Crédits : les personnages, à quelques exceptions près, appartiennent à Maki Murakami, je me contente simplement de les emprunter. Merci beaucoup à Kris pour sa relecture !

Je tiens à remercier Lillybulle, Para-san, PoseidonDemon, Kris et Althena pour leur reviews !


Chapitre XI

Complètement pétrifié, Suguru fixait le magazine avec de grands yeux, incapable de réagir. C'était terminé… Dans son esprit, il n'y avait plus qu'un grand vide noir et glacé.

« Hé bien ? J'attends tes explications, insista Tôma en fourrant la revue sous les yeux de son jeune cousin. Et elles ont tout intérêt à être convaincantes », asséna-t-il d'une voix coupante.

Que répondre, que dire ? Suguru était pris et il le savait, tout comme le savait Tôma.

« Tu ne peux même pas imaginer à quel point je suis déçu, Suguru, poursuivit ce dernier. Je te croyais vraiment un peu plus sérieux que ça. Tu n'es qu'un gamin, en fin de compte, et malgré tout ce que tu peux dire. »

Le garçon ne disait toujours rien, les yeux rivés à la demi-page. Il se rappelait parfaitement des circonstances lors desquelles les photos avaient été prises, sans qu'aucun des deux ne s'en doutent, alors qu'ils ne prêtaient plus vraiment attention au monde environnant, tout occupés à parler de leur amour.

« Tu n'as pas l'air particulièrement surpris… Dois-je en conclure que tu étais déjà au courant ? » Tôma attaquait déjà sous un autre angle bien décidé à ne rien lâcher. Il n'avait jamais aimé qu'on le prenne pour un imbécile.

Suguru conservait un silence obstiné. Quoi qu'il puisse dire ne changerait rien.

« Nous reparlerons de ceci plus tard, conclut froidement Tôma en laissant tomber d'un geste négligeant le magazine sur les genoux de son cousin. Mais je ne crois pas que tu vas beaucoup apprécier ce que je vais te dire. »

Le jeune homme ôta son manteau puis passa dans son bureau, abandonnant Suguru sans autre forme de procès.

Accablé, le garçon demeura immobile un long moment, incapable de trouver les ressources pour rien faire d'autre que fixer du regard les trois photos et les quelques lignes qui signaient sans aucun doute la fin de son histoire avec Hiroshi.

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La sonnerie de son téléphone mobile le tira de la semi-torpeur dans laquelle il était plongé depuis qu'il avait regagné sa chambre. Immergé dans ses pensées, Suguru n'avait pas vu le temps s'écouler.

« Allô ?

- C'est Hiro… Ça va ? Tu t'es remis de ce que je t'ai dit à midi ?

- Hiroshi… Mon cousin sait tout. »

Il y eut un blanc, puis le guitariste reprit, d'une voix mal assurée :

« Comment… comment ça, il sait tout ?

- Je ne sais pas comment il l'a appris, mais quand il est rentré, tout à l'heure, il avait un numéro de ce sale journal ! Je… Il m'a fait froid dans le dos, pourtant il ne s'est même pas mis en colère… Il a dit qu'on parlerait de ça plus tard… relata le jeune garçon d'une voix désespérée. Qu'est-ce qu'on va faire, maintenant ? »

Hiroshi n'en avait absolument aucune idée. Le pire scénario venait de se jouer, et même s'il l'avait craint il avait refusé de croire qu'il puisse réellement se produire. Par qui Seguchi avait-il appris l'existence de cet article ?

« Suguru… Je… Je suppose que tu ne peux pas sortir ?

- Non, mon cousin est là. Je ne sais pas ce qu'il peut faire pour nous séparer, mais je n'ai pas envie de le mettre davantage en colère pour le moment. J'aurais tant besoin de vous, mais… ce soir, ce n'est pas possible.

- Au moins on peut toujours se parler. On va trouver quelque chose, mon ange. Moi aussi j'ai besoin de toi. Je t'aime, ne l'oublie jamais, souffla Hiroshi. À très bientôt. »

Suguru reposa son téléphone sur la table de nuit. Il savait que ce n'était qu'une question de temps avant que Tôma ne l'appelle dans son bureau et il devait se préparer à faire face. Il avait été trop pris de court en voyant le magazine pour répondre à son cousin, mais cette fois il avait bien l'intention de se défendre.

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La « convocation » arriva après le souper. Tout au long de celui-ci, ni Tôma ni Suguru n'avaient rien laissé paraître devant Mika mais les choses changèrent du tout au tout une fois la porte du bureau refermée.

« Bien, Suguru, je vais être direct puisque la dernière fois tu n'as pas eu l'air de comprendre… Je ne veux plus que tu revoies Nakano. Est-ce suffisamment clair, ou y a-t-il là-dedans quelque chose que tu n'as pas compris ? attaqua aussitôt Tôma.

- J'ai parfaitement compris, et voici ma réponse : il n'est pas question que je renonce à monsieur Nakano », renvoya Suguru sans se démonter. Tôma s'était attendu à des suppliques, des protestations, voire des larmes… mais pas une contre-attaque aussi directe. Jusqu'ici, son cousin lui était apparu comme un garçon déterminé mais somme toute assez malléable, quand on savait comment le prendre… Il n'avait pas compté avec le fait que c'était aussi un Seguchi.

« Pas question ? répéta-t-il.

- Vous m'avez très bien entendu. Ma vie affective ne regarde que moi, et si je souhaite continuer à voir monsieur Nakano, je le ferai, répondit Suguru avec calme mais fermeté.

- Je te croyais un peu plus intelligent que cela, Suguru, mais je constate qu'il n'en est rien. Je ne sais pas ce que tu t'imagines à mon sujet, ni pour quel ogre tu me prends, mais… Je ne fais pas cela par méchanceté, ou mesquinerie, ou par quoi que ce soit que tu voudras bien penser… Je te rappelle seulement que tu as seize ans, et que durant toute la durée de ton séjour au Japon, du premier au dernier jour, tu es sous ma responsabilité. Tu es encore loin d'être majeur, alors je te prierais de m'obéir quand je te dis de faire quelque chose. »

Tôma arborait un air grave, bien loin de la colère que l'on aurait été en droit d'attendre.

« Ton oncle Nobuo t'a confié à moi, et je ne pense pas qu'il soit bon pour ta carrière de te disperser dans ce genre de petites histoires à la sauvette. Dans trois semaines tu seras reparti en Amérique, et lui va t'oublier. C'est vraiment ce que tu veux ? »

Le garçon fronça les sourcils.

« Je sais bien que je suis mineur, et je sais encore mieux que j'ai une carrière, mais j'aime monsieur Nakano, ce n'est pas une amourette sans lendemain, j'en suis convaincu ! Je ne suis plus un enfant, quoi que les autres puissent croire, et je sais parfaitement identifier mes sentiments ! Je sais très bien qu'il va me falloir repartir ; mais nous en avons discuté et sommes d'accord pour mettre notre amour à l'épreuve. Il m'oubliera peut-être, comme vous venez de le dire, mais au moins nous aurons essayé ! »

Je sais bien que je ne le convaincrai pas… Il est déterminé depuis le début à nous séparer… Mais je ne baisserai pas les bras sans avoir lutté jusqu'au bout.

Tôma le regarda un long instant sans rien dire, puis il déposa sur son bureau l'exemplaire du Monday News.

« Ceci n'est qu'un début, Suguru. Par chance, ni l'imbécile qui a pris ces photos ni celui qui a pondu cet article ne semblaient te connaître. Nakano est plus célèbre, dans sa catégorie, même s'il ne possède pas un dixième de ton talent. Bad Luck commence à devenir populaire et il est normal que ce genre de presse, et là Tôma cracha presque le mot, fasse ses choux gras de la moindre anecdote les concernant, comme elle l'a fait avec les Nittle Grasper. »

Il s'interrompit un bref moment et croisa les bras.

« Bad Luck fait de la musique pour les foules. Le moindre scandale ne servira qu'à alimenter leur popularité, mais toi ! Toi, tu n'as rien à voir avec tout cela. Le monde dans lequel tu évolues est conservateur, fermé. Un scandale te détruirait irrémédiablement, tout virtuose que tu es. Es-ce vraiment cela que tu veux ? »

Sans laisser à Suguru le temps de répondre, il enchaîna :

« J'ai passé la journée à tout faire pour que cet article soit retiré de cette feuille de chou minable. J'ai usé de mon influence, et dès demain il sera impossible de trouver le moindre souvenir de cet… incident. Mais si j'ai pu faire quelque chose cette fois, ce ne sera peut-être pas le cas pour les autres… Viendra peut-être un jour où tu seras traîné dans la boue, et ç'en sera terminé pour toi, Suguru. »

La colère, la révolte du garçon étaient retombées à ces paroles. Son cousin cherchait véritablement à le protéger… Mais il s'agissait de sa vie, et il avait trop de fois laissé les autres en décider à sa place.

« Je… Je comprends vos inquiétudes, monsieur Seguchi. Je n'avais pas réalisé… à quel point vous étiez sincèrement inquiet pour moi. Je vous avais attribué de mauvaises intentions, et pour cela je vous présente mes excuses. Mais… quelque louables que soient vos intentions, je refuse de me séparer de monsieur Nakano. »

Cette fois, il avait clairement fait son choix et ne reviendrait pas dessus. Tôma le sentit et son attitude changea radicalement.

« Bien, tu as choisi d'agir selon ton bon vouloir, et c'est tout à ton honneur, dit-il avec froideur. Seulement, tu oublies une chose, Suguru : c'est moi l'employeur de ton Nakano. Un seul mot de ma part et Bad Luck n'existe plus. Ce n'est pas ce que tu voudrais, n'est-ce pas ? Je ne sais pas si Nakano est ou non follement amoureux de toi, mais pour le coup tu dégringolerais drôlement dans son estime… » Il sourit d'un air ironique.

« Tu voudrais le priver de musique ? Lui obstruer les portes de la gloire ? Tss, quel égoïsme de ta part, petit cousin ! »

Soudain glacé jusqu'au fond de l'âme, Suguru ne parvenait plus à dire un seul mot. Seguchi jouait avec lui, c'était indéniable, mais d'un autre côté il était très certainement fort capable de mettre sa menace à exécution.

« Allons, je ne suis pas non plus un monstre, conclut Tôma avec un petit rire. Je te laisse jusqu'à demain soir pour réfléchir. Je m'en voudrais d'être obligé d'avoir recours à des méthodes aussi… radicales. Réfléchis à ce que je t'ai dit, Suguru. Cette amourette ne vaut pas ta carrière, ni celle de Nakano. »

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Pourquoi un tel chantage ? Pourquoi me placer face à un choix aussi cruel ? Je sais qu'Hiroshi m'aime, il me l'a réaffirmé encore ce soir. Mais je ne peux pas sacrifier sa carrière, c'est un musicien tout comme moi, je sais trop bien ce que j'éprouverais si j'étais contraint d'arrêter le piano. C'est la musique qui m'a permis de tenir ces deux dernières années… Je ne peux pas lui demander un tel sacrifice…

Dois-je lui en parler ? J'ai peur de sa réponse, quelle qu'elle soit. Si c'est moi qu'il choisit, il perdra sa musique, et dans le cas contraire… Mon cousin a raison, je ne suis qu'un égoïste.

Mais je ne veux plus que d'autres décident de ma vie à ma place. Pourquoi me refuse-t-on le droit au bonheur ? Que sera ma carrière ensuite, alors que j'avais réussi à raviver cette flamme que je pensais moribonde – non, c'est Hiroshi qui y est parvenu, par sa gentillesse, sa chaleur, son humanité tout simplement. J'étais devenu un automate, il a ranimé mon cœur et mon âme… Comment continuer après cela ?

Que vais-je répondre demain ?

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Seguchi savait. Il avait vraiment été stupide de croire qu'ils pourraient garder caché ce minable article dans ce magazine tout aussi minable. Hiroshi savait pourtant que le directeur de N-G était toujours au courant de tout, surtout quand il s'agissait de remuer la fange.

Suguru ne l'avait pas re-contacté. Avait-il eu cette fameuse « discussion » dont il avait parlé avec son cousin ?

Le jeune homme soupira et reposa sa guitare sur son support. Nul doute qu'il allait lui aussi avoir droit à une convocation dans le bureau du grand patron…

« Salut Hiro ! Ça va ? » le salua Shûichi en entrant dans le studio, l'air réjoui et motivé. Au moins, lui, il a dû passer une bonne soirée… songea le jeune homme sans la moindre amertume. Parce que, pour sa part, il s'était fait de la bile toute la nuit, et il avait dû en être de même pour Suguru.

« Salut, Shû, répondit-il avec un pâle sourire. Ouais, ça va… moyen.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu es malade ? Shûichi tira de son sac un paquet de gâteaux. Tiens, je les ai acheté en venant, prends-en ils sont bons ! offrit-il.

- Merci mais j'ai vraiment pas faim… Seguchi est au courant pour le magazine. »

Le chanteur, qui allait mordre dans son gâteau, s'arrêta net.

« Quoi ? Mais… comment ça ?

- Je ne sais pas comment il l'a découvert, mais le fait est qu'il le sait. J'ai appelé Suguru hier soir, c'est lui qui me l'a dit, et il avait l'air dans tous ses états. Tu m'étonnes…

- Mais… Qu'est-ce que vous allez faire ? demanda Shûichi.

- Je ne sais pas. Je n'ai pas eu Suguru depuis. Apparemment, Seguchi et lui devaient avoir une « discussion »… Depuis, pas de nouvelles.

- Tu crois que… qu'il va te convoquer ?

- À mon avis, ça n'est qu'une question de temps. J'imagine qu'il ne doit pas être content. »

Le reste de l'équipe arriva peu après, et ils allaient se mettre à répéter quand Sakano reçut un coup de fil l'avisant que Tôma Seguchi souhaitait s'entretenir de toute urgence avec Nakano.

Shûichi et ce dernier échangèrent un coup d'œil. Les choses n'avaient effectivement pas traîné.

« Bonne chance… souffla le jeune chanteur.

- Oui, je pense que je vais en avoir besoin.

- Quelqu'un peut-il m'expliquer ce qu'il se passe, ici ? s'enquit Noriko, les poings sur les hanches. Pourquoi Tôma veut-il voir Hiro ? »

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Hiroshi frappa à la porte du bureau de Tôma. Ce n'était pas la première fois qu'il s'y rendait, mais d'ordinaire il était accompagné par Shûichi, Sakano ou K. Là… il se sentait vulnérable.

« Entrez, l'invita le directeur de N-G. Bonjour, Nakano.

- Bonjour, monsieur Seguchi.

- Asseyez-vous, je vous en prie. Je suppose que vous savez pourquoi je souhaite vous parler ? déclara Tôma, plantant ses yeux verts dans ceux, gris, de son vis-à-vis.

- À cause de l'article dans Monday News ?

- Exactement. Et surtout, de tout ce que cela implique. J'avais cru que mon cousin se montrerait plus raisonnable, mais… je me suis trompé.

- Monsieur Seguchi… »

Tôma l'interrompit d'un geste de la main.

« Oui, je me doute de ce que vous allez me répondre. Vous vous aimez, etc, etc. J'ai déjà discuté de cela avec Suguru, mais il n'a rien voulu entendre. C'est une petite créature extrêmement bornée, vous savez… On ne dirait pas à le voir mais c'est un romantique. Je sais qu'il a aussi le goût du drame, et qu'il serait capable, pour cette amourette, de sacrifier sa carrière. J'imagine qu'après tout ce qu'il a vécu de tragique il a développé un esprit de martyre, mais… Vous comprenez bien que je ne peux pas le laisser gâcher ainsi son talent. »

Hiroshi se crispa. Il ne s'était pas attendu à une attaque de ce genre. Il avait été persuadé que Tôma allait chercher à l'intimider… mais ceci était tout autre chose.

« Monsieur Seguchi… Je ne sais pas ce que vous vous imaginez sur Suguru et moi. C'est vrai que tout est allé très vite entre nous… mais nous nous aimons véritablement. Et nos carrières respectives n'ont absolument rien à voir avec cela, dit-il néanmoins avec calme.

- Vraiment ? Suguru vous a raconté sa vie, je suppose. La disparition de ses parents, la poursuite de sa carrière en dépit de tout… Mais il est jeune. Ce n'est encore qu'un gamin, certes très talentueux, mais un gamin par bien des aspects. Suis-je de beaucoup dans l'erreur si je vous dis que vous êtes sa première grande histoire ? » avança Tôma, l'air sérieux. Pas très difficile à deviner, au demeurant, quand on connaissait un peu le vécu du garçon.

« Certainement, mais…

- Réfléchissez un instant, Nakano. Essayez de vous représenter la vie de mon cousin depuis la mort de ses parents. Il a l'air très mûr pour son âge, mais il n'a que seize ans, ne l'oubliez pas. Il vous rencontre, et c'est aussitôt le coup de foudre. Veuillez m'excuser si je schématise, mais… Subitement, sa carrière passe au second plan. Est-ce que je me trompe ? » exposa Tôma.

Hiroshi ne savait plus quoi dire. Certes, il y avait beaucoup de vrai dans tout cela… Mais Suguru n'était pas puéril au point de tout lâcher pour « une amourette », comme disait son cousin. Il aimait trop la musique et savait parfaitement, à son avis, comment mener sa carrière.

« Non, enfin… Comment dire… Il y a du vrai dans ce que vous dites… Mais Suguru n'est pas stupide au point de sacrifier son avenir. Il sait parfaitement ce qu'il fait, c'est d'ailleurs pour cela que nous avons décidé de continuer même s'il doit repartir vivre en Amérique. Notre histoire n'est pas une passade, expliqua le guitariste.

- Soit. Admettons, convint Tôma. Mais que diriez-vous si Suguru vous annonçait qu'il renonce à sa carrière pour rester vivre ici avec vous ? »

Hiroshi ne voyait vraiment pas où son employeur voulait en venir. Il avait la désagréable impression que celui-ci jouait au chat et à la souris avec lui, et c'était extrêmement déplaisant – et déstabilisant.

« Je… Suguru ne ferait jamais une chose pareille. Il aime trop le piano, déclara-t-il.

- En êtes-vous aussi certain que ce que vous voulez bien le laisser croire ? insista Tôma, toujours impassible.

- Mais… Oui ! Bien sûr que j'en suis certain ! Votre cousin est loin d'être idiot et il a la tête sur les épaules !

- Ah… Dans ce cas, je vous prie d'écouter ceci. J'ai parlé ce matin avec Suguru, et voici ce qu'il m'a répondu quand je lui ai demandé s'il était prêt à abandonner sa carrière pour vous. »

Tôma sortit un tout petit dictaphone d'un tiroir et le posa sur son bureau.

« C'est vraiment ce que tu veux ?

- Je ne suis plus un enfant, quoi que les autres puissent croire. J'aime monsieur Nakano, ce n'est pas une amourette sans lendemain. Je vous présente mes excuses, mais… je renonce à ma carrière. Je refuse de me séparer de monsieur Nakano. »

Un mince sourire étira les lèvres du directeur de N-G Productions tandis qu'Hiroshi fixait avec une stupéfaction sans bornes le petit appareil.

À suivre…