Bonjour, avec quelques jours de retard, voici le second chapitre, même si personne ne l'attend :)
Ce chapitre justifie le rating de cette histoire. Toujours pour Nucha, qui a survécu à sa lecture
Chapitre 2 : Eveil des sens. Amante lune.
La pleine lune était proche, les sens de Remus étaient aiguisés, chaque détail, la fréquence de chaque battement de son coeur lui indiquait qu'elle avait couru. Rien, pourtant sur son visage ne le signifiait, une simple gouttelette de sueur qui glissait voluptueusement au creux de son cou, la petite mèche fine, rebelle qui s'extirpait de son chignon parfait. Des indices si légers, imperceptibles. Et pourtant Remus était sensible à ces petits signes, comme s'ils pouvaient lui rappeler l'Emmeline qu'il avait vu pour la première fois en ce soir de septembre 1980, et rencontré seulement une quinzaine d'années d'années plus tard.
L'acceptation d'Albus de l'intégrer dans l'Ordre malgré les réticences ressenties à son égard, dues à sa conditions de lycanthrope, lui permit de ressentir de nouveau cette appartenance à une famille, d'ailleurs tous ses amis étaient présents autour de lui tel des cocons protecteurs, pour lui la bête dangereuse et incontrôlable. Ce vieux théâtre était devenu son foyer, il aimait rester tard dans la nuit, scrutant les bruits noctambules d'un lieu où vibrait encore les milliers de répliques prononcées par des acteurs moldus, où il imaginait le froissement des crinolines et costumes, où parfois il entendait les trois coups indiquant le début du rêve.
La nuit, les rideaux en velours rouge décrépi, aux pans si imposants ondulaient discrètement sous l'effet du courant d'air provoqué par ce carreau cassé, en hauteur et la porte qu'il laissait toujours ouverte comme si l'idée d'être enfermé seul, même dans un lieu aussi immense lui donnait une impression d'oppression.
Il s'asseyait sur un fauteuil du premier rang, l'un des rares à ne pas avoir été pillé par des collectionneurs moldus. Le décor en était épuré, peut-être chaque spectateur avait-il voulu garder en souvenir une relique, une morceau d'affiche, une chute de tissu d'un univers qui leur avait permis pendant quelques heures d'oublier le quotidien et de laisser leur esprit vagabonder au gré de cet univers. Il regardait la scène et se mettait à rêver, à songer à ce que ce serait de pouvoir jouer un rôle pour le simple but de divertir, d'amuser, d'émouvoir et non pour cacher sa nature profonde qu'il avait en horreur.
Il ferma les yeux, un instant, une éternité et s'assoupit. Des chuchotements, des petits rires échangés attirèrent son attention. Ils provenaient des loges dextres du théâtre. Ces dernières trop vétustes n'étaient pas protégé par un sort de fidelitas et comme l'avait souligné Cardoc, il fallait bien laisser aux moldus l'opportunité de "visiter" ce monde déchu. Qui penserait que se tenait en ce lieu décrépi, la seule résistance aux actions terrifiantes des moldemorts ?
Poussé par la curiosité, il s'approcha du mur mitoyen à ces loges délabrées et par le biais d'un fragment de boiserie éclaté par le temps et la négligence, il les vit. Un couple enlacé.
L'éclat roux et les cheveux tombant négligemment sur ses épaules lui indiquèrent qu'il connaissait parfaitement cet homme, un compagnon de lutte. Une personne qu'il admirait, non pas parce qu'elle l'avait accueilli chaleureusement au sein de l'Ordre mais parce qu'exerçant le métier auquel il avait aspiré dans sa jeunesse, avant de ne plus avoir un seule opportunité d'y parvenir un jour, il le conseillait, l'entrainait parfois pour parfaire sa magie offensive et défensive.
Et ces quelques minutes passées quotidiennement avaient renforcé son adhésion de corps au groupe. Fabian caressait le visage d'une inconnue, dessinant de son pouce les contours de son visage, chatouillant la marque des anges et effleurant les lèvres tel un peintre admirant la beauté d'une œuvre esthétique. Avec dextérité, il enleva les différentes pinces maintenant son chignon, libérant peu à peu chaque mèche de sa coiffure si parfaite, si douce. A chaque libération, il entortillait les cheveux autour de ses doigts et s'approchait d'elle, tout en humant son parfum, cette odeur si particulière qu'elle dégageait lorsque le désir s'emparait de ses sens. Il aimait cette sensation là, ce pouvoir ressenti sur elle, cette impression d'être complet en sa présence. Il commençait à parsemer son cou de baisers papillons, accompagnant chaque effleurement de ses lèvres sur sa peau d'un souffle chaud, faisant dresser son léger duvet et quand il sentait que sa respiration commençait à devenir moins contrôlé il lui donnait le dernier coup de grâce, celui qui allait lui permettre d'attendre son premier gémissement, sa langue léchait comme un chat avide d'affection sa peau délicate.
Remus ne devait pas rester là, ne pas être hypnotisé par cette scène intime, non cette scène intimiste mais il était fasciné par ce qu'il voyait. Non pas par penchant voyeur, d'ailleurs ce fut la seule fois de sa vie où il entra dans l'intimité de personnes, oublieux de sa discrétion légendaire. Mais parce qu'il se dégageait du couple, une impression d'harmonie, de bonheur et de plénitude auquel il aspirait tout en sachant que jamais il ne goûterait à ce bonheur là. Il n'était pas naïf au point de ne pas connaitre l'art de l'amour érotique, mais pour lui tout cela restait du théorique, de ces images animées que les adolescents de Poudlard échangeaient bien à l'abri des regards inquisiteurs. Il avait toujours repoussé avec gentillesse les sollicitation des jeunes femmes, émues par un caractère et une beauté stigmatisée par des fines cicatrices balayant son visage, telle des esquisses de tatouages tribaux.
Il ne voulait pas, il ne pouvait pas aimer et être aimé de cette manière.
Fabian avait enlevé sa robe, dévoilant son corps musclé par ses jeux avec son grand frère Gidéon mais aussi par l'entrainement intense donné aux Aurors émérites, ceux qui par leur qualité en combat et en résistance mentale étaient mis en première ligne pour répondre aux attaques les plus dangereuses. Il patientait, attendant que le regard d'Emmeline dévoile son corps, contourne chaque courbe de son corps comme précédemment il l'avait fait du sien, de manière tactile. Comment un simple regard pouvait-il l'enflammer ainsi ? Il n'était pas seulement épris d'elle, il ressentait dans chaque pore de son épiderme l'amour qu'elle lui portait, le désir qu'il lisait dans ses yeux. Elle commençait par plonger son regard en lui, comme pour lui signifier que c'était lui et lui seul qu'elle regardait ainsi.
Ensuite son regard descendait sur ses lèvres tandis que sans se rendre compte de l'érotisme de son geste, elle passait sa langue sur se propres labiales, les humidifiant et les rendant si brillantes, si attractives. Enfin, comme poussé par l'apesanteur, le regard continuait sa descente, passant de son torse imberbe ou saillaient des muscles fins, s'attardant sur le haut de son corps et donnant l'impression qu'elle lui caressait comme un voile si léger telle une mousseline émeut les sens d'une personne par la brièveté du contact.
La simple pression de son regard attisait ses sens, il désirait qu'elle le touche, qu'elle entame cette phase où leur corps se reconnaissaient.
Elle vit l'impatience en lui, son petit mouvement de tête, sa main qui s'avançait vers son corps pour l'attirer vers lui. Mutine ou coquine, elle aurait continuait à attiser son désir, à lui faire des promesses d'union charnelles jusqu'à ce qu'il crie grâce pour qu'elle devienne sienne. mais ce soir, elle ne jouerait pas à ce jeu, elle serait celle qu'il désirait comme lui était celui qui lui avait révélé sa sensualité.
Elle s'approcha de lui posa sa main sur le haut de son torse, sentant les palpitations. Son autre main descendait sur ses cuisses, effleurant pour ensuite caresser cette partie du corps. La proximité de ses attentions avec son organe rendait sa respiration plus saccadé, plus bruyante. ll ne voulait pas la brusquer, mais à ce moment précis, il se sentait comme un enfant entrant dans la boutique de confiserie, Honeydukes, en train de faire la queue pour savourer un délice.
Elle s'agenouilla devant lui, s'approcha de son intimité encore couverte par le tissu et souffla doucement comme si elle tenait un instrument de musique, d'ailleurs elle l'effleura encore et porta toute son attention sur ses cuisses , le parsemant de baisers papillons comme il l'avait fait précédemment sur la zone érogène de son cou. L'anticipation le rendait fou et lorsque sa langue effleura le pli entre sa cuisse et sa hanche, il gémit, l'encourageant à prendre soin de lui, à faire de lui son objet. Et il sentit ses jambes fléchir lorsqu'elle posa un baiser sur son organe encore dans son écrin.
Remus ne quittait pas la scène des yeux. Bien sûr il ne pouvait pas voir tous les petits signes de connivence, tout l'amour qui transpirait dans chaque pore de leur corps, mais il le ressentait, non pas comme il l'aurait pu le penser avec cette stimulation sexuelle au creux de son bas-ventre mais au niveau de ses tripes, de son âme. Il enviait ce bonheur partagé, cette communion. Il n'aurait jamais plus voulu être seul.
Fabian avait effeuillé la jeune femme, murmurant des mots éphémère ou éternel à chaque fois qu'un morceau de tissu s'envolait pour dévoiler son corps parfait. Et il l'était pour lui, c'était elle, la femme parfaite, la femme idéale, celle qui l'avait fait renoncé à son célibat endurci depuis bientôt de trois ans. Nul ne savait son existence, il grandit caché son jardin secret, la seule personne qui lui donnait du courage pour continuer le combat.
Entièrement nue, elle vint se blottir contre lui, collant sa peau satinée contre la moiteur de la sienne. Pendant quelques minutes qui parurent une éternité pour Rémus, leur corps s'emboitaient, se reconnaissaient comme un autre qui était sien. Aucune paroles échangées, juste ce baiser doux, langoureux pour consolider leur union.
Le moment était venu, après s'être reconnu, tel le mythe d'Aristophane de Platon, leurs corps devaient s'imbriquer pour devenir un. Il enleva d'un geste rapide son caleçon et tout en quêtant le moindre signe de lassitude, de non-envie, il l'allongea sur la table de feu la coiffeuse en cerisier. Ses jambes pendaient dans le vide, il les agrippa et l'écarta longeant sa tête en son sein et goûtant le liquide d'excitation et de désir qui suintait en elle.
Quand elle murmura des mots au creux de son oreille, il sut qu'elle attendait plus de lui et se présenta en son entrée. L'intrusion fut lente, sensible et sensorielle. Chaque veine de son pénis ressentait les microsillons de son col. Il était en elle. Il était entier. Un mouvement universel, un bassin qui ondulait et s'avançait et les cris de jouissances qui en suivirent marquèrent le jeune Remus. Il voulait connaître la femme de sa vie, un jour.
Lorsqu'il la rencontra une quinzaine d'années plus tard, il se garda bien de faire allusion à cette incursion dans son intimité. Elle était toujours aussi belle, de cette beauté froide qui tient à distance les importuns mais continue à fasciner, mais lui seul avait pu voir cette facette d'elle, sa passion et son amour pour un ami défunt.
Le soir précédent, il s'était décidé à faire sa demande, à accepter cette part de bonheur que le destin lui avait donné en mettant sur le chemin de sa vie impétueuse, maladroite mais combien attachante Dora et jamais il n'aurait pu le faire s'il n'avait eu un jour l'image d'une union parfaite.
Merci de votre lecture.
PS : la suite de la fiction ne sera pas publié sur le site. Vu l'absence de retour, je ne vois pas l'intérêt de continuer. Si vous désirez lire la suite, elle sera disponible en janvier 2013 sur mon LiveJournal (adresse dans mon profil)
