Titre : Être scandaleusement Sirius
Auteur : Leny_show (the_leny_show)
Couple : Remus Lupin & Sirius Black
Fandom : Harry Potter
Rating : K
Thème : 3 - Scandale
Disclaimer :Le Potterverse appartient à JK Rowling.

OS n°3 : Être scandaleusement Sirius

Être un Black, c'était descendre d'une des lignées de Sang-Pur les plus anciennes. C'était appartenir
à un groupe, un monde uni et traditionnaliste. C'était rentrer dans un moule façonné à leur image
depuis des siècles. C'était respecter des lois uniques qui n'appartenaient qu'à eux. C'était respecter
le patriarche, apprendre l'amour du sang pur et pratiquer une magie puissante et sombre : la Magie
Noire. Et enfin, depuis la naissance de l'école de sorcellerie Poudlard, c'était être Serpentard…

Être un Black, c'était suivre un enseignement précis et obligatoire dès la petite enfance. C'était
apprendre l'histoire de sa famille, de sa communauté, la connaitre sur le bout des doigts. C'était créer
des contacts utiles, engranger des connaissances qui trouveraient un jour leur utilité. Être un Black,
c'était être fier de son appartenance. Être un Black, c'était être à la hauteur.

Sirius était passé par cet apprentissage rigoureux, il avait appris à être le parfait héritier et pourtant,
il continuait à faire tâche. Il était trop joyeux, trop bruyant, trop optimiste pour un être un Black. Le
garçon ne se contentait pas d'apprendre bêtement à haïr des inconnus, il voulait comprendre pourquoi
il devait les haïr.

Ainsi, il avait découvert que derrière la haine farouche que sa communauté vouait aux Moldus, se
dissimulait une peur latente de voir l'Inquisition se répéter, d'assister à la destruction d'un groupe. Ils
haïssaient les Moldus parce qu'ils étaient trop nombreux et les Sangs-mêlés parce qu'ils participaient à faire croître ce nombre.

Toutes ces choses-là, le petit garçon qu'était Sirius Black, voulait les comprendre, il voulait savoir
pourquoi certaines choses étaient alors que d'autres n'étaient pas. Cette curiosité maladive lui avait
joué des tours plus d'une fois et pourtant, il continuait. Dans cette quête de la vérité, il avait trouvé
une alliée en la personne d'Andromeda, l'une de ses cousines qui le félicitait dans tout ce qu'il
entreprenait, le poussant à vouloir en savoir plus, toujours plus. Meda, comme il l'appelait étant petit,
était la première Black à se détourner de Serpentard pour entrer à Serdaigle, cet évènement avait
provoqué un vif émoi au sein de la communauté mais on s'y était fait. Serdaigle, maison de la raison,
ce n'était pas si mal après tout. Ce n'était certes pas la maison des Serpents mais fait heureux, ce
n'était pas non plus Gryffondor ou Poufsouffle.

Alors, intérieurement, Sirius espérait y aller. Cette maison qui n'était pas Serpentard mais qui était tout
de même appréciée, cette maison qui lui permettrait d'être différent mais pas trop, d'être aimé mais
pas trop… Pourtant, il se doutait que ce maigre espoir n'était que fantaisie, il n'avait certainement
pas le même caractère que sa cousine, ni le sien, ni celui de Bellatrix, la sœur de Meda qui se trouvait
à Serpentard. Non, au fond, tout au fond, Sirius savait qu'il irait à Gryffondor, il le pressentait. Tout
comme l'on pressent la pluie tout en la craignant, il avait peur d'aller à Gryffondor, peur de ce qui
arriverait, de la déception, de la colère dans les yeux de ses parents, peur de découvrir un nouveau
monde, que tout soit chamboulé…

Tout à ses pensées, Sirius ne se rendit pas compte que ses nouveaux amis l'observaient d'un air
inquiet. Plusieurs fois, ils avaient tenté de lui parler mais depuis qu'ils avaient quitté les barques, le
garçon frêle semblait être tombé dans un abysse de pensées, tumultueuses si l'en est au regard de
toutes les mimiques qui étaient passés sur son visage. Finalement, ce fut James Potter qui prit les
choses en main, voyant le professeur Mcgonagall arriver pour les conduire dans la Grande Salle, il mit
un petit coup de coude dans l'estomac du brun qui releva la tête d'un air offusqué.

- Mais enfin, qu'est-ce qu'il te prend ? demanda-t-il surpris.

- Tu ne nous répondais plus, j'ai cru que tu dormais debout.

Sirius haussa un sourcil sceptique.

- Personne ne dort debout…
- Tu as déjà vu une personne le faire ?
- Non.
- Et tu n'as jamais vu toutes les personnes dans le monde entier n'est-ce pas ?
- Eh bien, non.
- Alors qu'est-ce qui te dit que personne ne le fait ? s'exclama le jeune Potter avec un grand
sourire, satisfait d'avoir vu sa logique triompher sur celle du brun.

Peter qui avait écouté la conversation poussa un petit cri d'excitation.

- Les hiboux dorment debout, Sirius, c'est bien la preuve que c'est possible !
- Merci Peter, soutint James

Remus sourit à son tour.

- Ça ne prouve pas que tu as raison, James ! Sirius n'a pas tort.
- Comment cela ?
- Eh bien, je pourrais te dire que les hommes n'ont pas besoin de se nourrir pour vivre et tu me
dirais que j'ai faux. Pourtant, tu n'as pas vu tous les hommes du monde entier se nourrir, si ?
En plus, les hiboux et les hommes n'ont pas le même organisme alors ta preuve n'en est pas
une, Peter.

Les trois autres garçons ouvrirent la bouche de stupeur devant l'argumentation du garçon.

- Je savais que j'avais une bonne raison de t'apprécier, ricana Sirius.
- C'est cool, déclara Peter qui semblait avoir oublié que Remus avait mis en doute sa
déclaration précédente.

James sembla bouder un instant puis afficha finalement un grand sourire malicieux.

- Je te veux dans ma classe, avec un type comme toi, les devoirs vont vite devenir intéressants.

Le jeune garçon aux cheveux châtains rougit sous le compliment alors que James lui ébouriffait les
cheveux.

Le professeur Mcgonagall arriva finalement et leur tint un discours aussi long qu'ennuyant, censé les
préparer à ce qui les attendait dans la Salle puis elle les guida jusqu'à la porte avant de murmurer un
sortilège. Les deux pans de bois s'écartèrent alors cérémonieusement devant le troupeau de premières
années et révélèrent toute la magnificence de la salle. De nombreux hoquets de stupeur retentirent à
la vue du faux plafond étoilé puis devant la grandeur de cette salle qui s'étendait sur une longueur
plus que respectable. Le professeur de métamorphose les mena bon train jusque devant la table des
professeurs avant d'aller se placer à côté d'un tabouret de bois sur lequel reposait un vieux chapeau
rapiécé.

- Qu'est-ce que c'est que cette guenille, chuchota James.

Il eut à peine fini sa phrase que l'objet s'anima et se mit à chanter une chanson en ode aux quatre
maisons de Poudlard, à son directeur plus que respectable : Albus Dumbledore et aux qualités que

chacun se devait de posséder pour devenir un bon sorcier. Une fois qu'il eut fini, le professeur
Mcgonagall reprit la parole de sa voix sévère et légèrement rauque.

- Je vous demande le silence. A l'appel de votre nom, vous viendrez vous asseoir sur ce
tabouret et je déposerai le Choixpeau magique sur votre tête. Il nous dira quelle maison vous
correspond et vous pourrez rejoindre la table de l'une des quatre : Gryffondor, Serpentard,
Poufsouffle et Serdaigle, elle les désigna du doigt, bien, commençons…

Les premiers élèves furent appelés et la tension commença à monter dans les rangs et surtout dans le
cœur de Sirius qui s'enfonçait discrètement les ongles dans ses paumes de mains.

- Black, Sirius !

Il releva la tête et marcha dignement jusqu'au tabouret. Le silence dans la salle était à couper au
couteau comme pour chacun des élèves précédents mais l'on pouvait facilement voir l'impatience
briller dans les yeux de Serpentard qui étaient fiers de recevoir l'héritier de la grande lignée des Black
dans leurs maisons. Il s'assit et croisa le regard de sa cousine Narcissa qui lui adressa un petit sourire
d'encouragement. Sirius sentit le professeur poser le couvre-chef rapiécé sur le sommet de son crâne et
il prit une profonde inspiration :

- Encore un Black ! Oh ! Mais pas n'importe lequel, qui es-tu donc jeune homme ?

La question était rhétorique et Sirius ne prit pas la peine de répondre, ce n'était qu'un bout de tissu
après tout.

- Un bout de tissu, ola, comme tu y vas, je ne suis pas n'importe quel bout de tissu, réalises-
tu que j'ai sans doute ton destin entre les mains ? Bien, ton cas ne prendra pas de temps, le
verdict sera sans doute surprenant mais il ne peut en être autrement. Tu te plairas sans aucun
doute à GRYFFONDOR !

Le silence fut interrompu, non pas par des applaudissements mais par des chuchotis sans fin. Sirius
se releva, tremblant légèrement sur ses jambes et croisa le regard étonné de son futur professeur. Il fit
quelques pas sous les regards furieux de ses cousins cousines puis un applaudissement discret retentit
dans la salle, il se tourna vers le bruit et croisa le regard de James qui frappait doucement dans ses
mains. A côté de lui, Peter et Remus l'encouragèrent d'un sourire et ce fut finalement toute la table des
Gryffondor qui reprit en chœur les frappements de James.

Il gagna alors le bout de la table des Rouge et Or, les élèves déjà présents le saluèrent d'un signe
de tête, l'accueil semblait un peu plus froid qu'auparavant mais il ne releva pas, il saurait faire ses
preuves. Sirius se concentra finalement sur la suite de la Répartition, mémorisant le visage des élèves
qu'il serait amené à revoir. Ainsi, il vit une boule de feu du nom de Lily rejoindre sa table puis un
garçon du nom de Franck Londubat. Sachant que le tour de Remus n'allait pas tarder, il le chercha
dans la foule.

Le garçon semblait réellement anxieux et tentait de se faire tout petit comme s'il voulait passer
inaperçu. Lorsque le professeur énonça son nom, Sirius put voir ses joues rosir avant qu'il n'aille à
son tour affronter le Choixpeau. L'attente fut un peu plus longue que pour le jeune garçon et il put voir
Remus pâlir sous les mots du couvre-chef.

- GRYFFONDOR !

L'héritier se mit à applaudir vigoureusement et il vit James faire le signe de la victoire à Remus tout
en tenant le bras à Peter, l'air de dire « Attendez-nous, on arrive. » et en effet, lorsque le tour des P
vint, on put entendre Pettigrow se faire repartir à Gryffondor puis James pour qui le Choixpeau avait
à peine eu le temps d'être posé sur son crâne. Les applaudissements furent nombreux et les deux
garçons, accueillis par le sourire joyeux de Sirius, s'installèrent face à leurs deux nouveaux amis.

- Je savais bien qu'on serait tous ensembles ! s'exclama James. Je sens que cette année va être
géniale pas vous ?
- Absolument, reprit Peter l'air enthousiaste avant de se tourner vers Sirius, est-ce que ça va ?
- Euh…oui, pourquoi ?
- Je pensais que tu voudrais être à Serpentard, avec ta famille, non ?
- Oh, ce n'est pas grave, j'espère qu'ils ne seront pas trop deçus.
- Je pensais que tous les Black allaient à Serpentard, comme les Potter à Gryffondor, enfin c'est
ce que mon père m'a dit, dit James.
- Je suis un vrai Black.

Le silence accueillit la déclaration de Sirius. Bien sûr qu'il était un Black, il avait leur sang, leur
gènes, il était né d'un Black, la chair de la chair de cette lignée, l'héritier… alors pourquoi cette phrase
sonnait-elle si mal ?

- Ce n'est pas ce que je voulais dire. T'es un Gryffon maintenant !

Sirius hocha la tête en soupirant, espérant mettre fin au débat mais ce fut la voix timide de Remus qui
eut le dernier mot.

- Il est Sirius, tout simplement.

Stupéfait, le jeune Black releva la tête et fixa le garçon du regard. Celui-ci lui sourit gentiment comme
pour l'encourager à être lui-même et Sirius ne put s'empêcher de se redresser dignement sous les yeux
de celui qui allait bientôt être son ami le plus proche. Il réprima une envie de lui sauter au cou, de
l'embrasser pour le remercier simplement d'être là, d'être lui. A la place, il posa une main sur l'avant
bras de Remus. Celui-ci lui fit un sourire et Sirius sentit son cœur se réchauffer.

Pour la première fois, il lui sembla être autre chose qu'un Black, quelque chose de plus, quelque
chose de mieux et même s'il savait que sa répartition ferait sûrement scandale chez ses parents, il ne
pouvait pas s'empêcher de se réjouir d'être dans la même maison que les trois garçons avec qui il
avait sympathisé. Et de la même manière que l'on pressentait la pluie, qu'il avait pressenti qu'il serait
envoyé dans cette maison, il eut le sentiment que plus rien ne serait jamais comme avant.

Sans se douter qu'un jour, il dirait à Peter que sa famille n'était plus les Black mais eux, James et son
sourire qui lui mangeait la moitié du visage, Peter et son regard rieur et Remus et son rire discret…