Harry Potter appartient à J.K. Rowling. Cette histoire a pour auteur Aurette (vous la trouverez dans mes auteurs favoris), avec pour relecteurs Hebe GB, Dressagegrrrl et astopperindeath. Moi, je traduis, sans en tirer d'autre profit que les éventuels remerciements de mes éventuels lecteurs.

On a dépassé la barre des cent commentaires ! Encore une fois, merci à tous les lecteurs et commentateurs !

Ce chapitre mérite d'être classé M, et pas seulement à cause du langage utilisé...

Faciliter le changement

Chapitre 9

Le lundi matin trouva Rogue assis dans sa cuisine, les pieds, dans leurs bottes, posés sur la table, la main autour d'un verre de brandy, les yeux fixés sur la fenêtre ouverte dans l'attente d'un hibou dont il savait qu'il ne viendrait pas.

Il n'y aurait plus de hibou. Plus de repas pris ensemble. Plus de rire. Plus de projet délirant. Plus de course précipitée à la banque pour découvrir qu'il était encore ruiné. Il était un homme très riche désormais et il n'avait plus personne pour lui vider son compte pendant qu'il regardait ailleurs. Il n'avait plus personne du tout.

Il leva les yeux vers l'emplacement vide sur le mur, là d'où elle avait enlevé sa pendule. Il aurait pu la garder encore quelques mois. Il aurait pu l'avoir rien que pour lui jusqu'en septembre mais au lieu de ça, il l'avait flanquée dehors.

Clairement, il était un imbécile.

Il se versa un autre verre de brandy.

Il était huit heures lorsqu'il sentit ses protections réagir et entendit un coup frappé à sa porte. Il redressa brusquement la tête, fit tomber ses longues jambes sur le sol et se leva d'un bond. Il boutonna le col de sa robe et se passa plusieurs fois la main dans les cheveux avant de se dépêcher d'aller ouvrir la porte.

« Qu'est-ce que tu as fait ? Depuis toutes les années que je te connais, tu as réussi à descendre encore plus bas, siffla Minerva en passant devant lui pour entrer.

– De quoi diable parles-tu ? demanda-t-il en claquant la porte.

– Je parle de ça ! »

Elle brandit le journal qu'elle tenait serré dans la main devant son visage. Il s'en saisit et le secoua pour l'ouvrir et le lire. Là, en bas de la page de titre, il vit une photographie d'Hermione avec un autre homme. L'intitulé de l'article disait : « FINI ! Rogue met sa pouf dehors ! » La légende de la photo était : « Granger la Plaquée quitte sa maison avec son sosie moldu de nouvel amant. »

L'homme de la photo était grand et mince, avec de courts cheveux noirs, un nez plutôt proéminent et des lunettes. Il affichait un air satisfait tandis qu'il portait le bagage d'Hermione dans l'escalier, avec une main posée sur le bas du dos de la sorcière. Rogue fut rempli d'une haine irrationnelle pour cet individu. Ce crétin, de toute évidence, ne la rendait pas heureuse. Elle avait l'air défaite, en colère, sur l'image et elle avait des valises sous ses yeux encore gonflés.

« Comment as-tu pu détruire ainsi ce qui lui restait de réputation, Severus ? Si votre relation était arrivée à son terme, tu n'aurais pas pu rester discret jusqu'à la fin de son contrat ? Ça t'aurait fait tellement mal de lui laisser finir son apprentissage ? Au lieu de ça, tu en as fait un sujet public de discussion ! Tu devais bien savoir que les journaux en auraient vent dès que tu aurais rempli les papiers. Son apprentissage était notoirement connu. Tu sais qu'elle ne trouvera de travail nulle part, après ça. Le ministère ne va pas la réembaucher, vu qu'elle a démissionné sans préavis. Tu as ruiné son avenir. Après l'avoir défendue devant moi et tous les autres, c'est toi qui lui as gâché la vie !

– Non, pas du tout, dit-il en lui rendant d'un geste brusque le journal. Elle n'a rien perdu d'important à ses yeux. Granger n'a jamais eu d'intérêt pour cet apprentissage. Elle ne cherchait que deux choses : la vengeance et l'argent. »

Il fit demi-tour et retourna à la cuisine, suivi par Minerva.

« Que veux-tu dire ? » demanda-t-elle pendant qu'il prenait un verre propre.

Il lui servit à boire et attendit qu'ils fussent tous les deux assis pour commencer son explication.

« Je crois que tu n'as pas compris la profondeur de la haine et du dégoût de Granger pour le monde sorcier après cette enquête grotesque au sujet de ses ASPIC. Lorsque je l'ai revue ensuite, des mois plus tard, elle était déjà en train de faire ses plans. Elle avait décidé de travailler encore un an, thésaurisant sur son piètre salaire, avant de quitter notre monde pour de bon, sans jamais vouloir y retourner. Elle va partir s'installer en Australie afin de pouvoir au moins connaître les deux personnes qui lui ont donné naissance et voir si elle peut d'une façon ou d'une autre retrouver une place dans leur vie. Les seuls sorciers dont elle se soucie encore un peu sont les Weasley et Potter, et ils sont là pour elle. Ils le seront toujours.

– Et ta place à toi, dans tout ça ?

– J'ai été son moyen de vengeance. C'est elle qui a eu l'idée de renouveler tous mes brevets et de mettre le monde sorcier à ma merci. Elle a été derrière chaque action, chaque prise de contrôle, chaque achat, chaque tactique virulente qui ont transformé la haine et le mépris qu'on me portait en crainte et en respect. Je n'ai fait que la retirer du ministère et lui donner l'occasion d'utiliser sa cervelle. Je n'ai été rien d'autre pour elle qu'un refuge d'où elle a pu déterminer la meilleure façon de refaire sa vie.

– Et la fin prématurée de son contrat ?

– J'en ai eu assez de jouer à son jeu, répondit-il en fermant les yeux. Elle est très riche, désormais. Elle n'a plus besoin de moi. »

Il avala une grande gorgée de son verre et Minerva le regarda fixement.

« Tu n'as jamais couché avec elle, n'est-ce pas ?

– Non, cracha-t-il en réponse en posant violemment son verre avant de faire un geste vague vers le journal qui se trouvait sur la table près de la sorcière. Elle sort avec cet idiot depuis des mois, maintenant. Il s'appelle Reginald et je doute fortement qu'il aurait l'air si content de lui s'il savait qu'elle projette de le quitter sans un regard en arrière, lui aussi.

– Lui aussi ? répéta Minerva en lui jetant un regard perçant.

– Comme nous tous, corrigea-t-il.

– Oh, Severus, s'exclama-t-elle en secouant la tête et en regardant son verre. Comment se fait-il que chaque fois que je me mets bien en colère contre toi et que je viens t'enguirlander, je finis toujours par me sentir idiote ? »

Elle but encore un peu, reposa son verre sur la table et se leva. Rogue la raccompagna jusqu'à la porte, elle se retourna et plaça une main sur son épaule.

« N'as-tu jamais pensé à lui demander de rester, espèce d'imbécile ? »

Il cligna des yeux et regarda par terre.

« Au revoir, Severus. La prochaine fois que je serai en colère contre toi, je t'enverrai simplement un hibou et tu pourras brûler la lettre dès que tu la recevras. Boire n'est pas une solution, mon garçon, ajouta-t-elle avec une pression amicale sur son épaule. À long terme, ça ne fait qu'aggraver la souffrance. »


Le jeudi soir le trouva assis au même endroit. Ses pieds étaient par terre et sa tête dans ses mains. Une assiette contenant un dîner encore intact avait été poussée de côté et une pile de lettre importantes encore fermées était entassée près de la fenêtre. Il avait achevé une demi-bouteille de brandy lorsqu'il sentit ses sorts de protections frémir et entendit la porte s'ouvrir. Il se figea et son cœur se mit à battre la chamade. Il ne se rendit même pas compte qu'il s'était mis à se balancer légèrement d'avant en arrière jusqu'à ce qu'il sentît sa main sur l'épaule qui l'arrêtait.

Il avala la boule qu'il avait dans la gorge et leva sa propre main pour atteindre et serrer la sienne. Il tourna la tête et pressa le visage contre son bras. Elle sentait le soleil et l'huile de bronzage. De son autre main, il lui saisit le poignet et posa les lèvres sur sa peau douce.

« Tu m'as menti, Granger, dit-il contre sa peau.

– Quand ?

– Le premier jour. Tu m'as promis que je ne regretterais pas de te laisser entrer dans ma maison, mais je le regrette. Par tous les dieux, je le regrette vraiment. Si je pouvais revenir en arrière, je fermerais ma porte devant toi.

– Pourquoi ? » murmura-t-elle d'une voix brisée.

Elle passa son autre bras sur la poitrine de Rogue et berça sa tête contre son cou.

« Parce que je savais, déjà à ce moment-là, que ça finirait par me faire du mal de te laisser entrer.

– Tu ne m'as jamais laissée entrer.

– Ça m'aurait fait tellement plus mal quand tu serais partie. Je voulais que tu ne partes jamais.

– Imbécile. Pourquoi ne m'as-tu jamais demandé de rester ? Pourquoi crois-tu que je passais mon temps à dépenser tout notre argent ? Je faisais ça de manière à ne plus en avoir assez pour pouvoir partir et pour t'empêcher de penser davantage à me chasser plus tôt.

– Est-ce que tu vas rester ? Je suis prêt à te supplier à genoux si tu veux. Je n'ai plus le moindre amour-propre. Ne me quitte pas, Hermione, insista-t-il en lui agrippant le bras pour presser son visage dans le creux du coude de la sorcière. Je ne peux pas le supporter, quand tu n'es pas là. »

Il sentit qu'elle se mettait à trembler et se rendit compte qu'elle pleurait. Il se dégagea de son étreinte, se leva et se tourna lentement, embarrassé par son ivresse, sa barbe d'une semaine et ses vêtements dépenaillés. Quand il vit ses larmes, il oublia tout cela et lui tendit simplement la main, d'abord pour faire sortir la lèvre qu'elle mordait entre ses dents, puis pour essuyer ses larmes. Elle leva les bras et il l'étreignit contre lui, la serrant doucement tandis que ses sanglots redoublaient. Il posa le menton sur sa tête et la berça.

« Je ne peux pas le supporter non plus, quand je ne suis pas là, Severus. Je t'aime. Je t'aime depuis longtemps, tu sais. »

Il ferma les yeux et poussa un profond soupir. Il voulut s'exprimer par un grondement de plaisir mais le son qu'il produisit ressemblait plutôt à un cri de douleur.

« Bordel, Hermione, je suis tellement désolé. Je n'arrive pas à croire que tu sois revenue. Je ne ferai plus jamais un truc pareil. Je ne te repousserai plus jamais. Je te donnerai tout ce que tu voudras, je le jure !

– Je n'ai besoin de rien, Severus. Je n'ai besoin que de toi. Tout toi.

– Je suis à toi. »

Elle sourit à travers ses larmes, se hissa sur la pointe des pieds et l'embrassa.

Il resserra son étreinte et un cri mourut dans sa gorge quand il lui rendit son baiser. Il embrassa sa bouche, sa joue, ses paupières, puis la plaqua contre lui et posa la joue contre ses cheveux.

« Et Reginald ? demanda-t-il.

– Reginald est encore en Grèce, répondit-elle avec un rire triste. Il soigne un égo blessé et une joue gonflée pour m'avoir traitée de garce sans cœur et de mauvais coup. »

Rogue se raidit et sa colère monta.

« T'embête pas avec ça, dit-elle quand elle vit un regard meurtrier dans ses yeux avant de quitter ses bras pour lui prendre la main et le faire sortir de la cuisine. J'ai vraiment été une garce sans cœur. Je l'ai choisi dans une boîte de nuit parce qu'il avait le physique du rôle, expliqua-t-elle en allumant les lumières et en l'emmenant vers une étagère sur laquelle elle donna un coup de baguette. Et pour le fait qu'il m'ait traitée de mauvais coup, continua-t-elle, je peux voir d'où lui est venue cette impression. Une fois que je lui avais enlevé ses lunettes et que j'avais réussi à le faire taire, je pouvais le sauter pendant des heures. Malheureusement, il est myope et souffre d'un besoin nerveux de parler. Il n'y a pas beaucoup d'hommes qui apprécient qu'on leur demande constamment de la boucler au lit. »

Elle le conduisit en haut de l'escalier, dans cette partie de la maison où elle n'avait encore jamais été invitée. Après un regard interrogateur et un mouvement de tête pour lui indiquer la bonne porte, elle le mena au seul endroit où il n'avait jamais été capable de se mentir à son sujet : son lit.

« Reginald et moi n'avons rien en commun et je n'ai pas pu garder l'air heureuse d'être tout le temps avec un Moldu. Il n'a jamais eu la moindre chance, Severus. Il n'a jamais été qu'un ersatz. Je croyais que j'étais censée trouver quelqu'un d'autre. J'ai essayé. »

Elle le poussa et il se retrouva assis sur le lit étroit. Elle se baissa pour lui enlever ses bottes et fronça le nez quand elle sentit l'odeur.

« À quand remonte ton dernier bain ?

– Vendredi, répondit-il en sentant ses joues s'enflammer.

– Hum. C'est trop loin pour moi. J'avais simplement l'intention de te mettre au lit et de continuer cette discussion demain matin une fois que tu serais sobre mais tu as besoin de te laver, déclara-t-elle en se penchant pour attraper la robe de chambre sous l'oreiller. Où ranges-tu tes tee-shirts ? Je peux t'en prendre un ?

– Tu restes ? s'enquit-il d'une voix faible en clignant des yeux.

– Bien sûr, répondit-elle. Tu me l'as demandé. Je ferais n'importe quoi si tu me le demandais, Severus.

– Embrasse-moi, demanda-t-il.

– Lave-toi d'abord, dit-elle.

– Pourquoi soupçonné-je que ce « n'importe quoi si je te le demandais » finira toujours par mal tourner ?

– Parce que tu es un homme supérieurement intelligent. Les tee-shirts ? »

Il fit un geste pour lui signaler le bon tiroir et partit se doucher et se raser dans le temps le plus rapide de toute sa vie. Il attrapa au passage une bouteille de potion de Dégrisement et l'avala avant de se brosser les dents.

Quand il revint, elle était blottie sur son lit et lisait son exemplaire de Chaucer. Il s'immobilisa et la regarda elle leva les yeux et lui sourit. Il se sentit soudain nerveux et regretta de ne plus être ivre. Elle posa le livre et ouvrit les couvertures pour l'inviter à la rejoindre, révélant ainsi une portion de peau nue entre le drap et le bas du tee-shirt de Rogue. Son tee-shirt.

« Viens. Je ne mords pas, sauf si tu le souhaites. Nous verrons tout ça demain matin. Pour le moment, dormons. »

Il traversa la chambre et éteignit la lumière d'un mouvement de baguette, les plongeant dans le noir, avant de laisser tomber par terre sa robe de chambre et de grimper à ses côtés dans le lit.

Comme le lit était étroit, il la serra dans ses bras et enroula ses jambes autour de celles d'Hermione qui se redressa pour lui embrasser la joue. Il ne pouvait pas dissimuler son érection, alors, il prit une inspiration profonde et décida de ne pas s'en soucier. Il l'installa contre lui et soupira.

« Pourquoi es-tu revenue ? demanda-t-il.

– Minerva a fini par retrouver ma trace en passant par Ron. Il garde Pat' et Hercule pendant mon absence. Elle m'a dit qu'il fallait que je parle une dernière fois avant de te laisser derrière moi pour toujours ; que tu étais un imbécile stoïque qui, de toute évidence, souffrait beaucoup et qui, probablement, essayait de boire à s'en tuer. Il n'était pas vraiment nécessaire qu'elle vienne me dire ça, ajouta-t-elle en posant la joue contre sa poitrine, mais tu m'as fait tellement mal quand tu m'as jetée dehors. Ça marche si bien entre nous quatre-vingt-quinze pour cent du temps, Rogue, mais les cinq pour cent qui restent peuvent être dévastateurs.

– Je suis désolé.

– Je sais, dit-elle en lui embrassant la poitrine tandis qu'il resserrait les bras autour d'elle. Severus ?

– Oui ?

– Les raisons que tu m'avais données pour refuser d'être avec moi, elles étaient plutôt convaincantes.

– Elle se sont évaporées comme la fumée qui les constituaient dès que tu as décroché ta pendule du mur. En réalité, j'avais peur, c'est tout.

– As-tu encore peur ?

– Je suis terrifié.

– Tu es sûr que tu veux que je reste ?

– C'est la seule chose dont je sois vraiment sûr à l'instant, Granger. »

Elle poussa un grand soupir et son souffle chaud et humide passa sur le sein de Rogue, le faisant frémir.

« Je suis contente », dit-elle.

Il lui caressa le bras de bas en haut et finit par lui saisir l'épaule pour la faire remonter le long de son corps tandis qu'il baissait le visage. Elle s'étira, tourna la tête vers lui, et il l'embrassa. Tous deux s'immobilisèrent lors du contact. Les lèvres d'Hermione étaient chaudes, douces, et son souffle effleurait délicatement les traits de Rogue. Elle se redressa, l'attira à elle dans une étreinte serrée et s'agrippa à lui, une de ses jambes s'enroulant autour de la hanche du sorcier. Elle lui embrassa le front, puis les sourcils, puis il sentit les lèvres ouvertes d'Hermione glisser le long de sa joue pour revenir sa bouche. Il la fit rouler pour la placer au-dessus de lui et grogna en sentant la chaleur nue de la sorcière se poser sur lui.

« Si tu n'avais prévu que de dormir ce soir et de parler demain matin, qu'as-tu fait de ta petite culotte ?

– Qu'est-ce que je peux dire ? J'aime me préparer pour toutes les possibilités. J'ai remarqué que toi non plus, tu ne t'es pas embêté à mettre un caleçon.

– Je n'avais jamais prévu que de dormir, moi, dit-il. Tu as été assez inconsciente pour entrer dans mon lit. Est-ce que tu sais depuis combien de temps je n'ai pas eu de femme dans ce lit ?

– Tu n'es plus préoccupé par le fait que j'aie la moitié de ton âge ?

– Je crois que nous avons clairement établi que tu es bien plus mûre que moi sur le plan émotionnel.

– Et par le fait de rendre leurs mensonges véridiques ?

– C'est vrai que tu m'aimes ?

– Oui.

– Ça, c'est la seule vérité dont je me soucie désormais, Hermione. Le reste du monde peut aller se faire foutre. »

Il entendit son soupir de contentement et la sentit se baisser vers lui. Il se tint complètement immobile, savourant l'attente des lèvres qui allaient rejoindre les siennes, émerveillé que ce fût pas seulement encore un rêve vain. Lorsqu'enfin leurs lèvres se touchèrent à nouveau, il soupira et glissa la langue entre celles de la sorcière. Il ferma les yeux et eut l'impression que le monde vacillait sur son axe lorsque les mains d'Hermione lui passèrent dans la chevelure et qu'elle approfondit leur baiser. Il lui massa le dos, faisant doucement descendre ses mains jusqu'à pouvoir les glisser sous le tee-shirt et les faire remonter. Elle s'étira comme un chat quand il fit passer le vêtement par-dessus sa tête. Il soupira à en perdre le souffle lorsque, levant les mains, il s'en servit pour envelopper ses petits seins ronds.

Elle se cambra pour les pousser encore davantage contre ses paumes et il se pencha pour en mettre un dans sa bouche. Quand elle miaula de plaisir, ce fut comme si un ressort avait été débloqué et il grogna, la pressant contre lui. La sensation de sa peau contre celle de la sorcière l'enflamma alors qu'il embrassait, léchait et mordillait chaque pouce de chair qu'il pouvait atteindre. Ses mains descendirent le long des hanches d'Hermione, puis autour de ses cuisses et finalement, il posa en posa une sur la chaleur humide de son sexe. Quand il sentit combien elle était gonflée et prête, un gémissement étranglé lui échappa.

Elle se souleva puis se laissa retomber, s'empalant lentement sur lui. Ils poussèrent tous deux un cri.

« Hermione, souffla-t-il.

– Oh, oui », répondit-elle.

Il la souleva et la fit redescendre sur lui, en gémissant fort. Elle lui caressa la poitrine et se mit à le chevaucher. L'incroyable plaisir qu'il en ressentit lui obscurcit l'esprit jusqu'au délire. Il haussait les hanches pour la rejoindre, se soulevant du lit, comme s'il avait essayé de faire entrer son âme en elle.

« Je t'ai eue tant de fois dans ce lit, Hermione. Toujours dans mes rêves. Je me réveillais en criant ton nom et en salissant mes draps comme un adolescent. Et maintenant, tu es là. Je ne pourrai jamais te laisser partir.

– Non ! Ne me laisse pas partir. Garde-moi ici. Cache-moi. Aime-moi, simplement, Severus. J'ai besoin que tu m'aimes.

– Mais je t'aime Hermione, affirma-t-il en calmant ses mouvements pour la faire s'incliner et pouvoir l'embrasser profondément. Je n'arrive même plus à me rappeler de comment c'était avant que je t'aime. Ça m'ennuie quelquefois, parce que je sais qu'il y a un un temps où je ne t'aimais pas, mais il s'est envolé.

– Je sais exactement ce que tu veux dire, dit-elle en lui caressant le visage. C'est comme si on avait toujours été destinés l'un à l'autre, d'une certaine manière. »

Il l'embrassa à nouveau et commença à aller et venir, avec le désir de se fondre en elle pour qu'ils ne fussent plus qu'un pour toujours. Il avait l'intention de prendre son temps pour rallumer le feu qui les dévorait, mais c'était tout simplement trop. Son visage se tordit d'intensité alors qu'il accélérait le rythme, ses hanches heurtant bruyamment les cuisses de la sorcière dont les mains dansaient sur son corps.

« Ah... gémit-il. Bon sang, c'est tellement bon d'être en toi !

– Oui... Severus ! »

Il se perdit dans les sensations qu'il éprouvait, perdant à la fois lui-même, sa place dans le temps et la notion de l'instant. Il n'était plus conscient que d'elle. Qu'elle lui était revenue et qu'il était enfin plongé en elle. Il l'entendit crier et sentit ses parois vibrer et se resserrer autour de lui tandis que sa propre jouissance se précipitait. Il s'y soumit comme à un glorieux sacrifice, en criant :

« Je crois que je vais... oh, putain ! »

Il s'enfonça en elle une dernière fois et elle bougea les hanches contre lui quand il se répandit dans son corps, sentant les spasmes de ses muscles internes. Elle l'avait complètement vidé. Il s'écroula sur le lit et l'attira à lui, alors que sa poitrine se soulevait lourdement à chaque goulée d'air qu'il inspirait.

« Il est clair, dit-il quand il eut repris son souffle, que ton Reginald n'est qu'un pauvre connard.

– Oh, il a ses bons points, répondit-elle dans un éclat de rire en l'enveloppant de ses bras.

– Lesquels ?

– Après deux verres de vin, on dirait vraiment toi.

– Seulement deux ?

– Je ne coûte pas cher à séduire.

– Pas si on compte l'épicerie. Tu m'as coûté des milliers de galions rien qu'en nourriture.

– Oui, mais c'était de l'argent bien dépensé. J'ai fait de toi un quasi millionnaire, non ?

– Je n'ai jamais été intéressé par l'argent, Hermione, répliqua-t-il en fronçant les sourcils. Tout était pour toi.

– Ouais, bon, tu en as tiré un énorme bénéfice. Et j'ai hâte de le faire encore beaucoup augmenter. Peut-être bien que le monde sorcier nous déteste, mais tous ces cons lècheront tellement le cul de Rogue quand j'en aurai fini avec eux que ça fera pleurer Malefoy de jalousie.

– En fait, la contredit-il avec un grimace, pour le moment, c'est toi qui en tires en énorme bénéfice.

– Qu'est-ce que tu veux dire ?

– Je croyais que tu aurais besoin d'argent pour l'Australie. Alors, j'ai viré tout ce que j'avais sur ton compte.

– Qu'est-ce qui t'a pris de faire un truc pareil ? s'étonna-t-elle en s'immobilisant complètement.

– Tu avais besoin d'argent pour démarrer une nouvelle vie.

– Quand as-tu fait ça ?

– Jeudi dernier.

– Je ne suis pas sûre que je te comprendrai vraiment un jour, Rogue, déclara-t-elle après un long moment de silence. Tu as mis un terme à notre contrat et tu m'a flanquée à la porte mais seulement après que tu m'avais donné tout ton fric ?

– Peuh, fit-il en se raidissant et en s'éloignant d'elle tout en tirant sur la couverture pour la remettre en place, ce n'est pas comme si je n'allais pas en gagner encore plus. Tu m'as laissé avec toutes ces compagnies à la con que je n'ai aucune véritable envie de diriger.

– Est-ce que je t'ai dit combien tu étais merveilleux, ces derniers temps ? lui demanda-t-elle en se glissant sous la couverture pour s'enrouler autour de lui et le tenir serré contre elle tant que ses émotions bouillonnaient.

– Pas dans les dernières semaines, non, répondit-il avec un soupir en passant un bras derrière elle pour lui caler la tête contre son épaule.

– Severus, peut-être que je ne comprends pas complètement comment ton esprit fonctionne mais ça ne veut pas dire que je ne trouve pas que tu es absolument merveilleux.

– Tant mieux. Il se trouve que je trouve que tu es plutôt merveilleuse, toi aussi.

– Est-ce qu'on pourrait éviter les déchaînements de colère l'un contre l'autre, à l'avenir ? C'est trop douloureux pour tous les deux.

– Si tu restes patiente le temps qu'il me faudra pour comprendre comme ça marche. Tu as quarante années de précédents à détricoter. »

Elle pouffa et se blottit contre lui.

« Juste pour qu'on soit au clair, dit-il dans le noir, tu ne pars pas en Australie, hein ?

– Non. La seule chose que je voulais, c'était un endroit où être à ma place. Je voulais un chez-moi. Tu m'en as donné un plutôt chouette, même si techniquement, j'y vis comme dans un externat, pour ainsi dire. J'aimerais bien rester avec toi tout le temps, ajouta-t-elle quand il eut ouvert les yeux en la sentant approcher la tête. Enfin, si tu ne trouves pas que c'est trop précipiter les choses. J'ai toujours détesté le moment où je devais rentrer à la maison à la fin de la journée.

– Quand j'ai dit que je ne pourrais pas te laisser partir, répondit-il en resserrant son étreinte, j'espère que tu n'as pas cru que je parlais de manière imagée. Je suis vraiment sérieux.

– Ah, tant mieux, dit-elle en se réinstallant et en tirant la couverture au-dessus de son épaule. Tu te rends bien compte que j'ai un chat ?

– Il ne peut pas être plus laid ou plus énervant que cette fichue pendule.

– Tu ne l'as pas encore vu. »


Et voilà qui devrait vous consoler du chapitre précédent, non ? Profitez-en...

Au fait, Chaucer est un Anglais du XIVe siècle, auteur de poésies et d'un célèbres recueil d'histoires, les Contes de Cantorbéry, et un des premiers à avoir écrit des œuvres littéraires dans la langue qui n'était pas encore celle de Shakespeare.

En attendant la suite, pour fêter le centième commentaire sur cette histoire, je vous signale que j'ai mis en ligne, un peu plus tôt dans la semaine, une courte fiction d'un seul chapitre intitulée Cause toujours, toujours de la plume d'Aurette et toujours avec pour protagonistes nos deux héros préférés (Rogue et Hermione, au cas où vous auriez un doute).

Toutes vos remarques, critiques et suggestions sont les bienvenues !