-Je peux savoir ce qui t'a pris ! Dit John.
-Pourrais-tu être plus précis ?
-Tu as fait du charme à Cassie !
-Mais n'est-ce pas ce que tu voulais que je fasse ? Je sais que tu m'observes depuis l'histoire du canapé, et l'excuse que tu as inventé pour que j'aille avec elle au bal, qui au passage était tellement grosse que je m'étonne qu'elle n'ait pas compris ton manège, sont autant d'éléments qui prouvent que tu voulais que je la drague. Et maintenant que je l'ai fait tu râles ? Dit Sherlock, partant du principe que la meilleure défense était l'attaque.
-Je ne voulais pas que tu le fasses comme dans le cadre d'une expérimentation, je voulais que tu sois sincère au lieu de te cacher derrière ta sacrosainte science. On ne s'amuse pas avec les sentiments des gens, imagine que Cassie n'ait pas tout deviné : qu'est-ce que tu lui aurais dit si elle avait cédé ?
-Je ne sais pas.
-C'est ça le problème, sans être sûr de ce que tu voulais ou pas tu as voulu la tester. Or, en amour on ne teste pas. Et Cassie est une fille assez intelligente pour ne pas se pâmer devant toi ! Pourquoi tu ne lui dis pas tout simplement que tu es attiré par elle et laisse-la décider.
-Tu sais quelle image elle a de moi ?
John soupira, oui ça il le savait.
-Elle croit que je suis incapable de tomber amoureux de qui que ce soit. Du coup, elle n'envisage rien de plus que de l'amitié pour moi, il faut d'abord que je la pousse à me regarder autrement.
-Eh bien, je crois que tu vas être agréablement surpris. Je crois que ce que tu as fait avant cette pseudo-drague a porté ses fruits.
-Comment ça ?
-Après m'avoir dit ce que tu avais fait, elle râla sur le fait que si tu continuais comme ça à vouloir manipuler les gens, tu finirais seul. Et alors elle a continué en se disant que tu étais quelqu'un de bien, que tu étais digne d'être aimé. Elle me raconta ensuite la soirée de gala et celle où tu l'as surveillée. Elle m'a dit tout cela alors qu'elle avait le regard dans le vide. Ce regard que tu t'évertuais à imiter et répéter ces derniers temps sans tromper personne. Ce regard, elle l'a eu à ton sujet. Et à ce regard s'était ajouté un tendre sourire.
-Ça ne veut rien dire. Dit Sherlock car il était possible que cela soit une tendresse amicale, mais en réalité il ne voulait pas se donner de faux espoirs.
-Tu connais très mal les femmes, quand elles ont ce sourire c'est que l'homme auquel elles pensent leur plait. Mais tu sais ce qui a achevé de me convaincre, c'est qu'elle s'est rendue compte de ça et elle jura alors. Elle était furieuse contre elle-même. Elle s'est redressée et est partie.
-Ce qui veut dire ?
-Ça veut dire qu'elle en est désormais consciente et que si tu ne te bouges pas elle réussira à étouffer ce sentiment dans l'œuf. Elle croit que tu es incapable d'aimer, c'est pour cela qu'elle s'est énervée contre elle-même : savoir que nos sentiments ne seront jamais réciproques n'est jamais une motivation pour développer ses sentiments amoureux.
Voici la conversation qu'aurait pu avoir Sherlock avec John au moment où il était venu l'engueuler… Tout cela à condition que Sherlock soit du genre à se confier. Or, il ne l'était pas et voilà ce qui s'est réellement passé.
-Je peux savoir ce qui t'a pris ! Dit John.
-Pourrais-tu être plus précis ?
-Tu as fait du charme à Cassie !
-J'avais besoin de vérifier certaines théories.
-Ne te fous pas de moi, je sais que c'est un faux prétexte.
-Je ne vois vraiment pas ce que tu veux dire ?
-Je dis que tu es attiré par Cassie et que c'était ta pire manière de le lui montrer.
Sherlock se contenta alors d'ouvrir son journal, ignorant royalement John.
-Quel abruti ! Elle va partir tu le sais ça ?
Toujours aucune réponse. John aurait pu à ce moment lui raconter le comportement de Cassie mais il se disait qu'il serait préférable pour son bien être à elle que Sherlock ne sache pas ça. Maladroit comme il l'est, il pourrait tout gâcher. Et puis John commençait à se demander si c'était une bonne chose pour Cassie, Sherlock pouvait être si blessant. Il n'était pas sûr que Sherlock fasse les efforts nécessaires pour qu'une relation soit viable. Il ne voulait rien dire à Cassie car de toute façon il ne savait quoi penser des 'probables sentiments' de Sherlock. La seule fois où il l'avait vu plus ou moins amoureux ça a failli coûter son poste à Mycroft. Il avait été ainsi manipulé par Irene. Etait-il prêt à s'abandonner face à Cassie ? John tenait à Cassie assez pour ne pas vouloir la voir souffrir surtout après être sortie de sa relation avec Mike.
John prit alors la décision de ne pas s'en mêler, si Sherlock voulait Cassie il n'avait qu'à faire les efforts nécessaires. Cette décision il eut du mal à la tenir, car Cassie avait commencé à prendre ses distances et il voyait que Sherlock ne comprenait pas pourquoi. Il devait croire qu'elle lui en voulait toujours pour ses tentatives de drague. Il ne pouvait pas savoir qu'elle prenait ses distances pour pouvoir oublier son attirance pour lui.
Ils ne communiquaient plus comme avant, certes elle était gentille avec lui mais sans plus. Leur relation avait régressé alors qu'elle avait tellement bien évolué depuis la soirée.
Ils en étaient à ce stade-là jusqu'à une certaine soirée. La soirée où Cassie jouait une partie de poker qui lui permettait d'accéder à la finale face au meilleur joueur entre tous. Elle était si stressée qu'elle ne fit que parler de ça durant le petit déjeuner. La journée passa à une lenteur insupportable pour elle puis arriva la soirée et elle partit pour le lieu de la partie.
Cassie rentra à 4h du matin, tentant de faire le moins de bruit possible et espérant ne croiser personne. Mais arrivée à l'étage ses craintes se réalisèrent, car Sherlock l'insomniaque était toujours éveillé.
-Comment s'est déroulée cette partie de poker ?
-Oh très bien. Dit-elle en continuant à monter les escaliers sans lui jeter un regard, car c'est tout ce qu'il fallait à Sherlock pour voir sa lèvre fendillée et la légère entaille qu'elle avait sur la joue. Ah si elle avait pu réagir plus vite. Je te raconte tout demain car là je suis épuisée. Bonne nuit Sherlock.
Sherlock avait arrêté de taper sur son ordinateur quand il l'entendit rentrer. Il l'attendait. Et bien qu'il ne vit pas son visage, il trouvait sa réaction étrange car elle prenait toujours le temps de discuter ne serait-ce qu'un peu avec lui et ce même depuis qu'elle a pris ses distances. Et là c'est comme si elle voulait éviter son regard. Il se redressa et se dirigea vers sa chambre. Il attendit un instant puis frappa à sa porte.
-Pas maintenant Sherlock, on discutera demain.
-Je vais entrer avec ou sans ta permission, je te donne juste le temps de te changer.
Cassie soupira, elle n'y couperait pas, il avait deviné que quelque chose n'allait pas. Cela allait être difficile de terminer sa thèse. Mais bon personne ne l'en empêcherait car elle était bien trop proche du but.
Elle ouvrit la porte et il vit ses blessures :
-Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Dit Sherlock choqué en tendant la main vers sa joue blessée.
Elle aurait pu dire qu'elle était tombée mais l'emplacement des blessures la contredisait. Elle pouvait dire qu'elle s'était fait agresser par un voleur mais cela aurait été plus grave que la vérité.
-C'est rien, quelqu'un n'a malheureusement pas apprécié que je gagne et a voulu récupérer son argent. Il m'a pris par surprise et comme il n'était pas seul ça n'a pas été facile de me défendre tout de suite. Mais je te rassure, je lui ai fait payer son seul et unique coup.
-C'est quoi ces tournois de poker où tu te sens obligée de te protéger ! Dit-il en partant dans sa salle de bain pour récupérer la trousse de secours puis il revint pour s'installer sur le lit, face à elle.
- Les parties de poker illégales. Dit-elle tout simplement.
Il commença à essuyer le sang sur sa joue avant de désinfecter la blessure.
-Pourquoi ? Il connaissait la réponse à cette question car il connaissait Cassie, ambitieuse comme elle l'était, elle ne pouvait que viser l'excellence.
-Parce que le meilleur y joue. Et si je voulais étudier le meilleur, de l'avis de tous, je n'avais pas le choix.
-Tu as perdu l'esprit… C'est bien trop dangereux.
-C'est toi qui me parle de danger avec la vie que tu mènes ?
-Ce n'est pas pareil.
-Et en quoi ? Tu as le droit de mettre ta vie en danger tous les jours pour ton métier et moi non ? Dit-elle commençant à s'énerver, elle n'aimait pas être maternée, c'était une grande fille. Je suis assez grande pour savoir ce que je fais.
-Tu ne te rends pas compte à quel point ce milieu est dangereux.
-Je ne suis pas folle, j'ai bien étudié ce milieu avant d'y entrer, il est certes dangereux mais il a aussi des codes. L'homme qui s'est attaqué à moi aujourd'hui s'est aussi attaqué au code et là je l'ai laissé entre les mains des organisateurs. Car s'il y a bien quelque chose qu'ils sont obligés de garantir c'est la sécurité des joueurs. Celui que je veux affronter obéit à ce code. Je sais ce que je fais. Je touche au but final car je vais enfin l'affronter dans la prochaine partie. Tu ne te rends pas compte Sherlock des sacrifices et des efforts que j'ai dû faire pour atteindre ce but, alors n'essaie même pas de me dire d'arrêter.
-Mike était au courant ? C'est pour cela qu'il t'a demandé de tout arrêter ?
Elle tourna la tête car Mike restait un sujet sensible :
-Mike ne savait rien, il était trop centré sur lui-même pour remarquer mes bleus à cause de l'entraînement, mes trois séances par semaine de self-defense, mon taser toujours présent dans mon sac. On était ensemble sous le même toit mais on ne vivait pas ensemble.
Il la regarda quelques instants puis lui tourna légèrement le visage pour mettre en place le pansement. Elle le regarda alors dans les yeux avant de soupirer :
-Tu veux bien ne rien dire à ma tante et à John. Je ne veux pas qu'ils s'inquiètent.
- Et comment tu comptes expliquer ta lèvre fendillée et le pansement sur la joue ?
-Je me suis blessée en me rasant le matin ? Dit-elle en lui souriant, voulant détendre l'atmosphère puis elle grimaça car elle avait oublié sa blessure à la lèvre. Je leur dirai que je me suis cognée contre la porte du placard de ma salle de bain. Et puis pour ma lèvre je mettrai le patch anti boutons de fièvre, ils n'y verront que du feu !
-Et tu crois qu'une excuse aussi absurde passerait à leurs yeux ?
- N'oublie pas que je suis une excellente joueuse de poker, le bluff ça me connait. Et puis tu dis bien tout le temps qu'ils se contentent toujours de regarder sans observer et sans se poser les bonnes questions. Avec toi certes ça n'aurait jamais marché, c'est pour cela que je t'ai dit la vérité. Mais avec eux j'ai bien plus de chance que cela passe inaperçu.
-Très bien, je ne leur dirai rien mais à une condition.
-Laquelle ?
-Que je t'accompagne à ta prochaine et dernière partie de poker.
-Hors de question. Ils n'accepteront jamais.
-Tu n'auras qu'à dire que je suis ton garde du corps. Cela passera avec les événements d'aujourd'hui. Dit-il en commençant à ranger les éléments dans la boite de secours. De toute façon je ne te donne pas le choix.
-Non, c'est trop dangereux.
-Eh bien, si c'est aussi dangereux pour moi cela veut dire que ça l'est pour toi, il va falloir donc que je t'empêche d'y aller.
-Tu peux toujours essayer ! Dit-elle ne se sentant nullement menacée.
-Très bien qui veux-tu que je prévienne en premier : ta tante pour qu'elle ait le temps de prévenir ta famille ou John pour qu'il ait le temps de te faire la morale avant ta tante ?
Cassie serra les dents, sa tante préviendrait immédiatement ses parents et ça ne serait pas évident de calmer les choses. Quant à John, elle tenait à lui et elle ne voulait pas qu'il s'inquiète. Elle pouvait toujours quitter la maison mais elle n'aurait pas où habiter et elle était si près du but. Elle était coincée… A moins que…
-Tu as gagné. Tu viendras avec moi. Dit-elle faisant mine d'être dégoûtée.
-Très bien, quand est prévue la partie ?
-La semaine prochaine, même jour. On partira vers les coups de 20h. Ils n'acceptent aucun retard.
Il la regarda quelques instants puis se leva :
-Bonne nuit.
-Bonne nuit Sherlock et merci.
Le lendemain tout se passa normalement et Sherlock tint parole : il ne parla de rien à John ni à Mme Hudson. Cassie avait réussi à éviter la confrontation grâce à un bon maquillage et une excellente capacité à mentir.
Le surlendemain, ils s'étaient habitués au pansement et au patch anti-bouton de fièvre. A 17h30 Cassie sortit prétextant le fait de passer la nuit à la bibliothèque universitaire pour finaliser certains chapitres de sa thèse.
A 20 h elle se présenta au lieu de la partie finale. Son cœur battait la chamade, c'était la dernière étape, c'était aujourd'hui que toutes ses théories se vérifieraient. Elle allait enfin voir si son dur labeur de plusieurs années avait payé.
Ils en étaient à leur 4e donne. Elle avait remporté la première, après avoir perdu aux trois autres. Cela faisait partie de sa stratégie habituelle, gagner les premières donnes mais perdre pendant au moins trois donnes, le temps de repérer les tics des autres participants. C'est alors qu'on interrompit la partie un court moment et un des organisateurs se pencha vers Cassie.
-Je crois que nous avons un invité surprise.
Elle se tourna vers lui ne comprenant pas ce qu'il voulait dire. Il l'invita alors à le suivre dans une pièce adjacente.
Quand elle pénétra, elle serra les poings : Sherlock était assis sur une chaise, du sang lui coulait du coin des lèvres et le coin de son œil était légèrement bleu.
-Pouvez-vous nous expliquer ce que cet homme vient faire ici ?
Elle se tourna vers l'organisateur qui lui parlait :
-Si vous savez qu'il est avec moi vous savez quelle est sa fonction.
-Je sais que le malheureux accident vous a légèrement traumatisée mais nous vous avions garantie que cela ne se reproduirait plus.
-Comme vous m'aviez garantie ma sécurité au début ? Les sommes en jeu maintenant sont bien plus élevées, si je gagne rien ne me prouvait que d'autres personnes ne se seraient pas attaqué à moi. Et puis je vous signale que la dernière fois j'ai réussi à m'en sortir toute seule. Où étiez-vous à ce moment-là ? Libérez mon garde du corps, sa seule erreur a été d'arriver en retard. D'ailleurs cela lui coûtera une partie de son salaire. Et vous allez me faire le plaisir de le laisser avec moi dans la salle. Il n'aura qu'à rester au fond de la salle au même titre que vos autres hommes. Elle voulait être sûre qu'ils ne lui feraient rien et la seule manière était qu'il soit à côté d'elle.
-Il est hors de question qu'il reste dans la salle.
-Je ne vous donne pas le choix c'est soit cela soit je dis autour de moi que vous ne réussissez pas à protéger vos joueurs.
L'organisateur la regarda quelques instants et voyant qu'elle ne bluffait pas, fit un signe à ses hommes pour qu'ils détachent Sherlock.
Cassie s'approcha de lui et lui tendit un mouchoir :
-Essuyez-vous, et une fois dans la salle je ne veux pas vous voir bouger. Ne faites pas regretter aux organisateurs leur décision. Dit-elle en le regardant dans les yeux, furieuse. L'autre soir, il avait deviné qu'elle mentait.
Elle se tourna ensuite vers l'organisateur et le remercia avant de revenir dans la salle. Voir Sherlock dans cet état l'avait ébranlée. Cela l'avait ébranlée au point où elle perdit durant deux donnes, les donnes durant lesquelles elle comptait passer à l'offensive. Ces pertes étaient assez conséquentes et elle n'arrivait pas à se concentrer assez sur le jeu des autres joueurs.
Elle inspira alors profondément et évacua son inquiétude. Tant qu'elle était là, ils ne feraient rien à Sherlock, les sommes en jeu obligeaient les organisateurs à la respecter car elle avait payé sa place bien assez chère.
Elle reprit enfin son calme et reprit où elle en était avant la débâcle 'Sherlock'. Elle se rappela des tics observés et perdit encore une donne pour vérifier ses indices.
Sherlock l'observait et il vit que les premiers temps elle avait du mal à se concentrer car elle ne pouvait s'empêcher de jeter un coup d'œil en sa direction. Elle avait peur pour lui. Puis il la vit inspirer et sa posture changea alors. Il comprit qu'elle avait réussi à se concentrer. Elle perdit cette fois-ci encore mais elle semblait l'avoir fait exprès. Quelqu'un qui ne la connaissait pas ne l'aurait pas compris mais, lui, l'avait tellement observée qu'il avait appris à discerner ses mensonges des vérités. Comme ce fut le cas la soirée où elle était rentrée après son agression. Il avait tout de suite compris qu'elle lui mentait car de toute façon il aurait fait de même à sa place.
A partir de cette dernière défaite, elle ne fit que gagner quand elle choisissait de passer à l'offensive. Elle élimina les joueurs un à un. Ces derniers qui n'avaient au début fait que l'ignorer, d'autant plus qu'elle était la seule femme, s'étaient rendus compte qu'ils l'avaient sous-estimée. Mais il était déjà trop tard et ce qui les perturbait c'est qu'elle savait toujours quand est-ce qu'ils bluffaient alors qu'ils n'arrivaient pas à savoir quand elle, elle bluffait. Le seul qui avait gardé son calme était ce fameux joueur qu'elle ciblait depuis de si nombreux mois. Ils étaient arrivés au face à face final et Cassie était à cran. Elle était non seulement en train de miser tout son argent, mais la validité de ses recherches dépendait de cette victoire. Qu'elle gagne ou qu'elle perde, cela quoiqu'il arrive lui permettra de peaufiner sa théorie. Mais gagner était essentiel pour prouver qu'en suivant à la lettre sa méthode on pouvait tromper tout le monde y compris le meilleur joueur de poker. Alors il fallait qu'elle gagne, elle n'avait pas fait tout cela pour perdre.
Les 4 cartes posées sur la table étaient les suivantes : 8 de carreau 9, valet et dame de pique.
John Mcgarrett, le nom de son ultime rival, fit une mise de 100.000 livres. Elle le regarda et se mordilla machinalement la lèvre : il ne bluffait pas. Elle regarda ses cartes, hésitant un moment… Puis suivit la mise. C'est alors qu'il décida de renchérir et mit son tapis. Elle releva les yeux vers lui, puis les baissa vers ses jetons. Elle misa alors à son tour son tapis même s'il dépassait celui de Mcgarrett de 1000 livres. C'était leur dernière partie.
-Pour voir. Dit-elle.
On retourna la dernière carte qui était un valet de trèfle. Mcgarrett sourit alors et dévoila ses cartes : il avait deux beaux valets. Avec ceux sur la table cela lui faisait un magnifique carré. Cassie couvrit alors sa tête de ses mains et ne réagit pas. Puis elle redressa sa tête, soupira et retourna ses cartes : 10 et roi de pique !
-Quinte flush M Mcgarrett, je vous ai battu ! Dit-elle après s'être remise du choc d'avoir gagné.
Sherlock ne put s'empêcher de sourire, elle lui avait réellement fait peur.
L'organisateur se redressa :
-La gagnante est donc Mlle Simmons. Toutes mes félicitations. Le virement sera fait dès que vous le désirez.
Elle se tourna vers Mcgarrett et le félicita :
-C'était un réel honneur d'être confrontée à vous. Vous ne pouvez pas savoir tout ce que j'ai dû faire pour affronter celui qu'on considère comme étant le meilleur. Et je vous avoue que votre réputation n'est pas volée.
-Moi de même, vous êtes un adversaire de taille. J'espère pouvoir de nouveau être confronté à vous.
Bien qu'ayant perdu, Mcgarrett était un bon joueur qui savait accepter ses défaites. Des défaites qui, heureusement pour lui, restaient exceptionnelles.
-Non, je ne crois pas car c'était ma dernière partie. Je voulais jouer contre vous, c'est une chose de faite. Désormais, je ne jouerai au poker que pour parier des jetons en plastiques ou des bonbons. Dit-elle en lui souriant.
Elle salua ensuite les autres joueurs puis se dirigea vers l'organisateur :
-J'ai besoin que vous fassiez le transfert tout de suite je vous prie car il est temps que je parte.
L'organisateur prit alors son Smartphone et se connecta à sa banque avant de faire le virement. Cassie qui s'était connectée en même temps reçut le virement. Elle récupéra ensuite son manteau et se tourna vers Sherlock.
Dès qu'ils furent dehors, elle lui prit la main et se dirigea rapidement vers sa voiture. Une fois à l'intérieur elle démarra et accéléra pour ne pas trainer une seconde de plus dans ce périmètre. Quand ils furent assez loin pour qu'elle se sente un peu plus en sécurité, elle se gara.
Elle se tourna vers Sherlock :
-Je peux savoir ce qui t'a pris de me suivre !
-Tu m'avais menti.
-Tu t'es donc mis en danger alors que je gérais la situation !?
-Tu aurais dû me laisser venir avec toi dès le début.
Elle le regarda un instant et la vue des bleus sur son visage la calma. La colère fut alors remplacée par de la culpabilité. Elle tendit sa main vers son visage :
-Je suis désolée. Dit-elle en sortant un mouchoir en papier pour essuyer la trace de sang encore présente au coin de ses lèvres. C'est de ma faute s'ils t'ont frappé, tu t'inquiétais pour moi. Dit-elle en commençant à pleurer. J'ai eu très peur pour toi tu sais. Dit-elle avant de se pencher pour le serrer dans ses bras. Et elle lâcha prise, toute la pression subie ces derniers temps était en train de s'évacuer. Il la serra alors dans ses bras à son tour.
Ils restèrent ainsi plusieurs minutes avant qu'elle ne commença à se calmer. Elle s'éloigna légèrement de lui et le regarda dans les yeux.
-Merci et désolée pour les pleurs, j'avais besoin que ça sorte. Je ne réalise pas encore que c'est fini.
Il prit le mouchoir qu'elle lui avait donné plus tôt et le lui tendit.
-Ce n'est rien, je comprends.
Elle s'essuya avec puis s'installa correctement sur son siège.
-On va rentrer à la maison soigner tes bleus.
-Et que devra-t-on dire à Mme Hudson et John : je me suis coupé ce matin en me rasant ? Dit-il taquin.
Elle lui sourit :
-En tout cas cela aura plus de chance de marcher avec toi qu'avec moi. On leur dira la vérité. Je leur raconterai tout durant la journée, car là il est 3h du matin je ne pense pas qu'ils soient réveillés. Enfin je leur raconterai presque tout car je ne dirai pas que c'était des parties illégales. Ça, ils n'ont pas besoin de le savoir.
Ils rentrèrent et Cassie soigna Sherlock avant de monter se coucher. Elle tombait littéralement de sommeil ce qui fait qu'elle tomba sur son lit comme une souche.
Elle dormit 10 heures d'affilé et se réveilla vers les coups de 14h encore groggy. Quand elle se réveilla, personne ne se trouvait à la maison. Elle se prépara alors rapidement pour sortir faire quelques courses. Elle voulait fêter sa victoire en préparant un excellent diner et en offrant à ceux qui l'ont accueillie durant ces derniers mois un cadeau digne de son attachement pour eux.
Sherlock et John rentrèrent vers les coups de 19h et trouvèrent Mme Hudson assise dans le salon. Elle portait une jolie robe de soirée.
-Eh bien Mme Hudson que nous vaut cet honneur ? demanda John.
-Cassie veut fêter sa victoire d'hier, et pour ce faire elle nous a préparé le dîner. J'ai voulu lui faire honneur.
-Où est-elle maintenant ? Demanda sherlock.
-Je suis là. Dit-elle en descendant les marches, elle venait de sa chambre où elle s'était changée.
Elle portait une longue robe bustier en mousseline de soie rose pale. Elle avait relevé ses cheveux en un joli chignon négligé.
-Tu es comme toujours sublime. Dit John avant de se tourner vers Sherlock. N'est-ce pas Sherlock ?
-Je n'irai pas jusqu'à dire sublime, mais je dois avouer que cette robe te sied. Dit Sherlock, toujours aussi avare en compliment, ce qui poussa John à pousser un soupir se demandant bien ce qu'il pouvait espérer.
-Merci. Dit-elle simplement. Ce soir j'ai voulu vous remercier tous les trois pour tout ce que vous avez fait pour moi ces 5 derniers mois. Dit-elle en leur servant un verre de champagne et en tendant à chacun son verre. A vous. Dit-elle avant de lever son verre à leur santé.
Ils trinquèrent à leur tour et elle sourit. Elle les invita ensuite à passer dans la cuisine où la table était déjà mise.
-Je n'avais pas le temps de préparer moi-même le repas, j'ai donc acheté tout chez le meilleur traiteur de Londres. J'ai les moyens maintenant ! Dit-elle en souriant fièrement.
Ils s'installèrent tous les quatre et passèrent une très agréable soirée. Après le dessert, Cassie s'absenta quelques instants et revint avec deux paquets et une enveloppe.
-Vous avez été tous les trois un très précieux soutien, à une période où j'étais très stressée. Pour vous remercier dignement je vous ai acheté à chacun un cadeau.
-Tu n'aurais pas dû ma chérie. Dit Mme Hudson.
-Au contraire, rien ne peut assez montrer ma gratitude pour toi tante Martha : tu m'as hébergée chez toi et sans ça je n'aurai jamais pu réussir. Tiens ça c'est pour toi.
Mme Hudson ouvrit son paquet et y trouva deux magnifiques boucles d'oreilles en diamant.
-Elles sont magnifiques. Dit-elle émue avant d'embrasser Cassie.
-C'est vrai tu les aimes ! Dit-elle contente. A ton tour John. Dit-elle en lui tendant une enveloppe.
Il prit l'enveloppe et l'ouvrit :
-Un séjour d'une semaine pour deux aux Caraïbes dans un palace !
-Pour Lise et toi, cela te permettra de te reposer et vous profiterez l'un de l'autre sans que qui que ce soit vous dérange. Dit-elle en faisant signe vers Sherlock avant de faire un clin d'œil à John.
-Cela a dû te coûter une fortune !
-J'ai les moyens de ma politique.
-Merci. Dit-il en la serrant dans ses bras.
-Et maintenant à ton tour Sherlock. Dit-elle en lui tendant le dernier paquet.
Il le regarda puis leva les yeux vers elle :
-Tu vas l'ouvrir ou pas ! Dit-elle impatiente.
Quand il ouvrit sa boite, il y trouva un smartphone :
-Je t'ai acheté le smartphone le plus puissant et le plus performant du marché. J'ai vu que tu travaillais énormément avec ton portable et je me suis dit qu'un outil aussi puissant t'aiderait dans tes enquêtes.
Il la regarda et la remercia poliment. Le cadeau était très bien c'est juste qu'il espérait quelque chose de plus personnel, intime… Il savait qu'il en demandait trop, elle le considérait comme un ami après tout.
Cassie se rendit compte que le cadeau ne lui avait pas spécialement plu et elle en fut déçue car elle aurait vraiment aimé lui faire plaisir. Néanmoins, elle décida de ne rien dire et fit semblant de le croire.
Ils profitèrent encore une heure de leur soirée avant que Mme Hudson décide d'aller se coucher, fatiguée par sa journée. John quant à lui en profita pour s'éclipser à son tour, d'une part, pour rejoindre Lise et lui parler du voyage, et, d'autre part, pour laisser ces deux-là tous seuls.
-Il ne reste plus que nous deux.
-Oui. Dit Sherlock en s'installant sur le fauteuil.
-Je suis désolée que le cadeau ne t'ait pas plu. C'est si difficile de savoir ce qui pourrait te faire réellement plaisir. Dit-elle en s'installant face à lui après être passée dans la cuisine récupérer quelque chose.
-Non, ton cadeau est un bon cadeau qui me servira.
-J'ai néanmoins prévu un autre cadeau mais celui-là il fallait que je te le donne en tête à tête. Cela concerne quelque chose que nous sommes seuls à savoir. Quand j'ai vu cet objet je n'ai pas pu m'empêcher de l'acheter.
Elle lui tendit une boite rouge rectangulaire. Il la prit alors et l'ouvrit. Il ne put s'empêcher de sourire : c'était une cravate avec pour motif des casquettes de chasse aux cerfs. Il avait eu ce qu'il voulait : un cadeau personnel, un cadeau intime.
-Contente que ça t'ait plu. Dit-elle en lui souriant.
Le sourire sincère de Sherlock avait enveloppé son cœur et elle éprouva pour lui une immense et soudaine tendresse. Elle s'était énormément attachée à lui et elle était en train de tomber amoureuse de lui. Ça empirait chaque jour et elle comprit alors que si elle ne quittait pas la maison bientôt, il lui serait de plus en plus difficile de le quitter. Elle détourna le regard et se redressa. Il fallait qu'elle parte. Demain matin, elle commencerait à chercher un appartement, avec l'argent qu'elle avait gagné, elle pouvait s'acheter l'appartement de ses rêves.
-Je commence à fatiguer. Je vais me coucher. Demain je reprends la rédaction de ma thèse et il faut que je sois en forme.
-Attends, dit Sherlock en se redressant, avant cela, pourrais-tu m'aider à la mettre. Je veux voir ce que cela donnera.
-Mais tu n'aimes pas mettre de cravate ?
-Cela sera l'exception qui confirmera la règle.
-Dis tu n'es pas encore en train de t'amuser à mes dépends ? Dit-elle méfiante.
-Non. Dit-il simplement en lui tendant la cravate.
Elle le regarda quelques instants non seulement méfiante envers lui mais surtout envers elle-même car avec ses nouveaux sentiments, cela serait dix fois plus dure de résister que la dernière fois. L'alcool qu'ils avaient bu ce soir n'aidant en rien. Mais ne rien faire serait peut-être plus suspect.
Elle s'approcha de lui et passa sa cravate autour de son cou. Son cœur battait la chamade alors que Sherlock, lui, restait parfaitement calme. Elle se concentra alors sur la seule chose qui représentait son salut : la cravate. Tant qu'elle évitait de croiser son regard tout irait bien. Elle fait le nœud, s'éloigne et prend une douche glacée quitte à ce qu'elle attrape une pneumonie !
Le plan était un bon plan, mais Sherlock ne l'entendait pas de cette oreille. Il vit qu'elle évitait son regard et il comprit alors qu'il avait largement raison de faire ce qu'il allait faire. Il souleva sa main droite et redressa légèrement le visage de Cassie quand elle croisa son regard ses pupilles se dilatèrent et c'est là qu'il l'embrassa. Sa main descendit vers sa nuque pour l'emprisonner et c'est alors qu'il approfondit le baiser. Il avait envie de la posséder entièrement. Leurs corps vibraient à l'unisson et ça commençait à terroriser Cassie. C'est alors que sa conscience s'éveilla brutalement et elle s'arracha à lui.
-Oh mon dieu… mais qu'est-ce qui vient de se passer ? Dit-elle en tentant de reprendre son souffle.
Sherlock avait la tête qui bourdonnait. Il analysait rapidement les nouvelles données. Il n'avait jamais ressenti ça, jamais.
-Pourquoi m'as-tu embrassée ? Cria-t-elle.
-Parce que j'en ressentais l'envie.
-Quoi ! Tu avais envie de m'embrasser alors tout naturellement tu l'as fait, sans savoir si je voulais t'embrasser !
-Tu le voulais, tes yeux t'ont trahie. Et puis d'après ce que j'ai vu et ressenti, le baiser ne t'a pas dérangée pour autant. Dit-il en s'asseyant sur l'accoudoir du fauteuil.
-Ne m'a pas dérangé ! Dit-elle en rougissant violemment. Ahhhhhhhhh ! Cria-t-elle enragée avant de faire demi-tour et de descendre les escaliers en trombe. Puis elle s'arrêta brusquement à mi-chemin et revint sur ses pas. Tu ne vas pas t'en sortir comme ça ! Pourquoi tu l'as fait ? Dit-elle en lui faisant face.
-Je te l'ai dit.
-Pourquoi en avais-tu envie ?
Sherlock la regarda alors quelques secondes, réfléchissant à sa réponse : les choses allaient désormais changer, il fallait qu'il soit sincère sinon elle ne lui pardonnerait jamais son geste. S'il ne lui disait pas qu'il était réellement attiré par elle, elle croirait que ce n'était qu'un de ses petits jeux psychologiques et là il la perdrait définitivement. Il passa donc à l'offensive.
-Parce que je suis attiré par toi. Dit-il en s'approchant d'elle.
-… quoi… Dit-elle surprise elle s'était préparée à ce qu'il lui annonce que ça faisait partie de ses foutues expérimentations mais ça elle ne l'avait pas prévu. Elle baissa les yeux réalisant alors ce qui se passait : ses sentiments pour lui étaient réciproques… Pouvait-elle pour autant se mettre avec lui, il était aussi associable qu'elle était sociable. Mais c'est vrai qu'il était capable de faire des efforts, pour John et même pour elle. Elle ne put s'empêcher de sourire : c'est pour cela que tu as été si adorable ces derniers mois. Dit-elle avant de le regarder droit dans les yeux. J'ai besoin que tu répondes à une autre question : où veux-tu que cela nous mène ?
-Je veux qu'on se donne une chance.
-Tu veux dire que tu veux qu'on sorte ensemble ? Dit-elle appelant un chat : un chat.
-Oui. Dit-il en soupirant ayant la désagréable impression d'être en situation de faiblesse, exposer ainsi ses sentiments n'était absolument pas une habitude chez lui.
-Sherlock, sais-tu ce que cela implique de sortir avec quelqu'un ?
-Oui, j'ai de vagues notions là-dessus basées surtout sur mes observations du comportement amoureux de John.
Elle sourit :
-C'est loin d'être suffisant tu sais, chaque couple est différent et surtout tu es différent de John. Tu es réellement un débutant. Je ne sais pas si j'ai réellement le temps de t'apprendre les bases… Dit-elle faisant mine de réfléchir mais sa décision était déjà prise.
Il sourit, elle ne disait pas non. Il s'approcha d'elle et glissa son bras autour de sa taille pour la rapprocher de lui.
-Cela veut dire oui ? Dit-il en se rapprochant d'elle pour l'embrasser, car maintenant qu'elle savait, il n'avait plus besoin de se contrôler et surtout de s'en priver.
-Oui. Dit-elle malgré la petite voix qui lui disait qu'elle risquait de souffrir, que Sherlock ne serait jamais comme la plupart des petits-copains… elle s'en foutait, elle voulait courir le risque. Sherlock avait certes des défauts mais il avait aussi beaucoup de qualités, il valait cette peine qu'il risquait de lui causer. Le fait qu'il l'ait embrassé, lui qui n'a jamais réellement montré d'intérêt aux femmes, prouvait qu'il tenait à elle car il avait sûrement du combattre ce sentiment et le fait que ce sentiment ait persisté prouvait que c'était plus sérieux qu'une passade. Et puis l'effet qu'il lui faisait quand il l'embrassait jouait largement dans la balance. Sa décision était prise et elle parcourut alors les quelques millimètres qui la séparaient de Sherlock pour l'embrasser. Elle glissa ses bras ensuite autour de son cou permettant à leur baiser de devenir bien plus langoureux.
Quand ils arrêtèrent de s'embrasser, ils étaient à bout de souffle.
-Cela étant dit, sur le plan des baisers, je dois avouer que je n'ai pas grand-chose à t'apprendre. Dit-elle les joues rouges.
-Tes baisers sont pas mal aussi.
-Oh ! Dit-elle en souriant. Seulement pas mal, je suppose donc que tu pourras t'en passer sans problème. Dit-elle nullement vexée car les yeux et le visage de Sherlock le trahissaient largement et elle fit mine de s'éloigner.
-Où vas-tu comme ça ? Dit-il en la retenant.
-Tu disais donc que mes baisers étaient seulement 'pas mal'…
-Je retire ce que j'ai dit : tes baisers sont… Il fut interrompu par un baiser de Cassie.
-Tu disais ? Dit-elle avant de l'embrasser encore une fois.
Sherlock avait fermé les yeux savourant chacun de ces petits baisers :
-Ils sont.. Un baiser… magiques.
Cassie sourit avant de l'embrasser encore une fois :
-Je croyais que le grand Sherlock ne croyait pas en la magie ?
-Il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis. Dit-il avant de la serrer dans ses bras pour ne plus arrêter de l'embrasser. Il ne s'en lassait pas et elle non plus.
Ils passèrent ainsi le reste de la soirée l'un dans les bras de l'autre, discutant tout en se contentant pour cette fois de tendres baisers. Mais demain était un autre jour, car ils commenceraient 'la relation à deux' la plus complexe qui pouvait exister puisqu'elle incluait dans l'équation l'inconnue 'Sherlock'.
