Chap 3. Vivre son rêve éveillé
Cher journal,
Il est 7h00 du matin, et j'ai très mal dormi.
Je te fais grâce des ronronnements habituels qui font tout sauf me bercer. D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi mais ce matin, Pattenrond me fait la tête. Il a boudé sa pâtée et a renversé volontairement son bol de lait. Je le revois faire, ce petit vicieux, me regardant droit dans les yeux, positionnant sa patte sur le côté et poussant la gamelle pour qu'elle se retourne. Un chat peut-il voir l'avenir ou sentir qu'il peut faire une croix à sa promenade hebdomadaire? Bref, tant pis pour lui... Je lui ai donné mon dernier fond de lait, je me trouve déjà bien généreuse, alors il faudra qu'il attende que je fasse des courses maintenant.
Sinon, pour en revenir à mon rêve, en fait, je ne sais pas si j'ai envie de m'en rappeler pour te l'écrire. J'en ai encore un mauvais goût dans la gorge. Allez, l'écrire me le fera sortir de la tête... enfin j'espère. Comme j'ai honte... Comment j'ai pu rêver de cela et surtout de ces deux là...
Bon, comme d'habitude, un élégant jeune homme, sans alliance au doigt, venait chercher une information aux archives (l'espoir fait vivre n'est-ce pas?). Je lui trouvais le livre désiré en quelques minutes et mon efficacité lui tapait dans l'oeil. De là, pour me remercier, il m'invitait au restaurant et jusque là, tout se passait bien. En plein milieu du repas, Malefoy « himself » s'imposait à notre table et commandait une des meilleures bouteilles de la cave. Il discutait avec mon chevalier servant, ou devrais-je dire mon fantasme nocturne, si bien que ma seule consolation était le va-et-vient que faisait mon verre de vin à ma bouche. Sans que je m'en rende compte, je devais être complètement bourrée et je regardais mon amoureux imaginaire partir sans même un au revoir. Je me leva pour essayer de le rattraper (encore, comme d'habitude, mais bizarrement, ça ne marche jamais) et au lieu d'aligner deux pas l'un après l'autre, mes jambes semblaient avoir perdu le réflexe de marcher, ce qui me fit tomber à terre. C'est l'autre blond platine (décoloré ?) qui me proposa sa main pour me relever. Seulement une fois que j'arrivais à distinguer les contours de son visage, c'est celui de mon cher voisin qui en avait pris la place. Il avait avancé ses lèvres pour essayer de m'embrasser… et en l'écrivant, j'en ai encore des nausées. Bref... Bon, mon café est prêt... je vais aller à mon rendez-vous amoureux... Ok, à mon travail... Mais avec une superbe robe que j'ai payé à la sueur de mon front! Et ça, j'en suis fière! 7h23... mince... 3 min de retard... Bye
Tout en avalant d'une traite sa tasse noircie par son contenu, Hermione essayait de chasser la dernière image du cauchemar de son esprit. Elle se pressa pour finir de se préparer. Elle descendit à la salle de bain commune lorsque une forte odeur de parfum bon marché agressa son sens olfactif et l'empêcha de franchir la porte. Elle s'obligea à remonter dans sa chambre et se lança un sort de "bouchenez" avant de redescendre prendre sa douche. Après les précautions de prudence quotidienne, elle remonta dans sa chambre pour enfiler enfin sa jolie robe rose nacrée... Hermione s'admirait, enfin, surtout la robe, dans la glace, et ne regretta pas son achat. Elle se contraignit à faire un effort de coiffage et maquillage, histoire d'être crédible jusqu'au bout, avant de descendre lentement les escaliers.
Arrivée aux dernières marches de son étage, elle sourit en entendant le verrou de son voisin cliqueter. Elle rentra le ventre, bomba la poitrine et lui adressa un regard des plus ravageurs tout en amorçant le prochain escalier. En passant près de lui, Hermione put sentir à nouveau le - parfum - que son voisin avait dû renverser sur lui et se moqua intérieurement. Au moins, il avait retrouvé le chemin de la salle de bain, il ne manquait plus qu'à lui faire comprendre le système d'ouverture des robinets de la douche.
Mais le plus important était que l'effet semblait total puisque son voisin n'avait pas réussi à sortir un seul mot de sa bouche, chose rare chez lui. C'est donc le coeur léger qu'elle arriva au ministère.
Comme elle le pensait, l'atrium était désert. Elle ne rencontra personne lors de son trajet pour arriver aux archives. La seule distraction de la journée était apparemment le procès au cinquième niveau et d'après ce qu'elle pouvait voir sur son bureau, celui-ci ne commençait qu'à 10h00.
Elle installa sa petite cape d'été sur sa chaise et s'assit pour lire la note qu'avait dû laisser son supérieur à son attention.
"Chère Hermione,
Merci d'avoir si gentiment accepté la permanence des archives. Il est d'une importance cruciale que les missives et parchemins du procès soient automatiquement rangés et classés dès qu'ils vous arrivent. Je compte sur votre intégrité et votre discrétion la plus absolue dans cette affaire. Ah oui, j'oubliais, le procès commence vers 10h et il se pourrait bien qu'il finisse assez tôt... Je suis persuadé que vous pourrez disposer vers 21h..."
21H? Hermione se demanda si elle avait bien lu... Mais si, 21h! Et il trouvait ça tôt? L'ancienne Gryffondor se laissa tomber sur sa chaise, comme si le monde sorcier venait de voir s'envoler toute once de magie. Après une bonne quinzaine de soupirs, elle reprit son classement de la lettre "B" et s'y consacra entre deux parchemins.
A l'heure du déjeuner, pause vraiment méritée, elle décida, pour une fois, de prendre son heure entière pour manger. Après tout, elle avait fait un effort vestimentaire et estimait avoir le droit d'être vue par quelques personnes. Elle alla à la cafétéria au coin de la rue qui servait officieusement de cantine ministérielle et se fit complimenter par les deux serveuses et le cuisinier. Elle justifia sa tenue par un rendez-vous juste après le travail et un manque de temps pour rentrer chez elle et se changer. Ce qui aurait pu être vrai vu qu'elle finissait à 21h00... Et encore ! Le conditionnel de la note de service pouvait supposer un dépassement d'horaire. Les filles de la cafétéria lui demandèrent plus de détails sur le rendez-vous en question et Hermione s'engouffra davantage dans son mensonge. Elle joua bien évidement la carte de chevalier "secret" et après avoir répété 5 fois le mot "secret", les serveuses n'insistèrent heureusement plus sur l'identité du jeune homme.
De retour aux archives, Hermione prit une bonne résolution pour le reste de la journée: ne pas regarder l'horloge lui rappeler qu'elle pourrait être dehors à profiter du magnifique temps et éventuellement obtenir l'adresse d'un jeune homme potentiellement mariable. La nuit tombante lui indiquerait parfaitement la proximité du relâchement pénitencier.
C'est donc avec la lettre "B" suivit du "E" qu'Hermione s'occupa tout le long de l'après-midi. A un certain moment, les parchemins arrivaient toutes les minutes, enfin, de manière très rapprochée et Hermione pensa qu'un témoin important devait être auditionné en ce moment même. L'envie d'en savoir plus se battait dans son inconscient avec son professionnalisme. Il était très dur pour elle ne se contenter de ranger les missives à leur place. Elle regretta de ne pas avoir acheté la Gazette Du Sorcier du jour, elle aurait pu essayer de comprendre ce qui se déroulait juste au dessus de sa tête. Hermione se disait qu'elle avait eu tout à fait raison d'accepter la garde des archives. Ses collègues auraient eu moins mauvaise conscience à ouvrir - par accident - quelques parchemins.
Lorsque la luminosité de la pièce baissa, Hermione s'autorisa une petite pause et s'installa au fond d'un rayon, histoire que personne ne puisse la découvrir en train de lire un manuel sur l'art et la manière d'attirer les hommes dans son foyer. La honte et l'humiliation en auraient été totales. Pourtant, ce livre était très intéressant pour une célibataire endurcie. Hermione savait que si un tel livre lui était parvenu dans les mains à Poudlard, elle l'aurait tout de suite donné à Lavande ou Parvati, les probables propriétaires du tas de conseils débiles. Bizarrement, à 24 ans, et surtout désespérément célibataire, ces idioties lui semblaient maintenant tout à fait instructives, bien que certains conseils restaient peu valables à ses yeux.
- Manger des cornichons jaunis à la noix de peccant attire les plus intelligents d'entre eux? S'étonna Hermione en relisant tout haut ce qu'elle pensait ne pas avoir compris lors de sa première lecture.
Elle allait commencer le chapitre onze, qui était un lexique pour femme parfaite et épousable, quand quelques voix lui firent vite ranger son livre sur la première étagère venue. Hermione se leva, s'ajusta, histoire d'être impeccable dans sa superbe robe, remit de l'ordre dans ses cheveux et avança lentement, délicatement, sensuellement (c'était quoi déjà qu'il disait dans ce livre?) et (ah oui...) de manière désirable, jusqu'au bureau d'accueil. Voulant rester crédible, elle saisit un autre livre plus sérieux au passage, histoire de montrer également qu'elle travaillait durement en plus d'être "jolie".
Les voix, deux semblait-il, descendaient les dernières marches de l'escalier qui menait aux archives. Hermione pouvait maintenant les entendre et se prépara à les accueillir. Elle ouvrit le registre des emprunts et s'assit à son bureau, le livre ouvert à la page des règlements et protocoles d'actions sur la réalisation de chaudrons magiques conformes.
- ... mais c'est très exceptionnel. Nous faisons cela uniquement lors de procès importants. Toutefois, vous avez de la chance, car c'est la plus consciencieuse de nos employés qui est de garde. Vous pouvez lui demander tout ce que vous voulez, elle saura vous satisfaire d'une manière ou d'une autre, annonça une première voix qu'Hermione reconnu comme celle de son chef, ce qui fit remonter son ego d'un cran à l'écoute de cet éloge sur sa personne.
- Si cette merveille me trouve une solution alors je ferais en sorte d'en remercier votre service, répondit l'autre homme. Prenez ceci pour votre discrétion, ajouta t-il en donnant ce qu'Hermione comprit comme un pourboire.
- Très bien je vous laisse Monsieur Malefoy, je vous souhaite une bonne fin d'après-midi!
- Vous de même, termina l'ancien Serpentard tout en cherchant du regard où pouvait bien se trouver la personne en question qui aurait due être là pour l'accueillir.
Heureusement pour Hermione, il n'avait pas regardé sous son bureau. Elle qui avait tant espéré en quelques secondes voir la première partie de son rêve s'exaucer, fut très vite rattrapée par ce cauchemar. Refusant la réalité, elle s'était cachée à l'annonce du nom du visiteur. De là où elle était, Hermione pouvait l'entendre faire actionner la petite sonnette du comptoir d'accueil, mais elle n'avait pas envie de se montrer dans cette tenue et surtout d'avouer sa profession à celui qui en rigolerait durant des années entières - Hermione Granger, la Miss-Je-Sais-Tout, l'inconsciente qui a fait face à l'ancien maître, préposée aux archives du ministère !- Pansy Parkinson Malefoy y aurait sa revanche à vie avec ça.
- Mais la meilleure dans son domaine tout de même, se reprit à penser Hermione alors qu'elle pouvait entendre son ancien ennemi remonter les marches.
Toutefois, sa fichue conscience reprit le dessus et Hermione se leva quand même pour être sûre de rien avoir à se reprocher à elle-même et son supérieur. Elle courut vite fait bien fait, derrière un rayon et fit assez de bruit pour faire comprendre à Drago que la personne disposée à l'aider arrivait finalement. Celui-ci se retourna et d'un air franchement agacé, il avança vers la jeune fille, qui tenait un livre juste devant son visage. Le silence ambiant provoqua une accélération du coeur de la Gryffondor qui baissa d'un coup le livre. Elle aurait juré que Malefoy en faisait une crise cardiaque sur le coup.
- GRANGER? S'écria t-il, surpris et estomaqué.
- Vous êtes aux archives monsieur, répondit-elle en indiquant l'écriteau qui disait: "Merci de parler doucement". Que puis-je faire pour vous, reprit-elle avec le plus de professionnalisme que possible.
- Tu travailles ici? Aux archives?
- Le nom du livre ou du parchemin que vous désirez s'il vous plait? Demanda t-elle en essayant de garder son calme.
- Alors là, c'est la meilleure de la journée... J'avoue que je ne sais pas si je suis déçu ou satisfait... lança t-il avant de se rendre compte de l'impossibilité d'obtenir l'information dont il avait besoin. Bien, je crois que je vais m'adresser ailleurs. Mon problème n'est peut-être pas si grave par rapport à ce que je viens de constater ici.
- Je suis à votre disposition monsieur, pour vous aider. Mon travail veut qu'il me soit obligatoire de rester discrète avec les requêtes de nos visiteurs, tout comme il nous est interdit d'exprimer un jugement à cette même requête. Je me ferais donc un - plaisir - à vous -servir-, répondit-elle en se crevant le coeur avec un couteau imaginaire, mais extrêmement pointu, sur les mots "plaisir" et "servir".
- Un plaisir de me servir... voilà qui est intéressant venant de toi... J'avoue que c'est franchement tentant... Très bien, j'accepte... se félicita Drago.
- Veuillez signer ici afin que je puisse vous garantir mon silence, continua Hermione en indiquant le registre. Maintenant, je vous invite à me suivre pour vous installer sur l'une de nos tables d'études.
Hermione conduisit Drago dans une salle annexe qui comportait quelques tables assez grandes pour pouvoir consulter plusieurs livres en même temps, ce qui arrivait souvent lorsqu'une personne demandait de l'aide. Drago la suivait de près et Hermione pouvait ressentir un malaise face à une inspection en règle de sa tenue et de son corps. Elle se félicita de ne pas avoir mis son vieux jean et son pull marin qui avaient tendance à la grossir. Cette robe était décidemment la meilleure chose qui lui était arrivée depuis peu de temps. Si elle était superstitieuse, elle l'aurait désignée comme porte bonheur à vie, enfin, presque, vu que c'était Malefoy qui reluquait en ce moment même toutes les courbes de son anatomie.
- Voilà, je vous en prie, installez-vous. Je vais vous chercher de quoi vous désaltérer pendant ce temps là, continua à dire Hermione comme une professionnelle contentieuse se devait de le faire.
Une fois hors de vue, elle mima le plus strident des cris étouffés et soupira énergiquement. Le plateau prêt, elle se demanda si elle pouvait y jeter un tout minuscule petit, rikiki, sort de rien du tout, mais sa détestable conscience le lui interdit à nouveau. Trois soupirs plus tard, elle fit demi tour pour retourner voir Malefoy, mais celui-ci se tenait déjà dernière elle, et le plateau se retrouva très vite à terre. Hermione remercia Merlin pour avoir éviter qu'il ne lui retombe dessus car, bien qu'elle n'était plus à ça prêt, elle était satisfaite de ne pas ressembler à une serpillière devant son pire ennemi de jeunesse.
- Je t'indispose à ce point Granger?
- Vous n'êtes pas autorisé à pénétrer dans cette partie-ci des archives monsieur Malefoy, je vous prierais donc de retourner vous asseoir pendant que je vais vous chercher les documents dont vous avez besoin.
- Ravi de te faire autant d'effet Granger... Je vois bien que ma présence te perturbe... sourit-il narquoisement
- Par ici, indiqua Hermione en direction de la salle, en se forçant de faire un large sourire qui était bien évidemment hypocrite.
- Tu ne souhaites pas savoir le but de ma visite pour faire tes recherches? Demanda celui qui était franchement sexy tout de noir vêtu, pensa Hermione avant de percuter à la question.
- Oh, si... Je vous écoute, quel est donc le motif de votre présence ?
- Sûrement pas de me faire manger du regard ... mais sinon heu, comment dire, il parait qu'il y a eu un jugement sur, heu... balbutia Drago, ce qui étonna Hermione juste après avoir rougit de la première remarque du sorcier blond. Il me faut tous les protocoles et coutumes pour les mariages de sorciers de sang noble, reprit-il avec une voix bien hautaine et avec un air sûr de lui.
- Oh... oui, je vois...
- Et votre sens du non jugement? Demanda Drago en voyant qu'Hermione le transgressait, d'après de son expression faciale.
- Je vous apporte tout ce que nous avons dans un instant monsieur Malefoy. Allez donc m'attendre dans la salle s'il vous plait.
- Très bien. Au fait, jolie robe!
Choquée, Hermione était choquée. Elle commençait à revivre son cauchemar. Un peu plus et elle pensait que Drago Malefoy lui faisait un compliment, ou pire, la draguait. Elle secoua la tête et fonça chercher les différents livres en question. Elle réalisa d'ailleurs qu'il était rare qu'elle se promène dans ces rayons là et s'étonna du nombre de volumes impressionnants en la matière. Elle devrait faire plusieurs passages pour tout ramener au blond platine. Elle pensa qu'elle pourrait en profiter pour vérifier l'authenticité de la couleur des cheveux du play-boy.
De retour de son premier va-et-vient, elle disposa les tomes 1 à 8 sur la table et repartit dans sa quête des 22 tomes restant. Drago semblait également surpris de voir qu'autant d'ouvrages pouvaient faire étalage de la manière dont ce déroulait un mariage comme le sien. Quand Hermione revint avec le tome 30, il l'observa pour être sûr qu'elle ne repartait pas dans l'autre sens lui ramener une nouvelle suite.
- Je ne vais jamais pouvoir lire tout ça en deux heures! S'indigna Drago. C'est plus un mariage de sang pur, mais princier à ce stade!
- Si vous me disiez ce que vous recherchez plus précisément, je pourrais orienter vos recherches pour que vous restiez dans les temps qui vous sont impartis.
- Peur que je reste ici indéfiniment Granger?
- Les archives sont ouvertes jusqu'à 21h aujourd'hui. Je serais obligée de vous demander de partir après cet horaire monsieur Malefoy.
- 21h? Rien que ça? Tu n'as pas de vie de famille pour partir à cette heure-ci du travail?
Hermione le regarda droit dans les yeux, un sourcil relevé et hurla au fond d'elle: "Mais de quoi je me mêle espèce de petit avorton? Bien sûr que j'ai une vie privée! Heu non... mais il n'est pas obligé de le savoir ça!". Elle reprit son calme, redessina un sourire hypocrite sur son visage et lui répondit de la manière la plus polie qu'il lui était obligatoire de faire.
- Je peux éventuellement demander à mon supérieur de faire venir une autre personne pour vous permettre de rester si vous le souhaitez.
Drago sourit et se moqua apparemment d'elle intérieurement. Heureusement qu'il avait détourné la tête, il ne put voir celle d'Hermione qui ressemblait presque à celle de Voldemort en personne tellement elle lui en voulait de lui rappeler sa non-existence personnelle.
- Bon, il est clair que je n'y arriverais pas tout seul. J'ai un repas familial ce soir et je ne pourrais pas te tenir compagnie jusqu'à 21h. J'ai besoin de connaître toutes les modalités concernant les fiançailles de naissance, soupira Drago avant de reprendre son air hautain. Je dois m'y préparer dans l'option que Pansy me donne un héritier. La connaissant, je suis sûre que ça ne traînera pas en longueur donc notre mariage sera un bon moyen d'y trouver une fiancée potentielle à mon futur fils.
Hermione trouva cette idée franchement dégoûtante et égoïste. L'enfant n'était pas encore conçu qu'il l'emprisonnait déjà dans un mariage arrangé. Il était clair pour elle que Drago voulait faire subir à son enfant ce que son propre père lui avait imposé. Il restait fidèle à son éducation, son nom et l'image qu'elle avait de lui durant sa scolarité à Poudlard. Un vrai petit arrogant en soit...
- Tu es encore en train de me juger Granger! Protesta Drago en levant le nez de son tome 4.
Mais comment faisait-il pour toujours deviner ce qu'elle s'efforçait de lui cacher? Hermione roula les yeux en l'air et s'assit au bout de la table avec quelques livres. Elle rechercha des informations relatives à sa recherche et prit des notes. Durant presque une heure, c'est à peine s'ils s'entendaient respirer et le bruit ambiant était celui des pages qui se tournaient. Hermione trouva enfin un article susceptible d'intéresser Drago et se leva pour le lui montrer. Elle se plaça juste derrière lui suivant la place possible avec la disposition des chaises. Drago prit le livre sans même lever la tête et sembla vraiment passionné par ce qu'il lisait.
- Là dessus, ils disent qu'après un contrat de fiançailles sanguin, il n'y a aucun moyen de s'en défaire. Y a t-il d'autres écrits qui pourrait me le confirmer? Demanda t-il tout en regardant une autre page du livre comme si cela ne pouvait pas être vrai.
- De mémoire, il y a bien une note de justice qui y fait référence. Le contrat avait été rompu et... répondit Hermione avant que Drago ne la coupe.
- C'est exactement ce que... commença t-il a dire de manière enthousiasme avant de se reprendre. C'est vrai? Tu es sûre? Je peux voir ça?
- Heu... oui, enfin, ça ne devrait pas perturber vos projets personnels vu que ...
- Vas me chercher ce truc Granger! S'exclama Drago comme s'il donnait un ordre à l'un de ses elfes.
- Bien, monsieur Malefoy, je vais aller vous chercher cette jurisprudence, répondit Hermione d'un ton froid et distant.
Quelques minutes plus tard, elle apporta le parchemin à Drago qui l'inspecta plusieurs fois avec beaucoup d'attention. Hermione sembla légèrement confuse de ce qu'elle pouvait constater. Suite à cette lecture, Drago réclama d'autres livres parlant de ce sujet et, de fil en aiguille, Hermione constata qu'il faisait déjà nuit à l'extérieur. Elle regarda alors pour la première fois l'heure et il était déjà 21h12. Elle fut surprise de ne pas s'en être aperçue plus tôt et rejoignit Drago pour lui faire part de la fermeture des archives.
- Je suis désolée monsieur Malefoy, mais si vous voulez rester, il faut me le signaler pour que je puisse en référer à mon supérieur et trouver une personne pour me remplacer.
- Arrête les "monsieur" avec moi Granger, je suis trop fatigué pour supporter ton hypocrisie. Vous fermez à quelle heure habituellement dans la semaine?
- Heu... 18h.
- Pas plus tard? Demanda t-il alors qu'Hermione réprimait un "On a le droit de vivre aussi !" que Drago perçu facilement. Autre chose à faire après Granger? Petit ami à aller soulager?
- Je vous demande pardon? S'indigna Hermione en comprenant parfaitement l'allusion du "soulager".
- Tu as une raison de ne pas rester le soir et faire une permanence?
- Pourrais-je savoir pourquoi c'est à moi que vous demander ceci? Un autre de mes collègues pourrait s'en charger.
- Il parait que tu es la meilleure ici et je n'ai pas envie d'expliquer à nouveau la raison de ma présence. Alors petit copain?
- Ma vie privée ne semble pas faire partie des renseignements disponibles ici, monsieur Malefoy!
- Toujours autant de répartie... Je vais prendre cette remarque pour un non. Bien, je dois y aller maintenant. A lundi, 19h00 précise, lança t-il en reprenant sa cape.
Il fit un léger clin d'oeil à Hermione et partit sans dire un mot. L'ancienne Gryffondor mit un certain temps à comprendre ce qu'il venait de se passer et une fois que l'information fut montée au cerveau, elle se détesta de se faire si facilement avoir. Elle aurait dû dire "oui"! A d'autres, il était facile de mentir sur sa vie amoureuse mais là, encore une fois, elle avait perdu l'occasion de l'ouvrir pour une bonne cause, c'est à dire la sienne!
Elle rentra donc épuisée chez elle et une fois dans son appartement, elle entendit des bruits assez répétitifs provenant de son voisin du dessous qui l'obligèrent à mettre un oreiller contre ses oreilles et à chantonner pour forcer son esprit à imaginer autre chose que son voisin en train de se "soulager".
