Crédits : les personnages, à quelques exceptions près, appartiennent à Maki Murakami, je me contente simplement de les emprunter. Merci beaucoup à Kris pour sa relecture !

Merci Lillybule pour ta review !


Chapitre V

« Hiro ! On va prendre un verre ensemble ?

- Désolé, Shû, mais j'ai des choses à faire. Une autre fois. »

Shûichi fronça les sourcils. Hiroshi était bizarre, ces derniers temps. D'ordinaire, il aimait bien flâner un peu avant de rentrer chez lui, et comme il faisait encore très doux, les deux garçons en profitaient souvent pour aller faire un petit tour en sortant de N-G. Or, là, ce n'était pas la première fois que le guitariste filait sans demander son reste… prétextant « des choses à faire. »

Oui, c'était étrange. Le chanteur avait le sentiment que son ami lui cachait quelque chose… et il en était frustré autant qu'attristé.

« Hiro ! Tu as rendez-vous avec quelqu'un, c'est ça ? lança-t-il en venant se placer dans l'encadrement de la porte du studio, obstruant le passage. Tu peux me le dire, tu sais ! »

Hiroshi soupira. Il n'avait pas envie de parler de Suguru avec Shûichi. Celui-ci ne manquerait pas de tirer des conclusions erronées, comme souvent, et maladroit comme il l'était il ne pourrait pas s'empêcher de divulguer cette (fausse) nouvelle.

« J'ai rendez-vous avec un copain que je n'ai pas vu depuis longtemps, mentit-il. Il est de passage à Tôkyô pour quelques jours alors je lui fais visiter les coins sympas. »

Shûichi inclina la tête sur le côté, l'air peu convaincu.

« Allez, avoue, tu as rendez-vous avec une jolie fille ! dit-il avec un petit sourire entendu. Elle est mignonne ? Comment elle s'appelle ? Son expression se fit chagrine. Et pourquoi tu m'en as pas parlé ?! »

C'était typique de Shûichi, imaginer des choses qui n'avaient pas lieu d'être puis dramatiser à partir de là sur une situation qui n'existait pas. Haussant les épaules, Hiroshi répondit calmement :

« Shû, il n'y a pas de fille. Crois-moi quand je te dis qu'il s'agit d'un ami. Maintenant je dois y aller, parce que je vais vraiment être en retard », dit-il en écartant gentiment son camarade du passage.

Depuis leur première rencontre, Hiroshi et Suguru s'étaient revus à plusieurs reprises. Des sorties en toute amitié, comme il l'avait assuré à Shûichi, et pourtant… pourtant, le jeune homme ne pouvait nier qu'il y avait peut-être quelque chose de plus que de l'affection dans les sentiments qu'il avait pour Suguru. Ils s'entendaient à merveille en dépit de leurs différences, et Hiroshi devinait que le jeune garçon était quelqu'un de beaucoup plus complexe que ce qu'il voulait bien le laisser paraître. Bien qu'il n'ait été âgé que de seize ans, il faisait preuve d'une maturité peu commune, laquelle laissait parfois place à de véritables élans d'enthousiasme enfantin.

Cet après-midi là, ils avaient convenu de se rendre au Parc Ueno pour y manger une glace. Les jours précédents ils avaient flâné le long des rues animées de Harajuku, la veille Suguru l'avait entraîné dans le quartier où il avait vécu plus jeune ; et après cela, ils avaient à chaque fois clôt la journée par un moment de discussion dans un café.

Quand il arriva à leur point de rendez-vous, Suguru était déjà là et il devait s'y trouver depuis un petit moment car il était plongé dans la lecture d'un magazine de prépublication de mangas, assis sur un banc.

« Salut ! J'espère que je ne t'ai pas fait attendre ? le salua Hiroshi. Le jeune garçon replaça la revue dans son sac et se leva.

- Non, c'est moi qui suis en avance. Je suis allé faire des achats et je suis venu directement ici », répondit-il avec un sourire lumineux.

Ils passèrent à nouveau une excellente fin d'après-midi. Cependant, à quelques reprises, Hiroshi surprit un air… préoccupé… sur le visage de Suguru.

« Quelque chose te tracasse ? finit-il par demander.

- Hein ? Heu… non…

- Je dis ça parce que tu es un peu différent des autres fois, comme si quelque chose te préoccupait. Si tu as des problèmes tu peux m'en parler… Enfin, on ne se connaît pas depuis longtemps, mais… »

Suguru secoua la tête.

« Non, tout va bien, je pensais à des choses que j'ai à faire… rien qui vaille la peine qu'on en discute », répondit-il évasivement.

La vérité était que le garçon commençait à se poser des questions sur la nature de la relation qu'il avait avec Hiroshi. Les premiers jours, il n'avait vu en lui qu'un camarade avec qui il s'entendait parfaitement bien. Mais au fil de leurs sorties… un sentiment nouveau avait pris naissance au fond de son cœur, et il ne cessait de croître.

Éprouvait-il plus que de l'amitié pour Hiroshi ? Il n'aurait su le dire… mais il ne pouvait nier l'existence du trouble qui s'emparait de lui chaque fois que le jeune homme s'approchait de lui, quand il lui posait affectueusement la main sur l'épaule, comme il venait tout juste de le faire.

« Ah, alors tant mieux. Mais… si tu as besoin de parler à quelqu'un… tu peux toujours te tourner vers moi », assura Hiroshi qui parut hésiter avant de retirer sa main, comme à regret.

Quelque chose d'autre préoccupait Suguru : il n'avait pas dit à son ami qu'il devait repartir pour les États-Unis à la mi-novembre. Certes, il avait expliqué au guitariste qu'il n'était pas de Tôkyô et résidait chez des parents, mais pour ce qu'il en savait, Hiroshi croyait qu'il vivait à Kyôto. Même s'il avait raconté beaucoup de choses sur lui (le décès de ses parents, l'existence de Ritsu) il avait passé sous silence plus de choses encore, à commencer par sa véritable identité, et ces mensonges commençaient à lui peser.

Comment allait-il annoncer son départ ? Le procédé était… malhonnête. Maintenant qu'il le connaissait, il voyait bien qu'Hiroshi n'était pas de ceux qui accordaient de l'importance au statut des gens. Suivant sa philosophie, les personnes passaient avant ce qu'elles représentaient. Le garçon était certain que s'il lui avait révélé qui il était vraiment, en ce premier jour lors duquel le jeune homme avait prétendu que le pianiste avait une tête à claques, il se serait contenté de rire en haussant les épaules et aurait dit quelque chose comme « la photo n'était pas ressemblante. » Malheureusement, il avait pris le parti de ne rien dire et redoutait à présent la réaction d'Hiroshi, qui ne manquerait pas de se sentir trahi par autant de mensonges.

Comme tous les soirs, le jeune homme le raccompagna jusqu'au pied de son immeuble. Et comme tous les soirs, Suguru ôta son casque et le lui tendit en le remerciant. Cette fois, comme il se saisissait du casque, Hiroshi retint la main de Suguru dans la sienne et caressa doucement ses doigts fins.

« À bientôt, alors ? Tu… es libre, demain soir ? On pourrait aller au cinéma… proposa-t-il sans le lâcher. Suguru sentit ses joues s'embraser.

- O… oui, je pense… Je… je vous téléphone ce soir pour confirmer », bredouilla-t-il, le cœur battant.

Hiroshi sourit, attendit comme à chaque fois qu'il ait poussé la porte vitrée, et rentra chez lui.

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Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive… Je n'avais encore jamais éprouvé pareille chose. Quand il m'a tenu la main, j'ai cru que mon cœur allait exploser tant il s'est mis à battre fort. J'ai été pris de court… mais c'était si bon. Est-ce cela, être amoureux ? Je serais bien incapable de le dire. Depuis deux ans, les sentiments n'ont plus de place dans ma vie. Mais là… Tout ce que je sais, c'est que je me sens bien avec Hiroshi. J'aime la manière dont il me parle. Au premier abord il paraît si désinvolte… mas je sens qu'il est beaucoup plus profond que ce qu'il veut bien le montrer.

Je ne voulais pas venir au Japon. Maintenant, je commence à redouter l'heure où viendra mon départ. Je ne crois pas que, même en Amérique, il me sera facile de l'oublier. Il a un si beau sourire…

« Suguru, peux-tu venir ? J'ai à te parler », l'appela son cousin Tôma. Le garçon referma son journal et quitta sa chambre. Il suivit Tôma dans le salon, notant que Mika ne s'y trouvait pas ; manifestement, son cousin souhaitait lui parler seul à seul.

« Cela fait maintenant plus d'un mois que tu es à Tôkyô, Suguru, exposa Tôma. À ce que j'en sais, tu as largement eu le temps de voir tout le monde. »

Le jeune garçon acquiesça.

« Ton agent, Ôda, m'a téléphoné. Il m'a annoncé que ton professeur de piano, monsieur Ueda, arrivait en début de semaine prochaine. Donc, à partir de lundi, c'est avec lui que tu répèteras. J'imagine qu'on t'a déjà réservé une salle à cet effet. »

Suguru garda le silence. Masanori Ueda travaillait avec lui depuis bientôt cinq ans. Le garçon s'entendait bien avec lui, il en était venu à le considérer un peu comme un oncle. Cependant, c'était un oncle assez sévère, et intransigeant sur le travail.

« J'ai remarqué que tu sortais beaucoup, ces derniers temps, poursuivit Tôma d'un ton dégagé. Je veux croire que tu es un garçon sérieux, Suguru, et que tu sais ce que tu fais, mais n'oublie pas que tu as deux récitals en novembre. »

Le garçon conserva un visage impassible, mais intérieurement il bouillait. Depuis qu'il était enfant, on ne cessait de mettre sa précocité en avant, tout en le traitant d'un autre côté comme un gamin incapable d'avoir la moindre responsabilité. Pour le jeune pianiste, c'était insupportable.

« Comme vous venez de le dire, monsieur Seguchi, je sais ce que je fais. Depuis que je suis ici, il n'y a pas un jour où je n'ai pas répété, vous pouvez demander à madame Mika. Quant à mes sorties, vous ne vous attendiez tout de même pas à ce que je reste enfermé ici toute la journée ? » répondit-il d'une voix froide.

Tôma le scruta un court instant d'un regard incisif.

« Le concierge m'a rapporté qu'il t'avait vu plusieurs fois revenir à moto. Tu t'es fait des amis ? C'est bien… mais n'oublie pas que tu n'es que de passage ici. Il n'est peut-être pas nécessaire de perdre ton temps en… amitiés… sans lendemain. »

Suguru crispa les poings. Son cousin savait instinctivement frapper où cela faisait le plus mal.

« À ce propos, monsieur Seguchi, j'aimerais vous informer que je rentrerai plus tard demain soir. Je vais au cinéma. Vu qu'à partir de lundi je vais avoir moins de temps libre, autant profiter de celui qu'il me reste pour m'amuser un peu…

- Mais tu as tout à fait raison Suguru, répartit Tôma avec un mince sourire. Profite, c'est de ton âge… Dès lundi, tu auras d'autres choses auxquelles penser. »

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« Shûichi ?

- Hm ?

- Je voudrais te demander quelque chose… »

Comme tous les midis, Shûichi et Hiroshi prenaient leur déjeuner dans le petit parc qu'ils avaient l'habitude de fréquenter. L'été semblait s'éterniser en ce milieu de mois d'octobre.

« Qu'est-ce que tu veux savoir, Hiro ? »

Ce dernier parut rêver un instant avant de s'enquérir :

« Comment est-ce que tu as su que Yûki était… Tu l'as croisé et tu as su que c'était lui. Comment… comment l'as-tu su ? »

Shûichi se retourna vers son ami avec des yeux comme des soucoupes.

« Hiro ! Ne me dis pas que tu as rencontré quelqu'un ? Mais quand ça ? Et où ? s'écria-t-il avec excitation.

- Hé bien… tu sais… l'ami dont je t'ai parlé… avec qui je sors tous les soirs en ce moment…

- Ah oui, tu m'as dit que c'était un vieil ami à toi… et c'est lui ? Mais… c'est un garçon, alors ! Hirooo… Tu ne m'as jamais dit que tu étais intéressé par les garçons ! »

Il y avait presque du reproche au fond de sa voix. Le guitariste secoua la tête.

« Je ne m'intéresse pas… Du moins, je ne me suis jamais intéressé… C'est pas la même chose… Pourquoi tu crois que je t'aurais posé la question, sinon ? »

Shûichi reposa son bentô encore à moitié rempli et planta son visage à quelques centimètres de celui de son camarade.

« Alors, comment il s'appelle ? Il fait quoi dans la vie ? Il est mignon, au moins ? J'espère que c'est quelqu'un digne de toi, Hiro ! déclara-t-il en plissant les yeux.

- Il s'appelle Suguru, il est… lycéen, je crois, et, oui, il est très mignon… Je crois que je te dois des explications, Shû. En fait, je l'ai rencontré il y a peu de temps… »

Hiroshi relata comment il était intervenu auprès des voyous qui avaient agressé Suguru, puis la manière dont ils en étaient venus à se revoir régulièrement.

« Au début, ce n'était rien de plus que de l'amitié. C'est vrai, on s'est tout de suite très bien entendu. Mais maintenant… maintenant c'est différent. Je vois autre chose en lui, plus qu'un simple camarade. J'ai envie… d'aller plus loin avec lui. Seulement… je ne sais pas si c'est réciproque, tu comprends ? Et… je ne sais pas quoi faire. »

Il ne savait pas vraiment si Shûichi était la personne la plus qualifiée pour lui donner des conseils, mais il fallait qu'il se confie à quelqu'un.

Le jeune chanteur réfléchit un long moment.

« Tu sais, quand j'ai rencontré Yûki… C'est difficile d'expliquer ce qu'il s'est passé, en fait. Tout ce que je savais, c'est que je devais absolument le revoir. Maintenant, je ne peux pas t'expliquer pourquoi je l'aime. C'est… comme ça, et c'est tout. Le mieux que tu as à faire avec ton copain, c'est de lui dire que tu l'aimes, et voilà, dit-il enfin.

- Et voilà ? Et c'est tout ?

- Bah oui. S'il ne t'aime pas, il te le dira. Et comme ça tu seras fixé, c'est pas ce que tu veux ?

- Si, mais… »

Dans un sens, que risquait-il ? Au pire, Suguru le prendrait mal et l'enverrait promener, il l'imaginait difficilement lui envoyer son poing dans la figure. Le conseil de Shûichi était peut-être primaire, mais il avait du bon, finalement.

« Tu as raison, Shû. Je vais le lui dire. Justement, ce soir nous devons aller au cinéma. Je… Je le lui dirai à cette occasion, je ne veux plus attendre. »

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Quelques heures plus tard, Hiroshi attendait avec un peu de nervosité l'arrivée de Suguru. Il était en avance ; ils avaient convenu de se retrouver au pied de l'immeuble où logeait le garçon. Après le film, ils devaient aller manger dans un fast-food, de cette manière Suguru ne rentrerait pas trop tard chez lui.

Le guitariste soupira. Il s'était rarement senti aussi nerveux. Il avait pourtant déjà eu des rendez-vous, fait des déclarations, mais… jamais à un garçon.

Tant pis, Shû a raison, si je ne dis rien je ne saurai jamais… Au moins, dans quelques heures je serai fixé, songea-t-il, voyant Suguru pousser la porte de l'immeuble.

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Ils avaient vu un film d'action ; pas du genre cérébral, mais qui permettait assurément de passer un bon moment. À présent ils étaient attablés dans un fast-food, prolongeant encore un peu la soirée en discutant du film.

« … N'empêche, le coup de l'héroïne qui est moche parce qu'elle a de grosses lunettes et est mal coiffée, on l'a vu un peu beaucoup, était en train de commenter Suguru tout en agitant une frite pour donner un peu plus de poids à sa déclaration.

- Honnêtement, même sans lunettes je ne l'ai pas trouvée si terrible, cette nana, répondit Hiroshi qui entrevit soudain l'occasion de tâter le terrain avant de placer sa confession. C'est donc ton genre de filles ? »

Suguru, qui venait de mordre dans son hamburger, rougit soudain.

« Heu… pas vraiment… dit-il après avoir avalé à la hâte. Mais je… je n'ai pas de genre particulier…

- Mais dis-moi… tu as une petite amie ? » enchaîna innocemment Hiroshi, l'air de rien, bien qu'il ait redouté la réponse. Pour se donner une contenance, il but une gorgée de coca. Suguru s'empourpra encore plus.

« N… non, répondit-il. Et… et vous ?

- Moi non plus. Dis-moi, Suguru, dit le guitariste en lui saisissant la main, ça t'es déjà arrivé de penser à sortir avec… quelqu'un du même sexe ? »

Tout en parlant, il se demandait d'où il tirait pareille assurance. Sa voix était calme, il était calme, alors qu'il sentait son cœur battre la chamade.

Écarlate à présent, Suguru balbutia : « Mais… pourquoi me demandez-vous cela, Hiroshi ? » Cependant, il ne retira pas sa main.

« Parce que… depuis que j'ai fait ta connaissance… j'y pense souvent, moi », souffla le jeune homme en lui caressant du pouce le dos de la main.

Muet de stupéfaction, Suguru demeura bouche bée, si rouge que c'en était presque inquiétant. Hiroshi ne savait pas si c'était bon signe, mais il se devait de conclure avant de perdre tous ses moyens – et sa détermination.

« Alors… je ne sais pas si c'est réciproque mais… je préfère être honnête et te dire quels sont mes sentiments pour toi. Je t'aime, Suguru. »

Voilà, c'était dit. À présent, la balle était dans le camp du jeune garçon qui, en ce moment précis, semblait peu disposé à faire autre que le regarder fixement, la bouche entrouverte, présentant sans nul doute l'image de la stupidité la plus extrême, mais Hiroshi ne pouvait s'empêcher de le trouver très mignon.

« Je… je vous… bredouilla le garçon. Il avala sa salive et parvint enfin à articuler : Je crois que je vous aime aussi, Hiroshi. »

Le guitariste serrait toujours la main du petit pianiste. Un sourire de bonheur éclaira ses traits et il murmura :

« Je n'ai jamais cru au destin, mais depuis que je t'ai rencontré je ne peux m'empêcher de penser que nous étions destinés à nous connaître, tous les deux. Viens, sortons. »

Abandonnant leur repas, ils quittèrent le fast-food. Il y avait du monde sur le parking, mais ce n'était certainement pas cela qui allait arrêter Hiroshi. Arrivé devant sa moto, il se retourna vers Suguru, toujours muet et encore sous le choc, lui caressa doucement la joue et, avec une grande tendresse, il se pencha lentement vers lui et l'embrassa.

À suivre…