Titre : Lorsque la tempête couve…

Auteur : the-leny-show

Fandom : Harry Potter

Couple : Remus/Sirius

Thème : Rouge


Lorsque la tempête couve...

Le dîner était fini depuis quelques temps lorsque Aaron Smith, un adolescent dégingandé s'approcha du groupe de garçons. Il était roux, avec une petite barbe de trois jours et marchait comme si le monde lui appartenait.

« Bonsoir ! Je m'appelle Aaron Smith, je suis en sixième année et l'un des préfets de Gryffondor. Ma collègue est la blonde avec le ruban bleu que vous voyez à côté du fantôme. »

Les quatre nouveaux amis se tournèrent dans la direction indiquée et virent la jeune fille en grande conversation avec Nick-Quasi-Sans-Tête.

« Elle s'appelle Rebecca Rudolph, c'est elle que vous devez aller voir pour les problèmes avec des professeurs, si vous avez besoin d'aide en cours, si vous vous perdez ou si vous perdez quelque chose, si vous avez des problèmes avec d'autres élèves ou même ceux avec lesquels vous partagerez votre dortoir, si… »

« Est-ce que tu sers à quelque chose, toi ? » le coupa Sirius avec défi

« Hmh… Sirius Black, pas vrai ? »

Le jeune garçon acquiesça.

« Tu ne vas pas te faire d'amis en étant si désagréable. Moi, je vais vous indiquer le chemin jusqu'à la salle commune des Gryffondor. Rebecca se présentera là-bas. Et saches que nous nous sommes mis d'accord pour cette répartition des rôles. »

Sirius, comme vexé de la remarque que lui avait fait le préfet, ne dit pas un mot de plus. Celui-ci se tourna ensuite vers les autres premières années.

« Récapitulons : Sirius Black, » il grimaça. « James Potter, Remus Lupin, Peter Pettigrow et Franck Londubat pour les garçons Lily Evans, Alice Jones, Victoria Maitland, Sarah Brown et Parvati Jules. »

Tous firent un signe de tête à l'annonce de leurs noms.

« Bien, suivez-moi. »

Les premières années se levèrent et suivirent le préfet hors de la Grande Salle. Sirius se rapprocha de James qui affichait un air renfrogné.

« Est-ce que tout va bien ? »

« Ouais. C'est juste… est-ce qu'on était obligé de se trimballer les filles ? »

Sirius regarda en arrière où les cinq nouvelles discutaient à voix basses. Elles semblaient prises dans une de ces discussions passionnantes qu'il avait déjà observées chez ses cousines. A chaque fois, il se disait que la terre aurait pu s'arrêter de tourner et le monde magique s'écrouler avec fracas avant que les filles n'arrêtent de parler.

« Ben quoi ? Elles n'ont rien fait ? »

« Non mais… tu sais… elles sont justes… énervantes, ennuyantes… agaçantes… »

« Tu ne les connais même pas ! »

« Ce sont des filles, elles sont toutes pareilles, pas vrai, Pet' ? »

Le petit blond sortit de sa conversation avec Remus et Franck pour lui faire un signe de tête affirmatif.

« 'Sur, James, elles sont touuuutes pareilles. »

« Pourtant… Mes cousines ne sont pas comme ça ! Bon, Bella est un peu étrange mais Narcissa et Andromeda sont géniales ! Tiens regardes, ma cousine 'Cissa est en bas de escaliers. »

Il leva la main et la secoua en direction de la jeune blonde. Celle-ci le regarda, un petit sourire sur les lèvres mais détourna très vite le regard sans même répondre à son geste. Sirius baissa la main et fronça les sourcils. Il s'écarta du groupe et rejoignit sa cousine qu'il attrapa par la manche.

« Cissa ! Tu ne m'as même pas répondu ! » lui reprocha-t-il.

« Ecoute Sirius, il va falloir que tu apprennes… »

« Que j'apprenne ? »

« Tu es à Gryffondor, Sirius. »

« Mais… »

« BLACK ! » cria le préfet derrière lui. « Ne t'éloignes pas du groupe ! Si tu te perds, je ne reviendrais pas te chercher. »

« Vas-t-en Sirius » dit Narcissa d'une voix ferme.

Elle décrocha sa manche de la main du garçon et fit volte-face d'un pas pressé. Il resta figé et ce fut le second appel de Smith qui le sortit de sa torpeur. Il retourna dans le groupe, troublé, et sentit une main agripper sa manche à lui, comme un miroir de la situation précédente. Il se retourna et vit la rousse que Smith avait appelé Lily Evans lui sourire. Son visage lui était familier et il se souvint de la famille qu'il avait vu sur le quai 9 ¾.

« Black, c'est ça ? »

Il hocha la tête, la voix bloquée par le souvenir de sa cousine lui tournant le dos comme on tournerait le dos à une tache, une honte.

« Est-ce que tu vas bien ? »

Il hocha encore la tête et elle fronça les sourcils. James s'immisça entre les deux enfants.

« Hé, Sirius, t'as l'air bizarre, qu'est-ce qu'elle t'a dit ta cousine ? C'est à cause de ce que tu sais ? »

« Ce que je sais ? »murmura Sirius alors que la rouquine ralentissait le pas pour rejoindre ses nouvelles amies en secouant la tête.

« Ben tu sais…t'es un Black et t'es à Gryffondor alors…ce n'est pas vraiment un truc… enfin, c'est pas normal quoi. »

Remus qui écoutait la conversation soupira devant le manque de tact du garçon.

« Tu crois qu'elle est parti pour ça ? » demanda Sirius.

« Eh bien… ça semblerait… logique. Dans ma famille, on se fâche pour moins que ça, tu sais ? Un de mes oncles ne parle plus au reste de la famille parce que… non, attends, en fait c'est la famille qui ne parle plus à oncle… à moins que ce ne soit… »

James se perdait en conjecture mais il secoua la tête avant d'oublier son sujet de base.

« On s'en fiche. Toujours est-il qu'ils ont arrêté de se parler parce qu'il avait perdu un truc… un stylo ou un truc du genre. Et ma grand-mère ne veut plus entendre parler de mon cousin. Personne ne veut me dire pourquoi et ma mère me répond toujours qu'il n'aime pas la bonne personne… Enfin tu vois, toutes les familles ont leur mouton noir. » Conclue-t-il.

« Mais je ne veux pas être le mouton noir de la mienne ! » s'exclama Sirius

James grimaça.

« Je crois pas que ce soit un truc qu'on choisisse figure-toi. »

« Mais… »

« Sirius ? » interrompit la voix chaude de Remus. « Tu ne devrais pas te prendre la tête avec ça, tu sais ? Attends de voir, peut-être que ta cousine ne se sentait pas très bien, ou peut-être que c'était autre chose… Enfin, ne t'embête pas. Et ne l'écoutes pas, lui. Il est aussi clairvoyant qu'un furet aveugle. »

James lui tira la langue, tachant d'avoir l'air vexé mais même les lunettes étaient incapables de dissimuler la malice qui brillait dans ses yeux. Cela fut suffisant pour faire sourire Sirius et Remus se détacha des deux garçons pour reprendre sa conversation avec Franck Londubat. Finalement, ils arrivèrent près d'un portrait large et tout en couleurs, habité par une femme vêtue de rose au sourire joyeux.

Aaron s'arrêta et les fixa du regard, l'air sévère.

« Bon, vous avez bien discuté ? »

La jeune fille du nom d'Alice lui sourit et répondit joyeusement.

« Oui, c'était très sympa ! »

« Et je suppose que tu te souviens du chemin qu'on a fait pour venir ? Parce que tu es suffisamment intelligente pour discuter et repérer le chemin. »

Les premières années se regardèrent, l'air gêné et comprirent rapidement qu'aucun d'entre eux n'avaient fait attention au chemin emprunté.

« Bon… vous vous débrouillerez ! »

« T-t-t-t…Tu vas leur faire peur, Aaron. »

Une jeune fille sortit de l'ombre, sourire aux lèvres. Elle posa un regard tendre sur les premières années et Sirius reconnut le ruban bleu qu'elle avait dans les cheveux comme appartenant à la préfète que Smith leur avait montré.

« Je m'appelle Rebecca, je suis la seconde préfète de Gryffondor. Ne le laissez pas vous effrayer. Dans la Salle commune, il y a une carte, je pourrais vous en dupliquer une pour deux. » dit-elle avec le même regard tendre.

« Je t'en prie Becca, ne les gâte pas trop, ils n'apprendront jamais par eux-mêmes ! » grogna Smith, une étincelle amusée dans le regard.

« Vous jouez au méchant flic et au bon flic ? » demanda une voix fluette.

Rebecca rit et Aaron se joint à elle.

« Pris. Tu es Lily Evans, pas vrai ? ».

Lily hocha la tête et avant que quiconque n'ait pu demander ce que pouvait bien être un flic, la blonde reprit la parole.

« Je vous présente la Dame en Rose qui… »

« Oh ! Chérie, je t'en prie, tu peux m'appeler la Grosse Dame, c'est mon titre. » interrompit le portrait.

« La Grosse Dame, donc. C'est le portrait qui garde l'entrée de notre salle commune. Vous ne devez surtout pas révéler son emplacement aux autres maisons. Depuis des années, un concours est en place pour trouver les maisons des autres élèves. Jusque là… sans résultats… Mais je soupçonne que celle des Poufsouffles soit proche des cuisines alors si vous avez des indices, venez me voir… » acheva-t-elle en chuchotant

Aaron reprit la parole.

« Le mot de passe pour ce trimestre est Vulcanite. C'est une pierre utilisée pour les potions mais vous en apprendrez plus cette année. Le mot de passe change tous les trimestres, il est affiché une journée entière avant le changement qui survient à minuit. Ne le ratez pas. C'est à la même date chaque année… »

Rebecca le coupa comme dans un duo bien rodé.

« Je pense qu'on va pouvoir rentrer maintenant. Vulcanite ! »

« Après vous, très chère. »

Le tableau pivota, laissant apparaitre un couloir dallé dans lequel Rebecca s'aventura avant de les inviter à la suivre. Ils pénétrèrent dans une salle hexagonale. Tout était rouge rouge et doré Sirius recula d'un pas, se sentant presque agressé par des couleurs qu'il n'avait l'habitude de voir. Chez lui, seul le sang était rouge et les Gallions dorés. Son mouvement de recul l'avait légèrement détaché du reste du groupe et il n'écoutait plus les présentations d'une oreille. La salle était chaleureuse et réconfortante, quelque chose de doux s'en dégageait. Son regard voyageait partout avec l'impression qu'il ne pourrait jamais s'arrêter. Il levait la tête et découvrait quelque chose qu'il n'avait pas encorevu. S'il la tournait à gauche, c'était le même schéma qui se répétait. Sirius était impressionné, perdu, curieux et heureux. Heureux de découvrir quelque chose qu'il ne connaissait pas. Cette luminosité n'existait pas au Square Grimmauld, pas plus que le feu de cheminée qui rougeoyait dans l'âtre ou les rires joyeux des élèves qui étaient arrivés avant eux. La pièce était meublée avec de grands canapés rouges et de nombreux coussins, de longs tapis mordoré sur lesquels régnaient de petites tables basses en bois.

Le groupe s'était un peu éloigné lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule. Il se retourna et plongea dans le regard vert de Rebecca. La jeune fille le regardait, tête penchée en se mordillant la lèvre comme si elle essayait de résoudre un puzzle particulièrement difficile.

« Tu es Sirius Black ? » demanda-t-elle de sa voix chaude et amicale.

« Est-ce que vous allez tous me poser la question les uns après les autres ? Oui je suis Sirius Black. Fais passer le message. » répondit-il, l'énervement visible dans voix.

« Tout doux, Black, ne le prend pas comme ça. Je ne cherche pas à t'embêter. Je pensais simplement… ça ne va sans doute pas être facile pour toi, de t'intégrer ici… Je ne doute pas que tu sais que ta famille n'a pas la réputation la plus claire du monde de la Magie… Tu sais, chez Gryffondor, les choses ne seront pas comme chez toi. Tu n'as pas à te sentir sans cesse agressé parce qu'on te pose une question. On est une grande famille. Si tu as des problèmes avec la tienne, je connais au moins deux personnes qui seront ravis de rivaliser d'amitié avec toi. »

« Qui ? » demanda-t-il, curieux.

« Moi. Et le brun à lunettes qui est resté près de toi tout le temps. Potter, je crois. Je sens que vous allez bien vous entendre… »

Elle sourit et pensa une main dans les cheveux du brun qu'elle ébouriffa en riant tandis que lui grognait et tâchait de les aplatir à nouveaux.

« Tu devrais monter rejoindre tes camarades. Escalier de droite, premier étage. Les plans vous attendront sur la table basse pour le petit-déjeuner demain matin. »

Il acquiesça.

« Bonne nuit Black. »

Sirius ne répondit pas et se contenta de rejoindre le dortoir qu'elle lui avait indiqué. En bas, Aaron vint se placer près de son amie et passa un bras autour de ses épaules.

« Tu n'es pas sa mère, 'Becca. Tu n'es la mère d'aucun d'entre eux, tu sais. »

« Aaron, je t'en prie. Je sais que ce n'est pas comme ça dans la culture Moldue mais ces enfants n'ont pas quitté leurs parents plus d'une journée depuis qu'ils sont nés. Ils ont toujours été près d'un membre de la famille, d'un père, d'une mère… »

« Tu n'es pas leur mère. »

Elle lui tira la langue et monta se coucher à son tour.

Au premier étage, Sirius pénétra dans la chambre d'un pas pressé. A l'image de la salle commune, le dortoir était tout de rouge et or vêtu. Les draps, les lits à baldaquins, les rideaux… Ses quatre camarades étaient déjà en pyjama, assis sur leur lit et prêt à se coucher. La journée avait été longue et pour une fois, aucun d'entre eux ne contredirait le couvre-feu.

Sirius se changea et se glissa sous ses couvertures rapidement. Les garçons échangèrent un regard et se souhaitèrent une bonne nuit. Une fois encore, Sirius ne répondit pas. Ce n'était pasqu'il n'en avait pas envie mais simplement qu'il n'avait l'habitude, le réflexe de faire ce genre de choses. Ils éteignirent l'un après l'autre leur bougie et le silence retentit dans la petite chambre. Mais à peine une dizaine de minutes plus tard, il fut brisé par la voix de James.

« Il ne vous manque rien ? » demanda le garçon à lunettes.

Personne ne répondit avant que Peter ne trouve le courage de l'avouer.

« Ma mère. »

« Le « bonne nuit » de mon père. » dit Franck

« Le baiser. » répondit Remus.

Sirius ne se prononça pas, cherchant quelque chose qu'il regrettait. Le sourire de son petit frère peut-être…

« Ben alors, Sirius, y'a rien qui te manque ? » demanda encore James.

« Je ne sais pas… »

« Que ta mère borde ton lit ? » reprit-il.

Sirius ne répondit pas.

« Tu sais, border ? Quand elle replie le drap sur toi et qu'elle t'embras… »

« Je sais ce que veut dire border ! » le coupa Sirius. « On ne fait pas ce genre de chose chez moi. On va se coucher quand il est l'heure, tout simplement. »

Il y eut un silence que Remus rompit.

« C'est pas si bien que ça après tout. » dit-il d'une petite voix.

Personne ne répondit. Peter pensait à sa mère et ses long cheveux bouclés, James se demandait comment on pouvait bien vivre dans une maison où personne ne venait vous dire « bonne nuit », Franck lui, se sentait déjà partir dans les bras tendres de Morphée et Remus…Remus pensait à Sirius, à sa mère, à Poudlard, en fait il pensait à tellement de choses qu'il avait tournis…

« Bonne nuit, Sirius » dit le loup-garou.

Il s'éclaircit la voix, toussa et dit :

« Bonne nuit Remus. »


Et voilà pour cette fois !

Merci à vous ^^

Len