Rosa sin espinas

Une rose sans épines

Note de la traductrice : Voilà le second chapitre ! On reste toujours dans une atmosphère solennelle de cérémonie, maaiiis avec un petit flash back pour nous éclairer tout ça ;3


Note de l'auteur : Bonjour, et bonne lecture !


Chapitre 2 : Avant de m'enchaîner

Alors que nous marchions jusqu'à l'autel, les commentaires des gens se faisaient entendre. Des choses comme : « Quelle chance il a ! Se marier avec le propriétaire le plus puissant de la région... ! » ou comme : « Je l'envie, je voulais que ce soit ma fille qui se marie avec cet homme si riche. » Personne ne savait ou n'avait la moindre idée de ma souffrance à cet instant. J'avais tout bonnement et simplement été vendu pour sauver notre famille. Nous nous dirigions à pas lents là où se trouvait cet homme aux cheveux verts et longs. Avec sa silhouette, fine et élancée, il ne paraissait pas avoir ses vingt cinq ans, et même s'il était jeune, il restait l'homme le plus puissant et fortuné de la région. Il avait la mauvaise réputation d'être un parieur et de poser des problèmes. Personne ne s'opposait jamais à lui, et celui qui s'y risquait finissait par disparaître. Son nom, c'était Envy. C'était presque tout ce que je savais de lui.

Une fois face à face, Envy et mon beau-père se serrèrent la main, puis Kimblee lui donna officiellement ma main, demandant devant tous, comme il était coutume, qu'il s'occupât de moi comme il le devait. Pure hypocrisie. L'homme aux cheveux verts m'offrit sa main pour nous rapprocher et commencer la cérémonie.

Tandis que celle-ci commençait, moi, j'essayais de comprendre pourquoi, encore, je commettais pareille bêtise. Je me rappelai des jours où j'avais pu avoir un tant soit peu de contrôle sur ma vie... Ainsi que du moment où tout avait commencé.


FLASH BACK

Moi, à quatorze ans, en train d'étudier en ville. Mon père m'avait envoyé dans l'une des plus prestigieuses écoles pour m'instruire et, de la même façon, me rendre capable d'administrer au mieux notre fortune. Tous mes maîtres me considéraient comme un génie, et de ce fait, me recommandèrent tous, si bien que je pus entrer directement à l'université. Lors des vacances, je rentrai au village pour voir ma famille et m'éloigner des pressions de la ville. Mon frère, de deux ans mon cadet, étudiait aussi avec moi, mais lui continuait à suivre les cours basiques.

Voilà donc ma vie, normale, et dans un certain sens tranquille. Nous, la famille Elric, n'étions pas spécifiquement riches ou puissants... Mais nous étions respectés.

A quelques mois de mes quinze ans, une terrible nouvelle me parvint : mon père était gravement malade. Je n'eus donc d'autre choix que de laisser de côté mes études et de rentrer dans mon foyer pour me charger des affaires de la famille comme on me l'avait demandé. Alphonse, lui, resta en ville : il n'était pas nécessaire que lui aussi laissât tomber l'école.

Plusieurs mois angoissants s'écoulèrent, et mon père n'allait toujours pas mieux. Les médecins se contentèrent de nous dire qu'il fallait attendre le moment de sa mort avec calme et résignation. Nous fûmes affligés par cette révélation, mais moi... Je ne pouvais pas me laisser abattre : après tout, j'étais celui qui devrait prendre en charge la famille.

Puis, le jour fatidique arriva. Mon père rendit l'âme une froide nuit d'automne. La majeure partie de nos voisins, de ce village que j'aimais, nous accompagnèrent en nous faisant part de leurs condoléances face à cette perte tragique. A la veillée funèbre se trouvait déjà Kimblee : il nous avait toujours observés de loin, jusqu'au jour de l'enterrement où il s'approcha de ma mère, et d'après ce que je savais, lui offrit son aide le jour même. Par courtoisie, elle le remercia et accepta, mais elle restait peu convaincue par ses intentions.

Les jours suivants, nous portions encore rigoureusement le noir pour montrer que nous ne quittions par notre deuil. Ce matin-là, nous étions dans le bureau qui avait appartenu à notre père, et nous écoutions l'avocat qui lisait avec lenteur le testament qui nous ferait connaître le nouveau détenteur de tout ce que nous avait laissé notre père.

« Moi, Van Hohenheim, en pleine possession des mes facultés mentales, lègue mes biens matériels à mon épouse Trisha et à mes fils, Edward et Alphonse. Je laisse à mon avocat le soin de les répartir en trois parts égales. Je demande aussi à mes bien aimés fils de prendre soin de leur mère, et de ne pas la laisser sans protection. Ce sont mes dernières volontés. »

L'avocat se tut un moment pour me regarder, avant de glisser son regard sur ma mère, et sur Al. Puis, avec calme, il déclara ce qui marqua notre disgrâce :

« Monsieur Elric a écrit ce testament en pensant que sa mort adviendrait lorsque ses fils, ou en tout cas le jeune Edward, seraient majeurs. Comme vous le savez, la loi interdit aux femmes de gérer de grandes quantités d'argent (NA : Je regrette d'écrire ce ramassis de bêtises, mais comprenez bien que l'histoire se déroule à une époque relativement machiste.), et les jeunes encore mineurs n'ont absolument aucun moyen de récupérer leur héritage pour l'instant.

- Mais enfin... ! Je me suis chargé des affaires de mon père alors qu'il était malade ! Vous ne pouvez pas venir là et me dire que je ne peux pas continuer à le faire pour la simple raison que je n'ai pas dix-huit ans ! »

J'étais hors de mes gonds, car c'était certain, nous avions la possibilité de continuer à vivre sans manquer de rien et maintenant, juste à cause de formalités, nous nous retrouvions presque à la rue.

« Je suis vraiment désolé, jeune homme, mais je ne peux rien faire. A ce moment-là, votre défunt père était toujours en vie, et de ce fait, aucun problème ne se posait à ce que vous vous en chargiez puisque monsieur Elric faisait figure de support, et tout ce qui pensait était que votre père vous instruisait pour que plus tard vous puissiez vous des affaires. » L'homme se retira en nous laissant en proie à un énorme dilemme.

Ma mère ne cessa de penser à un moyen de résoudre tout cela de la meilleure façon possible, et c'est ce qui amena notre martyr. Elle se rappela que Kimblee lui avait offert son aide, mais ne nous expliqua pas avec exactitude la nature de l'aide qu'il lui avait proposée. Et nous ne pûmes l'éviter : un mois après la mort de papa, Kimblee se maria avec ma mère. Mon frère ne le supporta pas et préféra retourner, tout juste après les noces, en ville, pour continuer ses études. Je ne sais toujours pas comment il avait réussi à convaincre Kimblee de le laisser faire. Moi, je ne pouvais quitter notre demeure, ou plutôt, je ne voulais le faire de peur de ce qu'il se passerait si je m'absentais.

Ma mère lui accorda un pouvoir qui lui octroyait une liberté totale pour administrer ce que nous possédions... Et au même titre, lui permit de provoquer notre ruine. Cet homme passait son temps à gaspiller à droite et à gauche le peu de revenus qui nous parvenaient, et peu à peu, nous nous retrouvâmes sans rien. Dès le début, moi, je passais mon temps enfermé dans la bibliothèque : je n'en pouvais plus d'attendre que vînt le jour où je pourrais accéder à la majorité, afin de pouvoir me charger de nos possessions et virer cet enfoiré. Maman gardait le silence, mais elle s'en voulait clairement de s'être attachée à vie à un tel enfoiré.

Un après-midi, je m'installai, pour lire, sur la petite terrasse qu'offrait ce beau jardin de roses que ma mère cultivait avec attention. J'adorais cette tranquillité, qui allait jusqu'à me faire oublier tout ce que nous subissions, et tout ce qui m'entourait... A tel point que je ne me rendis pas compte que quelqu'un m'observait. Mon beau-père prenait un café avec l'un de ses associés les plus importants, et ce ne fut que bien après que je me rendis compte qu'ils discutaient d'une importante dette que notre famille contractait envers la sienne. Une des employées me rapporta la conversation :

« Vous ne pourriez pas me donner un peu plus de temps ?

- Pour qui me prends-tu, Kimblee ? Je sais que tu n'as pas l'argent pour me rembourser.

- Mais... Je pourrais vous payer d'une autre manière, si vous le désirez.

- Convaincs-moi.

- Il y a deux semaines de cela, vous m'avez fait part de votre désir de passer un peu de temps avec mon beau-fils, n'est-ce pas ?

- Évidemment, mais dis-moi... Qui ne le voudrait pas ? Son corps est un véritable appel à la tentation auquel tous voudraient goûter.

- Que diriez-vous de l'avoir rien que pour vous ?

- Continues. Tu m'intéresses.

- Écoutez, voici le marché : vous me pardonnez toutes mes dettes et moi, je vous donne la main d'Edward. Après tout, si c'est moi qui en décide ainsi, il ne pourra pas refuser.

- Ça fait beaucoup d'argent auquel je devrais renoncer... Je ne sais pas.

- Alors que proposez-vous ?

- Je ne t'acquittes pas de tes dettes, MAIS je te donne un temps illimité pour les rembourser.

- Mais les intérêts seront énormes !

- Très bien. En ce cas, je ne retiendrai plus d'intérêts.

- Ça me parle davantage.

- Donc nous avons un accord ?

- Je le crois bien. »

Cette nuit-là, mon beau-père entra dans ma chambre en m'informant de ce qui avait été décidé au cours de cette conversation. Moi, je lui répondis à grand cris que je refusais, mais il ramena l'histoire de la dette sur le tapis, et je ne pus rien objecter de plus. Avant de sortir de ma chambre, il me lança d'un air goguenard :

« Tu sais pourquoi je n'ai jamais posé la main sur toi, même si je te désirais ?

- Non. »

Je lui lançai un regard assassin. Mais d'où se permettait-il de me dire qu'il me désirait ?!

« Parce que je savais qu'on me donnerait beaucoup d'argent pour toi si tu restais pur. Après tout, tu es une marchandise convoitée. »

Il éclata d'un rire sonore avant de disparaître. Moi, j'étais humilié. On m'avait vendu au plus offrant.

FIN DU FLASH BACK


Le prêtre nous donnait déjà l'ultime bénédiction, en nous souhaitant un long et heureux mariage. Moi, je ne voulais qu'une chose : disparaître sous terre pas plus tard que tout de suite. Ainsi, je ne perdrais pas dans les bras de cet homme écœurant la seule chose intacte qu'il me restait : ma pureté. Le reste, ce sale enfoiré l'avait déjà vendu.


A suivre...


C'est tout pour aujourd'hui ! Désolée si c'est peu, mais comme je n'ai pas d'ordinateur, j'écris dans un cahier, puis je le retape, mais comme je suis plus à l'aise sur le clavier quand j'écris, je... Ah, bref... !

A la prochaine !

Marieth


Petite anecdote : Je ne connais pas grand chose aux testaments, aussi, si l'un ou l'une d'entre vous connaît une formule plus appropriée ou plus exacte que « en pleine possession de mes facultés mentales », je suis preneuse. On sait jamais x)

Traduction : White Assassin