Sherlock se leva le matin de très bonne humeur et cela ne lui arrivait pas souvent. Cela il le devait à la soirée qu'il avait passé avec Cassie. Il comprenait mieux pourquoi John recherchait la compagnie féminine et qu'il ne renonçait jamais malgré ses échecs amoureux : l'amour ou l'attirance physique agissaient comme des drogues permettant la diffusion d'un certain nombre d'hormones dont le chef de fil était la phényléthylamine, et toutes ces hormones avaient un réel effet dopant. Rationaliste comme il l'était, il avait fait des recherches pour tenter de comprendre pourquoi elle avait un tel impact positif sur lui et son humeur souvent négative.
Mais hier ils étaient seuls, il a été plus facile pour lui qu'il ne le pensait de se lâcher et de profiter du moment et pour une fois son cerveau avait pris des vacances. Et il dut avouer que c'était bon pour une fois de lâcher prise. Mais là c'était le matin, son cerveau reprenait du service et il commençait à lui montrer ce que cela impliquait de sortir avec Cassie : il allait désormais apparaître comme étant un 'amoureux' lui qui passait son temps à dénigrer John et ses conquêtes, il se trouvait désormais dans la même position. Il ne savait pas comment, il comptait en parler à John, et à John uniquement. Les autres ne comptaient pas au final même si Lestrade risquait de se moquer de lui durant un long moment en guise de représailles. Quant à Mycroft…
Il chassa son frère de sa tête et se redressa. Non, pour le moment il n'était pas encore prêt à parler de sa relation à qui que ce soit, mais comme John habitait avec eux cela serait un peu compliqué tout en sachant que Cassie n'était pas du genre à garder ses relations amoureuses secrètes. Il serait peut-être préférable qu'il l'annonce à John en premier. Il prendrait ainsi le contrôle de la situation et ce dernier ne s'attaquerait pas trop à lui…
Non… il ne fallait pas rêver… Il était foutu car John ne le raterait sûrement pas, lui-même ne s'étant jamais gêné à le descendre en flamme.
Il se leva et se prépara avant de descendre prendre le petit-déjeuner. Mme Hudson comme d'habitude était en train de préparer la table et ils furent rejoints par John assez rapidement.
Sherlock regarda John se demandant comment il allait aborder le sujet quand Cassie entra. Il redressa alors le journal qu'il lisait faisant mine d'être réellement intéressé par un des articles.
-Bonjour tout le monde. Dit Cassie, un sourire en coin car elle comprit le manège de Sherlock, il était assurément gêné n'ayant pas l'habitude des relations amoureuses et ce qu'elles impliquaient comme comportement social. Mais bon aujourd'hui il apprendrait sa première leçon, Cassie n'était sûrement pas le genre à vivre une relation amoureuse en cachette.
-Bonjour ma chérie, tu as bien dormi ? Lui dit Mme Hudson.
-Oh très bien, comme un bébé. La soirée d'hier m'a fait un tel bien ! Dit-elle en prenant une gorgée de son café tout en jetant un regard lourd de sens à Sherlock.
Sherlock comprit qu'elle lui tendait une perche car étant donné le comportement de John, elle savait qu'il ne lui avait rien dit. Mais rien n'y faisait, il était capable d'affronter les pires dangers mais se tourner et dire à John de but en blanc : 'Je sors avec Cassie', c'était au-dessus de ses forces. C'est à ce moment-là qu'il comprit pour la première fois à quel point elle devenait sa faiblesse, car avec elle il était certes plus heureux mais il se sentait aussi plus fragile. Comme avec John, ce qui fut le cas le jour où Moriarty faillit le faire exploser à la piscine. Ce jour, il comprit l'importance qu'avait pris John dans sa vie de tous les jours. Cassie était aussi devenue importante dans sa vie et l'idée de la perdre un jour ne lui plaisait pas non plus.
-Au sujet d'hier soir, Lise te remercie pour le cadeau.
-Oh ce n'est rien, il faudra juste faire honneur au cadeau et en profiter. D'ailleurs, si le cadeau lui a plu pourquoi es-tu ce matin avec nous ?
-C'est parce qu'elle travaille tôt et que je suis sorti en même temps qu'elle.
-Oh ok.
-Qu'est-ce que vous avez fait hier après notre départ ? Demanda John espérant une évolution dans les rapports de ces deux-là ne se doutant pas vraiment de ce qui s'était passé.
-C'est vrai ça, qu'est-ce qu'on a fait Sherlock après le départ de John ? Dit Cassie en mettant ses coudes sur la table et en appuyant son menton sur ses mains croisées. Seconde et dernière perche.
-Rien de marquant. Dit-il sur un air détaché avant de soulever sa tasse pour boire une gorgée de son café, espérant que Cassie comprendrait qu'il ne veuille pas en parler, en tout cas pas ce matin.
John secoua la tête désespéré, proche du renoncement car après tout à quoi s'attendait-il !
Cassie sourit :
-Tout à fait, rien de spécial car si je me rappelle bien : on a terminé nos verres de vin, j'ai donné son second cadeau à Sherlock, en guise de remerciements, il m'a embrassée et demandée de sortir avec lui. Demande que j'ai eu d'ailleurs beaucoup de plaisir à accepter. En bref, la routine d'une soirée banale.
Sherlock s'étouffa dès le moment où elle parla du baiser, John et Mme Hudson quant à eux c'était une autre histoire : ils se mirent à rire, croyant à une blague. Cassie n'était à leurs yeux qu'en train de taquiner Sherlock et la réaction de ce dernier était très amusante. Cassie comprit que les actes étaient plus parlant que les paroles. Elle se redressa alors et contourna la table faisant mine d'aider Sherlock à essuyer le café renversé et alors qu'il était concentré sur ses vêtements elle prit son visage entre ses mains et, sans lui laisser le temps de réagir, l'embrassa.
La réaction de John et de Mme Hudson fut légèrement différente cette fois-ci : ils étaient restés sous le choc, la bouche entrouverte, laissant le temps à leur cerveau d'accepter ces nouvelles images comme faisant partie de la réalité.
-Bonté divine… Prononça enfin Mme Hudson.
-Mais…
-Je comprends parfaitement votre réaction, dit Cassie en revenant à sa place, j'aurai fait de même sachant que c'est de Sherlock qu'il s'agit, mais il fallait bien que je vous prouve que ce n'était pas une blague.
Sherlock la foudroya du regard, il ne s'attendait pas à ça, en fait, non, il espérait qu'elle n'oserait pas surtout en la présence de sa tante.
- Tu aurais pu quand même t'y prendre autrement ! Dit-il toujours aussi furieux.
-Mais mon cœur, rien d'autre ne les aurait convaincus ! Dit-elle innocemment et ayant fait exprès d'utiliser un mot doux car elle se doutait que cela risquait de l'agacer encore plus.
-Ne m'appelle pas comme ça !
-Comme quoi ? Mon cœur ? Tu préfères mon ange ou mon a… Elle se tut il y avait certains mots avec lesquels elle ne pouvait pas plaisanter, et 'mon amour' en faisait partie. Si tu ne veux pas que je recommence tu n'as pas intérêt à cacher notre relation à nos proches et tu n'as certainement pas intérêt à m'ignorer, sinon je te jure que je recommence en choisissant ce qu'il y a de plus mièvre au monde ! Dit-elle en reprenant son verre pour boire son café avant qu'il ne refroidisse.
-Tu sors avec Cassie ? Dit John en se tournant vers Sherlock, ne réalisant pas vraiment, il était donc réellement capable de tomber amoureux.
-Oui et alors ! Dit Sherlock sur la défensive, la meilleure défense a toujours été l'attaque.
- Eh bien, permets-moi de te présenter toutes mes félicitations. J'avais peur que tu continues à faire ton abruti social. Je suis bien content de m'être trompé. Dit-il en lui souriant, il y avait donc des chances qu'il ne finisse pas sa vie seul.
John se tourna ensuite vers Cassie :
-Mes félicitations ma chère, as-tu pensé à contacter le Guinness ?
-J'ai bien essayé ce matin mais ils ne doivent ouvrir leurs bureaux que vers 10h, je leur ai donc envoyé un mail.
-Le bureau du Guinness ? Demanda Mme Hudson se remettant à peine du choc.
-Pour être la première femme à avoir à ce point adouci le cerveau du cynique Sherlock. Dit John.
-Je n'ai aucun mérite là-dessus, mon génie y est sûrement pour quelque chose, sans oublier mon physique de rêve, ma voix mélodieuse…
-Ton côté emmerdeur ! Dit Sherlock, agacé.
-Oh ça aussi. Dit-elle en lui faisant un beau sourire.
Sherlock se redressa alors brusquement et monta à l'étage, d'une part parce qu'il était très gêné et d'autre part parce qu'il avait envie de l'embrasser et il était hors de question qu'il cède à ses pulsions devant John. Comment faisait-elle pour l'agacer autant tout en l'attirant…
Cassie sourit puis se tourna vers sa tante :
-Désolée tantine, je ne voulais pas garder cela secret.
-Eh bien, ma chérie si quelqu'un m'avait dit il y a de cela quelques mois que tu finirais par séduire Sherlock, je ne l'aurai pas cru une seconde, pas plus qu'il y a de cela quelques minutes. Si je ne l'avais pas vu de mes yeux, je n'y aurai jamais cru. Surtout que je n'avais rien remarqué.
-Moi non plus, je n'ai rien remarqué. Et toi John ?
-Moi, je l'ai compris au moment où je vous avais vu allongés ensemble sur le canapé. Jamais Sherlock ne se serait laissé aller comme cela et ce avec personne.
Elle sourit, c'est vrai, elle aurait pu commencer à s'en douter alors mais elle avait une telle image de lui que cela ne lui aurait même pas traversé l'esprit.
-Tu avais raison de dire qu'il était plein de surprises. Dit-elle se rappelant de la première conversation qu'elle eut avec John.
-Quand je te l'ai dit, j'en espérai pas tant. Dit-il en souriant réellement heureux pour son ami. Et puis maintenant il ne peut plus me charrier autant sur mes conquêtes !
-A ta place, je ne me ferai pas trop d'illusions, Sherlock restera toujours l'être asocial que nous sommes qu'une poignée à supporter.
John soupira, elle avait raison.
Après son petit-déjeuner, Cassie monta à l'étage et s'arrêta sur le palier du salon, s'appuyant sur le mur les bras croisés. Elle resta à le regarder sans rien dire, à vrai dire elle réfléchissait : Sherlock lui plaisait, c'était indéniable, mais elle sortait d'une relation de plus de deux ans et elle ne voulait pas répéter les mêmes erreurs. En réalité elle ne pensait pas sortir avec quelqu'un si tôt… si vite… S'il y a une chose qu'elle avait apprise avec Mike c'est que désormais elle penserait à son propre bonheur avant tout. Sherlock la rendrait-il heureuse ?
Sherlock qui était focalisé sur son ordinateur l'avait ignorée un moment, attendant qu'elle fasse le premier pas. Voyant qu'elle ne réagissait pas il se tourna vers elle et la vit le regard dans le vide. Elle semblait méditative.
-Tu avais quelque chose à me dire ? Dit-il en se tournant complètement vers elle.
-Je veux une vraie relation Sherlock. Dit-elle en le regardant.
Il se tourna vers son ordinateur ne sachant pas réellement quoi répondre. Elle se redressa alors et fit demi-tour, se dirigeant vers sa chambre.
-Moi aussi.
Elle s'arrêta, attendant la suite.
-Je ne sais pas où cela nous mènera mais je ferai les efforts nécessaires pour que cela marche.
Elle sourit, elle savait ce que cela impliquait pour Sherlock de dire cela.
-Idem. Fut sa seule réponse avant de monter dans sa chambre.
Les quelques jours qui suivirent, ils vaguèrent à leurs occupations habituelles : Sherlock s'occupant d'une de ses enquêtes et Cassie de sa thèse. Ils se retrouvaient quand ils le pouvaient durant le déjeuner et durant le diner quand Sherlock et John n'étaient pas occupés par une affaire. Mais le seul moment où ils arrivaient à être réellement seuls c'était le soir, après le diner. La première fois qu'ils se retrouvèrent tous seuls ce ne fut pas facile. Pas facile pour Sherlock. On lui avait toujours appris à ne jamais montrer ses sentiments, être sentimental n'était définitivement pas une caractéristique des Holmes, que cela soit du côté des hommes ou des femmes. Mycroft et lui en étaient d'ailleurs la parfaite illustration.
Cassie quant à elle agissait naturellement car dès que John quittait le salon pour sa chambre, elle s'approchait généralement de lui pour l'embrasser ou pour rester dans ses bras avant de discuter tranquillement.
Ce quatrième soir, elle ne dérogea pas à la règle, et ce même si elle sentait le malaise de Sherlock mais elle savait que c'était surtout dû à la peur de l'inconnu qui dans ce cas consistait dans le fait d'entretenir une relation amoureuse. Chose qui était naturelle pour elle alors que pour lui ça s'approchait plus d'un acte contre-nature, l'idée la fit sourire. Malgré cela, dès le moment où ils s'embrassaient tout rentrait dans l'ordre.
Elle se leva donc et se dirigea vers lui avant de s'asseoir sur ses genoux. Elle mit ses bras autour de son cou avant de se pencher pour l'embrasser.
-J'en avais envie depuis ce midi et je dois te dire que cette petite envie a grandi tout au long de l'après-midi au point de m'empêcher à plusieurs moments de me concentrer.
-Je dois avouer que moi aussi. Dit-il en souriant : C'est très étrange pour moi d'entamer une relation aussi intime avec quelqu'un.
Elle lui sourit :
-Pourquoi moi ?
-Comment cela ?
-Pourquoi parmi toutes les femmes que tu as croisé durant ta vie, c'est moi que tu as choisi.
-Je ne sais pas à vrai dire. Je ne peux pas dire que ce fut le coup de foudre dès la première seconde, mais tu m'as pris à contrepied lors de notre première rencontre. Ce qui m'avait agacé plus qu'autre chose.
-Oui j'ai vu.
-Ensuite j'ai commencé à t'observer et j'ai commencé à t'apprécier. A mon tour : pourquoi moi ?
-Il faut croire que le génie c'est sexy ! Dit-elle en souriant.
-Irène disait la même chose : 'Aujourd'hui il n'y a pas plus sexy que l'intelligence'.
Le sourire de Cassie disparut :
-Elle doit te manquer. Dit-elle triste pour lui, pensant toujours qu'Irène était décédée.
-Oui, parfois. Dit-il si naturellement qu'il fut surpris de se confier à ce sujet si facilement. Il n'en avait jamais parlé, pas même à John, même si ce dernier se doutait de son attachement pour Irène.
Elle lui sourit et décida de changer de sujet :
-Et si on sortait ce soir regarder un film pour nous changer les idées, il nous reste encore la dernière séance, on va sûrement trouver un film qui pourrait nous intéresser. Dit-elle en se tournant vers le portable de Sherlock pour lancer une recherche.
Sherlock l'interrompit alors en retenant ses mains.
-Je préfère qu'on reste ici.
-Pourquoi ? Ça serait bien de sortir un peu surtout que je suis restée à la maison toute la journée.
-Je préfère ne pas afficher notre relation en public.
Elle allait répondre puis se tut avant de détourner les yeux.
-Comprends moi, ce n'est pas que j'ai honte de mes sentiment pour toi, mais bien malgré moi je suis devenu quelqu'un de connu et j'ai un certain nombre d'ennemis. S'ils te voient avec moi, tu deviendras leur cible. John en a déjà subi les conséquences, je ne veux pas que cela t'arrive à toi aussi. Il préférait lui dire la vérité quitte à la perdre même si son cœur était à ce point serré qu'il lui faisait mal. Une voix se mit alors à lui dire que cela serait mieux qu'il arrête leur relation maintenant avant qu'ils ne s'attachent trop l'un à l'autre car avait-il le droit de la mettre ainsi en danger… une autre voix s'éveilla lors et lui dit que c'était déjà trop tard, qu'il n'était pas capable de la quitter. Il n'en avait pas le courage et il laissa la décision entre ses mains à elle, se traitant d'égoïste et de lâche. Car comme il n'avait pas pu chasser John de sa vie, il était incapable de faire de même avec elle. Il s'était désormais habitué à ne plus être seul, et il aimait cette sensation.
Elle resta ainsi le regard dans le vide quelques secondes. Elle se donnait alors le choix car pour elle une relation de couple normale impliquait d'être vécue au grand jour. Mais une relation amoureuse avec Sherlock était loin d'être normale, si elle le voulait c'est ce genre de concessions qu'elle devait faire. Etait-elle prête à les faire ? La réponse fut 'non', sans réelle hésitation. Elle n'était plus capable de faire ce genre de concessions par amour, elle avait tout quitté pour Mike et cela lui avait couté cher. Elle voulait une vraie relation et rien ne la pousserait à faire ce genre de concessions. Elle se tourna alors vers lui :
-Tu n'as malheureusement pas le droit de choisir pour moi. Dit-elle en se redressant. C'est après tout ma vie et j'ai fait le choix de sortir avec toi. Les risques que j'encoure sont mon affaire et je t'interdis d'utiliser cela pour ne me donner que la moitié d'une relation. Je veux pouvoir sortir avec toi pour voir un film, aller au restaurant, me balader main dans la main avec toi dans le parc. Si tu refuses de me donner ça sous prétexte de me protéger comme on protège une enfant, je préfère qu'on arrête là. John n'a jamais eu droit à ce choix de ta part malgré tous les risques qu'il a encouru. Je te demande donc de ne pas m'imposer ce choix. Dit-elle, sa raison prenant désormais pleinement le contrôle, écrasant son cœur. Elle préférait couper court maintenant tant qu'ils en étaient qu'au début, tant qu'elle en était encore capable.
Elle s'était renfermée d'un coup et Sherlock comprit qu'il allait la perdre. Elle avait raison, il la surprotégeait car il n'avait jamais pensé à dire cela à John. Pour lui c'était un homme qui avait l'habitude du danger et qu'à partir de ce moment-là il savait ce qu'il risquait. Et puis John aimait le danger autant que lui. Mais elle, elle n'avait pas l'habitude de ce genre de vie, elle venait juste de sortir du monde dangereux des jeux illégaux…
Elle le regarda hésiter puis se tourna :
-Si c'est fini, tu dois le dire. Dit-elle le cœur déchiré.
-C'est fini.
Elle se mordit la lèvre se refusant à pleurer. Elle pleurait facilement ces derniers temps, elle était bien trop à cran, autant de stress sur une si longue période l'avait épuisé moralement.
-Comme cela les choses sont claires. Dit-elle en descendant les marches avant de prendre son manteau pour sortir.
Sherlock se redressa alors brusquement et jeta toutes les affaires sur le bureau par terre en criant de rage. Il avait besoin d'une cigarette, il avait violemment besoin de plus qu'une cigarette. Il sentait sa tête sur le point d'exploser.
Mme Hudson ayant entendu le boucan qu'il avait fait, monta les escaliers :
-Sherlock ! Dit-elle surprise en voyant l'état du salon et surtout son état à lui. Mais qu'est-ce qui se passe ?
John sortit à ce moment de sa chambre et vit Sherlock en train de tourner en rond dans le salon, cherchant dans ses différentes cachettes des cigarettes.
-Qu'est-ce qui t'arrive Sherlock ! Dit-il ne comprenant pas pourquoi il s'était mis dans cet état.
-Une cigarette. Il m'en faut une maintenant ! Cria-t-il.
-Calme-toi Sherlock.
-Tu vas m'en acheter ou merde ! Si tu ne le fais pas j'irai moi-même et je risque de prendre quelque chose de plus fort.
-Je sors en acheter. Dit Mme Hudson comprenant que Sherlock était sérieux cette fois-ci.
John s'approcha de lui espérant ainsi réussir à le calmer un peu.
-Sherlock dis-moi ce qui s'est passé.
-C'est fini avec Cassie.
C'est à ce moment que John remarqua l'absence de Cassie :
-Mais pourquoi, vous sembliez bien tous les deux quand je vous ai laissé il y a quelques minutes?
-Il se fait que je me suis rendu compte que ma vie dangereuse pouvait lui faire courir des risques. Tu me diras que j'aurai pu y penser avant, mais ce n'est pas mon cerveau qui était aux commandes.
-Et où est-elle ?
-Elle est sortie.
John prit son téléphone et l'appela c'est alors qu'il entendit son téléphone sonner. Il se tourna vers la table basse et le récupéra. Il lui parlerait dès qu'elle rentrera.
-Que t'a-t-elle dit ?
-Que je n'avais pas le droit de décider pour elle.
John se rappela alors ce qui s'était passé avec Sarah, elle avait été en danger avec lui dès leur premier rendez-vous. Il savait que son métier était dangereux mais il n'avait jamais voulu que cela l'empêche d'avoir une vie normale. Sherlock devait le comprendre aussi.
-Sherlock, tu ne peux pas la surprotéger comme cela.
Sherlock le regarda et ne put retenir un rire sarcastique :
-C'est exactement ce qu'elle a dit.
-Sherlock tu ne peux pas te priver d'une vie normale…
-Je n'ai jamais voulu une vie normale.
-Jusqu'à présent, jusqu'à Cassie. Ne fais pas ça, il est encore temps de revenir en arrière.
Sherlock serra alors les poings avant de s'asseoir sur son fauteuil.
-J'ai peur John. Cela commence à peine et j'ai déjà peur de la perdre de cette manière-là.
-Je sais, je comprends ce que tu ressens, mais si tu continues comme ça à avoir peur de perdre les gens que tu aimes tu finiras ta vie seul. Et je ne veux pas que tu sois seul.
-Tu es pourtant là toi. Dit Sherlock en se tournant vers lui.
-Je serai toujours là pour toi mais je ne pourrai jamais t'apporter ce qu'elle pourra t'apporter.
Mme Hudson entra alors et lui tendit une unique et seule cigarette.
-Une seule. Dit-elle ne faisant que cette seule concession avant de se retirer les laissant seuls.
Il la prit et l'alluma avant d'inspirer profondément. La fumée alliée à ce que lui a dit John commençaient à l'apaiser.
-John, c'est trop tard, je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit. Mettre fin à ce lien est la meilleure façon de la protéger.
-Et de te protéger ? C'est cela ? Regarde dans quel état tu es.
-Cela passera.
-Sherlock tu es ce qu'il y a de plus éloigné d'un cœur d'artichaut, tout le monde sait que tu n'es pas du genre à tomber amoureux. Circonspect comme tu l'es, tu n'es pas du genre à te lancer dans une relation si tes sentiments n'avaient pas à ce point pris le pas sur ta raison. Je te le dis : ça ne passera pas, tu ne pourras pas te passer d'elle.
-Tu veux parier. Dit Sherlock un sourire sarcastique aux lèvres, ne le prenant pas au sérieux car il n'était pas homme à se faire guider par ses sentiments.
-Pari tenu. Dit John en s'installant face à lui, ce soir il ne le laisserait pas seul et demain dès que Cassie sera rentrée il lui parlera.
La soirée fut silencieuse et John ne voulant pas forcer Sherlock à parler car de toute façon tout avait été dit, alluma la télévision. Il finit par s'endormir vers 3h du matin. Quand il se réveilla, il trouva Sherlock endormi sur son fauteuil.
Il était 10h du matin, il se redressa et s'étira avant de partir pour se débarbouiller, une douche l'aiderait à détendre ses muscles après une nuit passée sur le fauteuil. Quand il revint il ne trouva pas Sherlock mais entendit la douche. Mme Hudson avait commencé à mettre la table pour le petit-déjeuner.
-Bonjour Mme Hudson.
-Bonjour, John. Dit-elle avec un faible sourire. Comment va-t-il ?
-Je ne sais pas vraiment, quand je me suis réveillé il dormait encore, je ne l'ai pas encore vu. Dit-il en s'installant sur sa chaise.
Sherlock arriva alors terminant de se sécher les cheveux avec une serviette.
Il s'installa à son tour à sa place et prit le journal qu'avait monté Mme Hudson avec elle.
Ils restèrent à l'observer essayant de savoir dans quel état il était. Après quelques minutes il abaissa le journal :
-Plait-il ?
-Comment ? Demanda John.
-Pourquoi me regardez-vous tous les deux en chien de faïence ?
-Comment te sens-tu ?
-John, je ne suis pas mourant. Dit-il agacé par cet excès d'attention.
-Je sais, cela n'empêche que je m'inquiète pour toi.
-Eh bien, tu ne devrais pas, mère poule. Dit-il en redressant son journal puis ses mains se crispèrent au moment même où Cassie entra dans le salon.
-Bonjour tout le monde. Dit-elle en souriant à John et à sa tante, elle s'approcha ensuite de Sherlock et abaissa son journal : Bonjour Sherlock.
-Bonjour. Dit-il en redressant le journal car il n'avait pas encore la force de la regarder.
-Toujours d'aussi bon poil ! Dit-elle en s'installant à son tour. Ça sent bon tantine ! Dit-elle en se penchant sur les petits pains préparés par sa tante.
-Ça va Cassie ? Demanda John inquiet pour elle car sa réaction n'était pas celle à laquelle il s'attendait car il savait qu'elle était très attachée à Sherlock.
-Oui, très bien pourquoi ?
-C'est par rapport à hier.
-Oh ça, eh bien j'ai battu mon record, je me suis fait jeter après 5 jours de relation, ma relation la plus courte ayant duré trois mois. Mais bon on est des adultes. Je te rassure donc : je vais très bien.
-Ce n'est pas vrai vous n'allez pas bien tous les deux. Dit John lassé.
-Ouh la ! Vous avez vu l'heure ! Dit Cassie en changeant de sujet et en se redressant brusquement : il faut que je parte à la fac.
-Mais tu n'as rien mangé. Dit sa tante inquiète.
-Je prends alors deux de ces petits pains. Ça me suffira. Dit-elle en remontant dans sa chambre avant de descendre rapidement avec son sac contenant son ordinateur portable.
John secoua la tête se disant que c'était mal parti. Il se tourna vers Sherlock et le trouva toujours plongé dans son journal, focalisé sur la même page, lui qui avait tendance à parcourir rapidement ses journaux, prenait tout son temps désormais.
Le téléphone de Sherlock sonna alors, c'était Lestrade qui avait besoin de ses services. Sherlock ne fut jamais aussi heureux d'aider Lestrade, cela lui occuperait l'esprit et lui permettrait de focaliser son attention sur autre chose que Cassie.
Durant les jours qui suivirent, Sherlock et Cassie s'évitèrent mutuellement, ne s'adressant pas la parole durant les repas, ce qui avait tendance à jeter un froid à table et ce malgré tous les efforts de John et de Mme Hudson.
Elle avait bien essayé de faire parler sa nièce mais rien n'y faisait elle changeait automatiquement de sujet.
John n'avait pas plus de résultat que cela soit avec l'un ou l'autre. Il ne savait pas comment les remettre ensemble car ils étaient visiblement malheureux. Cassie partait dans deux semaines, c'est ce qu'elle avait dit à sa tante qui le répéta à John. Elle lui avait aussi dit qu'elle cherchait un appartement à Londres et si elle en trouvait un avant elle partirait plus tôt. Sa tante lui avait bien dit qu'elle pouvait rester autant qu'elle le voulait, Cassie n'en démordait pas. Elle avait assez squatté chez elle.
John ruminait ces pensées lorsqu'ils rentrèrent tous les deux ce soir-là. Mme Hudson était en bas près des marches et regardait en direction du premier étage très concentrée.
-Mme Hudson puis-je savoir ce que vous faites ? demanda Sherlock.
Elle se tourna vers lui hésitante ne sachant comment lui répondre :
-C'est Mike. Il est au premier étage avec Cassie.
Sherlock serra les gants qu'il venait juste d'ôter.
-Mike est là ! Demanda John.
-Oui et d'après ce que j'ai compris, il est venu récupérer Cassie.
-Mme Hudson, Cassie n'est pas un objet qu'on récupère. Dit Sherlock agacé.
John le regarda sentant sa colère monter.
Sherlock enleva son manteau l'accrocha et commença à monter les marches.
-Sherlock, vous devriez peut-être les laisser seuls ? Se risqua à dire Mme Hudson.
-Ils sont dans mon salon, s'ils veulent de l'intimité, ils n'ont qu'à aller dans sa chambre.
-Sherlock ! Dit John tentant à son tour de l'arrêter.
Sherlock continua sur sa lancée et monta les marches qui le séparaient du premier étage. Quand il arriva à l'étage, il trouva Mike serrant Cassie dans ses bras.
-Tu m'as tellement manqué. Lui disait-il.
Mike était grand et blond. Il était large d'épaules et c'était d'autant plus flagrant qu'il enveloppait complètement Cassie, Cassie qui du haut de ses 1m70 était loin d'être petite de taille.
Sherlock serra les dents car il s'était toujours imaginé Mike tel un petit nabot, gros et avec une sale gueule. N'ayant basé ses déductions que sur sa jalousie mais cela il ne le reconnaitrait pas. La jalousie, au même titre que les autres sentiments n'avait pas droit de cité dans son vocabulaire.
Sherlock passa en les bousculant ce qui eut l'effet désiré par ce dernier car ils se séparèrent.
Mike se tourna vers lui prêt à protester quand il vit que c'était Sherlock et il se tut :
-M Holmes je présume. Dit-il en tendant sa main vers Sherlock après s'être avancé.
-Vous présumez bien sans grand mérite car vous êtes chez moi. Dit-il en se tournant vers eux, c'est alors qu'il vit Cassie en train d'essuyer ses larmes.
-Calme-toi Sherlock. Dit John en arrivant à son tour à l'étage. Bonsoir, je suis John Watson.
-Enchanté, je suis Mike Carter.
-Tu dois partir Mike. Dit Cassie.
-Promets-moi de réfléchir à ce que je t'ai dit. De toute façon je ne laisserai pas tomber aussi facilement. Dit-il avant de partir.
John se tourna vers Cassie :
-Ça va Cassie ?
-Non pas trop, j'ai mal à la tête. Je vais prendre une aspirine. Dit-elle avant de monter dans sa chambre.
John se tourna ensuite vers Sherlock :
-Qu'est-ce que tu comptes faire ?
-Moi, rien. Dit-il en s'installant devant son ordinateur.
-Comment peut-on être aussi intelligent et stupide à la fois !
-Pardon ? Dit Sherlock en le foudroyant du regard.
-Tu m'as très bien compris. Dit John avant de monter les escaliers qui conduisaient à la chambre de Cassie.
Il frappa à sa porte et n'ayant pas de réponse il entra. Cassie était allongée sur son lit dans le noir. John se risqua alors à allumer la lumière.
-Oh non, John s'il te plait éteint la lumière, j'ai affreusement mal à la tête. Dit-elle en se couvrant les yeux.
-Ok. Dit-il avant de s'exécuter pour ensuite s'approcher d'elle en s'asseyant sur le lit. C'est à ce point douloureux.
-Plus que tu ne l'imagines, je n'arrive pas à ouvrir les yeux. J'ai pris de l'aspirine mais je ne me sens vraiment pas bien.
-Attends, peut-être que tu couves quelque chose. Dit-il en tendant sa main pour toucher son front et il était chaud. Tu as de la fièvre, il faut que je t'ausculte.
John revint quelques instants plus tard avec sa trousse.
-Excuse-moi mais cette fois ci je suis obligé d'allumer la lumière.
Cassie se couvrit alors les yeux avec son bras. Il prit sa température :
-38.1. Effectivement tu as de la température. Dit-il avoir récupéré le thermomètre.
Il prit ensuite sa tension et elle était légèrement basse mais rien de méchant.
-As-tu mal à la gorge ou ailleurs ?
-Non. J'ai juste pas assez dormi ces derniers jours. Ça doit être la fatigue et le stress. Je continue à prendre de l'aspirine et quelques vitamines et cela ira mieux.
-C'est à cause de Sherlock et de Mike.
Cassie grimaça car sa douleur augmenta alors sentant que l'étau qui lui enserrait le crane s'était serré d'un cran.
-Pas maintenant, John, je t'en prie.
-Il va falloir que tu m'en parles car regarde ce que ça te fait de garder ça pour toi.
-Je sais.. Dit-il en essayant d'oublier sa douleur. Demain c'est promis je te dis tout, ce soir avec cette douleur j'en suis incapable.
-Ok, va pour demain. Je vais te ramener une compresse froide pour ta fièvre.
-Merci John.
John éteint la lumière et descendit à la cuisine pour récupérer un torchon et un bac pour l'eau.
-Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda Sherlock en le voyant se diriger directement vers la cuisine.
-Cassie a de la fièvre, je lui emmène donc une compresse humide pour faire baisser sa température.
-Elle est malade ?
-Non, juste de la fatigue et du stress. Dit-il en remplissant un petit bac d'eau qu'il comptait poser sur la table de chevet de Cassie.
Il humidifia le torchon et l'essora. Quand il se tourna il vit Sherlock qui suivait ses gestes comme s'il vérifiait s'il avait tout fait correctement pour aider Cassie. John commença alors sérieusement à s'énerver en voyant tout ce gâchis, cela se voyait qu'il était très inquiet pour elle et puis c'était de sa faute : s'il n'avait pas rompu elle serait en excellente santé maintenant et elle aurait su gérer Mike. Leur rupture l'avait fragilisée et voilà que Mike voulait donner le coup de grâce. La méthode diplomatique ne marcherait pas avec Sherlock, il disait s'inquiéter pour elle, il était temps de voir jusqu'à quel point.
John posa violemment le bac. Il descendit les marches vers la chambre de Mme Hudson puis remonta quelques minutes plus tard. Il se dirigea ensuite vers son fauteuil, s'y installa et prit son journal.
Sherlock qui était face à son ordinateur réussit à ne pas broncher pendant un certain moment qui sembla une éternité pour John mais il fallait qu'il tienne bon, pour son bonheur. Puis Sherlock finit par craquer :
-Je sais John que tu peux être très étourdi mais n'aurais-tu pas oublié quelque chose ?
-Quoi donc ? Dit John, le nez toujours rivé sur son journal.
-La compresse froide pour Cassie.
-Je te rassure je n'ai rien oublié car c'est toi qui la lui montera et ne pense même pas à en parler à Mme Hudson car je l'ai prévenue et elle a déjà pris son habituel somnifère. Ça sera donc à toi d'y aller.
-Comment cela !
-Tu es responsable de son état, c'est à toi de la soigner.
Sherlock sourit sachant pertinemment que John ne pourrait jamais la laisser souffrir de sa fièvre :
-Tu ne pourras pas rester sans la soigner. Dit Sherlock confiant, car au jeu de la patience il était bien plus fort que John.
Sherlock avait oublié un point qui pouvait fausser ses calculs : il était amoureux de Cassie et cela changeait tout.
John et Sherlock firent ce jeu de bras de fer mental pendant plus d'une heure et demi. John n'en démordait pas et Sherlock craqua.
-Et tu oses te dire médecin. Dit Sherlock en se redressant brusquement.
-Médecin et fier de l'être. N'allume pas la lumière quand tu entreras dans sa chambre, je ne sais pas si sa migraine est passée et ça a tendance à l'aggraver. Dit John en tournant l'une des pages de son second journal.
Sherlock entra dans la cuisine, récupéra le bac et le torchon avant de monter dans la chambre de Cassie. Il frappa légèrement à la porte mais n'eut pas de réponse.
Il entra et s'installa sur le lit en faisait bien attention à ne pas trop bouger le lit. Il posa le bac sur la table de chevet et y trempa la compresse avant de l'essorer. Cassie avait son bras qui lui couvrait le visage et il fut obligé de le lui ôter pour pouvoir appliquer la compresse ce qui eut pour effet de la réveiller. Le contact de la compresse la perturba un instant puis l'effet rafraichissant fit son effet et elle soupira soulagée de la chaleur qui lui enveloppait le crâne.
-Merci John, tu es un ange.
Comme la compresse lui couvrait les yeux elle ne vit pas que c'était Sherlock et il en fut soulagé. Quand il fut sur le point de se lever pour la laisser, elle lui retint la main.
-S'il te plait reste… Excuse-moi pour tout à l'heure, j'avais trop mal à la tête mais maintenant ça va un peu mieux… Tu as raison de dire que cela me soulagerait de parler de ce qui s'est passé. Dit-elle en lui serrant la main.
Il se rassit alors, si parler à John l'aiderait à se sentir mieux, alors il sera John.
-Il me manque tu sais…. Dit-elle en inspirant profondément. J'ai essayé de passer à autre chose, en m'occupant avec ma thèse, en pensant à autre chose mais rien n'y fait. Tout me fait penser à lui. J'ai fait semblant que tout allait bien pour essayer d'apaiser la situation avant mon départ... A vrai dire je voulais profiter de chaque moment que je passerai avec lui avant mon départ mais je n'arrive même pas à le regarder dans les yeux. J'ai envie de le toucher à chaque fois qu'il passe à côté de moi… Je ne sais pas pourquoi je suis à ce point attachée à lui. Avec lui c'est si intense… Cela n'a été comme ça avec Mike qu'après plusieurs mois d'une relation de couple. Alors qu'il a suffi à Sherlock de m'embrasser une fois pour que cela me grise à ce point.
Elle lâcha alors la main de Sherlock et se couvrit la tête avec son bras, commençant à pleurer.
-Je ne peux plus rester ici. Il faut que je parte... Demain je vais à l'hôtel en attendant de trouver mon appartement.
Le cœur de Sherlock se serra : il ne devait pas la laisser partir, il ne pouvait pas la laisser partir car lui aussi n'arrivait pas à passer à autre chose. Lui aussi avait tout le temps envie de la toucher.
-Je suis désolé. Dit-il doucement.
Elle enleva alors la compresse surprise.
-Sherlock!
-Je suis désolé de t'avoir fait souffrir. Je ne veux pas que tu partes. Je n'arrive pas à te laisser partir.
Elle lui sourit alors tout en continuant à pleurer, une partie d'elle lui criait de le faire sortir, que s'il lui faisait autant de mal après deux jours qu'en serait-il après… et puis elle se rappela l'intensité de ce qu'il lui faisait ressentir et elle ne s'était jamais sentie aussi vivante… elle prit alors sa décision :
-Il n'y a que toi pour réussir à me faire pleurer et sourire en même temps. Ces mots je ne croyais pas que tu me les dirais. Je croyais que c'était fini entre nous.
-Moi aussi… mais l'idée même que tu puisses partir m'est déjà très difficile, je ne sais pas ce qu'il en serait si tu partais. Dit-il en tendant la main pour lui essuyer ses larmes.
Elle retint sa main et ferma les yeux profitant de sa présence.
-Tu es donc prêt à tout me donner, à sortir diner avec moi, voir un film… Dit-elle en rouvrant les yeux.
-Oui.
Son sourire s'élargit et quand Sherlock le vit, il ne put s'empêcher de sourire cette fois-ci puis il se pencha et l'embrassa. Ses baisers étaient tendres, doux comme une caresse puis plus il y avait de contact avec ses lèvres plus il voulait les posséder, et de la tendresse à la passion la route fut courte. Cassie tendit alors sa main pour la glisser derrière la nuque de Sherlock avant de s'immiscer dans ses cheveux, voulant approfondir le baiser. C'est alors que Sherlock s'interrompit brusquement. Il lui donna un rapide baiser avant de se redresser.
-Mais…pourquoi ? Dit Cassie à bout de souffle, sa main sur son épaule.
Sherlock prit cette main et y déposa un baiser :
-Tu as de la fièvre et tu es fatiguée. Ce n'est pas le bon moment.
-N'importe quel moment est le bon moment avec toi. Dit-elle en se redressant pour l'embrasser mais il l'arrêta dans sa lancée et la repoussa gentiment sur le lit.
-Tu n'imagines pas la force mentale qu'il m'a fallu pour m'arrêter. Dit-il en lui repoussant une de ses mèches de cheveux.
Cassie le regarda frustrée avant de soupirer :
-Tu vas finir par me rendre folle….Dit-elle en renonçant à toute nouvelle tentative.
-Si tu me veux, tu dois guérir.
Elle ne put s'empêcher de sourire, il était si adorable quand il était attentionné.
-Dès que j'aurai rempli ma part du contrat, tu seras obligé de remplir la tienne.
-Sherlock Holmes n'a qu'une parole. Dit-il après lui avoir remis la compresse sur sa tête.
Il fit mine de se lever mais elle lui retint la main.
-Si cela ne te dérange pas, reste avec moi cette nuit. Dit-elle doucement.
Il se tourna vers elle hésitant puis enleva ses chaussures avant de s'allonger à ses côtés et de la prendre dans ses bras. Elle se blottit contre lui et ne tarda pas à s'endormir. Sherlock ne tardât pas à s'endormir à son tour, profitant de cet instant où elle était toute à lui, où ils n'étaient que tous les deux.
