Auteur : Lenoska ( the_leny_show sur LJ)
Couple : Remus Lupin & Sirius Black
Fandom : Harry Potter
Rating : G
Thème : 2 - Nouvelles, Lettre
Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient entièrement à JK Rowling

Réponse aux anonymes :

Hikari : Tout d'abord, merci pour ta review, je trouve aussi dommage que le futur des Maraudeurs soit si triste, alors je te propose de revenir dans le passé avec cet O.S. Bonne Lecture !


Pour l'amour d'une lettre

Recevoir sa lettre de Poudlard avait toujours été un événement marquant dans une famille, qui plus est dans la communauté Sang Pur. Il s'agissait du seul jour de l'année où les parents acceptaient de voir leurs enfants cavaler dans la maison. Les plus stricts laissaient même leurs fils et leurs filles gouverner la maison durant une petite journée. Quant à celles des enfants rois, elles ne pouvaient que leur donner encore plus de droits, si tant est que cela était possible. Et toutes ces choses prenaient encore plus d'ampleur lorsqu'il s'agissait du premier héritier.

C'était le cas du jeune Sirius Black, onze ans. Brun, d'une taille respectable pour son âge, il affichait un air de petit prince qui séduisait la plupart des gens et ce, jusqu'au grand-père Black pourtant reconnu pour être d'aigreur insoutenable . Petit prince donc, avec sa tenue parfaite, toujours impeccable jusqu'à ses mains fines et peu abimées, légèrement féminines dont les ongles ni trop longs ni trop courts mais toujours manucurés faisaient la fierté de Walburga Black. Même ses cousines n'avaient pu atteindre ce niveau de perfection elles finissaient toujours par les salir d'une manière ou d'une autre.

Sirius Black, donc petit prince jusqu'au bout des ongles, fascinait les gens. Oui mais voilà, au grand dam de sa mère, cette perfection n'était que physique et le petit ange qu'il semblait être (selon les critères de pureté sanguine que l'on connait) faisait vite place à un petit démon dès lors qu'il ouvrait la bouche. Il avait la langue fourchue, la curiosité et la naïveté de l'enfance qui le poussaient à dire tout ce qui lui passait par la tête sans prendre en compte les conséquences. Ainsi se vérifiait le fameux adage moldu « La vérité sort toujours de la bouche des enfants ». Il brisait avec une innocence non-feinte les tabous et idéaux de sa famille les uns après les autres.

Ce matin-là, dans le 12 square Grimmaurd, la joie et la tension s'opposaient. La joie de voir arriver la clé pour Poudlard du premier héritier mâle de la Grande et Noble famille des Black mais aussi la peur de ce que le jeune garçon allait demander comme récompense pour la journée. Peur qui s'accentua lorsque les parents entendirent le petit phénomène cavaler dans les escaliers en scandant « C'est aujourd'hui ! C'est aujourd'hui ! ». Un bruit sourd stoppa ce refrain et Walburga reconnut la maladresse légendaire de son fils, maladresse que l'on ne tarderait pas à retrouver chez une toute jeune cousine. Sirius franchit finalement la porte de la salle à manger, essoufflé d'avoir trop couru et sa mère se ravit une fois de plus constater que son garçon n'avait pas la peau marquée après chacune de ses chutes. Il redressa la tête devant ses parents et les salua.

_ Bonjour Père, bonjour Mère.

_ Bonjour Sirius.

_ Vous l'avez ? Dites, vous l'avez ? S'il vous plait ? Vous l'avez ?

Il s'agita sur ses jambes et Orion soupira avant de lui tendre une enveloppe assez lourde. Sirius s'en saisit au moment où son petit frère passait le pas de la porte. Le petit se frotta les yeux, tout ensommeillé devant tant d'agitation avant de s'adresser à son ainé.

_ Qu'est-ce qu'il y a Siri ?

Regulus n'avait qu'une petite année de moins que Sirius mais, à la différence de son grand frère, il avait conservé les rondeurs de l'enfance et semblait beaucoup plus jeune que le premier. Son air candide et un peu perdu avait le don pour attendrir son ainé qui le considérait comme la huitième merveille du monde. L'interpellé se tourna vers lui avec un grand sourire.

_ Viens voir Reg' ! Regarde ! C'est mon enveloppe pour Poudlard ! T'as vu comme elle est belle ?

Le petit s'en saisit et la tourna dans tous les sens d'un air sceptique.

_ C'est à cause de ça alors – il soupira – que tu vas partir sans moi ?

_ Tu es trop petit pour venir Regi ! Mais ce sera ton tour l'an prochain ! Tu viendras me rejoindre.

Regulus sentit ses yeux se mouiller devant la nouvelle. Son frère partait. Il allait le laisser seul. Mais alors, qui veillerait sur lui ? Toutes les nuits où il cauchemardait, qui viendrait le voir ? Tous les jours où il se blessait, qui soufflerait sur sa plaie ? Qui le borderait en racontant une histoire ? Qui lui sourirait malicieusement pendant les repas ?

_ Tu reviendras me voir à Noël ? demanda t-il d'une toute petite voix.

Walburga coupa Sirius alors que celui-ci allait répondre à son petit frère.

_ Cesses tes enfantillages, Regulus ! C'est un honneur pour ton frère que d'aller rejoindre Poudlard et la maison verte comme tous vos ancêtres avant vous et comme tous vos successeurs. Je te prierais donc d'arrêter de pleurnicher. Sois heureux pour lui.

Elle se tourna ensuite vers Sirius, un sourire mielleux sur le visage et prononça deux mots, sans savoir que c'était la dernière fois qu'elle les lui dirait :

_ Alors, mon fils... que veux-tu faire cet après-midi pour célébrer ça ? Nous nous occuperons de tes fournitures demain.

Sirius hésita un moment, partagé entre son envie et la peur de se la voir refuser. Finalement, il prit la parole.

_ J'aimerais beaucoup que nous allions au square devant la maison.

_ Tu veux parler du parc de la Fantasque ? Celui de la troisième rue, réservé aux sorciers ?

_ Non, non... le square Grimmaurd, s'il vous plait mère ?

Face à la demande, Walburga écarquilla des yeux, et la colère sembla la grandir, brûlant dans son aura et s'imposant dans la pièce. Orion regardait la scène d'un air impassible. L'éducation était le travail de la mère.

_ Mais enfin, Sirius ! C'est totalement hors de question ! Comment oses-tu seulement poser la question ? Tu m'entends, jeune homme ? HORS DE QUESTION ! Le square Grimmaurd est rempli de moldus plus idiots les uns que les autres, ils sont braillards et indignes de notre compagnie. Moi vivante, tu n'y mettras jamais les pieds ! Entendu ?

Devant la colère maternelle, l'enfant ne put que baisser la tête. Comme surplombé par l'aura de rage émanant de Walburga, il se tassa sur sa chaise, tachant de devenir invisible, de ne plus se faire remarquer. Disparaître sous les yeux inquiets de son petit frère. Un moment de flottement s'installa et le jeune Sirius cessa totalement de bouger, n'osant même pas manger son porridge. Il fixait un noeud dans le bois de la table, les yeux brillants de larmes contenues, des perles de déception qui voulaient s'échapper et qu'il retenait à grande peine. Le silence ne fut rompu que par Kreattur qui vint débarrasser la table, il se saisit du bol encore plein sans s'inquiéter de l'absence d'appétit de son jeune maître. Plus tard, il tenterait de lui fournir quelques tartines pour subsister mais en vain et serait puni pour cela. Une fois l'elfe de maison parti, Orion se dressa en chef de famille et prit la parole :

_ Nous passerons l'après-midi au parc de la Fantasque. Soyez prêts dans une heure.

Il quitta la table et personne ne contesta la décision.

Beaucoup plus au sud de Londres, l'arrivée de la lettre de Poudlard était célébrée autrement. La famille Lupin était de sang mêlé. Une mère moldu, un père sorcier et un unique enfant : le jeune Remus Lupin. Dans les familles mêlées, il était toujours très heureux de recevoir une lettre de la célèbre école de sorciers. Aussi, lorsque ce matin-là un hibou Grand Duc vint frapper du bec contre le carreau de la fenêtre de la salle à manger, le père s'y précipita. Il arracha presque la missive au volatile et la parcourut du regard.

Alors que sa femme et son fils le pressaient de questions, il resta figé. La réponse était inattendue, parfaite mais inattendue. La gorge serrée, il se tourna vers sa famille et souffla

_ Il est d'accord.

Aussitôt, les yeux de madame Lupin s'écarquillèrent, comprenant le cadeau qui avait été fait à leur fils. Il aurait une chance, une chance de faire quelque chose de sa vie. Une chance que tout le monde lui aurait refusée mais pas Dumbledore… Un grand homme, ce Dumbledore. Elle sourit de voir des larmes de joie sur les joues de son mari puis se tourna vers Remus.

Celui-ci avait arraché les feuilles des mains de son père et les parcourait, répétant inlassablement les quelques mots que le professeur avait laissés à leur encontre.

« Simplement parce que vous avez eu le courage de demander, je l'accueillerai. Remus sera le bienvenu à la rentrée prochaine, je lui expliquerai les dispositions mises en place dans une prochaine lettre. Amicalement – Albus Dumbledore, Directeur. »

Après une énième lecture, le petit sembla comprendre ce qu'il lisait, réaliser la portée des mots du sorcier. Il se laissa tomber au sol, les deux jambes en avant et des larmes lui échappèrent. Quelques gouttes seulement, puis des torrents de soulagement mêlés à de la joie. Il tendit finalement les mains vers ses parents qui comprirent instantanément sa demande. Ils s'agenouillèrent à ses côtés et vinrent le serrer si fort dans leurs bras qu'il eut l'impression d'étouffer d'affection. Plusieurs longues minutes s'écoulèrent avant que monsieur Lupin ne se relève et ne prenne la parole :

_ J'ai une idée ! Nous allons fêter ça !

Son exclamation attira le regard de Remus qui pétillait de bonheur : il savait ce que son père allait proposer, il le savait pour le lui avoir demandé si souvent.

_ Cet après-midi, nous allons au parc de la Fantasque. Nous passerons un bon moment tous les trois, en famille.

Remus remua la tête plusieurs fois et monta dans sa chambre se préparer.

Le parc de la Fantasque avait été ouvert une centaine d'année auparavant pour les enfants de sorciers. Très semblable à un parc moldu, la faune et la flore y était magique. Les Leonotis-Leonorus, plus communément appelées Queue-de-Lion, rugissaient au passage des visiteurs tandis que les roses remuaient dans leurs bacs tâchant de savoir laquelle était la plus belle. Dans le parc de la Fantasque, la moindre des plantes était enchantée, poussant la chansonnette, se tortillant, rougissant sous le regard des enfants ou tâchant d'attirer l'attention. Les créatures n'étaient pas en reste, ainsi il n'était pas rare de voir des gamins se balader, un Niffleur en laisse au poignet

« 2 Mornilles de l'heure ! Offrez à vos enfants la plus belle chasse au trésor de leur vie » scandait une affiche.

Remus n'y était jamais venu mais il en avait rêvé le jour où un hibou était venu déposer une petite publicité magique qui chantonnait les plus beaux arguments du parc. Il n'avait alors eu de cesse de demander à son papa de l'y emmener et voilà qu'aujourd'hui, pour fêter son acceptation à Poudlard, il allait enfin pouvoir fouler les longs chemins de terre où le sable rit lorsqu'on le chatouille. Un portoloin les mena jusqu'à l'entrée du parc et la maman de Remus lui prit la main tandis que son père réglait les détails triviaux concernant le paiement et le droit d'entrée de sa femme qui restait une moldue après tout.

Il était difficile de savoir qui de madame Lupin ou Remus était le plus angoissé ; elle lui serrait fort la main, il ne s'éloignait pas. La hâte se disputait avec l'appréhension dans leurs cœurs et le père de Remus eut un sourire devant le petit tableau qu'ils formaient. Finalement, il les guida jusqu'à l'entrée et les laissa passer devant. La réaction de sa femme fut à la hauteur de ses espérances, elle sursautait, s'effrayait, s'émouvait devant chaque bulbes et chaque plantes.

_ C'est le jardin d'Alice au pays des merveilles, murmura-t-elle émue.

Et Remus comprit l'allusion. Sa maman lui avait souvent conté les aventures de la jeune Alice dans son gigantesque jardin, au milieu des plantes narcissiques, des lapins en retard et des chenilles sous substances. Le parc de la Fantasque y ressemblait réellement et il se prit à penser que Lewis Caroll était peut-être sorcier après tout. Ce ne serait pas la première fois que des auteurs de fantaisy moldus soient en fait des sorciers peu connus.

Deux heures passèrent durant lesquelles les prunelles de Remus ne cessèrent de briller de mille feux. Les couples qui les croisaient les saluaient sans se poser de questions, les enfants aussi. Il n'était plus Remus le loup-garou mais Remus l'enfant comme les autres qui venait s'amuser dans un parc. Au bout de quelques temps, le père de Remus s'arrêta de marcher et se tourna vers lui.

_ Et si on allait voir le Belvédère de la Fantasque maintenant ?

Il hocha la tête et son papa les guida jusqu'à un magnifique belvédère en marbre blanc sur lequel le temps ne semblait avoir aucune emprise. La mère de Remus, fervente adoratrice d'histoires en tout genre se tourna vers son mari.

_ Le belvédère a été dressé il y a plus de deux cents ans en l'honneur de Gwendoline la Fantasque, une sorcière qui passa près de quarante-sept fois sur le bûcher sous divers déguisements. Le parc fut ajouté bien plus tard, il y a environ une centaine d'année. On lui doit notamment le sortilège de…

_ Attention au Souaffle !

Le cri du garçon coupa l'explication de Monsieur Lupin qui resta figé en voyant la balle en cuir foncer droit sur son enfant. Il y eut un moment de flottement, court, mais qui lui parut être une éternité puis les mains de Remus se refermèrent sur le ballon, l'arrêtant dans net dans sa course. Le père soupira de soulagement et avisa un garçon échevelé qui courait vers eux. Derrière lui, ceux qui semblaient être son petit frère et ses parents marchaient d'un pas rapide. Droits, le visage fermé, il les reconnut aussitôt. Le petit garçon s'arrêta essoufflé aux côtés de Remus qui sembla soudain ridiculement grand pour son âge. Être grand n'était bien sûr pas un problème mais l'opposition entre les deux enfants était très marquée : l'un grand, maigre à l'air maladroit et l'autre, aux cheveux noirs, de taille moyenne dont la posture suintait le charisme. Ce contraste semblait accentuer les défauts de l'un pour faire briller les qualités de l'autre.

Le plus petit des deux eut un sourire et prit la parole.

_Désolé pour ça ! Je l'ai lancée trop haute pour mon petit frère mais c'est pas sa faute, je l'ai pas prévenu et puis il est un peu triste parce que...

Remus ouvrit de grands yeux devant la rapidité d'élocution du garçon.

_... Bref, je m'appelle Sirius Black ! Et …

_ Sirius !

La voix aigre de Walburga Black venait de s'élever dans les airs, coupant l'herbe sous le pied de son ainé qui semblait prêt à partir dans un de ses monologues dont lui seul avait le secret. Remus lui tendit la balle sans un mot et il s'en saisit avant de retourner voir sa famille dans un haussement d'épaule. Ce fut seulement après son départ que Remus sembla retrouver sa voix.

_ Il n'a même pas dit «merci».

_ Il est déjà étonnant qu'il se soit excusé, souffla le père de Remus, la famille Black est une famille de Sang-Pur très réputée. Sans doute qu'il sera à l'école avec toi. Sois prudent, il ne serait pas bon qu'il apprenne trop de choses à ton sujet.

_ Edgar ! Protesta sa femme.

_ Je croyais qu'il ne fallait pas juger les inconnus, papa ?

Il y eut un silence puis le père eut un rire et ébouriffa les cheveux de son fils. Qu'est-ce qu'il en était fier, de ce fils.

L'été s'acheva rapidement et les premiers vents annonciateurs d'automne vinrent souffler sur les coups de soleil, guérissant les petites plaies. Ce petit rafraichissement marqua le signal du départ pour les élèves de l'école Poudlard. Le premier septembre au matin, les corps se pressaient les uns contre les autres sur le quai ¾.

Sirius arriva, accompagné de sa famille, cinq petites minutes avant le départ et il fut surpris de l'ambiance qui régnait à côté du train. Les parents prodiguaient leurs derniers conseils aux petits nouveaux tandis que les plus anciens grimaçaient sous l'étreinte d'une mère un peu envahissante. Tous criaient, parlaient fort, pleuraient... Non, foi de Sirius Black, il ne comprenait pas. Où étaient les regards froids de Mère ? Où étaient les poignées de main vigoureuses de Père ? Les silences embarrassés ? Pourquoi était-il si différent ? Et surtout, pourquoi personne ne le prenait dans ses bras lui ? Perdu dans ses pensées, il se cogna immanquablement dans le dos de sa mère qui s'était arrêtée brusquement à quelques pas du train.

_ Est-ce que tu ne peux pas faire attention un peu ?

_ Pardon Mère.

Orion Black parcourut les alentours du regard comme vérifiant que personne ne le verrait avant de mettre sa main sur l'épaule de son fils.

_ Bien, Serpentard, Sirius, ne l'oublie pas.

Il la serra doucement puis il s'éloigna de plusieurs mètres et lia conversation avec Malefoy père. En arrière plan, il vit un brun à lunette plaisantant dans les bras de son père tandis que celui-ci l'ébouriffait en souriant et il soupira. Le bruit attira le regard de Regulus qui glissa discrètement sa main dans celle de son grand-frère. Il n'avait rien à lui dire, tout avait été fait dans la nuit quand Sirius était venu le rejoindre dans son lit et qu'ils avaient bavardé sous la couette, alternant discussions sérieuses et blagues, s'étreignant puis se bousculant. Comme des frères. Finalement, sa mère s'approcha de lui et le toisa un moment.

_ Nous nous reverrons à Noël. Regulus, on y va.

Et puis sans un mot de plus, elle se détourna et entraîna le cadet à sa suite, arrachant sa main de celle de Sirius. Ce dernier resta figé un instant puis son regard tomba sur une rouquine qui le montrait du doigt à ses parents. Ce qu'il vit sur leurs visages, il le détesta aussitôt. Une moue triste, une moue de pitié. Il se détourna rapidement, le signal retentit et il monta dans le train sans faire attention à ce qui se passait autour de lui. Traînant sa valise, il n'eut pas le temps de faire trois pas qu'il se sentit partir en avant. Sa chute termina sur un truc mou et quand il rouvrit les yeux, ses lèvres étaient collées à celle d'un autre garçon. Il se releva brusquement et s'essuya la bouche.

_ Beurk, c'est dégoûtant...

Le couinement du garçon lui fit relever la tête et il en comprit l'origine.

_ Non pas toi ! C'est juste que... enfin t'es un garçon quoi...

Une vague de soulagement passa sur le visage du garçon toujours assis au sol et il le reconnut comment étant celui qu'il avait failli éborgner au parc de la Fantasque.

_ Eh ! Mais je te connais toi, tu es...

Une porte de compartiment s'ouvrit brusquement et le coupa dans son élan. Dans le pas de la porte, un grand garçon à lunettes et un blond de la taille de Sirius les regardait. Le brun s'avança vers eux.

_ Est-ce que tout va bien ?

Il tendit la main au garçon au sol qui la prit et le releva d'un coup brusque.

_ Je lui suis tombé dessus...

Il rit et tendit la main vers Sirius

_ Je suis James Potter et lui, c'est mon ami d'enfance, Peter Pettigrow.

_ Enchanté, moi, je suis Sirius Black !

Au nom de Black, James eut un mouvement de recul instinctif.

_ Mon nom te dérange ?

_ Désolé, mes parents m'ont dit de ne pas m'approcher des Black...

Sirius grimaça en entendant cela. Il allait répliquer lorsque celui sur qui il avait chuté prit la parole.

_ Mon père à moi dit qu'il ne faut pas juger les inconnus. Remus Lupin.

Et il lui tendit la main pour le saluer comme il se doit. Alors qu'il la serrait, Peter renchérit et serra la main de Sirius à son tour, puis celle de Remus.

_ Mon père aussi, il dit ça.

Il y eut un petit moment de flottement et James tendit finalement la main vers Sirius avec une expression un peu hésitante.

_ Le mien aussi, il dit ça d'habitude... Bon, vous allez jusqu'à Poudlard avec nous ? Si tu es aussi maladroit que cela, j'ai hâte de te voir tomber dans le lac, Sirius.

L'interpellé eut un petit rire alors que Remus s'étonnait.

_ Le lac ? Quel lac ?

_ Venez, on va en parler à l'intérieur.

James leur désigna le compartiment duquel Peter et lui était sorti. Ils y entrèrent. Tous étaient assis lorsque le train prit un virage brusque... sur les rails et dans leurs vies.


J'ai pris beaucoup de plaisirs à écrire cet O.S, j'espère que vous l'aurez senti en le lisant !

Merci !