Quand Rodney se réveilla le soir du quatrième jour, John était toujours à ses côtés. En effet, personne n'avait été en mesure de le convaincre d'aller prendre du repos.

- Doc ! Il se réveille !

- J'arrive ! » lui répondit Carson en quittant précipitamment son bureau.

- John ?

La voix du Canadien était faible et rauque. Sheppard lui sourit avant de s'écarter du lit pour laisser de la place à Beckett.

- Alors, comment vous sentez-vous ?

- Soif...

- Aye, c'est normal, cela fait quatre jours que vous êtes ici. » répondit le médecin en faisant signe à John de lui donner un verre d'eau avec une paille.

Rodney but quelques gorgées en grimaçant de douleur.

- J'ai... mal... quand... j'respire.

L'Ecossais posa sa main sur le bras du scientifique.

- Vous avez reçu une balle dans le poumon, et on a dû vous opérer. Le drain est toujours en place, on pourra vous l'enlever dans deux jours je pense. Mais après ça, il faudra éviter tout effort pendant au moins trois semaines, si vous ne voulez pas revenir ici très vite.

La grimace de Rodney à la dernière remarque du médecin n'avait rien à voir avec la douleur, et cela fit sourire ce dernier, qui lui tapota le bras en signe de réconfort.

- Bien, je vous laisse, vous avez encore besoin de repos. » il se tourna ensuite vers le militaire « Et vous aussi, vous devriez aller vous reposer un peu ! »

- Merci Doc. » répondit simplement Sheppard.

Carson soupira et sortit de la chambre.

John se rapprocha du lit et se racla la gorge.

- Bon bah, le Doc a dit repos, donc je vais vous laisser dormir...

Mais, au moment où il se détournait, il sentit sa manche être agrippée. Il tourna la tête et fixa Rodney dans les yeux.

- Pas votre faute.

Un ricanement amer lui échappa.

- Si, c'est ma faute. Je vous ai laissé seul près de la Porte, et vous avez été gravement blessé.

- John...

- Rodney, il faut se rendre à l'évidence : je ne suis ni un bon protecteur, ni un bon... compagnon... pour vous. Et je comprendrais si vous voulez changer d'équipe et... me quitter...

McKay lâcha la manche de Sheppard et lui prit la main, la serrant le plus fort qu'il le pouvait.

- Embrasse-moi...

Le murmure de Rodney serra le cœur de John, qui l'obligea à le lâcher et s'enfuit de l'infirmerie.


La nuit était tombée sur Atlantis.

Enfin seul dans ses quartiers, John fila sous la douche. Cela fit du bien à ses muscles endoloris par les cinq jours qu'il avait passés assis sur une chaise à l'infirmerie. Puis il enfila un boxer et se glissa sous ses draps. Il prit son traversin dans ses bras, et l'épuisement eut raison de lui.

Seul dans son lit d'hôpital, Rodney étouffa un sanglot. La pire souffrance qu'il ressentait à cet instant n'était pas physique. C'est son cœur meurtri qui le faisait endurer le martyre. Il s'obligea donc à ne se concentrer que sur sa respiration, et la douleur ayant finalement raison de lui, il s'endormit.


Rodney passa quatre jours supplémentaires à l'infirmerie, dont deux jours sans le drain, ce qui lui permit de respirer normalement.

Mais ces deux derniers jours, il ne les passa malheureusement pas à se reposer, pour la simple et bonne raison qu'il n'avait rien pour s'occuper l'esprit, et que l'absence de son Colonel lui pesait lourd. Donc, il avait cogité. Sur ce qu'il s'était passé sur M7P-319, puis leur discussion, le dîner chez les Geniis, et enfin, ce qu'avait dit Sheppard à son réveil.