-15 n'était autre que Jerry. Ne voulant pas croire à ma mort, il avait choisi de rentrer d'une mission de bombardement sur Sarajevo en passant par le lieu de notre dernier combat… Il repéra bien l'appareil, crashé dans la plaine, mais il n'aurait pu repérer le parachute, et pour cause : les serbes l'avaient trouvé et emporté… Soudain, il sursauta :

Tiens, on dirait une balise de détresse… Je m'en vais essayer d'appeler sur la fréquence internationale de détresse…, se dit-il…

Pilote abattu, FoxBat appelle …

FoxBat ? Tiger Leader ici … Content de vous entendre, l'ami !

Tiger Leader, Je vous reçois 5 sur 5 ! Vous êtes OK ?

Je suis blessé à la jambe droite !

Roger ! j'appelle les secours !

Changeant de fréquence, Jimmy appela l'awacs de contrôle…

CatEye, FoxBat appelle ! Capté transmission de Tiger Leader sur la fréquence de secours ! Il est en territoire ennemi et est blessé ! Envoyez une équipe de récupération sur mes coordonnées, Over ?

Roger, FoxBat. Pedro quitte le Carl Vinson. Maintenez votre position pour Close Air Support !

Wilco, CatEye, Out.

Après vingt longues minutes d'attente, j'entendis enfin le ronflement caractéristique du Sea-King s'approchant de moi. La radio se mit alors à crépiter …

Tiger Leader, Pedro One appelle. Branchez votre émetteur sur fixe et préparez-vous a être treuillé !

Wilco, Pedro. Out.

Je fus alors treuillé dans l'hélicoptère qui me conduisit droit au Carl Vinson.

Une fois arrivé à bord du porte-avions, je fus immédiatement transféré à l'hôpital de campagne du bord ou la plaie de ma jambe fut soignée par le Médecin-Major du bord, ce qu'il ne fit qu'après l'avoir désinfectée une nouvelle fois. Je pris alors quelques heures de repos puis, après avoir avalé un repas consistant dans les quartiers du Pacha du Carl Vinson, je fus interrogé par les officiers de renseignements du bord..

*

* *

Le lendemain, après une bonne nuit de repos et nouvelle séance de débriefing, je fus embarqué à nouveau à bord d'un Sea-King qui me déposa à Amendola. Tous mes pilotes m'attendaient, accompagnés de Jerry, venu tout droit d'Aviano.. mais ce n'est ni eux ni les journalistes massés alentours pour m'interviewer qui étaient les plus impatients de me voir arriver… Alors que je descendais de l'hélicoptère et foulais avec soulagement le sol d'Italie, Flo se rua vers moi… j'eus à peine le temps de me remettre de ma surprise qu'elle était dans mes bras… Je la serrai longtemps contre moi, ému jusqu'au tréfonds de l'âme… Je m'avançai ensuite vers les pilotes belges, les journalistes immortalisant mon retour parmi les vivants à grand renfort de crépitement de flashes. Jerry s'avança vers moi et me serra la main… Une seconde après, nous nous donnions l'accolade… Je ne pouvais oublier que c'était lui qui m'avait retrouvé, et que sans la présence d'esprit de ce jeune pilote, j'aurais un jour ou l'autre été fait prisonnier au mieux, ou mort de faim pour le pire…

Comment va ta blessure, Andy ? me demanda-t-il…

Bien, vieux ! Le médecin chef du Carl-Vinson m'a cependant mis à pied pour deux à trois mois, le temps que la cicatrisation soit complète. Dame, j'avais une entaille de bien deux centimètres à la hanche… Un des débris de mon avion à dû me heurter, je pense…

N'empêche, tu a eu un pot d'enfer…

Mwais… J'oubliais : Merci quand même d'être venu me rechercher…

Bah, tu aurais fait la même chose.. y a rien de bien spécial à cela…

N'empêche… Mais je dois te quitter… j'aurais bien besoin d'une douche bien chaude, et puis j'ai un capital d'heures de sommeil à récupérer…

A tout à l'heure alors ?

Waip, on se retrouve ce soir au Mess.

Je quittai Jerry et les autres et, prenant Flo par le bras, je me rendis dans mes quartiers pour faire un brin de toilette et me reposer. Tandis que je prenais ma douche, Flo m'attendit dans le salon en sirotant une tasse de café… Mes affaires avaient bien été emballées lors de ma disparition, mais je retrouvai aisément un uniforme ad hoc. Une fois rasé et habillé, je retrouvai Flo au salon. Elle semblait plus rassurée à me voir bien propre et net, en transition avec le pilote barbu et éreinté qu'elle avait accueilli à son arrivée à la base… Nous sortîmes alors pour prendre un peu l'air…

Andy ? Comment va ta jambe ?

Elle va un peu mieux, maintenant. Tant que je prendrai les anti-douleurs, ça devrait aller… Mais comment se fait-il que tu sois ici ? Ca ne fait tout de même que huit jours que j'ai été porté disparu, et je n'ai été récupéré qu'hier matin…

Ben figure toi que quand on a annoncé hier qu'on t'avait retrouvé vivant, j'ai pris le premier avion pour Washington, d'ou le QG de l'Air Force m'a expédié jusqu'ici sur le siège arrière d'un F-15 E d'Eglin, et me voici…

Oh my God ! Quel trajet… et tu as volé sur Eagle ? Tu n'as pas eu peur ?

Ben… un peu quand même… Mais je voulais tant te revoir. Tu m'a fait si peur, si tu savais…

Après la promenade, alors que nous étions assis au salon, je remarquai que Flo était un peu taciturne…

Ca va, Flo ?

C'est rien… juste que je ne réalise pas encore quelle chance on a d'être ensemble aujourd'hui… pourquoi tous ces risques…

Que veux-tu, c'est le métier qui veut ça… Et puis, que dirais-tu si je restais derrière mon bureau, laissant mes pilotes faire le sale boulot à ma place ? Moi, je me sentirais vraiment honteux…

Je te comprends, Andy, mais ne me demande surtout pas de ne pas avoir peur…

Jamais ! Il faut vivre avec, mais que tu ait peur me prouve encore plus que jamais que tu tiens à moi… Et si tu savais comme moi-même j'ai eu peur de ne jamais plus te revoir… Ces six jours et six nuits, là-bas, je n'ai fait que penser à toi, à ce que tu faisait, et je craignais tant de ne jamais pouvoir te revoir, te dire combien je tiens à toi…

Oh Andy, J'ai tellement peur de te perdre…

Elle se mit à pleurer. La serrant dans mes bras, je tentai tant bien que mal de la réconforter… Nous restâmes un long moment seuls dans ce salon, tendrement enlacés, à goûter le bonheur le plus pur : celui d'être ensemble. Une heure plus tard, je laissai Flo pour me rendre au bureau de Chappy Sinclair afin de discuter avec lui de ma prochaine affectation… et lui demander d'appuyer ma demande de mutation à la 11th Air Force du PACAF, basée à Elmendorf. Il en fut passablement surpris, d'ailleurs…

Pourquoi demander à être affecté en Alaska ? Tu n'aimes pas Lakenheath ?

Ben si, Chappy, mais je pense aussi à Flo… Cela fait deux années que nous ne nous sommes vus, et chaque fois que je peux me rendre au pays, c'est uniquement pour y passer deux semaines de perm... Et puis, je compte bien l'épouser d'ici peu, et j'aimerais rester en Alaska pour pouvoir vivre près d'elle…

Mais pourquoi ne te suivrait-elle pas ici ?

Je vais être honnête avec toi, Chappy… Ce sont les risques de conflit en Europe qui l'effrayent. Et tu sais comme moi qu'entre les russes, les serbes et les Irakiens, on n'est jamais tranquille par ici… Et puis, j'ai déjà pas mal donné, crois moi… j'ai sauvé deux défecteurs russes en Allemagne, descendant par la même occasion l'as des as russe, j'ai été salement blessé dans le golfe en 91, j'ai failli y rester dans un crash à Lakenheath, j'ai manqué me répandre dans le désert à Colorado Springs, puis maintenant je frôle deux fois la mort ici, eh bien, trop c'est trop. J'ai presque trente-cinq ans, et je n'ai pas encore eu de vie de famille… J'aimerais avoir pour une fois un poste tranquille, et laisser la bagarre aux jeunes loups qui s'y entendent mieux que moi… Je me sens trop vieux…

Je te comprends, Andy, j'ai ressenti cela aussi, un jour… Il faut savoir quand son temps est fini… Plein de mes pilotes sont morts car ils n'ont pas su s'arrêter à temps, et je ne veux pas que tu subisse le même sort qu'eux… Je vais demander ta mutation comme commandant du 3rd Wing d'Elmendorf AFB, ou ils ont des Falcon et des Eagle. Tu pourras toujours voler à l'occasion comme ça.

Merci, Chappy, je te revaudrai ça.

Ne me dis pas merci, Andy, et tire-toi vite avant que je ne change d'avis et que je ne t'envoie à Thulé…

Je sortis, entendant résonner derrière moi un fracassant éclat de rire. Je rejoignis Flo et l'emmenai au Mess pour le dîner. J'en profitai pour confirmer Wim dans son poste de commandant par Intérim du 601e Composite Group, puis je quittai l'Italie pour rentrer au Pays, définitivement cette fois.