Ce que Sherlock aimait désormais le plus c'était la voir sourire, la voir lui sourire. Et depuis Stanivla c'est ce qu'elle faisait à chaque fois qu'elle croisait son regard. Ses moments préférés étaient ceux du repas car c'est là où ils discutaient le plus. Avant, elle discutait avec John et sa tante de la journée, maintenant elle y incluait Sherlock. John, quant à lui, s'amusait comme un enfant. Il les observait tous les deux. Ce qui avait le don d'agacer grandement Sherlock.
Cassie n'avait rien remarqué, c'est d'ailleurs une idée qui ne lui aurait même pas traversé l'esprit. Pour elle, Sherlock était autant capable de tomber amoureux d'une femme qu'une pierre. Cela n'était définitivement pas sa tasse de thé. Ce n'est pas qu'elle pensait qu'il était gay, c'est juste que le sentiment amoureux lui était parfaitement et totalement étranger.
Quant à Sherlock, il savait que John le soupçonnait d'être attiré par Cassie. Lui-même ne savait pas et ne comprenait pas ce qu'il ressentait. C'est très difficile de comprendre un sentiment qu'on n'a pas vraiment l'habitude de ressentir. Irene stimulait son génie, c'était son intellect qui avait influencé ses émotions, chose qui a failli lui couter cher. Il était facile de gérer ses sentiments pour Irene car elle était bien trop dangereuse pour qu'il cède. Mais Cassie c'était une autre histoire, il n'arrivait pas à trouver de bonnes raisons pour ne plus ressentir ce qu'il ressentait pour elle. Et c'était à en devenir cinglé, car sa tête lui disait de l'oublier et de s'occuper des enquêtes, plus dignes d'intérêt. Mais son cœur et son corps le suppliaient de foncer, de la toucher ne serait-ce qu'un court instant. Son corps se rebellait, il lui faisait ressentir violemment ce désir de la toucher, de l'embrasser aux moments où il s'y attendait le moins. Et pourtant il était sur ses gardes à chaque fois qu'elle était à côté de lui. Il gérait ses émotions plus ou moins facilement tant que John était dans les alentours, ou même Mme Hudson. Quant à Cassie, elle l'abordait rarement quand il était seul de peur de le déranger. Mais il y eut quelques moments durant le mois qui suivit l'affaire Stanivla où ils finirent par se retrouver seuls. Et Cassie faisait alors quelque chose, ou disait ou même respirait d'une manière qui lui donnait envie de l'embrasser. En fin de compte, quand il était seul avec elle tout était prétexte pour avoir envie de l'embrasser.
John observait son ami en se disant qu'à ce rythme-là il ne se passerait jamais rien et qu'il fallait qu'il donne un coup de pouce à cet idiot de Sherlock qui était incapable de faire du charme à Cassie pour la simple et très bonne raison qu'il ne l'avait jamais fait et qu'il n'en avait jamais ressenti le besoin. Il était ainsi complètement incapable de faire ce qu'il fallait.
Bientôt Cassie partira et il replongera dans son monde aseptisé.
John en était à cette réflexion quand Cassie se tourna vers lui :
-Dis John, demain j'ai un gala à l'université auquel je dois obligatoirement assister et je n'ai pas envie d'y aller seule, ça te dirait de venir m'accompagner ?
Sherlock serra les dents : pourquoi invitait-elle John !
-Oui, bien sûr… Dit-il quand il remarqua la tête que faisait Sherlock puis une idée germa dans son esprit. Attends.. Demain c'est quoi ?
-Vendredi.
-Ah désolé je ne peux pas venir, j'ai rendez-vous avec Lise.
-Oh… d'accord et bien ce n'est pas grave. Tant pis. Dit-elle déçue puis se redressa pour débarrasser la table avec sa tante.
-Pourquoi n'irais-tu pas avec Sherlock ?
-Quoi ? Dirent Sherlock et Cassie en même temps.
-Sherlock est libre demain soir et puis comme ça tu auras de la compagnie.
-Mais qu'est-ce que tu racontes ? Tu sais très bien que Sherlock n'aime pas sortir surtout si c'est pour assister à des galas ennuyeux.
-Ben quoi tu ne veux pas y aller avec lui ?
-Mais non voyons, cela me ferait plaisir de partir avec lui mais ce n'est pas moi le problème.
-Et bien laissons-le décider. Dit-il en se tournant vers Sherlock.
-Vous continuez à parler de moi à la troisième personne.
-Alors tu y vas ou pas ? Dit John avant de penser : « Allez du cran Sherlock jette toi à l'eau, écoute ton foutu cœur pour une fois, je te tends un perche, prends-la ! ».
-Non, merci, j'ai mille choses plus importantes à faire.
John ferma les yeux, cela aurait été trop beau. Il avait envie de lui foutre une baffe.
-Ben tu vois ! C'est ce que je te disais. Dit Cassie. Arrête de l'embêter.
Sherlock se redressa et remonta vers son salon. Il s'en voulait d'avoir dit non mais il ne pouvait pas répondre oui alors que John n'attendait que ça.
Le lendemain soir, Cassie était fin prête, elle avait choisi de porter une robe noire mi-longue rétro style années 50. Le bas de la robe était en guipure. La robe avait des bretelles larges et donnait un joli décolleté à Cassie. Ses cheveux étaient ramassés en un chignon simple mais chic.
Elle descendit les escaliers et entra dans le salon y trouvant Sherlock occupé sur son PC.
-Sherlock, tu n'aurais pas vu mon portable ? Dit-elle en regardant dans le salon avant de se diriger vers la cuisine.
-Non. Dit-il en la regardant rapidement avant de revenir vers son écran. Et puis il percuta, l'image avait atteint son cerveau et il arrêta de taper avant de se tourner vers elle : elle était magnifique.
Elle revint dans le salon bredouille puis se tourna vers Sherlock :
-Attends je t'emprunte un instant ton portable pour faire sonner le mien. Dit-elle en se penchant sur son épaule pour récupérer le portable qui était à côté du clavier. Elle forma son numéro et attendit c'est alors qu'elle entendit sa sonnerie. Cela venait du rez-de-chaussée, elle avait dû l'oublier dans la cuisine de sa tante. Elle se pencha alors une seconde fois pour remettre le portable à sa place. Merci !
Elle avait mis un autre parfum et celui-ci était encore plus enivrant que celui qu'elle portait tous les jours. Pourquoi n'avait-il pas dit 'oui'…
John entra à son tour dans le salon pour récupérer sa veste avant de sortir retrouver Lise. Cassie remonta alors les escaliers et eut droit à un sifflement de la part de John :
-Waouw Cassie tu es somptueuse !
Elle rougit alors de plaisir touchée par le compliment :
-Merci. Je le sais ! Dit-elle en faisant un tour autour d'elle-même. Au prix où j'ai payé cette robe, elle a intérêt à faire un malheur ce soir, car je compte bien briser quelques cœurs et puis j'ai besoin de décompresser. Attends un instant il faut que j'appelle un taxi si je ne veux pas arriver en retard.
Elle appela l'agence et demanda un taxi.
-Tu ne prends pas ta voiture ce soir ?
-Oh que non, je veux m'amuser et pouvoir boire tranquillement. D'autant plus que je suis obligée de rester toute la soirée et comme je ne suis pas sûre de trouver quelqu'un car tout le monde est censé être accompagné, mon compagnon fidèle sera un bon verre de vin blanc ou rouge ou même les deux.
-Vous me fatiguez tous les deux ! dit Sherlock en se redressant brusquement. Bon je viens, mais je te préviens si les autres invités m'agacent, je quitte la soirée sans hésitation. Dit-il en allant dans sa chambre pour se changer.
-Quoi ? Qu'est-ce qui vient de se passer ? Dit Cassie n'ayant rien compris à la réaction de Sherlock.
-Il se passe que Sherlock a changé d'avis et il t'accompagne à la soirée.
-Mais pourquoi ? C'est à cause de ce que j'ai dit ?
-Sûrement, il ne voulait pas te laisser seule.
Cassie secoua la tête et sourit :
-Je comprends pourquoi tu es si attaché à lui. Quand il montre cette facette de sa personnalité, il devient si attachant. Dit-elle les yeux dans le vague.
John sourit, elle commençait, elle aussi, à être très attachée à lui mais est-ce une tendresse amicale ou autre ? Tout dépendra du comportement de Sherlock.
John décida de rester et de les voir sortir quitte à être en retard pour son rendez-vous avec Lise. Pour rien au monde il n'aurait raté cette sortie.
Sherlock descendit dix minutes plus tard. Il portait un costume en velours noir et une chemise noire à col italien.
-Sherlock.. Tu es à tomber ! Dit Cassie ébahie.
-Passons. Dit Sherlock de manière neutre même s'il était content d'avoir plu à Cassie.
-N'est-ce pas du gâchis Cassie : il a tous les atouts pour plaire aux femmes et il ne fait rien. Dit John malicieusement n'étant nullement effrayé par le regard assassin de Sherlock
-C'est vrai que c'est dommage. Dit Cassie n'ayant pas relevé le ton utilisé par John. Mais comme il est heureux comme ça, qui sommes-nous pour le juger. En tout cas, je sens qu'on va passer une super soirée ! Dit Cassie toute excitée et surtout heureuse de ne plus être seule.
-Chérie, ton taxi est arrivé. Dit Mme Hudson en s'adressant à sa nièce.
-Ok on arrive.
Elle se dirigea vers John qu'elle embrassa avant de suivre Sherlock dans les escaliers.
Quand le taxi démarra elle se tourna vers Sherlock :
-Merci Sherlock, je n'avais vraiment pas envie d'être seule.
-Il n'y a pas de quoi.
-En tout cas, si durant la soirée tu t'ennuies, tu peux partir cela ne me dérangera absolument pas. Dit-elle en lui souriant.
-Je sais.
Ils arrivèrent à la salle et furent installés à une des tables au fond de la salle, près de la terrasse. Ce qui arrangeait Cassie car elle pouvait facilement s'éclipser vers la terrasse si elle s'ennuyait trop. Sherlock ne resterait sûrement pas toute la soirée et au moins là-bas elle pourra échapper à la foule. La soirée s'est déroulée au début comme Cassie l'avait prévue : Sherlock critiqua et se moqua ouvertement des autres personnes attablées avec eux. Mais elle ne cilla pas, elle ne connaissait pas ces gens et Sherlock avait raison sur une bonne partie de ses attaques. Elle le regardait faire, amusée plus qu'autre chose. Après le dessert, la musique commença.
-Allez maintenant que tu t'es bien amusé à détruire deux ou trois égo, me ferais-tu l'honneur d'une danse ?
-Ce n'est pas mon truc la danse.
-Allez, on passera un bon moment.
-Non, merci. Dit-il sur un ton qui ne souffrait aucune discussion.
Cassie soupira, vaincue. C'est alors qu'un jeune homme s'approcha de leur table et s'approcha de Cassie.
-Hey Cassie, tu as fini par venir.
-Je crois qu'aucun de nous n'avait le choix. Dit-elle en riant après s'être redressée. Si on ne veut pas en tout cas s'attirer les foudres du doyen.
-Tu l'as dit !
Elle se tourna ensuite vers Sherlock et fit les présentations :
-Sherlock je te présente Brian. Il est doctorant comme moi, on est de la même promotion. Brian voici Sherlock, un ami qui a eu la gentillesse de m'accompagner.
-Oh alors si c'est juste un ami, je pense qu'il ne verra pas d'inconvénients à ce que je t'invite à danser car tu es très belle ce soir.
-Trop tard, dit Sherlock en se redressant brusquement, je lui ai déjà promis cette danse.
Il prit la main de Cassie et l'emmena vers la piste.
-Mais qu'est-ce qui te prends ?
-Il me prend que je ne supporte pas les hommes sans gêne comme lui. Dit-il en glissant son bras autour de sa taille et en lui prenant la main pour la rapprocher de lui.
Elle glissa machinalement sa main sur son épaule :
-Je sais cela fait longtemps qu'il me tourne autour mais c'est un gentil gars. Il sait très bien que ça n'ira pas plus loin avec lui. Eh… mais attends tu te débrouilles très bien en danse. Dit-elle alors qu'il avait déjà commencé à conduire la danse.
-Qu'est-ce que tu crois ! Dit-il vexé.
-Non, c'est juste que je croyais que c'était le genre de choses qui ne t'intéressaient pas. La danse c'est un truc de couple en générale et toi et la notion de couple vous n'êtes pas très compatibles.
-Il faut croire que non.
- M Sherlock Holmes : êtes-vous en train de me dire que vous n'êtes pas totalement réfractaire à l'idée d'être en couple ! Dit-elle en souriant voulant le taquiner.
Il la foudroya du regard ce qui eut pour effet de la faire rire :
-C'est tellement facile de te taquiner. Allez détends toi ! Je sais que tu n'es pas fan de la foule mais ignore-les tu n'as qu'à te dire qu'on est que tous les deux dans ton salon.
-Je ne peux pas, il y a tellement de données dans cette salle que je ne peux pas les oublier.
Il est vrai que pour un esprit aussi observateur que celui de Sherlock, cette salle remplie de monde devait être un cauchemar, trop de données à traiter et à analyser.
-Ok, viens avec moi. Dit-elle en lui prenant la main pour l'emmener sur la terrasse.
Arrivés sur place elle se tourna vers lui et tendit le bras pour qu'ils reprennent leur danse :
-Voilà, là tu vas être plus tranquille. Dit-elle en souriant.
Il se rapprocha d'elle et ils recommencèrent à danser. Ils restèrent silencieux un moment.
-Qui t'as appris à danser ?
-Ma mère.
-Moi c'est mon père. Dit-elle en souriant nostalgique.
-Il te manque ?
-Ma famille me manque… Cette thèse est en train de m'épuiser. Quatre années d'un si dur labeur ont vidé mes réserves. Et ma rupture avec Mike n'a rien arrangé… Dit-elle en arrêtant de danser, une profonde déprime ayant commencé à l'envahir.
Cela faisait déjà quelques mois qu'elle n'allait pas bien, la majorité du temps elle arrivait à gérer ça mais là elle commençait réellement à être fatiguée. Le gala lui paraissait tellement absurde tout à coup. Puis elle se rappela que Sherlock était venu pour elle, elle secoua alors la tête comme pour chasser les idées noires.
-Je suis folle de me plaindre ! Dit-elle en redressant la tête et en recommençant à danser : j'ai un charmant cavalier qui est venu exprès à ce gala pour ne pas me laisser seule, que demander de plus ! Dit-elle avant de faire un beau sourire à Sherlock.
Ils dansèrent quelques instants quand ça a fait tilt dans sa tête :
-Attends, tu ne vas pas me faire croire que de toute ta vie tu n'as dansé qu'avec ta mère ? Dit-elle malicieusement car elle savait où elle allait et taquiner Sherlock était si amusant.
-Non.
-Aha ! Donc tu as déjà dansé avec d'autres femmes ! ou peut-être des hommes ? Difficile à savoir… Dit-elle réellement méditative.
-Mais dis-moi, bon sang, pourquoi tout le monde me prend pour un gay !
Elle éclata de rire :
-Parce que mon cher vous dégagez un certain nombre de signes qui poussent les gens à en être sûr.
-Des signes comme quoi ?
-Eh bien, tu vis avec John avec qui vous êtes inséparables. Tu ne t'intéresses absolument pas aux femmes. Tu n'as jamais été en couple mais ce dernier élément prouve plus que tu t'intéresses au final ni aux femmes ni aux hommes. Mais maintenant qu'on parle de ce sujet : si tu devais choisir entre les hommes et les femmes pour des relations amoureuses, tu choisirais qui ?
-Aucun, je ne suis pas du genre amoureux.
-Je ne te donne pas le choix.
-Eh bien, les femmes.
-Donc les femmes ne te laissent pas forcément insensible ! Quelle femme t'a touché récemment ?
Il la regarda un instant tenté de dire 'Toi !' mais son cerveau était aux commandes et son cerveau faisait rarement dans le sentimental et ce malgré les cris de rébellion de son cœur et de son corps.
-Irene Adler.
-Non pour de vrai ! Raconte qu'est-ce qui s'est passé ?
Il lui raconta l'affaire Adler dans les grandes lignes et comment elle avait voulu le piéger.
-Eh ben, Sherlock a un cœur et un corps ! Qui l'eut cru ! Dit-elle taquine. Elle a su comment stimuler ton esprit, remarque c'était son métier de savoir ce qui pouvait toucher les gens. Et qu'est-elle devenue ?
-Elle est morte.
-Oh… Désolée. Dit-elle soudain triste et puis s'en voulant d'avoir poussé Sherlock à parler d'une chose douloureuse. Et il s'est passé quelque chose entre vous deux ?
-Non, elle était trop dangereuse pour que je la laisse m'approcher ainsi.
-Sage décision. En amour, il y a des relations qui causent plus de mal que de bien malheureusement. En tout cas, je suis contente que tu aies pu expérimenter ce type de sentiments. Peut-être qu'un jour tu croiseras une femme qui stimulera ton esprit au point de susciter chez toi les mêmes sentiments sans pour autant être une menace pour ta vie. Dit-elle sincère.
-Ta relation avec Mike rentrait dans quelle catégorie ? Il avait besoin de savoir où elle en était avec Mike.
-Au début dans la catégorie bonheur et puis après notre départ pour Paris, les choses ont changé, il a changé. Il est devenu obsédé par son travail et son nouveau statut. Je suis passé au fur et à mesure au second plan et j'ai commencé à me sentir seule. Je ne supporte pas la solitude. Dit-elle en lui souriant doucement. Allez, on arrête de parler de Mike et du passé, on ne va s'intéresser qu'au présent.
Ils dansèrent ainsi une bonne partie de la soirée avant que Cassie ne décide qu'il était temps de partir. En tout cas, elle ne s'attendait pas à avoir à prendre cette décision étant sûre que Sherlock serait parti bien plus tôt.
Ils arrivèrent à la maison vers les coups de 1h du matin et tombèrent sur John installé à son fauteuil, en train de regarder la télévision.
-Hey John ! Tu n'es pas resté avec Lise ?
-Non, pas cette fois-ci. Dit-il en souriant avant de jeter un coup d'œil à Sherlock qui venait d'entrer dans le salon.
-Allez, je vous laisse car là je suis fatiguée et demain j'ai une rude journée. Bonne nuit. Dit-elle en leur souriant avant de monter.
Sherlock la regarda monter les escaliers et se tourna vers John. Ce dernier le regardait intensément.
-Quoi ?
-Comment s'est passée la soirée ?
-Bien malgré quelques abrutis.
-Content pour toi. Dit John en se redressant. Je crois que moi aussi je vais me coucher.
John avait décidé de ne pas aborder le sujet pour le moment, il risquait de brusquer Sherlock qui se renfermerait sur lui-même, gâchant toutes ses chances. Il était plus sage d'attendre et de lui laisser un peu de temps, mais pas trop.
Sherlock s'installa après le départ de John à côté de la cheminée et réfléchit à sa soirée. La soirée s'était très bien déroulée. Il avait pu danser avec elle longtemps et il sentait son odeur sur ses vêtements. Cette odeur embaumait l'air autour de lui et c'était si agréable. Il fallait qu'il réfléchisse maintenant à la nature des sentiments qu'il avait ou pas pour elle. Et franchement là il n'en savait rien. Il avait besoin de plus données. Il aimait certes être en sa compagnie mais de là à parler d'amour. D'ailleurs qu'est-ce que l'amour ? D'après les descriptions qu'en font les gens, c'est une sensation qui s'approche de l'effet qu'apporte une drogue : on se sent heureux, apaisé et on cherche le contact avec l'autre. C'était son cas. Or justement dans son cas c'était une réaction assez exceptionnelle. Si exceptionnelle qu'il s'en méfiait. Il n'en était jamais arrivé à dire ce genre de sentiments et il appréhendait la réaction de Cassie. Elle semblait voir en lui quelqu'un qui était incapable de tomber amoureux. C'est pour cela qu'il lui parla d'Irene pour qu'elle comprenne qu'il n'était pas si insensible. Mais où tout cela le mènera-t-il… Elle allait bientôt partir et s'il ne faisait rien avant, il risquait de le regretter. Il n'était pas homme à avoir des regrets, il avait toujours tendance à foncer. La mort elle-même ne l'avait jamais effrayé. C'est celle de ses proches qui l'effrayait. En dehors de ça rien ne l'inquiétait et il se trouvait là, hésitant. En fait, il avait peur de la réaction de Cassie d'autant plus qu'il n'était pas sûr de ce qu'il ressentait. Il valait mieux donc attendre et voir.
Non... Attendre n'était pas son truc. Avant d'avouer quoique ce soit il devait d'abord vérifier si Cassie était réceptive ou pas, pouvait-il lui plaire ? Et là il eut ce qui s'approchait le plus d'un sourire machiavélique car une idée germa dans son esprit, une idée qui non seulement lui plaisait mais en plus elle le stimulait : il allait utiliser les techniques de drague pour tester sa 'réceptivité', pour résumer il allait tout faire pour la charmer. Elle croyait qu'il était du genre insensible, elle risquait d'être surprise. Et puis même si elle finissait par ressentir quelque chose et que lui non au final, il n'aurait qu'à dire qu'après vérification, il ne ressentait en fin de compte aucun sentiment amoureux… S'il faisait un truc pareil, John le tuerait, Mme Hudson le tuerait et le chasserait même de la maison. Mais bon il avait trop envie de le faire, l'avis de John ne l'avait d'ailleurs jamais arrêté jusqu'à présent.
Chose promise, chose due. Dès le lendemain, il commença l'offensive ayant préparé un plan d'attaque en plusieurs étapes. Il avait réfléchi à la mécanique amoureuse et élabora une théorie afin de délimiter les différentes étapes à passer pour susciter le sentiment amoureux. Cette théorie était basée sur une logique à trois phases :
-Utiliser les techniques de charme observées chez ses congénères mais pas forcément celles de John, aussi subtile qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine.
-La pousser à le toucher en étant attirant de par ses tenues et son regard : elle avait aimé sa tenue cela veut dire qu'elle n'était pas insensible à son potentiel physique et elle avait aimé aussi ses yeux. La regarder de manière profonde pourrait aider.
-Voir si elle était attachée à lui au point de réellement s'inquiéter.
Dès le lendemain, il commença l'offensive : à différents moments de la semaine qui suivit la soirée, il la regardait intensément pour qu'elle se pose des questions, faisant mine d'être 'fasciné' par elle, d'être tombé sous son charme. C'est ce que faisaient les hommes quand ils voulaient montrer leur intérêt. Mais lui il savait que pour que cela marche, il fallait que cela soit exceptionnel pour que ça ne ressemble pas à du harcèlement.
La première fois qu'il le fit, c'était un matin lors du petit déjeuner.
-Sherlock, ça va ? Dit-elle ne comprenant pas ce qu'il lui arrivait.
-Non, rien. Dit-il en en détournant les yeux. J'étais distrait.
John le regardait faire sans trop comprendre le changement brutal et rapide de son camarade : pourquoi jouait-il à l'amoureux transit ? La veille c'est à peine s'il voulait l'accompagner et là il lui faisait du charme. La soirée a eu peut être l'effet escompté… Mais une petite voix dans sa tête lui disait que quelque chose clochait.
-C'est à cause d'une affaire qui te tracasse ? Si tu veux tu peux m'en parler, je pourrai peut-être t'aider ?
-Non, je ne crois pas que tu puisses m'aider. Dit-il en se redressant avant de monter à l'étage.
Cassie se tourna vers John, légèrement inquiète :
-Il va bien ?
-Oui, ne t'inquiète pas, il fait souvent ça quand il réfléchit trop.
-Ok.
La deuxième étape consistait dans le fait qu'il lui apparaisse comme étant quelqu'un d'attirant. Mais ce n'était pas évident car pour que cela marche il fallait qu'ils soient seuls tous les deux. L'occasion ne se présenta pas tout de suite, mais sa patience paya. Cassie était dans sa chambre en train de travailler. John était sorti déjeuner avec Lise et ne comptait pas rentrer avant la nuit. Quant à Mme Hudson elle était sortie voir une amie. C'était le moment. Il se doucha rapidement puis partit se changer en mettant un de ses plus beaux costumes quotidiens. Il mit aussi une chemise bleu roi qu'il prit soin de ne pas boutonner. Il jeta sa veste sur le fauteuil et mit à côté une cravate achetée exprès. Il jeta une serviette sur ses épaules pour ses cheveux mouillés et appela Cassie.
Quand Cassie descendit de sa chambre, elle portait ses lunettes et Sherlock la trouva à croquer… Il se fit violence pour se reconcentrer sur cette étape. Il parcourait la pièce de long en large fouillant partout :
-Qu'est-ce qu'il y a Sherlock, pourquoi… Elle ne put terminer sa phrase car elle se rendit compte de sa tenue, et vit sa chemise entrouverte. Elle se fit force pour ne regarder que la tête de Sherlock.
-Où est mon portable ?
-Ah ça je ne sais pas. Tu veux que je t'appelle ?
-A ton avis pourquoi je t'ai appelée ! Dit-il en s'arrêtant pour la regarder.
-Oh ça va, ça va, tu es d'humeur exécrable, je vais chercher mon portable et je vais t'aider à le trouver ne serait-ce que pour que tu te calmes.
Quand elle revint dans le salon, Sherlock cherchait toujours son portable. Elle appela son numéro et ils finirent par le retrouver sous le canapé.
-Eh ben voilà, tu vois qu'on a fini par le trouver ! Allez sur ce je te laisse. Dit-elle en faisant demi-tour ne voulant pas rester plus longtemps avec lui, habillé comme il l'était… il était très séduisant, trop à son goût. Elle devait vraiment être en manque.
-Attends, j'ai besoin de toi. Il était assis sur l'accoudoir du fauteuil et elle pouvait très bien voir son torse à cause de cette foutue chemise qu'il n'avait pas boutonné. Tu dois m'aider à mettre cette foutue cravate.
-Quoi tu ne sais pas nouer une cravate ? Dit-elle surprise.
-Ben non, pour la simple raison que je n'aime pas en mettre.
-Mais alors pourquoi…
-C'est pour les besoins d'une enquête, alors tu m'aides ou pas, je n'ai pas que ça à faire.
Elle serra les dents :
-La vache, Sherlock l'emmerdeur est de retour.
Il lui répondit en lui faisant un beau sourire.
-Tu pourrais au moins commencer par boutonner ta chemise.
-Ah oui, j'ai oublié de le faire. Dit-il en la boutonnant.
Cassie serra les dents puis prit de sa main la cravate. Sherlock quant à lui était resté assis sur l'accoudoir et ne s'était pas redressé. Cassie s'approcha de lui et mit la cravate autour de son cou avant de commencer à la nouer. Son visage était près du sien. Ce rapprochement et le parfum qu'il portait avaient commencé à l'enivrer. Elle dut faire un réel effort pour rester concentrée. Le moment critique fut quand elle termina et qu'elle le regarda pour savoir si ça allait, et croiser ses yeux bleus étaient en train d'achever à gros coups sa concentration. Il fallait qu'elle arrête de le regarder, elle décida de focaliser son attention sur autre chose.
-Tu aurais dû te sécher les cheveux avant de te changer. Dit-elle en prenant la serviette pour sécher ses cheveux mais surtout pour cacher ses yeux et étrangement il se laissa faire sans rechigner.
-J'étais pressé.
-Oh, ok. Bon ben il faut que je te laisse. Dit-elle en s'éloignant.
-Merci. Dit-il en lui tournant le dos pour récupérer sa veste.
Puis il se tourna et vit Cassie monter les escaliers. Elle avait les poings serrés ce qui donna un large sourire à Sherlock. L'étape numéro deux a été une totale réussite. Non seulement, elle s'était forcée à se calmer mais en plus elle s'est trahie car ses pupilles s'étaient dilatées quand il avait croisé son regard.
Il continua son manège discrètement quand arriva le moment de la troisième étape : voir à quel point elle tenait à lui. Or, cette étape cette fois-ci est née d'un concours de circonstances qu'il n'avait pas prévu.
Ce fut la fois où il avait fait quelques expériences chimiques. Il avait augmenté légèrement les doses car il n'arrivait pas à atteindre les résultats escomptés pour résoudre une affaire. Or cela eut pour effet une petite explosion au niveau de la cuisine. Cassie descendit de sa chambre en courant croyant à une explosion de gaz étant donné le bruit produit. La cuisine était jonchée de bris de verre. Sherlock quant à lui était allongé par terre sur le salon, il avait eu juste le temps de se jeter sur le sol du salon quand il vit l'instabilité du mélange
-Sherlock… Dit-elle en accourant vers lui.
Il s'assit, réfléchissant à la cause de l'explosion. Il n'avait remarqué Cassie que quand elle s'accroupit face à lui et qu'elle lui toucha le visage :
-Sherlock, tu vas bien ?
-Oui, oui ça va. Dit-il en se redressant brusquement. Le dosage n'était pas bon, ça a dû se jouer à un ou deux milligrammes, il faut que je revérifie mes calculs.
Elle soupira rassurée au final qu'il aille bien. Elle se redressa, ouvrit les fenêtres pour aérer et alla dans la cuisine pour ramasser les morceaux de verre. Sherlock était déjà focalisé sur son carnet sur lequel il barrait les précédents calculs pour les remplacer par des nouveaux. Chose qui lui avait pris beaucoup de temps car quand il trouva la solution et qu'il revint dans la cuisine, Cassie était en train de nouer le sac poubelle.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Je nettoie pour que ma tante ne pique pas une énième crise de nerfs à cause des dégâts que tu infliges à sa pauvre maison. Dit-elle en se tournant vers lui et elle ne put s'empêcher de rire. Oh, Sherlocksi tu voyais ta tête, ton visage est maculé de taches brunes.
Durant ses calculs, il avait touché son visage de ses mains qui étaient assez sales. Il se dirigea vers le miroir du salon et vit l'étendue des dégâts.
-Bon j'y vais et fais attention à toi.
C'est là qu'il comprit qu'il avait une occasion en or pour voir si elle tenait à lui en voyant le degré d'inquiétude, après tout il avait été très inquiet après ce qui s'était passé dans l'affaire Stanivla, c'était d'ailleurs à cause de cela qu'il avait compris son degré d'attachement pour elle. Il fit alors mine de perdre son équilibre après un étourdissement, se rattrapant de justesse à la cheminée avant de glisser le long du mur. Il était maintenant assis par terre les jambes repliées vers lui et écartées, sa tête entre ses mains.
Cassie accourut alors réellement inquiète avant de s'accroupir :
-Sherlock ! Ça va tu vas bien ? Parle-moi. Laisse-moi voir.
Elle lui retira ses mains et souleva sa tête qu'elle commença à examiner. Il n'avait aucune blessure.
-Ouvre-les yeux et regarde-moi. Dit-elle en prenant son visage entre ses mains.
Et là, il la regarda mais pas tout de suite, il fit mine d'avoir du mal à focaliser son attention sur elle avant de fixer définitivement son regard. Elle soupira alors et posa son front contre le sien. Elle posa ses genoux à terre.
-Ne me refais jamais ça, jamais. Tu m'as vraiment fait peur…. Elle baissa ensuite les yeux. Je ne veux pas te perdre et là je me rends compte à quel point je tiens à toi. Dit-elle en regardant ses lèvres. Je dois avouer que ces derniers temps j'ai commencé à ressentir des choses pour toi, jusqu'ici je te considérai comme un ami mais avec ce qui vient de se passer, je me rends compte que je suis au final folle amoureuse de toi, et là je n'arrive plus à résister. Dit-elle en caressant de son pouce les lèvres de Sherlock avant de se rapprocher tout doucement de lui pour l'embrasser.
C'est alors qu'il se redressa brusquement :
-Eh merde, à quel moment tu as deviné ! Dit-il tremblant encore de ce qui avait failli se passer.
Elle s'assit alors et le regarda :
-En fait, dès le début, dès la première fois où tu as fait semblant d'être fasciné par moi. Tout de suite cela m'a paru louche et puis très vite mes doutes ses sont confirmés : Tu jouais au jeu de la séduction avec moi. Je suppose que c'était une de tes expériences pour comprendre et disséquer le sentiment amoureux ou pour apprendre à manipuler la gente féminine lors de tes enquêtes. Or, tu as oublié que de un je te connais, tu n'es pas un dragueur ; de deux j'ai bien plus d'expérience que toi en terme de drague et de relations amoureuses ; et de trois je suis psychologue ! Du coup ce genre de choses ne peut pas fonctionner avec moi.
-Mais comment as-tu su à quels moments je faisais semblant ?
-C'est parce que j'avais déjà un référent, j'ai déjà vu comment tu te comportais quand tu étais sincère. Je sais quand tu fais semblant et quand tu ne le fais pas.
-Mais pourquoi m'as-tu laissé faire ?
-Tu avais l'air d'y tenir à ton expérience mais quand c'est arrivé au point où tu me poussais à m'inquiéter pour toi, là c'en était trop.
-C'est un véritable fiasco à ce que je vois. Dit-il, vexé.
-Bah, t'inquiète avec quelqu'un d'autre ça aurait marché, c'est juste que tu as mal choisi ton cobaye. Dit Cassie en se redressant pour tenter de lui remonter le moral croyant que c'était juste une question d'ego.
Elle n'avait pas compris que les racines de sa déception étaient plus profondes, car au fond de lui il aurait aimé que cela marche pour qu'elle tombe amoureuse de lui, pour qu'elle ressente ce qu'il ressentait. Les choses seraient ainsi plus simples pour lui car il aurait su que ses sentiments étaient réciproques. Or, là il avait l'impression qu'elle ne ressentait rien pour lui.
-Arrête de faire cette tête. Attends, je vais te donner quelques conseils en séduction : tu ne séduis pas toutes les femmes de la même façon. Or, il faut que les femmes aient l'impression que tu es sincère quand tu leur parles ou quand tu leur fais un compliment. Tu as un très grand potentiel, tu peux être très charmant quand tu veux. Quand tu m'as prise dans tes bras le jour où l'on m'a agressée, c'était charmant. Quand tu m'as accompagnée à la soirée ça aussi c'était charmant d'autant plus que là tu ne faisais pas semblant. C'est le genre de choses qui fait craquer les femmes : un homme attentionné. Une fois que tu as compris ce principe tout le reste devient plus facile. Dit-elle en lui souriant.
Il saisissait ce qu'elle lui disait mais il ne comprenait pas que cela ait échoué surtout après l'affaire de la cravate car il avait vu ses pupilles dilatées :
-Donc toi aussi tu faisais semblant ? Pourtant le jour où tu m'as aidé à mettre la cravate j'ai vu tes pupilles et elles étaient dilatées.
C'est là qu'elle rougit violemment, car autant elle avait été insensible à toutes ses fausses démarches autant, ce jour-là, il avait réussi son coup en la perturbant.
-A ce sujet, ce jour-là, tu as, disons, réussi ton coup. Dit-elle à contre cœur car elle ne pouvait décemment pas lui parler de sincérité sans l'être elle-même, et puis il fallait qu'il sache ce qui marchait ou pas.
Un large sourire se dessina alors sur le visage de Sherlock et Cassie soupira abattue.
-Alors dis-moi : qu'est-ce qui a marché le plus ?
-Ah non!
-Tu veux que j'apprenne ou non ?
-Aagh ! Ok, mais promets-moi de ne jamais utiliser ça contre moi ! De toute façon, je te préviens, ça ne marchera pas deux fois avec toi !
-Oui, oui, je promets, je promets. Dit-il, pressé.
Elle soupira se disant qu'elle risquait de le payer cher :
-L'idée de la chemise ouverte était une excellente idée, tu en dévoilais assez pour susciter le désir mais pas trop pour m'effrayer. M'avoir poussée à mettre ta cravate était aussi une bonne technique qui m'obligeait à être très près de toi. Quand les visages sont si proches cela pousse généralement les individus à regarder les lèvres. C'est un conditionnement dû aux nombreuses images de couples qui dès qu'ils rapprochent à ce point leurs visages c'est en générale pour s'embrasser.
-Pourtant tu n'as pas regardé mes lèvres à ce moment-là ?
-Il m'a fallu toute ma concentration pour ne pas le faire par réflexe.
-Et mon regard ? A-t-il eu l'effet escompté ?
-Tes yeux étaient un des éléments les plus importants, surtout que tes yeux ont une telle nuance de bleu qu'ils fascinent. Ta meilleure arme de séduction, hormis ton esprit bien sûr, ce sont tes yeux.
Il affichait désormais un large sourire de satisfaction, elle n'était pas insensible à son charme, tout n'était pas fichu au final. Donc, cette expérience n'a pas été faite en pure perte car il cernait mieux ce qu'il ressentait pour elle : il la voulait et il avait des sentiments pour elle, en témoignait l'étendue de sa déception quand il crut qu'il ne lui inspirait rien qui puisse renvoyer à de l'amour.
-Alors content !
-Oh que oui. Dit-il car il se rendait compte qu'il avait toutes ses chances avec Cassie mais à condition d'être sincère. Cependant, pas maintenant, il n'était pas encore près. A vrai dire le courage lui manquait. Il lui faudrait encore un peu plus de temps comme cela quand l'occasion se présentera il saura quoi dire.
-Bon, je te laisse. Moi, j'ai du boulot.
-Au revoir Cassie et si tu veux ma cravate, je te la donne, je n'en ai plus besoin. Dit-il sur un ton mielleux.
-Oh la ferme !
