Remarque aux lecteurs :

Oui, je sais, désolée, j'ai encore mis très longtemps avant de publier de nouveau, mais j'écris quand ma muse se décide enfin à venir me rendre une petite visite...

Donc cette fois, je vous offre 5 chapitres, un peu plus longs que d'habitude car j'ai revu mon découpage, et qui je l'espère vous plairont !


Le lendemain matin, McKay n'était pas très frais. Il n'avait cessé de se poser en boucle deux questions auxquelles il n'avait trouvé aucune réponse : combien et pourquoi. Combien de fois avait-il fait cela, et surtout pourquoi avait-il fait cela ? Il en était venu à la conclusion que la seule façon d'avoir des réponses était de demander directement à l'intéressé, j'ai nommé le Colonel John Sheppard.

Et pas de douche disponible le matin sur cette fichue planète, pour économiser l'eau à cause de la chaleur ! Bon, qu'à cela ne tienne, il prit une bouteille d'eau dans son sac, et se fit une légère toilette avec. Cela le réveilla suffisamment pour qu'il n'ait pas trop une tête de déterré en sortant de sa chambre. Manquerait plus que Sheppard lui fasse une remarque comme quoi il n'avait pas l'air d'avoir beaucoup dormi !

Il décida de rejoindre les autres dans la salle à manger, où un brunch local avait été préparé par leurs hôtes. Teyla et Ronon étaient déjà là, mais pas John. Teyla discutait avec le Chancelier tandis que Ronon s'empiffrait. Rodney remarqua que la fille du chef manquait aussi à l'appel. Le scientifique s'assit sans mot dire, faisant juste un signe de tête aux trois autres en guise de bonjour, et se servit un peu à manger en silence. Assis à côté, Ronon se pencha vers lui :

- Vous n'avez pas vu Sheppard ? Il se lève tôt d'habitude…

- Non, et je me fiche bien de savoir ce qui lui arrive… » répondit McKay d'un ton las.

Le Satédan fronça les sourcils, ce n'était pas habituel pour le scientifique d'être aussi… calme ? Et puis, il picorait dans son assiette au lieu de manger à toute vitesse comme à son habitude. Le Runner jeta un coup d'œil vers Teyla, qui lui fit un léger signe de tête pour indiquer qu'elle aussi avait vu que quelque chose clochait depuis la veille au soir.

Le Colonel arriva à ce moment-là, un sourire forcé sur le visage, qui s'évanouit à la vue de Rodney, qui de son coté plongea le nez dans son assiette pour ne pas croiser le regard du militaire. John s'assit entre Teyla et Ronon et garda le silence durant tout le brunch, les deux seuls à discuter étant l'Athosienne et le Chancelier.

John et Rodney furent sortis de leurs pensées par la voix de Ronon :

- C'est pas trop tôt !

Ils levèrent la tête pour voir Teyla lui jeter un regard noir, et comprirent que le Satédan avait dit cela car les négociations étaient terminées et qu'ils pouvaient enfin rentrer sur Atlantis. Le Chancelier se leva et les Atlantes en firent autant.

- Nadje va vous raccompagner au Cercle des Anciens.

Au moment où elle apparut, faisant un sourire charmeur au Colonel, celui-ci rougit et jeta machinalement un regard en biais au Canadien, ce qui lui permit d'apercevoir une grande tristesse dans les yeux bleus avant que tous deux ne détournent le regard.

Teyla, n'ayant rien manqué du manège entre les deux hommes, s'adressa au Chancelier.

- Je vous remercie de votre offre, mais nous préfèrerions faire la route entre nous, afin de pouvoir discuter de tout cela, avant de devoir faire notre rapport à notre chef.

- Bon très bien, comme vous le souhaiterez.

Teyla fit un dernier signe de tête au Chancelier et à sa fille en guise d'au revoir, imité par les autres Atlantes, et ils prirent tous les quatre le chemin de la Stargate, dans un silence pesant de gêne. Le passage à l'infirmerie d'Atlantis et la réunion de fin de mission de l'équipe se firent dans le mutisme le plus total de la part de John et Rodney. Même Ronon parla plus qu'eux ! A la fin de la réunion, Weir libéra ses chefs militaire et scientifique, mais demanda à Teyla et Ronon de rester :

- Que s'est-il passé pour que Sheppard et McKay boudent comme ça ?

- J'ignore quels sont les détails, mais je crois que cela a à voir avec la fille du Chancelier, Nadje.

- Ouais, Sheppard la dévorait des yeux hier, et ce matin il l'évitait ! » ajouta Ronon.

- Une compétition entre eux deux au sujet de cette femme, peut-être ?

- Je ne pense pas que cela soit si simple, mais je tenterais d'en savoir plus afin de les réconcilier.

- Merci Teyla. Je n'aimerais pas qu'ils soient en froid alors que nous devons aller diner chez les Geniis demain soir…

- C'est vrai qu'il y aussi ce problème à régler !

- J'espère sincèrement que ça n'en sera pas un. » répondit la diplomate au Runner. « Bien, allez vous reposer, on a une grosse journée demain. »


De leur côté, John et Rodney avaient pris la direction de leurs quartiers respectifs. Du moins, c'est ce que pensait le militaire, jusqu'à l'intersection où, au lieu de tourner, le Canadian le suivit. Le Colonel s'arrêta et fixa McKay, qui lui dit sans le regarder, d'un ton froid particulièrement non avenant :

- Il faut qu'on discute, Sheppard.

L'Américain soupira et reprit sa marche, toujours suivi par l'astrophysicien. Il ouvrit la porte de ses quartiers, s'effaça pour laisser entrer le scientifique, et referma derrière lui.

Face à face et les regards fixés au sol, chacun d'eux appréhendait cette confrontation. Rodney se décida le premier :

- Combien ?

- Comment ça ? » demanda John étonné.

- Combien de fois m'avez-vous trompé ? » reformula Rodney dans un soupire. « Et ne me redites pas que c'est la première et dernière fois… » ajouta-t-il dans un souffle.

Le militaire laissa passer un long moment de silence avant de répondre d'une voix presque inaudible :

- C'était la septième fois que je couche avec une femme depuis que nous sommes ensemble, mais il n'y a pas eu d'autre homme que toi…

Le scientifique ferma les yeux, sa mâchoire et ses poings se serrèrent. Sheppard s'éclaircit la voix :

- Rodney, je…

- Ne dites surtout pas que vous êtes désolé ! » l'interrompit le Canadien entre ses dents.

- Rodney… » murmura le Colonel.

- Une fois, vous auriez eu le droit d'être désolé, mais là…

Sa voix se brisa, la boule dans sa gorge l'empêchant de continuer.

John s'avança dans l'intention de prendre son amant dans ses bras, mais Rodney recula d'un pas dès qu'il sentit le militaire s'approcher, qui ne bougea plus.

Le scientifique prit quelques minutes pour reprendre son calme, puis rouvrit les yeux et regarda John, qui avait le regard fixé au sol.

Rodney avait un esprit cartésien qui n'avait pût s'empêcher de faire des maths : sept fois en trois mois, ça faisait environ une fois toutes les deux semaines.

Le Canadien s'avança jusqu'à presque toucher le militaire, qui ne bougea pas d'un iota. L'Américain semblait s'être statufié. Rodney pris les mains de son compagnon, qui frissonna.

- Pourquoi avez-vous fait cela, Sheppard ?

Encore une fois, le Colonel laissa passer un moment avant de répondre :

-Je ne sais pas mais…

Un ricanement l'interrompit. John leva les yeux sur Rodney, le scientifique n'avait que du mépris dans sa voix lorsqu'il parla, d'une voix mesurée :

- Réfléchissez-y, Sheppard, et lorsque vous serez en mesure de m'expliquer le pourquoi de vos actions, si toutefois il y en a un, nous pourrons alors terminer cette conversation.

Il lâcha les mains de John, se détourna de lui et ouvrit la porte.

- Pardonne-moi… » lui demanda le militaire dans un souffle.

McKay lui répondit sans même se retourner :

- Ca prendra du temps, Colonel, mais je suis sûr que, si vous y mettez du votre, ça ira mieux entre nous…

Ces paroles eurent l'effet d'un coup de masse sur la tête de Sheppard. Rodney venait de lui renvoyer ses propres paroles en plein face ! Mais cette fois, ce n'était pas de leur amitié dont il était question, mais de leur amour.

McKay s'en alla et les portes de la chambre de John se refermèrent sur lui.