Bonjour à tous, déjà merci à BlackHeart et Holly pour leurs reviews.
Holly : Donc moi je teste le concept de la réponse à review qui s'écrit au fur et à mesure de la review mdrr. Philip /Syréna, en gros tu as bien résumé la situation mais faut pas oublier pour la défense de Phil qu'il porte une sirène toute nue toute la journée mdrrr. Pour Angie, ma foi euh rien à rajouter, je note de dire à BB qu'Angie a une voix contre elle mdrrr. Hector est presque drole parfois mdrrrr et il déteste Domez… Et il est bien décidé à marquer des points. Pour le sparra euh oui plutôt mal parti, j'admets… Pour Liz et Phil ma foi ils sont bons amis… Et Domez n'a pas dit son dernier mot
BlackHeart : héhé c'est Hector qu'est ce que tu crois
Voilà, on approche, de la Fontaine, on approche…. J'avoue avoir eu beaucoup de mal avec la romance Philip/Syréna dans cette fic. Les contraintes de temporalité de la fic y sont d'ailleurs pour beaucoup, j'espère cependant que ma version vous paraitra crédible, bonne lecture et …reviews ?
Chapitre 21
Rien qu'une larme
Île Bimini, route de l'est,
Après avoir marché une bonne partie de la matinée, Elizabeth poussa un soupir de soulagement lorsque Blackbeard ordonna une halte.
« Enfin, souffla-t-elle avant de se laisser tomber dans l'herbe fraiche.
- Tu tiens pas la distance ? Se moqua Angelica. C'est sûr que tu as été plus habituée aux carrosses qu'à te servir de tes pieds.
- Autant que tu as passé de temps agenouillée dans ton couvent, riposta Elizabeth.
- Jack ne s'en plaint pas, sourit Angelica avec un air égrillard.
- Tu parles, » marmonna la jeune femme.
Ignorant les jacassements des deux idiotes, Blackbeard se tourna vers un zombie.
« Toi, prends la charogne et attache la à ce pieu. »
Philip se leva d'un bond tandis que le zombie enferrait les poignets de la sirène. Elizabeth lui lança un regard inquiet et s'approcha.
« Que faites-vous ? »
Blackbeard l'ignora et se pencha sur la sirène.
« Regarde autour de toi, charogne tu vois ces pieux ? »
Un silence buté lui répondit et Blackbeard poursuivit.
« Dans quelques heures, le soleil illuminera cet endroit, il brulera de tous ses feux, alors si tu ne veux pas être là quand ça se produira, pleure.
- Père ! Intervint Angelica. Vous ne pouvez pas. »
Blackbeard se retourna.
« Moi ? Mais je ne fais rien, c'est cette chose qui ne veut pas me donner ce que je veux. »
Philip poussa un cri de rage.
« Ce n'est pas UNE CHOSE ! ELLE A UN NOM ! »
Blackbeard frémit et s'approcha de Philip tandis qu'Elizabeth se rapprochait à son tour.
« Voyez-vous ça, et quel est-il curé ? »
Philip déglutit et hésita avant de lâcher.
« Elle s'appelle Syréna. »
Blackbeard ricana doucement tandis que Jack tapait dans le dos de Philip.
« Tu sais que t'as tout d'un pirate toi ?
- Quoi ? Balbutia Philip.
- Les pirates ont toujours des noms originaux pour toutes les choses, tu vois, j'ai connu un gars avec une jambe de bois et un œil de verre, tu sais comment on l'appelait ?
- Non…
- Bah Larry. »
Philip secoua la tête tandis qu'Angelica soupirait.
« Laisse tomber, il est saoul.
- Pas du tout ma princesse, » éructa Jack.
Rendu nerveux par la mention de la jambe de bois, Blackbeard tira en l'air.
« Ça suffit ! J'en ai assez de vos bouffonneries ! »
Tous sursautèrent et Blackbeard se tourna vers la sirène.
« Toi, Syréna, pleure.
- Non. »
Blackbeard embrassa la mare d'un geste.
« Ne me dis pas que tu ne les entends pas, les cris de souffrance de toutes tes sœurs qui sont mortes ici, desséchées par le soleil. Une petite larme, c'est tout ce que je te demande. »
Elizabeth blêmit tandis que Philip s'avançait, fou de rage.
« Arrêtez ! Pourquoi vous ne l'empêchez pas ? »
Blackbeard fit signe un homme qui ceintura Philip. Le jeune homme se débattit de toutes ses forces et Syréna avança malgré elle vers lui.
« Tiens donc… » Murmura Teach qui donna un violent coup dans le ventre de Philip.
Tandis qu'Elizabeth le regardait avec horreur, Philip poussa un gémissement.
« Non, il n'a rien fait ! » Protesta Syréna.
Un sourire mauvais aux lèvres Teach jeta un nouveau coup de pied dans le bas ventre de Philip qui se tordit de douleur sur le sol.
« Ouch, les bijoux de famille, » déglutit Jack.
Syréna gémit et leva ses yeux secs sur Blackbeard.
« Maudite engeance, aucune pitié n'est-ce pas ? Pas une larme pour celui qui t'a aidée pendant des jours et jours. Susurra Blackbeard. Dans ce cas, puisque sa douleur ne te fait rien, nous allons voir ce qu'il en est de la tienne. » Marmonna t'il alors que le soleil commençait à briller de plus en plus fort et déchirait les ombres à l'abri desquelles ils se trouvaient.
Elizabeth agenouillée près de Philip caressa les cheveux du jeune homme qui gémissait.
« Philip ? Ça va ? » S'inquiéta-t-elle.
Un nouveau gémissement lui répondit et Philip porta une main à son torse déformé.
« Il est blessé ! Pesta Elizabeth.
- Il y a toujours des blessés, rétorqua Blackbeard en sortant son sabre. Mais je vais lui faire la grâce de l'achever de mes mains. »
Elizabeth hoqueta tandis que Jack posait un regard cynique sur les mains qu'elle avait passées autour du corps du blessé pour le protéger. Comme pour Will, pesta-t-il intérieurement.
Angelica vit aussi le geste de protection d'Elizabeth et intervint, trop heureuse de trouver un moyen efficace d'éloigner Elizabeth de Jack.
« Père non ! C'est un prêtre, je vous en prie. »
Teach croisa le regard hostile d'Elizabeth posé sur lui et l'espace d'une seconde il y lut le reflet de sa propre inhumanité. En un instant il comprit que s'il tuait le curé maintenant, l'autre ne lui pardonnerait pas. Ce n'était pas tant que ça qu'il désirait son affection, à vrai dire il s'en fichait, mais tant qu'il n'était pas encore arrivé à la Fontaine mieux valait garder ses deux filles sous le coude. Un accident était si vite arrivé…
« Elizabeth, enlève cette chose de ma vue avant que je ne change d'avis. »
Pour une fois Elizabeth obéit et entraina Philip à l'écart tandis que Blackbeard s'asseyait, les yeux rivés à ceux de Syréna.
()()
Un peu à l'écart, Elizabeth s'empressa de verser de l'eau fraiche sur le visage de Philip et écarta ses mèches de cheveux.
« Pourquoi avez-vous fait ça ? Murmura-t-elle. Il a failli vous tuer. »
Philip poussa un gémissement et Elizabeth baissa les yeux sur son torse.
« Il a dû vous casser quelque chose, » déclara t'elle en passant ses doigts avec précaution sur la peau nue du jeune homme.
Non loin, Jack serra les poings alors qu'il observait la scène. En cet instant, la ressemblance entre Philip et Will sautait aux yeux et le pirate se détourna furieux. Elizabeth ne changerait jamais… Obsédée par son abruti de forgeron.
Elizabeth s'efforça de faire un bandage de fortune à Philip et comprima ses côtes. Le jeune homme gémit.
« Désolée, je suis obligée, en attendant qu'on vous trouve un médecin. »
Philip haleta.
« Ça va, je dois retourner près d'elle, la protéger… »
Elizabeth releva les yeux et un haut de cœur la fit frissonner à la vue des soubresauts du corps de Syréna alors que les rayons du soleil la chatouillaient à travers les feuilles.
« Pas maintenant, souffla-t-elle.
- Vous ne comprenez pas, je ne peux pas la laisser, je l'aime… » Souffla Philip avant de perdre connaissance.
Inquiète, Elizabeth se pencha sur lui avant de lever les yeux. Le soleil n'était pas encore à son zénith. Un nouveau haut de cœur la secoua à la pensée de ce qui arriverait si Syréna ne pleurait pas et elle se détourna pour vomir.
Île Bimini, route de l'ouest,
En tête du cortège, Héléna et Hector parlaient à bâtons rompus sous le regard sombre de Domez.
« Et ce fameux sabre dis m'en plus, tenta Barbossa, une lueur intéressée dans le regard.
- A quoi bon ? Je te l'ai dit il n'est d'aucune utilité sur terre.
- Mais il ne restera pas toujours à terre, insinua Barbossa. Celui qui s'en emparera possédera du même coup un sérieux avantage en mer. Une chose intéressante pour n'importe quel pirate. »
Héléna répondit d'un ton sec.
« Voilà pourquoi une fois Blackbeard mort, le sabre retrouvera la place qu'il n'aurait jamais dû quitter.
- C'est-à-dire ?
- L'océan, il appartient à Calypso.
- Pfff Calypso, cette mégère n'a pas besoin d'un sabre. »
Héléna s'immobilisa net.
« Hector je suis sérieuse. Ce sabre doit retrouver sa place. Il est maudit.
- Je n'ai vu aucune trace de malédiction pour celui qui le détient, pour ceux qu'il croise c'est autre chose, » rétorqua Barbossa.
Le regard d'Héléna se chargea de peine et Barbossa haussa le sourcil.
« Qu'est-ce que tu me caches ? Que sais-tu sur Blackbeard que tu te refuses encore à me révéler ? »
Héléna hésita, le moment était peut être venu de révéler l'entière vérité à Hector. Elle croisa le regard de Domez et ce dernier lui adressa une mise en garde silencieuse. Héléna frissonna et se souvint que Barbossa n'était pas seulement son amant des dernières nuits. C'était aussi un des Seigneurs de la Piraterie les plus retors et les plus prompts à la trahison. La vérité devrait attendre, elle ne pouvait pas prendre le risque qu'il la trahisse.
« Rien. Répondit-elle. Allez avance, il y a un pommier pas loin. »
Île Bimini, route du nord
La gorge sèche, Gibbs s'appuya contre un tronc. Il n'en pouvait plus des plans tordus de Jack. Pourquoi fallait-il qu'il se retrouve seul dans cette forêt à suivre les indications de ce maudit compas ?
« C'est la dernière fois Jack. » Maugréa Gibbs, mécontent.
Le second chercha sa flasque de rhum et un gémissement lui échappa en la découvrant vide.
« Maudit sois tu Jack ! »
A cet instant un hurlement déchirant secoua l'île et Gibbs déglutit. Finalement c'était peut-être pas si mal qu'il soit tout seul dans la forêt…
Île Bimini, route de l'ouest
Hector sursauta alors que le hurlement se faisait entendre.
« Qu'est-ce que c'était ? »
Héléna sourit méchamment.
« Le cri de souffrance d'une sirène. Cela ne peut vouloir dire qu'une chose.
- Laquelle ?
- Blackbeard se rapproche, il sera à la Fontaine dans un jour peut-être plus, ça dépend.
- De quoi ?
- Du temps que mettra cette charogne à pleurer, répondit Héléna d'un ton réjoui. Dépêchons nous, nous avons un jour de retard sur eux.
- Un jour ! S'exclama Hector. Mais comment est-ce possible ?
- La route la plus sûre est aussi la plus longue. »
La mine de Barbossa s'allongea et Héléna rit.
« Allons Hector, ne fait pas cette tête, je croyais que Sparrow devait les retarder. Aurais-tu perdu toute ta confiance en lui ?
- Il faudrait être malade pour avoir confiance en Sparrow ou en un quelconque autre pirate d'ailleurs.
- Je saurais m'en souvenir, murmura Héléna. Allez dépêchez nous ou alors nos amies les grenouilles y laisseront leur peau. »
Barbossa jeta un coup d'œil en direction du bocal répugnant qu'ils trimbalaient avec eux et grimaça.
« Rappelle-moi, pourquoi on les a pas déjà tuées ?
- Je ne te l'avais pas dit, observa Héléna avec un sourire. Le venin doit être frais. Maintenant avance. »
Île Bimini, route de l'est,
Syréna poussa un nouvel hurlement alors que sa chair grésillait et Blackbeard posa un regard narquois sur elle.
« Elle brûle de l'intérieur mais toujours aucune larme, ces choses sont réellement sans cœur. »
Syréna haleta et lui dédia un regard rempli de haine.
« Pleure et je te promets d'abréger tes souffrances, bestiole. »
Mal à l'aise, Jack détourna le regard et murmura.
« Dites, vous êtes sûr que c'est la bonne solution ?
- Pourquoi tu en as une autre ? »
Jack soupira tandis qu'un gémissement faible échappait à Syréna.
« Si tu t'inquiètes pour elle, rassure toi, ce genre d'engeance peut souffrir des jours avant de crever, elle pleurera avant ça. » Ricana Blackbeard.
A cet instant, Philip qui avait échappé à la surveillance d'Elizabeth se précipita vers eux.
« Philip ! N'y allez pas ! Hurla Elizabeth en courant à sa suite.
- Manquait plus que le curé, soupira Blackbeard avant de se tourner vers Philip. Tu me fatigues le prêtre. »
Philip gémit alors que deux zombies le retenaient sans douceur et il posa un regard désemparé sur Syréna. Les traits de la jeune sirène étaient tirés et des cernes entouraient ses yeux tandis que sa peau de nacre prenait une vilaine teinte brune. Révolté, il se tourna vers Angelica.
« Vous ! Lui lança-t-il. Vous vous dites croyante et vous cautionnez ça ? »
Angelica baissa les yeux tandis que Blackbeard faisait signe aux zombies de continuer à le maintenir.
« Répondez ! Hurla Philip. Est cela qu'on vous a appris Angelica ? A torturer vos semblables ?
- Elle n'est pas ma semblable, répondit la jeune femme. Ce n'est qu'un animal, un démon.
- Un animal ? S'étouffa presque Philip. Elle n'est pas un animal pas plus qu'elle n'est un démon où je ne sais quelle autre créature vile. Syréna est, elle est, bredouilla Philip les yeux plongés dans ceux de la sirène qui le regardait avec surprise. Elle est, continua t'il sans se rendre compte que les zombies venaient de le relâcher. Elle est la créature de Dieu au même titre que vous et que moi. La plus parfaite de toutes. Elle ne dissimule pas sa nature sous des apparences humaines comme vous, lança-t-il à Blackbeard. Elle est telle qu'on l'a créée et ainsi elle est parfaite. Son âme est pure, si une seule personne ici mérite d'être sauvée c'est elle et non vous. »
Philip haleta sous la douleur de ses côtes tandis qu'un silence de plomb tombait sur l'assemblée. Tous avaient les yeux fixés sur Syréna
Le jeune homme se tourna vers elle et se troubla à la vue de l'unique larme qui roulait sur sa joue et qu'un zombie s'empressait de recueillir dans une fiole.
« Une larme de joie, murmura Blackbeard avec cynisme. J'aurais dû savoir que ces charognes ne pouvaient pleurer que par égoïsme. »
Philip se troubla et se précipita vers elle.
« Syréna, pardon, je ne voulais pas, je ne suis pas avec eux.
- Je sais, haleta-t-elle. Tu es tellement bon Philip… »
Le jeune homme se redressa et se tourna vers Blackbeard.
« Vous avez eu ce que vous vouliez, relâchez la.
- La relâcher ? Sûrement pas ! Qu'elle crève ici. »
Philip poussa un hurlement de rage et se précipita vers lui, rapidement arrêté par deux zombies.
« Comment pouvez-vous être aussi inhumain ! Libérez-la !
- Cette bête n'hésiterait pas à nous dévorer si elle en avait l'occasion, lâcha Blackbeard. Allez, assez perdu de temps, on y va.
- Désolé petit mais il a raison, » murmura Jack à regret en commençant à avancer, suivi par Angelica.
Désemparé, Philip les vit reprendre la route et gémit.
« Par pitié…
- Implore ton Dieu, curé, » rit Blackbeard en fourrant les clés des fers qui retenaient Syréna dans sa poche.
Il avança de quelques pas et se tourna vers Elizabeth.
« Qu'est-ce que tu attends ?
- Je ne viens pas. »
Blackbeard manqua de s'étouffer de rage et la fixa.
« Je croyais que tu voulais sauver ton mari. »
Elizabeth se troubla mais secoua la tête.
« Je le veux toujours mais pas à ce prix. Je ne veux pas avoir à lui dire que je suis la fille d'un homme aussi cruel. »
Philip leva un regard embué sur elle et Elizabeth reprit, la gorge nouée.
« Libérez-la je vous en prie… Père. » Ajouta-t-elle avec un temps de retard.
Blackbeard tourna un regard rapide autour de lui et vit Angelica ébaucher un mouvement vers Elizabeth. Refuser maintenant risquerait de lui couter cher et de mettre sérieusement à mal son image de père attentionné qu'il avait eu assez de mal à bâtir. Tout en se représentant les tortures auxquelles il soumettrait Elizabeth une fois qu'il en aurait fini avec cette mascarade, Teach prit l'air inoffensif et jeta les clefs des fers à la jeune femme.
« Soit, ta bonté me désarme mon enfant. »
Elizabeth souffla avec soulagement.
« Merci Père. » Déclara-t-elle avant de poser les clefs dans la paume de Philip.
Le jeune homme lui adressa un regard rempli de reconnaissance et se précipita vers le pieu qui retenait Syréna. Les mains tremblantes, il défit les fers.
« Tu es libre, murmura-t-il avec émotion. Pardonne-moi pour tout ce qu'ils t'ont fait.
- Je te pardonne, » souffla Syréna.
La main de la sirène effleura la joue du jeune missionnaire et elle l'embrassa légèrement sur les lèvres avant de plonger et de fuir dans un battement de nageoire les hommes et leur cruauté.
Blackbeard se tourna vers Elizabeth.
« Es-tu satisfaite mon enfant ? Lui demanda-t-il d'une voix doucereuse.
- Je le suis. Répondit elle tandis que Philip, tremblant d'émotion, la rejoignait.
- Dans ce cas assez perdu de temps. » Lança Blackbeard.
La petite colonne se remit en route et Jack se retourna pour lancer un regard à Elizabeth. Celle-ci comprit le sens de son regard et sourit tristement.
« Elle aussi a le droit d'être libre, qu'elle soit femme ou sirène ne change rien. »
Île Bimini, route de l'ouest,
Tous conscients de l'urgence à présent que le silence régnait à nouveau sur l'île, Héléna et les autres progressaient en silence. Domez souffla tandis que Barbossa désignait une direction à Héléna.
« Si mes souvenirs sont bons, il y a un pont là-bas.
- Il est vieux et malaisé à emprunter, répondit Héléna.
- Mais pas impraticable. Combien de temps cela nous ferait-il gagner de le prendre ?
- Une demi-journée en admettant que nous en sortions vivants, répondit la jeune femme.
- Dans ce cas, pas d'hésitations, allons-y. »
Héléna posa un regard inquiet sur la jambe de bois du pirate.
« Nous ferions mieux d'éviter.
- Peste ! Je sais ce que je fais, j'en suis capable ! » Ragea Hector.
Leurs regards se nouèrent.
« Si nous ne le prenons pas, nous risquons de ne pas arriver à temps, tu le sais, murmura Hector.
- Héléna, il a raison, » intervint Domez à voix basse.
Une boule dans la gorge, la jeune femme soupira et céda.
()()
Précédé par Héléna et suivit par Domez, Hector posa avec soulagement sa jambe de bois sur la terre ferme.
« Tu vois, rien de si difficile, pavoisa t'il.
- Non rien, hormis que tu as failli tomber trois ou quatre fois, rétorqua Héléna, tendue.
- Un défaut de poids du à ma jambe, modéra Barbossa. Rien d'insurmontable. »
Héléna préféra ne pas répondre et se tourna vers le reste de la compagnie qui attendait de l'autre côté, attendu qu'ils avaient préféré ne pas surcharger le pont plus que nécessaire.
« Allez-y et soyez prudents ! »
Un à un les hommes traversèrent l'immense pont qui montait à pic et surmontait un ravin, le dernier était presque arrivé lorsqu'un craquement sinistre se fit entendre. L'homme jeta un regard paniqué vers eux et oscilla, le bocal de grenouilles entre les mains. Héléna poussa un hurlement en le voyant basculer tandis que le bocal retombait sur le pont.
« Non ! » Cria-t-elle alors que le pont s'affaissait.
Sans réfléchir, elle se précipita sur ce dernier alors que les liens cédaient. Pendant une seconde elle se vit basculer dans le ravin mais une main ferme emprisonna sa cheville et la tira en arrière sur la terre ferme.
« Tu es folle ! « Lui lança Barbossa.
Tremblante de peur, Héléna se força à lui faire face.
« Tu m'as quasi brisé la cheville.
- Tu préférais tomber ? »
La jeune femme ne répondit pas et tenta de se lever avec prudence. Contrairement à ce que sa terreur lui avait fait craindre, sa cheville n'était pas brisée, à peine douloureuse.
« Qu'est ce qui t'as pris ! La mort peut attendre parfois tu sais, pas la peine d'hâter le rendez-vous. »
Désemparée, Héléna fixa le gouffre.
« Les grenouilles… Murmura-t-elle. Maintenant nous n'avons plus le moindre avantage. »
Barbossa leva les yeux au ciel et ouvrit son manteau. Là, il tapota un bocal dans lequel s'ébattaient trois ou quatre batraciens.
« Tu crois ? »
Le visage d'Héléna s'éclaira et elle secoua la tête.
« Je croyais que tu les trouvais inutile.
- Je le crois toujours mais je me suis dit qu'une petite réserve serait bonne à prendre au cas où… »
Héléna retint un brusque élan d'affection et sourit.
« On continue ?
- Capitaine, » répondit Barbossa en soulevant son chapeau avec théâtralité.
