Je n'arrivais pas à digérer la nouvelle. D'accord, je ne fréquentais pas vraiment Christopher, et je n'avais que faire des ses petits problèmes de premier de la classe stéréotypé. Mais tout de même, je ne pouvais pas rester insensible lorsque l'on m'annonçait le décès de l'une de mes connaissances. Me ressaisissant, je tournais le regard vers Jake qui, apparemment, était aussi pensif que moi il y a de cela quelques instants.
- Qui est-ce qui t'as annoncé la nouvelle ? Demandais-je après quelques longues minutes de silence.
- Bella, dit-il simplement, son regard voguant toujours dans ses pensées.
- Bella ?
Jake sembla se ressaisir suite à ma question et me fixa, ne comprenant pas mon incompréhension.
- Qui est Bella ? Re-demandais-je.
- Isabella Swan, la fille de l'un des amis de mon père, Charlie.
Je savais qui était charlie pour l'avoir vu à quelques reprises, mais jamais je n'avais entendu parler de cette Bella.
Comprenant que je ne voyais toujours pas de qui il parlait, il ajouta.
- Elle a débarqué il n'y a pas si longtemps. Je te la présenterais un jour. Je suis sur que tu t'entendras bien avec elle. Par contre...
Il laissa sa phrase en suspend, ne sachant visiblement pas comme l'achever.
- Par contre quoi? L'encourageais-je à continuer.
- Elle sort avec un vampire, donc fait attention à ne pas trop les insulter devant elle, elle risquerait de mal le prendre.
- Tu ne penses quand même pas que je vais me courber devant les suceurs de sang quand même ? Dis-je indigné
- Ce n'est pas ce que je te demande, mais au moins évite de trop vite les insulter. Personnellement, ça ne lui pose pas de problème lorsque c'est moi, mais on se connaît depuis la plus tendre enfance.
La fille qui sortait avec les vampires ne m'intéressait pas vraiment tant que je ne l'avais pas rencontré. Bien que ma curiosité était encore assoiffé, je m'abstenais de lui poser d'autres questions et changeais de sujet.
- Comment se fait-il qu'elle soit au courant pour Christopher ? C'est elle qui l'a découvert ?
- Non, mais son père, Charlie, est le chef de la police. Donc il est au courant de tout ce qu'il se passe en ville et dans les alentours. Puisqu'il raconte énormément de chose à Bella, elle peut nous tenir au courant si jamais quelque chose lui semble bizarre ou qu'elle juge bon de nous en informer.
- Et dans ce cas-ci, il s'agit de quel cas de figure ?
- Elle m'en a informé parce qu'il est dans notre école. Elle ne savait pas si l'on nous en informerais assez tôt. Mieux vaut prévenir après tout. Dit-il en levant les épaules.
- Tu penses qu'on devrait prévenir les autres ?
- Non, on leur dira demain, juste après l'examen. Ainsi, ça ne les perturbera pas dans leurs études. Disant cela, il reprenait en main la manette qu'il avait déposé quelques minutes plus tôt sur la table basse.
Ce geste contredisant ses paroles me fit monter un sourire au lèvre. Nous reprenions donc notre partie, éloignant peu à peu les pensées concernant Christopher. La partie à peine remise en route, Taven acheva finalement son geste et terrassa Subzero, le personnage de Jake, dans un nuage de sang , le mot « Fatality » s'inscrivant sur l'écran. Dégoutté, Jacob jeta sa manette à terre pendant que, me levant, j'effectuais une petite danse de la victoire, faisant tourner mes bras à l'horizontale tandis que je chantonnais. Délaissant du regard sa manette, dont les piles avait été expulsée après le choc, il me fixa et se jeta sur moi.
- On va voir si tu es aussi fort dans la vraie vie. Me dit-il tout en m'empoignant dans le dos par la taille.
Il essayait de me faire perdre l'équilibre et de me plaquer au sol. Je luttais tant que je pouvais, me débattant, l'attrapant par le bras. Je tentais tout ce qui était possible. J'essayais même de lui faucher les pieds. Rien n'y faisait. Il assurait sa prise et m'immobilisait, enfin, presque. Sentant une faille dans sa défense, je resserrais un petit peu plus ma prise sur son bras et m'aidant de mes jambes le fit basculer au dessus de moi. Je le rattrapais néanmoins in extremis sur mes épaules afin qu'il ne se blesse pas et qu'il n'écrase pas la table basse. Il l'aurait sans doute réduite à néant. Nous nous stoppions donc dans notre combat. J'étais debout, tenant Jacob allongé sur mes épaules, en équilibre, un air de surprise marqué sur son visage. C'est à cet instant que le Père de Jacob, délaissant son tableau, se décida à intervenir.
- Logan fait attention, ne le brise pas en deux maintenant, il peut encore se rendre utile.
Du coin de l'œil, je vis Jake rougir. Tout comme moi, il ne supportait pas perdre. Je le reposais donc au sol, tout en prenant soin de bien le déposer loin de la table. À peine ses pieds eurent-ils frôlé le sol que déjà il m'attrapait par la taille et , par une clé de bras que je n'eus pas le temps d'analyser, me plaquais par terre.
- Moi aussi je peux utiliser l'effet de surprise, dit-il un sourire aux lèvres.
Son père, assistant à la scène, se détourna tout en soupirant.
- Décidément, vous ne changerez jamais. Tachez tout de même de ne rien briser. Dit-il tout en décrochant sa veste du porte manteau se trouvant à côté de l'entrée.
- Tu sors ? Demanda Jake, redressant la tête.
J'aurais put profiter de cet instant afin de reprendre l'avantage, mais je préférais le laisser discuter avec son père. Après tout, sa prise s'étant adoucie, je n'avais pas de raison de la contrer ,mais je profitais tout de même de cette pause pour analyser la façon dont il avait prit l'avantage.
Sans doute, m'avait-il juste déstabiliser, profitant de la surprise afin de m'amener au sol. À partir de ce moment je pouvais analyser la posture. Il était assis sur mon ventre, son bras droit maintenant mon bras droit contre le parquet au dessus de ma tête. Son autre main, quand à elle, passait sous mon bras droit et assurait sa prise, lui donnant plus ou moins de force selon ses envies. Mémorisant cette prise pour notre future affrontement, je reportais mon attention sur sa conversation avec son père.
- Tu penses vraiment que c'est une bonne idée ?
- Oui, nous ne nous en mêlerons pas tant que l'un de vous n'aura pas senti une odeur particulière durant une patrouille.
Il est vrai que cela faisait un moment que nous ne sentions plus rien. En dehors des Cullen qui, pendant leur chasse, laissait une piste nauséabonde. Les effluves de leur odeur se dirigeant parfois sur notre territoire lorsqu'ils étaient trop proche de la frontière. Sans doute étaient-ils en train de parler du décès de Christopher. Monsieur Black avait, sans doute, dut nous entendre discuter.
- Mais papa, protesta Jake.
- Jacob , j'ai dit non. Vous en parlerez à Sam afin d'y faire attention lors de vos patrouille, mais ne tentez rien sans qu'il n'y ait eu de signe de danger.
Résigné, Jake baissa les yeux tout en soupirant. Je sentis alors son torse se gonflé et se vidé au fur et à mesure de sa respiration.
- Ne m'attendez pas pour souper, dit le père de Jake tout en refermant la porte.
Nous restâmes quelques instants en silence sans bouger. Jake paraissait réfléchir à la discussion qu'il venait d'avoir. Je me décidais tout de même à l'interrompre. La position d'immobilisation dans laquelle il me maintenait n'était pas désagréable, ni même douloureuse puisqu'il n'y mettait pas vraiment de force. Mais, ma gorge, étant asséchée depuis le matin, me commandait de l'hydrater au plus vite.
- Euh, Jake ? Commençais-je .
Il tourna son regard vers moi.
- Tu pourrais me libérer s'il te plaît, j'ai soif.
Réalisant alors qu'il me tenait toujours collé au sol, il me relâcha, tout en s'excusant. Tandis que je me dirigeais vers la cuisine, je le vis s'asseoir sur le canapé, tout en se frottant la nuque.
- Que t'as dit ton père ? Je n'ai pas vraiment fait attention. Dis-je tout en me remplissant un verre d'eau.
- Il ne veut pas que l'on se mêle de cette histoire.
- En même temps, il n'a pas vraiment tort, ce n'est pas forcément l'œuvre d'un vampire. Cela peut tout aussi bien être un humain.
- Possible. Dit-il simplement.
Je décidais de changer de sujet, préférant laisser la prochaine patrouille arriver avant de recommencer à en parler.
- Et où est-ce qu'il est parti ?
- Il est allé rendre visite à Charlie.
- Pour le décès ?
- Non, nous ne sommes pas sensé être au courant je te rappelle. Il y est allé parce qu'aujourd'hui c'est leur journée foot.
Cela m'était complètement sorti de la tête. Il est vrai qu'il était très attaché à cette petite tradition amicale. Revenant dans le salon, mon verre à la main, je me posais à ses côtés.
- Et si on se mettait à étudier ? Proposais-je. Ça commence à devenir urgent.
- Il est qu'elle heure ?
- 19 heures. Ou alors, je prépare le souper pendant que tu me lis les synthèses du cours. Comme ça on ne perd pas de temps.
Pas vraiment enthousiaste, mais forcé de se résigné, Jake accepta, se dirigeant vers son cartable.
Tandis que je préparais les divers ingrédient pour une escalope aux piments et à l'ail, Il sortit son cahier de note et l'ouvrit sur la table de la cuisine. Il s'assit de manière à me faire face lorsque je découpais les ingrédients sur le plan de travail, la cuisinière se trouvant dans mon dos.
- Quels chapitres est-ce que l'on doit étudier, précisément ?
- Tu ne l'as pas noté ?
- Si, mais c'est pour voir si je n'ai rien oublié.
Tentant de me rappeler le cours, vieux de trois semaines, je finis par dire :
- Le chapitre « Des origines à la guerre de Sept ans », « la naissance des état-unis », « les différents présidents », « tout ce qui concerne la guerre de sécession », « l'histoire de la ville de Forks » et tout ce que le prof appelle les détails. Enfin , c'est tout ce dont je me rappelle.
- C'est déjà pas mal vu comme ça. Dit-il, appuyant son front sur son poing.
Pendant que j'attendrissais les escalopes, Jake commença à lire son cours à voix haute. D'une voix monotone, il énuméra chaque date correspondant à la période pré-colombienne. Heureusement que je devais me concentrer sur le poulet, sinon, il était certain que je serais occupé à dormir à poing fermé.
La révision, tout comme ma recette allait bon train. Tandis que je faisais saisir les escalopes, j'interrogeais Jake qui semblait s'endormir de plus en plus.
- Tu peux me répéter ce qu'était l'idéal de Thomas Jefferson à la fin de la guerre de Sécession ?
Il redressa la tête et se mit à feuilleter son cahier, cherchant la réponse.
- Tu l'as lu il y a cinq minutes, dis-je, occupé à regarder ma poêle.
Jacob pesta.
- Je ne m'en souviens plus. Dit-il tout en refermant violemment son cours.
Après avoir arrosé la viande de vin blanc, je me dirigeais vers lui et prenais son cahier que je jetait aussitôt dans le salon.
- On étudiera plus tard, ça ne sert à rien de se détruire le cerveau avant de manger.
Approuvant mes propos, il se leva et partit chercher de quoi dresser la table. Lorsque cela fut fait, je nous servais. Le repas fut plus ou moins silencieux, comme chacun depuis que nous étions en session d'examen. Une fois nos assiettes vidées, je me levais, nous débarrassais et me dirigeais vers le salon, vite rejoins par Jacob. Alors que je reprenais le cahier échoué sous la table basse, une musique légère me parvint. Je me tournais vers la source de cette mélodie et vis Jake, posté à côté de la chaîne Hi-Fi. Alors que je reconnaissais les voix si caractéristique du groupe Era, Jake vint s'asseoir dans le second fauteuil, s'allongeant à moitié, ce que je fis également de mon côté.
- Bonne idée, dis-je.
- Je ne supporte pas étudier dans le silence, dit-il les bras croisés sous la tête, fixant le plafond blanc. Je t'écoute.
Apparemment, c'était mon tour de lire. Pas de problème, tandis que je lisais, le chœur de Era se joignit à moi, faisant vibrer chacune des descriptions des grandes guerres et des batailles épiques. Cela rendait la tâche un petit peu moins difficile et un petit peu plus plaisante. Avançant dans la matière, je remarquais que l'heure tournait à une vitesse alarmante. Je notais également que Jake posait de moins en moins de questions. Lorsque je levais les yeux du cahier, je le vis, blottis, ses bras ramené sous sa tête. Il dormait. Je voulus le réveiller, mais finalement, le laissait dormir un petit peu. Il est vrai qu'il ne servait à rien de le réveiller si c'était pour ne pas être attentif. Autant le laisser se reposer.
Le fait de l'avoir vu endormis ne devait pas m'avoir laisser insensible car, désormais, je me retrouvais à bailler toutes les trente secondes. Chaque lettre me paraissait plus floues que la précédente. Je décidais donc qu'il était temps de dormir quelques peu. Je refermais donc le cahier que je déposais sur la table basse. Secouant Jake, je n'obtins qu'un grognement. Je le secouais donc un petit peu plus. Lorsqu'un œil s'ouvrit pour regarder qui osait le déranger, je pus lui parler.
- Viens, on sera mieux au lit. On ferait mieux de dormir deux ou trois heures et puis de se remettre à la tâche.
Je n'avais pas besoin de plus pour le convaincre de migrer vers son lit, ou plutôt devrais-je dire notre lit. Depuis que l'on avait dormi l'un contre l'autre, nous n'avions jamais plus jamais réussis à nous endormir si nous n'étions pas en contacte. Il en allait de même avec Paul. Alors que je pénétrais dans la chambre, Jake était déjà en sous-vêtement et glissé sous les draps. Il commença à ronfler légèrement lorsque je pris place de mon côté du lit. Je réglais le réveil pour qu'il sonne à quatre heure du matin. Ce geste me fit mal rien que de songer que je devrais me lever si tôt, mais c'était nécessaire. Je ne voulais pas d'un examen supplémentaire en juin. Mon regard se dirigea vers Jake. Il devait sans doute déjà être dans le monde onirique au vu des mouvements de ses yeux sous ses paupières. Alors que je me blottissais entre les couvertures et mon oreiller, je sentis une main se poser dans mon dos. Lorsque je tournais la tête, Jake dormait toujours, mais par un réflexe, il avait établit le contacte entre nos peau. Le sensation de chaleur que me procurait la paume de sa main finit par occuper toutes mes pensées et finalement, me fit sombrer dans le sommeil.
Quelqu'un criait, c'était une voix masculine. Alors que j'émergeais du sommeil, je tournais le regard vers le réveil. L'heure que j'y lu m'horrifia. Il n'avait pas sonné. Dans une faute d'attention, je n'avais pas activé l'alarme. Quel idiot je faisait. Je me retournais vers Jake. Comme d'habitude, il s'était rapproché et dans mon empressement, j'atterrissais quasiment sur lui. Cela ne suffit pas à le réveiller, je dus le secouer encore un peu. La violence de ma réaction le fit immédiatement ouvrir les yeux. Il n'eut pas le temps de parler que je l'avertissais déjà de la situation.
- Le réveil n'a pas sonné, on est en retard.
- Il est quelle heure ? Dit-il tout en se frottant les yeux.
- Huit heures
C'est alors qu'il réalisa.
- En comptant dix minutes chacun pour nous laver, nous arriverions juste à temps pour passer notre examen. Tu fonces t'occuper des sandwiches, je fonce à la douche, me dit-il.
Alors que je déboulais dans la cuisine, toujours en sous-vêtement, le père de Jake se retourna vers moi et regardant sa montre me dit :
- Eh bien, il était vraiment temps, j'ai cru que vous ne vous lèveriez pas.
- Désolé monsieur, c'est de ma faute, je n'ai pas fait attention en réglant le réveil.
- Dépechez-vous où vous allez finir par être en retard. Disant cela, il s'installa, une tasse de café entre les mains, devant la télévision.
- Ne vous en faîtes pas, on s'est arrangé pour gagner du temps.
Disant cela, je m'affairais à couper les sandwiches pour y glisser des tranches de saumon fumé. Tout en prenant soin de bien beurré les deux côté du pain. Jake et moi adorions ça. Alors que je finissais de mettre les sandwiches dans le sac, Jake sortit de la salle de bain et me laissais la voie libre. Je m'y engouffrai donc rapidement, Faisant juste le nécessaire, ne prenant pas le temps de me laver les cheveux. Je détestais rester deux jours sans me les laver. Je fut donc rapidement sortis de la salle de bain. Me dirigeant vers la sortie, j'attrapais mon sac et le jetait sur mon épaule. Lorsque je fus dehors, je vis Jake, assis du côté passager dans ma voiture. Il était déjà prêt. Je montais donc et mis le contacte. Heureusement, il n'y avait pas grand monde en route et nous arrivâmes deux minutes avant la fermeture des portes. Une fois dans la salle, nous saluions nos amis et nous dirigeâmes vers notre table. Le prof, consultant sa montre, referma la porte et la verrouilla. Désormais, nous ne pouvions plus sortir. C'est à cet instant que je réalisais que je n'avais pas assez étudié et qu'il était désormais trop tard.
- Bien, dit monsieur Judinas, Je suppose que vous avez tous travaillez assidûment.
Si nous devions avoir un professeur préféré, il s'agissait sans doute de lui. Il avait beau avoir soixante ans, il restait toujours aussi vivant et racontait son cours comme on raconterait un récit épique.
- Mon examen se passera en deux partie. La première durera deux heures et sera écrite. La seconde sera orale. Lorsque vous aurez terminer votre écrit, vous sortirez et attendrez dans le refectoire que je vienne vous appelez.
La cafétéria étant face à la classe, cela ne ferait pas une trop grande distance à parcourir.
- Bien, à partir de maintenant, je veux pouvoir entendre un mort raconter son histoire. Dit-il en distribuant nos copies.
Voila bien une expression qu'il adorait. Selon lui, on pouvait entendre nos ancêtres nous raconter leur récits si seulement on se donnait la peine de se taire complètement. Sans lever les yeux de ma feuille, je souhaitais bonne merde à Jake qui se trouvait à ma gauche. En effet, ce cher monsieur Judinas ne s'était pas donné la peine de nous séparer car il aimait assez notre bonne humeur lorsque nous étions l'un à côté de l'autre. Alors que je lisais les questions les unes après les autres, je réalisais que grâce à notre participation active dans son cours, je pouvais répondre à toutes sans la moindre difficulté. Jetant un œil dans la direction de mon compagnon de banc, je vis qu'il en allait de même pour lui. Il n'y avait que des questions sur lesquelles Jake et moi étions intervenus durant le cours. Après trente minutes, je mettais un point final à cet examen et levais la main pour quitter la classe. Mon professeur me donna la permission. Je me levais donc et me rapprochais de son bureau. Lorsque je lui tendis la copie, il m'empêcha de partir.
- Dis moi Logan, est ce que tu sais pourquoi Christopher n'est pas là ? Il est malade ? Me chuchota-t-il.
J'hésitais à répondre. Je jetais un regard discret vers Jake qui me confirma d'un signe de tête que je pouvais lui expliquer. Alors que j'allais parler, je vis que tout le monde me regardait en coin, attendant apparemment la raison de son absence. Un peu mal à l'aise je parvins à l'exprimer sans trop laisser passer d'émotion.
- Écoutez monsieur, je suis sur qu'il serait venu avec plaisir à votre examen, mais sa condition l'en a empêcher.
- Comment ça ?
- Il est mort monsieur.
À ces mots, je pus presque sentir le regard de chaque élève fixer mon dos. Je me retournais et vis qu'effectivement c'était le cas, ce qui me donna un frisson. Monsieur Judinas, ne s'attendant pas à cette réponse, baissa les yeux.
- Bien, vous pouvez sortir. Dit-il simplement. Quand à vous, reprenez votre examen.
Je sortais de la classe, presque immédiatement suivis par Jake et ma bande. Ce fut Cindy qui parla la première.
- Alors toi, tu nous dois des explications. Dit-elle les mains sur les hanches.
Je leur racontais donc ce que Jake et moi savions, en oubliant bien entendu les détails inhérent au surnaturel. Durant le récit, aucun ne bougea ni ne parla. J'eus même l'impression que l'espace d'un instant, ils s'étaient arrêté de respirer. Lorsque j'eus finit, leur réaction se fit attendre. La seule réaction des amoureux fut qu'il se blottirent dans les bras l'un de l'autre, comme si leur amour suffirait à éloigner l'idée de la mort. Cindy, quand à elle, se contenta d'un « c'est bien dommage » plein de soupir. Un silence passa, bientôt interrompu par le flot d'élève qui sortit de la classe après le temps minimum réglementaires. Nous n'allions pas nous rendre à la cafétéria de suite. Jacob étant le premier à devoir passer, autant rester quelques minutes devant la porte. Lorsque celle-ci s'ouvrit, Jake y entra et nous nous dirigeâmes en direction du réfectoire. Une fois assis, chacun sortit son cahier et se mit à relire ses notes. Enfin, pas vraiment, pour ma part, j'en profitais pour m'isoler dans la musique, branchant mon ipod, je choisissais d'écouter les digital Daggers avec le titre « fear the fever ». Je repliais mes bras sous ma tête et m'y plongeais. Attendant que Jake me secoue l'épaule pour me signaler son retour. Me laissant porter par la musique, une image commença à se former dans mon esprit. J'y vis une jeune femme, d'une vingtaine d'année peut-être, courant dans les bois, son mascara ayant apparemment coulé. Sa robe d'un vert émeraude déchirée par endroit, laissait voir sur sa peau de nombreuse ecchymose. L'une des bretelles de sa robe pendait, apparemment lacérée ou déchirée par une branche au vu du sang se trouvant au niveau de sa clavicule. Alors qu'elle courrait, elle trébucha sur une racine et se mit à hurler tout en se retournant vers l'endroit d'où elle venait. Je vis alors sur son visage toute l'horreur qui l'habitait. C'est alors que je me réveillais en sursaut. Il ne s'agissait que d'un rêve, et heureusement. Mais pourquoi faisais-je tel rêve ? Comment-avais-je fait pour rêver si vite ? Tandis que je me remettais de mes émotions, je regardais mes amis. Cindy, mâchonnant son crayon lisait inlassablement les dates référant à la guerre de sécession. Geoffrey et Lindsey quand à eux se posaient des questions l'un l'autre entre deux baiser. Ils étaient vraiment mignons à voir. Alors que je redressais le regard vers la porte d'entrée, je vis l'ouverture s'agrandir, laissant apparaître Jake. Il avait le sourire aux lèvres. Cela signifiait donc qu'il avait réussis. Je poussais un soupir de soulagement. Au moins c'était une bonne chose. Lorsqu'il fut assis à mes côté, Anastasia, l'une des filles du groupe le plus populaire de notre classe se leva, les larmes aux yeux. Apparemment, elle n'était pas prête.
- Alors, comment ça s'est passé ? Demandais-je toujours allongé sur mes bras.
- Très bien, il te donne quasiment les réponses.
Cela me rassura. Je jetais un œil à ma montre. Il y était resté une heure.
- Pourquoi es-tu resté si longtemps ? Il n'était pas prêt ?
- Si, mais il a voulut savoir ce que je savais au sujet de Chistopher. Donc tu n'auras pas à lui en parler.
Je soupirais de soulagement.
- Ouf, je ne me sentais vraiment pas de lui raconter les détails.
Je me replongeais donc dans ma musique, replaçant ma tête entre mes bras. Le stress commençait lentement à monter. Il n'y avait pas de raison puisque j'étais plus ou moins certain de réussir cet examen. Alors que j'allais m'endormir, je jetais un dernier regard dans la direction de Jake qui, lorsqu'il vit que je le regardais, posa sa main sur mon épaule. Sentant sa chaleur se diffuser à travers mon t-shirt, je me laissais aller au sommeil. Les autres ne penseraient rien de bizarre. Après tout, ils étaient habitués. Chaque jour, Jake et moi ne pouvions pas nous empêcher de nous prendre par les épaules, de nous attraper par le bras pour indiquer quelque chose. Bref nous ne pouvions nous empêcher d'être en contacte. Il y avait quelque chose chez l'autre qui nous rassurait, comme ce que peuvent ressentir certains amis, se considérant comme des frère vraiment très proche. Élément on ne peut plus en accord avec notre situation. Je ne dormis qu'à moitié, préférant écouter ma musique tout en sentant la main de Jake jouer avec mon muscle trapèze droit, l'effleurant de son pouce. Finalement, je sentis la pression varier. Il me secouait légèrement. C'était enfin mon tour. Je me levais, ôtais les oreillettes et me dirigeais vers la salle de classe tandis que mes amis me souhaitais « bonne merde ». Lorsque je rentrais dans la classe, je vis mon professeur assis à son bureau, une multitude de petit papier étendu devant lui.
- Alors, la première partie s'est bien passé à ce que j'ai vu, dit-il tout en feuilletant ma copie.
- Je le pense monsieur.
- Bien, tu vas t'asseoir et piocher deux papiers. Ce seront tes questions d'examen.
Je m'exécutais.
- Bien tu peux commencer. Dit-il une fois que je lui eus tendus mes questions après les avoir lues.
Je lui expliquais donc en détail la guerre de sécession, pourquoi elle était survenue et comment elle s'est achevée en n'omettant pas les conséquences majeures qu'elle avait entraînée. Il me sembla que ma réponse durait. Lorsque je jetais un œil à ma montre, je vis que cela faisais déjà trente minutes que je parlais de cette fameuse bataille. Apparemment je devais avoir l'air aussi passionné que lui lorsqu'il la racontait. J'eus même la fâcheuse impression que ce n'était pas mes mots mais les siens qui sortait à travers ma bouche. Lorsque j'eus finit mon récit, il eut l'air très satisfait et avec un grand sourire me demanda de répondre à la seconde question. Malheureusement pour moi, j'avais piocher la pire des questions que je pouvais espérer. Je devais expliquer dans le détail le système politique des États-Unis. Je n'aurais pas put tomber sur pire. La politique et moi faisions vraiment deux, voire plus.
- Écoutez monsieur, je suis désolé, mais je ne saurais pas répondre à cette question.
- Même pas une seule info ? Demanda-t-il l'air déçu.
- Non monsieur. Je baissais la tête en signe de déception .
Lorsque je la redressais, je vis qu'il était occupé à retourner chacun des petits papiers. Lorsqu'il eut finit, il me demanda de choisir à quelle question je voulais répondre. Je le regardais ahuris. C'est bien la première fois qu'un prof demande à son élève quelle question il veut se voir poser. Voyant mon incompréhension, il m'expliqua.
- jamais je n'ai eus dans toute ma carrière d'élève aussi passionné que vous et monsieur Black alors, en guise de cadeau, je vous offre ce petit avantage.
C'était trop fort, jamais je n'aurais put espérer mieux. Je regardais donc chaque question et jetais mon dévolu sur celle qui portait sur la période pré-colombienne. Mon enseignant ne fut pas surpris lorsqu'il vit que je choisit cette question et non une autre. J'y répondis durant trente minutes de nouveau. Finalement, ce fut le prof qui dut me chasser de la classe, non sans m'annoncer que je remportais tout comme mon ami un dix-neuf et demi sur vingt bien mérité. Je ressortis donc de la classe avec le sourire et, regagnant la cafétéria, fis le signe de la victoire à mon arrivée. J'étais bien évidemment le dernier à passer. Donc, lorsque les autres virent que j'arrivais, ils se levèrent tous comme un seul homme.
- Bon, où est ce que l'on va fêter ça ? Me demanda Lindsey, délaissant les lèvres de son amour.
Je jetais un regard à Jake qui tombait apparemment de fatigue. Il est vrai que nous n'avions pas beaucoup dormis cette nuit.
- Écoutez , Jake et moi n'avons pas beaucoup dormi. Alors si ça te dérange pas, nous allons rentrer nous reposer. Je te propose de se rejoindre vers vingt heure au Piège ambulant.
- La café en face du cinéma ? Demanda Geoffrey.
J'acquiesçais. Et tous donnèrent leur accord. Je rentrais donc en compagnie de Jake, qui s'endormit à moitié tandis que je conduisais. Pour le maintenir éveiller, je lui racontait ce qu'il s'était passé durant mon examen. Cela le fit rire car lui aussi avait eu le coup. Le trajet de retour ne me parut jamais si court. À peine la voiture fut-elle garée que déjà nous nous précipitions à l'intérieur. Jetant nos sacs dans l'entrée, nous nous dirigeâmes comme des automates vers la chambre et sans prendre la peine de nous changer véritablement, nous nous jetâmes ensemble sur le lit, nous contentant de retirer nos t-shirt. Enfin la session était finie, nous pouvions enfin nous reposer sans nous soucier de devoir étudier telle ou telle matière. Jake et moi nous faisions face, l'une de ses mains, reposant sous son oreiller, l'autre se trouvant entre son coussin et le mien. Je me plaçais donc dans la même position mais plaçait le dos de ma main contre son poignet. Lorsqu'il sentit ma peau, je le vis se blottir un petit peu plus. Un simple contacte nous suffisait, même si parfois nous prenions un petit peu plus que deux centimètre de peau. Nous mettions en contact nos avant bras en entier, posions nos têtes sur l'épaule de l'autre ou dans le dos. Il n'y a que lors de rares occasions telles des déprimes, de gros problèmes ou autre mauvais moment du genre où nous nous blottissions dans les bras l'un de l'autre comme tel fut le cas lors de la première nuit. Cette fois, je sentais toute l'énergie de Jake irradier dans ma main. Plus je passais de temps avec lui, Paul et Seth, plus je pouvais les sentir grâce à leur médaillon, mais aussi grâce à l'énergie qu'ils dégageaient. Il faudrait que je discute de cela avec la chamane, j'étais certain qu'elle aurait encore deux ou trois choses à m'apprendre . C'est par ce contacte fragile mais rassurant que je m'endormis, bercé par la lente mais perceptible respiration de mon frère d'âme. Qu'il était agréable de dormir sans soucis.
