Rosa sin espinas
Une rose sans épines
Note de la traductrice : Un chapitre un peu plus long que les autres qui m'a demandé pas mal de travail xp J'espère qu'il vous plaira (là, on aborde davantage le quotidien de la nouvelle vie d'Edward) :3 Bonne lecture ;p
Note de l'auteur : Je sais que je n'ai aucune excuse pour avoir tant tardé, mais essayez de me comprendre : les examens, les tâches ménagères, le manque de sommeil et d'inspiration ne font pas bon ménage avec mes fics.
J'ai essayé d'écrire un chapitre plus long car il est très probable que je tarde à en publier un autre, mais une fois rentrée de vacances, je passerai tout mon temps à écrire !
Je dédie donc ce chapitre à Edith, Lucero, Chikori, Nana, Sandra, Silvia, Rosario et toutes les autres personnes qui m'ont donné leur appui en ces jours pour continuer à écrire malgré tout.
C'est tout.
Chapitre 5 : Deux humiliations et un triomphe
Le soleil entrait par un petit entrebâillement entre les rideaux, et sa lumière heurta mon visage, me tirant peu à peu du sommeil. Je me sentais un peu fatigué, et supposai qu'il était tard puisqu'Envy n'était déjà plus dans la chambre. Je me levai pour chercher mes vêtements qu'on s'était chargé de ramener de ma maison la veille, puis me hâtai en premier lieu de chercher mes sous-vêtements, car je ne m'étais pas rendu compte que j'étais toujours nu, jusqu'à ce que la douleur entre mes jambes se fît sentir. Je me rappelai de tout ce qu'il s'était passé au cours de notre première nuit ensemble. J'étais toujours honteux de m'être comporté de la sorte : cela avait été quelque peu agréable malgré tout... Mais ça n'en était pas moins indécent, ou en tout cas, c'était ce qu'on m'avait enseigné à l'église : ces « unions » ne doivent se faire si l'un était plein de désir et de lascivité, car elles doivent être un bel acte d'amour au cours duquel tu montres que tu donnes tout de toi à cette personne. Le plaisir corporel ne vient qu'après, l'essentiel, dans ce cas, est le sentiment que tu exprimes (NA : Opinion d'une amie).
J'avais enfin terminé de me vêtir et de peigner ma tresse. Je portais toujours des couleurs sombres, et aujourd'hui, c'était du bleu marine. Je sortis de la chambre pour me diriger vers la salle à manger. Là-bas se trouvait mon époux, en train de petit-déjeuner. Il dirigea ses yeux jusqu'à moi et me sourit comme il savait si bien le faire : d'une façon goguenarde.
« Il était temps que tu te réveilles ! Je laisse couler pour cette fois, mais seulement parce que je t'ai bien épuisé cette nuit.
- Je ne crois pas qu'il soit si tard que ça, n'exagère pas »
Je rougis à cause de ses derniers mots. Mais ce sale type ne savait-il donc pas faire preuve de décence ?
« J'avais oublié que tu ne connais pas le quotidien de cette maison, ni les règles que tu dois y observer. En premier lieu, nous petit-déjeunons tous les jours, et sans exception, à six heures trente. Aujourd'hui, nous le faisons un peu plus tard à cause de la cérémonie d'hier. Ensuite, tu n'as pas à sortir de la maison sans mon accord, et seulement pour approvisionner le garde-manger. Lorsque tu t'apprêtes à sortir pour aller au marché ou à n'importe quel autre endroit, une servante t'accompagnera.
- Tu crois peut-être que je vais te tromper avec le premier qui me fera des avances ? »
Même si je n'aimais pas Envy, je n'allais pas pour autant le trahir de cette façon. Je ne suis pas un prostitué qui se laisse prendre à chaque coin de rue, mais une personne décente.
« Non, mais... Qui me garantit que les autres abrutis du village ne vont pas essayer de te mettre la main aux fesses ? Avec le joli petit cul que tu as, c'est difficile de ne pas toucher, crois-moi.
- Ce que tu peux être grossier. »
Sérieusement, je ne savais pas comment j'allais pouvoir le supporter : ce type était d'un vulgaire...
« Si tu as l'intention de m'énoncer les habitudes de cette maison et tes règles, fais-le, plutôt que de parler de moi de cette façon.
- Très bien... ! Pas la peine de t'énerver. A partir d'aujourd'hui, tu m'accompagneras où et quand je le voudrai.
- J'ai le droit de refuser ?
- Non. Si je te dis qu'on va quelque part, tu viens. Ah ! J'ai failli oublier : à partir de maintenant, tu te chargeras de tout ce qui est relatif à la maison. J'espère que tu sais bien t'y prendre, et sans dilapider d'argent, rappelle-toi que c'est un péché (NA : Opinion de ma grand-mère).
- Ça, je le sais déjà, tu n'as pas à me le rappeler. »
Je trouvais cela amusant : voilà le diable qui me faisait la morale.
« Je crois que c'est tout pour le moment.
- Très bien. Tu veux manger quoi, aujourd'hui ? »
Mais pourquoi lui demandais-je donc ça ?
- De la dinde avec du riz (W.A. : En espagnol, du/de la « mole ». Ce n'est simplement de la dinde, car c'est un plat qui suppose du piment avec, mais j'ai simplifié xp), mais la cuisinière sait déjà le cuisiner selon mes goûts. (NA : Au moins, lui, il lui répond. Moi, on m'ignore, quand je pose cette question T.T) Elle sait aussi à quelle heure servir le repas.
- D'accord.
- Et au passage, dis-lui qu'aujourd'hui, nous aurons de la visite, et qu'en conséquence, elle mette la table pour trois.
- Je peux savoir qui vient ? »
La vérité, c'était que j'étais curieux, même si cela n'aurait pas dû m'intéresser vraiment. (NA : Ed, petit curieux !)
« Mon assistant, il vient pour parler affaires, mais je ne crois pas que ça te parle vraiment, ce sont des choses d'hommes. »
Il s'essuya la bouche avec une petite serviette : il avait fini de petit-déjeuner.
« Et tu crois que je suis quoi, moi ? »
Qu'est-ce qu'il croyait ?! Que j'étais un enfant ?! Un analphabète ?! Un idiot ?!
« Toi ? C'est simple... » Il s'approcha de moi et m'embrassa d'une façon un peu brusque, puis se dirigea jusqu'à la porte, où il reprit : « Tu es mon époux, et c'est tout ce qui doit t'importer, car le reste, tu ne saurais pas le gérer : tu n'as pas assez de caractère pour te charger d'autre chose que d'un foyer.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »
Même si je ne le laissais pas vraiment voir, car je me rappelais trop bien de son mauvais caractère, j'étais très en colère.
- Ce que tu as compris, et ne le nies pas, parce que j'ai des preuves de ce que j'avance. »
Je m'apprêtai à lui répondre, mais il m'en empêcha :
« Si tu veux savoir à quoi je me réfère, regarde seulement ce que tu portes à la main gauche. Si tu avais une once de caractère, tu aurais fait quelque chose pour empêcher qu'on fasse ce qu'on voulait de toi. »
Puis il sortit.
Je me sentis humilié. Tout ce qu'il avait dit était vrai d'une certaine façon, mais il se trompait : je n'étais pas si faible, et j'allais le lui prouver.
Laissant de côté ces ressentiments, je terminai mon petit-déjeuner, puis me préparai à commencer les tâches qui, à présent, m'incombaient. En vérité, je n'étais pas sûr de ce que j'allais faire. On ne m'avait jamais appris tout ça. Enfin... Je n'avais pas le choix. J'entrai donc dans la cuisine pour demander conseil à la gouvernante. Je pensais qu'elle refuserait de m'aider, et ne m'attendait pas à ce que je vis : elle était très jeune ! Elle devait avoir plus ou moins vingt ans, la peau sombre, et des cheveux châtains avec quelques mèches roses, chose inhabituelle par chez nous. La jeune femme se rendit compte de ma présence, et s'inclina avec respect, délaissant un instant ce qu'elle était en train de faire.
« Bonjour, monsieur. Avez-vous besoin de quelque chose ?
- Eh bien... J'aurais aimé que vous m'aidiez pour deux ou trois choses, mademoiselle...
- Rose. Dîtes-moi seulement en quoi je peux vous aider, et je le ferai avec grand plaisir.
Rose me souriait joyeusement et chaleureusement, ce qui me fit me sentir apaisé et à l'aise. Je ne tardai pas à lui rendre son sourire.
« Je voudrais que vous m'aidiez à la tâche.
- Comment cela ?
- Le problème, c'est que je ne suis pas sûr de ce que je dois faire. On ne m'a jamais appris tout ça, et je sais seulement que je dois me charger de la maison, mais je ne sais pas comment.
- Ne vous inquiétez pas, monsieur. Je me chargerai personnellement de vous enseigner tout ce que vous devez savoir.
- Merci beaucoup, mais... Je suis sûr que ça va vous prendre pas mal de temps... Vous êtes sûre que ça ne vous dérange pas ?
- Bien sûr que non, ça ne me dérange absolument pas, au contraire ! Ça me ferait vraiment plaisir d'aider l'époux de Monsieur. Ça ne me gêne pas de vous donner de mon temps.
- Mais Envy ne se fâchera pas, si vous négligez votre travail ? Je n'aimerais pas que vous ayez des problèmes par ma faute.
- Ne vous inquiétez pas pour ça, puisque monsieur m'a lui-même demandé que je vous aide au mieux. Apparemment, vous êtes très important pour lui.
- Je ne crois pas. Je ne suis qu'un caprice. »
Comment pourrais-je être important pour cet homme qui a obtenu que je sois à ses côté grâce à une histoire de dette ? Je n'étais qu'un objet, pour lui.
« Je ne pense pas que ce soit le cas : je ne l'avais jamais vu déjeuner avec le sourire, et cela faisait des années qu'il ne m'avait pas saluée par une bise. Ça, il ne le fait que lorsqu'il est extrêmement heureux.
- Il est juste de bonne humeur. »
Évidemment. Qui ne le serait pas après avoir obtenu ce qu'il voulait ?
« Croyez-moi quand je vous dis que monsieur est heureux. Nous nous connaissons depuis que nous sommes enfants, et je sais quand il est heureux ou fâché, et en ce moment, il est très heureux. »
Rose disait tout cela avec une lueur de bonheur dans les yeux. Il était évident qu'elle appréciait son patron, mais cela ne m'empêchait pas de douter de ses propos.
« Il vaut mieux changer de sujet. Dîtes-moi, s'il-vous-plaît, qu'est-ce que je dois faire ?
- Eh bien avant toute chose, il faut décider de ce que l'on servira à manger. Le problème, c'est que j'ai oublié de demander à monsieur de quoi il avait envie.
- Aucun problème, je lui ai demandé avant qu'il s'en aille. Il m'a dit vouloir de la dinde au riz.
- Ne m'avez-vous pas dit que vous ne saviez pas ce que vous deviez faire ?
- C'est que... Je me suis rappelé que c'était une question que nous demandait généralement ma mère, c'est tout. »
La jeune femme face à moi me fixait, peu convaincue par la réponse que je lui avais donnée, puis tourna les talons pour fouiller le placard.
« Alors... De la dinde au riz... »
Rose continuait à fouiller la minuscule pièce. En en sortant, elle prit quelques sacs de toile.
« Je pense que nous allons devoir aller au marché. Avec tout ce qu'il s'est passé hier, il n'y a plus rien. »
La jeune fille sortit un portefeuille de couleur noir et me le donna.
« Prenez-le. A partir de maintenant, c'est vous qui allez vous charger de surveiller toutes les dépenses de la maison. Monsieur nous donne de l'argent chaque semaine, et il n'apprécie pas que nous lui en demandions d'avantage, sauf en cas d'extrême urgence. De ce fait, vous devrez le gérer avec une extrême précaution.
Je plaçai le portefeuille dans la poche de mon pantalon. Je n'aurais aucun problème pour gérer l'argent de la maison, puisque après tout, on m'avait éduqué pendant des années afin de gérer la fortune de ma famille. Une maison, ce serait du gâteau. Nous étions sur le point de sortir lorsque la jeune fille se retourna vers moi.
« Évidemment, vous devrez apprendre à cuisiner.
- HEIN ?! »
Normalement, c'était à elle de faire ça... Non ?! Elle me regardait avec un grand sourire, se retenant clairement d'éclater de rire face à ma réaction. « Pourquoi devrais-je apprendre à cuisiner ?!
- Parce que vous devez superviser tout ce que nous faisons.
- Et donc ?
- Voyez-le sous cet angle : si le repas n'est pas comme il doit être, vous serez responsable de ne pas vous en être chargé comme vous l'auriez dû. Même si nous savons ce qu'il faut faire, vous êtes celui qui nous dirige, de ce fait, la moindre erreur de notre part vous incombera. En tout cas, ça a toujours été comme ça dans cette maison.
- Bien. » Si ça allait être comme ça à partir de maintenant, il valait mieux s'y habituer. Et puis... Apprendre de nouvelles choses ne peut pas faire de mal. « Y a-t-il autre chose que je devrai apprendre ?
- Eh bien... Voyons... Vous devez apprendre à choisir les fruits, les légumes, la viande et les épices -ce que je vous apprendrai aujourd'hui-, à organiser des fêtes et des réunions -ça, c'est important pour recevoir les associés de monsieur- et... Il y a d'autres choses, mais ça, je vous l'expliquerai en chemin. Pour l'instant, il vaudrait mieux y aller, ou nous n'aurons plus que les restes. »
Rose m'attrapa la main et nous nous dirigeâmes jusqu'à la voiture, près de laquelle se trouvait le chauffeur : un jeune à lunettes et aux cheveux sombres, qui devait avoir plus ou moins ma taille, et qui nous gratifia d'un aimable sourire. En me voyant, il inclina respectueusement la tête et me salua :
« Bonjour monsieur, bonjour Rose.
- Bonjour, Fuery. » Moi, je lui répondis juste, je ne savais pas quoi lui dire de plus. « Nous avons besoin que tu nous emmènes au village.
- Vous allez au marché ?
- Oui, à cause d'hier, il n'y a plus rien dans le garde-manger.
- Alors montez, nous ne mettrons pas plus de cinq minutes pour y être ! » lança le jeune homme aux lunettes tout en montant dans l'énorme camionnette dont il alluma le moteur. Nous montâmes dans la cabine et nous installâmes.
« Évite de conduire comme un fou, par contre, ou tu laisseras monsieur Envy veuf et sans gouvernante. »
Ce commentaire m'angoissa un peu. Ce jeune homme à l'apparence si calme et aimable était réellement un chauffard ?
« L'autre fois, j'étais en retard ! Et juste parce que j'ai un peu dépassé la limite de vitesse, tu me taxes de chauffard !
- Eh bien moi, quand je suis en retard, je ne mets pas pour autant le feu à la cuisine, alors que toi, tu as fait dévier la camionnette dans un fossé !
- C'était un petit accident !
- Dites... » J'interrompis leur querelle avant qu'elle ne me fît encore plus peur de partir en voiture par un : « On peut y aller ? Il se fait tard. »
Fuery mit le moteur marche et nous conduisit jusqu'au village. Le trajet fut parsemé de rires et de blagues : ces deux personnes étaient en vérité très agréables. Au moins, j'aurais quelque amis dans cette demeure.
Au marché, Rose m'enseigna la façon de sélectionner les légumes et les fruits les plus frais, et aussi à différence la viande dure de la tendre, ce qui me permit de me rendre compte que certains maraîchers étaient relativement malhonnêtes : déjà que leurs fruits étaient abîmés, ils te faisaient en plus passer huit cent gramme pour un kilo !
Les murmures et commentaires des gens sur ma personne m'incommodaient, même si toute cette rumeur était normale : après tout, je m'étais marié la veille à peine, donc ce sujet restait sur les lèvres de tous, et comme on disait en ville : « Petit village, mais grand enfer » (W.A. : Malheureusement, en français, nous n'avons -visiblement?- pas d'équivalent pour cette expression. J'ai donc choisi de la laisser tel quelle, mais je pense que vous aurez saisi l'idée :3 ).
« Quel chanceux ! » ou « Je l'envie... ! » était ce qu'il leur arrivait de dire. En vérité, j'en venais à penser que si ma vie les intéressait tant, c'était qu'ils n'en avaient pas de leur côté. Ils ne savaient même pas la moitié de ce qu'il se passait. Je demandai à Rose de terminer rapidement les courses. Elle me comprit de suite, et nous ramenâmes ce qu'il manquait jusqu'à la camionnette, où Fuery nous attendait patiemment.
Lorsque nous arrivâmes à la maison, nous nous rendîmes directement dans la cuisine. Si nous ne commencions pas sans plus tarder, le repas ne serait pas prêt à temps, et en vérité, je ne pensais pas pas donner à Envy l'opportunité de me taxer d'inutile. La voix de Rose m'arracha à mes pensées.
« Monsieur, je vais vous enseigner à cuisiner sans plus attendre, alors écoutez-moi bien.
- Je suis tout ouïe.
- La première chose à faire est de décider de ce que l'on va préparer, puis de s'assurer que l'on a tous les ingrédients nécessaires. Pour savoir quelle quantité il faut utiliser pour chaque chose, vous devez prendre en compte le nombre de personnes pour lesquelles vous allez cuisiner. Comme vous n'êtes que deux personnes, la quantité n'est pas bien grande.
- Ah ! J'ai oublié de vous dire qu'on aura de la visite ! L'assistant d'Envy vient pour manger. Il m'avait demandé de vous prévenir, mais avec notre escapade au marché, j'ai oublié. »
Rose m'avait déjà expliqué que les employés, normalement, cuisinaient autre chose pour eux, car ils ne mangeaient pas la même chose que nous.
« Heureusement que vous m'avez prévenue avant de commencer ou sinon, nous aurions cuisiné pour quatre personnes et c'est tout.
- Pourquoi « quatre » ?
- Parce que l'on ne sait jamais si l'on ne va pas recevoir de visites inattendues ou si l'un des convives aura envie de se resservir. C'est une règle d'or : toujours cuisiner un peu plus. Il vaut mieux trop que pas assez.
- Je m'en souviendrai. »
La matinée s'écoula avec les explications et les conseils en matière de cuisine de Rose, et à deux heures et demie (W.A. : Pour ceux à qui la culture espagnole ne serait pas familière, sachez que le déjeuner se prend généralement aux alentours de 14-15h ;p), nous avions fini de préparer le plat et le dessert, des flancs, parce que cela me faisait trop envie (W.A. : Il s'agit de « jericallas », mais pour que ça vous parle plus, j'ai choisis de traduire ça par « flanc ». Parce qu'avouons que sur google image, ça a une tête de flanc, ces machins o.o -ou de crème brûlée. Un mix o.o-). Comme il me restait une demie heure avant que le repas ne fût servi, je décidai d'aller dans la bibliothèque, car merci mon dieu, cet homme en avait une ! Même si l'on voyait qu'il ne l'utilisait pas : les livres étaient un peu vieux et couverts de poussière. Je trouvai un livre qui attira mon attention, le prit, et m'assit dans un fauteuil non loin de l'énorme baie vitrée de la pièce. Je fus absorbé par ma lecture, oubliant momentanément tout le reste : en lisant, les problèmes disparaissaient un moment, tout ce qui me gênait s'effaçait devant les lettres qui passaient et repassaient devant mes yeux. Tout devenait simple, en étant seul, et en observant en silence la nature, au dehors... Lorsque j'étais chez moi, je passais mon temps à lire dans le jardin de ma mère : ces beaux rosiers qui emplissaient l'air de leur parfum me relaxaient. Malheureusement, la baie vitrée de cette bibliothèque ne donnait que sur un jardin vide. Ici, on ne s'occupait que d'un bout de pâturage.
J'étais si concentré dans ma lecture que je ne me rendis pas compte que quelqu'un me faisait face.
« On peut savoir ce que tu fais, là ? » lança Envy tout en m'arrachant le livre des mains. « Ça fait dix minutes que je suis arrivé, et tu n'es pas venu m'accueillir.
- Je n'ai pas vu passer l'heure, c'est tout. »
Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Après tout, ce n'étaient que dix minutes.
« Je préfère ne pas répondre. Je n'ai pas envie de discuter avec un enfant gâté. »
Ce que je pouvais détester ça, quand il me lançait ce regard prépotent... ! Il me rappelait, à chaque moment, que j'étais là pour lui obéir et le satisfaire en tout. Il attrapa ma main et me tira brusquement. « On va dans la salle à manger, Greed nous y attend.
- Greed ?
- Mon assistant », répondit-il après avoir soupiré de lassitude. « Ne pose plus de questions stupides et marche. »
Nous parcourûmes les couloirs avec rapidité pour ensuite descendre dans la salle à manger. Là-bas nous attendait, assis, un homme à l'apparence arrogante et grossière. A mon sens, il avait même tout d'un criminel. En nous voyant, il se leva, et se rapprocha de nous.
« Voici donc ton petit époux ! »
Il m'attrapa le menton pour me faire relever la tête.
« Très joli, c'est digne de partager ton lit. Tu t'es sûrement bien amusé, cette nuit.
- Plus que tu ne le crois. C'était délicieux. »
Envy m'enlaça, me collant au possible contre lui.
« Et tu ne penses pas le partager avec moi ne serait-ce qu'une fois ? »
Greed caressa ma joue. J'étais furieux envers Envy de permettre à ce type de telles familiarités à mon égard, et de lui permettre de me traiter comme si je n'étais qu'un objet. Cependant, je ne pouvais rien faire : dans cette maison, je n'avais pas de voix pour me plaindre ou de mains pour me défendre : ma vie ne m'appartenait plus.
« T'es pas un peu fou ? Il est à moi et à moi seul.
- Sois pas comme ça ! Je te jure que ce ne sera qu'une seule fois !
« Écoute, Greed : il est vrai que je te porte une confiance infinie, mais cela ne veut pas dire que je vais te permettre de toucher à mon époux.
Envy était extrêmement sérieux : une nouvelle facette de lui que je découvrais, mais... Que voulait dire cette expression ?
« Comprends une bonne fois pour toutes que certaines choses ne se partagent pas.
- D'accord, d'accord. Changeons de sujet et allons manger, car je meurs de faim. »
Une fois assis autour de la table, ils commencèrent à parler de choses sans importance. Tout du long, je restai silencieux. En vérité, je n'avais aucunement l'envie de parler avec eux des stupidités qu'ils déblatéraient. Une fois le repas terminé, ils se levèrent et commencèrent à aborder des choses intelligentes, ou tout du moins, aussi intelligentes que possible dans le cas de Greed.
« Eh bien, Envy, allons dans ton bureau pour parler du budget : cette fois, j'aurais besoin d'un peu plus, car il y a de bons chevaux en jeu, et je suis sûr que tu les voudras dans tes écuries.
- Ça dépend si tes arguments me convainquent ou non. »
Ils se dirigeaient jusqu'au dit bureau, lorsque Greed se stoppa.
« Eh, dis ! Pourquoi ton époux ne nous accompagne-t-il pas ?
- Pourquoi ? Tu voudrais ? Ce n'est pas comme s'il connaissait grand chose en affaires.
- Naan, c'est juste que ça me fait de la peine de le voir tout silencieux dans son coin comme il le doit.
- Si tu insistes... Tu as entendu, Ed, suis-nous.
- Oui. »
Je jure que j'étais prêt à commettre un meurtre à cet instant. Ces deux machos arrogants n'avaient même pas idée à quel point je me sentais humilié en les entendant parler de moi ainsi. Avec celle-là, ça élevait à deux le nombre d'humiliations ce jour-là, mais ils me le paieraient, et en particulier cet animal de Greed.
Je les accompagnai jusqu'au bureau d'Envy : c'était une gigantesque pièce, au centre de laquelle se trouvait un beau bureau en acajou, assez vieux, mais massif.
Mon époux et son assistant s'assirent pour s'entretenir plus confortablement. Moi, je restai debout, près d'Envy. Comme ça, je pourrais mieux observer leurs mouvements à tous deux.
Lorsque Greed commença à placer les papiers sur le bois, je pus noter certaines petites choses à leur propos. Je décidai pour l'instant de garder le silence, pour voir comment se comporterait Envy : cela me surprit beaucoup de voir que celui-ci ne prenait même pas la peine de les lire, les mettant simplement de côté.
« Bien, Envy, ce sont les comptes, ainsi que les quantités dont j'aurai besoin.
- Excellent, laisse-moi donc te signer les chèques. »
Il était sur le point d'apposer sa signature. C'était le moment de lui faire ravaler ses paroles et de faire payer à l'autre son effronterie.
« Et tu penses sérieusement lui signer un chèque avec le double de ce dont il a besoin ?
- Tu es plus joli quand tu ne l'ouvres pas. »
Son visage dénotait une rage contenue : Greed dévoilait son vrai visage tout seul.
« Qu'entends-tu par là ? »
Envy s'était rendu compte de l'attitude de son compagnon.
« Si tu ne lis pas les papiers qu'il te donne sur le bureau, c'est normal que tu n'évalues pas plus que ça la quantité qu'il te demande et que tu la lui offres sans y penser. Monsieur Greed, vous êtes un ingrat : c'est ainsi que vous rendez à mon mari la confiance qu'il vous porte ? (NA : Ed, petit hypocrite.)
- Mais que connaît des affaires un morveux dans ton genre ?! Tout ce que tu veux, c'est que je m'embrouille avec mon ami !
- Oh je vous en prie ! J'ai passé des années à étudier l'administration, alors ne me dîtes pas que je n'y connais rien ! »
Tandis que nous nous disputions, Envy s'appliqua à étudier les documents laissés sur le bureau, et une fois cela fait, il prit simplement la parole, d'une voix neutre et dépourvue d'émotion. Plus tard, je comprendrais ce que cela signifiait, mais pour l'instant, cela démontrait seulement qu'il était furieux. A cet instant, cet homme et moi nous étions complètement tus.
« Greed, tu as intérêt à virer de chez moi et à ne plus y revenir, maudit requin.
- Mais... !
- DEGAGE ! »
Greed n'eut pas le choix, et sortit furieux du bureau, nous y laissant seuls. Je m'attendais à ce qu'il déversât sa rage sur moi, mais ce qui se passa me laissa coi.
« Edward... A partir de maintenant, tu te chargeras de m'aider dans mes affaires. »
A suivre...
J'espère que ça vous a plu ! Envoyez-moi un review pour me dire si c'est le cas, d'accord ?
Merci d'être toujours au rendez-vous (si vous l'êtes).
Marieth
Traduction : White Assassin
