Chap 8. Quand le coeur prend le dessus...

Cher journal,

Je ne réalise toujours pas. Moi... et Lui... J'ai beau chercher, je ne trouve aucune raison cohérente à ce qui s'est passé hier soir. Ce qui me perturbe le plus c'est que j'ai vraiment aimé... C'est fou... Aucun des baisers de Ron ne m'a donné autant de frissons, et ce n'est pas faute d'avoir essayé... Le goût de l'interdit est-il finalement plus savoureux? Quand je repense à chacun des quatre…Oui, pas un, pas deux, pas trois, mais bien quatre baisers qu'il m'a donné. J'ai une sensation de manque terrible. J'en viendrais à vouloir le voir frapper à ma porte, là maintenant, tout de suite, qu'il entre finalement sans mon autorisation et qu'il me laisse pas le temps de protester en m'embrassant, encore et encore... Mais rien... Non rien... Désespérément rien... Oh Merlin, je deviens folle. C'est quand même Drago Malefoy ! Le Drago Malefoy que j'aurais tué de mes propres mains en fin de sixième année, si j'en avais eu l'occasion... Alors pourquoi? Oui, pourquoi lui et pourquoi maintenant? Merlin, chercherais-tu à me torturer à vie? Ou alors, tu souhaites que je sois à jamais dégoûtée des hommes pour que je rejoigne le temple de tes adoratrices vierges à vie? Euh, quoique vierge... enfin j'en aie le signe astrologique certes mais je ne suis pas sûre que ce soit ce critère là qu'ils prennent en compte et le reste euh... bref... changeons de sujet, je m'égare là... Quand même, j'ai beau retourner tout cela dans ma tête, je ne sais vraiment pas quoi faire. Je vais devoir le voir au moins ce soir, bien que je sois sûre que j'aurais droit à une visite avant... autre sujet que je vais devoir développer avec toi et surtout avec lui... Donc, je le verrais au pire ce soir, et là, je fais quoi hein? Je lui saute au coup? Je l'ignore? Je joue les amnésiques, les blasées, les hystériques? Je fais quoi hein? Et dire qu'on m'appelle Miss-je-sais-tout... Et bien là, je ne sais absolument plus rien! Merlin que c'est dur ce genre de situation... Mon coeur va exploser... Et si lui regrettait? S'il venait me voir pour me dire : "tu oublies mon moment d'égarement, je ne savais plus ce que je faisais...". Je n'ose même pas imaginer ma réaction. Je crois que malgré tout mon sang froid et mon orgueil, je lui en mettrais une sans hésitation... Après tout,
je ne suis pas un de ses jouets qu'il utilise à sa guise! Je ne suis pas ce genre de fille!
Ma tête... Au secours... Merlin aide-moi!

Pire! Et s'il me disait qu'il veut recommencer! Qu'il veut une vraie relation entre lui et moi... Non, tu rêves ma pauvre fille. Malefoy veut se débarrasser de Pansy, ce n'est pas pour vouloir s'emprisonner avec une autre telle que toi... Je suis sûre qu'une fois sa liberté acquise, il va faire le tour des bars et le plein dans son carnet d'adresse...
Et puis, Mrs Weasley qui me jette un énorme sous-entendu pour Ron... Il manquerait plus qu'il s'excuse et qu'il me demande de ressortir avec lui... Si c'est ça, je prends mes valises, mon chat et je m'en vais, euh, tiens, à Sydney en Australie... En tout cas, loin de Drago et de Ron... D'ailleurs c'est quand même bizarre que je ne l'aie pas vu de la semaine. D'habitude, je le vois au moins une fois par jour ne serait-ce qu'à midi ou quand je m'en vais à six heures... Ah mince, j'ai oublié mes changements d'horaires, ça pourrait expliquer… Mais quand même... Pas de hiboux, pas de visites, pas de rencontres bizarres... Ca n'annonce rien de bon pour demain... J'espère que Ginny ne me mettra pas à côté de lui sur le plan de table familial...
Bon allez, il faut que je me motive... Je dois me concentrer sur ma mission... Aider Drago Malefoy à trouver la dernière filiation qui le libèrera de Pansy Parkinson. Le reste, j'aviserais sur place et au moment voulu... Et puis si lui a le droit de s'amuser, pourquoi pas moi aussi? Il veut peut-être se servir de moi, et bien il ne me reste qu'à en faire autant avec lui... Du moment qu'il m'embrasse... le reste...
Ah, ça m'énerve ! Autant ma raison a envie d'oublier tout ça et de me concentrer sur le retour de Ron dans ma vie, autant j'ai tout mon corps qui réclame celui de Drago... Mais que m'a t-il donc fait? Je n'ai pourtant rien bu qui ne venait de lui... Et puis quelles raisons auraient-ils de me faire tomber... euh... de l'apprécier de cette manière. Sa proposition de
mariage arrangée était-elle vraiment sérieuse? Il serait désespéré au point d'épouser une enfant de moldus, lui, un sang pur, et faire honte à toute sa famille depuis des dizaines de générations? Et si je disais oui? NON! HERMIONE TU DELIRES LA! Allez on se concentre... Une chose à la fois... Là, direction la douche histoire de diminuer les cernes d'une nuit blanche à imaginer une -suite- à la soirée d'hier. Ensuite, petit jogging histoire de défouler toute l'énergie qui aurait due s'évacuer avec ce que j'ai rêvé et après, je vais faire les boutiques histoire de voir si je ne trouve pas une petite tenue adéquate à ce que me réserve Ron. De toute façon, au pire je mets celle que j'ai achetée la semaine dernière. Donc pas de pression dans l'achat d'une robe à la dernière minute... Si c'est pas la classe ça... Mais bon, ça ferait un peu trop prévisible... Il me faut quelque chose d'élégant mais de quotidien... Une jupe unie et un petit haut sympa feraient assez l'affaire...
Allez courage, elle ne va pas être si terrible cette dernière journée avec Drago. Après, tu ne le verras plus, il t'oubliera et tu reprendras ta vie où elle était... En fait, autant me jeter d'un pont tout de suite, ça fera moins mal... Non, il faut rester positive... Positive... Positive... Allez répète le toi encore et encore Hermione... POSITIVE!
Allez, finie la lamentation matinale... Place à la vraie vie! Bye!

Hermione ferma son journal intime violement et le jeta sans ménagement dans le tiroir avant de le repousser vers le fond du bureau. Elle ouvrit la fenêtre de sa chambre d'un coup de baguette magique et respira le vent frais comme s'il lui redonnait l'air nécessaire pour vivre pleinement sa résolution. Il ne faisait pas très chaud en ce début de matinée, ce qui changeait totalement avec la chaleur écrasante de la veille. Elle respira profondément, ouvrit à nouveau les yeux, et saisit ses affaires de toilette pour aller se préparer dans la salle de bain.

Elle descendit délicatement pour éviter de tomber, encore, face à face avec son voisin et fut soulagée de ne pas le voir quand elle arriva sur le palier. Le coeur léger, elle ouvrit la porte de la salle de bain non verrouillée et libre à cette heure. Les autres voisins étaient commerçants et commençaient très tôt et Boris ne devait pas savoir qu'elle existait. Seulement, au lieu de s'installer en pensant se détendre sous de l'eau très chaude, elle tomba nez à nez sur le fameux Boris, sortant de la douche, encore mouillé... et nu comme un ver... Sur le coup, gênée par la situation, Hermione rougit mais la vision d'horreur lui donna rapidement des nausées et l'obligea à quitter la pièce, non sans claquer la porte. Elle s'appuya contre celle-ci et essaya de remettre ses idées en place. Elle l'avait vu nu, complètement nu... Hermione ne l'avait même pas regardé ailleurs que -là-, tellement la scène fut rapide. Lui, encore dans la douche légèrement surélevée, elle, à hauteur de vision de la chose, la grande chose velue. Elle n'en revenait vraiment pas. Son voisin prenait une douche tous les six mois et la probabilité de tomber sur lui était tellement infime... Merlin, pourquoi avait-il fallu qu'il ne ferme pas sa porte à clef?

- Allez fais pas ta farouche! Viens me rejoindre, je sais que tu en meurs d'envie! Et, il y a de la place pour deux. Allez viens ma belle! Entendit-elle à travers la porte, avant de se croire en enfer...

Hermione fuit tout de suite dans sa chambre, décida de s'habiller très rapidement et descendit les escaliers deux par deux histoire d'arriver plus vite au rez-de-chaussée. Pressée de se défouler, elle n'attendit pas d'arriver au parc pour courir telle une marathonienne en approche de championnat. Elle avait terriblement besoin de penser à autre chose qu'à la vision pendante de qui était sûrement la source d'autant d'assurance chez son voisin. Hermione se concentra sur sa respiration et son itinéraire en occultant tout le reste. Rien ni personne ne purent attirer son attention, pas même un Drago Malefoy qui sortait de Gringott, serrant la main d'un Gobelin. Seulement, lui, ne put détacher son regard de la jeune femme en train de courir avec vitalité en direction du seul espace vert du quartier. Elle semblait très préoccupée, ce qui titilla la curiosité du jeune homme au point de ne plus écouter ce que le Gobelin lui disait.

- Je vous dis donc à lundi Monsieur Malefoy. Même heure?
- Hein? Oh, heu, oui, huit heures précises.
- N'oubliez pas de me faire un rapport détaillé de vos investissements fonciers du mois dernier Monsieur Malefoy. Monsieur Parkinson exige d'avoir l'état complet de vos finances avant l'établissement du contrat de mariage.
- Ca sera fait, répondit froidement Drago avant de prendre la direction du parc où se trouvait très certainement Hermione.

Seulement, à quelques pas de la banque, la fiancée de Drago l'attendait de pieds fermes pour organiser le reste des préparatifs de leur mariage à venir. Ne pouvant s'y soustraire, Drago se laissa donc emporter à contre coeur, de magasins en magasins, pour mettre en place le plus parfait des mariages princiers dignes de leur rang.

De retour chez elle, Hermione ne put pas s'empêcher d'être déçue. Elle avait tellement espéré le voir durant son jogging qu'elle l'avait rallongé d'une demi-heure au cas où... De ce fait, elle était plus qu'éreintée et la douche devenait vraiment nécessaire. Même son chat le lui fit remarquer en exprimant une désapprobation odorante avec le plissement de son nez, avant de partir sous le lit de la jeune fille. Appréhendant une nouvelle rencontre avec l'apollon de son immeuble, baguette en main, elle utilisa sur elle un sort de lévitation pour descendre au quatrième et insonorisa la porte de la salle de bain pour qu'elle ne grince pas. Hermione put ainsi y entrer et s'y enfermer, soulagée.
Heureusement pour elle, il restait de l'eau assez tiède pour finir de se rincer. Elle prit ensuite le temps de se rendre potable à une éventuelle rencontre tardive et insista à nouveau sur le parfum, mais en faisant bien attention de ne pas trop en mettre non plus. Satisfaite de l'image qu'elle renvoyait dans le miroir, elle libéra la place et remonta déposer ses affaires avant de partir en ville.

A son retour dans sa chambre, elle vit, au bord de sa fenêtre, un hibou provenant de la poste de Pré-Au-Lard avec une lettre accrochée à sa patte droite. Sur le coup, elle fut étonnée mais prit très rapidement le bout de papier inattendu. "Alors, comme ça, on est pressée de me revoir?" fut les seuls mots inscrits sur le petit bout de chemin. Hermione n'eut aucune difficulté à reconnaître le destinataire. Il l'avait vu et pensait en toute logique à elle, sinon il n'aurait pas prit la peine de lui envoyer ce message. Comment mettre une personne de bonne humeur, hein? Envoyer un stupide message de neuf mots et le tour est joué! Hermione était à nouveau de bonne humeur! Encore fallait-il que le destin lui permette de la garder, cela était déjà moins sûr...

A peine avait-elle franchi la porte de son appartement que Boris l'attendait devant la sienne. Il n'avait rajouté qu'un boxer à sa tenue précédente et semblait être bien sûr de lui en la regardant. Se faisant violence pour ne pas se remémorer ce qu'il y avait sous le seul vêtement que son voisin portait, Hermione avança vers lui d'une démarche aussi normale qu'il lui était possible.

- Hé bien, ma belle, je savais bien que tu me résisterais pas longtemps. Il ne faut pas avoir honte de me vouloir, c'est tout naturel, lança t-il avec un clin d'oeil et baiser mimé par sa bouche.
- Même pas en rêve Boris... Et je te rappelle que j'ai quelqu'un dans ma vie! Rétorqua Hermione en ne mentant qu'à moitié vu qu'elle avait quand même embrassé Malefoy la veille. Bien que j'aurais préféré que tu verrouilles ta porte de salle de bain, je suis ravie pour toi que tu en aies trouvé finalement le chemin! Ca, ajouta t-elle en regardant le caleçon, en avait vraiment besoin... Reprit-elle en le laissant tout penaud sur place.

A ce moment là, Hermione se dit que plus rien ne pourrait l'arrêter. La journée était à elle et c'est la tête haute qu'elle sortie pour rejoindre l'artère principale du quartier sorcier de Londres. Elle mit sa paire de lunettes, plaça ses cheveux en arrière, en parfaite séductrice et scruta les vitrines de magasins. La première boutique était plus destinée aux élèves de Poudlard avec la nouvelle collection des tenues réglementaires de chaque maison, ce qui lui rappela de bons souvenirs avec Harry et Ron. Bien que ce ne soit pas encore la période des achats, la boutique comptait quelques élèves sûrement pressés de reprendre les cours, ou tout simplement prévoyants. Elle vit une famille en sortir et la jeune fille d'environs treize ans en était toute euphorique. Elle parlait sans prendre la peine de respirer ce qui amusait son père. Le tableau était vraiment beau à voir et Hermione eu un léger pincement aux coeur. Elle se promit alors d'aller voir ses parents dimanche soir, en revenant de chez Ginny.

La boutique suivante était déjà plus dans son optique d'achat. Mais le monde qui s'y trouvait la freina dans son envie d'entrer. A travers la porte, elle vit même deux femmes d'une quarantaine d'années se battre pour un pantalon quelconque. Hermione en fut choquée et l'habit en question déchiré. L'ancienne Gryffondor trouvait les gens particulièrement étonnants parfois et c'est un peu ailleurs qu'elle entra dans une autre boutique de vêtement. Au milieu de la pièce se trouvaient quelques petits hauts mis en valeur et l'un d'entre eux attira tout particulièrement son attention. Il était parfait pour l'occasion et elle l'imaginait déjà sur elle. Hermione s'apprêtait à le prendre quand elle vit une grosse vache laitière portant un petit sac ridicule en peau d'hippogriffe se précipiter pour la devancer. La jeune femme, prise de court, en resta sans voix bien qu'au fond d'elle les gros mots les plus injurieux s'enchaînèrent. La femme ne s'excusa même pas et la regarda avec un air supérieur et victorieux avant de se rendre à la caisse avec -son- haut. Hermione pesta sur elle-même et regretta sur le moment de ne pas avoir été prise chez les Serpentards pour justifier une éventuelle vengeance. Forcée de reporter son attention sur d'autres produits, elle n'eut plus le goût à l'achat. Vexée, énervée et blasée, elle préféra s'en aller sans même dire au revoir à la vendeuse qui ne prit même pas sa défense. Plus vraiment motivée, Hermione continua sa petite promenade juste histoire de ne pas rentrer tout de suite chez elle.

Elle retourna faire un tour chez Fleury et Bott pour regarder s'ils n'avaient pas reçu d'autres livres éventuellement intéressants mais son doigt magique, toujours prêt à lui dénicher une bonne trouvaille, lui fit défaut. Elle décida alors de rentrer chez elle vu que la grosse horloge du quartier indiquait onze heures moins cinq.

- Oh mais regarde qui est là Drago. C'est bien Miss-Je-Sais-Tout! S'écria une voix qu'Hermione jalousa sur le coup. Tu n'es pas censée travailler pour vivre toi? Ils sont bien laxistes au ministère je trouve...
- Fais attention Parkinson, comme tu l'as fait remarqué, je ne suis pas au travail et je ne suis pas forcée d'être polie en dehors des limites du ministère, menaça Hermione prête à lui sauter au cou.
- Parce que tu crois sincèrement pouvoir me faire peur? Répliqua l'ancienne Serpentard en s'accrochant telle une sangsue affamée au bras de Drago. Quand je pense que c'est une sang-de-bourbe aussi minable que toi qui a empêché le m...
- Pansy! Coupa Drago en lui sauvant la mise. Allez, laisse-la donc. Elle n'en vaut pas la peine. Nous avons d'autres choses plus importantes à faire, il me semble non? Demanda t-il en l'embrassant passionnément devant une Hermione qui sentit son coeur s'arrêter de battre un instant.
- Tu as raison mon Dranichou. Il nous reste les faire-part, les robes de demoiselles d'honneur, le champagne pour le vin d'honneur, la vaisselle pour le repas, le plan de table à voir avec la disposition de la salle, les propositions de musique pour la cérémonie, annonça t-elle en reprenant sa liste qui ne semblait jamais se terminer pour Drago et Hermione. Oh ça me fait penser que ton costume doit être prêt, il faudrait que tu ailles l'essayer, ajouta t-elle en forçant Drago à la suivre.

Ne retournant même pas la tête, Drago suivit Pansy qui se rapprocha encore davantage de lui, laissant une Hermione prenant en pleine figure une réalité qu'elle refusait de voir jusque là. Drago était fiancé à Pansy et même s'il essayait de s'en débarrasser, il était quand même avec elle pour le moment. Il lui faisait sûrement l'amour aussi souvent qu'elle le désirait et peut-être même hier soir, juste après qu'il l'ait embrassée. Hermione, fit demi tour pour rentrer directement chez elle sans faire un seul détour. Elle était vraiment à la limite de pleurer mais cela l'aurait obligée à reconnaître qu'elle avait des sentiments pour lui, chose qu'elle refusait d'admettre. Elle n'arrêtait pas de soupirer en se maudissant d'avoir été aussi bête de croire qu'il avait changé. Drago Malefoy restait Drago Malefoy. Qu'il fasse semblant qu'il ne s'était rien passé pour les besoins de l'apparence, cela, elle voulait bien l'admettre mais il n'était pas obligé de l'embrasser devant elle, et surtout de cette manière si bestiale.

Enervée entre la vision de la -chose-, son haut volé et ce qui venait de se passer avec Pansy, Hermione accéléra le pas pour aller se réfugier chez elle et y pleurer comme une enfant capricieuse. Seulement, une force attractive l'attira en arrière sans qu'elle puisse en comprendre la raison, la menant dans une petite ruelle sombre et déserte. Quand elle se retourna enfin, elle n'eut qu'une seconde pour voir une paire d'yeux bleus glacés se rapprocher dangereusement d'elle avant que ses lèvres ne soient prises d'assaut par celles qu'elle avait eu l'occasion de goûter la veille. Prise par surprise, le premier réflexe fut de résister mais la sensation délicieuse que lui procurait cet échange lui fit changer d'avis. Elle se laissa donc bercer par ce cinquième baiser jusqu'au dernier instant. Lorsqu'il s'arrêta enfin, Hermione dut s'accorder quelques secondes pour reprendre ses esprits. Elle avait tellement apprécié que la rupture du contact en augmenta sa frustration. Lorsqu'elle redevient maîtresse d'elle-même, elle le gifla de toutes ces forces.

- Je peux savoir ce qui te prend? Protesta Drago
- Et toi, tu me prends pour qui? Répondit Hermione au tac au tac. Tu pensais sincèrement que j'allais t'accueillir les bras ouverts après que tu aies embrassé goulûment Pansy devant moi?
- Goulûment? Répéta Drago avant de rire. Effectivement, ça pourrait bien décrire ce que je ressens quand... bref, à ce moment là. Si elle le pouvait, elle me mangerait tout cru parfois...
- C'est pas drôle, Malefoy!
- Hé! S'indigna Drago. Pour commencer, si, c'est drôle parce qu'après t'avoir embrassée une fois tu deviens totalement jalouse, ce qui est assez intéressant en soit, et ensuite, il me semble qu'on est devenu assez intime hier, tous les deux, pour qu'on s'appelle par nos prénoms!
- Je ne suis absolument pas jalouse de Pansy Parkinson! Pesta Hermione. Et embrasser une personne - trois- fois, c'est pas ce que j'appelle être intime!
- Bon, écoute, j'ai pas beaucoup de temps avant que Pansy me cherche et j'ai pas envie de le passer à m'engueuler avec toi. Je voulais juste m'excuser pour tout à l'heure. J'aurais préféré qu'elle ne te voit pas et éviter la confrontation.
- C'est rien, soupira Hermione finalement calmée. De toute façon, je m'en fou...
- Vraiment? Demanda Drago sur un ton assez dur.
- Tu veux que je te dise quoi? De toute façon, je suis qu'un amusement de passage pour combler ta vie commune peu palpitante avec Pansy... Je suis grande et je sais à quoi m'en tenir avec toi, répondit-elle avec énormément de détachement.
- Ok, très bien! Si tu vois les choses de cette manière, salut! Termina Drago non sans un petit soupir avant de s'en aller.

Mais non ! Non mais non ! Non et encore non, voilà ce qu'hurlait Hermione dans sa tête. Mais Drago était déjà trop loin quand elle eut assez de courage pour le lui dire. Lui courir après était une solution qui aurait pu être romantique dans les meilleurs romans d'amour mais là, devant tout le monde, il y avait peu de chances que Drago avoue d'éventuels sentiments pour elle et l'embrasse devant Pansy. Il l'aurait plutôt envoyé balader bien correctement pour garder la face et son honneur de Malefoy. Mais ses lèvres lui manquaient déjà et cette dispute la contrariait énormément.

Une fois de retour à son appartement, elle n'eut plus du tout l'appétit de manger. Elle tourna en rond en cherchant à s'occuper l'esprit pour ne plus penser à lui. Elle avait pourtant laissé sa fenêtre ouverte pour d'hypothétiques hiboux mais au fond d'elle, Hermione savait que l'orgueil de Drago était largement plus important que le sien. Ca promettait...

Lorsqu'elle fut prête à partir, elle vit un petit mot se glisser sous la porte de son appartement. Bien que sur le coup elle espéra trouver les initiales DM dessus, la raison lui rappela que Drago n'était pas du genre à faire les commissions de lui-même. Intriguée, elle attendit quelques minutes puis ramassa le bout de papier. « Ce soir, 21h00, je vais t'emmener au septième ciel, ma belle» Hermione en resta stoïque sur le coup. Il avait osé lui faire une proposition indécente dans les règles. Rien ne l'arrêtait, cela en devenait vraiment énervant. Hermione prit sa baguette et fit flamber cette immonde invitation avant de claquer la porte et de descendre d'un pas vif.

Elle arriva alors à son travail avec vingt bonnes minutes d'avance. Dans le hall d'entrée, un homme essayait d'obtenir un renseignement, en vain. Les hôtesses discutaient entre elles en mettant bien en avant que c'était leur pause midi et qu'elles travaillaient assez dur comme ça pour en plus faire des heures supplémentaires. L'homme bouillonnait légèrement et Hermione vit en lui son action de grâce de la journée.

- Excusez-moi, je peux vous renseigner? Demanda Hermione sous l'oeil assassin de ses collègues préposées à l'accueil.
- Ah, merci! S'exclama t-il soulagé. Au moins une personne polie qui voit au delà de sa propre personne! Reprit-il en regardant les jeunes femmes choquées par la réplique. Effectivement, ça fait dix minutes que je demande le chemin pour me rendre au bureau des aurors! Ce ministère est tellement vaste, je ne m'y retrouve pas !
- Je vais vous y conduire, proposa Hermione. J'ai un ami là-bas et cela me donnera l'occasion de lui dire bonjour.
- Parfait et merci! Répondit-il toujours avec un petit regard au coin vers les autres. Vous êtes bien aimable, vous!

Durant le trajet qui menait aux ascenseurs, l'homme resta muet, comme s'il en avait besoin pour se calmer. Hermione remarqua tout de suite son physique assez agréable et le trouva même très séduisant. Elle trouva alors son propre comportement vulgaire comme un animal en manque et chassa tout de suite ses -envies- de sa tête. Une fois qu'un ascenseur daigna s'ouvrir à eux, Hermione appuya sur le bouton portant le numéro deux et les portes se refermèrent

- Je voulais vous remercier miss. C'est généreux de votre part de faire un travail qui ne vous ait pas attribué.
- Parfois, je me trouve trop bonne, répondit-elle presque involontairement. Enfin, je veux dire j'avais le temps donc ça me dérange pas plus que ça et comme je vous l'ai dit tout à l'heure, je vais en profiter pour dire bonjour à un ami.
- Hé bien, je remercierais votre ami par la même occasion. Grâce à lui, j'aurais passé un agréablement moment et en charmante compagnie, flatta-t-il avant de la faire rougir.
- Merci, répondit Hermione avec gêne, peu habituée à recevoir des compliments de ce genre.

L'ascenseur stoppa et les portes s'ouvrirent juste devant le bureau des aurors. Le jeune homme laissa passer Hermione en parfait gentleman avant de sortir à son tour. Lorsqu'ils arrivèrent devant l'accueil du bureau des aurors, Hermione vit que l'hôtesse était également partie en pause déjeuner. Comme l'homme pestait sur les horaires du bureau ministériels, elle décida de voir s'il n'y avait personne dans les bureaux. Elle savait qu'Harry avait l'habitude de ne pas prendre sa pause, profitant du calme pour s'atteler à des dossiers épineux. Elle se dirigea donc vers son bureau, chose qu'elle aurait pu faire les yeux fermés, et frappa à la porte. Harry, bien présent, leur ouvrit la porte et fut agréablement surpris de voir sa meilleure amie juste devant. Ne s'étant pas vu depuis environ quinze jours, Harry prit tout de suite Hermione dans ses bras, comme ils le faisaient souvent.

- Ah ! Comme ça fait plaisir de te voir Hermione! J'avais hâte d'être à demain. Je suis vraiment désolé pour le week-end dernier...
- Ce n'est pas grave Harry. Moi aussi je suis contente. J'ai pris quelques minutes pour monter avant d'aller travailler afin d'accompagner ce monsieur.
Il voulait venir ici alors l'occasion était trop belle pour ne pas passer te voir en même temps.
- Tu as bien fait! Je dois vous remercier alors, reprit Harry en saluant de la main l'homme en question.
- Hé bien, c'est réciproque, grâce à vous, j'ai fait une sympathique rencontre. Mais si je ne m'abuse, vous êtes Harry Potter n'est-ce pas?
- Tout à fait, est-ce que je peux vous être utile à quelque chose?
- Effectivement et j'avoue que c'est assez confidentiel, répondit-il en regardant Hermione.
- Oh, euh, bon, alors je vous laisse, s'excusa Hermione. Ravie de t'avoir vu Harry.
- A demain! Et viens assez tôt pour qu'on puisse profiter un peu de toi. Quinze jours c'est long, on va avoir plein de choses à se raconter, et surtout une en fait... Je t'expliquerais!
- Très bien, répondit Hermione perplexe à ce que disait le père de son filleul. Bonne après-midi messieurs.
- Au plaisir de vous revoir, miss, répondit l'homme avec un sourire enjôleur qui fit à nouveau rougir Hermione.

Merlin quelle journée, pensa Hermione tout en redescendant directement au sous-sol. Elle en était arrivée à se demander ce qui pouvait bien l'attendre avec ses collègues. En même temps, elle n'était plus à cela près et pour être honnête avec elle, Hermione s'en foutait royalement. Seulement, sur le coup, elle se souvint la farce qu'elle avait fait la veille et se demanda si des représailles étaient à prévoir. De toute façon, s'il lui faisait le coup de l'horloge, elle finirait plus tard sa journée et cela ne serait que la deuxième fois avec hier. Cela ne l'avait pas dérangée plus que ça vu la manière dont elle avait occupé ses heures supplémentaires. Elle se dit toutefois de faire attention à d'éventuelles gentillesses suspectes qu'ils pourraient éventuellement lui faire et tout irait logiquement bien. En arrivant, elle posa tout de suite ses affaires à leur place habituelle et alla regarder le registre pour voir par curiosité qui était venu aux archives dans la matinée. Un nom attira tout de suite son attention et elle se dit sur le coup qu'il suffisait de penser à lui pour qu'il apparaisse d'une manière ou d'une autre. Elle se demanda quelle excuse il avait dû inventer cette fois-ci et surtout la réponse de ses collègues. Ne voulant pas chercher la provocation, elle décida d'attendre voir s'ils allaient lui en parler ou pas. Et la réponse fut "pas". Lorsqu'ils arrivent après une pause qui sembla bien longue aux yeux d'Hermione, c'est à peine s'ils la calculèrent. Ils parlaient tous les trois de choses et d'autres, l'ignorant complètement. Un sérieux fossé s'était creusé entre eux et Hermione n'avait pas franchement envie de faire un pas dans le sens inverse. Elle ne se sentait pas en tord et estimait être dans ses droits le plus totaux.

Lorsqu'elle alla se chercher un peu de thé, elle put remarquer que la vaisselle était faite mais qu'un petit mot l'attendait de toute évidence sur la table. Elle pouvait y lire que tout ce qui se trouvait dans cette arrière salle leur appartenait et qu'à partir de maintenant, elle devrait se fournir elle-même en thé, sucre, lait et petits gâteaux. Un petit mot qui se finit par « l'égoïsme se paye ». Hermione en rigola presque nerveusement. Elle se dit alors qu'il était grand temps qu'elle pense sérieusement à une réorientation professionnelle. Quatre heures de présence avec eux était devenu insoutenable pour elle, alors reprendre le rythme normal dès lundi, elle avait du mal à se l'imaginer.

En attendant le jour victorieux où elle s'en irait, Hermione reprit donc ses recherches pour Drago en se demandant en fin d'après-midi si il allait finalement venir après la dispute du matin. Mais sa conscience professionnelle lui dictait de continuer malgré tout. Le seul problème, c'est qu'elle ne trouvait absolument rien. Elle avait fini d'éplucher la généalogie sorcière de Pansy sans trouver la moindre correspondance supplémentaire avec Drago. Les chances se réduisaient très sérieusement et Hermione commençait à stresser. Elle s'intéressa à nouveau à celui de Drago en reprenant du début pour être sûre qu'elle n'avait rien oublié.

Naissances après naissances, elle vérifiait tout encore et encore. Elle découvrit alors une branche oubliée et se concentra à y trouver des indices positifs. Travailler sur les ascendances de Drago lui avait donné la sensation d'avoir ouvert un coffre fort rempli de secrets dont l'intéressé se serait sûrement passé de montrer, surtout à elle. Tout n'était pas blanc dans sa famille et si un qualificatif avait pu lui être attribué, il se serait plus approché du noir. Lorsqu'un Malefoy avait le malheur d'avoir une fille, la généalogie s'arrêtait à elle. Aucun mariage ni enfant illégitime n'en découlait, ce qui semblait assez étrange à première vue. Hermione pensa alors à deux solutions possibles. Soit elles étaient répudiées très rapidement ou mariées secrètement, au quel cas, il y avait peu de chance que ce soit une personne de sang pure et encore moins d'une famille prestigieuse comme celle de Pansy. La deuxième solution était qu'elle ne se mariait pas et qu'elles vivaient recluses toute leur vie, afin de ne pas déshonorer leur père. Hermione avait bien essayé de retrouver la dernière née Malefoy dans les archives mais rien ne correspondait dans les actes civils. C'était donc une voix sans issue de ce côté là. Restait donc cette dernière branche à éplucher.

Sans vraiment faire attention à l'heure, et se plaignant d'un léger mal de dos après avoir été assise assez longtemps, Hermione décida d'orienter ses recherches dans les registres. Elle se leva de la table d'étude où elle avait travaillé toute l'après-midi pour aller chercher des informations sur un arrière grand oncle de Drago et fut surprise de voir son petit neveu appuyé contre l'encadrement de la porte.

- Oh, tu es là... Je ne t'avais entendu arriver, sursauta Hermione.
- J'avais remarqué, merci! Répondit-il froidement.
- Il n'est pas un peu tôt? Demanda t-elle en ne sachant pas exactement l'heure.
- Si c'est pour me faire remarquer que je suis en retard, tu peux te garder tes remarques Granger.
- Oh, Granger... soupira t-elle non sans pointe de déception.
- Tu t'attendais à quoi? Demanda t-il froidement.
- Oh mais rien! S'emporta Hermione en passant devant lui. Vous m'excusez monsieur Malefoy, j'ai des documents à aller chercher pour votre affaire. Je vous en prie, installez-vous, je n'en ai que pour quelques minutes, ajouta t-elle d'une manière très hypocrite.

Elle n'attendit pas une quelconque réponse de sa part et partit en direction des rayons contenant les registres dont elle avait besoin. Une fois sur place, elle ferma les yeux et s'autorisa quelques secondes à s'apitoyer sur son sort. Il était clair pour elle que la situation ne lui plaisait pas et qu'elle lui faisait même assez mal. Ils avaient été si proches la veille, pourquoi avait-il fallu qu'ils franchissent une limite sans retour? Avec le reste de forces qu'il lui restait, Hermione se força à ne pas pleurer nerveusement face à une journée qui fut finalement presque la pire de toute la semaine à ses yeux. Maintenant, elle n'avait plus qu'une envie, c'était de rentrer chez elle, de se coucher et d'être demain, Ron ou pas... Revoir Harry lui avait fait du bien et se savoir deux jours chez lui avec Ginny lui remontait tout de suite le moral. Pour la première fois en sept jours, Hermione en vint à regarder l'heure pour voir combien de temps la séparait de la fin de sa journée de travail.
- Laisse tomber, intervint une voix qui la fit à nouveau sursauter, prise sur le fait. Si j'en crois les recherches que tu as laissées sur la table, je suis à jamais lié à Pansy, reprit-il froidement.
- Il reste un petit espoir... Ca vaut peut-être le coup de s'y intéresser, proposa doucement Hermione, quand même désolée pour lui.
- Tu perds ton temps, je n'avais que deux chances et elles se sont envolées toutes les deux! Reprit Drago en faisant demi-tour.
- Je suis sincèrement désolée, murmura Hermione avec beaucoup de sincérité dans la voix, ce qui stoppa Drago.
- Pas autant que moi, répondit Drago tout en se retournant avant de s'approcher d'elle. J'aurais vraiment aimé que la fin soit différente, et ce, pour beaucoup de choses, reprit-il avec un sous-entendu que Hermione saisit sans difficulté.
- Quitte à faire un mariage de raison, autant en avoir un avec une femme qui vous aime, monsieur Malefoy.
- Mais tu vas arrêter avec tes monsieur Malefoy à la fin? S'emporta Drago. Et, tu es en train de me dire que tu me souhaites tout le bonheur du monde avec Pansy? C'est bien ce que j'ai compris?
- Elle a peut-être des bons côtés qui n'attendent que d'être découvert, non? Demanda timidement Hermione.
- Mais je t'en prie, prend sa défense en plus! Par Merlin, c'est royal ce soir! Rugit Drago en faisant la fusillant de reproches.
- J'essaye simplement de vous aider comme je le peux monsieur... commença à dire Hermione avant que la main de Drago ne se plaque sur sa bouche.
- Je te jure que si tu continues cette phrase, je ne réponds plus de moi! Maintenant, regarde-moi bien dans les yeux et souhaite-moi honnêtement d'être heureux avec elle!
Mais cela, Hermione en était incapable. Il était maintenant à quelques centimètres d'elle et son coeur lui hurlait de combler ce vide. Alors le regarder droit dans les yeux sans perdre un gramme de contenance, Hermione savait que c'était au dessus de ses forces et lui dire d'aller sauter dans les bras de Pansy, carrément impossible. Voyant le trouble de la jeune fille, l'ancien Serpentard s'avança encore un peu plus vers elle.

- Hermione, regarde-moi! Ordonna Drago sur un ton à la fois ferme et
délicat.
- Je ne peux pas... soupira t-elle.
- Alors reconsidère la première solution... demanda t-il à demi voix.
- Drago, tu ne peux pas entrer dans ma vie et me demander de t'épouser en une semaine! Je... J'ai une vie et certaines attentes et... et... Je ne peux pas changer toute ma vie en un claquement de doigt, c'est trop me demander Drago.
- Si j'avais le choix, je peux t'assurer que j'aurais fait autrement... soupira t-il.
- Je m'en doute, épouser une sang de bourbe, il y pas pire pour un Malefoy, mise à part peut-être d'avoir une fille...
- Tu n'y es pas Hermione. Si j'avais eu le choix et surtout le temps, j'aurais fait les choses dans les règles avec toi. Et que tu sois née moldue, je m'en contre fiche, je dirais même, ça m'arrangerait puisque ça améliorerait mon image au sein de notre société. Et puis, si on avait eu une fille, elle aurait été aussi intelligente que sa mère, ce qui aurait fait de moi le plus fier des pères. Tu sais, Hermione, soupira t-il à nouveau, si j'ai… enfin avec Pansy ce matin, c'est à cause de toi.
- Pardon? S'indigna Hermione qui stoppa directement sa réflexion sur les paroles précédentes en entendant la dernière phrase.
- Dès que je suis à moins d'un mètre de toi, je crève d'envie de t'embrasser. Je ne sais pas encore pourquoi ni comment c'est arrivé mais je perds toute ma raison en ta présence. Et voir Pansy te chercher comme elle l'a fait me faisait bouillir. Il en a fallu de peu pour que je perde mon légendaire sang froid. J'avais envie de t'embrasser, là, devant elle, pour la remettre à sa place, mais c'était trop tôt et je t'aurais manqué de respect par la même occasion. Alors, le seul moyen de la calmer était de la faire taire et ça me permettait également de calmer mes propres envies te concernant. Je peux t'assurer que c'est à toi que je pensais quand... Enfin, bref, essaye quand même de réfléchir à ma proposition... Je sais que je ne te laisse pas beaucoup de temps mais c'est le mieux que je puisse faire. Dès mardi prochain, le contrat de mariage sera établi et je ne pourrais plus envisager cette option avec toi. Prends le temps de peser le pour et le contre ce week-end et je viendrais te voir pour connaître ta réponse, proposa t-il en glissant sa main dans les cheveux d'Hermione, ce qui lui provoqua des frissons de plaisir. Hermione, je... murmura t-il tout en s'approchant de plus en plus vers elle avant de l'embrasser délicatement.

Oh Merlin que sur l'instant, elle aurait été tentée de dire oui, juste là, au contact de ses lèvres sur les siennes. Elle se serait totalement abandonnée à lui. Le baiser devenait de plus en plus passionné, comme si l'un et l'autre avait un besoin vital de continuer. Totalement envoûtée par son odeur corporelle, la chaleur de ses mains sur son visage, le souffle irrégulier qu'elle pouvait sentir à chaque respiration et les mouvements de cet échange irraisonné, elle laissa tomber tous les registres qu'elle tenait encore pour libérer ses mains, courant ainsi se croiser autour du cou de l'ancien Serpentard.
De geste en geste, le baiser devient de plus en plus incontrôlable et Drago se détacha d'elle d'une manière assez brutale. Frustrée, Hermione le regarda avec une totale incompréhension tout en récupérant une respiration régulière.

- Je crois que je vais te laisser, chuchota t-il hésitant. Essaye de réfléchir à ça Hermione, c'est tout ce que je te demande.
- Tu ne peux pas m'embrasser comme ça et me demander de réfléchir Drago, j'en suis complètement incapable...
- C'est pour ça qu'il vaut mieux que je m'éloigne pendant ce week-end. Même si je suis sûr de tourner en rond en cherchant toutes les excuses du monde me permettant de rompre ma promesse et de venir te voir.
- Je ne serais pas là de toute manière. Je suis chez Harry et Ginny jusqu'à dimanche soir et je pensais voir mes parents juste après...
- Oh... Je vois... Autant me faire une raison alors...
- Pourquoi dis-tu ça? Demanda Hermione, intriguée.
- Hé bien, on ne peut pas dire que tes amis me portent dans leurs coeurs. C'est pas eux qui vont t'encourager dans mon sens, plaisanta t-il légèrement.
- Je serais seule à prendre ma décision, quelle qu'elle soit Drago. Ma vie privée ne regarde que moi, et ça, mes amis le comprendront, répondit Hermione très sérieusement. Je te promets au moins d'y réfléchir... Dranichou... se moqua Hermione, voulant ainsi détendre l'atmosphère.
- Ok, là, je m'en vais... Et je t'interdis de faire le moindre commentaire sur ce point!
- Quoi, je trouve ça mignon moi ! Ironisa Hermione.
- N'imagine même pas pouvoir me sortir un surnom de ce genre! Menaça très sérieusement Drago avant de l'embrasser furtivement et s'en aller.

Le bilan de la journée s'alourdissait donc d'une demande en mariage très maladroite et nullement romantique provenant de son ancien pire ennemi. Là, c'était à inscrire au guiness des records dans la catégorie « mauvaise journée ». Bien que les baisers remontaient largement la donne. Hermione, une fois remise de ses émotions, regarda enfin l'heure sur sa montre. Elle fut surprise de voir qu'il n'était que dix-neuf heures et qu'elle avait encore deux heures pour travailler. Drago partit et sa mission ainsi finie, elle se demanda ce qu'elle allait bien pouvoir faire. Elle réfléchit quelques minutes avant de décider de terminer la généalogie complète de Drago. Au moins, elle serait sûre que toute issue était impossible de ce côté. Et malheureusement, ce fut le cas. Lorsqu'il fut vingt-et-une heures, Hermione rangea tranquillement toutes les archives et ferma la salle à clef. Elle mit sa petite cape d'été en présumant d'une température assez fraîche vu l'heure et sortie du ministère. Elle pensait pouvoir rentrer rapidement chez elle pour préparer ses affaires du week-end mais là, devant elle, se tenait à nouveau Drago, très silencieux. Surprise, un peu mal à l'aise mais surtout ravie, Hermione prit tout de suite partie à la plaisanterie.

- Alors, pressé de me revoir ? Demanda t-elle avec un petit rictus en faisant allusion au petit message du matin.
- Disons que l'atmosphère chez moi est devenue subitement très lourde et j'ai eu envie d'évasion. Vu qu'il était presque neuf heures, je me suis dis que te donner un argument de plus, pour une réponse favorable à mon problème, ne serait pas de trop.
- Un argument ? Plaisanta t-elle en prenant la route vers son domicile avant de la jouer faussement sérieuse. Je t'écoute.
- Hé bien, je préfèrerais un endroit plus… discret, si ça ne te dérange pas, répondit-il en regardant les personnes qui passaient dans la rue.
- Soit, céda-t-elle, je t'autorise à me raccompagner jusqu'à chez moi, mon
hall d'entrée fera l'affaire.
- Uniquement le hall d'entrée ? S'indigna t-il.
- Six baisers, c'est pas assez pour pouvoir franchir le seuil de ma porte, monsieur Malefoy !
- Et, juste par curiosité, il en faut combien ?
- Un certain nombre, que j'adapte suivant les personnes et en ce qui vous concerne monsieur Malefoy, il faudra beaucoup de temps.
- Hum, je vais finir par croire que c'est une excuse pour que je t'embrasse indéfiniment, ça !
- Pas du tout, s'indigna faussement l'ancienne Gryffondor.
- Très bien, pour tout te dire ça m'arrange, j'aurais fini par me lasser !
- Quoi ? S'indigna t-elle à nouveau mais cette fois-ci réellement. Dis que j'embrasse mal pendant que tu y es !
- Hum. Serais-tu déçue ? Demanda t-il sournoisement tout en s'approchant d'elle.
- Absolument pas ! Rétorqua t-elle dignement. De toute façon, ce n'est pas si extra que ça! Mentit Hermione.
- Donc, si je t'embrasse là maintenant, proposa t-il en regardant autour d'eux, ça va te faire ni chaud ni froid ?
- Parfaitement !
- Et bien, laisses-moi donc vérifier par moi-même, tu veux ? Lança t-il sans lui donner le temps d'y répondre. Et de sept... suivant?
- Et si on nous voyait? S'inquiéta Hermione en vérifiant que personne ne les avait vu. Que ferait Pansy s'il elle venait à le savoir, hein? S'inquiéta t-elle.
- Sûrement la même crise que tout à l'heure... Répondit Drago en reprenant la marche vers l'appartement d'Hermione.
- Vous vous êtes disputés?
- Pansy est une boule de cristal ambulante... Elle a senti ton parfum sur moi, et même si elle ne se doute pas de qui en est la propriétaire, elle m'a bien fait comprendre son désaccord face à une éventuelle infidélité...
- Je suis sûre qu'elle a été très polie, ironisa Hermione tout en lui indiquant de tourner à gauche à la prochaine intersection. Tu devrais peut-être rentrer alors... Je n'ai pas envie de t'attirer des problèmes...
- Oh ne t'inquiète pas pour ça. Si ça l'amuse de penser qu'elle aura un jour le dessus sur moi... Et puis, ça lui fera les pieds.
- Voilà, c'est là, montra Hermione avec sa main.
- Quel étage?
- Le cinquième, répondit-elle en ouvrant la porte du hall.
- Dis, tu peux m'expliquer ce que tu fais dans une mansarde? Demanda Drago assez étonné du lieu d'habitation de l'ancienne Gryffondor.
- Etre préposée aux recherches ne me permet pas mieux que ça... Et puis, mis à part un voisinage particulier, je m'y sens bien. C'est chez moi et j'en suis assez fière, expliqua t-elle avec un certain enthousiasme que Drago avait du mal à comprendre. Bon, on est dans mon hall, cet argument pour accepter de me pendre à ton cou toute ma vie, c'est... ? Demanda Hermione en le défiant du regard.

Mais Drago ne répondit pas avec des mots. Il prit une grande inspiration et s'approcha d'elle très dangereusement. A quelques minuscules centimètres d'elle, il saisit ses lèvres très fiévreusement avant de l'embrasser plus que de raisons. Et, baisers après baisers, les émotions comme les gestes s'amplifièrent. L'exploration de l'autre devenait instinctive et leur relation prenait un tournant encore moins raisonnable que la veille. Drago, plus expérimenté qu'Hermione dans le contrôle de soi, coupa à nouveau le lien passionné qui s'était tissé entre eux et posa son front contre le sien, cherchant la force de ne pas reprendre là où il s'était arrêté.

- Il vaudrait mieux que je rentre... murmura t-il sans grande conviction, attendant qu'Hermione lui dise finalement le contraire, en vain. Réfléchis bien surtout... ajouta t-il en essayant de contrôler sa respiration. Et, passe un bon week-end... termina t-il en s'éloignant d'elle.

Que faire? A ce moment précis, Hermione se demandait vraiment comment réagir. Elle n'avait vraiment pas envie que Drago la quitte comme ça, non, pas après ce qu'ils venaient de vivre. Elle voulait plus... vraiment plus... Elle leva alors les yeux vers lui et le vit franchir la porte de son hall d'entrée. Terrifiée, comme s'il n'allait jamais revenir dans sa vie, elle emprisonna sa raison et laissa parler librement son coeur. Elle se dépêcha d'aller le rejoindre et lui donna le seul mot qu'il avait envie d'entendre.

- Reste...

------------- Fin du chapitre -------------
Ca énerve hein? Mdr... Au départ, je devais continuer mais ma correctrice (marige) à dit "c'est trop long"... Alors vous devrez attendre le prochain chapitre... Et comme je suis très motivée pour l'écrire, vous l'aurez sûrement ce week-end... pont oblige... ;op