Réponse aux reviews :
Un grand merci pour toutes vos reviews qui me font toujours plaisir (on ne s'y habitue jamais, je vous assure…) J'ai été plus rapide pour la livraison de ce chapitre parce que l'histoire me harcèle en ce moment… A mon avis, le chap 14 ne tardera pas non plus à ce rythme… Il est déjà dans ma tête donc mes doigts vont vite se démanger de transcrire tout ça… Alors 15 jours 3 semaines me paraissent assez bien comme délais… (sauf si… lol)
Ah oui, avant de lire ce chapitre, je pense qu'un isolement serait pas trop mal, éviter de boire des boissons alcoolisées qui pourrait aggraver votre état à la fin de ce chap. Les mouchoirs seront peut-être nécessaires pour les plus sensibles d'entre vous mais logiquement, vous serez plus joyeux que malheureux… Oui, je vous imagine très bien en train d'imaginer une autruche qui regarde le ciel hein… Vous avez un léger sourire en vous frottant limite les mains hein… Oui, oui, vous avez hâte de lire ce moment… Allez, je vous laisse avec votre sadisme… parce que OUI ! Si je suis sadique, vous l'êtes tout autant ! Pauvre Ron quand même… Allez minute de sympathie pour monsieur Ronald Bilius Weasley…
…
Bonne lecture !
YvyLeeWoods
Chapitre 13 : Quand l'heure du bilan arrive…
Cher journal,
En fait, je ne sais trop par où commencer… Il est à peine six heures du matin et j'ai dû dormir en tout et pour tout deux heures ici et là…
Mon esprit oscille entre une bonne dizaine de réflexions en tous genres et je me sens vraiment perdue… J'espère qu'en écrivant sur ce journal intime qui me sert de confident faute de pouvoir en parler à ma meilleure amie pourra m'aider… Même si j'ai peu d'espoir…
Que faire ?… Voilà la question qui me harcèle depuis que je suis rentrée.
J'ai à nouveau rencontré Drago à une soirée où j'étais invitée grâce à mon nouveau travail et il m'a clairement dit que je jouais l'autruche. Bien entendu, cette phrase n'était pas envoyée parce que j'avais littéralement ma tête dans le sol mais pour lui, je me voilais la face sur ma vie privée. Le plus dur à admettre, pour moi, est qu'il a raison…Drago Malefoy a raison et il faudra qu'il me lance une série d'endoloris pour que je lui dise en face… Il en serait que trop fier, surtout venant de moi… et là, je dis : jamais ! Je ne lui donnerais pas satisfaction sur ce point…
Mais, il a quand même raison…
Merlin que j'en ai marre de toute ça… Je ne me reconnais plus…
Il y a encore quinze jours, je rêvais d'une vie simple, d'une vie honnête et surtout d'une vie avec Ron… Drago Malefoy est entré dans ma vie et en même pas assez de temps pour dire Hippogriffe, je mens comme je respire, j'obtiens un poste dans les hautes sphères du ministère à en avoir le tournis et c'est ce Serpentard de malheur que a pris le monopole de mon cœur… Où est l'Hermione que je connais ? Où est-elle partie ? Que suis-je devenue ? Que dois-je faire pour être à nouveau en paix avec moi-même ?
Merlin, aide-moi…
Je crois qu'un bon retour aux sources me ferait du bien… J'ai besoin de réfléchir à tout ça sans que je puisse être dérangée par un seul des mangemorts de mon esprit…
Ah au fait, j'ai quand même pris une décision… Tu seras une fille… J'ai assez d'hommes dans ma vie actuellement… Un de plus et je me lance un Avada Kedavra moi-même… L'une de mes nouvelles assistantes porte un prénom de muse grec. Je pense que je vais faire quelques recherches de ce côté pour te trouver un nom de muse qui pourrait te correspondre. Pas que j'estime que tu en sois une mais en couchant mes pensées sur ces pages blanches, j'arrive au moins à y voir plus clair parfois…Donc voilà, tu es « elle » … et moi je deviens « folle » …
Sur ce, à plus tard…
Hermione se releva de son bureau et fila se prendre une bonne douche histoire d'être un peu plus présentable. A se regarder dans le miroir, il était clair que les cernes qu'elle arborait ne tromperaient personne mais de toute façon, aujourd'hui, elle ne voulait plus se cacher de son mal-être. Elle commençait à fatiguée de ce stress permanent qu'elle avait elle-même engendré et il était temps qu'elle y remédie. Et là, quoi de mieux que d'aller retrouver ses parents et de pleurer dans les jupons de sa mère. Elle savait que Ron était apprécié chez eux mais elle espérait voir son bonheur passer avant celui de son meilleur ami.
Alors que beaucoup de sorciers dormaient encore, elle traversa la rue principale du chemin de Traverse, encore déserte à cette heure matinale et passa du côté moldu de Londres. Elle n'était pas du genre à aller travailler en transplanant. Ainsi lorsqu'elle rendait une visite inattendue à ses parents, elle préférait le faire à la méthode moldue. Elle prit alors le métro londonien et quelques stations plus loin, elle arriva dans un quartier résidentiel sans problème au premier coup d'œil.
Elle marcha ensuite jusqu'à la résidence des Granger, saisit un jeu de clef caché dans une gouttière et entra en essayant de faire le minimum de bruit possible à l'intérieur de la maison. A cette heure ci, Hermione savait que ses parents dormaient encore, alors en attendant qu'ils ne se lèvent, elle décida de leur préparer leur petit déjeuner.
Le fait de retrouver ses habitudes dans la maison qui avait bercée son enfance de pré-sorcière lui rappelait de nombreux souvenirs et lui faisait du bien. Elle avait été une enfant unique, choyée par des parents très pris par leur profession. Elle se souvenait encore des moments de solitude passés à étudier dans les livres pour se sentir un peu moins seule. Son tout premier signe de manifestation magique avait été d'ailleurs lié à sa fatigue de prendre un livre en hauteur de sa bibliothèque. Il en était descendu de lui-même alors qu'elle n'avait pas sept ans. Hermione regarda ensuite à travers la fenêtre de sa cuisine tout en finissant d'ajouter un peu de café dans le filtre et se remémora le jour où un hibou était venu lui apporter une petite enveloppe cachetée d'un poinçon de cire. Outre le fait que l'animal avait fait peur à sa mère, son père y trouva toutes les réponses à ses questions. Finalement, avec le recul, Hermione ne pouvait que constater que ses parents avaient bien accepté son statut de sorcière et son éloignement. Elle savait toutefois qu'à chacune de ses visites, ils avaient un pincement au cœur de ne pas la voir plus souvent.
- Oh ma chérie, tu es là ? Je ne t'ai pas entendu arriver…
- Bonjour maman, et c'est normal, je n'ai pas transplané.
- Mais, enfin que…
- Hermione ? Intervint à son tour son père.
- Bonjour papa, un petit déjeuner gentiment préparé par votre petite fille préférée, ça vous tente ?
- Quelle question, pesta son père avant de la prendre dans ses bras et de la serrer fort. C'est ce que j'appelle une bonne surprise, bien que je doute qu'elle soit sans raison secondaire…
- Alors ma chérie, comment avance ton mariage avec Ron ? Amorça sa mère tout en se servant d'une tasse de café.
- Hé bien, euh, je crois que sa mère et sa sœur s'occupe un peu de tout, et vu que j'ai changé de travail, je n'ai plus vraiment une minute à moi pour m'occuper de ça.
- Un nouveau travail ? S'intéressa son père. Je t'en prie, raconte nous ça !
En passant par la robe de soirée, le bal, le Steeve et la Thalie, tous les détails furent exposés pendant facilement une demi-heure. Sa mère était vraiment fière mais son père restait assez sceptique sur son nouveau patron. Tout comme Ron et Harry, il émettait des doutes sur les réelles motivations de ce diplomate américain. La maman d'Hermione souligna que de toute façon, tout ce qui était américain faisait fuir son père et qu'elle ne devait pas prendre cette mise en garde en considération. Puis, voyant l'heure tourner, elle s'excusa pour aller faire un brin de toilette et laissa ainsi sa fille en compagnie de son père.
- Alors, dis-moi, qu'est ce qui te tracasse ?
- Oh papa… Je… J'aimerais tant pouvoir retourner en arrière, redevenir la petite fille que j'étais quand je vivais ici et ne plus me soucier de rien…
- C'est donc si grave que ça ?
- J'ai l'impression de ne plus me connaître papa… Je fais et dis des choses qui ne sont pas moi…
- Tu sais ma chérie, il te suffit simplement d'être honnête avec toi-même et de ne pas te laisser envahir par les envies des autres. Je sais que tu n'aimes pas faire du mal et que tu es une personne altruiste mais il faut aussi savoir être un peu égoïste parfois… Finalement, en plus de le faire pour son bien, il s'avère qu'on le fait pour les autres inconsciemment.
- Serais-tu en train de me faire passer un message papa ?
- Tu es adulte ma petite fille, tu es assez grande pour décider de ta vie…
- Mais ?
- Mais, je ne pense pas que Ron soit finalement celui qui te convient…
- Papa… soupira-t-elle tout en réalisant que son père avait toujours cette faculté de lire en elle. On s'est enfin retrouvé… J'avais rêvé de cet instant pendant tellement longtemps…
- Alors que s'est-il passé pour que ces retrouvailles ne soient pas totales ?
- Je crois… enfin, je pense que… c'est si compliqué papa…
- Pourtant c'est simple ma chérie… Aimes-tu Ron ?
- Bien sûr… répondit-elle rapidement avant de fixer un point dans la cuisine.
- Je vais reposer ma question autrement si tu me le permets. Hermione, es-tu amoureuse de Ron ?
Oui, était la réponse attendue, une réponse naturelle qu'une fiancée aurait dû donner à son père à trois semaines de son mariage. Elle savait également qu'au fond de lui, son père espérait le voir venir, mais seul le silence raisonna à ce moment là. Hermione ferma les yeux et soupira devant l'évidence. Son père n'insista pas, voyant bien la détresse de sa fille, et lorsque sa femme revint, prête pour aller travailler, il prit à son tour la direction de la salle de bain. Voyant le malaise, la mère d'Hermione demanda à être mise au courant de ce qui se passait et Hermione lui expliqua qu'elle avait simplement envie de faire un peu un retour aux sources et de faire le point sur elle avant de se marier. Sa mère décela un petit quelque chose qui ne la trompait que très rarement et alla s'asseoir près de sa fille.
- C'est Ron n'est-ce pas ? Il t'a dit ou fait quelque chose qui t'a déplu ?
- Non, maman, Ron est parfait, enfin c'est Ron, se reprit-elle tout en levant les yeux en l'air.
- Alors où est le problème…
- Maman, pour toi et papa, je veux dire, quand vous vous êtes mariés… Tu étais sûre de ce que tu faisais ?
- Ma chérie, le mariage est une chose magnifique, une marque de confiance totale entre deux êtres. Au fil des ans, il arrive que les évènements fassent qu'il y a des crises plus ou moins importantes et c'est cette promesse qui permet de surmonter tous les problèmes. Alors si tu n'es pas totalement sûre de l'amour et de la force de l'engagement que tu peux avoir à ce moment là, le mariage est voué à l'échec ma chérie… Avec ton père, tout n'a pas été rose au début. Il lui a fallu plusieurs mois avant de me convaincre que j'étais la femme de sa vie. Je crois qu'on peut dire qu'il a lutté pour m'avoir. Et d'un autre côté, j'aimais assez le faire marcher je crois… Le dicton dit bien qu'une femme doit se faire désirer… sourit sa mère emprunte à la nostalgie de sa jeunesse. Le plus étrange c'est qu'on se connaissait depuis pas mal de temps mais que je n'avais jamais fait réellement attention à lui. Il n'était pas du tout le type d'hommes que je me voyais épouser à cette époque là. Je rêvais d'aventure, de voyage, et pas du tout d'une vie de femme de dentiste…
- Tu regrettes ?
- Pour rien au monde ma chérie… Je ne dis pas que ça a été tous les jours facile, et puis le fait qu'on a eu tellement de mal à avoir un enfant nous a fait nous remettre en question plus d'une fois… Seulement, tu es arrivée, et c'est comme si tout était redevenu comme avant entre ton père et moi. Finalement, ce qui nous manquait pour être totalement heureux c'était toi ma chérie… En plus du cadeau de ta naissance, Dieu nous a donné une merveilleuse petite fille, intelligente, cultivée, magnifique et magique… ajouta-t-elle avec un petit clin d'œil. Ecoute Hermione, nous, tout ce que nous souhaitons, c'est que tu sois heureuse. Si tu penses que ce mariage arrive un peu trop tôt, tu te dois d'en parler à Ron. Même si vous avez été ensemble par le passé, ça ne doit pas être le seul gage de votre mariage. De toi à moi ma chérie, suis ce que ton cœur te dicte de faire, il ne pourra jamais te tromper… Je sais que tu es un peu comme ton père pour ça, la raison avant tout… Mais l'amour est tout sauf raisonné ma chérie… L'amour est passionné…
- Je ne suis pas sûr que Ron l'entende de cette manière, vois-tu…
- S'il t'aime, il peut comprendre tes doutes ma chérie…
- Je ne sais pas… Tout m'est tombé dessus sans que je comprenne depuis deux semaines… Je crois que si je lui demande d'attendre encore, il va le prendre très mal et tout annuler…
- As-tu réellement peur de ça ou est-ce quelque part un souhait involontaire ?
- J'en ai tellement rêvé maman… Rêver de cet instant, de ce mariage, de Ron… J'ai peur de faire la pire erreur de ma vie en paniquant ainsi, en doutant de lui comme ça… C'est Ron ! C'est l'homme que j'ai aimé depuis ma troisième année, celui avec qui j'avais fait tant de projets lorsqu'on était ensemble… Ce mariage aurait même dû être célébré depuis longtemps si je ne lui avais pas dit non sous la colère au mariage de Ginny !
- Il y avait peut-être une raison pour que ça n'arrive pas Hermione, peut-être que le destin, Merlin ou Dieu, comme tu veux, ne souhaite pas te voir mariée à Ron Weasley… Tu es peut-être amenée à autre chose, à quelqu'un d'autre… Ecoute, tu as trois semaines devant toi, essaie de faire une chose à la fois et de t'y tenir. Tu es une fille intelligente et j'ai confiance en ton jugement ma chérie… Maintenant, il est huit heures et demi et je pense qu'il est grand temps pour nous tous d'aller travailler…
- Huit heures et demi ? S'horrifia Hermione. Je vais être en retard si je …
- Vas-y voyons, tu sais très bien que ça ne nous dérange pas…
- Merci… pour tout… Je vous aime…
- Allez file !
Hermione transplana dans une rue adjacente à l'entrée du ministère et y entra en même temps que la centaine d'employés qui y travaillaient. Du coin de l'œil, elle put apercevoir son ancienne collègue des archives qui traînait des pieds jusqu'à l'escalier menant au sous sol et malgré elle, Hermione sourit de la voir ainsi. Elle se savait mesquine mais au moins maintenant, ils devaient travailler, chose qu'ils ne semblaient pas vouloir comprendre à l'époque. Après avoir slalomé entre les gens jusqu'à l'ascenseur, Hermione se donna une justification supplémentaire à arriver en avance. Au moins, elle n'avait pas à supporter le stress d'arriver entière jusqu'à l'ascenseur, de ne pas avoir à supporter les odeurs de parfum des sorcières dotées de peu de goût, de ne surtout pas sentir des mains baladeuses soit disant malencontreuses dues au peu de place qui leur était disponible et pour finir, de ne pas supporter la chaleur que l'effort à fournir pour essayer d'éviter tout ça lui aurait procuré.
Arrivée au deuxième étage, elle sentit tout de suite des regards pleins de malices, surtout au niveau des jeunes femmes. Instinctivement, Hermione regarda sa tenue et vérifia qu'elle n'avait pas une énorme tache qui aurait pu justifier ce comportement enfantin, mais forcée de constater que non et voyant bien que ce genre de minauderies continuaient, elle commença à se demander si ce n'était pas autre chose et qu'une nouvelle galère l'attendait.
Avec un certain soulagement, elle poussa la porte de son bureau et y trouva une certaine satisfaction au silence. Seulement, à peine avait-elle fermé la porte qu'elle se sentit poussée sur le côté par l'une d'elle, entraînée par l'une des assistantes qui la rouvrait de l'extérieur.
- Tu te rends compte quand même ? S'enthousiasma la plus friande des potins de deux.
- Tu ne vas quand même pas me ressortir ton même monologue qu'hier, rassure moi !
- Hier, ça concernait Drago Malefoy, là c'est quand même Hermione Granger et Ronald Weasley ! Leur mariage était attendu depuis des années ! Deux héros de guerre qui s'aiment depuis Poudlard, que c'est romantique…
- Attends, ce n'est pas toi qui m'avait largement fait un rapport sur l'article qui avait parlé de sa lamentable demande en mariage lors de celui d'Harry Potter ?
- Oui, mais regarde, comme quoi, malgré tout ce qui a pu leur arriver, ils ont réussi à se trouver, soupira-t-elle de satisfaction. J'aimerais tant avoir un Ron à moi… Tu ne trouves pas qu'il est sexy, avec ses petites fossettes et ses yeux bleus… Ah ses yeux bleus…
- Tu devrais sérieusement penser à arrêter ce genre de lecture, tu commences à me faire peur…
- De toute façon, tu n'es qu'une rabat-joie ! Ce n'est pas comme si on ne la connaissait pas en plus, c'est notre nouvelle patronne ! Et tu peux quand même te réjouir pour elle non ?
- Ce n'est pas moi qui me marie mais elle, pourquoi devrais-je me réjouir ?
- Sans cœur ! Pesta sa collègue avant de se remettre à sa lecture à haute voix. « Il n'y a plus excitant de voir une histoire aussi belle et épique que la leur se terminer aussi bien. La famille Weasley ainsi qu'Harry Potter semblent tous ravis de les voir enfin réaliser ce mariage qui tardait à venir… »
- Sally… intervint sa collègue qui essayait de la couper dans sa lecture.
- « … D'après nos sources, la grande célébration se fera dans une salle près de Manchester, capable d'accueillir l'ensemble des… »
- Sally !
- « … invités. Un total de deux cents cinquante est annoncé par certaines de nos sources mais le traiteur de la salle a indiqué une possibilité à trois cents… »
- SALLY !
- Mais quoi à la fin !
Seulement lorsqu'elle leva le nez de son journal, ce n'est pas la vue de sa collègue qu'elle avait devant elle, mais bien Hermione, qui la regardait avec un air de reproche digne des prémices d'une dispute qu'elle avait pu honorer sur Harry ou Ron à Poudlard.
- Oh… Pardon miss Granger, je ne vous avais pas vu…
- De toute évidence… Puis-je avoir ce torchon et lire moi-même ce qui est apparemment de notoriété publique maintenant !
- Félicitations Miss Granger, murmura-t-elle timidement et gênée tout en lui tendant le journal avant de la voir partir sans un mot dans son bureau en claquant la porte.
- Pas commode…
- On se demande pourquoi… répliqua sa collègue avant de se mettre au travail.
Hermione dut relire au moins cinq fois l'article avant de pouvoir tout retenir. Son mariage était littéralement orchestré avec un timing irréprochable et dans les moindres détails alors qu'elle-même n'était au courant que de la date provisoire et du fiancé. Elle avait beau tout retourner dans son esprit, elle se sentait totalement dépassée par tout ça et la panique l'avait totalement envahie. Ron ne lui avait sûrement pas fait un coup pareil alors qui aurait pu prévenir cette journaliste et la mettre ainsi dans une position plus qu'inconfortable, qui ? Molly et Ginny étaient certes très enthousiastes par rapport au mariage mais Hermione les savait également très allergiques à ce genre de personnes, après l'expérience qu'elles avaient vécu lors de celui d'Harry. Sur le coup, elle se demanda si Drago ne serait pas à l'origine de tout ça mais vu l'article, c'était trop énorme, même pour lui, et Hermione n'arrivait pas à lui trouver l'excuse qu'il aurait pu donner pour la médiatisation de ces informations.
Heureusement pour elle, son ambassadeur de patron n'arriva pas de la matinée, ce qui lui permit de se calmer tranquillement dans son bureau et d'envoyer un mot à Ron sur le sujet. Bien évidemment, il était tout aussi mal à l'aise qu'elle sur ce point et lui assura qu'il n'en était pas l'auteur.
Lors de sa pause déjeuner, elle essaya de se faire toute petite. Elle passa devant les deux filles sans dire un mot, repositionna sa capuche pour ne pas être repérée et fila directement à son appartement. Elle n'avait vraiment pas envie de manger avec qui que ce soit et s'allonger quelques minutes lui fit un grand bien. Quelques dizaines d'hiboux, voire plus, l'attendaient à sa mansarde et en plus des lettres de félicitations, elle trouva un autre mot de Ron.
Bizarrement, elle sentait au fond d'elle que ce petit bout de papier ne serait pas de bon augure. Elle l'ouvrit alors délicatement et lut les quelques mots qu'il y avait écrits. Il demandait simplement à lui parler en fin d'après-midi.
Hermione sentit son cœur se serrer en voyant venir l'inévitable discussion sur eux, sur leur avenir et de ce fait sur la non réciprocité de ses sentiments amoureux envers lui. Si elle ne devait pas repartir dans les cinq minutes qui arrivaient pour retourner travailler, elle se serait à nouveau mise au lit pour y rester jusqu'à la fin de ses jours. Seulement, il fallait qu'elle fasse comme son père le lui avait conseillé. Une chose à la fois… Aller travailler était donc la première étape de sa liberté émotionnelle et Hermione le fit contentieusement.
A son retour, la jeune Sally lui présenta ses excuses pour s'être mêlée de ce qui ne la regardait finalement pas et Hermione, face à la peine sincère de la jeune assistante, les accepta calmement avec une minimisation de la situation. A peine l'incident clos, Steeve arriva enfin et salua comme il se doit les trois femmes qui partageaient maintenant son quotidien professionnel. Il invita ensuite Hermione à venir faire le point de la soirée dans son bureau et le bilan fut assez positif d'après lui. Il lui exposa ensuite le reste du programme de la semaine et ils s'étonnèrent tous les deux de voir l'heure avancer aussi vite vers la fin de la journée.
- Allez viens Hermione, j'ai une surprise pour toi !
- Quoi ? S'exclama-t-elle, prise de court.
- Ah, ça, il va falloir attendre d'y être, ma chère… Mais, je suis sûr que cela te plaira ! Lui répondit-il avec un clin d'œil.
- Mais… tenta-t-elle de dire en se rappelant que Ron viendrait sûrement la chercher là d'ici peu, en vain.
- Pas de mais Hermione… ordonna-t-il avant de dire au revoir aux deux assistantes et de fermer la porte du bureau derrière Hermione et lui avec l'un de ses plus beaux sourires séducteurs.
Après une petite promenade dont Hermione avait du mal à saisir le sens, il la fit entrer dans un grand hall d'immeuble gardé par un portier en uniforme. Ce n'était pas au bas du sien que ce genre de choses était envisageable, tout comme l'intérieur décoré par plusieurs grands pots de plantes exotiques. Un ascenseur les fit monter au troisième étage et d'une manière très naturelle, Steeve saisit la main d'Hermione dans son euphorie du moment et la fit presque courir de par son empressement à arriver devant une porte qui portait un numéro trente-sept. Alors qu'Hermione tentait une esquive de sa main sans provoquer une gêne commune, il l'empoigna de plus bel et la fit entrer tout en plaçant son autre index devant la bouche. Là, Hermione, pour la deuxième fois de la journée, paniqua. Elle se voyait déjà dans un lit à demi nue dans une situation vraiment délicate et injustifiable auprès de trois hommes qui n'avaient pas manqué de la mettre en garde. Vu l'élégance de l'appartement, ce ne pouvait être que le sien et l'ambiance qu'y s'y dégageait invitait de toute évidence à la détente. Pour être exacte, tout appelait à la quiétude et la relaxation sauf Hermione elle-même qui était plutôt dans un état inverse.
- Il n'est pas super ? Demanda-t-il à la limite de l'arrogance au goût d'Hermione.
- Si, répondit-elle avec diplomatie.
- Et tu n'as pas vu la chambre à coucher ! S'exclama-t-il sans apercevoir l'air outrée de la Gryffondor qui sur le moment regretta que Drago ne traîne pas dans le coin pour jouer les petits amis jaloux et lui faire comprendre qu'elle était chasse gardée.
- Ron… se reprit-elle à haute voix en s'apercevant de sa maladresse.
- Pardon ? Demanda-t-il en faisant semblant de ne pas avoir entendu.
- Ron doit m'attendre devant le bureau maintenant. Je dois y aller… Votre appartement est vraiment bien, vous avez bon goût mais je préfèrerais rester au bureau pour travailler. Je ne pourrais pas avoir tous les livres dont j'aurais besoin si…
- Ce n'est pas mon appartement Hermione mais le tien ! Coupa-t-il en voyant le malaise évident.
- Tien ? Mien ? Comment ça c'est le mien ? Mais j'ai déjà un appartement ? Balbutia-t-elle rapidement ce qui fit rire Steeve.
- Si c'est de ta boîte à chaussure dont tu parles, je ne pense pas qu'on puisse la qualifier d'appartement. Ca, c'est un appartement qui se respecte pour une femme de ta prestance Hermione, exposa-t-il en rappelant des bras tous l'espace qu'il avait.
- Enfin c'est que… tenta de protester Hermione.
- Ecoute, je sais que c'est un peu rapide, et puis le fait que j'habite deux étages au-dessus ne doit pas être facile à accepter pour une femme indépendante comme toi, mais je t'assure que c'est le plus bel appartement libre sur le marché du moment.
- Je vais y réfléchir, y répondit-elle en pensant que ça serait suffisant pour ne pas vexer son nouveau patron.
- Tu me donnes ta réponse demain ?
- Si vite ? C'est que… Enfin, il me faut plus de temps et…
- Hermione, le bras droit de l'ambassadeur américain ne peut décemment pas vivre dans un trente mètres carré dans l'un des quartiers populaires du chemin de Traverse… Il en va de ta réputation et de la mienne en conséquence. Et il faudra que tu penses aussi à aller t'acheter tes capes, on ira ensemble si tu veux demain…
- Je… Je dois rentrer… Ron m'attend…
- Très bien, soupira-t-il déçu du peu de succès de ces idées. On verra ça demain.
Hermione n'en revenait pas. Durant le retour, elle n'arrêtait pas de se répéter les mêmes phrases peu glorieuses sur son supérieur. N'y avait-il pas des dossiers plus importants que son logement et sa garde-robe ? Elle s'imaginait que bientôt il lui demanderait sûrement de se maquiller plus généreusement et exigerait une choucroute garnie comme coiffure. Elle sentait qu'il fallait tout de suite qu'elle fixe avec lui les limites à ne pas dépasser pour ne pas se laisser envahir par la suite. Elle avait déjà du mal à gérer sa vie personnelle alors si la professionnelle s'y mettait, elle n'avait plus qu'à mettre à exécution son projet de fuite.
Comme prévu, Ron attendait sur le banc en face de la porte et après avoir regardé d'une manière très menaçante le bellâtre, il s'avança, la tête légèrement baissée, ce qui indiquait une certaine colère, vers Hermione. Celle-ci s'excusa poliment de devoir s'en aller et lui tendit la main pour que son patron la lui serre. Seulement, comme pour se venger de geste peu cordial de Ron, Steeve saisit la main de la sienne et lui fit un baise main langoureux.
- Réfléchis bien à ma proposition Hermione ! Tu es une femme qui est en droit de prétendre à tout ça… Tu es digne d'obtenir ce qu'il y a de mieux…
- Je vais y penser… Bonne soirée, se dégagea-t-elle du mieux qu'elle put tout en sachant qu'il l'avait maintenant mise dans une situation difficile avec un Ron presque enragé à un mètre d'elle.
Sans un mot, mis à part de nombreux soupirs bruyants de la part de Ron, ils effectuèrent le trajet vers la sortie du ministère. Ron proposa directement à Hermione de venir chez lui. Elle n'objecta pas dans la mesure où pour ce qu'elle devait elle aussi lui dire, il serait mieux sur un terrain familier.
En passant la porte de ce quatre pièces, Hermione revit alors de nombreux souvenirs refaire surface. Rien ne semblait avoir changé mis à part quelques photos en moins, les leurs bien sûr, et même l'odeur qui parfumait l'ambiance de cette garçonnière lui ravivait des sensations agréables. Cet appartement lui avait de toute évidence manqué, ce qui lui compliquait finalement encore plus les choses.
Ron, toujours silencieux, lui tendit un verre avant d'aller s'affaler dans le canapé et d'avaler le sien cul sec. Hermione le rejoignit plus timidement et opta pour celui qui était perpendiculaire, soit à une distance bien trop raisonnable pour un couple officiellement fiancé.
- Alors… lança-t-il en la fixant avec un regard noir.
- Alors quoi ?
- Cette proposition que ton don juan t'a suggérée…
- Ron, ne sois pas idiot… Il a juste voulu te rendre jaloux…soupira-t-elle.
- Peut-être, il n'empêche que d'après tes assistantes, vous êtes restés presque deux heures en vadrouille, seuls…
- Deux heures ? S'étonna-t-elle en se demandant où passait le temps.
- Je m'en fous du nombre d'heures, franchement Hermione, c'est surtout le « seuls » qui me dérange tu vois… Je peux savoir où vous étiez ?
- Il m'a fait visiter un appartement, avoua-t-elle finalement puisque de toute manière, elle n'avait rien à se reprocher.
- Un appartement ? Rien que ça ?
- Oui, tu vois, il n'y avait pas de quoi alarmer les aurors !
- Rien que ça ? Répéta-t-il en insistant le ton.
- Je peux savoir en quoi c'est si grave Ron ?
- Et je peux savoir pourquoi tu as subitement besoin d'un nouvel appartement ?
- Ron, je ne peux raisonnablement pas rester toute ma vie dans mon studio !
- Hermione, tu pensais habiter où exactement après notre mariage ? Demanda-t-il froidement.
- Oh, attends, fit-elle avant de sortir le journal, ah oui, là, et bien, d'après ce journal, on va habiter une coquette maison victorienne dans la banlieue de Londres et les travaux sont même en cours pour pouvoir nous accueillir après notre lune de miel en France.
- Arrête avec ça, je t'ai dit que j'y étais pour rien. Et tu ne réponds pas à ma question !
- Toi non plus !
- Très bien, c'est grave parce que la seule chose vraie de ce journal c'est qu'on est censés être mari et femme dans trois semaines, et que madame prévoit déjà de prendre un nouvel appartement qu'elle visite avec un autre homme que son fiancé, soit moi, alors qu'en toute logique, son appartement n'est pas assez grand pour y loger deux personnes. Pendant que j'y suis Hermione, ce que je trouve grave, c'est qu'à trois semaine du mariage, tu ne m'ais toujours pas dis que tu m'aimais et c'est à peine si je ne dois pas lutter pour te rappeler que j'existe !
- Ron… soupira-t-elle le cœur serré, sachant que le moment était venu.
- Mais qu'est ce qui se passe dans ta tête Hermione… Explique-moi… se calma-t-il avec un air triste qui lança des milliers de poignards dans le cœur d'Hermione.
- Je crois surtout que tout va trop vite Ron… J'ai l'impression que le sol se dérobe sous mes pieds et je me sens totalement impuissante face à ça…
- Je sais que notre mariage est assez rapide mais quand on y regarde de plus prêt, on aurait dû être mariés depuis des années Hermione, et puis, maintenant ou dans trois ans, c'est la même chose pour nous, non ?
- Ron, ce n'est pas comme si on ne s'était pas séparés quelques mois avant. Quatre ans d'éloignement, c'est long et tu étais avec une autre personne il y a encore une semaine et demi… Même si j'avais rêvé de ce moment durant tout ce temps, et que je t'attendais, il y a des évènements qu'on ne contrôle malheureusement pas…
- Qu'est ce que tu veux dire par là…
- J'aurais tant voulu que tu me fasses ta déclaration ne serait-ce que quelques semaines ou même jours plus tôt…
- Et en quoi ça aurait changé quelque chose ? Demanda-t-il soupçonneux.
- Tout, Ron… tout…
- Tu as quelqu'un d'autre c'est ça ? Osa-t-il finalement dire.
- Lorsque je suis venue chez Harry et Ginny, en te disant oui, Ron, je disais non à une autre personne… avoua-t-elle solennellement.
- Tu es en train de me dire que tu as hésité à m'épouser ?
- Me faire pas dire ce que je n'ai pas dit Ron, s'énerva-t-elle. Seulement, je ne m'attendais pas du tout à ta demande en mariage Ron. Pour moi, tu étais avec une autre depuis assez longtemps pour pouvoir le lui demander à elle ! De ce fait, j'avais tout autant le droit que toi de refaire ma vie !
- Pourtant, il me semblait t'avoir donné assez de signe pour te faire comprendre que je revenais vers toi non ?
- Ron, les seuls signes en question étaient des visites sur mon lieu de travail pour le tien et non une invitation au restaurant ou même un baiser, qui eux, sont des signes nets d'une volonté de reprise de relation.
- Alors, ça va être de ma faute maintenant ?
- Mais non… C'est juste un malheureux concours de circonstances qui a fait qu'on en est là aujourd'hui.
- Et on en est où ? Soupira-t-il en sachant très bien la direction que prenait cette discussion.
- Je dois dire que j'ai adoré rire à nouveau avec toi et que ces moments de complicité m'ont terriblement manqué. J'ai retrouvé le Ron qui m'avait séduite ces dernières années…
- Mais…
- Ron, je t'adore et tu as une place à vie dans mon cœur. J'ai vraiment peur de continuer cette phrase parce que te connaissant, elle va signifier la fin de notre amitié et je te perdrais sûrement à jamais…
- Au moins, ça aura le mérite d'être clair…
- Ron, promets-moi de…
- Je ne te promets rien Hermione, le coupa-t-il. Dis… tu éprouves quoi exactement pour moi… Allez dis le !
- Je t'aime… je t'aime autant que j'aime Harry… Je t'aime d'une amitié sans limite qui frôle l'interdit mais qui ne va malheureusement plus au-delà…
- Un ami alors… c'est tout ce que je suis pour toi ?
- Non, Ron, tu es bien plus que ça à mes yeux et tu le sais pertinemment. Ne minimise pas ce que je peux ressentir pour toi. Je donnerais ma vie pour toi comme pour Harry, c'est… c'est viscérale Ron… C'est comme ça depuis le début et ça ne changera plus jamais… On forme un trio qui est au dessus des lois de l'amitié Ron… Harry, toi et moi…
- Joli argumentaire… mais tu oublies une chose Hermione, c'est que je suis amoureux de toi…
- Je pensais l'être également Ron…
- Je vais devoir te regarder faire ta vie avec un autre en te souhaitant d'être heureuse sous le prétexte de notre amitié ?
- Je l'ai bien fait pendant quatre ans, Ron… Que crois-tu que j'ai ressenti quand Ginny m'a annoncée que tu avais quelqu'un d'autre à peine deux mois après notre rupture ? Je n'essaie pas de me venger en te disant ça mais j'essaye simplement de te faire comprendre que j'ai su surmonter ça et j'ai appris à vivre avec. Ca m'a pris du temps, je ne te le cache pas, et il y a encore très peu de temps, je rêvais encore que tu viennes me supplier de te pardonner et de te reprendre mais maintenant, je suis passée à autre chose, Ron…
- Pour le journal, demanda-t-il en voyant bien que la décision d'Hermione était sans retour possible.
- Je m'en occuperais…
- Et ma famille…
- Je m'expliquerais si besoin…
- Alors, c'est tout… C'est fini…
- Ron, pardonne-moi… J'aurais dû être plus honnête avec toi dès le départ…
- Par pitié, ne me sort pas le coup classique de « restons bon amis »…
- Je n'ai pas à le faire Ron, parce qu'on l'a toujours été… et qu'on le sera toujours malgré ce qui peut se passer entre nous…
- Ne m'en demande pas trop Hermione… supplia-t-il avant de plaquer ses mains sur son front et de laisser sa frange cacher le reste de son visage. Je… Laisse-moi maintenant…
- Ron… murmura-t-elle tout en s'approchant de lui avant de lui poser la main sur son épaule.
- Laisse-moi… balbutia-t-il en tentant de contenir le nœud qui venait de s'installer dans sa gorge.
- Je suis désolée Ron… vraiment désolée… lui répondit-elle tout en l'embrassant sur le haut de sa tête avant de reculer et de partir de l'appartement en silence.
Une fois la porte fermée, Hermione se sentit vraiment mal. Contrairement à Ron, il ne lui en fallut pas plus pour s'écrouler à terre et pleurer comme jamais. Elle ne regrettait pas de l'avoir fait mais s'en voulait plutôt de ne pas avoir ressenti l'inverse. Ce n'était pas un homme comme un autre pour elle finalement, c'était Ron, c'était le premier homme dans sa vie et durant plusieurs années, elle avait espéré qu'il en soit le dernier. Elle aurait dû parler mariage au lieu de lui dire froidement qu'elle ne l'aimait pas comme il le souhaitait… Des milliers d'autres implications à cette nouvelle situation allaient devoir être gérées maintenant et sur le coup, elle ne s'en sentait pas la force, surtout lorsqu'elle imaginait le regard déçu de Molly ou de Ginny.
En rompant avec Ron, elle venait de perdre tout ce qui était source d'équilibre dans sa vie et ce, pour un prétendu bonheur qu'elle n'était même pas sûre de trouver un jour. Bien évidemment, le nom de Drago Malefoy arriva très vite dans ses réflexions et pour trouver un coupable à son mal-être, tout fut bien évidemment de sa faute.
Si elle ne l'avait pas revu ? Si elle ne l'avait pas aidé ? Si elle avait reculé lorsqu'il l'avait embrassé ? Si elle n'avait pas accepté le développement de la situation avec lui ? Si elle ne l'avait pas invité à monter chez elle ? Si elle ne lui avait pas fait promettre de réfléchir à devenir sa femme ? Si elle n'était pas tout simplement tombée amoureuse de lui… Tout, oui tout serait différent… Seulement voilà, le problème n'était finalement pas Drago mais elle… Elle avait accepté tout ça… Elle avait aimé tout ça… Elle l'aimait…
A ces réflexions, Hermione trouva quelques forces et se releva pour rentrer chez elle. Bien sûr, elle n'eut pas le courage de transplaner et imagina qu'un peu d'air frais ne pourrait lui faire que du bien. Seulement, tous les couples heureux semblaient s'être donnés le mot pour sortir ce soir là et monter à Hermione l'échec de sa vie sentimentale. Les sourires, les baisers, les mains entrecroisées, les petits mots doux à l'oreille, les gestes tendres, tous devenaient un sort interdit qu'elle recevait de plein fouet. A quelques mètres de chez elle, Hermione se sentit obligée d'entrer dans une ruelle afin d'essayer de récupérer une respiration qui devenait de plus en plus problématique. A nouveau, Hermione sentit ses jambes se dérober, ce qui l'obligea à prendre appui sur un des murs de briques. Elle n'avait à présent plus le courage de rentrer chez elle et de se retrouver seule face à ce qu'elle avait elle-même provoqué : être seule.
Toutefois, au fur et à mesure que le soleil se couchait, la ruelle qui l'abritait jusque là lui permis de l'être de moins en moins. Même si sa capuche lui apportait un certain anonymat et une méfiance vis-à-vis des sorciers attirés par ces recoins peu recommandables, son immobilisme suscitait l'interrogation et le regard. Très vite, le danger devint réel et si une ombre, impressionnante à première vue, n'avait pas arrêté la préméditation d'un sorcier malveillant, Hermione aurait eu clairement des problèmes plus urgents à régler que ses jérémiades.
- Si tu veux en finir, fais le plus discrètement s'il te plait… murmura une voix glaciale avant de la prendre par le bras et de l'accompagner jusqu'à chez elle. Tu imagines ce qui aurait pu en découler? Je te rappelle que tu es un membre de l'ordre du phénix et en retrouver mort dans ce genre de recoin, ça à de quoi déclencher une nouvelle croisade dans les deux camps !
Devant le fait qu'aucun mot ne vienne lui donner des explications, Drago commença à perdre patience devant une inconsciente. Hermione sentit son bras être comprimé fortement avant d'être attirée dans un coin du hall de son immeuble. Même si elle avait nettement reconnu la personne qui se trouvait tout près d'elle, le visage triste de Ron lui hantait maintenant l'esprit. Même si elle n'en était pas amoureuse, elle restait une amie qui n'aimait pas le voir souffrir ainsi et surtout par sa propre faute. Son père lui avait de toute façon conseillé d'être égoïste alors Voldemort aurait pu faire un retour inattendu et faire un carnage au ministère qu'Hermione serait restée là à pleurer sur ses propres problèmes. Alors Drago pouvait parler autant qu'il voulait, ça lui était complètement égal.
- Mais qu'est ce qui te prend ? Qu'est ce qui se passe Granger ? S'écria-t-il en tentant de la provoquer avant de rabattre sa capuche en arrière et voir l'état de choc de la Gryffondor.
Hermione pu alors entendre Drago soupirer et se voir atterrir dans ses bras sans un mot d'accompagnement. Il l'aida ensuite à monter les escaliers, marches après marches et lança un sort d'insonorisation lorsqu'ils arrivèrent à la hauteur de l'avant dernier étage. Un geste après l'autre, il l'aida ensuite à enlever sa cape, la regarda s'installer comme une enfant fatiguée dans son lit avant de se sentir de trop et d'ouvrir la porte pour s'en aller.
- Drago…
- Oui ? Murmura-t-il.
- Merci…
- De rien, lui répondit-il avant de s'approcher et de lui donner un baiser sur le front.
Hermione ferma alors les yeux à cette tendresse bienvenue et de peur de la voir à jamais s'envoler, elle saisit la main de Drago pour le forcer à s'asseoir à côté d'elle afin qu'elle puisse se blottir contre lui. Sans en demander plus, le Serpentard s'installa alors confortablement dans ce lit qui lui avait pourtant offert davantage moins d'une semaine plus tôt, et d'une manière automatique, il caressa le dos de la Gryffondor jusqu'à ce qu'elle s'endorme contre lui. Bercée par les mouvements et les battements de cœurs, Hermione obtint alors une trêve de sa conscience et se laissa porter vers un semblant de paix intérieure.
