J'émergeais du sommeil. Qu'est ce que ça pouvait être plaisant de dormir sans devoir se soucier d'étudier l'une ou l'autre matière directement au réveil. Ouvrant les yeux, je ne voyais que le plafond blanc illuminé par la lumière du soleil couchant, nimbée de jaune et orange,qui filtrait à travers les rideaux. Délaissant cette vue, je me tournais vers le radio-réveil. Il était dix-neuf heure, nous avions donc une heure devant nous pour nous apprêter et rejoindre nos amis. Je tournais alors mon regard vers Jake. Il dormait paisiblement d'un sommeil sans rêve, sa main posée sur mon épaule, son avant-bras reposant sur mon bras. Lorsque je bougeais sa main afin de sortir du lit pour me diriger vers la douche, il poussa un léger grognement tout en se renfrognant légèrement. Je quittais donc la chambre, un sourire aux lèvres. Une fois arrivé dans la salle de bain, je prenais mon temps, laissant couler l'eau bouillante sur ma peau et noyer mon visage. Je me savonnais finalement alors que ma peau se rapprochait de plus en plus de la couleur d'une tomate bien mûre. Après m'être savonné et occupé de mes cheveux, je réglais la température de l'eau sur glaciale. Il n'y avait rien de mieux pour bien se réveiller et être énergique dès le réveil. Je sortais rapidement de la douche et me brossais les dents. Mais alors que je me tournais pour saisir mes vêtements, je réalisais que j'avais, dans mon état de demi-sommeil, oublié de les préparer. Ils étaient encore dans la commode de Jake. J'enfilais donc un simple essuie autour de ma taille et rejoignis la chambre. Alors que je retournais mes affaires, cherchant après les chaussettes, une petite musique me parvint sur ma gauche. Lorsque je tournais la tête en direction du son, je vis que Jake était réveillé et venait d'allumer la radio. Je me redressais tout en tenant ma serviette pour être certain de ne pas me retrouver nu face à lui.
- Salut, bien dormi ? Dis-je.
- Très bien et toi ?
- On ne peut mieux. Tu vas pouvoir aller à la douche, j'ai finit.
Il se redressa lentement et s'assit au bord du lit tout en se frottant les cheveux.
- Tu as dit qu'on les rejoignait à quelle heure ? Articula-t-il dans un bâillement tandis qu'il s'étirait.
- Aux alentours de vingt heures.
- Je ferais mieux d'aller m'apprêter alors. À ces mots, il se mit debout et entra dans la salle de bain encore embuée par ma douche.
Une fois la porte refermée, je partais à la recherche de la paire de chaussette perdue. Je mis finalement la main sur l'une d'entre elles. Pourquoi fallait-il constamment que je tombe sur des chaussette dépareillée ? Dix minutes supplémentaires de recherches me furent nécessaire pour réussir à trouver sa jumelle. Je m'habillais finalement d'un jeans ainsi que d'une chemise à carreaux rouge et noir surmontant un t-shirt blanc. Alors que je passais devant le miroir pour me recoiffer, Jake sortit de la salle de bain. Apparemment, il était tout aussi endormi que moi lorsqu'il y était entré puisque lui aussi avait oublié de préparer ses affaires. Alors qu'il s'apprêtait dans son coin, je rejoignit le salon où se trouvait monsieur black.
- Bonjour monsieur, dis-je gaiement.
- Eh bien, on voit que les examens sont terminés, dit-il avec un sourire. Que comptez vous faire de votre semaine de vacances ?
C'est vrai, l'école nous offrait une semaine de repos afin de nous remettre de notre session. Semaine après laquelle les cours reprendrait et parmi laquelle nous recevrions le bulletin. Je n'étais vraiment pas pressé d'obtenir mes résultats. Je me dirigeais vers la cuisine afin de me presser un jus d'orange, tout en en préparant un pour Jake.
- Sam m'a téléphoné. Me dit le père de Jake.
- Que voulait-il ? Dis-je entre deux gorgée.
- Il demandait à vous parler, mais puisque vous dormiez j'ai pris le message.
- Et ?
- Il demandait si demain vous pourriez passer chez lui, il vous faut programmer les patrouilles du mois.
- Pas de problème.
Alors que je discutait de sujets et d'autres avec monsieur Black, Jake entra dans la pièce et apercevant le verre qui l'attendait se dirigea vers lui. Je le mis donc au courant de la visite chez Sam. Tout en lui expliquant la raison de notre visite, je réalisais que j'allais enfin pouvoir revoir le petit Seth ainsi que Paul. Cela faisait plus de trois semaines que je n'avais pas put les voir. J'étais donc impatient. Jake acheva son verre dans une grande gorgée et attrapa sa veste, pendante sur le dossier d'une chaise. Me saisissant de la mienne, nous nous dirigeâmes vers ma voiture. Alors que nous franchissions le seuil de la porte, une grande rafale de vent glacée souffla. Cela n'avait pas de grande importance puisque nous avions tout deux une température proche des quarante degrés. Merci le sang de loup-garou. Bien qu'il faisait très froid, la neige n'était toujours pas tombée et se faisait attendre.
Je montais dans ma voiture, mis le contacte et démarrais. Le café où nous nous rendions n'étais qu'à quinze minutes de la maison Black , mais étant un conducteur plutôt attaché à la vitesse, nous y arrivâmes en moins de dix minutes. Nous étions pile à l'heure. Alors que je mettais un pied à terre, le bruit d'une moto résonna derrière nous. Ce bruit, je l'aurais reconnu entre mille. Il me suffisait de regarder la tête de Jacob pour savoir qu'il s'agissait de Geoffrey et Lindsey. À chaque fois que résonnait ce bruit, Jake grimaçait. Et il n'avait pas tort. La moto de Geoffrey était dans un si mauvais état qu'à chaque mètre parcourut, elle donnait l'impression de souffrir un petit peu plus. Je ne comptais plus le nombre de fois où Jake s'était proposé pour la réparer, mais rien n'y faisait. Geoffrey ne voulait pas que l'on y touche. Arrivé à destination, Lindsey fut la première à mettre le pied à terre. Elle avait beau aimé son amoureux de tout son cœur, elle détestait au plus haut point devoir monter sur sa moto. Elle aussi ne supportait plus le cri de douleur du pauvre véhicule. Alors que nous nous faisions la bise, Cindy arriva à pied. Elle habitait deux rues plus loin. Elle n'avait donc nullement besoin d'un véhicule, surtout dans une aussi petite ville que Forks. Elle était lourdement vêtue car n'étant pas la plus sportive de nous tous, elle était cependant la plus frileuse. Lorsque nous entrâmes tous les cinq dans le café, nous nous installâmes à la table la plus proche du radiateur, histoire que les filles ne se congèlent pas avant de recevoir nos verres. Le garçon nous ayant aperçut, il se dirigea immédiatement vers nous, nous apportant la carte. Alors que les autre regardaient ce qu'ils allaient boire, j'observais le décor du bar. Les murs, bordé de latte en bois clair laissait paraître par rangée des colonnes de pierres noire. Le café n'était qu'à étage unique mais s'étendait sur une bonne vingtaine de mètre, deux bar servant à approvisionner chacune des personnes présentes lors des périodes de grandes affluences. Le sol composé de carrelage noir reflétait les lumières du plafond. C'était assez beau à voir. Alors que je laissais mon regard se perdre dans la contemplation d'une petite statuette en bois posées sur le comptoir, je reçut un coup de coude de la part de Jake.
- Ne regarde pas, mais nous ne sommes pas seul.
Me disant cela, il indiqua discrètement une direction en la pointant du menton. Lorsque je tournais les yeux dans la-dites direction, quelle ne fut pas ma surprise lorsque j'aperçus Seth en compagnie d'une charmante jeune fille. C'est alors que je me rappelais l'anniversaire d'Émilie et sa confidence sur sa conquête. Mais comment s'appelait-elle déjà ? Je creusais ma mémoire, espérant retomber dessus. C'est alors qu'il me revint : Alisson. Enfin je pouvais la voir. Je comprenais tout à fait qu'il en soit tombé amoureux. D'un point de vue physique, elle avait tout pour plaire : un beau visage ovale au teint basané, de long cheveux bouclé blond qui lui retombait dans le bas du dos ainsi qu'une poitrine généreuse. Alors que j'entendais pour la première fois son rire, je compris qu'il n'y avait pas que son physique qui lui avait plut. La beauté de son rire reflétait une beauté intérieur plus qu'évidente. Alors que j'espionnais discrètement le petit couple en attendant mon verre de whisky-coca, mon regard fut attiré par une fille quelques tables plus loin. Alors que je la regardais plus attentivement, j'écarquillais les yeux. Ça ne pouvait pas être elle.
- Eh Jake, ça ne serait pas Léah derrière Seth ?
Regardant dans la direction que je lui indiquais, il opina de la tête tout en riant. Pauvre Seth, il ne pouvait même pas avoir un rendez-vous tranquille sans que sa sœur ne vienne pour l'espionner. Alors que je vidais peu à peu mon verre, j'écoutais la discussion de mes amis, ou plutôt devrais-je dire le monologue de Cindy.
- Non mais vous vous rendez compte ? Comment est ce qu'elle a put me dire ça ? Je suis d'accord que je n'avais pas à lui faire ce sale coup. Mais il faut bien avouer qu'elle le méritait...Peut-être aurais-je dut être plus gentille et compréhensive. Oh et puis non, elle ne le mérite pas. Elle m'a déjà trop insulté pour cela.
La laissant à son monologue, je regardais ma montre. Cela faisait déjà quarante-cinq minutes que nous étions là à laisser simplement s'écouler le temps, sans soucis. C'est alors que mon gsm sonna. En fait quatre téléphone dont le mien se mirent à sonner en même temps dans le bar. Léah, Seth, Jake et moi décrochions au même rythme. Pour ma part je tombais sur Paul.
- Logan ?
- Salut Paul, tu vas bien ?
- Moi oui, il faudrait que tu viennes chez Sam, immédiatement.
- Pourquoi qu'est ce qu'il s'est passé ?
Je percevais bien au ton de sa voix qu'il était arrivé quelque chose de grave, mais son ton ne me laissa pas envisager ce dont il s'agissait.
- Tu t'en rendras bien compte là bas. Fais vite.
Il raccrocha. Je me tournais alors vers Jake qui referma le clapet de son gsm et se leva.
- Vous partez déjà ? Demanda Lindsey.
- Oui, désolé mais on nous attends, j'avais complètement oublié que c'était l'anniversaire de mon oncle aujourd'hui.
Une excuse vieille comme le monde, mais qui fonctionnait la majeure partie du temps. Nos amis nous laissèrent donc partir, nous payions rapidement notre part auprès du barman et sortions. Alors que nous montions à bord de ma voiture, Seth et Léah sortirent en même temps du café. Au vu de leur grand geste, la conversation ne devait pas être des plus sympathique. Je mis donc le contacte et démarrais en trombe.
- Qui est-ce qui t'as téléphoné ? Demandais-je.
- Sam, et toi ?
- Paul. Ils avaient l'air assez tracassé. Tu penses qu'il est arrivé quelque chose de grave ?
- Je n'en ai aucune idée, mais je suppose que oui, sinon ils ne nous auraient pas tous rassemblé en même temps.
Le reste de la route se passa en silence. Je préférais me concentrer lorsqu'il faisait aussi noir, je n'allais pas ajouter un accident à la liste des probables soucis. Nous arrivions donc assez rapidement chez Sam, je me garais face à l'entrée et sortis en vitesse, bientôt rejoins par d'autre véhicules. Lorsqu'il m'aperçut, Seth, qui venait d'arriver, se dirigea instantanément vers moi. Il semblait moins en colère qu'en sortant du bar. Néanmoins, les vestiges de cette hargne demeurait marquée sur ses traits juvéniles. Il me serra dans ses bras alors qu'il me faisait la bise.
- Ça va Seth ? Demandais-je.
- Ça pourrait aller mieux. Dit-il simplement.
- Au fait, félicitation pour Alisson, Dis-je tout en lui adressant un clin d'œil.
- Alors toi aussi tu m'as espionné ? Dit-il l'air faussement vexé.
- Je ne savais pas que tu y serais, mais je te rappelle que tu m'avais mit au courant.
- Oui, c'est vrai. Et puis toi au moins tu n'es pas intervenu dans ma conversation, dit-il en criant presque afin d'être certain d'être entendu par sa sœur qui passa à nos côté tout en grimaçant.
- Tu en penses quoi ? Dit-il une fois qu'il se fut calmé.
- Elle est très jolie et a l'air très sympathique. Ne la lâche pas.
Un sourire se dessina sur son visage. Il n'avait sûrement pas l'envie de la laisser. Après cette petite conversation et avoir salué les autres membres de la meute, nous rentrâmes tous dans la maison de Sam. Ma première réaction fut de pester. Le salon était entièrement saccagé. Les meubles étaient brisés en deux, la vaisselle avait été explosée contre les murs. Le lustre pendait dangereusement par un câble unique et se balançait tout en grinçant. Notre réaction commune fut de chercher les habitants de la maisonnée. Ils se trouvaient sur la pergola. Émilie était emmitouflée dans une couverture, Sam la tenant dans ses bras. Paul lui était adossé à l'un des piliers. Jared et Embry était également présent. Sans doute était-ce eux qui avaient téléphoné à Seth et Léah. La nuit étant tombée, cela ajoutait quelque chose de catastrophique et triste à la scène qui décidément n'en avait nullement besoin. Alors que nous nous approchions, Paul nous aperçut et se dirigea vers nous en courant. Nous faisant la bise, il nous expliqua la situation lorsque nous l'interrogions.
- Émilie était en train de préparer le souper quand elle a entendu un bruit sourd provenir du salon. Alors elle a délaissé sa cuisine pour aller voir ce dont il s'agissait. Une fois arrivée, elle a simplement vu que la fenêtre était grande ouverte.
Personne ne parlait. Chacun écoutait le récit de Paul très attentivement.
- Lorsqu'elle l'eut fermée, elle s'est retournée et a vu une forme sombre deux fois plus grand et large qu'elle. La chose lui faisait face. Effrayée, Elle a hurlé, ce qui, apparemment , n'a pas plut à la chose puisqu'elle s'est mise à tout détruire dans la pièce. Émilie s'est réfugiée sous le fauteuil que la créature venait de renversé. Quand Sam est rentré et qu'il a vu la scène, il a put la rassurer et la faire sortir de sa cachette. La bête, elle, avait disparut depuis longtemps.
- Comment va-t-elle ? Demanda Seth
- Mais tu n'as qu'à aller lui demander, lui répondit sèchement sa sœur, se dirigeant déjà vers la pauvre Émilie.
- Elle m'énerve, railla le petit frère indigné.
D'un geste compatissant, je posais ma main sur son épaule et l'entraînais à la suite de son aînée. Arrivé à proximité d'Émilie, je vis qu'elle tremblait et sanglotait. Qu'est ce qui avait bien put faire ça et la mettre dans un état pareil . Mais surtout, pourquoi ?
- Émilie, comment tu te sens ? Demanda Léah.
Pour toute réponse, elle n'obtint qu'un long sanglot. Cela faisait vraiment mal au cœur de la voir ainsi. Elle qui était toujours au petit soins pour nous, d'une nature aimante et compatissante. Comment pouvait-on imaginer lui faire subir telle horreur ?
Voyant que nous ne tirerions pas plus d'info d'elle, Sam décida de la faire rentrée et de la mettre au lit afin qu'elle se repose le temps pour nous d'organiser les patrouilles afin de capturer cette chose.
- Qu'est ce que c'était à votre avis cette chose ? Un Vampire ? Demanda Jared.
- Non, les vampires ne s'en prenne pas aux habitats et de toute manière, aucun d'entre eux ne se serait approché de ma maison au vu de l'odeur que nous dégageons pour eux. Lui répondit Sam.
- Mais alors c'était quoi ? Interrogea Seth.
- Je n'en sais strictement rien, de plus, cette chose n'avait pas d'odeur. Cela ne sera pas évident de le retrouver.
- Comment va-t-on faire ? Demandais-je.
- Nous devrons nous baser sur notre intuitions, notre ouïes et notre vue. Nous n'avons pas le choix. Bien vous connaissez votre partenaire de dernière patrouille ? Nous n'allons pas en changez. Chacun s'occupera du même territoire que la dernière fois. Cela vous convient ?
Tous acquiescèrent comme un seul homme. J'allais donc me retrouver en compagnie de Seth.
- Quand commence-t-on les patrouilles ? Demanda Jake.
- Dès demain. Nous prenons le même rythme que la dernière fois. Ainsi, personne ne sera perturbé. Cela vous convient ?
Nous n'avions pas forcément le choix, mais pour Émilie chacun serait prêt à le faire. Nous veillerions même plusieurs jours de suite si cela était nécessaire. Alors que chacun commençais à se diriger vers la maison, j'arrêtais Sam en l'attrapant par l'épaule.
- Tu veux que l'on t'aide à ranger les dégâts ?
- Ça ne serait pas de refus, dit-il
Nous nous rassemblions donc tous dans le salon, ramassant la vaisselle brisée, sortant les meubles irréparables, ré-accrochant le lustre. Trois heures s'écoulèrent avant que le salon ne puisse retrouver un aspect plus ou moins normal. Il allait de soi que chacun de nous allait offrir un petit quelque chose afin de les aider à remplacer ce qui avait été endommager. Tout en rangeant, nous échangions nos idées sur l'éventuel coupable et ce que nous lui ferions subir pour le mal imposé à Émilie. Certain l'éventrerais, d'autre le torturerait. Pour ma part, je le couperais, lentement, allant de plus en plus en profondeur pour finalement lui arracher la tête d'un coup de croc lui assurant une longue souffrance. Une fois les derniers débris sortis, nous nous saluions tous et rejoignîmes nos véhicule respectif.
Alors que j'allais monter dans ma voiture, Paul m'attrapa par le bras.
- Euh logan, tu dors bien chez moi aujourd'hui ?
Je lui confirmais.
- Je ramène juste Jake chez lui, puis je te rejoins.
- Pas de problème, dit-il tout en me relâchant avec un sourire.
Le trajet de retour fut calme et silencieux. Tout deux, nous réfléchissions à ce qui avait put faire autant de dégâts. Même des meubles en pierre s'était retrouvé brisé. Il allait de soi qu'aucun humain ne pouvait être responsable des dommages. Mais alors qu'est-ce que c'était ? Émilie a dit avoir vu une créature deux fois plus grande et plus large qu'elle. À ma connaissance, aucune bête ne ressemblait à cela. Je décidais finalement de laisser la nuit me porter conseil et d'y réfléchir dès mon réveil, lorsque j'aurais les idées plus claires. Je tournais alors mes pensées vers Paul. Il m'avait semblé on ne peut plus tracassé. De plus lorsqu'il m'eut saisis l'épaule, j'aurais juré qu'il me lançait un appel. Il me tardait d'arriver chez lui.
J'arrivais donc chez Jake et le déposais. Il me fit la bise, sortit du véhicule et rentra chez lui, tout en me saluant du bras. Je repris le chemin inverse, en silence, sans même penser à la moindre idée. J'étais, comme on peut le dire, en mode automatique. Mes mains tournaient le volant mais il n'y avait aucune pensée au sein de ma tête. Lorsque j'arrivais chez Paul, il était assis à l'entrée et m'attendait. Je le saluais, salut qu'il me rendit accompagné d'un bâillement.
- Pourquoi n'es-tu pas à l'intérieur. Tu devrais te reposer tu as l'air fatigué.
- Je n'arrive plus à dormir depuis un petit temps.
- Pourquoi donc ? Dis en m'asseyant à ses côtés.
- Je pense toujours à elle. Je n'arrive pas à passer outre la rupture. À ces paroles, il se prit la tête entre les mains.
Je me rappelais alors, trois mois plus tôt, quand il nous avait annoncé que Rachel le laissait tomber. Je le pris par l'épaule.
- Écoute Paul, tu es un gars super et si elle ne le réalise pas, c'est qu'elle ne te mérite vraiment pas. Tu n'as pas à t'en faire, tu trouveras quelqu'un qui te mérite et qui te rendra heureux.
Comme rassuré par mes paroles, un sourire se dessina sur son visage.
- Je suis désolé, dit-il. J'arrive à la faire sortir de mes pensées, mais il y a toujours un moment où elle ressurgit. Aujourd'hui quand j'ai vu Sam qui tenait Émilie contre lui, je n'ai cessé de penser à elle sur le chemin du retour.
- Tu n'as pas à t'excuser, les amis sont fait pour ça, dis-je un sourire aux lèvres. Et puis, je te promet que d'ici une semaine tu l'auras sortie de ta tête.
Rien ne me permettait de l'affirmer, mais j'avais l'espoir que grâce à cette phrase, il reprendrait confiance et trouverait quelqu'un de bien pour lui.
- On va dormir ? Dit-il dans un bâillement. On continuera la discussion demain, on a beaucoup de chose à se dire depuis trois semaine.
Désormais, un grand sourire s'étalait sur nos deux visages. Nous nous revoyions enfin après ces trois semaines interminables.
J'acquiesçais à sa proposition. La scène de destruction plus le fait de ranger le salon de Sam m'avait exténué. Nous rentrions donc et nous dirigeâmes vers la chambre. Nous déshabillant, mais conservant nos sous-vêtement, je m'allongeais sur le dos de mon côté du lit. À peine fus-je couché que déjà, je sentis la main de Paul se posé contre mon cou, son avant-bras reposant sur mon pectoral et son visage blotti contre mon épaule. Il avait vraiment besoin de contacte et de soutien le pauvre. La rupture l'avait affecté plus que ce que je le pensais à la base. Je devrais avoir une conversation avec lui dès le lendemain. Je ne pouvais vraiment pas le laisser dans un tel état. Je tenait beaucoup trop à lui pour cela. Il fallait que je lui change les idées. Pour lui indiquer que j'étais là et le soutenais, je lui attrapais son autre main et la serrait au creux de la mienne. Il poussa un léger soupir d'aise et s'endormit. Comme à chaque fois, je me laissait doucement mais lentement bercé par sa respiration de plus en plus calme. Je sombrais dans les bras de Morphée, emportant Paul avec moi.
