Chapitre 4 : Prendre le large
Pourquoi voulait-on toujours se débarrasser d'elle ? Elle passa une main dans ses cheveux roux avant de la porter à son visage. Elle sentit avec ses doigts les sillons laissés par les larmes qu'elle avait laissées couler quelques minutes auparavant. Non, ce n'était pas un cauchemar. Elle avait bel et bien pleuré. Jamais elle n'avait pleuré dans les cauchemars qu'elle faisait avant. Elle ferma les yeux pour se remémorer les derniers événements.
- Tu viens de m'annoncer que je devais partir pour un autre pays, une autre école de sorcellerie en Angleterre ? Vous n'auriez pas pu me prévenir avant qu'il ne me reste qu'une demi-heure pour me préparer, pour préparer ma valise, Hazel, dire au revoir à mes amis, à tout le monde, quitter la France... Mais ça ne va pas bien, dans vos têtes !
- Ma chérie...
- Ne m'appelle plus comme ça ! Je ne suis pas ta fille ! Je viens aussi d'apprendre que vous m'aviez adoptée... et vous ne pensez quand même pas encore m'appeler ainsi ? Croyiez-vous que j'allais tout assimiler d'un coup ? Eh bien, vous vous TROMPIEZ ! C'est beaucoup trop ! Cria-t-elle. Ne m'approchez PLUS JAMAIS !
- Calme-toi, mon coeur...
Sa « mère » était à présent au bord des larmes. Elle ne s'était jamais mise en colère contre eux, même lorsqu'ils avaient découvert l'existence du Renard.
- Vous ne faites plus partie de ma famille !
Elle sortit sa baguette au moment même où la première goutte d'eau franchissait la barrière de ses cils et inondait ses grands yeux noisettes.
La femme devant elle – elle ne l'appellerait plus jamais « maman », elle se le jurait – écarquilla les yeux, effrayée.
- Non... Ne fais pas ça, couina-t-elle tandis que sa fille adoptive la pointait avec un air déformé par la rage et la tristesse.
- Je peux faire ce que je veux ! C'est mon droit ! De toute façon, tu ne pourras plus m'arrêter : tu n'as plus aucun droit sur moi ! Tu n'es pas ma mère ! Stupefix !
Elle avait de la chance que l'homme qui partageait la vie de cette femme soit en voyage aux Etats-Unis. Elle n'aurait alors jamais pu s'enfuir comme elle le fit, sans un regard pour la femme qui gisait trois mètres plus loin sur le parquet du grand salon, assommée. Elle lança d'abord un « Accio valise » puis décrocha la cage d'Hazel avant de prendre sa cape de voyage sur le porte-manteau à tête de phénix. Elle descendit alors les escaliers et franchit la porte d'entrée. Vérifia vite que personne ne pouvait la voir, puis se transforma, laissant place à Sly. On put alors observer un magnifique renard courir dans les rues de Templemars, ce qui était plutôt étonnant.
Sly courut jusqu'à arriver dans une forêt, qu'elle connaissait bien pour souvent y être venue. C'était la forêt de Phalempin. Ce qui signifiait qu'elle avait dû courir environ une demi-heure.
Elle s'avança entre les arbres pour ne plus être vue du dehors. Elle se retransforma sans perdre de temps pour laisser place à une jeune fille de seize ans, rousse aux yeux couleur noisette.
Elle commença à courir dans les bois, n'ayant pas peur de se perdre, laissant enfin libre cours à ses larmes.
Elle dût bien courir pendant quelques heures, car elle vit au loin une douce lumière crépusculaire, indiquant que le soleil se couchait. Elle retrouva son chemin jusqu'à l'orée du bois mais une fois là-bas, elle s'arrêta net. Devant elle se tenait la silhouette d'une jeune fille assise.
Elle s'avança doucement vers la fille assise. Celle-ci avait de longs cheveux bruns laissés lâches, ce qui avait pour effet, grâce au vent, qu'ils voletaient comme un minuscule nuage personnel autour d'elle. Elle s'était croisé les jambes et semblait regarder un point fixe, les yeux perdus dans le vague.
- Bonjour, commença-t-elle.
La fille eut un sursaut.
- Oh ! Désolée, je ne t'avais pas vue. Que fais-tu ici ?
- Je dois partir en Angleterre. Et toi ?
- Je rentre chez moi, en Angleterre aussi. Ou plutôt à l'école.
- Ecole ? Dans quelle école va-tu ?
- Poudlard. Tu connais ? (Le visage de la fille s'était illuminé à la mention de l'école, elle devait sûrement l'adorer)
- Oui, bien sûr que je connais. Mes parents adoptifs veulent se débarrasser de moi, il me semble. Ils m'y ont mutée. Tu es donc une sorcière, comme moi ?
- Oui, et si tu connais l'existence de Poudlard, cela veut dire que toi aussi, tu en es une. Et... Tu as été mutée ? Mais pourquoi ?
- En vérité... j'en sais absolument rien. C'est comment, Poudlard ?
- Poudlard ? C'est génial, à mon avis, tu t'y plairas rapidement. Tu ne pourrais pas rêver mieux. Bon, le château est plutôt sombre, je l'admets, mais une fois que tu y es pour de bon, tu t'y plais. Il y a un grand parc, avec un lac où tu peux te baigner à condition qu'il ne fasse pas trop froid... et de faire attention au calmar géant. Il y a la Grande Salle, c'est là qu'on mange. Tu seras répartie dans l'une des quatre maisons, c'est là où tu iras pendant l'année, et c'est en déterminant ton caractère qu'on saura dans quelle maison tu iras. Il y a Gryffondor, c'est là que sont les plus loyaux et les plus courageux. Puis vient Serdaigle, pour les plus assoiffés de connaissance et de savoir. Ensuite, Serpentard, où sont les plus fourbes et rusés. Et finalement, Poufsouffle, où l'égalité de tous est la loi la plus défendue. Moi, en ce qui me concerne, je suis à Gryffondor. Toi, où pense-tu pouvoir aller ?
Elle réfléchit un instant avant de répondre à la brune,
- Je crois que j'irai soit à Serdaigle, soit à Gryffondor. Limite, j'irais à Poufsouffle. Mais c'est sûr, je n'irai jamais à Serpentard. En tout cas, je serais ravie de te voir auprès de nous. Mais, dis-moi, je ne sais même pas comment tu t'appelles, termina la brune dans un sourire.
La rousse réfléchit encore un instant. Devait-elle lui donner son vrai nom ou pas ? Devait-elle donner son vrai prénom ? Ou au contraire, en dire un faux pour se préserver ? Elle choisit la deuxième solution.
- Eh bien, je ne suis à présent sûre de rien... Ma « mère » vient de m'annoncer qu'ils m'avaient adoptée. Je peux juste te dire que tu peux m'appeler Evy.
- Enchantée, Evy ! Moi, tu peux m'appeler Jeissy. Tu dois partir quand ?
- Je devais y aller pour midi... Trop tard.
- Ce n'est pas grave, tu viendras avec moi. J'y retourne ce soir. Allez, viens ! Je dois déjà y aller. Viens ! Fit Jeissy en se levant d'un bond.
Evy se leva et partit à la suite de son amie. Elle était si contente ! Pour finir, Poudlard n'était pas l'endroit horrible auquel elle pensait, c'était, d'après les dires de Jeissy, un endroit fabuleux. Et elle sourit à cette pensée. Le premier vrai sourire depuis des jours, depuis que ses soucis avaient commencé.
..
Lily put enfin sortir de l'infirmerie le lendemain après-midi. Profitant que les autres – sauf Remus – étaient en cours, elle alla voir son ami qui était à l'infirmerie depuis le petit matin, pour une raison qu'elle ignorait encore.
- Salut Remus !
- Salut Lily, lui répondit faiblement Remus, couché sur un lit.
- Qu'est-ce qui s'est passé, pour que tu sois dans cet état ?
- Oh, je me suis fait attaquer par des Rafleurs en allant voir ma mère, c'est tout. Et toi, ça va mieux ?
Lily lui fit un de ses sourires spéciaux made-in-rouquine , un sourire charmant n'importe qui le voyait, un sourire éblouissant et tendre à la fois. Elle s'approcha de lui et dit :
- Bien sûr que ça va ! Je suis Lily la Tigresse, non ? Je résiste à tout.
Cette remarque fit sourire Remus.
- Je croyais que tu n'aimais pas ce surnom, je me trompe ?
- Je ne l'aime pas quand c'est Black ou Potter qui le dit. Mais c'est vrai que je laisse Alice et Arianna l'utiliser. Mary et Molly aussi, parfois. Je trouve qu'il me va bien.
- Ah, je comprends. Il n'y a que James et Sirius qui n'ont pas le droit de l'utiliser, Tigresse ?
- Eh, je n'ai jamais dit que tu pouvais le faire aussi ! Mes amies peuvent l'utiliser. Tu n'es pas une fille, que je sache ?
- Nan ! Mais je suis quand même ton ami ! Je ne peux pas du tout l'utiliser ?
- Non ! Non, arrête de faire tes yeux de chien battu. Tu sais très bien que ça ne marche pas avec moi...
Remus continua pendant deux bonnes minutes avant que ladite Tigresse rende les armes.
- Oh, et puis c'est d'accord...
Il hocha la tête.
- Ca va. Je voulais juste m'assurer que tu ne pouvais pas résister à absolument tout.
Il ne récolta qu'une petite tape sur la tête pour toute réponse.
- Bon, c'est vrai que je ne résiste pas à tout. Il y a juste à tes yeux de chien battu que je ne peux pas résister, sourit-elle.
- Tu es sûre ?
- Oui ! Et pas de sous-entendus. (Son visage était méfiant. Elle détestait l'expression interrogative qu'avait le châtain à cet instant précis.)
- Aucun ?
- Aucun.
- OK. En tout cas, je peux déjà te dire que je serai sur pied ce soir, dit-il alors d'un ton plus léger.
Lily prit Remus dans ses bras et le serra doucement avent de se retirer et de s'exclamer :
- Oh, mais c'est génial !
- Mais je suis génial ! Fit Remus en rigolant.
Lily secoua la tête négativement.
- Et après ça, on dit que tu es le plus raisonnable et le plus modeste des Maraudeurs ? La bonne blague ! Termina-t-elle dans un éclat de rire, aussitôt rejointe par le lycanthrope.
- C'est vrai qu'ils ont un ego plutôt surdimensionné. Mais c'est la mauvaise partie d'eux qu'ils montrent seulement. Sinon, James et Sirius ont des coeurs en or.
- Je ne te croirai jamais.
- Pourtant, il le faudrait bien.
Lily fronça les sourcils.
- Pourquoi dis-tu ça ? « Il le faudrait bien », c'est comme si tu savais quelque chose que personne d'autre ne sait...
Remus dût s'empêcher d'acquiescer par un « C'est justement ça ! » Il ne devait rien dire à ce sujet, Sirius l'avait fait promettre.
- Crois-moi, je ne sais même pas de quel genre de choses tu parles, dit-il en secouant négativement la tête. Alors pourquoi saurais-je plus de choses que les autres ?
Sauf que cette réponse est deux fois plus fausse et sonne donc deux fois plus faux, pensait Remus.
Lily, quant à elle, se détendit un peu en entendant les paroles de son meilleur ami.
Elle, finir avec James Potter ? Aucune chance.
Ceux qui y croyaient pouvaient déjà prendre rendez-vous chez un psychologue. Elle ne sortirait jamais avec ce prétentieux, arrogant, doublé d'un triple idiot. Tout Poudlard admirait Potter, ou presque. Lily l'avait pris en grippe dès son premier jour de scolarisation, lorsqu'il avait lâché son hibou sur Rogue.
Severus Rogue était – à ce moment-là – son meilleur ami. C'était lui qui avait montré à Lily qu'elle était une sorcière lui qui avait dit qu'elle irait à Poudlard lui qui souhaitait être dans la même maison qu'elle... Mais tout le monde change un jour ou l'autre. Il était à Serpentard, elle était à Gryffondor. Il avait des amis souhaitant rejoindre Voldemort, elle et ses amis voulaient le combattre. Rien que cela les éloignait déjà beaucoup. Mais le pire, c'était l'année précédente, lorsqu'il avait prononcé cette phrase : « Je n'ai pas besoin qu'une Sang-de-Bourbe me protège ! » C'était la phrase de trop. Et comme à chaque fois qu'elle pensait à cette phrase, elle eut les larmes aux yeux.
Elle bredouilla quelques excuses à Remus avant de courir hors de l'infirmerie. Elle sortit dans le parc et marcha pour s'asseoir sous le hêtre, près du lac. Sauf que quelqu'un avait eu le même réflexe qu'elle. Une jeune rousse pleurait, l'exacte réplique de Lily. Mais la jeune rousse en question releva la tête en entendant Lily arriver en courant.
Elles avaient exactement les mêmes traits, sauf les yeux. Lily avait des yeux d'une magnifique couleur émeraude, l'autre les avait grands et de couleur noisette, avec un oeil vairon : un complètement noisette, l'autre trois-quarts noisette, un quart bleu – encore plus rare que des yeux vairons normaux.
- Salut.
- Salut. Tu es nouvelle ? demanda Lily en comprenant qu'elle ne l'avait jamais vue auparavant.
- Ouais.
- Tu as rencontré des Serpentards, que tu pleures comme cela ?
Lily s'agenouilla près d'elle.
- Non. Je ne sais même pas qui est qui, à part Jeissy qui m'a dit être à Gryffondor.
- Alors pourquoi pleures-tu ?
La nouvelle tourna la tête sur le côté, éloignant ses yeux vers le vague.
- Tu tiens à ce que je te raconte absolument tout ?
- Vas-y, je t'écoute, lui dit Lily d'un ton conciliant et amical.
- OK. Déjà, tu peux m'appeler Evy. J'habitais à Templemars, en France. J'allais à Beauxbâtons, l'école de magie nationale. Jusque là, tout allait bien. Jusqu'à aujourd'hui...
- Mais, dis-moi... Pourquoi parles-tu au passé ?
- Ne t'inquiète pas, j'y viens. Donc aujourd'hui, je me suis préparée à retourner à l'école. J'ai préparé ma valise, Hazel ma chouette, mes affaires... Jusqu'à ce que la femme vienne me chercher.
- Excuse-moi encore de t'interrompre. La femme ?
- Tu verras, c'est compliqué. Elle est venue me chercher pour qu'on descende parler au salon. Et c'est là que j'ai pété les plombs. Elle m'a annoncé qu'elle n'était pas ma vraie mère, qu'elle et son mari avaient accepté de me recueillir. Et qu'ils me mutaient ici « pour mon bien ». Moi, tout ce que j'en conclus, c'est qu'ils veulent se débarrasser de moi. Et je ne sais même plus qui je suis. Donc j'ai fait ce que je pensais le mieux, je l'ai stupéfixée, j'ai pris mes affaires... et j'ai fugué. J'ai couru jusqu'à la forêt la plus proche et c'est là que j'ai rencontré Jeissy. Elle m'a expliqué que Poudlard n'était pas si horrible que je croyais, et je sais maintenant que c'est vrai. Elle m'a amenée ici avec elle, vu que je n'étais plus inscrite à Beauxbâtons. Et me voilà. Tu connais mon histoire, maintenant.
* Ceci est le contraire de mes yeux. Et dire que je suis un cas sur trois mille *soupir heureux*
Enfin, enfin, vous vous dites. Et ben moi je me dis bravo pour avoir posté ça si rapidement. En plus, je risque gros en vous postant maintenant : la Punission du Siècle parce que j'ai une migraine et que je ne peux pas regarder un écran longtemps.
Sinon, merci de nouveau à toi, miss-sawyer, de me laisser des reviews à chaque chapitre :D Pour le nom d'Evy, je donne un indice : aller voir mon profil. Y a un truc dessus. Et pour la fic Klaine, je peux juste dire que ce sera un UA POV Blaine/Kurt et que le titre sera pourri : Glee-cérum (Titre que j'ai pensé à dévier mais ça ne marche pas. Je l'ai trouvé en cours de physique, alors que je devais faire du dentifrice et que mon prof nous demandait les ingrédients - le glycérum est en fait un produit liant les autres composants du dentifrice - tout ça pour dire que le titre est pourri *sbaff sbaff sbaff x10*
Et... Une nouvelle (un nouveau ?) follower de l'histoire, Echco ! Merci :) Par contre, j'aimerais bien voir une de tes histoires... tu as 76 histoires favorites et tu n'en écris pas ? C'est triste...
Pour finir, j'ai envie de donner un délai pour les autres chapitres mais comme j'ai peu de temps libre et que je ne connais pas l'horaire de Ginny, ça risque d'être un peu difficile. Alors je dis juste :
A la prochaine fois !
Alex
