Crédit: Trey Parker et Matt Stone.
Recevoir des remarques positives me rassure, par conséquent je prends plaisir à écrire puisque ma fiction semble plaire. Mes remerciements!
Faut j'précise aussi que les gars ne portent pas les mêmes fringue que dans SP, 'fin ils s'habillent comme nous aujourd'hui. Pas que j'trouve qu'ils soient laids, mais c'plus des gosses, ce sont des ados et j'vois mal Kenny avec sa gueule cachée ou Stan avec son ponpon d'enfant sur le crâne. En plus, ce n'est pas l'hiver dans l'histoire, il fait chaud.
Dans la tête de Kyle.
La cigarette se consume au bout de mes lèvres.
Il fait nuit, j'viens de quitter la baraque de Craig. Je pue le sperme, c'est dégueulasse. Enfin, c'est pas comme si Tucker était repoussant et qu'il baisait mal. Au contraire, il m'a défoncé comme un connard. Des coups d'reins dans mon cul, des coups d'langue dans ma bouche. Et j'suis persuadé que quand il éjaculait, c'était Stan qu'il sentait autour de sa bite, pas moi. Il le hait beaucoup trop pour cesser de penser à lui. Ca se voit à ses réactions quand il se bat contre Stan, il y a trop de passion, trop de ferveur, trop de désir pour que ce soit sans équivoque.
Moi aussi, j'ai envie de tabasser Stan à mort.
Si j'songe à lui faire du mal, c'est parc'que je n'suis pas satisfait de ma relation avec lui. J'exige plus qu'il me donne. Et comme il ne me donne rien à part du foutre dans le trou du cul, j'ai envie de lui rosser la gueule... Pour lui faire comprendre que j'suis pas à son service et que j'suis déconsidéré étant donné qu'on baise quand il le décide. Mais on ne peut pas obliger quelqu'un à nous aimer, et on peut encore moins décider de tomber amoureux. Je n'ai d'yeux que pour un alcoolique amorphe amant de bouteilles en verre. Je n'aurais pas pu faire mieux.
Léger rire, je dis n'importe quoi.
Non, la situation est mal foutue. Stan est con, je suis con et Craig l'est encore plus puisqu'il pense avec sa queue et ses poings. J'ai le cul entre deux chaises. J'ai couché avec deux types qui veulent s'arracher la gueule. Sans réfléchir, peut-être, ou en ayant tout calculé. Mais comment est-ce que ça marche les couples et l'amour? Je n'ai jamais eu de copines contrairement aux autres, j'veux dire, à long terme. Je ne sais pas comment on drague, comment on prend soin d'une relation, comment on entretient la personne à laquelle on doit rester fidèle, ni comment la rendre heureuse. J'y connais rien à ces putains de conventions!
J'suis juste sorti deux semaines avec Bebe avant de me rendre compte que les seins me dégoûtaient. J'pige d'ailleurs pas comment on peut être excité par des protubérances mammaires aussi molles que du flan, ça fait peur de les avoir sous les yeux, on dirait que ces salopes vont attaquer! Après, j'ai essayé avec Tammy, sous l'insistance de Kenny, mais avoir du gloss sur la bite ne m'fait pas bander. J'me suis rendu compte que le sexe ne faisait pas parti de mes préoccupations, à l'instar de tous les mecs de South Park, jusqu'à ce que je couche avec Stan.
La première fois qu'on a couché ensemble, qu'il m'a enculé sans rien me demander, il venait d'avoir une dispute violente avec Wendy. On devait avoir quinze ans, Stan m'avait appelé dans un état effrayant, il menaçait de se tuer, il disait qu'il avait trop mal au coeur et que c'était plus douloureux que dans son enfance. Il répétait que sa poitrine allait exploser sous la pression, qu'il ne savait pas gérer tellement c'était violent, qu'il avait besoin de moi... J'suis arrivé chez lui, les nerfs à vif. C'est là que mon dégoût envers Wendy s'est développé.
Sa chambre était dévastée et une bouteille de vodka vide trainait déjà dans un coin. Je l'ai vu finir la deuxième sans dégueuler. Je la hais, qu'il m'a dit. Je lui ai demandé à quel point il pouvait l'aimer pour en arriver là. Il m'a chopé le bras pour me balancer sur le lit avant de me grimper dessus et de m'embrasser. Ce n'est pas d'elle dont je suis dépendant, mais de l'habitude qu'on avait de s'aimer.Il foutu sa langue dans ma bouche, ses mains sous mes fringues... son coeur dans le mien par la même occasion. J'sais pas si mes sentiments pour Stan sont apparus cette nuit là ou s'ils attendaient depuis longtemps de se manifester. Faut dire qu'avec lui, ça a toujours été ambigu sans pour autant être gênant. On dormait ensemble, l'un contre l'autre, l'un dans les bras de l'autre. On pissait ensemble, on se partageait les vêtements, les sous-vêtements, les brosses à dents. C'était sensé être dégoûtant mais ce n'étaient que des détails ça. Stan est plus important pour moi que des civilités et des savoir-vivre d'éthique. Donc, peut-être que je confondais l'amitié avec l'amour?
Long soupire, j'écrase la clope et rentre chez moi en silence.
...
J'me suis réveillé avec une sensation immonde d'avoir des déchets collés à mon corps. Même me laver plusieurs fois n'a rien changé. On dirait que chaque fois que je baise, j'ai l'impression d'avoir été avalé par un dépotoir géant. J'suis pas fait pour m'envoyer en l'air. J'trouve ça sale même si c'est plaisant quelques minutes.
J'arrive à la cuisine où ma mère boit son café du matin.
« Tu t'es levé bien tôt ce matin, Kyle! »
J'hausse les épaules, me prépare des céréales et m'installe à côté d'Ike qui tartine son morceau de pain.
« Et tu as les yeux éclatés... »
Mon petit frère me regarde comme s'il savait tous mes actes d'hier.
« J'suis juste fatigué. »
« Tu devrais arrêter de sortir autant et penser à te reposer! Regarde-toi, on dirait que tu as passé la nuit avec le Diable! »
« Maman... »
Je dépose le bol dans l'évier avant de leur souhaiter bonne journée. C'est vrai que Tucker est le diable à foutre le bordel dans la vie de mon meilleur ami. J'me demande comment va réagir Stan en apprenant qu'on a couché ensemble. Enfin, je sais qu'il ne va pas me bénir, ça va certainement l'énerver.
« KYLE! »
Kenny me saute dessus et me colle un bisou baveux sur la joue.
« Alors, c'était comment de baiser avec l'enculeur de cochon d'Indes? Stan va te tu-er! »
Il mord dans un croissant, un énorme sourire sur le visage. Je plisse les yeux.
« Pourquoi t'as l'air heureux comme ça? »
Kenneth McCormick me lance ce regard, genre: dis bonjour à mes yeux bleus aussi innocents que ceux des anges!
« Parc'que c'est marrant. »
On arrive devant le lycée.
« Qu'est-ce qui est marrant? »
« Que tu couches avec Tucker pour provoquer Stan. »
« Ouais... comment t'es au courant d'ailleurs? »
« J'ai vu Stan qui m'a hurlé aux oreilles qu'il allait vous buter tous les deux. C'était pas compliqué de deviner pourquoi. »
Ca veut dire qu'ils sont entrain de se battre à cet instant précis.
« Ils doivent être à l'infirmerie maintenant non? »
Il jette le sachet à pâtisserie dans une poubelle, puis on approche de la cour. Tammy et Porsche viennent le happer comme toutes filles éprises d'un amour absolu pour lui. J'arrive dans les couloirs, l'euphorie de leur bagarre s'est déjà calmée. Je croise Cartman et Wendy qui échangent un dernier baiser avant de se séparer. C'est fou ce que les choses peuvent changer en sept ans... J'aperçois l'infirmerie, il fait silencieux à l'intérieur. Bizarre. Quand j'entre, la première chose que j'vois est Craig la bite à l'air devant un Stan furieux. On sait tous que les bêtes sauvages ne se calment jamais vraiment. Et ils ne sont pas différents de ces animaux régis aux pulsions.
« Craig, range ta queue pour une fois! »
Je croise les bras, puis le regard de Stan.
« T'as fait une connerie en le laissant t'enculer. »
« J'fais encore c'que j'veux, on est pas mariés! »
Craig laisse échapper un rire. Ca l'amuse tout ça, évidemment.
« Toi, ta gueule! »
Stan lève le poing. Tucker se plie en deux en crachant du sang, pousse des injures et se prépare à charger à son tour, mais je m'interpose entre eux. Il s'arrête avant de me toucher. J'entends Stan ironiser derrière.
« C'est pas c'que tu voulais, qu'on s'batte? »
Nos regards se défient.
« Si. »
« Alors pourquoi tu nous laisses pas faire? »
PUTAIN MAIS METS DES MOTS SUR CE QUE TU RESSENS AU LIEU DE ME LAISSER FAIRE DES CONNERIES, CONNARD!
On dirait que j'agis pour deux!
« Mais tu comprends rien! »
Je crois que j'ai les larmes aux yeux.
« Bon, Boule et Bill vous arrêtez vos histoires à la con pour me laisser décompresser en paix, merde? »
Craig se recouche sur son lit en nous faisant un fuck.
« Tucker me dégoûte, tout ce qu'il touche me répugne, son nom me donne envie de dégueuler et sa gueule est un appel à la mort. »
Stan s'est approché pour me parler doucement à l'oreille.
« T'as couché avec lui alors que t'es amoureux de moi. »
Je ferme les yeux, sa voix s'infiltre par tous les pores de ma peau, son odeur embrouille mes sens et la chaleur de son corps m'écrase si fort.
« Tu es une pute et tu me dégoûtes. »
C'est bon, mon coeur n'existe plus.
...
J'suis dans le parc, pas loin du lycée. J'ai séché les cours. Ca m'donnait plus envie. J'suis bon élève pourtant. Kenny a les bras autour de mes épaules et son front collé à ma tempe. J'pleure depuis que j'ai quitté l'infirmerie. Et je n'arrive pas à considérer Stan comme un connard briseur de coeur étant donné qu'il y a un fond énorme de vérité dans ses propos. Ca explique pourquoi j'me sens infâme et que l'odeur du foutre de Tucker ne me quitte pas.
On peut dire que je l'ai cherché.
Alors putain pourquoi je chiale comme un gosse?!
« Je reconnais que Stan a déconné grave. »
Kenny me caresse les cheveux. J'me sens pas bien.
Félicitations, tu as touché le fond.
Tu es inutile à la société maintenant. Suicide-toi.
Ce sentiment indéfinissable me tort le cerveau et je ris.
« Oh, ça ne va pas mieux... »
Wendy s'agenouille près de nous et me lance un regard compatissant. Quel rayon de soleil cette fille. Est-ce qu'elle est là par gentillesse ou par pitié?
« Salut Wendy, c'est déjà la pause de midi là? »
Kenny se détache un peu de moi.
« Oui. Je vous ai apporté deux sandwichs, je sais que vous vous nourrissez à la cigarette. »
Je lève les yeux sur elle.
« C'est gentil. »
« Et sincère! »
Je renifle. Kenny fait sa tête d'abruti qui n'a pas compris pourquoi Wendy a haussé le ton.
« Kyle, je sais que tu ne dois pas m'aimer beaucoup puisque tu devais t'occuper des crises dépressives de Stan quand on se disputait. Tu dois d'ailleurs me tenir responsable de toutes ces histoires pas vrai? »
« Ouais. »
Elle baisse les yeux en remuant un brin d'herbe de l'index.
« Après avoir largué Token pour me remettre avec lui, sache que ce qu'il t'a dit si calmement à l'infirmerie, je me le suis ramassé des centaines de fois... Je ne sais pas quel est le problème de Stan exactement, on dirait qu'il pète les plombs sans s'en rendre compte, mais essaie de ne pas lui en vouloir. Je suis certaine qu'il ne pensait pas ses paroles blessantes. »
« Okay... Wendy, faut qu'tu saches que chaque fois que vous vous engueuliez, je couchais avec Stan le soir même. »
« Je sais. »
Elle nous tend les pains.
« Comment ça tu sais? »
« Qui d'autre que toi peut supporter son caractère de merde? »
Kenny éclate de rire, puis se reprend en s'excusant solennellement.
« Et puis, je m'en doutais, vous étiez trop proches pour que ça passe inaperçu, tu ne penses pas? Même Clyde et Token ont cette retenue sur leur amitié que vous n'avez jamais eue, pourtant on sait tous qu'ils feront tout l'un pour l'autre. »
« Où tu veux en venir? »
« Stan est autant accro à toi que tu ne l'es à lui. »
C'est là qu'Eric Cartman arrive, il lève les yeux au ciel en nous voyant.
« Vous deux êtes stupides. »
Puis il se casse en tenant la main de sa chérie. J'en reviens pas qu'il ait changé à ce point.
« Bon, on retourne au lycée. »
Je me lève en mordant dans ce que Wendy a généreusement apporté. Il me semble que j'ai assez pleuré, ma fragilité s'arrête là. En plus, j'ai basket le mardi après-midi, j'ai envie de m'épuiser les muscles. On termine de manger et on arrive dans les vestiaires au moment de la sonnerie. Token et Clyde font aussi parti du club de basket, tandis que les autres de la bande sont au football. C'est toujours monsieur Garrett qui assure l'entraînement depuis l'école primaire.
Je marque des paniers en jouant perso. Je cours, je saute, je fais des dunks. Encore, encore, encore. Jusqu'à n'avoir plus aucunes ressources corporelles. Le prof me gueule que je déconne trop et que si je continue, il finira par me virer du cours, parc'qu'on est une équipe et tout son discours à la con que je n'écoute déjà plus, de toutes façons les deux heures sont passées.
L'équipe de foot entre dans le vestiaire en même temps qu'on se change. L'endroit est à peu près assez grand pour tous nous contenir. Tucker a le casier à côté de mien. Il me demande comment je vais.
« Me pose pas la question si tu t'en fous. »
Il enlève son t-shirt et j'aperçois les marques de mes griffures dans son dos. Mauvaise réalité, je ne voulais pas voir ça.
« C'est pas toi que j'veux savoir mal mais l'autre pd, ok? »
Je ferme les yeux très fort. Craig et Stan ont non seulement le même caractère de chien errant mais ils sont physiquement similaires. Grands, cheveux noirs, yeux bleus, plutôt robustes mais quand même fins à cause de la drogue. Ils ont le même grain de peau sauf que Stan est le plus bronzé des deux. Ca signifie que quand je suis avec l'un, je songe automatiquement à l'autre.
« T'restes pas regarder Captain America mettre une branlée à Superman la pédale? »
L'humour puéril de Craig me fait rire.
« T'sais, s'il est pas content, il n'avait qu'à agir avant. T'as rien à t'reprocher et lui n'a rien à dire. »
Il met son bras autour de mes épaules et s'approche de mon oreille.
« Et si tu t'sens seul, j'suis dispo quand tu veux! »
Je me prépare à sortir des vestiaires, Kenny n'a pas encore fini de se changer. Stan passe devant moi en tenue de sport sans m'adresser un regard. Je ressens de la colère mais aussi une honte immense. Est-ce que Stan est doué en manipulation, parc'qu'on dirait que chacune de mes émotions dépend de lui. Il peut faire de moi ce qu'il veut. J'suis sa marionnette, et c'est ainsi depuis notre première relation sexuelle. Wendy ne le connait pas comme moi, elle n'a vu que le faible garçon amoureux accroché à sa jupe qu'elle trompait sans arrêt, pas le jeune adulte en constant conflit intérieur.
Ca me fout la rage. Tellement, tellement, tellement que j'écrase mes poings contre la façade arrière du bâtiment. Il y a un adage qui dit qu'on aime ceux qui nous font du mal, mais il oublie de dire que jamais on n'arrête d'aimer car souffrir est une addiction. Ce n'est pas mon cas, me complaire dans cette merde ne m'excite pas, y a qu'les filles faibles et les mecs aux p'tites couilles pour ça!
Mais il y a tellement de choses altérables chez une personne, après tout. Je ne fais pas exception.
Je n'ai pas mis "HURT/COMFORT" pour rien. J'rappelle que Craig aime MARVEL et que Stan aime D.C. (Captain America est dans Marvel et Superman est dans D.C.), voilà pourquoi il s'est comparé lui même ainsi que Stan à ces super-héros.
