Rosa sin espinas
Une rose sans épines
Note de la traductrice : Un chapitre bien long qui m'a demandé beaucoup de boulot u.u' J'espère qu'il ne subsiste pas trop de fautes (je crois que c'est celui que j'ai relu le plus... 'passé des heures dessus, je finissais par halluciner les phrases au bout d'un moment ._.). Je ne sais pas si j'aurai le temps de publier demain (mardi, c'est sûr, il y aura un chapitre ! ;p)... Mais pour l'heure, je vous souhaite une bonne lecture.
Ah ! Juste une petite chose : si jamais j'oublie de répondre à un review -ça m'arrive-, relancez-moi par MP si vous souhaitez une réponse, je serai ravie de réagir à votre commentaire :3
Note de l'auteur : Je sais que je n'ai pas d'excuse pour mon retard, de ce fait, je ne m'attends pas à ce que vous me pardonniez mais ça ne m'empêche pas pour autant de vous dire... PARDON ! ToT
Je dédie ce chapitre à Tsunade (Lucero) qui a fait pression sur moi pour que j'écrive, et à Isa qui m'a défendue quand j'en avais besoin, ainsi qu'à Edith... Mais plus sérieusement : ne me menace plus ToT
Je dédie aussi ce chapitre à ceux qui continuent à me lire et qui me pardonnent mes actualisations si tardives.
Chapitre 7 : Caprices
Cela faisait deux ans, à présent, que je vivais dans cette demeure, et ces deux années s'étaient écoulées plus vite que je ne l'avais espéré. J'avais fini par m'habituer à la compagnie d'Envy et à son caractère, à tel point que j'obtins qu'il fît tout ce que je lui demandais, à condition que je lui rendisse les faveurs qu'il me faisait, et les caprices qu'il contentait... Et pourtant, honnêtement, cela ne me dérangeait plus.
Mon frère continuait à essayer de me faire quitter Envy pour que je revinsse à la maison, tout comme ma mère, mais arrêta lorsque nous fêtâmes notre premier anniversaire de mariage. Peu après, j'en compris la raison, et voulus en parler à mon frère quelques jours après, mais...
« Qu'est-ce que tu as dit ? »
Il n'était déjà pas disposé à entendre une quelconque raison, et encore moins celle-ci qui lui semblait encore plus absurde que toutes les autres. Moi aussi, je l'avais pensé un temps, mais il y a des choses qui ne peuvent ni se feindre, ni se dissimuler, quoi qu'on fasse... Et ça, c'était l'une de ces choses.
« Tu as bien entendu : même si tu ne le crois pas, il m'aime.
- Mais tu es stupide ou quoi ?! Ce type n'a même pas de cœur ! Comme as-tu pu aller jusqu'à croire qu'il t'aimait ?!
- Je ne le « pense » pas, je le sais. Même si, de base, j'étais censé être un caprice, il m'a toujours traité de la meilleure manière possible. Il est attentionné envers moi là où il pourrait simplement me considérer comme un divertissement pour combler ses besoins les plus primitifs, et m'offre tout ce que je souhaite alors qu'il pourrait très bien ne me donner que le strict minimum pour vivre.
- Ça ne veut rien dire ! Il le fait seulement pour faire bonne figure face aux gens du village ! »
Ses yeux commencèrent à se remplir de larmes. Ses jambes, elles, ne purent le supporter davantage, et il tomba à genoux sur le sol, tandis qu'il me prenait la main et me suppliait entre deux sanglots : « Je t'en supplie ! Laisse tomber ce type et revient à la maison ! Tu es presque majeur, et maintenant, nous pourrions à coup sûr faire partir Kimblee de nos terres et sortir notre famille de la misère !
- Je te dis que je ne peux pas le laisser.
- ... Parce que tu l'aimes ? » demanda-t-il en se relevant et en me regardant droit dans les yeux.
« Non, mais... J'ai du respect et de l'affection pour lui : il n'est pas méchant, et ne mérite pas que je le laisse comme ça. Sinon... » Je levai la main pour signaler à mon petit frère de ne pas m'interrompre : « Qu'en est-il de la dette ? D'après ce que j'ai compris, cet enfoiré n'a pas donné le moindre centime à Envy, et bien au contraire, n'a fait qu'accroître davantage la quantité d'argent qu'il lui doit.
- Nous pouvons résoudre ce problème !
- Et explique moi comment alors que Kimblee, tout ce qu'il fait, c'est gaspiller l'argent que notre famille lui ramène... ? Vous seriez à la rue à l'heure qu'il est si je n'avais pas supplié mon mari de vous donner un coup de main !
- C'est ton dernier mot ?
- Oui. Je ne pense pas le quitter, en tout cas pas tant qu'il ne m'aura pas donné une raison suffisante pour le faire.
- Alors promets-moi une fois de plus que tu feras attention. »
A chaque fois, quand nous terminions nos conversations, il me faisait promettre la même chose, et si je n'avais jamais fait grand chose pour qu'il me donnât la raison de son extrême préoccupation, ce jour-là, je n'en démordrais pas pour savoir quel était le motif de cette promesse et de cette pression pour me voir abandonner mon époux.
« Tu me demandes toujours de te promettre la même chose mais tu ne m'as jamais donné d'explication valable. Pourquoi ?
- « Pourquoi » ? De quoi parles-tu ?
- Tu sais très bien de quoi je parle : depuis le jour de mon mariage, tu n'as pas cessé de me demander de faire attention. Je sais que c'est normal que tu t'inquiètes pour ma sécurité, mais tu me caches quelque chose et je veux savoir ce que sais : j'ai le droit de le savoir.
- Ce n'est pas quelque chose qui doit t'inquiéter... C'est juste un truc sans importance.
- Je ne crois pas que ce soit quelque chose d'insignifiant, si ça te trouble autant.
- Si je te le dis... Tu me promets de rentrer à la maison ?
- Ça dépend de ce que j'entends.
- Très bien : ton mari est un assassin.
- HEIN ?! »
Ces simples mots se répercutaient indéfiniment dans ma tête. Je doutais que mon petit frère fût du genre à plaisanter en proférant une accusation aussi grave que celle-ci, mais je n'arrivais pas à le croire je veux dire, dans un village si petit, les nouvelles allaient vite... Surtout des nouvelles comme celle-là.
« Mais tu es vraiment sûr de ce que tu dis ? Tu as conscience de la gravité d'une telle accusation ?
- Évidemment, que j'en ai conscience ! Je ne le dis pas à la légère, si c'est ce que tu penses ! Ton époux a tué un homme sans aucune raison ! C'est un être sans scrupule qui fait tout ce qui lui passe par la tête, et si tu ne veux pas me croire, demande-le-lui toi-même ! Il est si cynique que je suis sûr qu'il te le dirait ! »
Alphonse ne dit pas un mot de plus et sortit rapidement de la maison, sans même me donner le temps de lui poser d'autres questions à ce sujet. Mon frère n'avait jamais ressenti le besoin de recourir au mensonge pour obtenir ce qu'il voulait, mais je continuais à douter de ce qu'il disait. D'accord, Envy était quelqu'un d'impulsif, mais je ne le pensais pas assez stupide pour commettre un meurtre et, même s'il l'avait fait, il devait avoir un motif pour. Je ne crois pas qu'il l'aurait fait par simple envie.
Je passai tout le reste de la journée pensif. Cette fois, mon époux rentrerait tard parce qu'il devait se charger de quelques affaires dans le village voisin, et je resterais seul jusqu'au soir. Pendant ce temps, j'essayai de trouver quelque chose qui eût un lien avec ce que m'avait dit mon frère, mais je ne fus pas en mesure de trouver ne serait-ce qu'une seule donnée relative à un décès, chose étrange lorsqu'on admettait qu'ici, les gens étaient tout, sauf discrets.
Maintenant que j'y pensais, qu'est-ce que j'en savais, moi, s'il y avait eu ou non des décès dans le village avant celui de mon père ? Ce serait donc quelqu'un de l'extérieur qui serait mort... Ou mon frère mentait-il sans vergogne ? Ces questions, Envy y répondrait bientôt, puisque j'entendis enfin la camionnette se garer. J'attendis dans la chambre, puisque j'étais plus que certain qu'il n'aurait pas envie de dîner, mais seulement de venir s'étendre sur le lit pour dormir... Chose que je ne lui permettrais pas cette nuit. J'avais besoin de réponses, ou autrement, je ne pourrais définitivement pas dormir.
Envy passa la porte, et sans dire un seul mot, se déshabilla pour enfiler ce qu'il portait normalement pour dormir. Visiblement lassé par le silence, il se décida enfin à m'adresser la parole.
« J'ai manqué quelque chose, aujourd'hui ? Tu es très silencieux.
- Je voudrais te demander quelque chose.
- Vas-y.
- Mais avant, j'ai besoin que tu me promettes que tu me répondras et que tu me diras la vérité. »
On pourrait me dire que j'exagérais en lui demandant ce genre de choses, mais c'était l'unique façon pour qu'il me dît ce que j'avais besoin de savoir. Il était capable de beaucoup de choses, mais pas de ne pas tenir sa parole. S'il le promettait, il était plus que certain qu'il le ferait. Et justement, là, j'avais besoin d'une réelle franchise, car je ne pensais pas partager mon lit avec un assassin sans scrupules (NA : Ed, idiot, s'il te répond qu'il est un assassin, de toute façon, tu auras DEJA partagé ton lit avec lui).
« Je ne vois pas vraiment où tu veux en venir, mais bon, d'accord, je te le promets si ça peut te faire plaisir. » Il semblait fatigué et un peu ennuyé, mais je ne lui en tenais pas rigueur : il était sorti de la maison depuis sept heures du matin. « Si tu pouvais faire vite, par contre, parce que je tombe de sommeil.
- Al était là cet après-midi... »
Envy fronça les sourcils. Il savait déjà que mon frère était venu à la maison, et ça le dérangeait beaucoup, mais jamais il ne lui avait interdit de venir me voir, ou inversement.
« … Mais non seulement il m'a demandé de te quitter, mais il m'a également dit que tu avais assassiné quelqu'un sans aucun motif. Je sais que Al n'est pas de ceux qui mentent sur des sujets aussi délicats que celui-ci, mais il me paraît juste d'écouter ce que tu as à dire à ce propos.
Un silence dérangeant emplit la pièce. Mon mari avait une attitude sérieuse, comme toujours lorsqu'il abordait une question délicate ou difficile à résoudre. Il semblait ressasser les mots que je lui avais dits, et les analyser un par un, puis, tout à coup, il cessa d'adopter une posture si tendue, et s'assit sur le bord du lit en me tournant le dos.
« Si tu tiens tellement à le savoir, je vais te répondre : oui, j'ai effectivement tué un homme. »
Envy garda le silence comme s'il attendait quelque chose, puis continua :
« Mais je ne regrette rien, parce qu'il le méritait. Cette raclure a obtenu ce qu'elle cherchait, et ton frère, puisqu'il sait ce que j'ai fait et que ça le gêne tant, devrait venir me dire les choses en face et essayer de prendre sa revanche plutôt que de nous pourrir la vie.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Tu connais Russel Tringham ? »
Je ne savais pas ce qu'il essayait de faire en me répondant par une autre question, mais vu la situation, il valait mieux être patient : je ne gagnerais rien à précipiter les choses, chose que je ne faisais, d'ailleurs, jamais.
« Oui. » Bien sûr que je le connaissais ! C'était le meilleur ami de Al : ils allaient ensemble à toutes les fêtes et se soutenaient dans les moments difficiles. D'après ce que m'avaient raconté ses proches, il était mort, mais je n'en avais jamais vraiment su la rai-... « Tu veux dire que ?
- Tu comprends vite. Oui, tu as deviné juste : c'est lui que j'ai exécuté.
- Pourquoi ? » Je ne sus pas comment je pus parler d'une voix si calme et sans la moindre hésitation. Je veux dire... J'avais un assassin assis sur le bord du lit, le même qui me parlait cyniquement de l'un de ses forfaits. « Il n'était pas méchant, et même si... ?
- Méchant ?! »
De suite, il se mit à rire d'une façon presque scandalisée (NA : Ce genre de rire que tu entends à un kilomètre à la ronde =.=).
« Ce type avait tout d'une vermine, oui ! Attends que je te raconte : le père de Russel est l'un de mes nombreux associés, comme tu l'auras certainement compris. Eh bien une fois, je me suis rendu chez lui, en ville, pour discuter de quelques affaires -il n'est pas important que tu saches lesquelles-, mais le truc, c'est que ce jour-là, Rose m'accompagnait. D'ailleurs, cette fois-là, je me suis retrouvé nez à nez avec ton frère dans la maison des Tringham, et ça se voyait comme le nez au milieu de la figure que ton petit frère s'était entiché de ce pauvre type. Dommage que ça n'ait pas été réciproque. Quoiqu'il en soit, Russel, lui, avait le béguin pour Rose au point de vouloir profiter d'elle. Chose que je ne lui ai pas permise pour deux bonnes raisons que je ne pense pas évoquer pour l'instant, mais toujours est-il que je l'ai interrompu et que ça l'a pas mal dérangé : il a sorti un revolver pour essayer de me tirer dessus. Évidemment, Rose l'a empêché de viser juste, et la balle n'a fait que m'effleurer, mais il n'a pas eu de bol car moi, je ne l'ai pas manqué et... Bref.
- Pourquoi n'a-t-on rien su de cela ? » dis-je. Si tu tuais quelqu'un de bonne famille comme l'était Russel, il y avait au moins une bonne douzaine de rumeurs qui faisaient leur apparition.
« Tout bonnement parce que ça ne convenait pas aux Tringham : moi, j'avais agis en état de légitime défense, ou en tout cas, c'est ce qu'a clamé mon avocat... », fit-il, un sourire sur les lèvres... Même si cela commençait à faire un moment que je vivais avec lui, ça me faisait toujours un peu peur quand il devenait comme ça. « … Pour autant, je n'ai eu qu'a payer une grosse somme à la famille comme indemnisation pour obtenir de suite ma liberté. Les parents de ce type n'ont pas fait grand chose à propos de cette affaire, parce que s'ils l'avaient fait, le crime de leur rejeton serait tôt ou tard ressorti avec. Comme tu l'as souligné, ils sont restés muets pour éviter d'attirer la honte sur leur « nom si noble ». Ils ont préféré gérer cette affaire avec autant de discrétion que possible et me laisser tranquille, chose qui, vraisemblablement, n'a pas fait plaisir à ton frère.
- Avant, tu as dis que tu avais deux bonnes raisons pour ne pas permettre à Russel de profiter de Rose... Quelles sont-elles ? » Même si ma question pouvait paraître idiote, je la posai car, je l'avoue, j'étais curieux...
« Je te l'ai dit : je n'ai pas envie de t'en parler. » … Ce dont il se rendit compte.
Envy considéra le débat comme clos, se glissa avec moi dans le lit et s'endormit simplement, chose étrange de sa part si l'on considérait que, dans la majorité des cas, il préférait s'abstenir de dormir et... Enfin... Prendre du bon temps un moment, si l'on pouvait dire.
Les heures s'écoulaient tandis que j'essayais de trouver le sommeil. Je n'arrivais pas à m'enlever de la tête le récit d'Envy, et la réaction de mon frère cet après-midi. J'essayai de tirer au clair toute cette affaire, ou en tout cas, c'est ce que je fis jusqu'à ce que je me rappelasse des paroles de mon défunt père : « Il n'existe ni gentils, ni méchants, mais seulement des êtres humains avec des idées distinctes. » Cette petite phrase était idéale en ce cas : d'une part, mon frère était affligé et furieux d'avoir perdu la personne dont il était tombé amoureux, mais d'autre part, Envy, lui, s'était juste défendu... Ou en tout cas, c'était ce que je voulais croire.
Il était déjà quatre heures du matin. Toute la nuit, j'étais resté étendu sur le lit sans pouvoir m'endormir une seule seconde. J'avais cessé de ressasser la conversation que j'avais eue avec mon mari, car je n'avais aucun intérêt à rester bloqué dessus : cela ne résoudrait rien. En fait, ce qui me préoccupait à cet instant précis était une toute autre chose : Al m'avait fait repenser à ce que j'avais planifié depuis plusieurs mois. Si tout se passait bien, je pourrais enfin me venger de pas mal d'humiliations, et au passage, en faire subir quelques unes. Après tout, ça ne pouvait pas faire de mal.
J'avais tant attendu ce moment et enfin, je pourrais m'en donner à cœur joie. Je devrais sacrifier quelques nuits de sommeil, mais elles en vaudraient bien la peine (NA : Oui, c'est vraiment un ENORME sacrifice).
Ce matin-là, c'était le jour J, et je n'avais pu dormir, même un peu. En vérité, ce fut une véritable épreuve que de devoir afficher un sourire lorsque j'avais vraiment besoin de passer mes nerfs sur quelqu'un pour, en toute honnêteté, me soulager de ce stress. Envy était inhabituellement silencieux, à table, car presque à chaque fois, il avait l'habitude de me parler de tout et de n'importe quoi. Je décidai d'attirer son attention, car c'était la meilleure façon d'en finir vite.
« Envy, je voudrais te parler.
- Tu ES en train de me parler. Ne tourne pas autour du pot, tu veux ? »
Réponse désagréable... Il était ennuyé par quelque chose.
« Tu n'as pas besoin de me parler comme ça. Il y a quelque chose qui t'ennuie ?
- Ce qui « m'ennuie », c'est ton abruti de beau-père, voilà ce qui m'ennuie. Il ne se contente pas de ce qu'il a déjà et en veut plus. Quand compte-t-il me rembourser ne serait-ce qu'une partie de ce qu'il me doit ? »
Sans le savoir, Envy me tendait déjà une petite perche. Tout ce que j'avais à faire était de choisir les mots justes.
« Tu devrais l'envoyer au diable. Après tout, notre propriété est légalement tienne : tout ce que tu as à faire, c'est de la réclamer. » Je ne voulais pas vraiment dire ça, mais si tout se passait selon mes plans, je n'aggraverais pas la situation.
« Je ne peux pas : nous avons passé un accord, et je ne peux pas le rompre. Tu peux tout obtenir de moi, mais pas que je revienne sur ma parole.
- Et si tu me laisses m'en charger ? » dis-je, tandis que je me levai et m'arrêtai à ses côtés. Il me lança un regard étrange : je ne faisais jamais ça.
« Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Eh bien... Disons que je te rends un petit service et que, en même temps, toi, tu contentes mon caprice. » C'était la meilleure réponse que je pouvais lui donner : si je lui mentais, de toute façon, il finirait par le découvrir et ferait tomber mon plan à l'eau. « Qu'en dis-tu ?
- Et j'y gagne quoi, moi ? »
Sur son visage, je devinais ce qu'il sous-entendait : nous vivions ensemble depuis peu de temps, mais nous connaissions déjà.
« Eh bien, déjà, de te débarrasser de mon beau-père, et ensuite... Je ne sais pas, ça dépend si tu contentes mon petit caprice ou non... »
Je lui offris un sourire espiègle : je savais qu'au mieux, on dirait que j'étais un sale petit hypocrite intéressé, mais je ne regrette pas ce que je fis et comment je l'obtins : j'avais besoin de prendre ma revanche.
« Fais ce que tu veux, de toute façon, j'avais besoin de me débarrasser de cet abruti, et je pensais te le demander. » Sur son visage apparut ce rictus typique qu'il affichait presque tout le temps.
« Si tu le dis. »
Nous partîmes vaquer, chacun de notre côté, à nos occupations. Je pensais mettre mon petit plan à exécution cet après-midi : il n'y avait aucune raison de faire traîner les choses. Je mandais Kimblee sans lui en dire la raison, en exigeant simplement de sa part de la ponctualité... Chose qu'il ne respecta pas, comme d'habitude, en finissant par arriver avec deux heures de retard. Je ne m'en formalisai pas et le reçus simplement avec un sourire (NA : Je le rends vraiment hypocrite et intéressé).
« Bonjour, Ed... Comment vas-tu ? » Son salut plein d'hypocrisie et de mauvaises intentions ne se fit pas attendre, mais je n'y prêtai pas attention. De toute façon, ici, c'était lui qui finirait par s'en aller de mauvais poil.
« Bonjour. Comme toujours, l'éducation, ce n'est pas ton fort. Ne regarde pas plus l'heure, je t'ai demandé de venir à quatre heures, et tu finis par arriver à six. Enfin, quoiqu'il en soit, assieds-toi, ta ponctualité n'est pas ce qui nous importe pour le moment. » Sur son visage était clairement visible la colère suscitée par cette véritable offense, pas le moins du monde dissimulée.
Sans répliquer et vraisemblablement surpris que je n'eusse même pas répondu à sa formule de politesse, il s'assit dans l'un des fauteuils de la salle (dans laquelle nous nous trouvions), et attendit, avec une étrange patience que je ne lui connaissais pas, que je lui révélasse la raison de sa présence dans ma maison.
« Bon : je t'ai fait venir pour résoudre certaines petites affaires restées en suspens.
- Des « affaires » ? A ce que je sache, je n'ai rien à te dire à ce propos... Ou bien as-tu des comptes à régler avec moi car je t'ai vendu ? » Son sourire méprisant laissait voir tout le plaisir que cela continuait de lui procurer. Même si cela me coûta, je ne cessai de lui sourire.
« Du tout. Les affaires dont je parle sont en réalités celles de mon mari, mais comme l'affaire à traiter me concerne également, il a décidé que je m'en chargerai.
- Et de quoi s'agit-il ?
- De la propriété de mon père, voyons. Depuis que tu as passé ce marché avec Envy, c'est lui qui s'est chargé de couvrir les dettes que tu continues d'accumuler sans pour autant lui rendre un seul centime. En conséquence, à présent, cette propriété est sienne. » A chaque mot que je prononçais, avec un grand plaisir, je dois l'avouer... La colère et l'incrédulité de mon beau-père augmentaient.
« M-Mais ce n'est pas possible ! Vous ne pouvez pas faire ça !
- Oh mais si, que nous pouvons.
- Et au nom de quoi ?! Ton mari et moi avions un accord ! Au nom de quoi prétendez-vous faire ce que vous voulez de MES possessions ?! » La fureur de Kimblee en était presque palpable. Je crois, en vérité, qu'il était persuadé que s'il me hurlait dessus de la sorte, je ne ferais rien. Erreur.
« Tu fais erreur sur un point : d'accord, Envy t'a exempté des intérêts lorsque tu lui as accordé ma main, mais il ne t'a pas acquitté de ta dette. Dette que tu as, d'ailleurs, augmentée, je te rappelle.
- Mais... !
- « Mais » rien du tout, mon cher beau-père. Les reconnaissances de dette que tu as signées, et que tu n'as pas récupérées, nous donnent le droit d'aller et venir dans la propriété comme on en a envie. En d'autres termes : le lieu nous appartient.
- Tu ne peux pas... ! Tu ne peux pas faire ça ! Tu n'as même pas l'âge de réaliser ce genre de procédure ! Tu n'es pas majeur ! » Il semblait que ce dernier argument amenait la victoire... Dommage pour lui que ce fût moi qui maîtrisait la situation.
« Tu as tout à fait raison à ce propos, mais... Malheureusement pour toi, celui qui signera, ce ne sera pas moi, mais Envy. Tu sais très bien qu'il a l'habitude de signer tout ce que moi, je lui pose sur son bureau. » L'expression de satisfaction que je devais afficher à cet instant, on ne me l'enlèverait pas avant un bon bout de temps.
« ... » Sans que je susse pourquoi, ce sale type afficha, lui, une étrange grimace de bonheur. « Petit enfoiré. Tu penses laisser ta mère et ton frère dans la misère ?
- Je n'ai jamais dit ça. Même s'ils perdaient la part de la propriété qui leur correspond, ils n'auraient pas à s'en faire : mon époux ne verra aucun inconvénient à les prendre en charge. De ce fait, ne t'inquiète pas pour eux, mais plutôt pour ton futur, parce qu'avec tout ce que tu dois à Envy, nous pourrions tout à fait te faire arrêter.
- T-Tu ne peux pas... Tu ne le feras pas. » Il était complètement désespéré. A la distance où nous nous trouvions l'un de l'autre, on pouvait malgré tout voir clairement la sueur qui luisait sur son visage.
« Bien sûr que si, que nous le ferons... A moins que... » Je lâchai cette petite phrase pour voir si je réussissais à obtenir ce que je souhaitais : me débarrasser de lui.
« A moins que quoi ? » Il connaissait déjà la réponse qu'il demandait.
« A moins que tu ne vires du village et laisses ma famille en paix.
- Tu es fou ! Je n'en ai pas l'intention !
- Oh non, je ne suis pas fou, et tu ferais mieux de surveiller le ton que tu emploies à mon égard, vermine. Ne mets pas ma patience à l'épreuve.
- ...
- Que penses-tu faire, alors ? T'en aller, ou... Préfères-tu la prison ?
- Comment puis-je savoir que vous ne m'enverrez pas en prison de toute façon ? Comment puis-je savoir qu'Envy ne préfère pas m'y envoyer, et que toi, tu tiendras ta parole ?
- Ne t'inquiète pas pour ça. Envy, j'ai les moyens de le convaincre, et de mon côté, il n'y a aucun problème : du moment que tu disparais et que tu ne reviens pas, ça m'ira. Tu acceptes, ou pas ? » Qu'est-ce que j'avais envie d'éclater de rire sans la moindre retenue !
« … Je n'ai pas vraiment le choix, pas vrai ?
- Non. Tu as jusqu'à 3 heures du matin pour t'en aller. Si nous te retrouvons dans les environs, tiens-toi pour dit que je ferai en sorte qu'on te réserve la cellule la plus insalubre de la prison. »
Il ne répondit pas, et se contenta simplement de sortir en ruminant des choses incompréhensibles, se rappelant sûrement de ma chère mère d'une façon très sympathique (NA : Une façon bizarre de dire qu'il insultait ta mère... =.=). Cinq minutes après son départ, on entendit le rire d'Envy, pas le moins discret du monde, qui apparemment, avait été témoin des dernières choses que mon beau-père et moi-même nous étions dites.
« Ah ! Ah ! Ah ! Mais c'est vrai, que tu es un petit enfoiré ! La tête que tirait ce type ! Ça n'avait pas de prix ! » Envy rit de plus belle tandis qu'il essayait de se rapprocher de l'endroit où j'étais. Néanmoins, ne pouvant plus tenir debout à cause de son fou rire, il s'assit dans l'un des fauteuils.
« Je pourrais te retourner le compliment : les seuls enfoirés ici, c'est cet homme et toi », lançai-je pour que mon mari en finît avec ces commentaires sur ma personne, car si je ne le faisais pas de suite, il était plus que certain qu'il continuerait à m'en faire toute la soirée.
« Roh, fais pas la tête... ! Tu sais que je plaisante !
- Eh bien tes blagues sont d'un bien mauvais goût. » Je feignis la colère pour lui clouer le bec, car je commençais à être un brin nerveux : maintenant qu'Envy avait contenté mon caprice, il était plus que certain qu'il me demanderait une « compensation ».
« Tu as vraiment mauvais caractère ! Dire que je voulais t'offrir un petit cadeau... ! » Vraiment, cet homme me connaissait à la perfection, même si cela ne faisait que peu de temps que nous vivions ensemble, et prit l'avantage en se servant de l'un de mes points faibles : ma curiosité.
« Un cadeau ?
- Oui, un cadeau. C'est quelque chose dont tu as envie depuis longtemps. J'ai pensé que comme ça, tu travaillerais mieux.
- Non, tu n'as quand même pas pu... ! » Il... L'avait fait pour de vrai ?! C'est pour cela qu'il ne me permettait plus d'entrer dans la bibliothèque ?
« Évidemment que j'ai pu, mais si tu ne me crois pas, tu n'as qu'à aller voir. » Il haussa les épaules alors que, sur son visage, un sourire amusé apparaissait. Pourtant, rien à voir avec ces gestes hautains qu'il faisait presque toujours.
Je ne pouvais y croire. Je courus jusqu'à la bibliothèque, et en arrivant, ouvris la porte, impatient, et me rapprochai avec rapidité de l'énorme baie vitrée face à laquelle se trouvait le petit secrétaire où j'examinai les dossiers. C'était la plus belle vue que j'aurais pu souhaiter : au dehors se trouvaient plein d'énormes rosiers. Tous étaient pleins de boutons qui promettaient de devenir de superbes roses dans les jours à venir, même si certains présentaient déjà des fleurs spectaculaires et énormes : des roses jaunes, roses, blanches, rouges... Une étrange variété avec plusieurs couleurs (rose et blanc, blanc et jaune), de magnifiques de couleur lilas (NA : ToT Je n'ai plus pu retrouver de pareil rosier... j'aurais dû l'acheter en le voyant !). Après tant de temps où je lui avais demandé deux ou trois plantes à l'extérieur de la bibliothèque, quelque chose pour me rappeler mon foyer... Il l'avait enfin fait.
« Je vois que ça te plaît », lança mon époux depuis la porte. Il se rapprocha et m'enlaça par derrière, posant son menton sur mon épaule. Je frissonnai. Je sais que c'est stupide après tant de temps, mais je ne pus m'en empêcher. « Il te suffit de tellement peu.
- On pourrait dire la même chose de toi.
- Sûrement, mais tu sais très bien ce que je pense des avis des autres. Ce soir, je veux que tu termines tôt tout ce que tu as à faire. » Il se sépara de moi, non sans au préalable poser un baiser sur ma joue. Il marcha jusqu'à la sortie puis s'arrêta, et sans se retourner, reprit : « Cette nuit, j'attends ma récompense pour t'avoir laissé humilier Kimblee. » Et sans dire un mot de plus, il se retira.
Pas besoin de mentionner que je ne pus dormir cette nuit-là.
A suivre...
J'espère que cela vous a plu. J'ai essayé de le rendre aussi long que me le permettait mon inspiration inexistante (j'ai plein d'idées pour de nouvelles petites fics, mais pas pour celles que j'ai déjà commencées).
J'essaierai de ne pas trop tard à poster le prochain chapitre qui, sûrement, fera enfin s'incruster Roy dans l'histoire (comment je m'y prendrai et quel rôle aura-t-il dans l'histoire ? Nous verrons bien).
Merci à ceux qui supportent mes retards et qui continuent à me lire... Reste-t-il seulement quelqu'un ?
Marieth
Traduction : White Assassin
