Crédit: Trey Parker et Matt Stone.

Désolé pour les fautes restantes.

Donc dans cette fic, j'y mets toute ma tête. C'un truc mature qu'j'écris (j'espère que le message est passé).

+ Je vois que ma fic en inspire plus d'un (Hellsnight et Shireisu). Autant ça m'flatte, autant je l'ai en travers de la gorge, si on voit c'que j'veux dire.

Bon, j'vous laisse avec Stan.


Dans la tête de Stan.

Sur le terrain de foot, tout à l'heure, Craig a envoyé son putain d'ballon dans mon estomac. Alors, tellement accro aux endorphines qui pallient à mon manque de violence, je l'ai mis à terre avec une droite qui a arrêté son rire de merde. Pitoyable. On se met sur la gueule tout le temps, tout le temps, tout le temps. Ce n'est pas comme si on pouvait se retenir de se battre. On se hait trop pour s'ignorer.

Me défouler physiquement sur Craig est jouissif. Ca fait un bien monstrueux de se déchainer en cognant aussi fort que la rage le permet. J'me sens comme vivre en accéléré et en plus intense. Si se battre était comme baiser, alors on peut considérer que la fille qui se fait sauter mourra déchirée, trouée, emboutie de l'intérieur. Les poings matraquent le corps, les genoux écrasent les os et les mains pétrissent la chair jusqu'à ce qu'elle prenne la teinte du moisi. Dérouiller quelqu'un est similaire à avoir un orgasme. J'suis convaincu que Craig ressent la même chose, la bosse dans son fute chaque fois qu'on se défonce l'un l'autre prouve qu'il y prend un plaisir démesuré.

Là, je rejoins Ze Mole dans un vieux parking pour qu'il me refile une meilleure marijuana que la merde illicite de South Park. Cartman ayant pris sa retraite de dealeur improvisé, il ne reste plus que Christophe pour ravitailler cette ville perdue dans le trou du cul des montagnes. Gregory est là aussi, ils ne se lâchent plus et se partagent tout, le fric, les drogues, les filles, et le lit aussi parfois. Bordel, leur complicité parait tellement simple! Les voir s'éclater ensemble me rappelle à quel point ma relation avec Kyle est parti en couilles. C'est pourtant pas compliqué d'être naturelavec son meilleur ami!

Pourquoi j'ai poussé Kyle a faire une connerie? Pourquoi j'ai engraissé le problème alors qu'il était déjà obèse à la base? Mon cerveau à la con! Cet organe inutile et dégoûtant! J'ai les nerfs. J'suis paumé dans ma tête comme un clochard l'est dans son bourbon vide. Je n'arrive pas à réfléchir clairement, ou calmement, puisque la réalité sur notre amitié me tabasse le cerveau! Ca m'énerve. Ca m'énerve. CA M'ENERVE. Faut qu'je rosse une surface qui m'explosera la main pour m'calmer.

Et donc ça veut dire que j'suis entrain de ruminer ces pensées de merde, affalé contre un mur maculé de sang, un bon bédo gorgé de suie rouge entre les doigts, et avec la mâchoire qui craque à force de me foutre de ma propre gueule?

Bravo, je suis pas loin de toucher le fond. C'est bien.

« C'que t'fais pitié Marsh. »

Tucker range son herbe dans sa poche. Tucker me regarde de haut. Tucker me fusille de ses yeux que j'arracherais volontiers. Tucker sourit. Tucker est fier de ce qu'il observe parc'que me voir dans un état lamentable le fait bander. Tucker est malsain. Tucker me fait chier.

« T'as l'feu au cul que tu m'lâches pas, enfoiré d'merde? »

Il hausse les épaules en s'accroupissant.

« Peut-être, qui sait? »

Je l'ignore en terminant la sèche tranquillement.

« Mais qu'est-ce qui t'es arrivé pour que tu en sois là? T'as l'air misérable. »

Il s'enfile une cannette d'un liqueur qui m'fait malgré moi envie.

Alcool, épouse-moi...

« Ta gueule. »

Il en ouvre une deuxième qu'il pose sur ses lèvres. L'odeur amère vient me piquer le nez. Puis il la tend vers mon visage en la secouant doucement.

« T'en veux ha ouais? »

J'me rends compte que mes bras tremblent et que le bédo n'est plus entre mes doigts car il fume sur mes cuisses. Craig sourit en coin avant de vider la canette et de se pencher vers moi. L'une de ses mains me chope la nuque tandis qu'un de ses genoux se pose entre mes jambes. Son front est presque collé au mien.

« Tu sens cette odeur alcoolisée? »

Je le déteste mais je suis amoureux de cette effluve dont mon corps et mon esprit sont accros. J'ai une assuétude pour le parfum tassé qu'émane la bouche, les lèvres, la peau de ce fils de pute sur lequel j'voudrais vomir.

Non. J'ai le cerveau fusillé par un dédain excessif de la vie et un comportement qui va au delà de la neurasthénie. Je n'me comprends pas moi-même. Alors j'agis n'importe comment. Comme maintenant. J'ai le goût de l'alcool dans la bouche ainsi que celui de la salive de Craig. Ses dents mordent mes lèvres et ses doigts se crispent dans ma nuque. Seule sa langue cherche la mienne dans une étonnante douceur. Enfin, il m'aurait étouffé que je la lui aurais coupé en deux!

Et on oublie pas qu'on est conditionné à toujours être insatisfait. Il y a des personnes avec qui être n'est pas nécessaire quand avoirqualifie ce qu'on vaut (ici, on a les couilles qui entrent en ébullition). C'est pareil avec Tucker, on s'embrasse, mais ça ne suffit pas. Alors je fous mes mains sous son t-shirt. Sa peau est en sueur. Il fait la même chose de sa main libre. On bascule à terre pour mieux se galocher. Nos futes descendent rapidement au niveau des cuisses pour coller nos bites ensemble et provoquer le plaisir attendu. Craig gémit contre ma bouche.

J'le retourne pour lui donner un coup d'reins, mais il n'veut pas rester en place, en dessous, donc il me fout un coup d'poing dans l'foie, que j'renvoie sur sa tempe. Il vient alors me mordre dans l'épaule, nos bassins toujours en rapports, j'lui attrape les cheveux pour le tirer vers l'arrière. Il gémit encore, mais de douleur cette fois. Un sourire ravit mes lèvres, putain c'que j'aime quand cet enculé souffre.

Ainsi nait l'hégémonie des corps. Domination sans partage par deux tyrans régis aux hormones.

« Enculé, reste couché! »

Fébrile, il maintient mes épaules contre le sol fumant sous la chaleur. Mais j'ai pas l'temps de répliquer quoi qu'ce soit puisque le foutre d'notre orgasme commun arrive pour s'étaler contre le mur.

Craig tombe violemment sur moi, je lui fous un pain en lui éclatant le nez et remonte ma braguette. Il m'insulte et lève le poing aussi.

Bien. On ne sait rien faire d'autre que s'arracher la gueule.

« C'quoi ton problème Craig, t'sais pas me foutre la paix?! »

Il reboucle sa ceinture.

« T'es mon seul divertissement ici, avec le juif! »

Il rampe jusqu'à moi.

« Putain Marsh, t'rends pas compte à quel point j'aime t'faire chier... »

Son souffle chaud se mêle au mien et bientôt sa langue échauffe ma bouche. Encore. On s'embrasse n'importe comment. L'échange est d'une violente passion de deux types qui se détestent tellement qu'ils s'excitent sexuellement l'un l'autre. Quand on s'étouffe, on s'arrête quelques secondes pour reprendre le baiser à nouveau. Craig essaie d'me dominer tandis que je tente de le soumettre. On se donne des coups quand il y a une abondance d'exaltation. L'excès n'est pas vraiment quelque chose que je considère de mauvais, surtout quand ça tord les tripes. On ressent ça ainsi: tu t'sens vivre là?!J'ai l'impression de m'épuiser dans un combat dont la fin serait la servitude du perdant. J'suis écoeuré de faire du sexe avec Tucker, mais j'voudrais qu'il m'lèche les couilles dans une soumission qui f'rait d'moi son roi sadique!

« Stan, j'ai envie de t'enculer! »

« Ferme ta gueule et va jouer avec ta bite ailleurs! »

« J'peux r'tourner dans l'cul d'Kyle alors? »

Mon poing lui fracasse la mâchoire. Ca m'fait marrer. Il jure en se relevant.

« T'es trop con Stan, pourquoi ça t'énerve que j'parle de lui alors que t'l'as jeté comme d'la merde? »

Il s'prend pour mon psy ou quoi?

« Mêle d'toi d'ta vie. »

« Au moins la mienne est saine et j'pas perdu la boule contrairement à toi TROU DU C'! »

« BORDEL, JE VAIS BIEN! »

Voilà, la baston recommence.

On applaudit.

...

Il fait nuit quand j'rentre. Ma mère m'engueule parc'que j'suis dans un sale état et mon père veut toujours que j'rencontre un psychiatre. Il en connait un qui m'aidera à aller mieux apparemment. Blasé, toujours, tout le temps, j'leur dis que j'ai pas besoin d'un foutu docteur à la con. Sans élever la voix, parc'qu'ils ne veulent pas mal faire et que je les aime malgré ça. Ils ont toujours voulu que j'voie un psy depuis que j'suis gosse, mais le premier à qui je n'ai pasparlé a dit que j'étais le seul à décider si j'voulais aller mieux ou non. Seulement... ils sont tous paranos puisque j'me porte à merveille. Bon, j'bois souvent, mais tous les ados le font, merde, faut pas en faire une affaire d'état.

« Ca suffit! Je vais te prendre un rendez-vous et tu vas y aller, fils indigne! »

Je ferme la porte d'ma chambre à clef avant de m'emparer d'une bouteille avidement. La finir. Recommencer avec une autre. L'alcool me bute la tête. Un peu de musique classique pour calmer mon envie de me péter la tête contre le mur. Le seul genre musical qui n'est pas encore bon à s'faire chier dessus. L'accalmie du blanc des murs me berce.

Ca me rappelle que Wendy déteste l'ambiance de ma piaule et son plafond où sont encore inscrits les poèmes des gothkids. Elle n'a jamais rien aimé de toutes façons, elle boycottait tout ce que j'avais sauf ma queue évidement, fallait bien qu'elle se fasse torcher de temps en temps. En dehors de son infidélité qui me défonçait la raison, elle reste une fille belle, très belle, et intelligente. Elle était le meilleur pour moi mais je n'étais pas fait pour elle. Je ne la rendais pas heureuse mais j'avais besoin d'elle, car elle me stabilisait autant qu'elle me faisait du mal. J'étais amoureux d'elle, petit, mais l'amour a changé en admiration et en nécessité avec le temps. Wendy, en personne intègre, savait cannaliser mes envies d'honorer les murs de ma cervelle. C'est logique, les gens cons vous font régresser tandis que les gens humbles, entiers, bons, comme Wendy, Kenny ou encore Clyde, vous tirent vers le haut. Quand Tucker est à proximité, je deviens un chien, il devient un chien, et on ne fait rien de productif ou d'intelligent. Enfin, j'étais avec Wendy par habitude, et cette habitude était tenace puisqu'elle durait depuis l'école maternelle. Seulement, elle et moi n'étions pas fait l'un pour l'autre. C'est tout.

Je me déshabille avec la lenteur de celui qui a déjà l'esprit bien alcoolisé. Mes mouvements sont lents, lassés, imprécis. Ma tête tourne et je me retrouve à ramper sur la moquette pour retourner sur le lit. Ma main se pose sur un t-shirt appartenant à Kyle, celui avec Metallica écrit dessus. En fait, il y a énormément d'affaires à lui dans ma chambre...

Et dire qu'il y a moins d'une semaine, notre relation était toujours aussi simple. Enfin, il y avait les désirs inavouables qu'on taisait, et dont on savait l'énormité des conséquences si on en parlait. C'était bien de vivre sur des non-dits et des regards amoureux tout en restant à distance convenable l'un de l'autre. Même si on couchait ensemble parfois. Je reconnais avoir des sentiments plus qu'amicaux envers Kyle, j'en ai toujours eu, seulement je ne suis pas prêt à l'assumer. La fierté masculine rend con, on y peut rien. L'amour est une blague. Me plonger dans une boisson addictive qui pue la gnole me paraît moins compliqué que l'engagement dans un couple de pédés. J'aime mon meilleur ami, mais des amants ne cassent-ils pas au bout d'un certain temps? C'étaient mes appréhensions avec Wendy, je savais que ça allait finir. Jamais je ne l'aurais marié. Voilà où ça en est, nous ne sommes plus ensemble elle et moi, et si j'avais été le plus amoureux des deux, la voir heureuse avec quelqu'un d'autre m'aurait fait péter les plombs de manière irréversible.

Je me glisse sous les draps. Mon cerveau fait un ollie.

Et puis je vois le mur, et puis je repense à mon attitude de merde par rapport à Kyle, et puis j'ai envie de m'éclater la tête contre le béton, et puis j'ai envie de me faire mal pour me punir d'avoir été con, et puis j'ai envie de dégueuler.

Je m'endors en ravalant le vomi amer qui me monte l'oesophage.

...

Mercredi matin. Monsieur Mackey m'envoie voir le psychologue du lycée sous la demande de mes parents. Je fronce les sourcils, énervé. J'ai bientôt dix-huit ans, c'est exagéré de m'obliger à m'faire disséquer le cerveau. J'vais bien bon sang!

Devant la porte, j'hésite entre entrer ou repartir.

« Oh, tu es déjà là Stanley. Entre, je t'en prie! »

Le psy est un homme d'environ trente-ans à l'allure sérieuse. Il se présente comme étant discret, sportif, musicien sur les bords, admiratif des poésies de Baudelaire et grand épicurien. Il déteste se prendre la tête. Il a une fiancée ainsi qu'une petite fille de trois ans. Parfois, il travaille bénévolement pour des associations caritatives et dit qu'aider les autres redonne confiance.

Qu'est-ce qu'un mec altruiste comme lui fout avec des problèmes d'ados stupides? Les lycées n'ont pas besoin de prétendu héros quand le monde en réclame plusieurs.

« Bref, appelle-moi Konrad. »

Konrad s'assoit sur une chaise face à moi avant de prendre son carnet et déjà d'y écrire. Je croise les bras, assis sur le divan bleu, mon sac de cours à mes pieds.

« Ne me regarde pas comme si tu allais me tuer, je ne vais t'obliger à rien ici. Détends-toi. »

Son sourire me tranquillise.

Il dépose son stylo.

« Alors, Stan, comment tu vas? »

« Bien et vous? »

« Bien, aussi. Sais-tu pourquoi tu es ici? »

« Parc'que mes parents sont, à tort, inquiets pour moi. »

Il commence à écrire.

« S'ils sont inquiets, c'est qu'il y a une raison. Qu'est-ce qui a changé dans ton quotidien pour qu'ils en arrivent là? »

Question précise qui va droit au but.

« Rien n'a changé, justement. »

« Bon, alors peut-être qu'ils étaient alarmés par quelque chose qu'ils ont décidé de dire maintenant? »

« Ce sont des parents, dés qu'il y a un truc bizarre, ils croient qu'un psy est nécessaire. »

« Et qu'est-ce qu'ils qualifient de bizarre chez toi? »

J'hausse les épaules.

« Tout, ce sont des parents et j'suis un ado. C'normal qu'on soit en désaccord. Les relations sont en général conflictuelles. »

« C'est juste, c'est juste. »

Il prend encore des notes.

« Tu as une petite amie? Wendy c'est ça? »

« On est plus ensemble. Mais vous la connaissez? »

« Elle venait me consulter avant, mais elle a arrêté il y a une semaine. »

Wa putain, je devais vraiment être un gros enculé pour que Wendy en soit venue là.

D'ailleurs...

« C'pas très professionnel ça, m'sieur. »

« Tu garderas ça pour toi, dans c'cas. »

Un léger sourire ravit mes lèvres. Ok, il a l'air cool, mais ça reste un psy. Un psy qui est au courant dans les détails de ma relation avec Wendy.

« J'imagine que vous allez m'juger d'après c'que j'lui ai fait? »

« Non, évidemment. Mais commençons par là, ça nous fait un point commun. »

Nouvel haussement d'épaules.

« Comment as-tu réagi après votre rupture? »

« J'suis sorti avec Lola. »

« Vous êtes toujours ensemble? »

« Non, elle m'a trompé. »

« Et j'imagine que ça a dû être pénible? »

« Ca m'a énervé, donc j'prévois pas d'avoir une copine d'si tôt. »

Konrad, par la bouche de Wendy, doit savoir la relation que j'ai avec mes parents, avec mes potes, avec Kyle, en plus de mes notes scolaires, de mes mauvaises habitudes et de mon caractère de chien. Donc, tout lui cacher n'sert à rien puisqu'il connait l'étendue de mon existence. Je soupire.

« Bon, on recommence? »

« Si tu veux Stan, comment vas-tu? »

« Vous m'croirez si j'vous disais que j'vais bien? »

« Honnêtement non, physiquement tu vas mal, et l'esprit a une grande influence sur le corps. »

Je n'peux m'empêcher d'faire une grimace. Et ouais, nous les mecs on s'fout pas du fond d'teint sur la gueule pour cacher les défauts du visage.

« C'juste le sommeil, tout l'monde a des cernes. »

Konrad décide d'ignorer ma constatation universelle sur cette société de merde dans laquelle le peuple souffre, souffre, souffre à n'en plus finir.

« Pourquoi ne vas-tu pas dormir plus tôt? »

« J'y arrive pas. »

Sauf avec de la volonté.

« Quand on s'en donne les moyens, si. »

« Je bois en fait. »

Il croise les jambes. Je reste impassible.

« Depuis quand tu bois? »

« Longtemps, j'sais plus. C'est bon de boire. »

« Et tu es tout seul quand tu le fais? »

« Ouais, dans ma chambre. Seul. »

« Pour quelle raison bois-tu? »

« J'me supporte mieux après. »

Il plisse les yeux.

« C'est à dire? »

Je fronce les sourcils.

« J'ai moins envie de m'exploser le crâne contre l'mur après avoir bu. »

On se regarde dans les yeux.

« Jusqu'à quel point te veux-tu du mal? »

« J'me veux pas d'mal, c'une envie qui m'vient sans avoir réfléchit avant. »

Il griffonne encore.

« Parlons de Kyle. »

« Quoi Kyle? »

J'me sens anxieux tout d'un coup.

« D'après ce que j'sais, c'est ambigu entre vous, mais je peux me tromper. C'est à toi de me le dire. »

« On a bientôt fini? »

Il sourit.

« Non, on a toute la matinée, et il nous reste deux heures au moins. »

Merde!

Et de quoi elle se mêle Wendy? Elle pouvait pas rester sur son vagin mal-baisé au lieu de tout déballer?! Salope!

« Bon. C'est mon meilleur ami. »

« Vous vous entendez bien actuellement? »

Je baisse les yeux.

« Pas vraiment. »

« Pas vraiment quoi? »

« J'suis pas l'meilleur ami parfait, j'ai fait et dit des choses volontairement blessantes. »

« Tu serais d'accord avec moi si je disais que ta dépendance envers l'alcool a un lien par rapport à ta relation avec Kyle? »

« J'suis pas accro à Kyle. »

« Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. »

Son sourire dégoûtant!

« Ok, je bois parc'qu'avec Kyle c'est compliqué et incohérent alors? »

« Je pense que tu crois que c'est compliqué et incohérent, alors tu bois, tu es dans un déni. »

J'me lève d'un bond.

« Ca m'énerve là! Retournez sauver des clochards, c'est mieux que des problèmes d'ados à la con! »

Il m'attrape le poignet avant que je n'empoigne mon sac.

« On a tous le droit d'être préoccupé par quelque chose et d'être malheureux! »

Mes doigts craquent de rage.

« Je vais bien. »

Et j'me casse.

...

C'est trop la merde dans ma tête! Putain de cerveau! J'ai quitté le lycée pour cogner dans la façade d'un quelconque bâtiment. Ca soulage, mais ça fait mal. Ma main qui saigne, le mur qui saigne. C'est bien, gloire à mes poings. J'crois que j'suis entrain de pleurer. Et de me marrer aussi.

C'est pour ça que j'ai besoin de Kyle.

Kyle est le micro-ondes qui s'éteint quand la tasse de lait déborde. Autant Wendy me stabilisait, autant Kyle éradiquait toutes mes putains d'idées noires. Avec lui, j'bois pas, bon je fume, mais j'entends pas l'appel de l'alcool. Il vaut plus qu'une bouteille remplie d'pisse addictive. Sans déconner, il est beau avec ses yeux verts qui brillent, sa peau qui sent bon, ses cheveux doux qui se sont aplatis avec le temps, et sa voix qui agit sur moi comme un puissant narcotique. Sans lui, j'arrive pas à m'gérer moi-même. J'me serais déjà tiré une balle tellement j'suis blasé d'la vie.

Mais j'suis incapable d'nous laisser nous aimer. J'ai trop peur de le lasser. C'est connu, l'amour ne dure pas, il s'use, alors il faut le renouveler avec quelqu'un d'autre! L'amour c'est un abonnement de train qui change en celui de bus, puis on finit par la chaise roulante.

Putain.

Kyle est tombé amoureux d'moi à un moment étrange et impétueux d'mon existence.

Cette douleur, parc'que Kyle n'est pas là, merde, ça fait mal!


Le chapitre suivant est celui de la fin.