Annonce :

Hé bien, je dois dire que tous les délais que j'ai annoncé jusque là n'ont jamais été respecté… Et je m'en excuse… Alors, pour le prochain chapitre, je vous promets rien… 2 ou 3 semaines environs… peut-être plus… bref… En attendant, savourez celui-ci… Et à bientôt !

YvyLeeWoods

Chap 11 : Quand le doute n'est plus permis

Cher journal,

Je n'ai que très peu de temps pour toi ce matin. Je reprends mon quotidien qui va me paraître bien pâle après la semaine que je viens de vivre. Au moins, j'ai bien dormi, c'est déjà ça. Il faut que je m'accroche à ce que je peux parce que là franchement, je n'ai pas trop le moral. Et dire que je devrais être « heureuse » de vivre du fait de mes fiançailles… Pourquoi ne le suis-je pas ? Ron a pourtant été parfait...

En fait, je crois que je ne suis pas plus avancée qu'hier…

Je ne sais même pas quoi t'écrire… Y a-t-il seulement quelque chose à en dire ? Je suis la future madame Ronald Bilius Weasley et j'ai condamné Drago à être monsieur Pansy Parkinson.

Ma vie a tellement changé en si peu de temps. Avant, j'avais presque le sourire à aller travailler en pensant aux excuses de Ron lorsqu'il me croiserait « par hasard ». J'allais voir mes amours le week-end en plus de discuter avec mes meilleurs amis. Et maintenant, voilà, Ron m'a finalement demandé en mariage et j'ai hésité à lui dire oui à cause de celle de Drago Malefoy.

Le résultat est que ce matin, c'est un véritable crève cœur d'aller au ministère.

L'emploi du temps de ma journée est si prévisible. Je vais aller travailler. Puis, je vais sûrement recevoir un hibou ou la visite de Ron me proposant de le voir ce soir. On va aller boire un verre dans un pub qu'il fréquente trop souvent. Et je vais avoir droit à plein de blagues en tout genre relatant notre gloire passée avec quelques amis qui seront bien évidemment présents… Je vais rentrer, nourrir mon chat et dormir. Waouh ! Quelle journée en perspective ! Le pire dans tout ça, c'est que je suis sûre que je vais chercher Drago du regard toute la journée. Il faut vraiment que je trouve le moyen de le sortir de mon esprit si je veux être totalement heureuse avec Ron.

Quand j'y repense, je suis étonnée de ne pas lui avoir dit que je l'aimais. Il y a un peu plus d'une semaine, je n'arrêtais pas de le lui dire dans mes rêves et ça ressemblait plus ou moins à des « Ron, je t'aime ! Jette ta morue et prends moi ! ». Morue jetée, certes, mais le « Je t'aime » s'est perdu en chemin ! Ma seule consolation dans cette histoire est l'assurance qu'il y aura au moins une personne à mon enterrement, Ron, mon mari, si je ne l'ai pas tué avant remarque…

Mais il y a une chose quand même qui me tracasse maintenant. Harry devait me parler d'une chose assez importante apparemment et il ne l'a finalement pas fait. Je l'ai trouvé aussi assez bizarre parfois… Je pense qu'une petite visite à mon futur beau-frère s'impose…

Bon allez, il va être l'heure d'y aller… Ah sinon, bonne nouvelle ! Je vais avoir tout mon temps pour te trouver un nom maintenant que mon esprit pourra vagabonder entre deux classements. Promis, je ne t'oublie pas, enfin je vais essayer…

Bon… Allez Salut !

Hermione ferma son journal intime tout en soupirant, prit son sac et sortit de son appartement. Comme si le temps suivait son humeur, en ce jour de fin juin, il pleuvait et la température avait chuté fortement. Elle mit alors sa capuche, prononça un sort d'étanchéité et marcha sous la pluie jusqu'au ministère au lieu de transplaner.

Bizarrement, l'air iodé, le bruit des gouttes s'écrasant au sol, le ruissellement de l'eau vers les caniveaux, l'ambiance lourde et mystérieuse à la fois, le silence d'un temps comme suspendu donnait à Hermione un certain sentiment de liberté. Lorsqu'elle arriva au ministère, un bon quart d'heure avant son ouverture au public, elle prit quelques minutes pour respirer profondément comme si elle prenait son air pour la journée.

- Londres sous la pluie est assez atypique, n'est-ce pas ? Intervint une voix derrière elle.

- C'est ce que je préfère, répondit-elle sans vraiment faire attention.

- En plus d'être serviable, vous êtes à l'heure pour aller travailler. Il semble que vous soyez une perle perdue parmi des milliers d'huîtres avariées du ministère, ajouta l'homme avant de voir Hermione se retourner.

- Oh, bonjour, je, euh, j'étais distraite. La porte est fermée ? Demanda t-elle avec étonnement en regardant l'homme qu'elle avait aidé le vendredi dernier.

- Il semblerait oui… soupira t-il, excédé par cette pratique très fonctionnaire. Il faut en plus que ça arrive lorsqu'il pleut…

- Attendez, je vais vous ouvrir, proposa Hermione qui sortit sa baguette magique avant de prononcer un sort informulé qui servait de clé. Je ne suis pas vraiment autorisée à le faire mais disons qu'à force de me voir poireauter, ils ont eu pitié de moi et m'ont donné le mot de passe, plaisanta t-elle.

- Ca ne me rassure pas vraiment en fait… répondit l'homme en levant les yeux au ciel.

Hermione ouvrit le passage et l'homme eut la délicatesse de la laisser passer. Ils enlevèrent ensuite tous les deux leur capes dégoulinantes et appliquèrent un sort d'assèchement. L'homme, d'une petite trentaine d'années, vit avec étonnement le résultat parfait de la jeune fille. Il la regarda plus précisément puis il eu comme une illumination en associant plusieurs indice.

- Vous êtes amie avec Harry Potter depuis longtemps ? Demanda t-il avec une idée bien précise en tête.

- Depuis notre première année à Poudlard oui, pourquoi ?

- Oh, pour être sûr de savoir à qui je m'adresse miss Granger, sourit-il avant de continuer. Je vous souhaite une très bonne journée et je vous dis à bientôt.

Il ne lui laissa pas le temps de lui répondre qu'il avait déjà pris la direction des ascenseurs. Hermione réfléchit quelques secondes mais elle fut vite sûre de ne s'être jamais présentée à lui. Harry le lui avait peut-être dit. Mais c'est vrai que le ton qu'il avait employé avait un petit je ne sais quoi de respectueux et au fond d'elle, elle lui en était reconnaissante. Ce fut le petit plus qui lui donna l'énergie d'affronter sa journée.

Hermione descendit ensuite directement aux archives et s'installa tranquillement. Retrouver le sous-sol lui parut alors assez étrange. Elle ne regardait plus les étagères et la salle d'étude de la même manière. Tout avait maintenant une histoire bien particulière dans son esprit et elle avait un petit goût de manque au fond de la gorge. Elle soupira et se plongea dans la reprise de son travail initial, le classement des archives commençant par la lettre « B »

Une bonne demi-heure plus tard, soit environ vingt minutes après l'heure requise, les collègues d'Hermione arrivèrent tous ensemble, discutant de choses qu'elle ne comprit pas tout de suite. Ils la regardèrent avec une petite pointe de surprise puis s'installèrent à leur tour, ne lui adressant même pas un bonjour. Lorsqu'une personne vint inaugurer les demandes de la journée, Hermione s'approcha du comptoir et prit le registre pour y noter la requête telle que la procédure l'exigeait. Sandra, poussée par ses trois autres collègues, se leva et alla vers elle. Elle fixa une chose bien précise sur Hermione et se retourna pour faire un signe positif de la tête. Hermione le capta et une fois que le vieux monsieur fut installé dans la salle d'étude, elle revint vers sa collègue pour exiger des explications sur leur comportement.

- Je peux savoir ce qui t'a pris tout à l'heure ? S'énerva Hermione. Pas un bonjour et tu viens me voir uniquement pour voir ça ? Demanda t-elle en levant sa main pour la mettre à la hauteur de ses yeux. Hé bien, regarde bien. Oui, c'en est une ! Oui, je suis fiancée ! Oui, j'ai une vie privée ! Surprenant n'est ce pas ? Tu vois Sandra, la différence principale entre toi et moi, c'est que j'apprends à connaître les gens avant de les juger, ajouta t-elle en repensant à Drago, encore… Ce n'est pas parce que je ne vous dis pas que j'ai quelqu'un que je suis seule, mentit-elle à moitié.

- Tu te donnes des grands airs que tu n'as pas Hermione, pesta la jeune fille vexée.

- Non, au contraire, je ne me donne pas les grands airs auxquels je peux prétendre, rectifia Hermione avant de retourner à sa tâche, fière de sa remarque.

Plongée dans son classement, elle ne vit pas l'heure tourner. Après la remarque qu'elle avait faite à sa collègue, Hermione se sentait mieux. Elle s'appliqua professionnellement à son travail et se satisfaisait d'avancer assez vite. Vers onze heures, elle tourna la page de son registre et prononça la formule d'ornement pour la lettre gothique « C » avec un large sourire.

- Oh, je vois que vous avancez assez bien dans la tâche que je vous ai confiée, intervint son patron qui se tenait juste à côté d'elle. Je savais bien que j'avais raison de vous choisir pour ça. Je vais avoir mal au cœur de vous annoncer ce que je souhaiterais vous dire dans mon bureau, ajouta t-il en provoquant un léger arrêt cardiaque à l'ancienne Gryffondor qui se voyait déjà réprimandée.

Sans dire un mot supplémentaire, son responsable la guida vers la sortie des archives sous les yeux victorieux des commères qui lui servaient de collègues. Il la fit asseoir avant de lui proposer un thé ou un café. A ce moment là, Hermione entendit tous ses sens lui hurler un « alerte, danger, alerte, danger, alerte, danger » qui l'empêcha presque d'entendre l'introduction de son patron qui lui racontait son week-end idyllique avec sa femme et ses trois enfants. Il se rassit devant elle et croisa les doigts, signe distinctif d'un repli sur lui-même et d'une preuve d'autorité à venir. Elle allait être virée comme une malpropre après tout les sacrifices qu'elle avait endurés sans jamais rien dire. Les autres allaient gagner et c'était plus cela qui l'énervait que de se savoir bientôt à la rue.

- Hermione, pour être sincère avec vous, j'ai bien vu que l'ambiance s'est dégradée entre vous et vos collègues.

Et voilà, en plus de cela, tout allait être de « sa » faute. Hermione bouillonnait telle une des potions foireuses de Neville à Poudlard. S'il croyait qu'il allait la mettre à la porte sans entendre les quatre vérités bridées par l'ancienne Gryffondor, c'était mal connaître celle qui avait tué cinq mangemorts très puissants lors de la dernière bataille. Ah non, ils n'allaient pas tous s'en tirer aussi bien ! Foi d'Hermione Jane Granger !

- J'espérais tellement pouvoir vous garder, vous êtes un élément vraiment si essentiel aux archives…

Hé bien, vire-les ! Eux ! Scandait l'esprit d'Hermione alors que ses mains serraient sa robe de sorcière à la limite d'en craquer les coutures. S'il le fallait, elle était prête à faire tout le travail elle-même ! Elle n'aurait pas grand-chose de plus à faire de toute manière. Et au moins, il serait bien fait !

- Mais, je vais malheureusement devoir me passer de vos services, affirma l'homme en baissant la tête.

Voilà, c'était dit… Virée… Licenciée… Mise à la porte… Jetée comme une mal propre…Remerciée pour être plus polie… Qu'y avait-il encore comme mots pour illustrer cet état de fait. Il n'avait même pas eu le courage de le lui dire en la regardant droit dans les yeux. Ah, il pouvait avoir des regrets, il venait de se séparer de son meilleur élément. Hermione se satisfaisait à se dire qu'il aurait beaucoup de mal à trouver une fille comme elle, si disposée à accepter toutes ses conditions scandaleuses ! Et ce n'était même pas la peine qu'il espère pouvoir revenir vers elle et la supplier de retravailler pour lui quand il s'apercevra du manque à gagner. Non ! Elle l'enverra paître bien comme il faut !

- En même temps, ça ne m'étonne pas plus que ça qu'il vous ait réclamé dans son cabinet… Je n'avais jamais fait le rapprochement avec votre nom de famille, continua t-il sans voir l'expression d'un « quoi ? » se dessiner sur le visage d'une Hermione déboussolée par la suite de son discours. Je n'aurais jamais imaginé que « la Granger » de « Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger » travaillerait dans les archives si peu valorisantes du ministère. Quand j'avais vu votre curriculum vitae, je pensais avoir un rat de bibliothèque sous les yeux, pas l'une des membres de l'ordre du phénix responsable de notre liberté à tous, reprit-il toujours la tête face à son bureau, comme gêné pendant que sa subordonnée essayait de comprendre ce qui se passait. Pas une minute, j'ai pensé faire le rapprochement pourtant si évident maintenant que je le sais…

- Je vous demande pardon, mais où voulez-vous en venir ? Demanda enfin Hermione plus si sûre de dire adieu à son cher Boris.

- Hé bien, pour commencer, j'ai eu la visite de monsieur Malefoy ce matin, me remerciant pour l'aide que mon service lui avait rendu. Il vous a fait de véritables louanges et m'a clairement dit que j'avais beaucoup de chance de vous avoir comme employée. Pas que j'en doute un instant, mais entendre Drago Malefoy faire un compliment, c'était assez déstabilisant, surtout en début de journée.

- Je n'ai pourtant pas résolu son problème, murmura Hermione, déçue.

- Apparemment, vous avez fait votre maximum…

- Oui, répondit-elle, hésitante.

- Et puis, quelques minutes plus tard, le nouvel ambassadeur américain est venu me poser plein de questions sur vous. C'est là que j'ai su qui vous étiez vraiment et je n'ai pas su trouver les arguments pour vous garder. Il vous réclame à son service. Pour lui, vous êtes la collaboratrice toute trouvée pour l'aider dans ses affaires. C'est vrai qu'on peut toujours compter sur vous et que vous êtes très dévouée à votre travail, au point même de venir durant vos jours de repos, ajouta t-il en la regardant enfin. Il me semblait vous avoir donné votre lundi en compensation du dérangement occasionné par l'affaire Malefoy.

- J'avais complètement oublié, se murmura t-elle à elle-même.

- Vous pouvez être sûre que vos collègues ne l'auraient pas oublié, eux ! Ah Hermione, que vais-je faire sans vous hein ? Où vais-je pouvoir trouver une personne comme vous à présent ? Il va falloir trois employés pour combler le vide que vous allez laisser en partant. D'un autre côté, vous le méritez vraiment. Cette promotion est dûment méritée et je n'ai aucun doute sur le fait que vous allez faire un excellent travail.

- Je suis vraiment affectée à l'ambassade américaine ? Demanda t-elle en réalisant que tout ça n'était pas une blague.

- Malheureusement pour moi, oui, comme attachée d'affaire, la conseillère particulière de l'ambassadeur ou son bras droit si vous voulez… Et ce, dès demain matin… Je vais vraiment vous regretter Hermione… Mais c'est ainsi… soupira son supérieur.

- Je suis assez surprise, répondit-elle en cherchant comment cela avait pu être possible. Pourquoi moi ? Enfin, je ne connais pas cet ambassadeur alors comment a-t-il entendu parler de moi ?

- Je ne sais pas, mais lui, semblait bien vous connaître pourtant, répondit son « ex » patron.

- C'est étrange… soupira Hermione, totalement perdue.

- Enfin voilà. Je vous laisse le soin de l'annoncer à vos collègues ? Demanda t-il en lui adressant un léger clin d'œil.

- Avec grand plaisir, sourit-elle avant de le remercier chaleureusement de l'expérience qu'il lui avait apportée.

Hermione retrouva un ancien sentiment de victoire qui s'était depuis quelques années, endormi en elle. En plus, son patron n'avait pas envie de la laisser franchir définitivement la porte de son bureau et lui fit la conversation pendant au moins une bonne heure. Hermione le stoppa juste avant midi pour qu'elle puisse faire de touchants adieux à ses collègues irremplaçables, remarque qui fit rire son patron. Il lui serra alors la main et lui souhaita bonne chance dans sa carrière. Hermione le remercia encore et sortit rapidement du bureau tant redouté. Elle n'eut pas à descendre beaucoup de marches pour tomber nez à nez avec les virtuoses de la fainéantise. Elle fit alors la tête qu'elle pensait avoir suite à son entretien imaginaire et ralentit le pas. Elle vit alors très bien le petit sourire narquois de Jorkins s'installer, victorieux, sur ses lèvres mais ce fut Sandra qui lança le sujet.

- Ca n'a pas l'air d'aller, lança hypocritement sa future ancienne collègue. Quelque chose ne va pas ?

- C'est comme si tu venais d'apprendre une mauvaise nouvelle, surenchérit un troisième collègue tout aussi pervers que les autres.

- Puisque vous voulez tous savoir, je vais vous quitter, répondit Hermione en choisissant bien ses mots.

- Nous quitter ? Répéta Jorkins avec un ton faussement triste. Comme c'est dommage…

- Tu as été limogé ? Demanda le quatrième collègue.

Limogé, ah, Hermione l'avait oublié celui-là… En même temps, elle n'en avait plus besoin puisque maintenant, elle se devait de chercher des synonymes à promotion, augmentation, progression sur l'échelle sociale, augmentation de l'égo, réussite professionnelle, véritable carrière, responsabilités importantes, salaire probablement insolent …

- C'était quand même prévisible Hermione, argumenta Sandra. On est une équipe et tu n'as jamais su t'intégrer à nous et à notre manière de travailler. Tu en payes le prix maintenant, ajouta t-elle sans mesurer la perspicacité de ses paroles.

- De toute façon, maintenant, tu es fiancée. Tu n'as plus vraiment besoin de travailler, ton mari subviendra bien assez à vos besoins, argumenta Jorkins en ne sachant pas à quel point il avait évité la gifle monumentale que lui aurait donné Hermione si elle n'avait pas eu de quoi l'achever autrement.

- Attends, ce n'est pas comme si elle épousait Drago Malefoy, reprit Sandra faisant sans le vouloir frissonner celle qui aurait pu être justement la future Madame Malefoy. Et puis, je la vois vraiment mal en femme au foyer…

- C'est sûr ! Rigola Jorkins. Elle n'est pas du genre à savoir tenir une maison, ajouta t-il en testant vraiment les limites d'Hermione.

- Enfin, tu vas nous manquer, soupira le quatrième collègue, plus âgée que les autres, alors que l'ancienne Gryffondor se doutait d'une certaine ironie dans sa phrase.

- Passe nous voir si tu veux, on sera ravis de pouvoir prendre de tes nouvelles ! Surenchérit Sandra, se donnant sûrement bonne conscience avant de recevoir la douche froide.

- Oh mais vous en aurez ! Lâcha, enfin, Hermione. Mon mariage va sûrement faire les gros titre de la rubrique mondanité, se venta t-elle. Ron Weasley et Hermione Granger, deux héros de la guerre, et membres d'honneur de l'ordre du phénix, qui se marient à la date anniversaire de la mort du mage noir qu'ils ont contribué à faire disparaître, ça ne va pas passer inaperçu ! Et si l'envie vous en prend, ce dont je doute fort, vous pourrez adresser vos félicitations en m'envoyant une missive aux nouveaux bureaux des ambassades, où je vais travailler maintenant, comme bras droit d'un ambassadeur. Sur ce, je vous souhaite quand même un bon appétit et j'espère que la digestion ne sera pas trop lourde parce qu'il n'y aura plus personne pour faire votre travail à votre place dès cet après-midi, jubila t-elle, victorieuse, avant de les dépasser, les laissant sans voix et totalement blancs.

Hermione alla donc récupérer ses affaires et ressortit tout de suite de ce qui fut une bonne partie de sa vie d'adulte. Une fois au rez-de-chaussée, elle se retourna pour regarder avec nostalgie les marches qu'elles n'auraient plus à descendre en tant qu'employée. Elle respira profondément et malgré le monde qu'il y avait autour d'elle, elle poussa un léger petit cri de joie vite caché par ses deux mains honteuses. C'était plus fort qu'elle… et surtout aussi jouissif qu'une nuit avec Drago Malefoy !

Drago… Rien que d'y repenser, elle se remémora ce qu'avait dit son patron. Bien qu'elle l'ait repoussée, il avait quand même pris le temps d'aller voir son chef et de lui faire plein de compliments sur elle. Décidemment, il avait bien changé. Elle avait du mal à reconnaître le lâche qu'elle avait connu à l'école. Hermione eu un léger pincement au cœur en repensant à leur histoire. Cela lui paraissait tellement loin et proche à la fois. Savoir qu'il avait été à quelques mètres d'elle sans qu'il ne passe lui dire bonjour lui faisait mal. Certes, elle avait choisi Ron mais elle avait beaucoup hésité quand même… Elle savait qu'il lui faudra un peu de temps pour l'oublier totalement et se donner corps et âme à celui qu'elle allait épouser, soit Ronald Weasley.

De toute façon, à cet instant précis, elle se devait d'être un peu égoïste et de faire partager sa joie au monde entier. Ses histoires d'amour attendraient bien une heure ou deux de total gonflement de chevilles nécessaire à sa santé mentale. Et manque de chance pour lui, Harry était à portée de vue. Il serait donc la première victime de son ego maintenant démesuré. Elle s'avança donc vers lui, en slalomant entre les personnes qui sortaient de l'atrium pour déjeuner et l'accosta avec un grand sourire.

- Bonjour Harry ! S'écria-elle avec des yeux brillants de bonne humeur.

- Hé bien, ça fait plaisir de te voir rayonnante de bonheur Hermione ! Y répondit Harry. Demandez une femme en mariage et vous en faites un soleil ambulant ! Ajouta t-il en plaisantant.

- Ce n'est pas grâce à Ron, gros bêta… Non, c'est autre chose ! Suggéra t-elle en amenant Harry à jouer aux devinettes.

- Pas Ron ? Hum, chose à ne pas lui répéter alors, murmura t-il en la faisant rire. Moi ? C'est le fait de me voir qui te rend si joyeuse ?

- Non plus ! Rétorqua t-elle en le vexant à moitié…

- Tu es d'une délicatesse aujourd'hui… pesta t-il. Soit, ni Ron ni moi… Alors réfléchissons… Ton voisin a déménagé ? Ton chat s'est fait la belle ? Tu as réussi à dire merde à ton patron ? Demanda t-il en voyant le signe négatif provenant à chaque fois de son amie. Tu as eu une promotion ? Finit-il par dire tout en s'étonnant du grand sourire de l'ancienne Gryffondor. C'est vrai ?

- Et pas une petite monsieur Potter ! Je vais être l'attachée d'affaire particulière de l'ambassade des Amériques ! Répondit-elle fièrement.

- Oh… S'étouffa t-il comme si ce n'était pas une bonne nouvelle.

- Quoi « oh » ? Se vexa Hermione. Tu ne m'en crois pas capable ?

- Non, ce n'est pas ça Hermione, c'est que… J'aurais dû savoir qu'il avait une idée derrière la tête celui-là… se reprocha t-il à lui-même. Je trouvais ça bien étrange toutes ces questions sur toi…

- Mais de quoi tu parles Harry !

- De l'ambassadeur…

- Hé bien quoi ? Qu'est ce qu'il a fait pour te provoquer cette méfiance.

- J'ai simplement l'impression qu'il veut plus qu'une attachée d'affaires si tu vois ce que je veux dire, suggéra Harry, provoquant malgré lui la colère de son amie.

- Parce que pour toi, c'est forcément l'unique raison de mon avancement ? Demanda t-elle en ajoutant ce mot dans sa liste de synonymes au passage.

- Non mais… Commença t-il à dire avant d'être coupé.

- Je ne mérite pas d'obtenir un poste où je peux déployer toutes mes capacités à leur juste valeur ? S'énerva t-elle au point d'attirer l'attention des passants.

- Si mais… tenta à nouveau de parler Harry, en vain…

- Mais non, bien sûr, je suis une femme donc dès qu'une femme à une promotion, c'est uniquement parce que son patron veut la mettre dans son lit, n'est-ce pas ?

- Mais pas du tout Hermione, ce n'est pas ce que je voulais dire… se justifia Harry entre deux remontrances.

- Hé bien, figurez-vous « monsieur » Potter, qu'il n'y a aucune chance que vous ayez raison puisque je n'ai jamais rencontré cet ambassadeur et que de ce fait lui non plus !

- Permet moi de te contredire Hermione. Pour commencer, tu es une personnalité publique depuis que tu as réglé ton compte à cinq mangemorts. Ensuite, tu as fais très souvent la une des journaux et tu sais mieux que personne que tous se conservent. Et puis pour finir, tu l'as déjà rencontré puisque c'est toi-même qui me l'as présenté vendredi !

- Quoi ? S'étonna Hermione. Vendredi ? Mais la seule personne que… Oh… Lui ? C'est lui l'ambassadeur ?

- Oui… soupira Harry.

- Peu importe qui est-ce finalement. De toute manière, je suis assez grande pour repousser les avances d'un homme, si j'en ai envie, ajouta t-elle pour ne pas se mentir à elle-même.

- Si tu le dis, répondit-il à moitié convaincu.

- Tu pourrais être simplement content pour moi Harry, reprit-elle, déçue.

- Tu as raison… Je suis maladroit parfois… et protecteur lorsqu'il s'agit des femmes de ma vie, ajouta t-il avec une pointe de plaisanterie bien sérieuse pour autant.

- Je suis une grande fille Harry… Mais merci de t'inquiéter, ça prouve que tu tiens un peu à moi, répondit-elle au tac au tac.

- Tu as fini je suppose ?

- Oui, plus jamais je remettrais les pieds derrière ce vieux comptoir. A moi le bureau en chêne !

- Alors, allons fêter ça ! Je t'invite ! Et puis, ça tombe bien, j'allais rejoindre Ron en plus ! Et promis, je ne mentionne pas le sex appeal de ton futur patron à un fiancé au potentiel de jalousie assez élevé…

- Ron, jaloux ? Mais non, plaisanta Hermione… Ou juste un peu alors… le strict minimum…

- Tout à fait ! Rigola Harry.

Les deux amis, très complices sur le moment, se rendirent au restaurant où Ron et Harry avaient l'habitude d'aller quand ils se voyaient. Il était assez chic certes, mais l'avantage de cette cantine quatre étoiles était qu'elle avait un carré pour les « very important persons ». Les box à l'écart de la grande salle étaient réservés par des personnes qui souhaitaient manger en paix et à l'abri des regards en plus des curieux. Harry et Ron en étaient des habitués et ils avaient « leur » table. Le gérant les accueillait toujours personnellement. Lorsque Harry s'engagea par la porte de derrière, celle utilisée pour les entrées confidentielles, Hermione fut surprise par tant de familiarités.

- Oh, salut Harry ! Comment ça va aujourd'hui ! Demanda t-il alors qu'Hermione le fixait comme si elle l'avait déjà vu quelque part.

- Ecoute, ça va plutôt bien. On va fêter la promotion d'Hermione ce midi ! Le champagne va s'imposer !

- C'est Hermione ? Demanda t-il surpris en la dévisageant de la tête au pied, la déshabillant presque du regard.

- Oui, notre Hermione, enfin plus pour longtemps Seamus, puisqu'elle va devenir « la propriété exclusive de monsieur Ronald Weasley », expliqua t-il avant d'en rire.

- C'est génial ! S'exclama leur ancien camarade de classe. Ca explique sa bonne humeur, ajouta t-il en regardant en coin une tête rousse qui dépassait du box. En tout cas, Hermione, tu as beaucoup changé depuis la dernière fois qu'on s'est vu !

- Personnellement, notre Hermione avec de la boue sur le visage me manque un peu, rigola Harry. Surtout quand elle fait sa moue… Ah, regarde, comme là ! Ah ! Ca fait du bien de la retrouver! S'amusa Harry. Qu'est ce qu'on ferait sans elle, hein Seamus !

- Hé bien, à y réfléchir, Ron n'aurait pas dépassé les Buses et toi, tu serais sûrement mort assez jeune, et nous aussi en conséquence de cause… Ce soir, ce n'est pas une bonne partie de l'ordre du phénix qui mangerait à mes tables mais une armée de mangemorts… Alors, gloire à Hermione !

- Gloire à Hermione ! Scanda également Harry avant de se prendre une tape derrière la tête.

- Essaye de répéter pour voir… menaça Hermione tout en entrant dans le restaurant.

- Bah quoi ? Tenta de dire Harry tout en essayant d'éviter le regard noir d'une femme mal à l'aise avec sa célébrité.

Lorsque Ron la vit arriver, il se leva tout de suite et la prit dans ses bras comme s'il ne l'avait pas vu durant des mois entiers. Hermione pouvait sentir le soulagement de son fiancé à la savoir si proche de lui et ne put s'empêcher de répondre à son étreinte. C'était bon de se sentir aimée de cette manière par un homme, par son homme.

- C'est bon, lâche-la ton Hermione, elle ne va pas s'envoler tu sais ! Protesta Harry qui s'était installé en face d'eux. Et puis, elle a une annonce à te faire !

- C'est vrai ? Demanda Ron mi-inquiet mi-curieux. Vas-y je t'écoute ! Reprit-il en s'asseyant au fond de la banquette.

- J'ai eu une promotion ! Annonça Hermione, la tête haute.

- Et bien, il était grand temps que tu quittes ce trou à rats ! Répondit-il en faisant rire Harry. Quoi ?

- Non, rien… Débrouille-toi, j'ai donné ! Fuya t-il.

- Je ne regrette absolument pas mon choix de carrière Ron ! Rugit alors Hermione. Au moins, on ne peut pas dire de moi que je suis une arriviste ! Et cette promotion ne reflète que ce dont je suis capable, Ron ! Aussi dur soit-il pour toi de le reconnaître ! Vous êtes deux gros macho ! Ajouta t-elle en tournant ensuite Harry qui protesta du regard.

- Hé ! Je suis le premier à te dire que tu vaux mieux qu'un poste d'archiviste mais non, moi, on ne m'écoute pas, hein ! Et puis, je ne suis pas un arriviste Hermione ! Si j'ai eu mon poste d'organisateur d'événement au ministère c'est en récompense de mon engagement dans la lutte contre l'autre ! Tu es injuste de me dire ça Hermione ! Et puis, tout le monde n'a pas ta force ! De toute manière, je n'ai pas à me justifier. Je fais très bien mon travail pour ne pas dire que je brille de génie lors des grands évènements. Pense ce que tu veux finalement… J'ai la conscience tranquille !

- Tant mieux pour toi ! Pesta Hermione, bras croisée, prenant brutalement le menu pour cacher sa rage.

- Mione… on ne va pas encore se disputer hein… murmura t-il. Je suis vraiment content pour toi… Allez raconte moi…

Mais pourquoi avait-il autant d'ascendance sur elle ? Dès qu'il faisait sa tête de chien battu, Hermione ne pouvait plus lui résister, c'était imparable et elle le soupçonnait de jouer cette carte volontairement. Elle soupira, reposa la carte et raconta calmement ce qui s'était passé une petite heure avant. Ron et Harry explosèrent de rire lorsqu'elle récita presque mot pour mot les dires de ces collègues. Ils voyaient déjà Hermione avec un tablier, un plumeau et des jumeaux dans les bras. Quoi ? Des jumeaux ? C'est bien ce qu'elle avait entendu ?

- Des jumeaux ? Répéta t-elle tout haut pour avoir une confirmation de sa future folie.

- Bah oui, pouffa Ron sans se rendre compte de l'erreur qu'il venait de faire, trop préoccupé à respirer entre deux fou rires.

- Même pas en rêve ! S'écria t-elle, paniquée.

- Hein ? Quoi ? De quoi même pas en rêve ? Demanda t-il en retrouvant tout de suite son sérieux.

- Hors de question que j'ai des jumeaux ! C'est trop de travail et avec mon nouveau boulot, je n'aurais pas le temps de m'occuper de deux mini Ron en puissance !

- Heu… C'est qu'il y a beaucoup de jumeaux dans sa famille Hermione, c'est une possibilité à prévoir… tenta de dire Harry

- Attends, tu ne veux pas d'enfant ? S'inquiéta le dernier de six frères.

- Bien sur que si, un jour et surtout un seul ! Je n'ai pas du tout envie de faire la nouvelle famille nombreuse Weasley !

- Il est hors de question qu'on est un enfant unique Hermione ! C'est totalement malsain ! Regarde Malefoy ! Notre fils serait aussi détestable, arrogant, gâté et capricieux que lui, argumenta Ron. Tiens d'ailleurs, en parlant de ça, dévia t-il histoire de sortir vivant du restaurant. J'ai lu qu'il allait épouser sa Pansy ! Je suis même étonné qu'il ne l'ait pas déjà fait avant ! Ils se tournent autour depuis Poudlard ces deux là !

- Tu n'y es pas Ron, intervint Harry visiblement au courant d'une chose qu'Hermione pensait être la seule à savoir. S'il l'épouse c'est qu'il n'aura pas trouvé de moyen pour s'en débarrasser.

- Ah bon ? Pourtant, ils sont aussi faits l'un pour l'autre, qu'Hermione et moi !

- En fait, c'est un mariage arrangé… Il est venu souvent voir le ministre ces derniers temps. Et comme je vais assez régulièrement à cet étage pour différentes affaires, je l'y ai vu assez souvent. Il y a environ un mois, je les ai entendus discuter et il lui parlait d'éventuelles solutions qui s'offraient à lui. C'est d'ailleurs de ça que je voulais te parler vendredi, Hermione. Il y a de fortes chances qu'il demande à utiliser les archives du ministère. Le ministre lui a parlé d'une vieille affaire de réquisition d'un des fiancés pour le bien de la société en allant jusqu'à lui suggérer de se choisir une sang mêlée ou mieux, une fille de modus. Tout ce qu'il a pu lui fournir c'est apparemment une liste de noms et je soupçonne Malefoy de faire ce qu'il faut pour en découvrir tous les secrets de cette option. Mais bon, maintenant que tu changes de services, je t'avoue que je suis un peu rassuré…

- Rassuré ? Répéta Hermione abasourdie par les révélations de son ami.

- Je suis persuadé qu'il a pensé tout comme moi lorsque le ministre a insisté sur le terme « fille de moldus », c'est-à-dire toi !

- Tu plaisantes, j'espère Harry, s'étouffa Ron. C'est quand même pas sérieux cette histoire. Malefoy s'intéresser à ma 'Mione ?

- Bien sûr ! Quoi de mieux qu'épouser l'un des plus imminents membres de l'ordre du phénix, meilleure amie de celui qui a tué le maître des mangemorts dont il est le fils, celle qui en a justement éliminé cinq et qui est à ce jour encore célibataire en plus d'être une enfant de moldus… Si moi, ça m'a fait tilt, je suis persuadé qu'à lui aussi. Et rien que l'idée qu'il s'approche d'un mètre d'Hermione ça me donne envie de vomir…

S'il savait… Oui, s'il savait que son fameux Malefoy avait fait bien plus que de se trouver à un mètre d'elle, c'est tout son repas gastronomique qu'il rendrait… Et Hermione en tordit sa serviette, mal à l'aise. Harry vit le froid qu'il avait jeté et prit le mutisme d'Hermione pour un choc proche du dégoût. Ron semblait très énervé et pour détendre l'atmosphère, leur ami s'engagea dans une voie qui fit très mal à Hermione.

Harry développa son hypothèse qui voulait que Drago parlait plus qu'il n'agissait en ce qui concernait les filles et Ron rajouta que si ça se trouvait, il était encore puceau. Faux ! Voilà ce qu'Hermione aurait bien aimé leur répondre mais elle ne pouvait pas sans fournir une explication compromettante pour elle. Harry alimenta les dires de Ron en expliquant que lui aussi aurait préféré faire lit à part que de coucher avec Pansy mais Ron lui rappela l'un des principes même des mariages entre sang purs. Il prit un air faussement sérieux et tout en bougeant son index, il lui expliqua tel un professeur qu'un héritier était obligatoire. Harry en resta stoïque et se surprit à plaindre cinq minuscules secondes le pauvre Drago Malefoy forcé de se reproduire avec une sangsue. Puis, il reprit sa bonne humeur et trouva des stratagèmes pour « le » faire avec le minimum de souvenir. La première solution était clairement de se bourrer la gueule au risque de s'endormir « pendant » et de devoir recommencer mais l'idée du polynectar de Ron avait plus de chance d'être concluante. Harry réalisa ensuite que si Malefoy avait un rejeton, il y avait de forte chance qu'il aille à Poudlard durant la scolarité de ses propres enfants. Ron le rassura en lui affirmant qu'ils seraient assez grands pour le faire valser dans les airs et ces dernières paroles eurent raison d'achever leur fou rire. Une chose en entraînant une autre, ils énumérèrent toutes les « blagues » que le Serpentard avait pu faire plus jeune ainsi que toutes les vengeances dûment méritées qu'il avait reçu. Le plus hilarant pour Ron était la façon dont Harry lui racontait pour la cent quarante et unième fois, Hermione avait fini par comptabiliser à force, la fois où il avait été métamorphosé en fouine et qu'il avait atterri dans le caleçon de Goyle. Dans son coin, Hermione bouillonnait. C'était plus fort qu'elle. Pour qui se prenaient-ils ? Ils jugeaient un homme sans le connaître ! C'était totalement minable et absolument pas marrant !

Ne tenant plus, elle se leva, prétexta froidement qu'elle devait aller aux toilettes et tenta de se calmer tout en s'y rendant. Elle s'enferma dans l'un d'eux et sans le vouloir, elle se mit à pleurer. Les sanglots devinrent frénétiques et Hermione se recroquevilla sur elle comme pour se rassurer. Elle était totalement perdue et ne savait plus quoi penser. En toute logique, elle aurait dû rire avec eux et même en rajouter plusieurs couches mais tout ce qu'elle ressentait à ce moment c'était de la haine. Oui, de la véritable haine envers son meilleur ami et son fiancé. Certes, Drago n'était pas parfait. Il avait été leur ennemi durant leur scolarité. Il avait même fait parti des mangemorts dans les premiers temps mais il avait vite déserté les rangs de Voldemort sans que personne ne comprenne pourquoi. La lâcheté avait été évoquée mais maintenant qu'elle le connaissait mieux, elle avait beaucoup de mal à le croire. A présent, il était différent, plus adulte peut-être… Il était devenu un homme qui avait la volonté de faire ses preuves. Elle avait sentit qu'il était à la recherche de son bonheur et non d'une quête de pouvoir comme le laissait penser ses amis. Il avait été tendre et attentionné avec elle. Il l'avait véritablement désiré et pas que physiquement. Drago Malefoy lui avait demandé de devenir sa femme. Oui, c'était peut-être par intérêt au départ et assez maladroitement, mais elle avait clairement sentit un appel à autre chose qu'à un mariage de convenance…

Hermione se calma petit à petit en se construisant une argumentation démontant les dires d'Harry et de Ron et finit par sortir des toilettes pour se passer un peu d'eau sur le visage. Elle se regarda dans la glace et eut beaucoup de mal à se reconnaître. Le doute la rongeait. Avait-elle fait une erreur en acceptant aussi rapidement la proposition de Ron ? Ne sachant pas quoi y répondre, elle se remit de l'eau froide et respira profondément. Elle se ressaisit en se rappelant qu'elle était une femme forte, qu'elle avait fait un choix et qu'elle devait s'y tenir. Hermione réajusta sa tenue et sortit des toilettes. Elle se dirigea à nouveau vers le box, où elle pouvait entendre des rires à n'en plus finir, jusqu'au moment ou quelque chose ou quelqu'un la retint par le bras.

- Félicitations… et… merci pour ton silence… murmura la voix chaude et si accueillante qui appartenait à la main qui la bloquait.

- Drago ?

- Au moins tu te souviens de mon prénom, c'est déjà ça… se satisfait-il avec une pointe d'humour noire.

- Je suis désolée que tu aies entendu ça… reprit-elle avec un poids sur le cœur tout en se retournant pour lui faire face.

- Ils peuvent dire ce qu'ils veulent, je m'en contrefiche franchement. Ce qui compte pour moi c'est que tu n'y aies pas participé…

- Ils sont de vrais gamins parfois… Mais c'est quand même fou ce don de te retrouver toujours là où j'aurais aimé justement que tu n'y sois pas…

- Notre communauté n'est pas aussi grande qu'on l'imagine Hermione. Il n'y a pas non plus des milliers de restaurants où notre santé n'est pas compromise.

- Ou alors c'est peut-être le destin…

- Je m'en passerais bien de celui-là. D'ailleurs, il ne dit pas que des choses idiotes ton Potter. Au vu de ma situation, son option concernant l'héritier Malefoy n'est pas trop mal, parce que celle de Ron n'est pas envisageable, ajouta t-il en replaçant une mèche d'Hermione derrière son oreille, vraiment pas envisageable… En plus je ne suis pas sûr que Pansy accepte de voir cette mixture et en apprécie mon choix d'apparence… J'espère seulement qu'il aura tout de son père… termina t-il en regardant une Hermione subitement étrange.

- Merlin, que je suis bête… s'exclama t-elle telle une illumination divine.

- Heu… Dois-je y voir une lueur d'espoir dans un changement d'avis possible concernant une question bien précise ?

- Hein ? Heu, non. Drago, j'ai trouvé !

- Trouvé quoi ? Demanda t-il avec peu d'intérêt vu la réponse précédente.

- Ecoute, je ne veux pas te donner de faux espoir. Je vais devoir retourner aux archives cet après-midi pour en être sûre mais… il y a de très fortes probabilités que tu n'aies pas à faire d'héritier avec Pansy !

- La belle aubaine ! Ironisa t-il pas franchement convaincu de la super méga grande nouvelle qui suscitait tant d'enthousiasme de la miss-je-sais-tout.

- Drago, cet enfant obligatoire que tu devrais faire avec Pansy si tu l'épousais…

- Tu n'es pas obligée de retourner le couteau dans la plaie Hermione, pesta t-il en devenant légèrement impatient.

- Mais laisses-moi finir ! Protesta t-elle en lui faisant les gros yeux. Cet enfant, il ne peut pas voir le jour ! C'est tout simplement interdit par le protocole que régit ton mariage !

- Mais qu'est ce que tu racontes Granger ? S'emporta t-il, excédé d'espérer pour rien.

- Granger ?

- Pardon, sale habitude… Bref, de quoi parles-tu Hermione ?

- C'est le sixième lien consanguin ! Celui qui rend ton mariage caduc ! Les unions de sang-purs doivent obligatoirement donner naissance à au moins un héritier. Si ce n'est pas le cas, le mari a la possibilité de répudier son épouse en invoquant une stérilité. Seulement dans votre cas, à Pansy et à toi, avoir un enfant serait faire un sixième lien consanguin dans vos familles ce qui est interdit par les lois qui régissent notre communauté. Pas d'enfants, pas de mariage ! Tu es libre ! S'exclama t-elle, le sourire jusqu'aux oreilles, heureuse pour lui.

- Je n'arrive pas à y croire… et j'ai besoin de m'asseoir… murmura t-il en trouvant une chaise près de la porte des toilettes. C'est fini… mon cauchemar est terminé… Je n'y croyais plus… ajouta t-il la tête dans ses mains comme pour se convaincre.

- Il faut que j'en aie la preuve sous les yeux mais je suis sûre d'avoir raison. Je vais te préparer tous les papiers nécessaires et on a qu'à se voir ce soir vers 18h00 au ministère, j'aurais sûrement fini.

- Je te dois tellement Hermione… Comment te remercier… soupira t-il en lui prenant la main.

- Tu l'as déjà fait Drago. J'ai beaucoup appris à ton contact…

- J'avais remarqué, sourit-il en pensant à autre chose qu'une Hermione rougissante devant lui.

- Bon, on se voit ce soir pour les documents ? Demanda t-elle en essayant de fuir le regard séducteur de Drago.

- Ca me convient… répondit-il tout en se relevant, à quelque centimètre d'elle. Si tu venais à changer d'avis pour « l'autre », même s'il y a moins d'urgence, je serais ravie de te revoir…

- A ce soir Drago… soupira t-elle en se reculant avant d'aller rejoindre Ron.

Les garçons la regardèrent avec interrogation avant de continuer leur discussion. Ron racontait à Harry le harcèlement de sa mère qu'il subissait pour le mariage et Harry lui confirmait que ce n'était pas mieux chez lui depuis hier soir. Il demanda d'ailleurs à Hermione de contacter Ginny au plus vite pour qu'elles s'organisent dans l'achat de la robe de mariée. Il raconta que pour sa femme, c'était la chose la plus urgente à prévoir et si ça ne tenait qu'à elle, Hermione serait déjà en train d'en essayer une bonne dizaine. Ron surenchérit en balbutiant qu'au moins Ginny avait bon goût et que ce n'était pas le cas de sa mère.

- Elle attend tellement ce mariage qu'elle s'est mis en tête de me faire mon costume… soupira-t-il en tournant le fond de sa glace avec sa cuillère. J'ai beau lui dire que je préférerais en acheter un neuf, elle n'en démord pas. C'est soit disant une tradition mais il ne me semble pas que Bill l'ait respectée au sien avec Fleur…

- Hé bien dis le à ta mère que tu ne veux pas de son costume… intervint Hermione d'un ton sec.

- On parle de ma mère là, Hermione ! De Molly Weasley, la madame j'en fais toujours qu'à ma tête… Comment veux-tu que je fasse ?

- Tu es un grand garçon, non ? Pesta Hermione. Dis lui tout simplement que tu as envie de t'en acheter un !

- Facile à dire, marmonna Ron en avalant sa glace liquide et tiède.

- Je vais finir par croire que tu as plus peur de ta mère que de Voldemort lui-même…

- Bah vas-y toi, va briser les espoirs de ma mère si tu y tiens… Elle est si euphorique… Je n'ai pas le cœur de lui tenir tête. Et puis, on ne va pas se disputer juste pour une histoire de costume alors qu'on est censés être tous heureux de l'évènement.

- Mais aide-moi Harry ! Dis lui que c'est ridicule ! On ne va quand même pas se laisser diriger toute sa vie par sa « maman ». C'est notre mariage pas le sien que je sache ! S'énerva Hermione qui n'obtint qu'un levé d'épaule de son meilleur ami.

- On verra comment tu t'en sors avec ma sœur. Si tu prends la robe que tu veux, je parlerais à mère… proposa Ron avant de l'embrasser furtivement. Bon ce n'est pas tout ça, mais j'ai beaucoup de travail qui m'attend cet après-midi. Hermione, on se voit ce soir ?

- Si tu veux, se força t-elle à dire sans vraiment en sentir le besoin.

- Ok, je t'envoie un hibou ! Termina t-il en l'embrassant à nouveau avec un léger et discret « je t'aime » au creux de l'oreille.

Harry en profita également pour retourner travailler et raccompagna Hermione jusqu'à la porte du restaurant. Il lui avoua qu'il la sentait contrariée par quelque chose. Hermione tenta de le rassurer mais son meilleur ami lui demanda si ce n'était pas en rapport avec Malefoy. Effectivement, la tentative était bonne mais pas dans le sens qu'il pensait, assurément ! Elle lui répondit alors qu'elle ne craignait pas l'ancien Serpentard mais ses arguments ne semblèrent pas convaincre l'auror le plus doué de sa génération. Harry déposa ensuite un tendre baiser sur son front et en la regardant droit dans les yeux, il lui confia que tout ce qu'il lui souhaitait c'était d'être heureuse et qu'il n'avait simplement pas l'impression que c'était le cas. Hermione pensa alors qu'il méritait bien sa réputation et ne put que lui sourire. Elle lui annonça ensuite qu'elle devait retourner aux ministères pour récupérer quelques affaires et Harry prit soin de l'accompagner jusqu'aux archives. Les quatre collègues, en pleine pause café, les regardèrent arriver la bouche grande ouverte et ne protestèrent pas lorsqu'Hermione annonça, une fois Harry repartit, qu'elle allait finir un travail avant de partir. Elle s'isola dans un coin et rédigea tous les documents nécessaires à la libération de Drago. Elle eut la confirmation de l'obligation d'enfanter pour les mariages nobles et prit note de toutes les lois relatives à ce point essentiel de l'union entre deux sang-purs. Une fois cela terminé, elle entreprit de refaire l'arbre généalogique qui mettait en valeur les cinq points de convergence entre la famille de Pansy et celle de Drago et ne vit pas le temps passer. Elle entendit alors des pas venir vers elle et supposa l'arrivée d'un de ses collègues pour lui dire qu'ils fermaient. Lorsqu'elle termina d'écrire le dernier nom en cours, elle tourna la tête et fut surprise sur le coup de voir Drago qui était en train d'enlever sa cape comme s'il voulait s'installer.

- Ne me dis pas qu'il est déjà six heures quand même, soupira Hermione tout en regardant le petit sourire narquois se dessiner sur la bouche d'un homme maintenant libre.

- Si je te dérange, dis le tout de suite, ironisa t-il.

- Non, non, j'ai presque fini de toute manière, répondit Hermione tout en lui tendant les autres papiers. J'avais raison…

- Je n'en ai jamais douté Hermione, sourit-il. Je vais justement la voir après… Elle m'attend apparemment avec impatience d'après son dernier hibou. Je ne suis pas sûr qu'elle soit finalement ravie de ma visite quand je vais lui expliquer ce que contiennent ces parchemins.

- Ne soit pas trop dur avec elle Drago. Elle t'aime quand même…

- C'est un amour égoïste Hermione… et non partagé.

- Mais ce sont de réels sentiments qui méritent un minimum de respect… argumenta t-elle à la grande déception de Drago.

- Applique tes propres conseils avant de les donner Hermione, répondit-il sérieusement.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, pesta t-elle en se concentrant à nouveau sur son arbre.

- De toi et moi … Et de l'autre…

- L'autre comme tu dis c'est Ron et il est mon fiancé, protesta Hermione tout en se donnant le courage nécessaire à repousser son envie de céder.

- Fiancé qui ignore que la veille de sa demande, tu étais dans mes bras et que tu t'y sentais apparemment bien…

- Drago… Je t'ai déjà dit ce que je pensais de ça…

- Alors, il faudrait au moins que tu lui dises combien de forces il te faut pour me résister, encore ce soir… affirma t-il en la forçant de le regarder. Avoue que tu meurs d'envie de m'embrasser !

- Pas du tout ! Mentit Hermione par défi.

- Tu sais que tu rougis quand tu mens ? S'amusa Drago en lui caressant la joue.

- Arrête s'il te plait, supplia t-elle d'un seul coup. Oui, j'en ai envie mais j'ai fait une promesse à Ron en toute connaissance de cause. Maintenant que tu es libre, tu pourras sortir avec qui tu veux et un jour tu trouveras celle qui te donnera envie d'envisager à nouveau le mariage.

- Qui te dit que ce n'est pas déjà fait ? Demanda t-il en s'approchant dangereusement d'elle.

- Drago… soupira t-elle, vaincue par la magie des mots qu'elle venait d'entendre.

Un long frisson parcourut son corps tel une décharge électrique dès lors qu'il posa ses lèvres sur les siennes. Oh qu'il était dur de résister à l'envie d'aller plus loin, de se laisser aller à ses sensations, à ses désirs, à ses caresses et ses baisers qui devenaient de plus en plus empressés. Hermione avait perdu toute raison face à la passion qui l'envahissait. Elle n'était plus qu'à la seule écoute de son corps et si un bruit de porte ne fit pas revenir sa conscience, ce qui était un simple baiser au départ se serait terminé en moment plus qu'intime. Elle repoussa alors doucement Drago en essayant de ne pas le vexer et se dégagea totalement de lui. Il la regarda droit dans les yeux afin d'obtenir des réponses à ses questions mais une voix l'empêcha de la sonder davantage.

- Hermione ? Tu es là ?

Ron ! Hermione sentit alors tous les remords possibles et imaginable la torturer. Elle regarda Drago, paniquée et chercha du regard où pouvait se trouvait celui qui la cherchait. Mécaniquement, elle fixa à nouveau Drago et à travers son regard, elle le supplia de ne pas la mettre dans une situation qu'elle ne voulait pas. Chose qu'il comprit. Drago s'approcha d'elle, l'embrassa tout en lui tenant la tête dans sa main, saisit ses affaires et les documents déjà prêts, puis partit de la salle d'étude en passant par une allée adjacente sans même lui dire au revoir. Hermione ne s'en sentit que plus mal et c'était sûrement le but de son action. En entendant à nouveau Ron la réclamer, elle rangea rapidement les affaires qu'il y avait sur la table d'étude et répondit à son appel. Sourire aux lèvres, visiblement heureux de la voir, Ron se jeta sur elle et la prit dans ses bras pour l'embrasser. C'est alors à ce moment qu'elle comprit… qu'elle comprit que le doute n'était plus permis.

Seulement Ron était si touchant qu'elle ne pouvait pas le lui dire. Il l'aimait, elle ne pouvait pas en douter et il prenait soin de le lui prouver. Il lui murmura qu'il était content d'être un peu seul avec elle et qu'il en avait envie depuis qu'il l'avait vu ce midi. Son regard était tellement doux qu'elle renonça à lui briser le cœur, du moins pour ce soir. Il lui demanda si elle avait finit et fut déçu de sa réponse. Hermione lui demanda alors de lui laisser un petit quart d'heure et Ron proposa de l'attendre à côté d'elle, chose qu'elle accepta avec réticence. Elle le vit alors sortir la gazette du sorcier et s'asseoir en face d'elle. Rassurée d'une distance acceptable, elle rouvrit le parchemin et termina d'y ajouter les noms des ancêtres de Drago Malefoy jusqu'à noter son nom. Elle eut une minute d'hésitation telle un tendre moment de nostalgie. Drago Malefoy… un nom qui serait également gravé à vie dans sa mémoire quoi qu'il arrive. Elle leva les yeux pour observer Ron et croisa son regard. Il lui fit son sourire le plus craquant en plus d'un regard qui en disait long sur ses sentiments pour elle. Hermione respira alors profondément en elle et plongea à nouveau sa plume dans son encrier.

Concentrée à entendre le bruit de la pointe gratter le vieux papier, plus rien autour d'elle n'eut à ce moment une quelconque importance. Elle scellait à jamais le destin d'un homme qui grâce à elle, allait maintenant pouvoir vivre sa propre vie. Après la chute de Voldemort, elle signait là sa plus belle réussite.

Elle enroula le parchemin, alla à son ancien bureau pour faire chauffer un peu de cire et mit le sceaux des archives. Hermione retourna voir Ron pour lui annoncer leur départ et celui-ci se fit un point d'honneur à lui enfiler sa cape en parfait gentleman. Il faisait de sérieux efforts, elle le savait et cela ne faisait qu'augmenter le poids de sa mauvaise conscience envers lui. Lorsqu'ils arrivèrent au rez-de-chaussée, non sans avoir fermé les archives livrées à elle-même bien évidemment, elle demanda à Ron de faire un détour jusqu'au service postal du ministère afin d'envoyer son parchemin à son destinataire. Ron accepta naturellement et en repartant, il saisit une occasion pour lui prendre la main. Surprise au début, elle se laissa finalement faire. Il commença alors à lui raconter sa journée, non sans passion, et ponctua son récit par de petites anecdotes qui la firent rire. L'atmosphère détendue, ils retrouvèrent leur naturel d'autrefois et leur complicité qui rendait leur relation si particulière. Ron l'invita comme prévu au restaurant et passa la soirée à la séduire avec sa manière bien à lui, l'humour. A nouveau, elle se laissa porter par le moment et apprécia chaque minute de cette soirée réussie. Pas de mariage, pas de questions sur leur couple, pas d'interrogations sur leur avenir, pas de projets à monter, pas de réflexions autour d'un nombre hypothétique d'enfants à venir, non, juste Ron et Hermione, lui et elle et rien d'autre. Vers dix heures, il se résigna à la raccompagner chez elle afin qu'elle ne se couche pas trop tard. Sans chercher à aller plus loin, il l'embrassa tendrement, la prit délicatement dans ses bras tout en lui caressant le dos et lui murmura qu'elle allait terriblement lui manquer avant de lui proposer de manger ensemble le lendemain midi, ce qu'elle accepta. Ron l'embrassa à nouveau avant de s'en aller et Hermione referma sa porte non sans un long soupir.

Puis, elle le vit… Allongé en boule en plein milieu de ce qui était à l'époque des vêtements et qui était maintenant un butin de guerre, il ne daigna même pas lever la tête pour vérifier qu'il s'agissait bien de son futur bourreau. Choquée, Hermione en resta sans voix et ce fut pire lorsqu'elle regarda l'armoire complètement vidée de son contenu, maintenant au sol, en lambeau. Partagée entre l'envie de pleurer et de faire du pâté « de » chat, elle se sentit dépassée par les évènements. Au bruit d'une chaise qui se déplaçait, Pattenrond se leva, vit sa maîtresse maintenant assise et blanche puis se réinstalla confortablement sur l'objet de sa vengeance. Fatiguée par sa journée et par les aléas de sa conscience, elle craqua et pleura jusqu'à ce qu'elle sente quelque chose se frotter à sa jambe. Elle prit alors son unique et réel compagnon de vie dans ses bras. Elle se coucha ensuite avec la seule satisfaction de s'être au moins réconciliée avec son chat… Elle ne se doutait pas un instant que dans une immense maison à plusieurs kilomètres de là, deux personnes étaient loin d'être prêtes à se coucher vu l'état d'énervement de l'un d'eux. Morphée venait de l'emporter vers d'inavouables rêves dont elle avait depuis peu l'habitude. Ron l'avait peut-être le jour, mais la nuit, elle appartenait maintenant entièrement à Drago.