Voilà le troisième chapitre avec un jour d'avance ^^
Désolé mais la rencontre entre Kaidan et David n'est pas pour ce chapitre, pas encore ;) Ne désespérez pas, c'est pour bientôt
Je voulais dire un grand merci à Spino, Pauline et Bloody pour leurs commentaires encourageants, ça fait tellement plaisir ^^
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et à la semaine prochaine !
Kaidan avait eu une nuit exécrable, il avait les idées embrouillées. Il avait retrouvé l'amour de sa vie, elle était proche et pourtant si loin.
Il se leva et entreprit d'aller à la rencontre d'Evelyn. Si elle lui avait dit la vérité, à cette heure là, elle devait déjà s'entraîner. Peter était déjà levé lui aussi, Kaidan lui demanda où elle se trouvait.
- A la salle d'entraînement.
Vous prenez à droite puis à gauche et tout droit, vous verrez vous trouverez facilement, c'est le plus grand bâtiment de la colonie.
- Merci, répondit simplement le Général.
Quelques minutes plus tard, Kaidan était au gymnase. Il monta dans les gradins, tout en haut pour se faire le plus discret possible. Il voyait Evelyn et un jeune garçon répétait des mouvements d'autodéfenses. Ils étaient en parfaite harmonie, mouvements fluides et maîtrisés. Le gamin était doué, sans conteste. Evelyn lui donnait des conseils, plus haut la jambe, écarte plus les bras, comme ça, voilà, parfait. Kaidan sourit, c'était une parfaite instructrice.
Soudain, elle leva les yeux et le regarda, elle l'avait vu. Kaidan l'entendu dire au garçon :
- Continue sans moi, je reviens.
Evelyn attrapa une serviette, s'essuya le visage et se dirigea vers Kaidan. Quand elle fut à sa hauteur, il vit qu'un sourire barrait son visage. David leva les yeux vers sa mère, il n'arrivait pas à distinguer le visage de l'homme à qui elle parlait, peut-être était-ce Peter…
Evelyn s'assit à côté de Kaidan.
- Je suis contente que tu sois venu, dit-elle.
- Qui est ce gamin ? Demanda Kaidan curieux.
Evelyn baissa la tête et se mit à tripoter ses doigts.
- Je devrais peut-être te raconter ce qui m'est arrivé…
Kaidan lui prit les mains et la força à le regarder.
- Tu n'as pas à avoir peur Eve.
- Je n'ai pas peur, répliqua t-elle.
Il pencha la tête sur le côté et sourit. Il la connaissait par cœur, même après toutes ces années.
- Bon d'accord, peut-être un peu mais c'est normal non ? Admit-elle en souriant à son tour.
- Tout à fait, tu peux me faire confiance. Je ne te jugerais pas, tu peux y aller.
Evelyn soupira et commença son récit.
- Quand je suis entrée dans le faisceau qui menait jusqu'à la Citadelle, j'y ai retrouvé l'Amiral Anderson et l'Homme Trouble. On a eu une…discussions, il était endoctriné, il voulait le contrôle des Moissonneurs. J'ai essayé de le raisonner, il m'a forcé à tirer sur Anderson. J'ai tenté encore une fois de lui faire entendre raison mais les Moissonneurs le dominait. Il est mort en se tirant une balle dans la tête. Quelques minutes plus tard, Anderson l'a suivi, à cause de la balle que je lui avais tirée dans la hanche. J'ai ouvert les bras de la Citadelle puis une passerelle m'a fait monter. Je n'avais jamais vu cet endroit. Un gamin m'attendait, celui que je voyais dans mes cauchemars. C'était le catalyseur, il était sous forme d'hologramme, une sorte d'IA. Il m'a donné le choix. Sois je contrôlais les Moissonneurs, sois je les détruisais ainsi que toute forme synthétiques ou sois je choisissais la synthèse. Mélangeant la vie organique et synthétiques pour créer un nouvel ADN. J'ai choisi la destruction. C'était pourquoi je m'étais battue, je devais à tout prix détruire les Moissonneurs.
Ensuite il y a eu une explosion et je me suis retrouvée à moitié morte dans des ruines sur la Terre. Je ne sais plus combien de temps j'ai agonisé mais au bout d'un moment qui m'avais paru une éternité, quelqu'un m'a trouvé. C'était Peter. Il m'a emmené dans un camp de réfugié. J'étais gravement blessée. Un médecin s'est occupé de moi mais je suis tombée dans le coma. Il a duré deux mois.
A mon réveil, je n'étais plus sur Terre, j'étais ici sur cette colonie qui commençait doucement à se bâtir. Mais je voulais mourir parce que je t'avais vu mourir et que je n'avais plus de raison de vivre. Comme toi j'ai tenté d'attenter à ma vie mais j'étais hautement surveillée. Et puis on m'a appris une nouvelle. Une nouvelle qui m'a bouleversé. J'étais enceinte. Je me suis dit que j'avais le droit de me tuer si je voulais mais je n'avais pas le droit de tuer la vie qui grandissait en moi. Je portais ton enfant et c'était devenu tout à coup la chose la plus primordiale.
A ce moment-là, j'ai pris une décision. J'ai décidé que le commandant Shepard n'existerait plus et que je consacrerais ma vie à mon enfant. J'ai décidé que je vivrais, ici, sur cette colonie, loin de tout pour le protéger de la perfidie des gens, pour le protéger du monde dans lequel nous vivons, pour le protéger de mon passé. Si à l'époque j'avais su que tu étais vivant, je n'aurais jamais pris cette décision.
Mais je te croyais mort et maintenant, personne ne sait qui je suis, pas même mon propre enfant.
Evelyn se tut et tourna la tête vers Kaidan, essayant de deviner ses pensées.
Il avait frissonné quand il avait su le choix du sort de la galaxie qui reposait sur ses épaules, frissonné quand elle avait évoqué son coma, frissonné quand elle lui avait dit qu'elle avait été enceinte, frissonné quand elle s'était tue.
- Je ne sais pas quoi dire, déclara t-il enfin….Tu n'avais pas le droit de vivre toutes ces épreuves seule, je suis tellement désolé Eve…
Il l'a pris dans ses bras et doucement, lui frotta le dos. Evelyn avait envie de pleurer mais aucune larme ne coulait.
Au bout de quelques minutes, ils se détachèrent l'un de l'autre.
- Je suppose que tu as deviné, fit alors Evelyn.
Kaidan hocha la tête.
- Oui. Comment s'appelle t-il ?
- David.
- Pourquoi ?
- Tu ne devines pas ?
- Anderson…
- Anderson.
Silence.
- Il est doué.
- Très.
Silence.
- Comme son père, ajouta t-elle.
- J'aurais dis comme sa mère.
Evelyn sourit.
- Il rêve de devenir comme toi et le commandant Shepard. Sauf qu'il ne sait pas que je suis le commandant Shepard. J'avais prévu de lui révélé tout à sa majorité mais maintenant que tu es ici, je me dois de lui dire la vérité. Mais je n'arrive pas à trouver le courage, j'ai peur de la façon dont il va réagir, il est imprévisible.
- Il a de qui tenir, plaisanta Kaidan. A qui ressemble t-il ?
- C'est un mixte des deux. Il a mes yeux, ton nez et ton sourire. Au niveau personnalité, c'est très disparate. A un moment, il peut être calme, sérieux, curieux et l'instant d'après il explose comme une sorte de bombe à retardement. Il est aussi très doué au niveau biotique. Normal avec deux parents biotiques tu me diras…
Leurs yeux étaient fixés sur leur fils et aucun mot ne sortait de leurs bouches.
- Ça te dérange d'attendre un peu avant de le rencontrer ? J'aimerais te montrer quelque chose avant.
- Bien sûr, répondit-il, j'ai attendu 13 ans, je peux encore attendre un peu.
- Attends-moi ici, je reviens dans deux secondes.
Elle descendit les marches des gradins et alla à la rencontre de David.
- On arrête pour aujourd'hui David.
- Déjà ?
- Oui, j'ai quelques trucs à faire.
- C'est le Général qui est là-haut ? Quand est-ce que je le rencontre ?
- Tout à l'heure, dans une heure.
- Promis ?
- Promis.
- Et tu me raconteras tout ?
- Oui, maintenant file.
Il déposa un baiser sur la joue de sa mère et partit en courant vers les vestiaires. Evelyn, elle, rejoignit Kaidan.
Elle l'emmena dans son bureau puis actionna le bouton à côté de la bibliothèque. Elle entra dans la pièce secrète et se tourna vers Kaidan. Elle lui tendit la main pour l'inviter à la rejoindre. Le Général s'avança, prit la main d'Evelyn et ne la lâcha pas.
- Quelle est cette pièce ? Demanda t-il presque en murmurant.
- C'est ma pièce. Celle où j'entrepose tous mes souvenirs. Personne ne la connaît ou n'y est entré à part moi. Jusqu'à aujourd'hui, déclara t-elle avec un sourire.
Lâchant la main d'Evelyn, Kaidan parcouru la pièce.
- Je n'y crois pas, tu as tout gardé depuis toutes ces années ?
- Tout ce que j'ai pu récupéré, oui.
Kaidan s'approcha de son violon.
- J'ai encore l'original à la maison, je n'ai pas pu me résoudre à le jeter. C'était comme une partie de toi.
- Et ça l'est toujours, répondit Evelyn.
- Je vois que tu dessines toujours, observa t-il. Ils sont toujours aussi magnifiques.
Elle ne dit rien, la plupart de ses dessins représentés Kaidan et quelque part, elle se sentait un peu gênée. Mais Kaidan, en gentleman, ne porta pas de commentaires. Heureux qu'elle ne l'ait pas oublié depuis toutes ces années.
Il s'approcha du mur où Evelyn avait suspendu toutes ses armes. Un sourire se dessina sur son visage. Elle avait toujours eu un faible pour les armes.
- Je me rappelle encore la première fois où je t'ai vu avec ta veuve noire. Ce jour là, pas une de tes cibles n'avait été ratée.
Evelyn sourit, elle s'en souvenait aussi. C'était le jour où pour la première fois, elle et Kaidan s'étaient embrassés.
Leurs yeux se croisèrent. Le souvenir remontait à la surface et instinctivement, ils se rapprochèrent l'un de l'autre. Leurs lèvres étaient à un centimètre l'unes de l'autres et l'espace fut comblé naturellement comme si 13 ans n'était pas passés. Le baiser fut de plus en plus fougueux. Kaidan hissa Evelyn sur le bureau derrière elle et il pressa son corps contre elle, tout en tirant sur la chemise de son pantalon. Evelyn gémit doucement quand la main Kaidan glissa sur sa peau, la combinaison de leurs deux énergies biotiques inhérente envoyait des picotements à travers son corps. Après que sa chemise a été retirée, Evelyn passa ses mains et ses lèvres sur le torse tonique de Kaidan. Leurs bouches se retrouvèrent de nouveau pour un baiser brûlant. La bouche de Kaidan a rompu le baiser sensuellement et s'est déplacée vers le bas du menton et la gorge d'Evelyn. Elle gémit de nouveau mais pour une autre raison.
- Kaidan, attends, dit-elle à bout de souffle. Pas comme ça, pas…
- Oui, désolé, tu as raison. Je ne sais pas ce qui m'a pris.
- Non, on est fautif tout les deux. Je veux juste que tout soit clair entre nous. On ne doit pas aller trop vite. Je veux dire, on a été séparés pendant plus de 13 ans et je pense qu'on doit réapprendre à se connaître.
- Je suis d'accord, répondit Kaidan en remettant sa chemise. Il faut qu'on prenne notre temps.
Evelyn hocha la tête et descendit de la table. Kaidan lui prit les mains.
- Je veux juste que tu saches que malgré ces 13 ans, je n'ai jamais cessé de t'aimer. Je t'aime et je t'aimerais jusqu'à la fin de mes jours.
Le sourire qu'affichait Evelyn lui redonna du baume au cœur, elle lui avait tellement manqué.
- Et je veux que tu saches que c'est réciproque Kaidan. Je t'aime.
Elle prit ses joues entre ses mains et emmena le visage Kaidan vers le sien pour s'emparer de ses lèvres. A contre cœur, Evelyn s'écarta.
- Il est temps que je te présente ton fils.
Kaidan se raidit. Il n'avait pas vraiment encore assimilé le fait qu'il était père maintenant.
- Tu es sûre que c'est une bonne idée ? Enfin… Je veux dire…
- Ne t'inquiètes pas, tout ira bien, le rassura t-elle.
Enfin, je l'espère, se dit-elle à elle-même.
- Et si il ne m'aime pas ?
- Kaidan… Il n'y a aucune raison pour qu'il ne t'aime pas. Il vénère le Général Alenko enfin le Major, il croit que tu es mort depuis 13 ans, tout comme moi. Il ne sait pas que son père et le Major Alenko est une seule et même personne.
- Pourquoi ?
- Il aurait fait le rapprochement avec moi…
- Je vois, alors il n'y a aucune inquiétude à avoir ?
- Aucune, lui sourit Evelyn. Aller, viens, n'ai pas peur.
- Je n'ai pas peur.
- Anxieux alors ?
- Certainement.
Ils se sourirent puis partirent pour la maison d'Evelyn.
