Rosa sin espinas
Une rose sans épines
Note de la traductrice: Bon, un peu tard, je l'avoue, mais voilà le chapitre 3 ! (je reprends les cours, ça bouleverse un peu les horaires de publications ^^'). Enfin le mariage ;p J'espère que l'histoire, ainsi que mon travail, saura vous plaire :3 Juste! Comme ce chapitre est très riche en éléments culturels pas forcément très connus... J'ai essayé de traduire au mieux, et ai souvent gardé les mots tels quels, car impossible de trouver des équivalents en français. Pas de panique, tout (normalement) est expliqué, mais si vous rencontrez des problèmes au cours de votre lecture, ou si vous connaissez des mots plus appropriés pour certains éléments... Faîtes-en moi part xp
Note de l'auteur : Je regrette d'avoir tant tardé, mais j'avais besoin de pratiquer un peu ma technique pour faire les lits (maintenant, je sais ce que je devrai affronter lorsque je serai infirmière)... Et c'est une catastrophe u.u'
Quoiqu'il en soit, j'espère que vous apprécierez votre lecture.
Chapitre 3 : Célébrations avant la première nuit
Le prêtre nous donnait déjà les dernières bénédictions, mais pour moi, c'était comme s'il était en train de prononcer ma sentence. A la fin du sermon, il déclara ce que l'on n'attendait plus :
« La messe est terminée, les mariés peuvent s'embrasser. »
Et il m'embrassa : il joignit ses lèvres aux miennes, scellant ainsi mon destin. Faire marche arrière n'était plus possible, j'étais enchaîné à un homme que je n'aimais pas par la faute d'un foutu... Non, c'était peut-être aussi ma faute pour n'avoir rien tenté. Envy et moi marchâmes jusqu'à l'autel ou nous devions laisser le bouquet de roses blanches. L'icône de la vierge me lançait un regard plein de miséricorde. Peut-être savait-elle ce que je ressentais, peut-être que ma douleur lui pesait, à elle aussi. Je laissai le bouquet aux pieds de l'icône, la suppliant en silence qu'elle me donnât la force suffisante pour supporter cette vie dont je ne voulais pas.
L'église était vide : tous attendaient dehors que nous sortissions, et dès que nous posâmes un pied hors du bâtiment... On commença à nous lancer dessus des pétales de chrysanthèmes tout en criant des « Félicitations ! » ou « Vive les mariés ! ». Puis, dans le ciel, on entendit les feux d'artifice exploser, tandis que les cloches sonnaient avec joie, sans que je susse vraiment pourquoi. Celui qui était à présent mon époux et moi-même montâmes dans la voiture après avoir reçu les félicitations des invités, et nous dirigeâmes jusqu'à la demeure d'Envy où se déroulerait la suite de la cérémonie. Sur le chemin, il me parla. Ce fut notre première conversation :
« Tu n'as pas l'air content.
- C'est parce que je ne le suis pas », confirmai-je froidement.
« Allons bon ! N'importe quel garçon ou fille souhaiterait être à ta place », fit-il dans un sourire prépotent.
« Je ne crois pas que ces « garçons ou filles » soient au courant que j'ai été vendu au plus offrant.
- Ne sois pas ridicule ! Je me marie avec toi parce que tu me plais. A qui ne plairais-tu pas, d'ailleurs ? Tu es simplement magnifique.
- Tu vas arrêter de te ficher de moi ?! Comme si la dette qu'avait Kimblee envers toi n'avait rien à voir là-dedans ! »
J'étais furieux et je sais que je le fis bien savoir. Grave erreur. Il m'attrapa avec force les bras pour que je le regardasse en face, m'enfonçant ses ongles dans la peau. Ça faisait mal. Puis, avec une colère visible, il me parla sévèrement :
« Écoute-moi bien, parce que je ne te le dirai pas deux fois ! Ne crois pas que je vais te céder ou supporter chacun de tes caprices ! A présent, je suis ton époux, et tu dois me respecter, ou je t'apprendrai à le faire. Donc soit tu m'obéis de ton plein gré, soit tu le feras de force, c'est compris ?!
- O-Oui. »
J'étais terrifié. Jamais on ne m'avait parlé ou menacé de la sorte, et ses ongles dans mes bras n'aidaient en rien. Finalement, il me relâcha.
« Je préfère. Tu verras bientôt que si tu es obéissant et gentil avec moi, tout se passera bien entre nous. »
A présent, il me souriait. Je ne pouvais croire la facilité avec laquelle son expression ou son humeur changeaient. Si je ne le prenais pas avec des pincettes, le plus probable était qu'il finirait par me battre... Ou même pire. Trop absorbé à penser aux précautions que je devais prendre avec cet homme, je ne m'étais pas rendu compte que nous étions arrivés à ce qui serait, à partir de maintenant, mon nouveau foyer. Le terrain (pour ce que j'en savais) était énorme, pour ne pas dire immense. La grande demeure qui se dressait sur ce champ vert était majestueuse. Tout était décoré pour l'occasion : de grandes tables garnies de plats savoureux pour accueillir les invités, un groupe qui jouait déjà pour les couples qui se trouvaient là à nous attendre, et des arrangements floraux disposés de façon stratégique de tous côtés, fixés aux piquets des chapiteaux que l'on avait installés pour protéger les invités du soleil. Au loin, dans un lieu prévu à cet effet, on commençait à assembler les châteaux (White : Expliqué plus bas) qui prendraient feu à la tombée de la nuit : le bouquet final. Bon... Je devais admettre que tout cela était merveilleux . Si je m'étais marié par amour, je serais en train de sauter de joie. Je cessai de tout détailler lorsque Envy m'appela.
« Edward... J'attends de toi que tu te comportes convenablement. Rappelle-toi qu'à présent, tu es mon époux, et que je ne tolérerai pas une fois de plus que tu me manques de respect comme tout à l'heure.
- Ne t'inquiète pas, je saurai me tenir. »
Mon orgueil en prit un coup.
« Très bien. Ah ! Et n'oublie pas.
-Quoi ? »
Je m'attendais à ce qu'il me donnât d'autres avertissements, mais ce qu'il me répondit me surprit.
« N'oublies pas qu'à partir d'aujourd'hui, tu es mien, et seulement mien. »
Il me susurra cela à l'oreille. Je préférai ne rien répondre, c'était mieux ainsi, de ne pas répliquer, car au final, c'était lui qui avait raison : l'alliance à ma main gauche me le rappelait. A présent, j'étais à lui... Et à personne d'autre.
La voiture se stoppa près du lieu où aurait lieu la fête. Envy descendit le premier pour ensuite m'aider à descendre. A ce moment, la musique s'arrêta et les applaudissements ne se firent pas attendre : ceux qui nous avaient félicités à l'église en firent éclater à présent. Face à ces gens et leur clameur, moi, je souriais faussement.
Ma mère, Alphonse et Kimblee nous entourèrent. Ce bâtard s'en fut saluer et féliciter Envy, tandis que ma famille restait auprès de moi. Ni Alphonse ni ma mère n'étaient dans le ton du moment : on aurait dit qu'ils assistaient à des funérailles plutôt qu'à un mariage.
« Grand frère... Tu ne sais pas à quel point tout ça m'attriste.
- Al, tu n'as pas à te sentir mal. »
Je l'enlaçai, cherchant à lui transmettre cette sécurité qui lui manquait autant à lui qu'à moi. Nous avions tous deux besoin d'apaisement.
« Si seulement nous étions majeurs... Nous aurions pu éviter tout ça.
- Tu n'as plus besoin de penser à ça, ce qui est fait est fait.
- Mais je ne peux pas supporter l'idée que ce sale type puisse te toucher à sa guise !
- Je ne crois pas qu'il soit aussi horrible que tu le dis... »
Je ne savais même pas pourquoi je lui disais cela. Tout ce qui m'intéressait à ce moment était de rassurer mon frère. C'était mon devoir de ne pas l'inquiéter. « Tu sais quoi ? Je lui ai parlé au cours du trajet, et il ne semble pas être quelqu'un de mauvais. »
Heureusement pour moi, je sais très bien mentir. Nous nous écartâmes l'un de l'autre.
« Il y a des choses que tu ignores, grand frère. »
Tout en disant cela, il baissa la tête, cachant ses yeux grâce à sa frange. Il faisait toujours ça lorsqu'il cachait quelque chose, ce qui m'inquiéta.
« Qu'entends-tu par là, Al ? Est-ce quelque chose que je devrais savoir ?
- Non, ce n'est rien, mais... Je t'en supplie : tu dois faire très attention. Ce type est très violent et je ne veux pas qu'il te fasse du mal.
- Ne t'inquiète pas pour moi, et pense plutôt à t'occuper de maman pour moi. »
Je l'enlaçai à nouveau, puis il partit s'entretenir avec notre mère. Elle s'approcha de moi et prit mon visage entre ses mains pour m'embrasser le front et les joues avec amour, inquiétude et... Culpabilité.
- Je donnerais tout ce que j'ai à cet instant pour te garder à mes côtés, mon fils... Je suis désolée... C'est de ma faute, car... »
Je ne supportai plus de l'écouter. La voir ainsi me faisait mal, de ce fait...
« Je ne veux plus que tu t'excuses. Si j'ai fait ça, c'était parce que je le voulais.
- Mais...
-Assez, maman. Si tu recommences à t'excuser en ma présence, je te jure que je t'en voudrai. »
J'étais cruel avec elle. Je savais que cela la peinait profondément de me voir dans cette situation, mais sa santé était fragile, et elle l'avait toujours été, alors... Je ne voulais pas la voir ainsi, je voulais la calmer.
« Comprends-moi : ça me fait mal de te voir comme ça... En plus, tu peux faire une rechute... Rappelle-toi que la dernière fois, tu es restée au lit pendant un mois.
- Alors promets-moi que tu rentreras à la maison si cet homme te fait du mal.
- Je te le promets. »
Une promesse factice. Je n'étais pas prêt à rentrer à la maison si c'était pour leur causer des problèmes.
Ce fut à ce moment de la conversation que Kimblee et mon époux se joignirent à nous.
« Ed. J'espère que tu es très heureux de ta nouvelle vie. Envy vient de me dire qu'il te traiterait comme il le doit, mais... Tu n'as pas besoin de me remercier pour t'avoir trouvé quelqu'un comme lui. »
A cet instant, mes poings tremblèrent, tant de fureur que d'impuissance. Je ne pouvais pas croire l'impudence de cet homme. Il souhaitait de ma part une reconnaissance qu'il savait inexistante ! Je préférai me taire.
« Tu ferais mieux de te taire, imbécile. Je ne voudrais pas que mon époux finisse avec les mains abîmées. »
Envy avait remarqué que la force exercée sur celles-ci commençait à me blesser. Je pensais qu'il se préoccupait de moi, mais...
« Mon partenaire se doit d'être toujours splendide et présentable. Ce serait une honte de me présenter avec lui, si ses mains sont égratignées. »
… Je me trompais. Tout ce qui l'importait, c'était que je fisse bonne figure. Pour lui, je n'étais qu'une parure de plus, un objet dont il pourrait se vanter dans la rue ou auprès de ses amis.
Une fois cette conversation terminée, nous continuâmes à recevoir les félicitations des invités qui ne les avaient pas encore présentées. Une fois cette obligation sociale achevée, le petit orchestre, qui finissait de s'installer, nous fit signe, et à raison : il était temps pour les jeunes mariés que nous étions d'ouvrir la valse. Au centre de la piste de danse, nous nous arrêtâmes l'un en face de l'autre, et lorsque le morceau commença, nous nous mîmes à danser. Je dus l'admettre, Envy se mouvait bien : il était habile, et ses mouvements étaient fluides et élégants.
A la fin du morceau, tous applaudirent, et lorsque le bruit cessa, le chef d'orchestre invita tous les convives à danser un moment à nos côtés. Lorsqu'ils s'approchaient pour danser avec moi ou mon mari, ils plaçaient dans nos costumes un billet accroché par une épingle. Ce n'est pas que nous avions besoin d'argent, ça, Envy roulait dessus, mais c'était la tradition (NA : C'est ce qui se fait habituellement ici, dans mon pays. Chaque personne qui danse avec le ou la mariée se doit de lui accrocher un billet). Nous terminâmes avec dix mille pesos (White : monnaie. Ne me demandez pas ce que ça équivaut en euros u.u'), en billets.
Je n'eus presque pas le temps de parler à ma famille : je devais rester aux côtés de mon mari à m'occuper des invités. Il me semble que tous se divertissaient en dansant, mangeant ou simplement en buvant, et tout continua ainsi jusqu'à ce qu'arrivât le moment de lancer le bouquet. A partir de celui que l'on offre à l'église, on en réalise un autre pour le lancer aux jeunes filles célibataires. Je suis sûr que vous savez déjà pourquoi, mais si non, je vous l'explique : on dit que celle qui attrape le bouquet sera la prochaine à se marier. C'est la même chose pour les jeunes hommes, sauf qu'eux essayent d'attraper (ou de fuir) la boutonnière de fleur que le marié arbore sur le revers de sa veste.
Envy m'aida à monter sur une chaise au centre de la piste. Dans mon dos se trouvaient toutes les femmes célibataires de la fête, attendant le moment où je me déciderais à lancer le bouquet pour se bousculer pour lui. Je l'envoyai par dessus mon épaule, puis descendit de la chaise pour voir quelle fille avait attrapé l'objet tant convoité : c'était Winry Rockbell, la petite-fille de Pinako Rockbell, l'unique médecin des environs. Cette fille était très belle, avec ses cheveux longs et blonds, un peu plus clairs que les miens, et ses yeux bleu ciel. Une rumeur courait comme quoi, comme toutes les femmes de la famille Rockbell, elle avait un caractère fort et farouche. Néanmoins, parallèlement, il se disait aussi qu'elle était très douce et gentille : un excellent parti si on cherchait une agréable épouse avec qui partager sa vie.
A présent, c'était au tour des jeunes hommes célibataires. Envy grimpa sur la chaise sur laquelle j'étais auparavant et lança la boutonnière de fleur. Cela me procura un peu de joie de voir que c'était mon petit frère qui avait attrapé le petit objet sans même l'avoir voulu. Ce fut l'unique moment où je souris avec sincérité. Mon mari proposa que les deux chanceux dansassent ensemble sur un morceau, pour voir s'ils auraient l'envie de se marier cette même nuit. Les deux acceptèrent, rouges de gêne. Apparemment, l'idée ne leur déplut en rien puisqu'ils continuèrent à danser ensemble même après que le groupe et l'orchestre s'en fussent allés.
Il était déjà tard, et il était temps de mettre le point final à la fête. Le dernier événement pour les invités étaient les deux châteaux, que l'on préparait pour y mettre feu (NA : Les « châteaux » sont des structures de matière légère (je crois) recouverts de feux d'artifices qui forment des roues mobiles, des écriteaux ou des chiffres, et qui s'embrasent peu à peu. Les roues se mettent à rouler par la force exercée par les feux d'artifices collés à elles, puis prennent feu par endroits. La dernière partie (celle tout en haut), appelée « couronne », est la seule qui se détache de la structure et monte dans le ciel, propulsée par les fusées en elle. C'est tout).
Envy et moi-même nous excusâmes auprès des invités et entrâmes dans la « suprême demeure », pour nous diriger jusqu'à notre chambre. C'était notre première nuit ensemble, la première d'une longue série, et cela m'angoissait et me répugnait. Je m'offrirais à cet homme et perdrais tout ce qui me restait d'immaculé et de pur. Au dehors, les feux d'artifices célébraient une union non désirée, un mariage de convenance et dépourvu d'amour. Ce jour-là, on fêta des noces qui ne promettaient que malheur et souffrance, qui débuterait cette nuit-là... La nuit de noces.
A suivre...
Ce qui se passera au prochain chapitre sera mon premier lemon, alors ne m'en voulez pas s'il n'est super, s'il-vous-plaît !
A la prochaine !
Marieth
Traduction : White Assassin
