Harry Potter appartient à J.K. Rowling. Cette histoire a pour auteur Aurette (vous la trouverez dans mes auteurs favoris), avec pour relecteurs Hebe GB, Dressagegrrrl et astopperindeath. Moi, je traduis, sans en tirer d'autre profit que les éventuels remerciements de mes éventuels lecteurs.
Encore une fois, merci à tous les lecteurs et commentateurs !
Faciliter le changement
Chapitre 4
Rogue était assis dans sa cuisine, les pieds, dans ses bottes, posés sur la table, et il buvait du brandy. Il regardait la pleine lune traverser le ciel au-dessus des tristes cordes à linge dans les arrière-cours voisines et se demandait pourquoi il sentait ses tripes se nouer d'appréhension.
Ça ne lui ressemblait tout simplement pas. C'était Miss Granger qui passerait son premier ASPIC demain, pas lui. Bordel. Il avait quitté ce type de drame imbécile depuis tant d'années ! Il ne s'était jamais vraiment inquiété pour ses élèves quand il enseignait, sauf pour espérer que tel cornichon particulier ratât suffisamment son BUSE de potions afin qu'il n'eût pas à le revoir dans sa salle de classe.
Il fronça les sourcils et se resservit en brandy. Peut-être qu'il devenait vieux et sentimental, tout bêtement. L'idée le dégoûtait. Si Granger avait utilisé la moitié de sa cervelle, elle aurait pu en avoir fini dès l'été précédent quand on avait laissé tous les futurs diplômés passer leurs examens. Au lieu de ça, Il avait dû la relever de terre et la traîner derrière lui pour lui permettre d'achever ce qu'elle avait été trop stupide pour chercher elle-même.
Il avala la moitié de sa boisson et renifla dans son verre. Ou peut-être qu'il était tout bêtement un imbécile qui aimait à se mentir. Il savait exactement pourquoi il était assis là à s'inquiéter pour cette gamine stupide. Il avait su tout du long pourquoi il avait fait tout ça. Le cœur du problème, c'était que Rogue n'aurait pas remué le petit doigt pour cette fille si elle ne lui avait pas dit qu'elle l'aimait bien, le premier jour, dans le bureau des brevets. Qu'elle l'admirait, même.
Personne de vivant n'avait de véritable affection pour Severus Rogue. Du respect, peut-être, comme Minerva, mais de l'affection ? En dehors d'Albus, seule Lily avait jamais dit qu'elle l'aimait bien et cela avait eu une signification particulière pour lui – même si cette affirmation était toujours suivie d'un « mais seulement comme ami ».
Et soudain, sans prévenir, voilà Granger, un irrationnel petit bout de bonne femme avec un sens de l'humour tordu et un mélange perturbant de force et de fragilité. Elle plaisantait avec lui, le taquinait, le défiait, et, juste au moment où il était complètement incertain à son sujet, elle lui montrait brusquement le profond respect dont il avait été terriblement privé depuis qu'il avait eu la gorge presque déchiquetée.
Durant ces longs mois, il avait vraiment eu quelqu'un qu'il considérait comme une amie. Juste une amie, en dépit des rumeurs perverses qu'on lisait dans le journal. L'idée qu'ils pussent être davantage l'un pour l'autre était tout simplement absurde, et ne méritait pas qu'on dépensât l'énergie nécessaire à la démentir.
Il but la seconde moitié de son brandy et il était en train d'en verser à nouveau dans son verre lorsque le hibou d'Hermione, Hercule, vint se percher sur le rebord de la fenêtre ouverte et lui tendit délicatement la patte.
« Qu'est-ce que tu fais ? Tu t'es perdu ? Viens là, je suis trop fatigué pour aller jusqu'à toi. »
L'oiseau hulula et le rejoignit de l'autre côté de la table en sautillant. Rogue détacha la note et lui montra de la main le perchoir.
Il ne s'était jamais soucier d'acquérir un hibou et ce n'était donc que lorsque cette andouille de volatile avait commencé à apparaître à sa fenêtre qu'il avait finalement installé un perchoir. Le pauvre diable, surmené, devait parfois transporter quatre notes de Granger dans la même soirée.
Rogue brisa le sceau et déplia le parchemin avant de reprendre son verre.
Cher Mr. Rogue,
Je ne peux pas le faire. Je sais que je vais vous laisser tomber, mais je ne peux tout simplement pas revenir à Poudlard demain et passer ce premier examen. Je ne ferais que me ridiculiser et vous humilier. Demain, c'est métamorphose. J'avais tout bien en tête, vraiment, mais ce soir, c'est parti. Tout. Je ne peux pas transformer la moindre petite chose. Ça fait des heures que j'essaye et je ne vaux plus rien.
Tout le monde sait que vous m'avez aidée. Si j'y vais demain, je vous ferai honte. Je détruirai votre réputation et ferai de vous un objet de dérision.
Si je n'y vais tout simplement pas, tout le monde pensera que je suis une peau de vache ingrate et ça n'aura aucun impact sur vous. Vous voyez ? Je crois que c'est logique.
Je ne peux pas souligner l'importance à mes yeux du fait que vous vous soyez démené de la sorte, pour une élève dont vous vous souciez comme d'une guigne, en plus. J'espère que ce petit revers ne vous empêchera pas de conseiller d'autres personnes à l'avenir. Vous êtes un merveilleux professeur et un merveilleux être humain.
Et c'est la raison pour laquelle je ne peux pas y aller demain et leur faire penser que mon absence totale de compétence est d'une façon ou d'une autre liée à vous.
J'espère vraiment que vous me comprenez.
Vous avez ma reconnaissance éternelle pour le temps que vous m'avez consacré et je vous promets que c'est le dernier hibou que je vous envoie.
Bien à vous,
Hermione J. Granger.
Il fixa le parchemin et poussa un lourd soupir. Clairement, cette fille était idiote.
« Tu ferais bien de passer la nuit ici. Elle te fera bosser jusqu'à la mort dans l'état où elle est », dit-il à l'oiseau. Il obtint un trille soulagé en réponse. Il fit tomber ses lourdes bottes de la table avec un bruit sourd et ferma la fenêtre d'un mouvement de baguette. Il jeta ses sortilèges de protection et finit son brandy avant de reposer le verre avec un geste prudent et de partir regagner son lit.
Hermione se réveilla sous les effets conjugués de son alarme qui hurlait, de son chat qui venait la taquiner et de son hibou qui grattait à la vitre. Elle émergea des couvertures et courut à la fenêtre, tendant un biscuit à Hercule avant de détacher la note fixée à sa patte. Elle se dépêcha de la déplier et lut les mots « Alors ne le faites pas. » tracés de l'écriture familière en pattes de mouches qui lui permettait à chaque fois de se sentir mieux. Elle soupira et pressa la note contre son front avant de se tourner vers son chat en souriant.
« Il est vraiment merveilleux, Pat'. »
Elle laissa tomber la missive sur son lit et se précipita vers sa douche afin de se préparer pour son premier examen.
Hermione franchit les portes de Poudlard pour la première fois depuis presque deux ans, luttant pour contenir sa nausée, cinq petits mots serrés dans la main. Elle pouvait le faire. La logique déclarait qu'il n'y avait pas moyen qu'elle pût échouer si elle avait si bien réussi le pré-test. Il était certain qu'elle ne pouvait qu'avoir amélioré son niveau depuis, avec son bachotage et ses études intensifs. Et d'ailleurs, ça n'avait d'importance pour personne d'autre qu'elle. C'était ce que Rogue lui avait montré le jour où il lui avait apporté le test et c'était ce qu'il lui avait rappelé ce matin avec sa réponse laconique à sa démonstration mortifiante de trac de la nuit d'avant.
Elle serra encore davantage la note et leva le menton en montant les marches pour voir le professeur McGonagall qui l'attendait avec un sourire.
Hermione ouvrit violemment la porte des Trois Balais avec un cri auquel répondirent aussitôt ceux de Harry et Ron. Ils poussèrent des hourras bruyants, vinrent jusqu'à elle en tapant des pieds, la firent tourner en rond tout en l'embrassant tour à tour.
« D'après ce sourire, je suppose que tu as réussi l'arithmancie et l'étude des runes ? demanda Harry.
– Allons, Harry, tu sais qu'elle a déchiré. C'est Hermione, quand même !
– Je m'en suis plutôt bien sortie de mon point de vue, et c'est tout ce qui compte, dit-elle avec un air satisfait.
– Ça alors ! s'exclama Harry après s'être arrêté pour la fixer un bon moment. D'où vient donc cette nouvelle attitude ? J'apprécie, en tout cas.
– Oh, un certain professeur sournois a finalement réussi à la faire entrer dans mon petit égo nécessiteux.
– En parlant de lui, j'aurais cru qu'il serait déjà là, s'étonna Ron. Nous l'avons invité à se joindre notre petite célébration.
– Vraiment ? demanda-t-elle sur un ton excité en tournant la tête pour regarder dans tous les coins du bar où elle vit un nombre important de gens pour un vendredi après-midi mais aucun grand sorcier vêtu de noir. Il a répondu ?
– Euh... non, répondit Ron.
– Oh. Alors il ne viendra probablement pas, dit-elle. Il n'aime pas beaucoup sortir en public. Il ne m'a pas rencontrée en dehors de mon travail depuis que son sourire lui a valu d'être dans le journal. Je lui enverrai un hibou quand je rentrerai à la maison pour lui faire savoir comment ça s'est passé.
– Tu devrais peut-être écrire cette lettre tout de suite, remarqua Ron. On ne sera plus tellement en état quand on aura fini de fêter ça.
– Ron a commencé à organiser cette soirée il y a des semaines, intervint Harry en riant. Sois prévenue : en plus de nous rendre horriblement saouls, il a prévu de nous traîner tous chez un tatoueur.
– Oh, mon Dieu », dit Hermione.
Il avait les pieds sur la table, comme d'habitude, mais il avait enlevé ses bottes et le verre de brandy avait été vidé pour la dernière fois des heures plus tôt. Hercule atterrit sur le rebord de la fenêtre mais ses hululements ne dérangèrent que les ronflements du sorcier, pas son sommeil. Le petit hibou sautilla autour de la bouteille vide et donna un coup de bec sur le genou de l'homme avant de se mettre hors de portée d'un battement d'ailes.
Le sorcier ouvrit un œil injecté de sang et fusilla l'oiseau d'un regard torve avant de reporter son attention vers la pendule. Il était trois heures et demie du matin.
Le volatile émit un hululement plaintif et tendit la patte.
« N'espère aucune pitié », grommela l'homme d'une voix indistincte.
Rogue se redressa et tourna la tête d'un côté puis de l'autre pour tâcher de faire disparaître son torticolis. Il se pencha, détacha la note et indiqua d'un geste le perchoir. Il leva sa baguette, remplit son verre d'eau et but une grande gorgée avant de briser le sceau de la note.
Mon cher Severus,
Oui, je vais t'appeler Severus. J'appelle tous mes amis par leur prénom et je ne vois pas l'intérêt de continuer à m'adresser à toi d'une manière qui ne soit pas sincère. Je ne suis pas toujours sincère avec moi-même mais je suis d'une sincérité sans faille avec ceux à qui je tiens. Tu es mon ami.
O.K. On continue.
J'ai un nouveau tatouage ! Il est merveilleux et représente mon nouveau moi. J'ai trop hâte que tu le le voies ! Non, attends. Tu ne peux pas le voir. Oui, bon, en tout cas, c'est très « moi ». Ou le nouveau moi, du moins.
Comme tu l'as sûrement déjà deviné, j'ai fini. Je sais que je m'en suis bien sortie, grâce à toi. Et tu aurais su que je m'en étais bien sortie si tu t'étais donné la peine de te montrer à notre fête, aussi joyeuse que petite. Il n'y avait que Ron et Harry au début, et puis George est venu, puis Neville.
Tu te souviens de Neville ? Il a tué ce putain de serpent, tu sais. Putain de serpent. Tu sais que j'étais là ? On était planqués. Je sais que tu as vu Harry, mais je ne suis pas sûre que tu saches que j'étais là, moi aussi. Tu faisais encore partie des méchants, à ce moment-là, mais ça m'a rendue tellement malade de te voir obligé de subir une telle horreur. Je croyais que tu étais mort. Je le jure, on a tous cru qu'on t'avait vu mourir. Bon sang, quelle mort de merde. Une serpette ! Serpette ? Je veux dire serpent. N'importe. Mais les potions, c'étaient les potions que tu as prises. Tu es si intelligent. Tu es merveilleux. Est-ce que je te l'ai déjà dit ? Je sais que je te le dis tout le temps, mais je le pense. Ces dernières semaines ont vraiment été importantes pour moi. Personne, en dehors de Harry et Ron, et tous les Weasley si on y pense, ne m'accorde plus d'importance qu'à ses premières chaussettes, sauf toi. J'espère bien que tu comprends que je te trouve merveilleux. Je crois aussi que je vais être malade. Attends-moi là.
Oky-docky. Je suis de retour et je me sens beaucoup mieux. Je devrais sans doute prendre une potion de Dégrisement, mais je crois que les miennes sont passées de date. Je ne peux pas me rappeler de la dernière fois où je suis sortie boire. Où est-ce que j'en étais ? Oh, je ne sais plus ce que je raconte. Je t'écrirai à nouveau quand je n'aurai plus un tournis aussi rapide pour te donner tous les détails croustillants.
Oh ! Encore une chose ! Minerva m'a proposé de participer à la cérémonie de remise des diplômes. Je crois que je vais y aller. Et toi ? Tu fais partie des rares personnes que j'apprécie vraiment ces jours-ci et j'aimerais beaucoup que tu sois là.
OK. Il faut encore que j'aille vomir, alors, je vais juste signer.
T'aime,
Hermione.
Rogue lut la lettre de bout en bout quatre fois avant de finir par la poser sur la table. Clairement, cette fille était toujours une idiote.
Le soleil brillait haut dans le ciel et Poudlard ressemblait à un joyau de fête avec toutes ses bannières colorées agitées par la brise, se dit Hermione en se dirigeant vers le terrain de Quidditch pour la cérémonie de remise des diplômes. Harry et elle marchaient le long d'une mer de rouquins car le clan Weasley était venu en masse pour voir son plus jeune membre recevoir le précieux parchemin.
Ils la félicitèrent tous et Harry la serra une deuxième fois dans ses bras avant qu'elle ne les quittât pour rejoindre sa place derrière la classe des nouveaux diplômés. Elle fit un signe de la main et envoya un baiser dans la direction de Ginny quand leurs regards se croisèrent, mais elle ne vit pas la personne qu'elle désirait voir le plus.
Mr. Rogue avait envoyé ses meilleurs vœux pour l'avenir d'Hermione, avec un remède anti-cuite, après la fin des examens une semaine plus tôt, mais elle n'avait pas eu de ses nouvelles depuis. Elle avait continué à lui envoyer une note ici et là (ça lui faisait drôle d'avoir d'un coup perdu toute raison de correspondre avec lui), et n'avait jamais reçu la moindre réponse.
Elle savait que Harry, Ron et tous les Weasley étaient très fiers d'elle mais elle savait aussi qu'ils étaient venus d'abord pour Ginny. Cela paraissait tellement idiot quand elle prenait le temps d'y penser mais la réalité était que ses parents lui manquaient désespérément et qu'elle regrettait de n'avoir personne qui fût là juste pour elle.
La cérémonie commença enfin et Hermione écouta avec attention Minerva parler des changements que l'année avait apportés et du brillant avenir étincelant qui attendait la plus récente promotion. Le ministre fut le second à discourir, suivi par Pascal Richter, membre du conseil d'administration, qui ronronna jusqu'à plonger l'assistance dans la torpeur. Quand les diplômés furent finalement appelés un par un, Hermione avait du mal à garder les yeux ouverts. On n'en était qu'à la moitié des H lorsque sa tête se redressa brusquement en entendant le bruit des murmures et des chuchotements. Elle regarda autour d'elle, mais Dieu merci, personne ne semblait se soucier du fait qu'elle se fût endormie. Elle redoubla d'efforts pour suivre ce qui se passait, acclamant bruyamment Luna, mais perdit à nouveau le fil quelque part pendant les M.
Elle se réveilla lorsqu'une profonde voix masculine murmura dans son oreille :
« Quelles mauvaises manières, Granger. Jetez au moins un sortilège de mutisme si vous devez ronfler. »
Elle tourna la tête si vite qu'elle lui écrasa le nez de sa pommette.
« Vous êtes venu !, murmura-t-elle sur un ton excité quand elle le vit assis juste derrière elle, en train de se frotter le nez en fronçant les sourcils. Je suis tellement contente de vous voir ! J'ai regardé partout en arrivant !
– Il est assez évident que je suis venu. J'essayais d'être discret, ce dont vous êtes manifestement incapable. Maintenant, retournez-vous et arrêtez de faire une scène, pauvre petite idiote. »
Elle lui tira la langue puis se tourna, affichant un grand sourire idiot. Elle regarda l'élève assis à côté d'elle, un Poufsouffle dont elle ne se souvenait pas vraiment et qui l'observait avec inquiétude, et lui dit fièrement :
« C'est mon précepteur ! »
Elle entendit un long soupir agacé derrière elle et gloussa. Elle frappa fort et longtemps dans ses mains lorsque le nom de Ginny fut appelé et après encore quelques élèves, ce fut fini pour toute la classe de cette année-là.
McGonagall leva une main et demanda le silence à la foule en liesse.
« C'est un honneur pour moi, et bien plus, un honneur pour nous tous, d'inclure à la classe de cette année une élève de Gryffondor qui a terminé ses études après un long délai dû au conflit que nous avons connu. Je suis très fière de vous annoncer qu'elle a reçu un Optimal dans les onze ASPIC qu'elle a passés. C'est un succès extraordinaire qui restera une référence pour tous nos élèves dans les années à venir. Je suis très fière de vous présenter Hermione Jean Granger. »
L'expression d'Hermione se figea dans un sourire nerveux au fur et à mesure qu'elle comprit ce que la directrice disait. Onze ASPIC avec Optimal. Elle prit une inspiration, se leva et sourit à l'homme qui était derrière elle avec l'air aussi dyspeptique qu'à l'ordinaire. Il hocha la tête dans sa direction puis jeta un coup d'œil aux gens qui attendaient sur la scène. Hermione se retourna et marcha jusqu'au podium sous les cris de joie des Weasley et les applaudissements de la foule.
Elle serra la main de McGonagall avant de se jeter à son cou. Hagrid la souleva en la prenant dans les bras et elle faillit écraser Flitwick quand elle retomba sur ses pieds. Elle embrassa chacun de ses anciens professeurs, essuyant les larmes qui coulaient de ses yeux tout du long. Puis elle se tourna, levant le poing en serrant son diplôme et les élèves se joignirent à elle, en envoyant en l'air leurs chapeaux pointus et en criant.
Elle sauta à bas du podium et courut vers son siège qu'elle contourna pour se jeter sur Rogue. Les yeux de ce dernier s'agrandirent quand elle se rapprocha et elle rit de voir combien il avait l'air terrifié lorsqu'elle l'entoura de ses bras et le serra fort. Elle sentit qu'il lui tapotait maladroitement les épaules et serra davantage. Elle le libéra enfin et regagna sa place pour le dernier discours avant la fin de la cérémonie.
Alors que les élèves se précipitaient en tous sens à la recherche de leur famille, Hermione se retourna et sourit à son mentor et ami.
« Je vous en prie, dites-moi que vous venez au Terrier pour la fête. Il n'y aura pas grand monde, que des amis et de la famille.
– Je ne pense pas, répondit en secouant la tête avec une expression peinée. Félicitations, Miss Granger, ajouta-t-il en s'approchant d'elle pour lui serrer la main. Onze ASPIC avec Optimal, c'est une réussite extraordinaire. N'oubliez jamais ce que vous avez fait. Ce fut un plaisir rare de vous voir prendre le contrôle de votre vie. Profitez-en désormais, conclut-il en lui pressant la main avant de reculer.
– Merci, Mr. Rogue, dit-elle (il était beaucoup plus facile de le tutoyer et de l'appeler Severus sur parchemin quand elle était plus que pompette). Merci pour tout.
– Ce n'était vraiment rien Miss Granger, répliqua-t-il avec un sourire sarcastique. Ne perdez pas de vue le fait que vous avez fait cela par vous-même pour l'essentiel. Je n'ai fait que faciliter le processus. »
Il inclina la tête et se détourna, disparaissant rapidement au milieu des gens. Elle soupira et se hissa sur la pointe des pieds pour retrouver le groupe de rouquins dans la foule.
Hermione se réveilla avec une migraine lancinante qui se révéla être en fait des coups frappés à sa porte. Elle passa les bras dans les manches de sa robe de chambre et se dirigea vers l'entrée en criant :
« Qui c'est ?
– Ginny !
– Je te dirais volontiers que c'est chouette de te voir, déclara Hermione après avoir enlevé ses sorts de protection et ouvert la porte, mais je t'ai vue il y a cinq heures, ajouta-t-elle en jetant un œil à sa pendule. Qu'est-ce qui t'a réveillée si tôt ?
– C'est maman. Elle voulait que je sois avec toi quand tu verrais ça. Elle s'est dit que Ron et Harry allaient juste péter les plombs et que ça ne ferait qu'empirer les choses. Je vais faire du thé. Tu ferais mieux de t'asseoir », finit-elle en sortant l'édition matinale de La Gazette du Sorcier et en la lui tendant.
Hermione lança un regard interrogateur à Ginny, la suivit dans la petite cuisine et s'assit à la petite table. Elle déplia le journal et lut le grand titre.
Scandale à l'école !
Poudlard permet à la jeune maîtresse de Rogue de voler la vedette.
Le tollé général déclenche une enquête.
« Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » s'exclama Hermione.
Elle regarda le reste de la page et les photos qui illustraient l'article. Ses sourcils se levèrent brusquement en voyant Rogue se pencher près d'elle et lui murmurer quelque chose à l'oreille. Sur la photo, elle tournait lentement la tête jusqu'à ce qu'on eût l'impression qu'ils s'embrassaient. L'image s'arrêtait pile à cet endroit avant de se répéter.
« Ils ont ralenti cette séquence ! J'étais en train de ronfler et il m'a dit de me réveiller ! On ne s'est pas embrassé !
– Nous le savons, répondit Ginny. Bill a vu ce qui s'est passé et il a bien rigolé en voyant Rogue se faire écrabouiller le nez. »
Hermione baissa à nouveau ses yeux pleins de larmes. Une autre photo la montrait en train de se jeter sur lui (on ne pouvait pas voir la tête qu'il faisait sous cet angle de vue) et sur la dernière, elle était seule, debout sur le podium, tenant son diplôme au-dessus de la tête.
« Oh, mon Dieu. Je vais être malade, dit-elle. Sur quoi veulent-ils enquêter ? Je ne comprends pas.
– L'article raconte qu'on vous soupçonne, Rogue et toi, d'avoir trouvé un moyen de tricher aux examens, expliqua Ginny en posant la théière sur la table avant de fouiller dans les placards à la recherche de tasses. Ils disent qu'il n'est pas possible que tu aies pu obtenir de telles notes toute seule après avoir quitté l'école depuis si longtemps et complètement manqué ta septième année. Papa a contacté Kingsley par Cheminette ce matin et il dit que ce sont des conneries. Personne n'a ordonné d'enquête mais malheureusement, ils vont probablement le faire maintenant. C'est comme ça que ça marche. Si le ministre ne demande pas d'enquête, alors, ça donnera l'impression qu'il veut étouffer l'affaire, surtout qu'il a déjà des ennuis avec la presse à cause du pardon accordé à Rogue. »
Hermione relut les titres puis se surprit à regarder encore la photo où il se penchait pour lui murmurer à l'oreille. Elle avait été prise juste au-dessus de l'épaule gauche de Rogue et on ne pouvait voir aucun de leurs deux visages. Elle avait un caractère fascinant. Même quand on connaissait la vérité, cette photo était un affriolant chef-d'œuvre de manipulation.
« Bon sang, Gin, même à moi, ça me ferait croire que je l'ai embrassé. Il ne m'adressera plus jamais la parole. Il doit se sentir tellement humilié. Je suis tellement bête. Je n'aurais jamais dû lui demander de venir.
– Eh bien, ce qui est fait est fait. Il n'y a plus qu'à trouver comment s'en sortir. »
Et voilà... Comment les choses vont-elles tourner ? Jusqu'où l'enquête va-t-elle aller ? Quelles en seront les conséquences ? Hermione va-t-elle perdre le bénéfice de ses ASPIC ? C'est ce que nous saurons au prochain épisode !
J'espère que vous avez apprécié la lettre écrite sous l'influence de l'alcool (un bon rappel : ne jamais écrire à quelqu'un d'important pour soi quand on a bu).
J'espère également que vous appréciez la façon dont les relations personnelles de nos protagonistes progressent à tout petits pas et presque inconsciemment.
Comme d'habitude, toutes les remarques sont les bienvenues. N'hésitez pas à laisser un commentaire !
