Crédits : les personnages, à quelques exceptions près, appartiennent à Maki Murakami, je me contente simplement de les emprunter. Merci beaucoup à Kris pour sa relecture !
Je remercie Lillybulle, Althena, Gaby, Para-san et Kris pour leur review !
Chapitre III
Une fois les visites de convenance à la famille effectuées – et Kami sait qu'il en aurait volontiers évité plusieurs s'il en avait eu le loisir – Suguru se retrouva libre de disposer comme bon lui semblait des semaines qu'il lui restait avant ses deux récitals. Certes, il lui fallait aussi travailler les morceaux qu'il allait présenter ; il avait beau être doué, il avait tout intérêt à répéter s'il voulait donner une prestation impeccable, car à son niveau toute erreur serait impardonnable.
Si son cousin Tôma avait été surpris par la vitesse à laquelle le garçon s'était acquitté de ses visites, il n'en avait rien laissé paraître ; Suguru était assez grand pour savoir ce qu'il avait à faire, tant qu'il prenait son travail au sérieux. Et, en effet, le jeune pianiste répétait plusieurs heures tous les matins sur le magnifique piano installé dans le salon de son parent.
Ce qui lui laissait ses après-midi de libre, et comme Suguru ne voulait pas rester enfermé, il avait pris le parti de se promener au hasard dans Tôkyô et de se laisser conduire au gré des bus et des métros. Sa visite dans le quartier où il avait vécu quelques années auparavant avait été une assez mauvaise idée, trop de souvenirs avaient été ravivés, et ils étaient trop douloureux encore pour être appréhendés avec sérénité. L'expérience avait été pénible, et il cherchait à présent à l'oublier.
Au gré de ses déambulations, Suguru finit un soir par se retrouver aux abords d'un petit parc. Il n'avait pas la moindre idée du lieu où il se trouvait, mais peu lui importait ; il avait simplement envie de faire le vide dans sa tête.
Plongé dans ses pensées, il passa sans le voir devant un petit groupe d'adolescents. Malheureusement, il n'avait pas fait quelques mètres que l'un d'entre eux l'interpella.
« Hé ! Gamin ! T'as pas l'heure ? »
Gamin. Ce ne pouvait pas être lui, attendu qu'il n'était plus un enfant depuis un moment déjà. Il ne tourna même pas la tête et poursuivit son chemin.
Une main s'abattit brutalement sur son épaule et le fit rudement pivoter.
« Hé, t'es sourd ? Je viens de te parler ! »
Un individu de dix-sept à dix-huit ans, coiffé d'une casquette, se tenait devant lui, flanqué de deux autres jeunes d'âges similaires.
« Désolé, j'avais pas entendu », répondit froidement Suguru sans se démonter. Il fit mine de se dégager, mais l'autre resserra son étreinte sur son épaule.
« Désolé, j'avais pas entendu, le singea-t-il d'une voix de fausset. Fous-toi de ma gueule, en plus ! Je t'ai demandé l'heure, alors fais voir ta montre ! » Il lui saisit le poignet et, avant que le garçon ait le temps de faire le moindre geste, lui arracha sa montre.
« Mouais, pas mal… Allez, fini de rire maintenant. Vide tes poches, petit.
- Pas question », rétorqua Suguru, le cœur battant à tout rompre. Il avait vécu deux ans à New York et il ne lui était jamais rien arrivé, ce n'était tout de même pas au Japon qu'il allait se faire dépouiller !
« Et d'abord, rends-moi ma montre ! »
Une telle colère s'était emparée de lui qu'il n'avait même plus peur. Sa vie n'était déjà pas si compliquée qu'il fallait en plus qu'il se fasse agresser !
Les trois voyous ne s'attendaient certes pas à pareil acte de rébellion, mais leur surprise ne dura qu'un infime instant. Celui qui lui avait pris sa montre la fourra dans sa poche et le repoussa rudement en arrière.
« T'as pas bien compris, on dirait… On va t'expliquer un peu plus clairement ! »
Avec un méchant rire, ses deux camarades empoignèrent Suguru et l'entraînèrent sans ménagement en direction du parc. Le garçon se débattit aussitôt de toutes ses forces avec une énergie qu'on n'aurait pas imaginée au premier abord chez lui, mais il ne pouvait rien faire contre ses agresseurs, plus grands, plus forts et plus nombreux que lui.
« Et alors, on a son petit caractère, hein ? ricana le type à la casquette en le saisissant brutalement par les cheveux. Je vais t'apprendre à respecter tes aînés, sale merdeux !
- Dommage que ce soit pas une fille, pas vrai Nagisa ? lança un autre, qui prenait manifestement un grand plaisir à tordre le bras droit de Suguru dans son dos pour l'immobiliser. Tu aurais pu lui donner un autre genre de leçon ! »
Le dénommé Nagisa émit un petit gloussement cruel.
« Quoique… dit-il en effleurant la joue de Suguru qui recula vivement la tête, … faute de mieux, on pourrait peut-être se payer sur la bête… Ça te plairait, ma mignonne ? »
Cette fois, la situation était vraiment devenue malsaine. Suguru redoubla ses efforts pour se libérer, en pure perte.
« T'as pas l'air d'accord… Tu fais moins le malin, tout à coup ! »
« Hé ! Qu'est-ce qu'il se passe, ici ? »
Leur journée de travail achevée, Shûichi et Hiroshi avaient profité du beau temps pour aller prendre un verre dans un petit café qu'ils affectionnaient, non loin de N-G Productions. C'est en retournant chercher sa moto, alors que Shûichi avait poursuivi sa route pour aller prendre son train, que le guitariste était tombé sur une bien singulière scène.
« Quoi ? T'as un problème ? renvoya le troisième des voyous en se dirigeant vers lui, les poings tout faits.
- Un peu que j'en ai un… C'est pas trop dur de vous y mettre à trois pour détrousser un gosse ?
- Et alors, tu veux qu'on s'occupe de toi aussi ? menaça le garçon à la casquette, délaissant provisoirement Suguru.
- J'aimerais bien voir ça… répondit posément Hiroshi. Malheureusement, je crois bien que je n'en aurai pas le temps, vu que je viens de prévenir les flics et qu'ils ne vont sans doute pas tarder à rappliquer. » Il exhiba son téléphone portable.
« Et tu t'imagines qu'on va te croire ? renvoya celui qui maintenait toujours Suguru.
- Croyez-le ou pas, je vous garantis que ça va vous faire bizarre quand les condés vont arriver… »
Il croisa les bras avec un petit sourire moqueur. Cette belle assurance acheva de totalement décontenancer les voyous qui détalèrent soudain avec un bel ensemble, non sans avoir rudement poussé Suguru au sol.
« Ça va, petit ? s'enquit Hiroshi en l'aidant à se remettre debout. Ils ne t'ont pas fait mal ? »
Encore ébranlé, Suguru secoua la tête. Les choses auraient vraiment pu tourner très mal sans l'intervention providentielle de ce jeune homme, qui n'avait pas hésité à s'en prendre à ses agresseurs alors qu'il était seul.
« Ce… ça va, merci… répondit-il d'un ton mal assuré. Ils m'ont juste pris ma montre… Heureusement que vous êtes intervenu… »
Il recula d'un pas et, pour la première fois, eut un aperçu d'ensemble de son « sauveur ». Grand, de longs cheveux bruns, un visage aux traits fins et des yeux gris emplis, en cet instant, d'une sincère sollicitude. Son cœur battit plus vite.
« Ah, c'est pas de chance, mais le plus important c'est que tu n'ais rien, pas vrai ? »
Mais alors qu'il disait ces mots, Hiroshi prit conscience que le garçon qu'il avait devant lui n'était peut-être pas aussi jeune que ce qu'il l'avait cru au départ. Petit de taille, avec une voix qui hésitait encore à entrer dans l'adolescence, mais ses yeux noisette n'étaient définitivement pas ceux d'un enfant.
« Excuse-moi pour tout à l'heure, je crois que je me suis trompé mais je t'avais vraiment pris pour un écolier… dit-il avec un sourire d'excuse.
- Oh, ça n'est pas grave. L'essentiel c'est que vous les ayez fait partir. Merci encore », dit Suguru en s'inclinant solennellement. Remis de ses émotions, il tenta un sourire, timide. « Vous avez vraiment prévenu la police ?
- Tu parles, c'était du bluff ! Je suis tombé sur vous complètement par hasard, et vu que ces types n'avaient pas l'air très futés j'ai pipeauté… et ils ont gobé, ce qui prouve vraiment que ce n'étaient que de sombres crétins ! expliqua Hiroshi en riant.
- Mais… et s'ils ne vous avaient pas cru ?
- Oh, dans ce cas j'aurais contacté un ami à moi, un Américain, qui n'aurait pas hésité à leur remettre les idées en place ! » déclara le guitariste avec une belle assurance. Suguru fronça les sourcils.
« Et il serait venu ? Mais d'où ? Et en combien de temps ? » insista-t-il, subitement soupçonneux. Ce type l'avait tiré d'un très mauvais pas, c'était vrai, mais il était lui-même quelque peu bizarre…
« Oh, je ne peux pas te dire, tout ce que je sais c'est qu'il se serait débrouillé pour venir ». Enfin je crois… K est capable de choses qui dépassent l'entendement du commun des mortels…
« Et puis, tout ça n'a pas vraiment d'importance, non ? L'essentiel c'est qu'ils soient partis », conclut-il avec un sourire candide. Suguru se rembrunit.
« Ce n'étaient pas juste quelques idiots qui avaient envie de s'amuser en me piquant mes affaires, dit-il d'un ton grave. Celui avec la casquette… il voulait autre chose. Au début, je pensais qu'il disait ça pour me faire peur, mais… il était sérieux. Si vous n'étiez pas intervenu… Je ne pourrai jamais vous remercier assez, dit-il avec ferveur en s'inclinant.
- J'ai bien fait d'emprunter ce raccourci, alors, répondit le guitariste, redevenu sérieux. Si j'avais su ce que ces imbéciles avaient l'intention de faire, j'aurais vraiment prévenu la police. J'aurais dû lui casser la figure, à ce minable… tu as dû avoir drôlement peur.
- Ça va maintenant, affirma Suguru. Vous êtes arrivé à temps, il ne s'est rien passé… mais vous avez ma gratitude éternelle !
- Oh là, doucement ! » tempéra Hiroshi, amusé en dépit de tout par la démesure des propos de ce curieux gamin – non, c'était un adolescent qu'il avait devant lui. Et avec qui, étrangement, il se sentait bien même s'il ne le connaissait que depuis quelques instants.
« Tu me donnes l'impression d'être devenu un héros… si tu tiens tant que ça à me remercier, tu n'as qu'à m'offrir un café, ajouta-t-il spontanément, même s'il en avait bu un peu de temps auparavant, et il en fut le premier étonné ; d'ordinaire, il ne se montrait pas si familier avec les inconnus.
- Un… un café ? répéta Suguru avec surprise. Décidément, ce jeune homme était vraiment étrange – mais il aimait cette manière de faire, et en dépit du fait qu'il venait de se faire agresser, il n'avait pas peur ; une petite voix dans sa tête lui soufflait que cet inconnu était digne de confiance.
- Hé bien oui, un café… dit Hiroshi d'un ton léger. Non, je plaisante. Tu ne me dois rien du tout, vraiment.
- Heu, mais non ! s'écria Suguru. C'est… c'est juste que je ne suis pas de Tôkyô, et je ne connais pas le quartier. Alors, si vous savez où trouver un café sympa, je serais très heureux que vous m'y accompagniez afin que je vous offre quelque chose ! » Il s'empourpra légèrement à ces derniers mots.
Hiroshi le regarda attentivement un court instant. Sa demande n'avait été qu'une boutade et ce gamin – non, adolescent ! – l'avait pris au mot et paraissait à présent déterminé à lui payer quelque chose.
« Bon… Dans ce cas, il y a un petit café pas très loin… mais je t'assure que tu n'as pas à te sentir obligé… Au fait, tu t'appelles comment ? Moi c'est Hiroshi, mais tu peux m'appeler Hiro.
- Suguru », répondit celui-ci.
Ce prénom rappela au guitariste l'article de journal qu'il avait lu quelques jours auparavant.
« Hé, tu t'appelles comme ce pianiste soit disant génial qui doit venir jouer à Tôkyô en novembre ! Il s'appelle… Fuji… moto, je crois, ou un truc comme ça. Tu en as déjà entendu parler ? »
Suguru ouvrit de grands yeux. S'il s'y était attendu ! Il rougit mais secoua la tête, bien décidé à conserver son anonymat.
« Non. Je ne m'intéresse pas à la musique classique, mentit-il.
- Je ne peux pas dire que j'en écoute beaucoup non plus… C'est juste qu'il y a eu un article dans le « Tôkyô Daily », il y a quelques jours. Ils parlaient de ce gamin. Mais je te rassure tout de suite, vous avez peut-être le même prénom mais tu n'as pas du tout la même tête à claques ! dit Hiroshi en riant. Bon, si tu tiens toujours à m'offrir un café on ferait mieux d'y aller. »
Alors comme ça j'ai une tête à claques… songea Suguru. C'est vrai que je n'ai jamais réfléchi un seul instant à la manière dont me percevaient les gens… Surtout d'un milieu autre que celui de la musique classique… J'imagine que ce doit être vrai, d'une certaine façon… Je me suis toujours moqué de l'opinion des autres, alors pourquoi est-ce que cette réflexion m'a touchée ?
« Hé, Suguru ? Ça va ? »
Le garçon semblait subitement plongé dans ses pensées. Un contrecoup de son agression, certainement, après tout il avait frôlé le pire et cette histoire d'invitation était tout bonnement ridicule. D'ailleurs, cela n'avait jamais été autre chose qu'une plaisanterie, du moins pour le guitariste.
« Je crois que tu ferais mieux de rentrer chez toi. Tu m'as l'air un peu… choqué, et c'est tout à fait normal après ce qu'il vient de t'arriver.
- Comment ? Heu, non, ça va, je vous assure ! protesta Suguru en revenant à la réalité. Je ne suis pas en sucre et… »
Et pourquoi insistait-il autant ? Il était ridicule. Il n'était au Japon que pour deux mois, qu'espérait-il ? Et surtout, qu'imaginait-il au sujet d'Hiroshi ?
« … Vous avez raison, il vaut sans doute mieux que je rentre, acheva-t-il d'un ton un peu abattu. Veuillez m'excuser d'avoir si lourdement insisté avec cette histoire de café, je n'avais pas compris qu'il s'agissait d'une plaisanterie ». Il prit une profonde inspiration et ajouta, « Hé bien, je vous remercie encore de m'être venu en aide. Et sachez que je garderai toujours cette dette envers vous, même s'il me sera sans doute impossible de jamais vous payer en retour. »
Il s'inclina et dit, avec un petit sourire triste :
« Je vous ai suffisamment pris de votre temps, Hiroshi. Encore merci, et au revoir. »
Sans attendre de réponse, il se détourna et se dirigea vers la sortie du parc.
Quelque peu déconcerté, Hiroshi le regarda s'éloigner. Le jeune garçon paraissait abattu, triste même, tout dans son attitude le laissait voir. Était-ce un affront si grave que d'avoir refusé un café ?
Dans le même temps, le guitariste n'avait pas non plus envie qu'ils se séparent ainsi… et il aurait bien été en peine d'expliquer pourquoi.
« Hé ! Attends ! » s'écria-t-il en s'élançant à la poursuite de Suguru, sur le point de franchir la grille basse du petit parc. Le garçon se retourna, mais son visage était neutre.
« Oui ?
- Écoute… Ne… ne le prends pas comme ça… Pour le café, j'avais dit ça comme ça, mais… Si c'est aussi important pour toi… On peut se revoir une autre fois et on ira boire quelque chose ensemble, qu'en dis-tu ? exposa maladroitement Hiroshi.
- Maintenant vous m'invitez par pitié ? Ça n'est pas grave, je vous assure. Je ne veux pas que vous vous sentiez obligé de quoi que ce soit vis-à-vis de moi. »
Suguru fit mine de reprendre sa marche, mais Hiroshi le retint par le bras.
« Hé, ne sois pas sur la défensive comme ça ! Tu viens de te faire agresser… Il vaut certainement mieux que tu rentres chez toi. Mais pour le café… ou autre chose… on peut se revoir une autre fois ? »
Il lâcha le bras du petit pianiste qui leva vers lui des yeux emplis de doute – mais une autre émotion, difficile à définir, brillait au fond de ses prunelles noisette.
« Vous êtes sérieux ? Vous dites ça comme si vous aviez vraiment envie que l'on se revoie, dit-il d'une voix qui indiquait clairement sa méfiance et son incrédulité.
- Et si je te dis que c'est la vérité ? répondit Hiroshi. Ma foi, tu m'as l'air sympa… Enfin, je ne peux pas dire qu'on ait vraiment eu le temps de faire connaissance, mais… Tu m'as dis que tu n'étais pas de Tôkyô, je pourrais te montrer quelques endroits que j'aime bien. Mais c'est toi qui vois, hein. »
Et il était sincère. Le jeune homme était un bon juge des personnes, et il sentait le courant passer entre Suguru et lui, même si le garçon se montrait assez réservé.
« Excuse-moi, maintenant c'est moi qui insiste lourdement. Alors, voilà ce que je te propose : je te donne mon numéro de téléphone, si tu as envie qu'on se revoie, appelle-moi. Dans le cas contraire… je me contenterai de savoir que j'ai ta reconnaissance éternelle. Ça marche ? dit-il avec un grand sourire auquel il était bien difficile de résister.
- Heu… C'est d'accord… » répondit Suguru, surpris par la tournure qu'avait prise la situation. Et, au fond, il n'avait pas vraiment envie de refuser.
Il prit le petit morceau de papier sur lequel le guitariste avait griffonné à la hâte son numéro de portable et le mit dans sa poche.
« Merci… Je… je dois rentrer, maintenant. Je… je vous rappelle bientôt. Au revoir, et encore merci.
- Bye ! » lança gentiment Hiroshi en lui adressant un petit signe de la main.
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Quelles étranges circonstances pour une rencontre… J'ai eu si peur, quand ce type a commencé à faire ses allusions… J'ai vraiment cru que le pire allait se produire, et je crois que je ne m'en serais jamais remis… Et il est arrivé, et il m'a sauvé. Ils étaient trois, il n'était pas obligé d'intervenir, il aurait pu se faire agresser lui aussi mais il n'a pas hésité. Et c'est pour cela que je tenais tant à le remercier – et que je vais le faire.
Hiroshi… Je n'ai parlé avec lui que quelques minutes, mais alors je me sentais bien. Malgré ce qu'il venait de se passer, je n'avais pas peur. J'avais envie de lui faire confiance… Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu'il est différent des autres, qu'il pourrait me comprendre… être mon ami.
Peut-être mon séjour au Japon sera-t-il moins pénible à supporter, si nous lions amitié ?
Je pense que… je le rappellerai demain.
À suivre…
