Message de l'auteur :

Non, tu n'hallucines pas, c'est bien un nouveau chapitre ! Si si !

Et oui, ça faisait longtemps, deux long mois, je sais, et je m'en excuse. Je me suis laissé emporter par plein de chose et je voulais absolument terminer un projet en cours avant de reprendre ici. Je souhaite la bienvenue aux nouveaux lecteurs/lectrices de cette fic et je leur remercie de leur soutient. Je ne vais malheureusement pas pouvoir faire une réponse à chacun faute de temps mais je vais essayer de répondre à toutes vos questions avant de vous laisser tranquille dans la lecture qui vous attend ensuite.

Déjà, pour tout ce qui pense qu'à ce stade, le couple Hermione/Drago est impossible, je les invites à regarder dans quelle catégorie j'ai placée cette fic… Juste un conseil hein, ce n'est pas non plus une obligation bien évidemment, lol.

Pour vous prévenir de la publication, je vais malheureusement vous décevoir. Je n'ai plus une minute à moi en ce moment (un avada kedavra à tous ceux qui commente cette phrase avec un « elle est tout le temps débordée ») et l'envoie d'hibou, même quand fonctionne très bien, prend un temps que je n'ai plus. Pour ceux qui le savent pas, j'ai tendance à toujours indiquer l'état de mes fic en cours sur mon site personnel qui est accessible sur mon profil, sinon, bah vous faites comme moi (anamaya si tu me lis… j'en peu plus…) et vous allez voir de temps en temps, pour ne pas dire tous les jours (anamaya… pitiée…) si j'ai pas publiée… Sinon, il vous reste l'option hibou pour savoir où j'en suis, je répond toujours :op ! Pour le rythme de publication, là, je ne m'avance plus puisque de toute façon, je n'arrive pas à m'y tenir… Ca devrait rester dans l'ordre de 3 semaines/ 1 mois par chapitre, tout dépend de ma vie perso et de l'avancement de ma fic principale qui reste toujours et encore prioritaire. Ecrire un chapitre de cette fic là me prendre facile une semaine complète à hauteur de 3 à 4 heures d'écritures quotidienne. Ce chapitre douze fait 11 pages Word à lui tout seul (times – 10) et plus ça va, plus je rallonge…

A la question « suis-je un bourreau »… Beaucoup des sorciers qui fréquente ce site et qui me connaisse via msn vous répondraient sans hésitation que oui… Mais, là, je proteste… Je suis un ange… Bon, ok, l'auréole ne me va pas… Le choixpeau à tout simplement fait un très bon travail sur moi… Serpy jusqu'au bout des ongles… Mais imaginer ce que cette fic aurait donnée si j'avais été Gryffon ? Mdr

Bon allez, je vous embête pas plus longtemps. Encore merci pour toutes vos reviews, ça me touche beaucoup que cette fic puisse vous prendre à corps comme ça… Et la cerise qu'elles soient en plus très constructive me motive toujours dans ma lutte contre le sommeil « ils veulent un chapitre… je dois finir… pas dodo… »

Avec toute ma gratitude,

YvyLeeWoods

Chapitre 12 : Quand la reconnaissance arrive... écrit le 08/09/2006

Cher journal,

Grand jour pour moi aujourd'hui. Je vais commencer mon nouveau travail. Je sais que c'est complètement ridicule mais je ne peux pas m'empêcher d'être toute excitée. Pour être honnête, bon ok, vraiment honnête, j'ai changé déjà cinq fois de tenue et je ne suis toujours pas satisfaite. Mon amour de chat affectueux a eu la bonté de me réduire du choix dans mon dilemme, mais je me retrouve maintenant face à un moment cruciale de ma vie, un moment déterminant que je ne peux absolument pas rater…
Pull rouge signifiant jeune femme dynamique et efficacement sexy alors qu'elle est fiancée ou alors chemisier blanc soulignant mon sérieux mais aussi ma non disponibilité sentimentale non négociable… Rien que pour prouver à Harry qu'il a tord je mettrais bien le rouge mais mon bon sens, qui ne m'a jamais trahi jusque là, me souffle le chemisier blanc… Bon, va pour le cardigan noir, sérieuse, sexy et mystérieuse… Parfait !
J'ai quand même du mal à réaliser que je ne mettrais plus les pieds derrière ce fichu comptoir… C'est fou le soulagement que ça me procure. J'ai l'impression d'entendre une chanson légère dans ma tête tout en fermant les yeux, j'arrive très bien à m'imaginer danser comme une enfant dans les champs fleuris. J'ai pourtant plein de problèmes sur le feu, mais là, oui, là, je préfère me concentrer sur celui qui est résolu ! C'est là aussi où je ne regrette pas mon choix. J'ai obtenu ce poste par mérite et mon ego remercie ma raison !
Je vais devoir également revoir ma garde robe maintenant que je ne serais plus cachée par des montagnes de livres. Serrer la main d'un ministre ou d'un haut dignitaire avec une jupe plissée datant de Poudlard et un gilet en laine gris, ce n'est pas ce qu'il y a de plus recommandé pour la conseillère particulière d'un ambassadeur. Si mon salaire suit mes espérances, ma première paye sera donc consacrée à une journée de shopping. C'est Ginny qui va être contente de pouvoir jouer les stylistes. Il faudra quand même que je lui rappelle que je n'ai plus dix-huit ans et qu'il y a des affaires qu'on ne met plus à notre âge, même si l'idée est justement de rester jeune et à la mode.
Allez, je ne préfère pas m'attarder à remplir ces pages blanches de peur d'y coucher quelques autres pensées nettement plus torturées…
Trop tard… T'ai-je dit que Drago m'avait encore embrassée hier ? Non ? Ah… Bon, et bien, tu devras attendre la fin de la journée pour tout savoir !
Et pas qu'une fois en plus ! … Oui, je sais, j'exagère… Tu aimerais savoir hein… Je sais que tu veux savoir… Tu ne peux pas me mentir… Avoue ! Tu ne peux pas me la faire à moi… Tu veux savoir ! Allez, dis oui ! Ah, tu vois que ce n'était pas si dur… Mais ce n'est pas pour autant que je vais te dire… Après tout, je préfère être sadique que pathétique… Je lui ai même rendu son baiser… Bon, ok, j'arrête… Mais c'est uniquement parce que c'est toi hein ! Je pouvais sentir son odeur sur moi… Oh, là, je sens que tu crèves d'envie de te refermer sur mes mains et me broyer les os pour avoir écrit une chose pareille… Ses caresses étaient… Oui, oui, je m'en vais travailler ! Oui, je vais me rappeler que je suis fiancée… à un autre… mais laisse-moi encore quelques secondes dans ma folie passagère…
Je sais que je ne devrais pas, seulement en ce moment, ma conscience est une véritable mangemorte, baguette à la main, prête à me lancer un endoloris à chaque pensée que j'ai de lui, de lui avec moi… Je sais que c'est Ron qui devrait tenir cette place alors qu'est ce qui ne va pas chez moi ?
Tu vois, je l'avais prédis… Je te parle de mes autres problèmes et ma chanson joyeuse s'est envolée pour laisser la place à une beaucoup plus mélancolique…J'aurais dû devenir professeur de divination à Poudlard et remplacer cette… cette… je n'ai pas de mot pour la décrire celle-là…
Bon allez, cette fois-ci je vais affronter le magnifique destin qui s'offre à moi et monter une marche de plus vers la réussite de ma vie.

Conseillère personnelle de l'ambassadeur américain… Si ça ce n'est pas la classe, je ne m'appelle plus Hermione Granger !

Je te laisse, j'ai du travail important qui m'attend… Ca aussi c'est bon de le dire… Travail important… Conseillère personnelle de l'ambassadeur… Trop bon, encore ! Conseillère personnelle de l'ambassadeur… Bonjour, je suis Hermione Granger, la conseillère personnelle de l'ambassadeur… Bonjour, je suis Hermione Weasley, conseillère personnelle de l'ambassadeur… Bonjour, Hermione Malefoy, bras droit de l'ambassadeur… De toute façon, quelque soit l'option, c'est toujours mieux qu'Hermione Granger, préposée aux archives…

Bon, tu m'excuseras cher journal, mais j'ai maintenant mieux à faire que faire mon inavouable rapport quotidien sur ma vie.

A un de ces jours, quand mon futur agenda surchargé m'y autorisera !

XXX

Hermione se regarda une dernière fois dans sa glace, essaya de se convaincre de ne pas se changer une ultime fois et arrangea sa pseudo coiffure de femme sérieuse, puis fit une légère caresse à son chat qui en profita pour s'étirer et en obtenir davantage.
- Ne pousse pas trop Pattenrond… Mon pardon est déjà pas si mal compte tenu du temps qu'il me faudra pour réparer toutes mes affaires…

Le fait que son chat n'était justement pas qu'un simple animal de compagnie, bête et méchant, justifiait sûrement le fait qu'elle avait l'impression qu'il la comprenait parfaitement. Suite à ce rappel de son activité nocturne de la veille, la boule de poil lui adressa un regard des plus réprobateur, agita sa queue en signe d'avertissement à un seuil de tolérance franchi, sauta du lit où il y laissa une trace arrondis accompagnés de quelques poils et avant qu'elle ait eu le réflexe de fermer l'autre porte de son armoire, au cas où un changement de dernière minute était nécessaire, il sauta sur une étagère et s'installa tout en lui lançant un défit de l'y déloger sans une égratignure.

Hermione soupira, vaincue par ce caractère si rancunier, elle sortit enfin de son trente mètre carré et entreprit de descendre les escaliers. A mi chemin, sur le pallier intermédiaire, son nez fut agressé par une immonde odeur qui ressemblait dans un premier temps à de l'eau de Cologne bon marché, au point de lui provoquer en quelques secondes une migraine affreuse. Hermione devina tout de suite la cause de cette conséquence. Après un soupir qui en disait long sur ce qu'elle pensait de ce cache misère, elle continua sa route, qu'elle pouvait suivre rien qu'à l'augmentation de son irritation nasale, et se retrouva ainsi devant son voisin préféré.

- Tu es bien matinale ce matin, jolie Hermione… Sourit-il tout en passant brusquement son bras devant son visage à lui provoquer une véritable nausée.

- Boris, les filtre d'amour ne fonctionne pas sur moi… lui répondit-elle totalement blasée par son énième essai du genre.

- Tu n'aimes pas mon parfum ? S'indigna-t-il faussement tout en passant son autre bras à proximité de son nez, insistant à nouveau.

- Tu vois, Boris, la seule joie que je retire après chacune de nos rencontres, c'est de me dire qu'il y a plus pathétique que moi sur cette terre, ce qui n'est pas une référence en soi, ajouta-t-elle plus pour elle-même avant de reprendre, et qu'à côté de toi, ma vie est bien plus épanouie, termina-t-elle avant de le voir à nouveau s'essayer avec son autre bras. Et arrête avec ton filtre… Je me suis immunisée contre ce genre de pratique dès que les frères Weasley ont voulu tester leur nouvelle gamme sur moi. Et ce que tu portes, ce n'est pas ce qu'ils ont fait de mieux pour tout te dire.

Avec ce qui venait de lui arriver depuis une bonne semaine et demi, il était maintenant évident pour Hermione qu'elle avait pris assurance et confiance en elle. Elle-même avait du mal à se souvenir de l'Hermione qui paniquait à chaque fois que Ron venait lui rendre une petite visite surprise aux archives ou rougissait quand il la frôlait maladroitement. Maintenant, elle se sentait plus forte, plus déterminée bien qu'il lui manquait encore ce que les hommes portaient si fièrement pour pouvoir prendre le total contrôle de sa vie, soit rompre avec Ron, se couper définitivement de la famille Weasley, décevoir Ginny, écœurer Harry en allant se jeter en pleine rue dans les bras de Drago Malefoy.

La dernière réplique avait eu du résultat sur Boris et, comme inspiré par un changement de sujet radical, il remarqua la bague qu'Hermione portait à sa main gauche. Réalisant ce que cela pouvait signifier, il lui fallu quelques secondes pour assembler les différentes informations qu'il avait la concernant.

- Vu le caillou, je mise sur le rouquin ! Affirma-t-il sans aucun tact, ce qui choqua Hermione. Franchement, le blond, je veux bien croire que physiquement, il puisse se démarquer de moi mais l'autre, il ne m'arrive franchement pas à la cheville ma belle… Tu vas faire la plus belle erreur de ta vie !
- Vivement ma prochaine paye, soupira Hermione comme unique réponse avant de continuer de descendre les escaliers tout en remerciant Merlin de lui donner la possibilité de s'éloigner de ce phénomène une bonne fois pour toutes.

Etre en avance à son travail était une habitude d'Hermione seulement lorsqu'il s'agissait d'un premier jour, ce n'était plus quinze minutes qui s'imposait à son esprit contentieux mais une bonne heure. En plus, personne ne lui avait spécifié d'horaire particulier alors il n'y avait rien de plus normal que de se présenter sous son meilleur profil et d'arriver au ministère avant les autres, bien avant les autres… Heureusement pour elle, Hermione avait toujours le mot de passe pour entrer au ministère avant son ouverture officielle et c'est dans un silence presque dramatique voir suspect qu'elle traversa l'atrium à huit heures moins deux minutes du matin.

Le plus étrange pour elle fut de passer à côté des escaliers qu'elle avait empruntés tant d'années et de continuer jusqu'aux ascenseurs. Elle imagina alors le travail qui allait être laissé de côté, les livres mal rangés et les demandes mal renseignées suite à son départ et sentit une petite pointe de nostalgie avant de se remotiver lorsque les portes se refermèrent sur elle pour la monter au deuxième étage.
Le couloir ressemblait alors à une ligne droite qui terminait de changer à jamais sa vie, et plus elle s'approchait de la porte du bureau en question, plus ses pas devenait lourds et lents. Hermione hésitait, il n'y avait rien pour l'y encourager, mais tout d'un coup, toutes les recommandations et préventions d'Harry et de Ron se répétèrent en boucle dans sa tête comme si une alerte interne la prévenait d'un danger imminent. Pourtant, elle s'apprêtait à commencer un travail logiquement nettement mieux rémunéré que ce qu'elle avait eu jusque là, et il n'y avait pas grand mal, puis, conseiller un ambassadeur devait être très passionnant comme tâche. Alors pourquoi cette peur au ventre ? Pourquoi Hermione avait autant d'appréhension à frapper à cette porte ?
Sa main s'avança tout de même avant de se reculer et de faire ce mouvement cinq bonnes fois avant de faire résonner l'âme du bois qui bloquait l'entrée. Elle resta ensuite là, comme une totale idiote, à attendre qu'on vienne lui ouvrir, avant d'émettre enfin l'hypothèse qu'il n'y avait personne. Au bout d'un bon quart d'heure, immobile, elle leva les yeux au ciel et s'assit sur l'un des bancs qui ornaient le couloir. Hermione s'appuya alors contre le mur et soupira sur sa stupidité. Heureusement, elle n'eut pas longtemps à attendre vu que petit à petit, l'animation arriva avec des personnes qui en profitèrent pour la dévisager avec interrogation. Hermione regretta sur le coup d'avoir mis son cache-cœur et aurait préféré la chemise blanche, mais surtout stricte, qui leur aurait indiqué qu'un minimum de respect s'imposait lorsqu'ils rencontraient la conseillère personnelle de l'ambassadeur américain.

- Et moi qui avais fait en sorte d'arriver le premier, soupira une voix assez lointaine avant qu'Hermione ne tourne la tête pour voir de qui elle venait. Mais finalement, j'avoue ne pas être si surpris que ça, et c'est une leçon que je vais retenir à l'avenir…
- Oh, bonjour monsieur… Balbutia-t-elle, mal-à-l'aise, tout en lui proposant sa main pour le saluer.
- Très bien, nous allons mettre les choses aux points tout de suite, Hermione. Tu m'appelleras Steeve, on se tutoie, pas de monsieur, et ne me regardes pas comme ça !
- Comment ça ? S'inquiéta-t-elle, surprise et apeurée de croire qu'elle le dévorait sur place, ce qui ne lui aurait pas provoqué d'indigestion au passage…

- Je n'ai encore jamais mangé de sorcière, Hermione… Et si je devais le faire, je ne choisirais pas une héroïne de guerre qui gagnerait facilement contre moi dans un duel…

- Tout dépend comment on voit les choses, murmura-t-elle à elle-même tout en regardant son nouveau patron ouvrir la porte avec sa baguette magique avant de sentir la menace mangemorte lui rappeler ô combien elle était fiancée et ô combien elle se devait d'y être fidèle jusque dans ses pensées.

- Tu disais quoi ?

- Que j'étais ravie de travailler avec vous… se reprit Hermione rouge de honte de s'être faite presque surprendre dans son égarement.

- Et moi donc ! S'enthousiasma l'américain avant de lui faire un clin d'œil et de l'inviter à entrer. Je suis très honoré te compter dans mon équipe Hermione. Mais je t'en prie, entre !

Hermione le suivit donc à l'intérieur et posa son regard sur l'ensemble des lieux qui s'offraient à elle. La première chose qui lui sauta à l'œil fut l'espace et la décoration. Elle qui s'attendait à des bureaux style victorien comme il pouvait y'en avoir dans d'autres département du ministère, celui-ci se voulait originalement moderne. Il y avait quatre fauteuils en forme d'œufs apparemment inconfortables qui servait de petit salon d'attente. Un peu plus loin, l'un en face de l'autre, deux bureaux qu'elle supposait être le sien et celui de l'ambassadeur, était d'un noir peu commun qui lui inspirait un avis mitigé. Les murs latéraux étaient décorés par deux tableaux, qu'Hermione reconnut pour être un portrait des deux sorciers pionniers qui avaient survécus au massacre de Salem après la chasse aux sorcières que la ville avait subies et un immense paysage jardinier qui faisait face à la porte. Après quelques minutes d'observation, Hermione se rendit compte qu'il y avait également deux autres grandes portes au fond de la pièce et lorsqu'elle vit l'ambassadeur en ouvrir une et lui demander de le suivre, elle réalisa l'évidence, soit qu'un ambassadeur se devait d'avoir au moins son propre bureau, ne serait-ce que pour avoir des discussions confidentielles avec des notables.

- J'aime beaucoup la lumière qui se dégage de ce bureau pour tout te dire. La vue est en plus tout à fait charmante quand on y fait attention. On peut y voir Big Ben et la Tamise… Parfois, j'en regrette presque mon choix…

- Votre… ton choix ? Demanda-t-elle au tac au tac avant de se reprendre en se promettant d'être plus « diplomate » à l'avenir.
- Oui, vois-tu Hermione, mon bureau est certes plus spacieux mais la vue que j'ai est nettement moins belle que celle-ci.

Hermione regarda alors autour d'elle et se demanda bien à quoi se bureau pouvait alors lui servir vu qu'il en utilisait un autre et que deux trônait dans la pièce adjacente. Lorsqu'elle observa à son tour à travers la fenêtre, elle trouva également ce genre de vue bien agréable et cela la changeait parfaitement du sous-sol enfermé où elle était encore la veille.

- Bien, tu es évidemment libre de faire la décoration de ton bureau à ta guise, et si tu me le permets Hermione, il n'y aura pas que ça à revoir… ajouta-t-il en la regardant de la tête au pied ce qui l'a mis mal à l'aise. Je connais parfaitement ton ancienne situation financière mais je ne peux malheureusement pas te permettre de venir travailler avec une robe de sorcier dont la coupe date de quatre ans…

- Je suis désolée, en plus mon chat m'a… commença-t-elle avant de voir son nouveau patron lui sortir une bourse assez volumineuse et surtout assez lourde pour ne pas imaginer la somme conséquente de galions qui devait se trouver à l'intérieur.

- Nous déjeunerons ce midi chez un ancien ami à toi, d'après ce que j'ai compris, et je t'y présenterais le responsable du département des aurors. Il y a même de fortes chances que ton autre ami Harry Potter soit des nôtres. Sinon, ce matin, j'ai quelques rendez-vous à l'extérieur que je ne vais pas t'imposer vu que c'est ton premier jour donc, on se donne rendez-vous à midi pile au restaurant. Tu as toute ta matinée pour faire connaissance avec nos assistantes et faire les boutiques. Ah oui, aussi, prends une robe de soirée pour ce soir.

- Ce soir ? Balbutia-t-elle en essayant d'assimiler l'ensemble de son programme tout en empêchant son cœur de s'arrêter de battre.

- Oui, il y a une soirée mondaine en l'honneur d'un départ en retraite du responsable du département des coopérations magiques internationales et là malheureusement, tu ne pourras pas y échapper. Je t'en reparlerais cet après-midi.

- Oh, très bien, réussit-elle quand même à dire alors qu'à ce moment précis, la seule chose qu'elle souhaitait faire était de fuir, ce qui était une option bien évidemment impensable pour une ancienne Gryffondor.

- Tout va bien Hermione ? Je ne vais pas trop vite ? S'inquiéta-t-il avec un regard tendre qui renforça son mal-être.

- Oui, oui, mentit la jeune femme, ce qui n'était plus qu'une goutte d'eau dans l'océan vu les péripéties passées de la semaine précédente.

Hermione ne savait plus vraiment quoi penser de ce qui lui arrivait et surtout de la vitesse à laquelle tout s'enchaînait depuis quinze jours environ, et l'arrivée de ce qu'elle supposa être des assistantes lui fut salutaire. Steeve l'invita à aller à leur rencontre et fit tout de suite les présentations. La première semblait assez excentrique vu la façon dont elle lui serra la main, fière de rencontrer une héroïne, honorée de pouvoir travailler pour elle, mais ce qui la caractérisa le plus au premier coup d'œil fut sa petitesse et son aspect mi-femme mi-enfant. La seconde paraissait nettement plus normale voir agacée du comportement de sa collègue et physiquement, la banalité résumait tout à fait l'appréciation d'Hermione.

L'ambassadeur lui expliqua ensuite que leur bureau était assez sollicité, surtout depuis son affectation à ce poste et que leurs travails se résumaient à leur simplifier la vie. Hermione était ravie de le savoir vu que pour le moment tout lui semblait obscur, comme sa propre tâche ce bureau, et les salua respectueusement. Steeve demanda aux jeunes filles de l'aider à s'installer et d'apprendre à sympathiser durant son absence puis s'excusa d'avoir son premier rendez-vous à neuf heures deux étages plus haut.

Pour la première fois de sa vie, la Miss-Je-Sais-Tout ne savait pas ce qu'elle devait faire et paniqua sur le moment. Elle savait qu'elle ne devait pas le montrer mais avec deux paires d'yeux à la décortiquer comme elles le faisaient, c'était assez difficile. Elle décida alors d'aller dans son bureau et s'y enferma pour faire le point de ce qu'elle venait de vivre. Elle commença par prendre ses marques, regarda avec attention le peu de livres qui composaient sa bibliothèque personnelle, caressa sa petite table de réunion ronde qui était juste à côté et après quelques secondes d'hésitation, s'installa à son bureau. Le fauteuil était nettement plus confortable que le tabouret qu'elle utilisait souvent aux archives ou même son ancienne chaise de bureau. Elle se remémora alors l'ensemble des évènements de la matinée et se laissa aller dans un petit cri de satisfaction, bridé par la main qu'elle posa préalablement devant la bouche pour éviter que les assistantes n'entendent l'expression de sa joie.

Puis, elle décida de briser la glace avec les deux femmes d'une vingtaine d'années qui avaient dû la prendre pour une snobe et commença à ouvrir la porte avant d'entendre une conversation qui l'intéressa dès le premier mot.

- … Malefoy.

- Dis-moi, il n'y a rien d'autre dans ton journal que les potins du jour ? Pesta apparemment la plus sérieuse des deux.

- Attends, est-ce que tu te rends compte seulement des conséquences de ça ?

- Non, mais je sens que tu vas me l'expliquer, soupira sa collègue à en faire rire légèrement Hermione qui se fit de ce fait remarquer. Oh, pardon, veuillez-nous excusez miss Granger, nous nous remettons au travail tout de suite…

- Il n'y a pas de mal, les rassura-t-elle par intérêt afin de justifier la fin de l'histoire. Alors, je vous écoute, de quelles conséquences parlez-vous ?

- Vous connaissez Drago Malefoy ? Demanda la première avec un petit sourire victorieux d'avoir trouver une alliée.

- Qui ne connaît pas Drago Malefoy au ministère, pouffa la deuxième. Franchement, tu en as des questions…

- Ne faites pas attention Miss Granger, voilà ce que dix ans de célibat donnent sur une jeune femme… Elle en devient aigrie… Commenta la plus jeune avant de reprendre le journal et de le mettre devant ses yeux, ce qui l'empêcha de voir l'amertume de l'intéressée mais aussi celle d'Hermione qui se sentait bizarrement concernée par la remarque. Donc, Drago Malefoy, depuis ce matin, est officiellement sur le marché de la disponibilité !

Là, si Hermione n'avait jamais fait attention à la vie privée de celui qui avait été son amant d'un soir, sa nouvelle assistante lui fit un cours de rattrapage accéléré. Elle apprit alors que le mariage avait été donc annulé à un mois de la cérémonie et que tous les fournisseurs annonçaient déjà leur perte en chiffres d'affaires suite à ce que certains décrivaient comme un drame épouvantable. Hermione avait un avis nettement différent sur ce point mais elle se devait de rester muette à cause du secret professionnel en plus du personnel, plus délicat en soi. Elle imaginait par contre très bien la réaction de la future, maintenant ex, Madame Malefoy et la première assistante lui donna les raisons de penser que Drago avait dû subir un très mauvais moment. L'article mentionnait également tous les noms des jeunes filles de noble naissance, terme politiquement correct pour ne pas dire de sang pur, pouvant convenir à la succession de la non regrettée Pansy. Bien sûr, Hermione y jeta un bref coup d'œil pour y voir, avec un espoir dissimulé, le sien, mais le fait que ces parents soient totalement moldus n'avait peut-être pas joué en sa faveur. Par ailleurs, l'article ajoutait le nom de quelques aventures connues du blond qui avait fait scandale dans la société mondaine à l'époque, de par son engagement avec Pansy, et Hermione fut par contre soulagée cette fois-ci de voir que son nom n'y apparaissait pas, ce qui prouva également le manque de renseignements évident du journaliste. Puis, les uns après les autres, les richesses de Drago, biens immobiliers et titres en tout genre furent énumérés et mirent Hermione dans un état second. Jusque là, elle n'avait jamais vu Drago de cette manière. Pour elle, il était le petit arrogant prétentieux décoloré qui avait su la séduire et se faire mettre dans son lit, pas un noble convoité et astreint à un certain protocole dû à son nom. Il y avait de quoi comprendre Drago dans sa volonté de trouver au moins une femme qui puisse l'aider à supporter tout ça, et non une femme qui l'y enfoncerait davantage. Remarque, à l'idée d'imaginer Drago avec une perruque blanche, assistant à un conseil sorcier quelconque, bras croisés, soupirant à chaque débat concernant la grosseur légale d'un chaudron, était assez comique en soi, pour ne pas dire séduisant. Dans tous les cas, l'article, même s'il comportait sûrement un meilleur pourcentage de fiction que de réalité, avait pour mérite de lui montrer la complexité de la vie qui aurait pu être la sienne si elle n'avait pas été chez les Weasley le week-end dernier pour accepter la proposition de Ron au lieu de celle de Drago.

- … pour la soirée ? Reprit la première des assistantes.

- Pardon ? Demanda Hermione qui sortait ainsi de ses réflexions.

- Il est dix heures passées et je vous demandais si vous aviez déjà une robe pour la soirée ?

- Oh, heu, non… Je devais y aller ce matin…

- Et c'est maintenant que vous nous le dites ? S'indigna la deuxième. Vous savez combien de temps il faut pour faire une robe de soirée sur mesure ?

- La malheureuse ! Il faut que vous y aller tout de suite !

- Mais, je ne sais pas quoi prendre et surtout où aller, enfin si, je pense que je pourrais trouver quelque chose chez Gaichiffon …

- Tu devrais y aller avec elle, proposa la deuxième assistante en direction de la première.

- Non, toi vas-y, tu sais t'imposer et là, je pense que faire comprendre à la directrice de cette boutique son intérêt à bien la servir…

- Pourquoi dites-vous ça ? Elles pourraient me refuser une tenue ?

- On voit que vous ne fréquentez pas souvent les salons mondains… soupira la première… Tout le monde n'a pas son entrée dans ces boutiques en terme de confection particulière…

Effectivement, lorsqu'Hermione entra dans la boutique avec son assistante, comme pour sa dernière visite dans ce magasin, les vendeuses la regardèrent de haut et continuèrent à vaquer à leurs occupations. L'une d'entre elle, préposée aux clients usuels selon la deuxième assistante, leur proposa le catalogue mais Thalie, de son prénom, annonça tout de suite la couleur. Hermione vit alors la vendeuse blanchir de confusion et deux autres vendeuses la pousser carrément en arrière, limite à se battre à qui s'occupera de leur nouvelle pépite d'or de cliente. Hermione fut alors tripotée de partout durant la prise de mesure et en dégagea même des mains trop baladeuses à son goût avec un regard indigné. Lorsque arriva le moment du choix de la robe, si Hermione avait écouté les conseils proposés, forcément orientés vers les plus extravagantes et onéreuses de leur collection, elle aurait ressemblé ni plus ni moins qu'à un bonbon rose généreux et écœurant rien qu'à la vue. A ce stade, il ne manquait plus que la coupe caniche pour terminer la pièce montée qu'elle serait devenue. Après tout, il est de notoriété public que le ridicule ne tue pas, il n'annihile juste que la fierté humaine, chose qu'Hermione cherchait difficilement encore en elle. Enfin, heureusement, la réputation de Thalie fut assez juste et les vendeuses redevinrent plus raisonnables avec sa nouvelle patronne. Les deux jeunes femmes ressortirent donc vivantes, entières, avec encore quelques galions en poche et avec le plus important, une robe digne de ce nom.

Lorsqu'une galère se terminait, la championne du genre s'en alla ensuite vers la suivante. A première vue, manger dans un des meilleurs restaurants avec un homme séduisant et un homme d'expérience qui pouvait amener des conversations vraiment intéressante, cela semblait tout à fait prometteur, mais Hermione pouvait encore sentir ces fourmillements au ventre qui traduisant son anxiété.

Elle arriva donc par la porte arrière, comme lui avait montré Ron et Harry la dernière fois qu'ils y avaient été à trois et s'annonça au maitre d'hôtel. Très rapidement, Seamus la remarqua et vint à sa rencontre. Elle lui expliqua la raison de sa présence et bien évidemment, il la conduisit au box qui était prévu pour eux. Encore une fois, elle était la première et en attendant l'arrivée des deux hommes, elle se surprit à écouter les divers chuchotements provenant des box voisins. La rupture de Drago et de Pansy était bien évidemment à la une des nouvelles et Hermione commençait à ne plus supporter cet étalage de la vie privé comme si elle n'avait pas de valeur.

- Voici, annonça un serveur en montrant la table ou se tenait Hermione à Steeve et un autre homme.

- Toujours la première, évidemment… Hermione, permets-moi de te présenter Arturus Mongomery, le directeur du bureau des aurors. Arturus, voici Hermione Granger…

- Ah oui, le trésor dont vous aviez tant besoin si je ne m'abuse, plaisanta l'homme qui était assez vieux pour prendre cette remarque avec un léger dégoût. Ravi de pouvoir rencontrer un membre de l'ordre du phénix, reprit-il plus sérieusement ce qui mit Hermione un peu plus en confiance. Tu as fais un excellent choix Steeve…

- Je commence à me le dire effectivement, souligna-t-il avant de s'installer à la droite d'Hermione, la mettant ainsi entre les deux hommes.

Finalement Harry n'avait pas pu venir suite à une urgence sur l'un de ses dossiers et le repas fut comme initialement annoncé, uniquement orienté sur la coordination entre les aurors en charge de la protection de ses ressortissants sur le sol Anglais. Hermione commença alors à comprendre son rôle auprès de l'ambassadeur américain et participa activement à la conversation, impressionnant ainsi les deux hommes. Lorsque le café arriva, elle fut presque déçue de mettre un terme à l'une des discussions les plus intéressantes des six derniers mois.

Lors de la réunion de l'après-midi, l'ambassadeur lui confirma sa mission principale de correspondante entre son pays et les Amériques du Nord. Steeve ne connaissait que très peu le pays et avoir une personne telle qu'Hermione lui était devenue nécessaire presque dès son arrivée. Le fait qu'elle soit également invité à la réception dès son première était lié également au fait que c'était son premier à lui aussi et qu'il ne voulait commettre aucune faute diplomatique. Elle était son garde fou, sa conseillère mais aussi sa bibliothèque ambulante. Il connaissait de toute évidence sa réputation scolaire mais aussi celle que son ancien patron lui avait attribuée lorsqu'il lui avait demandé son transfert et la pauvre Hermione passa son après-midi à débiter toute sa connaissance dans les divers protocoles administratifs du ministère et de la communauté sorcière du pays en générale. A la fin de la journée, le bilan de cette première journée fut évident aux yeux d'Hermione. Elle avait aimé pouvoir exposer ses idées, commenter celle de l'ambassadeur, proposer des projets, établir les études à prévoir, mais surtout voir que sa contribution au monde magique voyait sa portée s'agrandir de manière exponentielle et ne se limitait plus à une personne en particulier. Elle était fière et heureuse de pouvoir faire autant de chose et se sentait totalement comblée du travail qu'il lui demandait. Bien sur lorsqu'elle se remémorait les chiffres qui composait son nouveau salaire sur un carnet de note, le sourire sur son visage prenait des proportions tout à fait insolant. C'est donc le cœur rapide, chaud mais surtout vivant qu'elle rentra chez elle pour se préparer à tenir son rôle d'accompagnatrice.

En bas de son immeuble, elle se sentit le besoin de le regarder et pour la première fois, elle réalisa qu'elle valait finalement mieux qu'une chambre de bonne de trente mètre carré. Le souvenir de son emménagement refit alors surface suivit des raisons qui l'avait poussé à le prendre. Ron lui avait assuré qu'elle n'avait rien à gagner à jouer les ingrates face à ce que le ministère lui proposait après tous les sacrifices qu'elle avait fait pour permettre à la société sorcière de vivre libre. C'est vrai que commencer sa carrière en étant cobaye chez les frères Weasley, ce n'était pas ce qu'il y avait de mieux pour établir un bon curriculum vitae, surtout quand on souligne que ça lui avait valu quelques séjour à Sainte-Mangouste et plusieurs remarques sur son caractère ou son entêtement. Mais, au fond d'elle, tout comme à Poudlard, il était normal qu'elle prouve ce qu'elle valait. Oui, elle avait eu les meilleurs résultats à Poudlard, oui, elle était l'une des meilleurs en sort de défense face aux mangemorts, oui, elle avait établit un bon plan d'attaque en collaboration avec les différents membres de l'ordre mais elle était avant tout une femme qui voulait tourner la page sur cette période sombre de sa vie. Durant la guerre, il avait fallu faire des choses pas forcément agréables et ces souvenirs noircissaient le tableau de l'héroïne de guerre qu'elle était. Alors accepter un poste pour avoir eu la bassesse de se livrer à des actes qu'elle ne se serait jamais permise en temps normal, même avec la meilleure volonté, elle n'avait pas pu et ne le pouvait toujours pas. Maintenant, elle savait que son embauche était uniquement liée à ses connaissances et son aptitude à pouvoir donner les meilleurs conseils possibles correspondait à l'avenir professionnel qu'elle espérait avant la guerre. Une page de son histoire était en train de se refermer juste devant ses yeux et Hermione en prenait conscience non sans difficulté.

- Tu penses à quoi ? Demanda une silhouette qu'elle identifia à un Ron sortant de son hall.

- Oh à rien de précis, mentit-elle avec une facilité qui commençait à lui faire peur. Mais qu'est ce que tu fais là ?

- Je me suis perdu, ironisa-t-il. Hermione, que veut-tu que je fasse d'autre que venir te voir si je sors justement de ton immeuble ?

- Mais je n'en sais rien Ron, s'emporta-t-elle piquée à vif sans qu'il ne comprenne ce qu'il avait encore fais de mal.

- Oh… Alors ta première journée c'est finalement mal passée ? S'inquiéta-t-il ce qui ravisa l'agressivité de sa fiancée.

- Si, c'était même vraiment très bien, soupira-t-elle tout en le précédent dans son ascension vers son appartement.

- Au fait, il est toujours là ton fameux voisin ? Se moqua-t-il en passant devant sa porte alors qu'Hermione espérait que l'intéressé n'entende pas et surtout n'interprète pas.

- Oui, répondit-elle rapidement avant de changer de sujet. Tu m'attends depuis longtemps ?

- Non, pas vraiment. Comme tu ne m'as pas envoyé d'hiboux aujourd'hui, j'ai voulu venir te voir pour savoir comment ça s'était passé…

- Je te remercie Ron, c'est gentil de ta pars…

- C'est normal 'Mione… Alors, puis-je te proposer un petit restaurant en tête à tête… On pourrait même aller chez des Moldu…

- Je suis désolée Ron, une autre fois peut-être, répondit-elle tout en ouvrant sa porte avant de réaliser la déception mêlé à l'incompréhension de son fiancé. Hé, le prend pas pour toi, c'est juste que mon patron a besoin de moi ce-soir !

- Besoin de toi ? Ce soir ? S'écria Ron, paniqué par ce que lui suggérait son imagination débordante.

- Ron… Tu devrais te regarder quand tu fais ce genre de grimace, je te jure que tu es d'un comique…

- J'ai l'air de rire franchement ?

- T'emporte pas et entres… sourit-elle tout en sentant son égo se renforcer à le voir jaloux comme un pou.

- Tu m'expliques ce que je devrais en déduire dans « mon patron à besoin de moi ce-soir ? »

- Tout simplement qu'il y a une soirée en l'honneur d'un départ en retraite et vu que c'est également sa premier du genre, il a donc besoin de moi pour éviter de faire un faux pas regrettable de part son statut… Tout simplement…

- Oh oui, vraiment simple, ironisa-t-il avant d'aller bouder sur l'unique chaise de ce petit pied-à-terre.

- Ron, voyons, tu n'as pas à t'inquiété de Steeve… Je t'assure ! Expliqua-t-elle tout imaginant une suite possible à sa phrase.

- Steeve ? Parce que tu l'appelles par son prénom dès le premier jour ? S'écria-t-il à nouveau avant de voir Hermione lever les yeux en l'air. Quoi ? Tu trouves ça normal toi ?

- Tu vois le mal partout Ron !

- Merlin, dis moi que je rêve !

- Ron, je viens de te dire que tu n'avais rien à craindre de lui !

- Et ça dois me rassurer ? Demanda-t-il avant qu'elle ne l'embrasse.

- Tu es rassuré maintenant ?

- Faut voir… plaisanta-t-il avant de vérifier par lui-même.

Hermione put alors constater avec quel sérieux Ron se mit à la tache. La passion de sa jalousie pouvait se retranscrire dans celle qui s'animait dans ces baisers au point d'emporter Hermione, sans qu'elle puisse comprendre comment, dans une tendresse nettement plus empressée. Les gestes et les caresses devinrent ensuite fiévreuses et très rapidement, le stade de leur relation passa une étape supérieure. Sans grande résistance, Hermione se laissa conduire jusqu'à son lit et Ron laissa libre court à ses pulsions jusqu'à arriver à un point de non retour. Seulement, alors que sa conscience la laissait enfin en paix, une autre partie d'elle la fit hésiter.

- Non, Ron… Attends…murmura-t-elle avant de lire la déception profonde de son fiancé. On y va peut-être un peu vite…

- Est-ce que tu te rends compte à quel point c'est dur pour moi de te voir aussi distante…

- Je suis désolée Ron…

- Pas autant que moi, murmura-t-il tout en se relevant avant d'être rejoint par Hermione.

- Laisses-moi un peu de temps, s'il te plait… Tout va un peu trop vite pour moi en ce moment…

- Je t'aime Hermione…

- Viens avec moi à la soirée, murmura-t-elle tout en changeant de sujet, ce que Ron fut parfaitement contient.

- Non, je ne voudrais pas te gêner…

- C'est faux et tu le sais très bien ! Argumenta-t-elle limite indignée.

- Faire tapisserie pendant que ton patron abusera de toi, sans façon, merci !

- Il n'abusera pas de moi, Ron, soupira-t-elle d'un air plein de reproche face à la dualité d'interprétation de la phrase. Ca va faire partie de mon travail dorénavant. Mais si tu veux, on peut se prévoir un restaurant demain soir…

- Je l'aime pas ce type Hermione… Il ne m'inspire pas confiance, et là, ce n'est pas le fiancé qui parle mais l'ami…

- Arrête de t'inquiéter tout le temps pour moi Ron… Je suis une grande fille, tu sais…

- Et toi arrête de toujours me dire de ne pas m'inquiéter, retourna Ron à son avantage. Que serais-je si je ne le faisais pas hein ? C'est mon rôle le plus légitime Hermione, ajouta-t-il tout en glissant sa main dans ses cheveux. Je ne veux que ton bonheur 'Mione, termina Ron avant de l'embrasser et de s'en aller.

Baguette pointée sur sa tempe, Hermione pouvait tout à fait sentir le remord qu'elle éprouvait après de telles paroles. Elle s'en voulait de ne plus ressentir ce que Ron attendait d'elle et se sentait même misérable par rapport à son attitude envers lui. Elle lui réclamait du temps seulement plus celui-ci passait plus la distance s'installait entre eux malgré elle. Savoir Drago libre de tout engagement n'avait pas non plus arrangé les choses même si elle savait que rien de sérieux ne pouvait raisonnablement se passer entre eux. Finalement, l'option Boris s'avérait un choix intéressant à envisager. Elle ne ferait pas un mariage d'amour mais au moins, elle ne souffrirait pas de sa non réciprocité, quoi qu'imaginer ses mains couvertes d'ennemis invisible à l'œil sur elle lui provoqua des spasmes de dégoûts.

- Je ne suis quand même pas aussi désespérée que ça, hein Pattenrond ?

Seulement, son compagnon depuis plus de douze ans préféra finir sa pâtée que de rassurer sa maitresse. Forcée de constatée sa solitude face à l'adversité qu'elle traversait, Hermione se concentra à sa prochaine mission, soit limiter le ridicule qu'inspirait son reflet et essayer même de ressembler à quelques chose de potable pour éviter de faire tache parmi les convives de la soirée. Dans un premier temps, une douche fut nécessaire pour retrouver un minimum d'esprit lucide après cet intermède avec Ron, tout en évitant l'option « seule sur une île déserte », puis chercha après un magasine de mode que Ginny lui avait laissé dans l'espoir qu'un jour elle s'y intéresse. Peu habituée à ce genre de lecture, elle sursauta lorsque le portrait de la rédactrice de l'article qui l'intéressa prit la parole.

« Félicitation miss Granger, vous venez d'ouvrir la page dix, mode et coiffure, la cascade ensorcelante est des plus chic pour paraitre mystique et inaccessible, parfait pour attirer un amour impossible, sur la page de gauche, vous avez les farandoles papillotes, d'un effet des plus pétillant afin de ne pas passée inaperçu dans la foule, sinon, pour vous, je vous propose le relever romantique, page douze, la page d'après miss Granger, voilà, donc relevé romantique, charmant, délicat, discret et naturel, si vous voulez mon avis, cette coiffure vous va tout à fait et… »

Et Hermione avait maintenant une choucroute fumante sur son crane après s'être essayée aux trois propositions. Il fallait qu'elle se rendre à l'évidence, ses cheveux avaient aussi bon caractère que son chat. Après le retour de l'aspect initial de ses cheveux, elle préféra opter pour le simple, soit un léger chignon qui laissait tomber quelques mèches rebelles. Elle passa ensuite au maquillage, histoire de cacher les deux boutons en préparation, la trace de griffure, des cernes épouvantables, chose qu'elle régla finalement avec la magie faute d'y arriver à la manière moldu. En attendant que la robe ne lui soit livrée comme prévu à dix-neuf heure trente précise, elle enfila une sortie de bain et joua quelques minutes avec son chat avant de comprendre que la digestion d'un repas copieux pour un chat demandait un minimum de temps avant de faire un poil d'exercice. Prit de légères convulsions après avoir envoyé la pelote de laine sous l'armoire, l'adorable compagnon à quatre pattes s'arrêta nette dans sa course pour aller récupérer le bout de fil encore en mouvement et rendit presque parfaitement l'ensemble de se nourriture fraichement avalée. Hermione se demanda alors si elle n'avait pas été une sorcière vouant un culte à Morgane dans une autre vie pour être condamner dans celle-ci avec une telle calamité pareille. Voyant la tête malheureuse du minou malade, bien évidemment, Hermione craqua face à tant de tristesse qu'elle soupçonna être lié au fait qu'il n'avait plus rien dans l'estomac plutôt que l'état désolé de la moquette.

Comme prévu, le livreur exclusif de la boutique de confection amena la robe qu'Hermione attendait et sans perdre un instant, de peur d'être en retard ou que son chat ne la trouve à son goût, elle l'enfila. A se regarder sous tous les profils dans sa glace, elle se trouva finalement pas trop ratée et prête à aller travailler. Le seul problème qui lui restait maintenant a résoudre était le transport. La réception était donnée à la demeure même du dignitaire et y aller à pied était totalement impensable. Le transplanage était assez de mauvais goût pour ce genre d'évènement tout comme le magicobus ou le balai. Après un bon quart d'heure à chercher une solution, la classe que son patron inspirait s'illustra une nouvelle fois en arrivant devant chez elle avec un véhicule qui lui fit perdre la parole.

- Et bien, j'aurais eu le plaisir d'avoir su vous faire taire, plaisanta son patron. Je vais me faire un point d'honneur d'aller m'en venter à vos amis… insista-t-il pour la provoquer. Pas même une remarque sur le fait que nous allons être en retard ? S'étonna-t-il ensuite avant de lui adresser un séduisant sourire. Vous voulez illustrer l'expression « sois belle et tais-toi » ? Parce que là, d'un côté comme de l'autre, c'est réussi… Permets-moi d'en profiter pour te dire que cette robe est magnifique mais que sur toi, elle est tout à fait divine…

- On va être en retard, murmura-t-elle finalement à peine remis de ce qu'elle fixait toujours sans pour autant ignorer ce qu'elle venait d'entendre.

Le trajet jusqu'à la demeure où ils étaient attendus fut assez tendu. Steeve lui expliqua le programme des rencontres obligatoires, des sujets à abordés et ceux à éviter, donna quelques conseils sur la meilleure façon de sourire à une blague vraiment pas drôle ou un compliment maladroit avant de l'avertir sur le fait qu'ils ne pourraient sûrement s'autoriser qu'une danse ou deux, faute de temps. Hermione ne fut absolument pas déçu du dernier détail et souhaita même qu'il ne se sente pas obliger de s'y tenir.

Dès leur arriver, Hermione sentit tous les regards se tourner vers elle. Ce fut donc un réel soulagement de passer de l'hypothétique conquête d'un soir du nouveau Don Juan sévissant à Londres à sa conseillère personnelle, bien que certaines mauvaises langues se laissèrent commenter qu'il n'y avait pas de grandes différentes au final. Elle comprit alors qu'elle devrait faire ses preuves, et ce très rapidement, pour ne pas perdre le peu d'honneur qu'elle avait réussit à conserver jusque là. Hermione entra donc dans toutes les conversations politiques, économique et sociale à en surprendre plus d'un. Après le discours du responsable du département des coopérations magiques internationales, les mégères durent se trouver d'autres potins à se mettre sous la dent et l'arrivée de Drago Malefoy les y aidèrent vu qu'il était accompagné d'une délicieuse blonde au cœur généreux et l'oeil vif, soit une description totalement à l'opposé de ce que pouvait penser Hermione à ce moment.

- Tu les as tous remis à leur place, commenta son patron qui en était resté aux conversations précédentes sans se préoccuper que sa conseillère avait déjà l'esprit ailleurs. J'ai moi-même été assez impressionné de voir avec quel facilité tu peux sortir toutes tes connaissances. Si tu n'étais aussi mal à l'aise avec la communication, tu pourrais faire une magnifique carrière politique Hermione, ajouta-t-il avant de comprendre qu'elle ne l'écoutait plus. Hermione ?

- Oh oui, la politique, se reprit-elle en essayant de ne plus regarder le vampire qui suçait son sang pur. Etre aux services des gens est une chose qui m'a toujours plu et motivé mais je ne suis pas sur d'être totalement efficace en m'exposant ainsi sur le devant de la scène.

- Il y a pourtant beaucoup d'avantage… suggéra-t-il tout en repérant à son tour le retardataire.

- Mais surtout un nombre assez conséquent d'inconvénients…

- Certes, mais malheureusement, c'est le lot pour beaucoup de carrière Hermione…

- Et bien, puisque vous, enfin, tu… nous formons de toute évidence une très bonne équipe…

- Ravi que tu partages mon point de vu Hermione, sourit-il avant de soupire. Bon allez, allons saluer la star du jour.

- La star ? Demanda-t-elle avant de comprendre à qui, il faisait référence.

- Sur ta droite, tu peux voir le parfait petit noble anglais qui me rend fier d'être américain, enfin sans vouloir te vexer Hermione… reprit-il tout en observant le premier sourire hypocrite de son élève. Snobe bien entendu, il n'a à mon sens de noble que le tissu qu'il lui sert de cape, et sa fortune est aussi enjolivée que son pseudo pouvoir de séduction. Et puis, de toi à moi Hermione, ajouta-t-il accompagné d'un clin d'œil, il a vraiment mauvais goût dans ces choix féminins… En plus d'être fier de mes origines, mon égo se félicite d'avoir une meilleure compagnie que lui… murmura-t-il avant de s'avancer hypocritement vers lui tout en tenant fermement le bras d'Hermione comme si elle était sa propriété, ce que Drago remarqua bien naturellement.

- Drago Malefoy, et bien, cette beauté vous aurait-elle fait oublier le chemin pour venir jusqu'ici ? Ironisa-t-il avec une innocence à en faire froid dans le dos.

- Je suis désolé de devoir décevoir monsieur l'ambassadeur, j'avais uniquement une affaire à régler avant d'honorer mon invitation à cette soirée.

- Pas trop grave au moins ? Espéra-t-il sans un gramme d'authenticité.

- Une question administrative qui nécessitait ma présence au ministère. Je l'aurais bien fait plus tôt mais d'après ce que j'ai pu comprendre, ils ont été largement débordés aux archives…

- Et là, je dois vous avouer que c'est entièrement de ma faute, y répondit Steeve. Je viens tout juste de leur enlever de force leur meilleur élément. Permets-moi de vous présenter celle dont je ne pourrais plus me passer, ma nouvelle conseillère particulière, Hermione Granger !

- On se connait, lâcha froidement Drago faisant ainsi frissonner Hermione tellement ce fut dur à entendre pour elle.

- Ah vraiment ?

- Nous avons tous les deux fais notre scolarité à Poudlard… Nous étions de la même année pour tout vous dire…

- Le monde sorcier est bien plus petit en Angleterre que je ne l'aurais cru… commenta l'ambassadeur américain. Vous aurez donc quelques petites anecdotes amicales à me raconter histoire de la faire chanter un peu, non ?

- J'étais à Serpentard et elle à Gryffondor, on ne se fréquentait que lorsqu'on ne pouvait pas faire autrement… souligna Drago tout en faisant ainsi pouffer de rire sa cavalière, bien qu'Hermione lui attribua sur le coup plus facilement le terme de blondasse au quotient intellectuel aussi élevé qu'une hyène. A mon tour, je vous présente Mathilda Fethwood…

- Enchanté, salua l'ambassadeur tout en lui faisant le baisemain conventionnel dans ce genre de situation, chose que Drago c'était volontairement garder de faire avec Hermione. J'ai eu le plaisir de déjeuner avec votre père il y a deux jours, un homme tout à fait charmant, tout comme vous si tu me vous me le permettez monsieur Malefoy.

- Certainement pas, plaisanta-t-il qu'à moitié avant de s'éloigner sans un seul regard vers son ancienne camarade de classe.

- Ca n'a pas l'air d'aller Hermione, remarqua son patron en se concentrant à nouveau vers elle.

- Je crois que je vais prendre un peu l'air frais si ça ne te dérange pas…

- Je comprends, soupira-t-il tout en se rappelant l'éventuel autre passé commun qu'il avait pu avoir durant la guerre et qui n'était pas diplomatiquement correct de rappeler. Je vais aller discuter avec quelques autres dignitaires. Je viendrais vous chercher un peu plus tard…

- En fait, sans vouloir déroger à mon devoir à tes côté, je suis un peu fatiguée et j'aimerais pouvoir rentrer me reposer chez moi… reprit-elle tout en omettant d'ajouter l'autre raison de son soudain mal-être.

- Tu es sur ? Insista-t-il, déçu.

- Je n'ai pas votre habitude de ce genre d'emplois du temps, sourit-elle tout en louchant sur Drago en plein centre de la piste de danse avec son animal de compagnie.

- Très bien, je vais faire demander la voiture, se résigna-t-il avant qu'elle ne lui demande le contraire.

- Je préfère m'éclipser plus discrètement si tu me le permets…

- A demain alors… et neuf heures est un bon horaire pour commencer le matin… Je ne tiendrais pas le rythme si on s'amusait à faire la course le matin… plaisanta-t-il avant de lui faire un baisemain et s'en aller rejoindre un groupe de sorcier.

Hermione soupira ensuite, sentant ainsi un certain poids s'envoler et avant de donner congé à son hôte, elle regarda une dernière fois au milieu de la piste où Drago exerçait tout son talent de gentil homme avec ce qui ressemblait que de l'extérieur et de très loin à un être humain pourvu d'une cervelle.

Elle savait qu'une fois libre, Drago ne resterait pas pour autant non convoité, mais elle était assez meurtrie de voir que la place de Pansy était encore brulante qu'il y mettait un cas psychiatrique a en faire regretter la précédente du genre. Sa conscience, toujours présente pour la ramener vers le chemin de la vertu, argumenta que c'était mieux ainsi et que la blondasse était une preuve supplémentaire que son histoire avec Drago n'était qu'un fantasme passé. Alors marche après marche qui donnait sur le parc, lieu propice à un transplanage inaperçu, Hermione se força à ne pas imaginer la suite de la soirée qui allait s'offrir à son ancien amant mais plus elle s'en empêchait, plus les idées bien détaillées s'enchaînaient à lui en faire mal au ventre.

- Puis-je espérer que la jalousie t'indispose au point de ne plus pouvoir rester et me regarder avec une autre ? Intervint une voix derrière elle.

- Je suppose que tu as une baguette pointé sur toi qu'elle te force à me parler, seule raison logique pour un Serpentard tel que toi ! Pesta Hermione qui n'avait pas eu besoin de se retourner pour savoir qu'il s'agissait de Drago.

- Parce que tu brilles par ton courage ce soir peut-être ? Demanda-t-il assez froidement tout en la rejoignant.

- Tu vas perdre ta précieuse étiquette de parfait gentleman à laisser choir ta cavalière de la sorte… y répondit-elle de manière très hautaine qui fit rire Drago.

- Fais attention Granger, quelques jours à mes côtés et tu vas finir par parler comme une véritable Lady…

- Merlin, non merci, je n'ai pas aussi durement étudié à Poudlard pour devenir une pouffe décolorée pas capable d'aligner deux phrases intelligentes dans une conversation…

- Elle est blonde naturellement… argumenta Drago en comprenant parfaitement à qui elle faisait allusion.

- Oh, rappelle moi de lui souhaiter toutes mes condoléances la prochaine fois que j'aurais l'honneur de la rencontrer, se désola faussement Hermione avant de remarquer un petit sourire au coin chez son interlocuteur. Tu peux me dire en quoi c'est drôle ?

- Oh rien… C'est juste toi…

- Quoi moi ?

- Je devrais te rendre jalouse plus souvent… J'adore… soupira-t-il tout en s'approchant, et je n'y résiste pas, ajouta-t-il avant de l'embrasser sans se douter un instant de la torture mentale que subissait la destinataire de ses tendres attentions.

- Drago… On ne devrait pas…

- Alors arrête de me le demander! S'offusqua-t-il avec un sérieux hypocrite qu'il savait provocateur.

- Pardon ? Quand as-tu entendus que je souhaitais que tu m'embrasses ?

- Qu'on ! Qu'on s'embrasse, tu y réponds ma chère ! Et puis, ce sont tes yeux qui me le réclament à chacune de nos rencontres!

- Garde ton baratin pour ta cruche ! Et puis, je ne suis pas jalouse, tu es libre de faire ce que bon te plait ! Tu n'as pas de compte à me rendre et tout inversement !

- Très bien Hermione… Amuses-toi bien à jouer les autruches et fait moi signe quand tu sortiras enfin ta tête du trou…

Sur ces mots qui firent mouches, Drago fit demi-tour et disparut à travers la lumière et la musique. Hermione était à nouveau seule face à son destin de femme incomprise et du lutter seule contre sa morale trop puritaine qui la harcelait de pécher, de tentation, d'infidélité et d'irresponsabilité, ce qui résumait bien la situation. Sans attendre une minute supplémentaire, Hermione quitta les lieux d'adultère et rentra chez elle. Seulement au lieu de se coucher tout de suite, elle se prit de nostalgie et se sentit le besoin de regarder de vieilles photos. Elle tomba sur une où elle était dans les bras de Ron et soupira avant de la détacher de l'album pour la poser à côté d'elle sur l'oreiller comme pour se motiver à se concentrer que sur lui. Bien évidemment, le baiser et les paroles de Drago l'en empêcha et c'est à nouveau dans les bras du blond que ses rêves l'emporta.