Harry Potter appartient à J.K. Rowling. Cette histoire a pour auteur Aurette (vous la trouverez dans mes auteurs favoris), avec pour relecteurs Hebe GB, Dressagegrrrl et astopperindeath. Moi, je traduis, sans en tirer d'autre profit que les éventuels remerciements de mes éventuels lecteurs.
Encore une fois, merci à tous les lecteurs et commentateurs !
Attention, le langage utilisé dans ce chapitre n'est pas toujours châtié, Rogue se lâche quand il est en colère...
Désolée pour le retard : j'avais préparé le chapitre hier mais hop, un petit souci de connexion, et tout a été perdu avant que ça n'ait été sauvegardé. Ah, les joies de l'informatique...
Faciliter le changement
Chapitre 7
« Bordel de merde ! s'exclama-t-il en agitant une liasse de commandes. Vous vous rendez compte de ce que cela veut dire ? J'ai besoin de plus d'employés ! J'ai besoin d'un atelier plus vaste ! Deux personnes seules ne peuvent pas assurer tout ça ! Toute cette idée est absurde depuis le début ! C'était idiot de ma part de vous laisser me convaincre de me lancer là-dedans ! »
Il balança la liasse sur son bureau et fit brusquement demi-tour tandis que les feuilles volaient de toutes parts.
Elle se pencha et se mit à les ramasser sur le siège et sur le sol, pour les remettre de nouveau en ordre sur son bureau. Elle le laissa vitupérer sans l'interrompre, bizarrement surprise, même après tout ce temps, de sa capacité à lancer du vitriol. Son employeur était dans un état de fureur extrême depuis vingt-quatre heures.
« J'étais heureux, avant, continua-t-il sur le même ton rageur en s'emparant de chaudrons qu'il reposait violemment sur les tables du laboratoire. Je n'avais pas à me préoccuper de tout ça. Je pouvais sortir de ma putain de baraque sans une meute de photographes pour me coller aux basques. J'avais le temps de lire des putains de livres ! »
Il fit claquer le grand chaudron en étain dont le bruit résonna un long moment et se tourna vers elle.
« Je n'avais à m'inquiéter pour une apprentie qui se fait coincer dans la neige, entourée d'une bande de violeurs en herbe ivres parce qu'elle a voulu aller acheter des putains de cadeaux pour ses putains d'amis à moitié demeurés ! Je n'étais pas obligé de penser à ce qui aurait pu arriver, au fait absurde que vous soyez allée chercher refuge dans l'Allée des Embrumes et que vous n'ayez pas pensé à m'appeler à votre aide, bordel ! »
Il jeta une planche à découper sur la table et se mit à pulvériser des fèves sopophoriques avec le plat de la large lame de son couteau. Levant ce dernier en l'air, il le brandit sous le nez d'Hermione.
« Avez-vous remis de l'onguent à bleus ? Je vous ai dit qu'il fallait en appliquer trois fois par jour !
– Je vais aller en remettre maintenant », dit-elle doucement en portant la main à sa joue encore sensible.
Elle quitta le sous-sol et gagna la cuisine. Elle leva la tête en entendant les coups tapés par un hibou à la fenêtre et alla vite lui ouvrir pour détacher le parchemin qu'il avait à la patte. Elle vit qu'il s'agissait encore d'une commande et soupira. Elle s'assit sur la chaise, regarda par la fenêtre et laissa rouler de grosses larmes sur ses joues.
Elle ne l'entendit pas entrer dans la pièce et tourna simplement la tête quand elle sentit l'odeur de l'onguent, fermant les yeux tandis que les doigts tièdes de Rogue commençaient à répandre la pâte sur l'hématome encore douloureux. Sa main était infiniment légère, et tremblait un peu. Hermione frémit de la douleur qui lui vrilla le cœur à l'idée que cet incident sordide était l'occasion qui avait mené pour la première fois la main de Rogue sur sa peau. Elle pencha la tête sur le côté afin qu'il pût voir ce qu'il faisait. Le dernier geste de Rogue fut un passage subtil de l'arrière de ses doigts sur la mâchoire de la sorcière et celle-ci faillit en perdre ses moyens.
« Granger. Il faut que ça cesse. Vous auriez pu être tuée. Vous avez l'argent dont vous avez besoin pour commencer une nouvelle vie en Australie. Je vous en donnerai davantage, si vous voulez. Nous nous sommes déjà bien enrichis, en quelques mois de votre plan de dingue. Cela suffit. »
Elle tourna la tête, plongea le regard dans ses yeux noirs et murmura :
« Viens avec moi.
– Miss Granger... commença-t-il en reculant et en secouant légèrement la tête tandis que ses yeux s'élargissaient.
– Non ! l'interrompit-elle en frappant la table de ses paumes. Ne m'appelle pas comme ça ! Tu ne peux pas continuer à te servir de mon nom comme d'un bouclier pour nous séparer ! C'est ridicule et insultant !
– Sortez ! cria-t-il alors avec de la rage dans les yeux. J'en ai fini avec cette comédie ! Je ne suis pas votre putain de héros, Granger. Arrêtez de me regardez comme si je l'étais. Vous êtes virée, ajouta-t-il en se drapant dans ses robes et en plissant les yeux. Prenez vos affaires et partez.
– Vous êtes vraiment un connard, Rogue, rétorqua-t-elle en se levant pour se diriger vers la porte. Vous ne pouvez pas me virer. Vous ne sauriez même pas où trouver les bons papiers pour mettre un terme au contrat que nous avons passé. »
Il la suivit dans le salon et la fixa d'un regard intense pendant qu'elle décrochait sa cape, ses yeux suivant avec une inquiétude grandissante les mouvements des doigts d'Hermione qui fermaient les boutons les uns après les autres.
« J'ai des choses à faire. Quand je reviendrai, je veux que cette mauvaise humeur soit passée. Maintenant que vous avez recours à des menaces vaines, ça devient fatigant.
– Je pensais ce que j'ai dit, Granger. Vous êtes...
– Arrêtez, le coupa-t-elle en levant une main. Ne me mentez pas. Vous ne voulez pas que je parte, pas plus que moi, je ne veux partir.
– Vous finirez par partir de toute façon, bordel ! Où est le mal à vous flanquer dehors dès à présent ? »
Ils se regardèrent en silence un long moment, choqués, avec la nette conscience qu'il en avait dit bien plus qu'il ne l'avait voulu. Elle le connaissait assez pour savoir qu'il se déchaînerait d'autant plus contre elle qu'il venait de se rendre vulnérable.
« Vous avez besoin de quelque chose, chez Tesco ? » demanda-t-elle en jetant son sortilège de Désillusion.
Il cligna des yeux, surpris par le soudain changement de sujet et, quand il les rouvrit, elle put lire dans son regard du soulagement ainsi qu'une brève lueur de gratitude.
« Non », répondit-il à voix basse.
Il lui tourna le dos et partit dans la cuisine avant qu'elle eût ouvert la porte d'entrée, mais cette tactique ne la trompa pas. Elle savait que, dès qu'elle aurait refermé derrière elle, il se précipiterait dans le salon pour vérifier qu'elle rencontrait pas de problème en s'en allant.
Hermione entra dans la maison et annula son sortilège avant de suspendre sa cape et de se rendre à la cuisine.
Rogue, assis à table, regardait par la fenêtre. Elle lui souhaita bonjour, comme elle le faisait toujours, et il ne réagit qu'en détendant un peu les épaules et en prenant une profonde respiration qu'il relâcha dans un soupir.
Elle vit qu'il n'avait rien mangé et se mit à fouiller dans les placards. Il se leva et donna un coup de baguette sur la bouilloire.
Quand ils s'assirent pour déjeuner, elle sortit un épais rouleau de parchemin de son sac-à-dos et le posa sur la table près de l'assiette de Rogue.
« Qu'est-ce que c'est ? lui demanda-t-il en prenant les documents pour dérouler deux pages couvertes de termes légaux.
– Joyeux Noël. Signez ça.
– Et qu'est-ce que vous voulez me faire signer cette fois, au juste ?
– C'est un contrat de production. La compagnie Concoctions Confondantes va se charger de notre production à partir du 3 janvier. Nous allons pouvoir augmenter notre puissance sans avoir à travailler davantage.
– Comment avez-vous fait pour qu'ils acceptent ? l'interrogea-t-il sur un ton suspicieux.
– C'était facile. Vous leur en avez donné l'ordre. Vous les avez rachetés hier. C'est sur l'autre feuille. Il faut que vous la signiez aussi. J'ai laissé tous les cadres en poste mais je leur ai bien fait comprendre que, si leurs standards de production n'étaient pas à la hauteur de vos exigences élevées, vous feriez des changements. Nous inspecterons leurs installations le 4. Et ils ont l'obligation de vous envoyer une fiole choisie au hasard dans chaque lot de chaque potion.
– Je ne veux pas inspecter leurs installations et j'ai mieux à faire que de vérifier des fioles choisies au hasard.
– Vous dites cela pour le moment mais une fois que vous aurez passé les vacances à ruminer le fait que votre nom sera associé à chacune des potions qui quittera l'endroit, votre maniaquerie obsessionnelle refera surface. J'ai simplement anticipé et pris cela en compte. Vous aurez de nouveau le temps de lire un bouquin. »
Il fronça les sourcils puis baissa les yeux vers le parchemin. Quand il les releva, il souriait. C'était ce sourire-là, celui qui faisait frémir jusqu'aux orteils d'Hermione.
« Vous êtes conscient, dit-elle, que j'ai vidé nos deux comptes en banque pour faire ça. Du coup, ajouta-t-elle en voyant le sourire s'effacer de son visage, personne ne va partir pour l'Australie dans l'immédiat. Nous allons être sérieusement ruinés jusqu'après la fin des vacances.
– Quand est-ce exactement que je vous ai donné les pleins pouvoirs sur mon compte en banque ?
– La semaine dernière, quand je me suis rendu compte que nous devenions trop gros pour tout gérer nous-mêmes. Vous avez signé le formulaire en même temps que le renouvellement du dernier brevet. Vous devriez vraiment faire attention. C'est ce que je vous ai toujours dit. Ça vous servira peut-être de leçon.
– Vous êtes consciente que je vais devoir aller faire des courses pour nous nourrir avant que les bénéfices de votre dernier investissement hasardeux ne commencent à rentrer ? Oh, mais j'oubliais, vous n'avez droit qu'à du pain avec du fromage et un morceau de viande une fois par semaine.
– J'ai aussi droit à un grabat par terre près de la cheminée et ça risque bien de me servir, vu que mon loyer tombe le 1er du mois. Pour la nourriture, j'ai déjà prévu deux jours au moins. Vous venez avec moi au Terrier pour le dîner de Noël ce soir et nous y passerons la nuit. Ça fait que nous profiterons de la cuisine de Molly demain aussi. Si on la joue bien, on peut même embarquer les restes. Je lui ai déjà dit qu'on venait tous les deux, ajouta-t-elle avec un rire en voyant son regard horrifié. Si vous annulez maintenant, elle vous enverra Arthur pour vous donner mauvaise conscience. »
Il exprima son dégoût par un grognement et lui jeta un regard noir avant de laisser tomber les parchemins sur la table pour finir son petit-déjeuner.
Rogue suivit son apprentie à l'intérieur du Terrier et fit disparaître d'un sort le gui accroché au-dessus de l'embrasure avant que quelqu'un le vît. Il serra les dents pendant qu'on leur souhaitait bruyamment la bienvenue puis, se rendant compte qu'il ne pouvait percevoir aucune trace de suspicion ou de jugement, il se détendit et rendit à Arthur et Molly leur chaleureux accueil. Il se sentit quelque peu perplexe devant l'énergique poignée de main enthousiaste de Potter et fit une grimace en recevant la tape dans le dos de Ronald mais il prit le tout comme les signes par trop sincères d'acceptation qu'ils étaient, jusqu'à en être amusé.
Il finit par s'asseoir dans un coin et observa les pitreries de cette étrange tribu qui ne semblait jamais capable de rester tranquille. Le dîner fut aussi bruyant qu'exubérant mais, quand il se trouva presque dépassé par le caractère typiquement Weasley de la soirée, Granger croisa son regard et lui fit un sourire complice, ce qui lui rendit son calme.
Le pudding était servi avec du thé, du café ou du porto. Rogue choisit le porto.
On ouvrit les cadeaux près du sapin, en discutant abondamment de ce qui changerait l'année suivante, quand le bébé dont Bill venait d'annoncer la prochaine naissance aurait rejoint les festivités.
Rogue reçut : un chapeau neuf en tricot avec une écharpe assortie, noirs, de la part de Molly ; un portefeuille en cuir, noir, de la part de Potter ; des chaussettes tricotées en laine bien chaude, noires, de la part de Ginevra et un chaudron numéro huit en fer de la part de son apprentie pour remplacer celui dont elle avait fait fondre le fond. Noir, bien sûr. Le meilleur cadeau fut une belle bouteille d'armagnac, de la part de Ronald. Celui qui provoqua l'arrêt de toutes les conversations fut l'oreille à rallonge, de la part de George, qui faillit perdre celle qui lui restait d'un maléfice avant que Rogue ne comprît qu'il ne s'agissait que d'une plaisanterie d'un goût douteux. Molly tira l'unique oreille de son fils, tandis que Granger, assise par terre près du genou de Rogue, serrait discrètement sa cheville, ce qui suffit à le distraire.
Il feignit l'ennui lorsqu'elle ouvrit le cadeau qu'il lui avait offert. D'un haussement d'épaule, il rejeta toute mention des efforts faits pour trouver une pendule susceptible de remplacer celle qui avait fini par refuser d'être encore une fois réparée – malgré le fait qu'il lui avait fallu des semaines à passer d'un magasin à l'autre pour en dénicher une dont la laideur approchât un peu l'horreur de l'original. Cette idiote de gamine se mit à pleurer et ce fut le moment où il en eut assez et s'excusa sous le prétexte d'aller chercher un autre verre de porto.
Il était deux heures du matin lorsque la fête se termina et qu'ils montèrent tous se coucher. Rogue resta en arrière (il avait eu son compte d'escaliers pleins de monde quand il enseignait), ce qui fit que Granger et lui étaient dans les derniers à partir vers leurs chambres respectives, en plus de Ronald, ivre, bon dernier, qui chantait des chants de Noël en grimpant les marches.
Rogue s'arrêta devant sa porte.
« Est-ce que vous vous êtes amusé, ce soir ? lui demanda-t-elle.
– J'ai assez mangé pour compenser les inconvénients », répondit-il.
Elle pouffa puis se dressa sur la pointe des pieds et lui embrassa la joue, laissant un doux souffle d'air chaud lui caresser l'oreille quand elle recula.
« Bonne nuit, Rogue. Joyeux Noël. Je vous vois demain matin, au prochain repas gratuit. »
Il la regarda marcher tranquillement le long du couloir, sa pendule neuve dans les bras, et disparaître dans sa propre chambre avec un dernier salut de la main.
« Vous avez vu ses nichons, pas vrai ? Je lui avais dit que ça marcherait, même avec vous. Ils sont fabuleux, non ? C'est comme s'ils défiaient la gravité, ils sont tellement ronds et potelés, avec le... oups ! »
Les mots de Ronald Weasley moururent et il loucha sur la baguette de Rogue dont l'extrémité lui touchait le nez.
« Okay, d'ac. Nuit, M'sieur. »
« Severus, tu es sûr qu'Hermione et toi n'allez pas rester pour le week-end ? demanda Molly tout en continuant à lui remplir les bras de plats bien emballés. Il est tard et je n'aime pas l'idée que tu retournes seul dans cette maison toute vide.
– Merci, Molly, mais non. Je crains d'avoir atteint les limites de ma capacité à être sociable. Miss Granger est libre de rester, évidemment. Il n'est pas nécessaire que vous reveniez travailler avant le début de la nouvelle année, vous savez, ajouta-t-il à l'adresse de la jeune sorcière.
– Ah, mais j'ai des choses à voir et des chats à nourrir, répondit-elle. Je vous remercie aussi, Molly. J'ai passé un merveilleux moment. »
Rogue échappa à la corvée des mains à serrer grâce au fait qu'il tenait un chaudron plein de vêtements en tricot, d'alcool, d'oreille et d'assez de nourriture pour lui tenir presque toute la semaine, en fonction de l'appétit du ver solitaire de son employée.
Granger et lui marchèrent jusqu'à l'endroit d'où on pouvait transplaner et après un dernier geste de la main, elle disparut dans un pop. Il fit un hochement de tête en direction de Potter, qui continuait à agiter sa main comme un crétin, et transplana également.
Il atterrit près du canal et fit plusieurs pas avant d'apercevoir Granger qui l'attendait sur le chemin de halage.
« Je croyais que vous aviez des chats à nourrir ?
– C'est vrai, mais vous avez les bras chargés et je me suis dit que vous pourriez avoir besoin d'aide. »
Il baissa les yeux vers ses bras à elle, qui avaient du mal à tenir la pile de cadeaux qu'elle avait emportés, et leva un sourcil dubitatif. Elle rougit et lui tourna le dos, remontant la rue vers sa maison d'un pas pesant.
Une fois à l'intérieur, ils allèrent tout de suite à la cuisine déposer leurs fardeaux sur la table. Il enleva sa cape et la posa sur le dos de la chaise, puis ouvrit le réfrigérateur. Elle lui passait les plats et ensemble, ils s'employèrent à ranger rapidement leur nouveau stock de nourriture. Il ferma la porte du frigo et se tourna vers elle : elle avait encore sa cape, avec ses moufles et son chapeau neufs d'un orange brillant, ainsi que son cache-nez vert sombre parcouru d'un petit motif doré de serres d'oiseau, de sorte qu'elle pourrait avoir l'air aussi partagée qu'il le fallait lors du prochain match entre Chudley et Holyhead.
« Eh bien, commença-t-il, il semble que nous pourrons nous alimenter jusqu'à ce que nous gagnions enfin un peu d'argent.
– Ouaip. Je savais que je pouvais compter sur Molly.
– Voulez-vous boire un thé ?
– Je dirais volontiers oui, rien que pour avoir une excuse afin de rester davantage, mais je crois que je risque d'exploser si j'avale encore quelque chose. »
Il a regarda dans la pâle lueur que la lune projetait par la fenêtre et la lumière de la chandelle solitaire qu'il avait allumée. Le silence s'étira entre eux jusqu'au moment où il crut qu'ils allaient tous deux craquer.
« J'ai vraiment passé un agréable moment, Miss Granger, dit-il en observant la façon dont les sourcils de la sorcière se fronçaient légèrement comme à chaque fois qu'il lui donnait son titre formel.
– Moi aussi, répondit-elle en soupirant avant de prendre sa pendule. Je crois que je vais juste accrocher ça et puis partir, alors. »
Elle tira une chaise jusque sous le mur qui surmontait la porte de la minuscule salle de bains et grimpa dessus.
« Quelle heure est-il, au fait ?
– Neuf heures trente-deux. »
Elle plaça la pendule sur le mur, enleva ses moufles pour les fourrer dans ses poches et régla les aiguilles, avant de tirer sur la chaîne et de mettre en route le mécanisme.
Quand elle se retourna, il s'avança et lui tendit la main pour l'aider à descendre. Elle la prit doucement dans la sienne et regagna gracieusement le sol.
L'instant de se séparer poliment arriva et passa alors qu'ils se regardaient l'un l'autre en silence. Il lui caressa le dos de la main d'un mouvement du pouce et elle pencha la tête, juste un tout petit peu. Les yeux de Rogue descendirent vers les lèvres d'Hermione et il commença à baisser la tête de quelques centimètres, avant de reculer. Il lui lâcha la main et lui arrangea son cachez-nez, envoyant l'un des pans par-dessus son épaule.
« Bonne nuit, Miss Granger », dit-il en lui tournant le dos pour prendre sa propre cape sur la chaise.
Il entendit son léger grognement de frustration derrière lui et ferma les yeux sous l'effet de la douleur que ce son provoqua en lui, tandis qu'elle se dirigeait à grands pas vers la porte d'entrée. Les murs tremblèrent quand elle la fit claquer derrière elle. Il se rendit aussitôt à la fenêtre et la regarda mettre difficilement ses moufles avant de s'en aller dans la nuit.
C'est tout pour cette semaine !
Comme vous le voyez, un pas en avant, deux pas en arrière... Il est un peu têtu, ce bon Severus ! Mais les sentiments de nos deux sorciers sont plutôt clairs, non ?
N'hésitez pas à me faire toutes vos remarques et à exprimer votre frustration, sans doute presque égale à celle de cette pauvre Hermione ! Malgré cela, le chapitre est plein de jolies scènes charmantes, je trouve. Ça compense un peu...
