Crédit: Trey Parker et Matt Stone.
Merci de vos revieuws, ça m'fait toujours plaisir. Ca n'change pas. Et putain d'désolé pour ce fucking retard. Le chapitre était presque fini mais... oh j'n'ai aucunes excuses.
Dans la tête de Stanley.
Lundi. On est tous au skatepark. Il fait beau, les filles se dorent la pilule près de la fontaine. Kenny essaie de faire un ollie mais se rétame toujours le cul par terre. Ce garçon n'a aucun sens de l'équilibre et pourtant il persiste encore à essayer des figures qui le blesseront toujours. Je m'assois en indien sur une des pistes et m'allume une clope. Le goût est dégueulasse.
La première sèche que j'ai fumé venait de Cartman. Absolument tout ce que j'ai ingéré d'illégal vient de lui en fait. Le pire, c'est qu'il nous fournissait en produits vendeurs de rêve, mais il ne consommait jamais rien lui-même. Il était peut-être le plus gros connard de South Park, seulement il se gardait bien de toucher à chaque merde qu'il rapportait d'on ne sait où. Je ne sais pas s'il avait prévu que ses amis deviennent des drogués pendant qu'il devenait quelqu'un de bien ou s'il avait juste envie de nous donner généreusement du rêve en poudre. Sauf qu'un Eric Cartman généreux, ça n'existe pas.
Enfin, ça n'existe plus. On dirait qu'il veut se repentir de tout le mal qu'il a occasionné autour de lui en étant salace, acerbe, méchant, grossier et stupide. C'est vrai merde, Cartman a décidé de sortir avec Wendy, de lui donner de l'amour, de prendre soin d'elle. Il a même décidé d'aller à l'université, de participer à des actions altruistes, de donner des cours à ceux qui ont du mal dans certaines matières, et, le plus surprenant, de maigrir. Changer à ce point relève d'une grosse prise de conscience dans la gueule. Et je ne le croyais pas capable d'une telle prouesse d'humilité.
Heureusement, il reste encore Kenny et Kyle avec qui s'éclater.
« Stan, tu saurais pas m'aider? »
Je lève les yeux vers Kenny qui a le nez en sang.
« Non, j'ai rien, désolé vieux. »
Il hausse les épaules, s'assoit près de moi, soulève le bas de son t-shirt pour essuyer l'humeur rouge qui lui coule jusqu'au menton. Un sourire prend possession de mes lèvres sans prévenir.
« Staaan, c'est rare quand tu souris aussi ouvertement en publique! »
Il passe son bras autour de mon épaule et vient frotter son nez rouge dans mon cou pour remontrer jusqu'à ma joue.
« Mais putain t'es dégueulasse! »
Je me marre malgré les apparences que je veux entretenir. Je devrais arrêter d'être sur mes gardes tout le temps. Tout ça à cause de Wendy. Cette chienne m'a brisé le coeur et m'a humilié tant de fois que maintenant j'ai peur que quelqu'un ait trop d'emprise sur moi. J'ai encore trop de failles pour me sentir vivre librement.
Putain, je suis encore plus fragile qu'une porteuse d'ovaires!
Stupide Stan, Shelley a bien raison de te maltraiter.
« Désolé vieux, j'vais te nettoyer tout ça. »
Voilà qu'il se penche sur moi pour lécher les trainées de sang qu'il y a dans mon cou. Kenny doit avoir des déviances sexuelles pour en venir à sucer son propre sang sur la peau d'un autre. Sa langue me donne des frissons. Je chute vers l'arrière et mon dos vient heurter le béton froid du sol. Il se relève d'un air victorieux après s'être bien collé contre moi, les mains sur les hanches.
« C'est bon! Ma langue magique vient de te purifier! »
« Trouve-toi une copine au lieu d'allumer tes potes Kini. »
Mon cou va virer violet maintenant.
« Nan, les filles me lassent... »
Il ouvre une bouteille d'eau pour en foutre dans ses cheveux et sur son visage.
« Depuis quand t'en as marre des gonzesses toi? »
Kenny s'essuie avec son t-shirt bien salopé puis rougit soudainement comme une fille. J'hausse un sourcil, mais avant que je lui demande l'origine de ses couleurs, il me presse de regarder droit devant. Là, Craig Tucker, le cul sur son BMX bleu électrique, tourne comme un rapace autour de Kyle. Je fronce les sourcils. Quel plan foireux a-t-il en tête ce péruvien à la con?
Je vois Kyle contraint de s'assoir sur un banc, contraint de lui donner son paquet de clopes, contraint de le laisser mettre le bras autour de ses épaules, contraint de lui sourire, contraint de... Merde. Ils sont entrain de parler comme deux garçons civilisés alors qu'on sait tous que Craig a un mauvais fond et qu'il vaut mieux se méfier de lui. Je ne sais pas ce que Tucker lui chuchote à l'oreille, mais la façon dont Kyle a de baisser la tête et la manière qu'a Craig de me narguer du regard me met hors de moi.
Il me faut quelques secondes pour les atteindre. Comme je m'y attendais ce connard m'accueille d'un sourire purement provocateur.
« T'vas lâcher Kyle tout d'suite. »
« Ravi moi aussi Marsh! »
Je regarde Kyle qui ne semble pas savoir quoi faire. Craig se plante devant moi, les mains dans les poches, les épaules voutées et le regard mesquin.
« De quoi tu t'mêles l'alcoolique? T'as pas une copine dont tu dois t'occuper? »
« Et toi, t'as pas d'amis qu'tu viens gratter mon meilleur pote en particulier? »
« Faut bien que quelqu'un vienne s'occuper d'lui puisque tu l'délaisses depuis qu't'es avec ta pute! »
Je serre la mâchoire. Mon poing me démange.
Ca n'a jamais été entre Craig et moi. Jamais ça n'ira. On se fait la misère dés qu'on se voit. Enfin, il me fait la misère, on dirait ça l'fait bander. Genre il éprouve une excitation sexuelle à venir me faire chier aussi souvent. Ca doit être hormonal ou une connerie du même type. Tout chez lui me donne envie de le cogner jusqu'à c'qu'il baise mes pieds couvert de sang. Mon corps ne demande qu'à battre le sien sinon il sera toujours autant sur les nerfs, comme maintenant. Et ce qui me fout en rogne le plus c'est quand les filles nous confondent l'un l'autre. Soit-disant on a les mêmes yeux et les mêmes cheveux. N'importe quoi sans déconner!
Nos yeux se lancent des éclairs. C'est à celui qui cédera le premier. Je sais que Tucker a envie de loger son poing loin dans mon estomac. Pour ça on est similaire, on a tout les deux envie de se buter l'un l'autre. Mais le mien part tout seul dans sa mâchoire lorsqu'il m'annonce que Wendy a avalé son foutre loin dans la gorge.
« Faites pas ça! »
Kyle attrape mes bras et me tire vers l'arrière tandis que Token, qui a sans doute remarqué la scène de loin, s'occupe de tempérer ce sale tocard de Craig. Il sourit à nouveau.
Je me dégage de l'emprise de Kyle, toujours plein de ferveur. Tucker saigne de la lèvre et a des bleus au niveau du thorax, il a mal physiquement. Il souffre autant que moi. Je lui souris à mon tour, puis me tourne vers mon meilleur ami.
« Pourquoi tu t'es laissé toucher par l'ennemi toi? »
Craig est de la vermine à mes yeux.
« C'est bon Stan, on a pas baisé non plus! »
Kyle tente de se défendre, mais il sait qu'il a eu tord. Je déteste Craig. Je le déteste au plus haut point. Son seul but est de me nuire depuis qu'on est gosse, et Kyle en est parfaitement conscient.
ALORS PUTAIN POURQUOI IL S'EST LAISSÉ TRIPOTER PAR CET ENFOIRÉ?
« Manquait plus qu'ça! T'es à moi, tu piges? »
J'me casse de là en lui prenant le poignet. Tucker me fait un gros fuck.
« Au fait, tout south park a d'jà juté dans ta clocharde de Sally. »
Kyle me dit de laisser tomber et m'éloigne de là. On arrive près de Kenny qui sourit de toutes ses dents en nous voyant.
« On va fumer des joints dans mon jardin? »
« Bonne idée. »
Kyle répond à ma place. On attrape nos sacs. On arrive chez Kenny. On se pose. On se partage le joint. Tout est tranquille jusqu'à ce que mon portable vibre. C'est Sally. Je ne décroche pas. C'est pas comme si j'avais promis de lui faire des enfants.
« Stan, ça insiste là, c'est chiant. »
Je refuse l'appel. Sally recommence, encore et encore. Elle m'envoie un message, ça dit: pitié dis-moi que tu n'es pas comme tous les autres salopards et que tu ne fais pas exprès de m'ignorer.... Puis: stanley marsh tu m'as promis que tu m'appellerais! Suivit de: stan j'suis désolée d'être insistante, mais j'ai besoin de réponse, et pour ça il faudrait que tu décroches, tu comprends ça?Elle rappelle à nouveau.
« Il veut pas d'toi donc va t'acheter un mec pauv'fille! »
Kenny raccroche en balançant mon portable dans l'herbe.
« Maintenant elle fera plus chier personne! »
...
Vingt-trois heures. Le chemin du retour est silencieux. Kyle fixe l'horizon tandis que je me grille une immonde cigarette. Faudrait p't'être que j'arrête cette merde.
« Hé, il t'a dit quoi Craig tout à l'heure? »
Il détourne la tête légèrement.
« Rien, il voulait des clopes. »
« Et il était obligé de te coller pour avoir ses foutues clopes? »
Son regard me défie maintenant. Faudrait que je m'y fasse, Kyle est loin d'être un soumis.
« Si même il m'aurait embrassé ça f'rait quoi? »
« Tucker est un connard manipulateur sadique qui baise tous mes restes et qui touche à tout ce qui me concerne. Tu crois vraiment qu'il a un bon fond? »
Il me plaque contre le mur.
« Quoi, t'es jaloux? »
Wa putain. Non, non, non, non, non. Me disputer avec Kyle à propos de Craig m'énerve.
« Je n'suis pas jaloux. »
Les lèvres de Kyle ravissent un sourire en coin et ses yeux verts pétillent étrangement.
« Menteur. »
J'hausse un sourcil en le plaquant à mon tour contre le mur.
« Bon, p't'être un petit peu alors. »
« Je l'savais. »
Je me penche pour lui lécher les lèvres.
« Il ne t'touche pas ok? »
Il ouvre la bouche pour laisser passer ma langue et ses bras viennent entourer mon cou. Une de mes mains passe sur sa hanche tandis que l'autre lui attrape la nuque. Je me colle plus à lui. On s'embrasse d'abord lentement, puis plus langoureusement. Son parfum embaume l'intérieur de mon corps ainsi que la chaleur que dégage sa peau. Mon ventre commence à se tendre et je l'entends soupirer de bien-être dans le baiser. La salive coule et se mélange.
Kyle me fait bander. J'ai envie de le baiser.
Ma langue caresse la sienne et s'enfonce plus loin dans sa bouche. Le bassin en feu, je me frotte contre lui. Il écarte les cuisses, serre mon cou de ses bras pour approfondir le baiser et me mord les lèvres quelques fois. Mais quand mes doigts passent dans son jean, il s'écarte brusquement.
« C'est bon, j'suis pas un sac à foutre! »
« Je n'ai jamais p- »
« Chaque fois qu't'as envie ou qu'tu t'sens seul, tu t'sers de moi! Au final, j'sais jamais quand t'es sincère, tu m'pètes les couilles Stan! »
Il se casse.
Une minute s'écoule. Puis deux. Puis trois. Puis dix. Puis vingt. Puis je me rends compte qu'il pleuvine. Le changement entre la chaleur de l'air et la froideur de la pluie envoie des électrochocs dans mon cerveau. Je commence à trembler. De rage. Ou de manque. J'ai besoin d'alcool. J'ai besoin de cogner. Mon poing se serre.
Je maque dans le mur.
Ma main saigne, le béton de la façade aussi.
Arrivant chez moi, j'attrape une bouteille de vodka caché dans le tiroir et me la siffle. Ce goût me répugne, cependant je continue de boire car non seulement j'en suis accro, mais cette merdre m'habitude à ce que je suis devenu. Je n'ai plus goût à ce qui est sensé m'éclater. Je suis incapable de définir ce qui a déréglé mes hormones ainsi. Les jeunes sont tous excités sexuellement par des détails et d'la défonce, mais j'ai même pas envie d'ouvrir les yeux parc'que tout c'que j'regarde est fade. Dénué de sens. Illogique.
Pourquoi la vie?
Pourquoi le soleil? La bouffe? Les baleines? Les clochards? Les rires? La dépression? Le bien-être? Le fric? Le sexe? On finit tous dans l'même trou du cul à s'faire violer par des asticots.
Il y a un sale goût dans ma bouche qui ne me lâche pas. Quand je marche, je traine des pieds, quand je mange, je touille dans mon assiette, quand je me lave, j'ai la flemme de descendre jusqu'aux mollets, quand je fume, je m'arrête à la moitié, quand je parle... merde, je ne parle plus réellement, pas envie. Ca me fatigue. Je pense déjà trop à des conneries dont je voudrais me débarrasser. Genre, cette société de merde nous manipule alors pourquoi tout le monde se laisse lobotomiser? Ou, on sait tous qu'ils mettent du poison dans la bouffe pour nous rendre fou alors pourquoi personne n'achète la merde bio qui coûte la peau du fion?
J'aimerais bien me défoncer, m'éclater, profiter de ma jeunesse comme mes potes le font, mais doit y avoir un truc qu'a foiré chez moi.
J'ai l'air d'un alcolo dépressif avec ma bouteille vide.
Peut-être que j'dois me faire soigner?
Après tout, j'me suis encore disputé avec Kyle. Ca n'arrive jamais normalement. On s'entend trop bien pour ça.
Ces derniers temps, c'est tendu. En dehors d'être avec Kenny, quand on est seul, soit on baise, je le baise, soit on se met sur la gueule, il me met sur la gueule. J'sais pas exactement ce qui se passe. Ca l'dérangeait pas qu'on couche ensemble avant que Craig vienne faire chier. Il en avait rien à foutre que j'sois peu expressif sur mes sentiments. On n'devait même pas en parler. Ca serait bizarre: Stan, je suis amoureux de toi. Ou: Kyle, sors avec moi.On a des bites. Pas des utérus. Les mecs ne se concentrent pas sur des détails de sentiments comme le font les filles...
J'attrape une autre bouteille et commence à la boire. Ma tête tourne, je ne tiens plus sur mes jambes. Je baille puis me frotte les yeux avant d'avaler de nouvelles gorgées.
Mon téléphone vibre. C'est Craig. Il dit: Kyle est chez moi. Récolte ce que tu sèmes. Peace.
FILS. DE. PUTE.
Je balance le téléphone à l'autre bout du lit et grogne de rage. Je termine la bouteille, énervé. Mon sang fait un tour rapide et ma tête se cogne contre le mur volontairement.
J'ai compris.
J'ai compris pourquoi Kyle m'en veut. J'ai compris l'origine de notre tension.
Stanley Marsh. Tu es incapable de prendre soin de toi-même, alors ne crois pas que tu puisses entretenir une relation avec qui que ce soit.
Putain. Faut qu'j'récupère Kyle!
Ouaip', Stan est comme dans l'épisode où il trouve que tout est d'la merde. C'est le personnage qui gagne le plus vite en maturité mais qui, malheureusement, ne sait pas gérer cet élan d'adultisme.
Prochaine chapitre, avec Craig le bg.
