Petit mot de l'auteur :
Merci beaucoup pour toutes vos reviews ;) J'aimerais pouvoir y répondre personnellement mais je vais malheureusement devoir me contenter de faire un « groupir » faute de temps.
Quelles sont les intentions de Steeve ? Ah ah… la bonne question, mais si facile à y répondre… « A votre avis hein ??? Mdr Jouer aux échecs avec ??? lol Mais il aura fort à faire s'il veut empiéter sur le territoire de Drago Malefoy, c'est moi qui vous le dis… lol
Pour une éventuel place dans le lit de Drago si Hermione et moi-même se désistons… ??? Oula, j'ai du rater une étape, Hermione, renoncer à Drago et surtout MOI ? Merlin si un tel homme existait je ne passerais pas autant de temps à écrire des histoires mdr. Par contre, il y a effectivement un Roninouchet malheureux à consoler pour les amatrices lol… (enfin pas pour longtemps ;p)
Je tiens sinon à rassurer toutes celles qui ont exprimer une joie certaine à la « rupture » de Ron et d'Hermione alors qu'une larme aurait du être plus légitime, « c'est normal !!! » Oui, c'est normal, parce que si vous aimez les Hermione/ Drago, vous ne pouvez pas être de celle qui aime basiquement les histoires d'amours « facile »… Non, vous, vous aimez voir les perso souffrir !!! Maintenant que vous en êtes consciente, ASSUMEZ-LE !!! « Je suis sadique et j'en suis fier » répétez après moi… « je suis sadique et j'en suis fier » Vous vous sentez mieux déjà ? lol Bon, alors vous êtes maintenant prête à lire ce chapitre !
Bisous à tous et à toutes !
YvyLeeWoods
Chap 14. Quand les sentiments vous poussent à être différent
Hermione,
Comme tu semblais plus préoccupée par noircir ce fichu journal intime que t'occuper de l'homme que tu avais invité dans son lit samedi dernier, j'imagine que tu liras rapidement ce message.
Je voulais simplement te dire que j'avais un rendez-vous très tôt ce matin et que j'ai dû te laisser. Vu ton état hier, j'ai supposé qu'il valait mieux te laisser dormir…
Au fait, si tu en sens le besoin, j'ai les coordonnées d'un journaliste au Sorcier Du Dimanche. Il a une certaine rancœur contre une autre journaliste dont tu as fais les frais ces derniers temps… Il se fera donc un plaisir de t'écouter pour une interview exclusive…
Sinon, je vais avoir un emploi du temps assez chargé aujourd'hui mais je tiens à te voir ce soir. Je tiens à te dire en face que ton mariage avec Weasley est une erreur, Hermione… Je sais que j'ai raison, et que tu le sais… Alors, ce soir, je viens te chercher chez le playboy et tu te trouves une excuse pour m'accorder un peu de ton temps.
Pour être honnête Hermione, tu es bien plus séduisante quand tu souris ou lorsque tu me vannes, le style bouffi par des larmes ne te mets pas du tout en valeur…
Ton amant d'un soir…
Ps : Je ne te croirais pas si tu me réponds que tu as eu plusieurs…
Hermione ne put s'empêcher de sourire à la lecture de ce petit message. Il n'y avait aucun mot consolateur mais rien que le fait qu'il en ait laissé un, montrait son inquiétude et provenant de lui, cela ne pouvait n'en être que touchant. Hermione ferma alors les yeux et se remémora le peu de souvenir qu'elle avait encore de cette nuit avec lui. Son dos se cambra alors presque naturellement comme s'il était encore là à le lui caresser. Sa tête se pencha légèrement pour y accueillir le doux souffle chaud de sa respiration et elle désespéra de ne pas le voir venir. Elle repensa ensuite aux battements réguliers qui l'avaient si facilement apaisée et l'odeur, oui l'odeur si particulière de son corps qui l'envoûtait entièrement, elle pouvait encore la sentir sur elle. Instinctivement, Hermione passa sa main à côté de son nez et tenta de capturer davantage de sa présence passée. Un frisson la parcourant, elle se frotta alors les bras et se créa l'illusion d'être à nouveau dans les siens.
Au bout de quelques minutes, elle reprit légèrement ses esprits et trempa sa plume dans son encrier. Seulement, son esprit était fixé sur Drago et telle une totale idiote amoureuse non déclarée, elle en perdit toute inspiration littéraire. Elle faisait tout simplement page blanche comme si ce qu'avait pu noter Drago avait entièrement résumé la situation. Elle n'avait pas envie d'en dire davantage et voulait surtout profiter de son état d'insouciance que lui avait provoqué ce nouveau contact avec lui. Alors au lieu de faire honneur à sa muse, elle saisit un parchemin et commença à écrire presque un roman pour son unique amant d'un soir. En se relisant, elle se trouva franchement stupide et préféra en rédiger une nouvelle version. Le problème c'est que parchemins après parchemins, elle devenait plus sévère avec elle-même et commença à s'énerver. Les boulettes des papiers commencèrent alors un balai aérien qui transforma alors le petit studio en champ de guerre où Pattenrond tentait de survivre tant bien que mal en se planquant sous le lit. Le soldat profita ensuite d'une minute de trêve pour prendre une option sur l'armoire et s'emmitoufler sur ce qu'il estimait être un parfait bunker. Sans faire attention à la mutinerie qui sévissait derrière elle, Hermione se leva et se satisfit du message qu'elle s'apprêtait à envoyer.
- Tu crois qu'il le prendrait mal, Pattenrond ? Demanda-t-elle plus pour elle-même… Oh, et puis, ce n'est que de bonne guerre non ? Allez, sans regret… « Plus de projet à long terme, merci pour cette nuit, à ce soir Adonis… » Tu paris qu'il me répond dans quelle fourchette de minutes ? Cinq ? Dix ? Allez le temps qu'il trouve un papier et une plume… Sept… Ca me semble une bonne moyenne…
Hermione ouvrit sa mansarde, prononça un sort d'appel d'hibou et lui confia le petit rouleau avant de lui ordonner de le porter à Drago Malefoy. Elle regarda ensuite son horloge et enregistra les sept heures trente et une minutes qu'elle affichait dans sa mémoire. Puis, elle prépara un peu de café et sortit avec quelques difficultés des vêtements susceptibles de la rendre présentable, avant d'entendre un bruit répétitif de cognement de bec qui lui décrocha un sourire. Avant même d'aller ouvrir, Hermione se dépêcha de regarder l'heure et fit une mine déconfite à constater qu'il était sept heures et trente neuf minutes. Elle fit alors entrer le volatile et récupéra son précieux chargement. Hermione sentit son ventre se contracter à l'ouverture du bout de parchemin, et la délivrance lui provoqua un petit éclat de rire.
Pas de commentaire sur l'annulation de mariage ou même l'évocation de la nuit passée l'un à côté de l'autre, non, juste un simple « Adonis ? » auquel Hermione ne put bien évidemment s'empêcher de répondre et commença ainsi une correspondance des plus douteuses avec lui. Sans attendre une seconde de plus, elle se dépêcha de retourner à son bureau et leva les yeux en l'air pour y trouver une quelconque inspiration. L'idée trouvée, elle la coucha sur un autre parchemin et confia le « Mon amant préféré… » à l'hibou qui attendait encore. Cette fois-ci cinq minute plus tard, le « Et ses rivaux ? » lui inspira un « Un Adonis jaloux ? Possible ? » qui n'obtint malheureusement aucune réponse jusqu'à ce que sa conscience ne lui rappelle l'heure avancée de la matinée.
Hermione soupira alors fortement, ferma sa mansarde pourtant prête à laisser entrer la joute suivante, prit sa cape et regarda une dernière fois sa seule ouverture extérieure avant de sortir.
Dans sa bulle, pensant aux prochaines répliques qu'elle pourrait bien lui sortir, Hermione n'appliqua pas sa prévention habituelle à la descente du premier étage. Elle fut donc totalement surprise à se tenir le cœur lorsqu'elle le vit ouvrir sa porte brutalement. Il semblait de toute évidence en colère et Hermione n'avait franchement pas envie de connaître les états d'âme de son pauvre voisin, elle avait déjà bien trop à faire avec les siens. De toute façon, vu sa tête, elle sut pertinemment qu'elle n'aurait pas de choix que de l'écouter, du moins, le temps de traverser le pallier et de continuer sa descente.
- Je peux savoir ce que tu faisais dans les bras du petit prétentieux alors que tu es fiancée à un autre?
- Mais en quoi ma vie privée te regarde Boris? Lâcha-t-elle aussi brutalement que lui.
- Vu que ta moralité laisse à désirer, c'est mon rôle de bon voisin de te la rappeler!
- Ma moralité ? S'emporta-t-elle, presque choquée.
- Oh ne fais pas l'innocente, les murs sont fins, je vous ai entendu le blond et toi…
- Ah oui ? S'étonna-t-elle avec une pointe de malice. Et bien, nous seront plus discrets la prochaine fois, lui assura-t-elle ensuite en s'enfonçant dans le mensonge.
- Mais… s'étouffa-t-il surpris de cette réponse tout en la regardant s'en aller. Que dirait ton fiancé s'il savait ça, hein ? Menaça-t-il en guise de dernier recours.
- Il te conseillerait de consulter ! Répondit-elle tout en continuant sa descente.
Arrivée en bas de son immeuble, Hermione vit alors un grand Duc venir jusqu'à elle. Sachant pertinemment le nom de son propriétaire, elle se mit légèrement en retrait et détacha le petit bout de papier avec juste un « devrait-il ? » qui l'agaça profondément. Elle décida donc de le faire attendre, du moins jusqu'à ce qu'elle arrive à son bureau. Le fait d'y être avec vingt minutes d'avance lui permit d'y paraître aussi fraîche que possible ce qui lui donna un argument supplémentaire pour affirmer que la journée commençait mieux que la veille. Les assistantes lui avaient laissée quelques notes à consulter et des messages qui lui servirent rapidement d'excuse pour prolonger l'attente du préposé Adonis.
L'arrivée de Sally et Thalie, les deux assistantes, puis de Steeve, rallongea fortement le délai de réponse et à peine une heure avant de déjeuner, elle consentit enfin à lui accorder son « Possible ». A peine dix minutes plus tard, un hibou fit une approche et Hermione se félicita de voir un ancien Serpentard si réactif avec une Gryffondor. Le jeu lui plut alors de plus en plus à en oublier les évènements de la veille mais le contenu du petit mot qu'Hermione ouvrit fut tel une gifle violente qui la ramena à la réalité.
Le fait qu'il n'y ait qu'une simple invitation à déjeuner, provenant d'Harry, laissait présager d'une explication à fournir sur la rupture entre ses deux meilleurs amis. Hermione arrêta de sourire et se mit tout de suite à trouver davantage d'arguments pour convaincre Harry de son bon choix. La joie et l'innocence qu'elle avait pu vivre tout au long de la matinée s'étaient alors envolées avec la réponse positive qu'elle avait accordée à Harry et plus les minutes la rapprochait de midi, plus Hermione angoissait de la rencontre.
Après avoir salué les trois autres personnes résidant dans le bureau, elle se mélangea à la foule qui, tout comme elle, sortait du ministère pour aller se restaurer. Concentrée sur ses pensées, elle ne remarqua pas la paire d'yeux bleu clair observateurs qui la suivirent jusqu'à perte de vue, soit la porte de l'atrium. Hermione emprunta les différentes rues qui menaient au restaurant de Seamus et y entra par l'entrée de derrière, la seule qu'elle connaissait de toute manière. Bien évidemment, après quelques échanges cordiaux avec son ancien ami d'école, celui-ci la conduit à la table d'Harry qui l'attendait de toute évidence. Là, au premier coup d'œil, elle comprit que bien évidemment le sujet exclusif du repas tournerait autour de Ronald Bilius Weasley. Seamus mesura l'atmosphère avec intelligence et préféra déposer les menus en silence et repartir s'occuper du reste de sa clientèle.
- Bonjour…
- Il y a mieux, merci…Tu prends le menu du jour ? Amorça Harry avec hésitation.
- Pourquoi pas… répondit Hermione, plongée dans sa carte comme s'il représentait à ce moment précis son seul bouclier.
- Parfait… Oh, Gin' te passe le bonjour et t'invite à venir prendre le thé samedi après-midi et Andy te réclame.
- D'accord, passe-lui également mon bonjour si cela ne te dérange pas. Sinon, comment va mon filleul ?
- Très bien, il arrive maintenant à faire quelques phrases entières sans écorcher un mot.
- Les enfants changent à une vitesse vraiment incroyable parfois…
- Si ça peut te rassurer, je connais des adultes qui savent également le faire, répliqua-t-il tout en étant concentré à chercher son plat.
- Le gratin de citrouille mijoté à la cannelle doit être excellent, esquiva-t-elle en faignant d'être passionnée par la liste des mets proposés.
- Je vais opter pour le civet de lapin à la citronnelle, provoqua-t-il en attirant les yeux outrés d'Hermione sur lui.
- Harry !!!
- J'aime le lapin et c'est mon choix ! Tu devras vivre avec cette idée et je ne vais pas m'en priver parce que tu ne le trouves pas à ton goût ! Argumenta-t-il de manière intentionnelle avant de faire un signe au serveur.
N'osant ni l'un ni l'autre aborder ensuite le but de la rencontre improvisée, le silence régna jusqu'à l'apparition des deux entrées. Harry semblait maniaque sur le rangement des légumes dans son assiette et Hermione avait un besoin de réhydratation de toute évidence assez accrue. Quelques échanges de regards aggravaient l'ambiance et les tortillements de serviettes n'aidaient en rien à l'améliorer.
- Tu peux me passer le sel ? Osa demander Harry avec une certaine gêne.
- Tiens, lui répondit-elle en lui donnant l'objet.
- Gin' me dit toujours que le sel ce n'est pas bon pour moi mais c'est plus fort que tout, j'ai toujours besoin d'en rajouter à mon plat.
- Tu ne vas pas mourir à assaisonner ton plat pour l'avoir à ton goût Harry, se moqua innocemment l'ancienne Gryffondor.
- Mais l'avoir nature est meilleur pour ma santé, il parait… répliqua-t-il tout en assaisonnant son assiette de manière généreuse.
- Seulement, tu ne prends aucun plaisir à le manger, argumenta Hermione en le regardant faire, étonnée.
- Oui mais à choisir entre ma santé et mon plaisir, le plus raisonnable serait la première option, non ?
- A toi de voir si tu veux vivre vieux sans avoir manger un seul plat qui te fait envie… Je trouverais ça plutôt dommage, moi…
- Et mourir jeune à cause d'un abus de plaisir, je trouve ça totalement idiot… répliqua Harry en mélangeant son assiette sans pour autant enfourner quoi que ce soit dans sa bouche.
- Mais au moins tu pourras dire que tu as profité pleinement de ta vie…Répondit Hermione en récupérant la salière et en la secouant au dessus de son plat.
- Parce que tu aimerais vivre dans l'excès, toi ? Hermione Granger ? S'étonna-t-il la bouche ouverte.
- Et pourquoi pas ?
- Qu'as-tu fait de ma meilleure amie moralisatrice, pleine de bons sentiments rationnels, bridées par une convenance aussi prude que possible, respectant tous règlements possibles et se satisfaisant d'un quotidien bien rythmé ?
- Elle en a peut-être eu marre de ne pas avoir de sel dans son plat, tout simplement ! Répliqua-t-elle assez énervée de la remarque.
- Le sel se trouve dans toutes les cuisines Hermione, il suffit de le chercher dans le bon placard !
- Mais je ne veux pas toutes les cuisines Harry, je veux la mienne… Et je veux - mon - sel dans - mon - placard … s'emporta-t-elle avant de se servir un verre d'eau.
- Oh et zut ! Pesta Harry qui commençait à ne plus s'en sortir dans les métaphores… De toute manière ce n'est pas Malefoy qui va pouvoir te rendre heureuse Hermione ! S'écria-t-il devant la jeune femme qui s'en étrangla à ne plus savoir comment respirer. Il ne sait s'occuper que de ses propres intérêts, tu n'es qu'un jouet qu'il jettera une fois qu'il aura obtenu ce qu'il veut ! Reprit-il presque hors de lui, ce qui vexa sa meilleure amie.
- Qui te dit que finalement ce n'est pas ce que je veux ? Répliqua-t-elle tout aussi fort.
- Parce ce que ce n'est pas toi Hermione ! Malefoy et toi, c'est contre nature ! Vous êtes incompatible sur tout ce qui fait qu'un couple peut fonctionner ! Si tu crois qu'il va jouer au toutou fidèle à sa maîtresse avec toi, tu te trompes lourdement, Hermione, et lui n'hésitera pas à le faire dès que tu auras le dos tourné ! Affirma-t-il avant de pointer son assiette avec son couteau. C'est ce plat là que tu veux manger toute ta vie ?
- J'ai quand même le droit de manger ce dont j'ai envie, non ?
- Parce que tu as réellement envie de Malefoy ? S'horrifia Harry en réalisant qu'il avait vraiment mis dans le mille sur ce qui n'était qu'une forte spéculation à la base.
- Ca se pourr… commença-t-elle à dire avant de voir une tête blonde se pointer devant leur boxe.
- Je ne voudrais pas être désagréable, bien que ça me brûle la gorge de dire ça, mais je vous rappelle que vous êtes dans un restaurant, lieu public où tout le monde peut se rendre et où toutes les mauvaises oreilles se font un plaisir de vous écouter depuis une bonne dizaine de minutes. Alors, que vous vous disputiez, à la limite, je m'en fous, mais évitez de mentionner mon nom !
- Et toi, laisse Hermione tranquille où je pourrais faire plus que te mettre dans une position délicate avec la presse !
- Baisse d'un ton Potter ! S'énerva Drago. Et permets-moi d'ajouter que ton imagination devient un peu trop débordante !
- Tu penses vraiment que ton petit manège serait passé inaperçu, Malefoy ? Tes allers et venues au ministère, tes entretiens privés avec le ministre au sujet de tes fiançailles avec Parkinson, affirma-t-il devant un Drago visiblement étonné qu'il sache tant de détails à son sujet, les murs sont fins pour un auror Malefoy, sourit-il victorieux de sa trouvaille. Et puis, ta visite aux archives où travaille comme par hasard Hermione, parfaite candidate à un éventuel mariage de raison médiatique accompagné d'une revalorisation populaire après une implication encore douteuse dans la guerre contre Voldemort, et subitement, sans que personne ne comprenne pourquoi, Hermione jette Ron !
- Jette Ron? Répéta-t-il avec un petit sourire au coin tout en regardant ensuite la responsable. Une belette qui se fait larguer, j'aurais aimé voir ça… se félicita Drago.
- Je te jure Malefoy que quoi que tu ais fais à notre Hermione, je vais le découvrir et faire en sorte de la ramener à celui qu'elle aime…
- Qui te dit que c'est Weasley ? Répliqua-t-il froidement.
- Parce que ça toujours été Weas… Ron ! Se reprit-il hors de lui en attirant davantage l'attention des autres clients du restaurant.
- Bon ça suffit Potter ! Je ne sais pas ce qu'a bien pu te dire Granger mais si ma mémoire est exacte, s'il y a bien une sorcière qui ne se laisse pas facilement faire, surtout avec un prétendu mangemort à tes yeux, c'est bien elle… De ce fait, elle est donc, à mon sens, totalement responsable de ses actes…
- Parce que tu prends sa défense toi maintenant ?
- Puis-je vous rappeler que je suis juste à côté de vous ?! Intervint Hermione les mains sur les hanches, furieuse. Harry, Drago a au moins raison sur une chose, je suis une grande fille qui sait se défendre ! Et toi, ajouta-t-elle en se tourna vers Drago, tu n'avais pas à intervenir dans une discussion où tu n'as pas été invité !
- Effectivement, j'ai de toute évidence dépensé un temps précieux pour pas grand-chose, répliqua-t-il de manière glaciale en regardant Hermione droit dans les yeux qui sentit alors comme des milliers de poignards s'acharner sur son cœur, avant de partir.
Blessée, elle se concentra alors à la bonne mise en place de sa serviette sur ces genoux et reprit le cours de son repas sans faire attention aux différentes interventions d'Harry pour modérer la curiosité des boxes voisins. Elle savait qu'elle avait été dure avec Drago mais il l'avait vraiment mise dans une situation ingérable pour elle. La réalité de cette relation et sa révélation à Harry n'était pas prévue au programme. Elle voulait avoir elle-même le temps de s'y habituer avant de devoir se justifier auprès de ses amis. Avec l'intervention de Drago, ce n'était plus la peine d'espérer un peu de tranquillité. Ginny ne tarderait pas à le savoir et de fil en aiguille, Ron l'apprendrait et en serait blessé à son tour. Hermione se sentit alors complètement dépassée par la situation et ne remarqua même pas le retour d'Harry à sa place.
- Tu viens d'avoir la parfaite illustration de ce que je disais Hermione, souligna Harry comme aurait pu le faire son père.
- Oh la ferme Harry, pesta-t-elle, peu encline à une leçon de morale supplémentaire.
- Mais qu'est ce qui t'arrive enfin Hermione ? S'inquiéta-t-il à la voir si bouleversée. Il y a quoi entre… ah mais pourquoi je dois le dire, grimaça-t-il avant de se forcer, … vous ?
- Je n'en sais rien… soupira-t-elle.
- Et Ron dans tout ça… Il était dans un tel état ce matin… expliqua son meilleur ami, désireux de comprendre ce qui se passait.
- Je ne pouvais pas me résoudre de lui mentir toute sa vie Harry… Il mérite mieux qu'une femme qui fait semblant de l'aimer et qui sauve les apparences aussi bien qu'elle le peut…
- Mais tu nous pleurais des Ron à tout va il y a encore à peine trois semaines !!! Tu n'as pas pu faire un trait sur lui aussi rapidement, non ?
- Quand… hésita-t-elle à dire… quand Drago est venu faire ses recherches aux archives, il… soupira-t-elle, indécise d'en dire plus… Il m'a laissée entrevoir une partie de moi que je ne soupçonnais pas… J'ai toujours été la parfaite Hermione, intelligente, fidèle, qui patiente pour que l'amour de sa vie veuille bien d'elle à nouveau et l'épouse, comme un véritable conte pour enfant… J'étais passive de ma vie, Harry… Il a simplement ouvert une porte qui ne pourra jamais plus se refermer… J'adore Ron, Harry, Merlin sait que je l'adore mais je ne l'aime plus, et je sais que de ce fait, je ne pourrais jamais le rendre complètement heureux… Ce mariage aurait été une erreur…
- Quand même Hermione, Malefoy… Tu aurais pu prendre n'importe qui d'autre à part lui, tu ne crois pas ? Reprit Harry.
- Tu l'as dis toi-même, c'est lui qui est venu me chercher et non l'inverse… Je n'ai rien choisi dans cette histoire, enfin si, mais pas dans cette histoire là… C'est une chose qui s'est imposée en moi et qui me travaille depuis…
- Et pour Ron?
- Tu aurais préféré que je fasse semblant toute ma vie ? Pour son bonheur, je devais sacrifier le mien ? C'est comme ça que tu conçois l'amour, Harry ? Imagine si Ginny l'avait fait ? Tu te serais senti comment ? Argumenta-t-elle avant de le voir frissonner à cette idée.
- Mais Malefoy… Tu es quand même consciente qu'il ne pourra jamais t'offrir une relation, comment dire, heu, stable…
- Tu sais, il se passe tellement d'évènements dans ma vie en ce moment, que j'essaie de faire une chose à la fois et je ne vois pas plus loin qu'au lendemain pour l'instant… Ron et moi c'est une chose, et Drago en est une autre bien à part…
- Tu me mets dans une de ces positions franchement…
- Voilà ce qui arrive quand on veut se mêler de la vie d'autrui, Harry…
- Ton côté moralisateur ne part jamais très loin de toi par contre, protesta son meilleur ami à demi amusé. Quand même Malefoy… C'est Malefoy quoi ! La fouine ! L'être détestable qui a passé toute sa scolarité à t'insulter et te rabaisser !!!
- Merci, Harry, je suis au courant…
- Ron va vouloir le tuer lorsqu'il le saura, tu en es consciente j'espère…
- Il n'a pas à savoir, Harry…
- Je ne vais sûrement pas lui mentir pour ton confort !!! Protesta Harry.
- Ron n'est pas au courant pour Drago et il n'y a aucune raison qu'il le sache pour le moment! De toute manière, je ne l'ai pas quitté pour Drago mais pour ce qu'il ne pouvait pas m'offrir, lui…
- Il a quand même vraiment le don de me pourrir la vie celui-là… soupira Harry.
- Je crois que je vais te laisser, reprit Hermione dont l'appétit s'était subitement envolé. En plus j'ai un démenti à faire…
- Pas la peine, Ron s'en est chargé ce matin. Il en avait besoin… Tu sais, il se doutait que quelque chose n'allait pas entre vous. Il m'en avait parlé et c'est ce qui m'a mis la puce à l'oreille pour Malefoy. Finalement, je pense que la plus déçue de cette histoire est bien sa mère… Elle n'a pas arrêté de pleurer et sa vaisselle brille comme jamais, ajouta-t-il un peu songeur.
- Et Ginny ? Demanda Hermione, inquiète à l'idée de perdre sa meilleure amie.
- Elle pense un peu comme moi… Vu que tu lui avais dis que tu avais quelqu'un avant que Ron fasse sa demande, elle n'a pas été plus étonnée que ça… Par contre, le fait que l'heureux élu soit Malefoy, ça c'est une autre histoire et elle n'est pas encore au courant… Tu n'as pas choisi la voie de la facilité encore une fois, Hermione, j'espère que tu auras fais le choix qui te convient le mieux…
- Je ne veux pas vous perdre… murmura-t-elle presque absente.
- Il n'y a pas de raison que ça arrive tant que tu ne nous imposes pas des repas tous les samedi soir chez toi en sa compagnie… ironisa-t-il avec une pointe de sérieux.
- Je t'avoue que je suis quand même assez étonnée de ton comportement… J'imaginais bien pire de ta part…
- Je me suis fais un peu à l'idée à force d'enquêter sur lui… sourit-il légèrement. Et Ginny a réussi à me convaincre que c'était ta vie et que nous devions accepter tes choix tout comme on a dû accepter ceux de Ron, il y a quatre ans…
- Merci Harry… soupira-t-elle, soulagée d'un tel discours.
- Enfin, ne te sens pas non plus obligée de parader avec lui dès demain… Ron est également mon meilleur ami et il souffre beaucoup…Te savoir avec Malefoy l'anéantirait…
- J'en suis consciente et de toute façon, pour le moment, il n'y a rien d'officiel avec Drago…
Rien d'officiel, oui effectivement c'était le cas et vu la manière dont s'était passées les choses entre Harry et Drago, il y avait de bonnes chances que ça en reste à ce stade. En quittant le restaurant après qu'Harry lui ait rappelée qu'il était son meilleur ami et qu'à ce titre, elle pouvait tout lui dire, Hermione retourna à son bureau, songeuse. A chaque pas, la certitude que le rendez-vous prévu le soir après son travail avec l'ancien Serpentard ne pouvait qu'être annulé. Drago n'était pas du genre à se laisser parler ainsi, surtout en public et par une enfant de moldus. Non, à ce moment de la journée, elle était persuadée ne plus jamais entendre parler de celui qu'elle renommait maintenant Malefoy pour éviter d'avoir mal.
Heureusement pour elle, l'après-midi à son travail lui permit de ne plus y penser, mises à part quelques minutes toutes les heures lorsqu'elle regardait l'horloge avancer vers l'heure de vérité. Elle eut également la surprise de voir des paquets qui contenaient deux ravissantes robes de sorciers neuves sur l'un de ses fauteuils, accompagnés d'un petit mot qui mit Hermione mal à l'aise. Il était certain que Steeve ne s'était pas déplacé lui-même pour les acheter et ça impliquait que les deux assistantes avaient lu le rappel sur la proposition de l'appartement et l'invitation à dîner ce soir dans le sien. Elle estimait jusqu'alors que Drago Malefoy était déjà bien trop rapide à ses yeux par rapport aux six ans qu'il avait fallu à Ron pour se déclarer mais son supérieur battait ainsi tous les records.
En fin d'après-midi, lorsqu'un dignitaire vint la saluer, Hermione put sentir une certaine animosité de Thalie. Elle était devenue encore plus froide et plus distante qu'habituellement et c'était vraiment à la limite de l'hypocrisie du fait son infériorité hiérarchique. Bien qu'elle s'en désole sincèrement et qu'elle pensait cela dû au message de l'ambassadeur, elle estimait avoir assez de ses problèmes personnels pour pouvoir s'occuper de ceux des autres et s'enferma dans son bureau. De sa nature maniaque du rangement, elle profita alors du calme pour classer les dossiers que Steeve lui avait remis, après y avoir jeté un petit coup d'œil, suivant sa manière et ne vit donc pas le temps passer.
- Miss Granger ? L'interrompit Sally de manière trop polie pour être sincère.
- Oui ?
- Votre rendez-vous est arrivé, reprit-elle sur le même temps.
- Rendez-vous ? Mais je n'ai aucun rendez-vous ! S'étonna Hermione tout en refusant d'écouter son cœur hurler un espoir impossible. Et qui est-ce ?
- Ce monsieur n'a pas souhaité s'annoncer et vous attend dans le couloir.
- Très bien, dites-lui que j'arrive, répondit-t-elle avec une pointe d'incertitude.
Hermione ne voulut alors pas admettre la forte probabilité qu'il s'agissait de Drago. Elle se forçait à se dire que c'était sûrement Harry ou même éventuellement Ron mais en aucun cas ça pouvait être Drago. Seulement sa raison avait beau insister, son cœur la contredisait avec de plus en plus de force. Elle chercha alors à se persuader qu'il ne fallait pas croire à cette possibilité au risque d'être déçue tout en sachant que de toute manière c'était déjà trop tard. Elle avait envie que ce soit Drago et si par malheur c'était une autre personne, elle ne pourrait en aucun cas exprimer une joie sans être totalement hypocrite. Elle se motiva ensuite à en avoir le cœur net et prit ses affaires avant de sortir.
Là, elle fut alors spectatrice d'un combat de coqs plus que gênant pour une femme qui aimait la discrétion. D'un côté, elle était soulagée de constater que le mystérieux rendez-vous était bien Drago mais de l'autre, le fait que Steeve lui affirme qu'elle avait déjà des obligations avec lui pour la soirée, et ce devant les deux assistantes, était totalement déstabilisant. Les deux hommes semblaient de toute évidence en concurrence dans le domaine de la séduction et Hermione savait qu'aucun des deux ne lâcherait prise. Voyant ainsi le moyen de se faire pardonner pour avoir hausser le ton sur lui et de répondre à un pas improbable fait par l'ancien Serpentard, elle s'avança vers eux.
- Je suis désolée Steeve, mais je ne pourrais pas honorer ton invitation. J'ai déjà réservée ma soirée et nous devons d'ailleurs vous laisser. Bonne fin de journée à vous tous, termina-t-elle en attirant Drago par le bras pour l'accompagner dans son mouvement.
- Oui, bonne soirée, lança Drago toutefois avec un regard victorieux vers le vaincu avant de remonter sa capuche et de s'y camoufler.
A la vue de ce geste, Hermione ne fit aucune remarque. Elle savait pertinemment que voir un Malefoy à côté d'une enfant de moldus ou d'un membre de l'ordre du Phénix n'était pas le problème, contrairement au fait qu'il soit accompagné d'une nouvelle prétendante. C'est donc sans un mot ni un geste particulier qu'ils quittèrent le ministère. A l'arrivée d'un croisement de deux ruelles adjacentes, Hermione vit Drago s'engager dans celle qui ne menait pas à son appartement. Le doute s'installant sur le fait qu'il avait changé d'avis au sujet de leur rendez-vous, elle s'immobilisa tout en le regardant continuer son chemin de quelques pas avant de le voir se retourner. Le rabattement de sa capuche empêchait Hermione de pouvoir sonder le regard du blond et accéléra l'impression d'être de trop. Elle baissa alors la tête et toujours sans un mot elle pivota sur elle-même pour prendre le chemin pour se rendre au centre du chemin de Traverse. A cet instant, les pensées d'Hermione se battaient pour avoir le monopole de son esprit ce qui rendait la chose confuse pour son propriétaire. Elle voulait qu'il la rattrape mais encore une fois doutait qu'il le fasse. Elle souhaitait qu'il saisisse sa main et l'empêche de s'en aller loin de lui mais son esprit pragmatique lui rappelait l'absence de romantisme apparent chez un ancien adepte de la magie noire.
- Je peux savoir où tu vas comme ça ? Intervint-il finalement en provoquant ainsi la fermeture des yeux d'Hermione, désireuse de profiter de l'instant précieux.
- Vu ton silence, j'en déduis que notre discussion est annulée. Je rentre donc chez moi, lui répondit-elle alors simplement.
- Ce dont je souhaite te parler n'a pas à être dit dans la rue Hermione, argumenta-t-il sans pour autant faire un pas dans sa direction.
- Très bien, mais mon appartement se trouve dans cette direction, indiqua-t-elle avec son index.
- Et le mien dans l'autre, répondit-il à la grande surprise de l'intéressée.
Drago Malefoy vivre dans un appartement ? Est-ce réellement ce qu'elle avait entendu et bien analysé ? Il avait un immense manoir familial d'après tout ce qu'on pouvait savoir de sa famille et lui vivait dans un appartement à Londres ? Prise d'une curiosité naturelle suite à ce genre de révélation, Hermione n'hésita pas à lui faire par de son étonnement.
- Un appartement, toi ?
- Jusqu'à présent, aucun Malefoy n'a dormi dans la rue…
- Tu n'es pas censé vivre dans l'immense demeure dont tu n'hésitais pas à te venter plus jeune ?
- Ce n'est qu'un appartement de passage, plus pratique avec mes affaires courantes à Londres.
- Oh… s'étonna-t-elle de manière idiote.
- On peut y aller maintenant ? S'impatienta-t-il avant de la voir le rejoindre en articulant un timide oui.
Hermione se laissa donc conduire à travers les petites rue et chemins tortueux que seuls les sorciers avertis étaient aptes à traverser sans être sûrs de ne pas avoir d'ennuis. Hermione remarqua toutefois qu'on se rapprochait de son quartier mais de l'autre côté du chemin de Traverse et commença à se poser des questions. Il était évident qu'il avait rallongé le chemin pour y aller et qu'il aurait été plus simple de passer par là où Hermione voulait s'engager puis de traverser la grande rue marchande. Il s'arrêta enfin devant un immense bâtiment relativement traditionnel et y entra après avoir laissé passer une Hermione reconnaissante. Il appela ensuite l'ascenseur et appuya sur le bouton le plus élevé. Hermione avait du mal à situer l'endroit par rapport à ce qu'elle connaissait de son quartier et ne se souvenait pas non plus d'un immeuble aussi haut par chez elle. Toutes ces questions s'ajoutaient donc à toutes celles qui étaient jusque là restées sans réponses de la part du blond et Hermione sentait le besoin de régulariser l'ardoise. Lorsque l'ascenseur les libéra d'une atmosphère aussi confinée que tendue, Drago l'invita à le suivre jusqu'à la plus éloignée du couloir. D'un coup de baguette magique, il leva le voile sur quelques interrogations de la jeune fille.
Spacieux naturellement, il était également évident qu'il assez propre et rangé pour affirmer qu'il était peu souvent habité. Même si son appartement à elle tenait au moins dix fois dans celui de Drago, il y avait largement plus d'esprit de vie et de chaleur humaine que dans celui-ci. Bien sûr, pour un homme comme Drago Malefoy, il était tout à fait à l'image de ce qu'on pouvait attendre de lui. Puis, comme attirée par une vieille habitude qu'elle exerçait avec plaisir chez elle, Hermione se dirigea vers la grande baie vitrée. Elle s'aperçut alors qu'elle s'ouvrait sur une terrasse. Elle fut alors surprise de voir que la vue donnait directement sur la partie du quartier du Chemin de Traverse où elle vivait et une vue imprenable sur sa fenêtre. Hermione paniqua à l'idée perverse que Drago ait pu la voir quand il le voulait sans qu'elle s'en rende compte et dans des tenues des plus légères. Bon, elle s'avouait quand même que le fait qu'elle soit mansardée, il y avait peu de chance que ça arrive, mais il pouvait au moins la voir sur son bureau ou savoir si elle était présente ou pas. Il y avait aussi le fait qu'il ne pouvait pas connaître son adresse avant de l'y avoir invité. Mais quand même, la coïncidence était forte à ses yeux.
- Jolie vue, n'est-ce pas ? Intervint Drago en se plaçant jusqu'à côté d'elle.
- Etonnante, je dirais… répondit-elle avant de regarder l'ensemble du panorama et de se laisser séduire par la beauté d'une nuit tombante sur une ville telle que Londres en fin juin.
- Tu as l'air pensive, remarqua-t-il en la regardant de côté.
- Il y a de quoi Drago. En moins de quinze jours, tu entres dans ma vie, tu fais en sorte de me séduire au point d'en oublier Ron, tu me demandes en mariage pour t'éviter d'épouser Pansy, tu reviens vers moi alors que tu es libre de fréquenter qui tu veux, et surtout pas une fille comme moi, tu prends ma défense face à mon meilleur ami, et là, je suis dans ton appartement et je m'aperçois qu'il a une vue très nette sur l'unique fenêtre de mon appartement.
- Au point d'en oublier Ron ? Répéta-t-il de manière choisie et intentionnelle. Pourrais-je en déduire que tu as quelques sentiments pour moi ? Demanda-t-il ensuite avec un petit sourire espiègle qui ne plut pas du tout à Hermione.
- Je serais bien idiote dans ce cas sachant très bien la suite possible d'une histoire avec toi, mentit-elle sur le premier point.
- Qui est selon toi ?
- Ephémère, le temps que tu te rappelles que je suis une enfant de moldus et l'ancienne miss je sais tout que tu as toujours détesté.
- Tu crois vraiment que si j'avais voulu m'amuser avec une fille j'aurais fais autant d'efforts pour entrer dans sa vie ?
- J'étais peut-être un défi personnel, que sais-je…
- Tu -es- un défi personnel, Hermione, ça je te l'accorde.
- Vraiment ? Répliqua-t-elle en le regardant droit dans les yeux, non sans une pointe de déception de ne pas avoir entendu autre chose.
- Oui, sourit-il ravi d'avoir pu lui faire peur. Et ça date de notre scolarité pour tout te dire. Et si je t'ai tant détesté c'est uniquement de ta faute. Tu obtenais toujours les résultats que j'espérais. Je me devais d'être premier du fait de mon nom et de mon rang de sang pur. Mais à chaque fois que je pensais y arriver, tu débarquais avec tes cheveux à peine coiffés, tes livres à la main et un parchemin qui avait plus de pertinence que le mien. J'ai été jaloux de ta soif de savoir et de ta détermination à prouver que même une enfant de moldus pouvait obtenir des résultats parfaits. J'avais de quoi être énervé ! Et puis être second derrière une sorcière venant d'un monde sans magie était très vexant mais je ne pouvais pas l'avouer sans en avoir davantage la honte sur ma famille et moi.
- C'est donc pour ça que tu passais ton temps à m'insulter ? Pour des commodités personnelles ?
- Je sais que je ne t'ai pas mené la vie facile Hermione, même si je m'en excuse maintenant, c'était le contexte qui l'avait voulu ainsi.
- En quoi la situation est différente maintenant ? Demanda-t-elle à demi furieuse de telles révélations si lâches à ses yeux.
- Parce que malgré tout ce que j'ai pu te dire, tu as mis tout ton cœur à m'aider, répondit-il sur un ton repenti.
- J'y étais obligée, Drago !
- Tu as fais bien plus que ce que j'espérais de toi au départ. Ces recherches n'étaient qu'un prétexte pour t'aborder Hermione, je ne pensais pas qu'on puisse y trouver réellement une solution. J'aurais dû savoir que tu étais capable de m'étonner encore une fois.
- Un prétexte pour m'aborder ? Je ne comprends pas tout là, Drago… En réalité, ton but était uniquement de me proposer de prendre la place de Pansy, c'est bien ça ?
- Oui…
- Je crois que j'ai besoin de m'asseoir, murmura-t-elle, déstabilisée.
- Ecoute Hermione, ne le prends pas mal. J'étais vraiment – embêté – avec ces fiançailles.
- Oui, bien sûr, j'étais la parfaite bonne poire qui aurait pris pitié de ton cas, ironisa-t-elle.
- Ce n'était pas tout à fait ça… murmura-t-il en étant conscient qu'il s'enfonçait vu le regard à deux doigts explosif de la jeune fille.
- Non mais je rêve !!! Mais je t'en prie Drago, développe !!! Mais fais-le vite parce que là j'ai qu'une envie, c'est de m'en aller et oublier ce qui a été de toute évidence la plus belle erreur de ma vie !
- Une erreur ? C'est ce que je suis à tes yeux ? Une erreur ? S'énerva-t-il à son tour.
Lorsqu'elle lui répondit oui, Hermione était au paroxysme de sa colère. Elle avait autorisé une partie d'elle-même à laisser une chance au Serpentard de pure souche et elle regrettait de ne pas avoir fait confiance à sa méfiance naturelle envers les verts et argent, liée à son statut de Gryffondor. Ils étaient maintenant l'un en face de l'autre, tout aussi énervé l'un que l'autre et sur le point de faire la même erreur l'un comme l'autre. A cet instant précis, il ne fallait qu'un mot, qu'un geste ou même qu'un battement de cils pour rompre à tout jamais le lien qui avait eu tant de mal à se tisser. Il était clair que leur ego mutuel mélangé à la peur de ressentir des sentiments non partagés ne faisaient pas bon ménage ensemble et les deux en avaient parfaitement conscience. Seulement, à ce niveau, aucun n'était prêt à faire marche arrière alors qu'ils en mourraient pourtant d'envie. Puis, ne supportant plus le regard de celui qu'elle avait pensé aimer, Hermione baissa les yeux, pivota lentement avant de prendre doucement sa cape et de prendre la direction de la porte, le tout sans un seul mot. Seulement, après un soupir qu'elle ne put que deviner à l'écoute des très légers bruits, elle se sentit retenue par une main ferme et décidée.
- Lorsque le ministre de la magie m'a parlé du cas juridique sur les fiançailles de naissance, j'ai bien cru qu'il se fichait de moi quand il m'a proposé ton nom. Seulement, son argumentation était comme déjà prévue d'avance et tu devenais le parfait alibi dont j'avais besoin pour me débarrasser de Pansy sans trop de problèmes. Bien sûr, il y avait d'autres filles qui auraient été presque aussi parfaites candidates que toi, seulement plus je l'écoutais, plus l'évidence se profilait devant moi. On s'était vu le matin même et le fait que tu dises ne pas me reconnaître m'avait touché plus que je voulais le reconnaître. Et puis, j'ai réalisé que tu faisais déjà parti de mon quotidien. Depuis ce fameux jour, je te voyais partout au point de me demander si c'était une nouvelle lubie de Potter pour me faire suivre. J'ai voulu alors en savoir plus sur la possibilité du ministre et c'est là où…
- …où tu as eu pitié de la pauvre Hermione, misérable déchue de son titre d'héroïne de guerre et préposée aux archives, qui de ce fait, ne pourrait pas dire non à la situation d'une Lady Malefoy ?
- … où j'ai appris à connaître la personne fascinante qui se cachait derrière ce stupide orgueil.
- Ne te fatigue pas avec les flatteries… Ca ne marchera pas…
- Pour une fois que je disais la vérité, soupira-t-il tout en savourant le fait qu'il avait tout de même réussi à la toucher. En t'intéressant réellement à moi Hermione, tu m'as permis de faire de même avec toi.
- Tu ne t'intéresses à moi que par intérêt Drago, ce n'est pas une raison suffisante pour envisager une relation plus sérieuse…
- C'est déjà beaucoup pour moi, expliqua-t-il de manière assez ferme.
- Ah oui, j'oubliais que le grand Drago Malefoy ne s'était jamais abaissé à être plus de quelques jours avec une même fille… Je devrais me sentir honorée c'est ça ?
- Tu es consciente d'avoir un caractère épouvantable ? L'interrompit-il, fatigué de la voir rebondir à la moindre de ses phrases.
- Parce que tu te crois facile à vivre toi ?
- Personne ne s'est jamais plaint jusque là, argumenta-t-il en souriant à l'expression interdite d'Hermione.
- Oh et puis zut, trouve-toi donc une autre blondasse écervelée et oublie-moi !
- Si je pouvais, je le ferais… et je ne serais pas non plus venu ce soir après ce qui s'est passé ce midi…
Ah que ces deux petites phrases étaient douces à interpréter pour l'imagination de l'ancienne Gryffondor. S'il le pouvait, il l'aurait fait, signifiait qu'il en était incapable et cette idée lui plaisait. Elle impliquait un minimum de sentiments ou d'attachement qu'elle espérait de sa part. A ce moment là, elle pouvait émettre l'hypothèse de ne pas être la seule à envisager autre chose qu'une histoire d'un soir. Elle ne bougea donc pas lorsque Drago se rapprocha encore plus prêt d'elle et encore moins quand il effleura sa joue de sa main avant de replacer une mèche derrière l'oreille.
- C'est toi que je veux, Hermione, lui murmura-t-il avant de l'embrasser.
Toute la tension qui s'était alors accumulée jusque là en profita pour s'évacuer sous une forme bien plus passionnée que la colère. Hermione sentit son corps répondre à l'appel de celui de Drago et ne chercha pas à minimiser le moment intime qui s'offrait à eux. Il n'y avait alors plus d'obligation, plus de contrainte, plus de cas de conscience, mais uniquement deux personnes indéniablement attirée l'une par l'autre par ce que certains auraient pu nommer par destin.
Après de nombreux baisers aussi délicieux et envoûtants, Drago l'invita ensuite à rentrer à l'intérieur de son appartement avant de la prendre dans ses bras pour la conduire sans un mot dans sa chambre et lui prouva ses intentions la concernant. Hermione aima être dans ses bras, la chaleur et la passion qu'il lui offrait. Elle avait l'impression d'avoir obtenu ce à quoi elle avait toujours aspiré. Lui dire je t'aime aurait été très facile à ce moment là mais l'appréhension d'un silence l'en empêcha. Elle décida alors de profiter de l'instant magique que lui procurait Drago sans se préoccuper du reste.
Le bonheur de ces retrouvailles avec son Adonis ne lui laissa pas le loisir de le rejoindre dans les bras de Morphée. Emmitouflée contre lui, elle savourait chaque battement de son cœur et laissait son imagination vagabonder dans l'utopie d'un avenir familial. Laissant tous les points noirs d'une telle option de côté, elle se concentrait sur l'intimité quotidienne possible avec Drago, dessinait le visage approximatif des enfants qu'une telle union autorisait et se voyait bien dans une petite maison chaleureuse avec son chat avant de réaliser une chose.
- Par Merlin, Pattenrond !!! S'écria-t-elle sans faire attention en réveillant ainsi son amant.
- Je préfère quand tu dis mon prénom… marmonna-t-il avec une pointe de provocation.
- Je dois rentrer, Drago.
- Tu plaisantes, j'espère ! Demanda-t-il cette fois-ci nettement plus réveillé.
- Le pauvre, il n'a rien eut à manger…
- C'est un chat, Hermione, et un chat bien portant d'après ce que j'ai pu constater. Il ne va pas mourir pour une gamelle en moins une fois dans sa vie…
- Peut-être mais mon intérieur risque de subir son affamement. Je suis désolée…
- Hermione !!! Tu n'es pas sérieuse, pesta-t-il en la regardant se rhabiller rapidement. Et bien, c'est la meilleure celle-là… La première fille que j'invite chez moi ne me fait même pas l'honneur de rester jusqu'au petit matin…
- Je suis vraiment… commença-t-elle à dire surprise. Même pas Pansy ?
- Encore moins elle… C'était bien le seul endroit où j'avais la paix…
- Ecoute, murmura-t-elle sensuellement. Promis, la prochaine fois, je prévois pour mon chat et je resterais…
- Il y aura donc une –troisième – fois ? L'interrogea-t-il avec un petit haussement de sourcil ravageur.
- Vous avez la mémoire bien courte monsieur Malefoy, il me semble que ça serait plus notre – quatrième – fois, non ?
- Si tu restais encore un peu, on aurait pu augmenter ce chiffre… proposa-t-il avec un petit sourire qui ne laissait pas de doute sur ses intentions.
- J'en aurais été ravie… mais là, je suis obligée de partir, s'excusa-t-elle en ligotant le nœud de sa cape alors que Drago se levait pour la rejoindre.
- N'y va pas…
A cette parole, Hermione ne put lui répondre que par un baiser fragile et reconnaissant. Suite à cela, elle ne préféra plus faire face à ses yeux et fuir le regard qu'elle sentait sur elle. Sans se retourner, elle quitta l'appartement qu'elle avait tant apprécié et retourna jusqu'au sien avec des images plein l'esprit. Bien évidement, à son arrivée, le terme –subir- n'était finalement pas bien adapté à ce que ressemblait son petit trente mètre carré. Le pauvre matou affamé était assis religieusement devant sa gamelle dans un décor de guerre et attendait fièrement que madame veuille bien le servir sa pâtée, tout en arborant son petit air de chat innocent et irréprochable. Après un soupir, obligatoire dans ce genre de situation, Hermione s'exécuta avant de voir arriver un hibou à sa fenêtre. Tout en le laissant entrer, elle chercha du regard l'immeuble de Drago et le repéra. Toutes les lumières étaient éteintes mais à la lecture du message qu'elle venait de recevoir, il ne dormait pas encore. Il était sûr que répondre un « oui » à un « reviens » était plus que tentant mais l'heure tardive lui inspirait plus une bonne nuit de sommeil. Elle lui souhaita alors de faire d'aussi beaux rêves que ce qu'elle s'apprêtait à faire puis renvoya le volatile à son propriétaire. Une fois perdu de vue, Hermione fixa l'horizon sur ce qu'elle pensait être la direction de Drago, sourit, puis referma la fenêtre avant de se coucher. Seulement, être seule dans son lit une personne, alors qu'il y avait même pas une heure, elle était dans les bras de Drago, lui donnait le sentiment de vide et de manque comme si sa place n'était maintenant plus dans ce lit là mais dans celui qu'elle avait quitté depuis peu. Elle ne trouva alors que très tard le sommeil et faute de pouvoir le faire réellement, Morphée lui accorda de finir sa nuit enveloppée dans la chaleur de son Adonis.
